Tag: Centre pénitentiaire

  • AP-HM : les agents des Baumettes pressurisés

    AP-HM : les agents des Baumettes pressurisés

    Cure d’austérité sur un travail en milieu austère. Déjà privés de cantine, de nouvelles mesures sécuritaires rallongent leur temps de travail d’une demi-heure par jour. Pire, le passage de Baumettes 2 à Baumettes 3 devrait encore s’accompagner de la suppression d’une dizaine de jours de congés spécifiques par an.

    Depuis 1994, les 82 professionnels médicaux et paramédicaux des Baumettes bénéficient de dix jours de congés supplémentaires par an. « Pas volés », estime un infirmier, dans le rassemblement organisé mardi par la CGT devant le siège administratif de l’AP-HM de la rue Brochier. « Il y a déjà des problèmes de recrutement, c’est pas en nous enlevant ces jours qu’ils vont rendre le métier attractif. » La direction de l’AP-HM souhaite discuter de la sortie progressive de ce dispositif spécifique aux Baumettes qu’elle qualifie d’« exorbitant du droit ». Elle évoque un souci d’équité avec d’autres services en milieu carcéral. Plutôt que d’étendre ce droit à tous les hospitaliers du pénitentiaire, elle préfère avancer dans le sens des économies auxquelles elle est toujours attelée.

    Capacité doublée

    Alors que la prison a doublé ses capacités, son extension s’annonce mal côté effectifs et conditions de travail avec, « toujours plus d’économies sur le dos des salariés », conteste le syndicaliste Guillaume Algrin. Dans le rassemblement qui réunit plus d’une quarantaine de personnels de l’AP-HM, d’infirmiers, secrétaires médicaux, préparateurs pharmaceutiques, manipulateurs radio, ergothérapeutes ou travailleurs sociaux, on fait le lien avec le mouvement social en cours et dont une prochaine date a été fixée par l’UD CGT pour ce 25 septembre. « Seuls 19 infirmiers supplémentaires sont prévus, le plateau technique ne change pas », indique Nour Eddine Djazoul, représentant CGT des personnels. Unique radiologue dans l’établissement, Marie-Eve déplore : « On devait passer à 1,8. Il n’en est plus question. Je pratique 180 radios par mois, dans une salle sans fenêtre. Mes congés annuels me sont imposés en raison de difficultés de remplacements qui s’effectuent selon une rosace des congés mise en place à Sainte-Marguerite. »

    Pour Carole, travailleuse sociale, les conditions de travail ne sont guère plus enviables « pour les deux psychologues avec qui on va devoir partager le même local. Organiser des consultations va s’avérer délicat ». Déjà, pour tous les personnels de l’AP-HM, la situation s’est altérée en raison des nouvelles contraintes sécuritaires. « Nous devons arriver un quart d’heure plus tôt et repartir un quart d’heure plus tard pour passer les 14 portes et obtenir les clés des casiers. Parfois c’est plus long, les surveillants sont aussi en sous-effectifs », déplore Sophie, agente du paramédical. Autres doléances listées dans le rassemblement : « Le manque de climatisation et de chauffage. Cet été on a eu 32°C et des tas de malaises à gérer parmi les personnes incarcérées. » Mais aussi « l’absence de salle de pause et de salle collective, de tickets-restaurant ou de cantine, celle des Baumettes est réservée aux gardiens, aux personnels et intervenants du centre pénitentiaire ».

    Déterminés à se faire entendre de leur direction, ces personnels et leur syndicat CGT ont décidé faire « monter la pression ». À la suite du député de L’Après, Hendrik Davi, qui a adressé une lettre à l’AP-HM après une visite du site, les députés de la FI Manuel Bompard et Sébastien Delogu ont fait savoir qu’ils apportaient leur soutien aux grévistes.

  • Visite surprise d’Hendrik Davi à la prison des Baumettes

    Visite surprise d’Hendrik Davi à la prison des Baumettes

    Journée chargée pour Hendrik Davi. Entre un passage par le Vieux-Port sur la manifestation intersyndicale dans la matinée, et une assemblée générale de circonscription Nouveau front populaire pour « discuter des perspectives du mouvement social et penser ensemble une gauche unitaire et radicale » en fin d’après-midi, le député (L’Après) a effectué jeudi une visite inopinée au centre pénitentiaire des Baumettes.

    208% d’occupation

    Ce déplacement s’inscrit dans l’exercice de son droit parlementaire. Il y a notamment visité le quartier des nouveaux arrivants et l’unité de soin. « Il y a eu un drame l’année dernière, avec un détenu qui s’est égorgé mais aussi une infirmière qui s’est fait violer. Et on a eu aussi ce rapport parlementaire qui nous expliquait qu’il y avait une situation complètement dégradée notamment sur la prise en charge des soins psychiatriques dans les lieux de privation de liberté », explique ce dernier peu rassuré par sa visite, sur fond de surpopulation carcérale. Aux Baumettes le taux d’occupation est de 208%.

    « On voit encore des lits par terre, parfois quatre personnes dans 9m2, 22 heures sur 24, pendant plus de deux mois », rapporte le député insistant sur les conséquences psychiques et psychiatriques, et ironisant : « Cerise sur le gâteau, les infirmières qui s’occupent d’eux se voient supprimer neuf jours de congés par l’AP-HM. »

    Hendrik Davi a déjà effectué plusieurs visites dans des établissements pénitentiaires marseillais. En juin 2024 aux Baumettes, déjà, il s’était intéressé aux conditions de détention et aux problèmes liés à la chaleur. En mars, il s‘est rendu au centre pour mineurs de La Valentine. Un établissement dont la contrôleure générale des lieux de privation de liberté a préconisé, il y a quelques semaines, « la fermeture au moins partielle » en raison de conditions de détention « indignes ».