Tag: Centrale de Gardanne

  • [Entretien] Sophie Binet : « La lutte des salariés de la centrale est exemplaire »

    [Entretien] Sophie Binet : « La lutte des salariés de la centrale est exemplaire »

    La Marseillaise : Pourquoi faire un « meeting de victoire » à la centrale de Gardanne ?

    Sophie Binet : Mon premier déplacement en tant que secrétaire générale était à Gardanne, pour une grande initiative dans le cadre de la mobilisation des travailleurs. Évidemment qu’il fallait que je sois à nouveau présente. C’est une magnifique lutte, une magnifique victoire après 10 ans de combat. Alors qu’il y avait une fermeture sèche et violente mise en place par le gouvernement, sans reconversion du site prévue, on a réussi à maintenir tous les salariés, qui reprennent une production, qui sont réembauchés. C’est un exemple de ce qui devrait être généralisé pour organiser la transformation environnementale des entreprises. Un exemple de ce qui doit être fait pour éviter le chantage entre l’emploi et l’environnement. En face de nous, les théories libérales classiques disent « destruction créatrice ». Elles disent que des usines ferment, mais que d’autres se créent et que donc tout va bien. Mais ça ne concerne pas les mêmes travailleurs, ce ne sont pas les mêmes types d’emplois qui sont créés quand on en supprime. On ferme des usines dans le périurbain, dans les zones rurales, avec des territoires sinistrés par ces fermetures, et l’on recrée des emplois dans les métropoles. Des emplois qui ne sont pas du même type : plus précaires, avec des salaires plus faibles, dans le tertiaire, la logistique ou des entrepôts… D’où ce que porte la CGT : une sécurité sociale professionnelle environnementale. Avec la création de fonds mutualisés au niveau des branches, dans les secteurs qui doivent être transformés, en vue de faire évoluer l’outil de production et former les ouvriers, pour les réembaucher. On le voit dans l’automobile : passer du thermique à l’électrique est un prétexte pour amplifier les délocalisations. La question environnementale est un prétexte pour optimiser les coûts et supprimer des emplois. Ces pratiques patronales conduisent à obliger les ouvriers à faire un choix entre l’environnement et l’emploi. Ce choix est délétère.

    Face aux politiques libérales
    des gouvernements successifs,
    la réappropriation des outils de travail par les salariés s’impose
     ?

    S.B. : Cette lutte, si elle est victorieuse, c’est parce que les ouvriers ont pris les choses en main. Ils se sont approprié les enjeux de gestion, comme pour 1336 et Scop-ti. Ce sont eux qui ont organisé les études économiques, ont construit le projet, sont allés chercher les industriels et les fonds pour le faire aboutir. Nous avons tout fait. Il a fallu des années, un rapport de force énorme et un savoir-faire militant incroyable. Tout cela était possible car la CGT est forte dans l’usine, forte chez les portuaires et dockers qui étaient solidaires, forte sur le territoire qui s’est entièrement mobilisé pour la centrale de Gardanne. En bref, un syndicat fort, des fédérations fortes, celles de l’Énergie et des Ports, et une Union départementale qui est l’une des plus grosses de la CGT. Tout cela s’est cumulé pour une réussite, mais malgré ce contexte, ça a duré dix ans. Et tout le monde n’a pas ce savoir-faire, ce rapport de force. Il y a peu d’endroits où on aurait pu avoir une telle victoire. Gardanne montre qu’il n’est plus possible que les salariés soient les passagers clandestins des stratégies des entreprises. Nous devons avoir des droits d’interventions sur les orientations, pouvoir siéger dans les tribunaux de commerce, avoir accès aux données, aux financements. Cela nécessite des outils législatifs et financiers. Dans banque publique d’investissement, il y a le mot « public ». Elle ne peut pas être une banque qui impose des taux de rentabilité à deux chiffres, qui refuse de financer les Scops.

    Vous plaidez pour la nationalisation d’Arcelor et de Fibre Excellence. Est-ce une question de survie pour les filières respectives ?

    S.B. : C’est une question des instruments de l’État pour intervenir sur l’économie. La période montre qu’avoir comme seule politique industrielle celle du chèque en blanc aux fonds et aux multinationales conduit au désastre que l’on connaît. Cela marche encore moins quand on est confronté à des enjeux nouveaux, dont celui de la décarbonation. Elle ne fonctionne qu’avec la planification. Si on continue à être les béni-oui-oui de la mondialisation, on va voir les usines partir les unes après les autres les bras croisés. L’Italie et la Grande-Bretagne, pour sauvegarder leur acier, ont actionné des clauses qui se rapprochent de la nationalisation. La France est un des seuls pays à ne pas avoir de stratégie d’intervention. On a besoin de protéger nos secteurs stratégiques. S’ils sont renvoyés aux logiques de marchés et qu’on laisse faire, Mittal continuera de transférer les compétences et les qualifications vers l’Inde et le Brésil, puis il fermera les sites en Europe, pour faire primer une logique de coût.

    Vous avez adressé une lettre aux candidats aux élections municipales, hors RN. Quel message envoyez-vous aux travailleurs à l’approche du scrutin, particulièrement dans la région, où la menace brune plane ?

    S.B. : J’envoie deux messages. Le premier, c’est que les municipales sont importantes pour notre quotidien, elles nous concernent tous. Il faut donc aller voter. Ce sont les maires qui ont la main sur les politiques du logement, qui peuvent permettre à tous de se loger sans y laisser un salaire. Ils ont la main sur les politiques de transport pour les décarboner. Ce sont aussi eux qui peuvent mettre en place la prise en charge des personnes dépendantes, notamment dans la petite-enfance, pour que les femmes puissent travailler tout en ayant des enfants ou éviter le développement du privé lucratif. Le deuxième, c’est que l’extrême droite est la pire ennemie des travailleurs. Sur ses promesses sécuritaires déjà, dans les communes qu’elle gère, le bilan montre qu’il n’y a pas d’avancées dans la lutte contre la délinquance. L’extrême droite ne la fait pas reculer : À Perpignan, la délinquance a augmenté. Et sur le social, c’est moins de services publics, une mise en opposition des travailleurs avec des politiques racistes, discriminantes, xénophobes. C’est aussi des politiques sexistes contre les femmes : on se souvient de l’affichage fait à Béziers qui légitimait les violences contre les femmes. Ne laissons pas l’extrême droite rentrer dans nos mairies.

  • Fibre Excellence : les salariés passent à la vitesse supérieure

    Fibre Excellence : les salariés passent à la vitesse supérieure

    « On envoie le message qu’il faut être solidaire, qu’il faut se battre pour le maintien des emplois. On veut montrer qu’on est soutenus et que c’est une question de survie. » Laurent Quinto, représentant de la CGT de Fibre Excellence Tarascon, attend du soutien, ce mardi, pour la mobilisation, devant le site, lancée à l’appel de l’intersyndicale (CGT, FO, CFDT).

    Pour rappel, l’usine de pâte à papier est en sursis suite à des alertes de sa direction et une situation financière intenable (lire notre article du 26/01), avec une menace de placement en redressement judiciaire d’ici la mi-mars. « La direction nous a rappelé qu’elle prendrait des décisions lapidaires s’il n’y avait pas de mesures de soutien prises entre le 15 février et fin mars », relate Laurent Quinto. D’où le timing de la mobilisation : à la veille d’une réunion à Paris avec le Comité interministériel de restructuration industrielle (Ciri), auprès duquel les réunions s’enchaînent depuis décembre. « On veut des réponses rapidement, on attend beaucoup de cette réunion à Bercy », résume le syndicaliste. Dans le viseur ? Obtenir une révision du prix de vente de l’électricité produite sur le site. « C’est la seule mesure qui pourrait sauver le site immédiatement », insiste la CGT.

    C’est dans cet objectif que l’intersyndicale rencontre des élus du territoire depuis des semaines. Juan Martinez (PS), maire de Bellegarde, Lucien Limousin (DVD), maire de Tarascon, ou encore Patrick de Carolis (Horizons), maire d’Arles, sont attendus par les salariés sur le site pour le rassemblement de mardi. Et la semaine dernière, l’intersyndicale a rencontré la présidente de Région d’Occitanie, Carole Delga (PS). Le site étant frontalier avec le département de Gard et son usine sœur se situant à Saint-Gaudens en Haute-Garonne (31). « Elle nous a confirmé que des négociations, entre les ministères, la direction et EDF sont en cours sur la revente d’électricité. Les portes sont ouvertes », développe Laurent Quinto. Avant de noter positivement : « Elle se mobilise pour que les choses avancent ! »

    « On est solidaire de la Centrale de Gardanne »

    Et si certains tentent d’opposer la Centrale de Gardanne et Fibre Excellence sur la question des tarifs de vente d’électricité, la première revendant à des prix bien plus élevés que la deuxième, la CGT du site tarasconnais est claire : « On est solidaire de la Centrale de Gardanne, on ne veut pas léser le site. Le problème ne vient pas de Gardanne, mais bien de l’État. C’est lui qui fixe les tarifs de vente d’électricité et c’est avec lui qu’on négocie. » Même discours au plus haut niveau de la CGT, puisque Sophie Binet a rédigé un courrier à l’adresse du ministre de l’Industrie, le 23 janvier, qui réclamait un « plan d’urgence » pour les usines de pâte à papier, et une « nationalisation si nécessaire ».

  • L’UD CGT à fond contre l’extrême droite en 2026

    L’UD CGT à fond contre l’extrême droite en 2026

    Une salle comble et des vœux empreints de combativité pour l’Union départementale CGT des Bouches-du-Rhône. « Nous en aurons besoin, pour affronter cette nouvelle année qui ne part pas de la meilleure des manières », entame le secrétaire général de l’organisation, Marc Pietrosino, ce jeudi soir à la Bourse du travail de Marseille. Pour sa première cérémonie de vœux, le syndicaliste élu au congrès d’octobre dernier, débute son allocution par l’actualité chaude au niveau international. Il dénonce d’emblée « l’administration Trump qui enterre clairement l’ordre international qui prévalait depuis 1945 » en citant « l’enlèvement du président Nicolas Maduro ». Dans la lignée de la tradition de l’organisation, Marc Pietrosino pointe « une violation du droit international que le président Lula comparait aux pires heures de l’ingérence états-unienne en Amérique du Sud ». Un bon moyen de rappeler qu’à l’inverse, « face aux attaques impérialistes et aux régimes autoritaires, de la Palestine au Venezuela, de l’Iran à Cuba, l’Union départementale apportera toujours son soutien inconditionnel aux peuples qui luttent pour la liberté ».

    Son constat pour l’Europe n’est pas plus reluisant. « Les entreprises européennes vont continuer de soigner leurs actionnaires en 2026. Le montant total des dividendes versés par les groupes de l’indice Stoxx 600 pourrait atteindre 454 milliards d’euros cette année. » Même dessin pour la France, mais avec un supplément « d’instabilité politique rare ». « L’explication de cette instabilité est due au refus d’un président de la République de se conformer aux résultats des élections, d’écouter les mots d’ordre des nombreuses mobilisations qui ont eu lieu », tacle le secrétaire général. Avant de tonner : « Il s’entête dans une politique néolibérale mortifère. »

    Le lien est tout trouvé avec un autre grand combat de la CGT : la lutte contre l’extrême droite. « Maintenant, pour remplacer le banquier ni de droite ni de gauche, les capitalistes s’activent pour construire une union des droites et propulser les candidats d’extrêmes droites sur le devant de la scène », s’alarme Marc Pietrosino. L’occasion d’évoquer les élections municipales de mars prochain. Un scrutin pour lequel l’organisation « ne compte pas rester muette ». « Nous avons toujours eu des accointances avec les forces progressistes, surtout avec celles qui savent qu’elle est la place de chacun », explique le syndicaliste. Il espère notamment « une victoire du camp progressiste à Arles » au regard du combat des militants pour l’occupation de la bourse du travail de la ville. Devant des représentants du PCF, LFI, NPA ou LO, le secrétaire général délivre un message clair : « Nous continuerons ce travail avec toutes les forces politiques et progressistes qui partagent nos valeurs et notre vision. »

    Un meeting avec Sophie Binet à Gardanne

    Un travail qui passe notamment par une bataille idéologique et culturelle. « Cette alliance entre le capital et l’extrême droite symbolisée par les tentatives d’appropriations de tous les médias, et du monde de la culture, par des milliardaires tels que Boloré, Krétinsky ou Stérin », analyse Marc Pietrosino. Avant de rester positif : « Nous ne sommes pas sans arme face à cela. Nous représentons le nombre et la proximité. La CGT des Bouches-du-Rhône, c’est 32 000 adhérents répartis dans des centaines d’entreprises. » Et la CGT 13, c’est aussi des luttes victorieuses. « Nous démontrons à l’ensemble du monde du travail que nous sommes capables de mener à bien des projets porteurs d’emplois qui contredisent la logique patronale », rappelle le secrétaire général. Il cite notamment la société coopérative d’intérêt collectif CPMM, fruit « d’une reprise de l’outil de travail ». Mais également « les premières embauches à la centrale de Gardanne (…) formidable outil industriel ». De quoi résumer le combat du syndicat pour « développer les industries, les activités portuaires, le réseau ferroviaire et énergétique ». De quoi annoncer surtout « un meeting sur le site de la centrale qui verra la venue de notre secrétaire générale Sophie Binet » le 13 février prochain. Tout un programme donc.

  • La CGT alerte sur les points chauds du département

    La CGT alerte sur les points chauds du département

    L’Union départementale CGT des Bouches-du-Rhône commence l’année sur les chapeaux de roues. L’organisation syndicale a mené sa première action d’ampleur, ce vendredi dans la matinée, avec un rassemblement devant le siège de la chambre de commerce et d’industrie métropolitaine (CCIAMP) à Marseille. « Unis rien n’est inéluctable. Aujourd’hui, nous sommes réunis et tous issus d’entreprises et de secteurs d’activités différents pourtant complémentaires et essentiels à la vie dans le département », tempête Marc Pietrosino, secrétaire général de l’organisation. À ses côtés, on retrouve les militants et représentants syndicaux de plusieurs secteurs clés de l’activité économique locale : agents du Grand port maritime, des industries métallurgiques du pourtour de l’Étang de Berre comme Arcelor ou encore des travailleurs de l’énergie. Mais aussi des figures des « dossiers » du syndicat, à l’instar de Kalathoumi Ibouroi, déléguée syndicale de Pamar, Nicolas Guglielmacci pour la Coopérative de presse et de messagerie méditerranéenne (CPMM) ou encore une délégation de la Centrale de Gardanne. Il faut aussi compter sur la présence des cheminots de Marseille, de postiers ou encore d’agents territoriaux et de la santé. « Nous sommes tous dépendants des uns des autres. La convergence existe entre la métallurgie, l’énergie, la santé, les activités maritimes, le rail, la distribution de la presse ou le commerce », développe Marc Pietrosino, insistant sur le fait « qu’il n’y a pas de petits ou grands dossiers ». Et certains sont particulièrement sensibles : par exemple, la CPMM fait face à une diminution de taux de rémunération des messageries. De quoi « mettre en péril à court terme la viabilité même des coopératives ».

    « D’autres rencontres

    à venir »

    Concrètement, l’objectif du jour est d’alerter la chambre consulaire sur les différentes problématiques, et conflits, rencontrées sur les différents « dossiers sensibles et stratégiques ». « On porte ensemble nos revendications directement auprès des décideurs économiques et politiques », explique le secrétaire général. Avant de préciser que cette initiative est « le début d’un nouveau cycle ». Le tout en vue « d’obtenir des investissements pour nos infrastructures, pour nos industries, dans les transports ».

    L’organisation syndicale a d’ailleurs été reçue par des représentants de la CCI. « La rencontre était plutôt positive, il y a eu une écoute attentive pour certains dossiers, plus partielle pour d’autres », relate Marc Pietrosino. Avant de conclure : « Il va y avoir d’autres rencontres. »

  • [Rétrospective social 2025 2/2] Mobilisations et victoires au rendez-vous

    [Rétrospective social 2025 2/2] Mobilisations et victoires au rendez-vous

    Après des années de luttes pour le moins rudes, l’horizon s’est éclairci pour les travailleurs de la centrale de Gardanne et la CGT en 2025. Le 1er janvier pile, un nouveau contrat de revente de l’électricité du propriétaire du site, GazelEnergie, à l’État via EDF, entrait en vigueur. Un premier signe en faveur d’une reprise de l’activité, après un an d’arrêt de production pour la tranche 4 de biomasse et un long bras de fer entre l’industriel et l’État. Quelques mois, et quelques mobilisations plus tard, en septembre, un « accord historique » était signé entre la CGT, l’État et GazelEnergie. Après plusieurs « relevés d’engagements » entre les trois parties prenantes, cette fois les travailleurs ont un accord qui acte concrètement des avancées pour le développement industriel du site.

    Des réembauches plus que symboliques
    Un grand débat inédit sur l’avenir industriel de Fos-Berre

    Du 2 avril au 13 juillet 2025 la Commission nationale du débat public a organisé une grande concertation sur des projets de réindustrialisation et de décarbonation du territoire de Fos-sur-Mer et de l’étang de Berre. Ce format transversal inédit, une première en France, a permis de regrouper et d’analyser les fiches de 51 porteurs de projets, mais aussi de produire de l’information, à l’instar de l’analyse des effets cumulés sur l’environnement ou de la tierce-expertise sur le projet de ligne très haute tension de 400 000 volts devant relier Jonquières-Saint-Vincent (Gard) à Fos. C’est cette infrastructure qui cristallise le plus les débats, le besoin de renforcement du réseau électrique se confrontant aux enjeux écologiques et patrimoniaux. Au total, plus de 50 événements ont été organisés sur le territoire, accompagnés de modalités en ligne. Ils ont été suivis par près de 5 200 participants.
    A.M.

    La vie syndicale

    Le 7 février. Caroline Chevé à la tête de la FSU
    L’ancienne secrétaire générale de la FSU 13 a pris la tête de la fédération à la suite du congrès du 11e congrès national.

    Le 13 juin. Laurence de Villèle a pris les rênes de l’UD CGT 84
    Fred Laurent, secrétaire général de l’UD CGT Vaucluse a été remplacé par Laurence de Villèle lors du 52e congrès de l’organisation.

    Le 16 octobre. Marc Pietrosino nouveau visage de l’UD CGT 13
    Vaste changements au sein de la direction de l’Union départementale CGT des Bouches-du-Rhône. Le secrétaire général sortant, qui ne se représentait pas pour un nouveau mandat, Olivier Mateu, a été remplacé par Marc Pietrosino, syndicaliste de la Fnac et de l’Union locale de la vallée de l’Huveaune à Marseille. De même que la direction de l’organisation a largement été renouvelée, la sortante n’étant pas reconduite à l’issue du congrès.

    Et aussi….

    3 février. Forte mobilisation des salariés de la Snef
    Répondant à l’appel national lancé par l’intersyndicale formée par CFE-CGC, FO, CFDT, CFTC et CGT, les salariés du groupe né à Marseille et spécialisé dans le génie électrique se mobilisent au pied de la tour La Marseillaise. Allumée par un 13e mois amputé et une prime d’intéressement supprimée, leur colère s’étend à tous les sites.

    13 octobre. Les licenciés d’ID Logistic saisissent les prud’hommes
    Un an après une grève pour dénoncer un « plan social déguisé », vingt ex-salariés de la plateforme de distribution saisissent les prud’hommes. Dans le 15e arrondissement de Marseille, ce sous-traitant d’Amazon avait mis la clé sous la porte et congédié ses 47 préparateurs de colis.

    19 novembre. Les missions locales étranglées
    Les salariés de l’insertion des jeunes vers l’emploi s’élèvent devant la préfecture contre une nouvelle baisse de 13% des financements des missions locales. Prévue dans le projet de loi de finances 2026, elle s’ajoute à une diminution de la dotation étatique de 5,6% pour les contrats d’engagement jeunes (CEJ).

  • Sur la centrale de Gardanne, la préfecture persiste et signe

    Sur la centrale de Gardanne, la préfecture persiste et signe

    Sollicitée par La Marseillaise sur la volonté de l’État de maintenir ou non l’activité sur le site GazelEnergie après la prise d’un arrêté dont les restrictions sont tellement élevées qu’elles interrogent la viabilité du site, la préfecture a produit une réponse détaillée.

    « L’État a délivré une autorisation pour l’exploitation de la centrale à biomasse, en respectant : la décision du Conseil d’État imposant une régularisation de la situation de la centrale ; les règles environnementales propres aux activités de la centrale, en particulier le fonctionnement de la chaudière, les rejets dans l’air et dans l’eau ; les avis recueillis lors de l’enquête publique au cours de laquelle les citoyens et associations ont pu s’exprimer ; et la nécessité d’ajouter un plan d’approvisionnement en bois », expliquent ainsi les services de l’État, tout en assurant que « les volumes de ce plan d’approvisionnement reprennent strictement les volumes exprimés par GazelEnergie dans sa réponse à la commission d’enquête, en date du 27 juin 2025 ».

    Des prescriptions controversées

    « Les prescriptions garantissent que la centrale respecte les normes de protection de l’environnement et que son approvisionnement en ressources (notamment le bois) est durable », insiste la préfecture même si, dans un courrier que La Marseillaise s’est procuré, l’industriel s’alarme des conséquences potentiellement bloquantes de cet arrêté pour l’activité.

    « Certaines de ces prescriptions soulèvent des difficultés majeures sur lesquelles la société GazelEnergie avait appelé à plusieurs reprises l’attention des services préfectoraux et de la Dreal [direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement, Ndlr.] Provence-Alpes-Côte d’Azur », écrit ainsi le président de GazelEnergie. Et de demander « que les prescriptions en cause soient modifiées et adaptées par arrêté ». Il réclame ainsi que le texte ne parle pas de « charbon cendreux », mais de « produits cendreux de récupération », rappelant que ces cendres restent « indispensables à la protection de la chaudière », lorsque la tranche 4 n’aura plus le droit d’utiliser de charbon, au 31 décembre 2026.

    Le courrier s’inquiète également de valeurs limites de concentration « injustifiées et de nature à poser des difficultés significatives lors des contrôles de conformité »… certaines valeurs trop basses ne pouvant être mesurées, tandis que d’autres sont « très significativement inférieures, d’un facteur 5, voire 10 ou même 100, à celles définies par arrêté ministériel ».

    Pour la préfecture, l’arrêté permet au contraire de « régulariser le fonctionnement [de la centrale], jusqu’alors encadré par un arrêté temporaire, après plus de deux ans d’attente ».

    À propos des écrits publics du rédacteur de l’arrêté, très critiques à l’égard de l’énergie issue de la biomasse, pour le compte du collectif Pour un réveil écologique, qui jettent le trouble sur l’impartialité de la décision administrative, les services préfectoraux affirme qu’elle « a été prise de manière neutre et transparente ».

    « L’instruction des dossiers repose sur l’avis d’experts (techniques, administratifs, juridiques), en particulier au sein des inspecteurs de l’environnement, et en aucun cas un arrêté d’autorisation environnementale ne saurait être le fruit d’une décision individuelle », affirme la préfecture, en rappelant que « l’instruction repose strictement sur le dossier déposé par l’entreprise GazelEnergie, et il est vérifié qu’il correspond aux exigences de la réglementation environnementale, ce dossier a lui-même été examiné lors d’une enquête publique et soumis à consultation des collectivités concernées. »

    Des contrôles à venir

    Insistant sur la normalisation des relations entre l’État et l’industriel, la préfecture assure que « comme dans le cas de toute installation classée, la relation entre l’administration et l’exploitant GazelEnergie reprend désormais des modalités classiques, et ce dès décembre 2025 pour : éclaircir les points techniques qui peuvent rester en suspens ; prendre en compte les évolutions déjà prévues sur le site (depuis l’enquête publique) et celles à venir ; étudier des adaptations de l’autorisation suite à des porter-à-connaissance déposés par l’exploitant, dans le cadre d’un dialogue ouvert et constructif avec l’entreprise et dans le respect du Code de l’environnement ».

    Comme un avertissement, les services de l’État concluent : « La DREAL réalisera régulièrement des inspections sur le site en vue de vérifier sa conformité, comme pour toutes les installations classées. »

  • GazelEnergie alerte le préfet de région sur les restrictions à la centrale de Gardanne

    GazelEnergie alerte le préfet de région sur les restrictions à la centrale de Gardanne

    À peine arrivé dans les Bouches-du-Rhône, c’est un sacré mot d’accueil qu’a reçu le nouveau préfet de région Jacques Witkowski. Dans un courrier daté de ce mardi et sur lequel La Marseillaise a pu mettre la main, le président de GazelEnergie s’alarme en effet des prescriptions imposées par l’arrêté préfectoral publié le 24 novembre pour régulariser l’autorisation d’exploitation, annulée par le Conseil d’État en mars 2023, au terme d’une nouvelle enquête publique (notre édition du 03/12).

    Quatre points sensibles

    « Certaines de ces prescriptions soulèvent des difficultés majeures sur lesquelles la société GazelEnergie avait appelé à plusieurs reprises l’attention des services préfectoraux et de la Dreal [direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement, Ndlr] Provence-Alpes-Côte d’Azur », écrit ainsi Frédéric Faroche. Et de demander « que les prescriptions en cause soient modifiées et adaptées par arrêté ».

    Il réclame ainsi que le texte ne parle pas de « charbon cendreux » mais de « produits cendreux de récupération », rappelant que ces cendres restent « indispensables à la protection de la chaudière », lorsque la tranche 4 n’aura plus le droit d’utiliser de charbon, au 31 décembre 2026.

    Le courrier s’inquiète également de valeurs limites de concentration « injustifiées et de nature à poser des difficultés significatives lors des contrôles de conformité »… certaines valeurs trop basses ne pouvant être mesurées, tandis que d’autres sont « très significativement inférieures, d’un facteur 5, voire 10 ou même 100, à celles définies par arrêté ministériel ».

    Le fait de considérer toute modification au plan d’approvisionnement en bois comme « notable » même lorsqu’elles sont minimalistes paraît « entaché d’illégalité » s’alarme aussi l’industriel, qui demande une rédaction moins ambivalente. Enfin, GazelEnergie rappelle que « la certification de tous les fournisseurs ou encore la mise en œuvre d’un outil fiable pour garantir la traçabilité des bois, le lendemain de l’édiction de l’arrêté, était impossible ». Réclamant un délai de six mois… et remerciant le préfet de son attention.

    Sollicité par La Marseillaise, GazelEnergie se borne simplement à confirmer que son président a saisi le préfet.

  • Centrale de Gardanne : des suspicions de partialité sur le rédacteur de l’arrêté

    Centrale de Gardanne : des suspicions de partialité sur le rédacteur de l’arrêté

    L’actualité avait fait grand bruit, lorsqu’en septembre 2018 près de 30 000 étudiants de 400 écoles d’enseignement supérieur s’étaient engagés « pour un réveil écologique », promettant d’« inciter tous les acteurs de la société […] à mener les changements nécessaires vers une société enfin soutenable ». Mais cet appel désormais structuré en collectif s’invite aujourd’hui au cœur du bras de fer autour de la centrale biomasse de Gardanne. Deux ans après l’annulation par le Conseil d’État de son autorisation d’exploitation, un nouvel arrêté a en effet été pris par la préfecture des Bouches-du-Rhône égrenant de nouvelles prescriptions sur quelque 80 pages. Des restrictions particulièrement dures, qui alarment aussi bien les salariés que l’exploitant (notre édition du 03/12). De quoi doucher les espoirs de relance durable, après la réembauche en préfecture des premiers salariés qui avaient été licenciés.

    Or, selon nos informations, l’auteur de cet arrêté, diplômé de polytechnique, est lui-même membre du collectif Pour un réveil écologique, pour lequel il a rédigé un rapport sur le bois-énergie. « Une bible qui permet de poser un regard nouveau, précis et sans concession sur le bois-énergie », décrit l’association Printemps écologique qui conseille les comités sociaux et économiques sur les questions de transition. Et avec laquelle il s’est opposé en 2022 à l’installation d’une chaudière biomasse pour l’entreprise Purina de Nestlé en Loire…

    « Cette note n’a pas pour objet de donner un avis tranché pour ou contre le bois énergie », tempérait son auteur. Mais selon ce responsable de la Dreal, l’usage du bois pour l’énergie n’est pertinent que s’il complète la demande en bois d’industrie, pour financer des coupes d’éclaircie en forêt. S’alarmant des subventions accordées par l’Ademe en faveur de la biomasse pour les chaudières. Et de dénoncer : « La centrale thermique de Gardanne, pour ne citer qu’elle, consomme des volumes considérables de bois énergie pour la production d’électricité alors que la filière bois d’œuvre est extrêmement faible voire inexistante dans la région. » Quant à la pyrogazéification, qui est portée par les salariés de la centrale, il juge son développement « irréaliste », sans fermer la porte à de la recherche industrielle.

    Ces convictions personnelles ont-elles pesées pour rédiger l’arrêté préfectoral, avec ses fortes restrictions qui menacent l’activité de la centrale ? Sollicités, ni l’auteur ni la préfecture n’ont pu nous répondre ce jeudi.

  • Feu vert et panneau stop

    Feu vert et panneau stop

    Le ciel est-il à nouveau en train de s’obscurcir au-dessus de la centrale de Gardanne ? Après 7 ans d’une mobilisation ouvrière constante, l’éclaircie semblait pourtant de mise avec le passage à la biomasse et même l’annonce de la mise en œuvre prochaine du projet de biogaz porté par les salariés eux-mêmes à travers leur association et avec le soutien de leur syndicat CGT.

    La publication de l’arrêté préfectoral qui encadre l’activité a fait l’effet d’une douche froide. Les restrictions qui s’allongent sur 80 pages semblent en effet destinées à empêcher la viabilité du site.

    Troublant après une enquête publique qui avait permis un débat démocratique de qualité en croisant les points de vue des riverains, des associations de protection de l’environnement, des salariés, de l’industriel, des experts… sur un projet redimensionné pour répondre aux exigences parfois contradictoires qui s’exprimaient.

    Situation troublante

    Le trouble est encore plus grand lorsque l’on découvre que le rédacteur de l’arrêté est membre d’un collectif très critique à l’égard de l’utilisation de la biomasse.

    Le dossier de la centrale de Gardanne n’est pas anecdotique. Il ne peut souffrir aucun soupçon de partialité. Son importance pour l’emploi, pour l’autonomie énergétique, pour la décarbonation de la production d’électricité, pour l’avenir industriel de l’ex-bassin minier mérite mieux.

    L’État, garant de l’intérêt général, doit clarifier sa position. Un feu vert ne peut être assorti d’un panneau stop.

  • La centrale biomasse sous le poids des restrictions

    La centrale biomasse sous le poids des restrictions

    Lors de la Révolution culturelle, la Chine maoïste avait eu, un bref temps, l’idée de remplacer les feux verts par des feux rouges. C’est manifestement le même type de feu vert que la préfecture a donné, le lundi 24 novembre dernier, pour la centrale thermique de Gardanne, en assortissant son autorisation d’exploitation de 80 pages de prescriptions particulièrement restrictives.

    Le document était pourtant particulièrement attendu. La précédente autorisation avait en effet été retoquée par le Conseil d’État le 27 mars 2023, la juridiction estimant que l’étude d’impact réalisée restait incomplète. Il avait alors fallu compléter cette étude et mener une nouvelle enquête publique sur un périmètre élargi de quelque 324 communes pour finalement déboucher, de nouveau, sur un avis favorable, nuancé par cinq réserves et quatre recommandations (notre édition du 16/08).

    Des limites bloquantes

    « L’instruction de la demande a montré que les impacts attribués au projet n’induisent pas de dangers ou d’inconvénients sous réserve de la mise en œuvre de mesures d’évitement, de réduction et d’accompagnement », confirment désormais les services de l’État dans leur arrêté, soulignant notamment la nécessité de limiter la consommation des ressources forestières locales « a minima sur les trois premières années ». Mais ils ajoutent aussi de nouvelles prescriptions, notamment à travers « un durcissement des valeurs limites d’émissions atmosphériques à la cheminée de la tranche 4 », assume la préfecture.

    De quoi rendre « restrictif » cet arrêté d’autorisation d’exploitation, déplore le secrétaire général de la CGT des travailleurs de la centrale, Jean-Michel Roccasalva. Alors même que le syndicat vient de remporter une victoire symbolique après sept ans de bataille, mercredi dernier, avec la signature en sous-préfecture des premiers contrats d’embauches pour les anciens salariés licenciés (notre édition du 27/11). « Pour nous, avec les éléments en notre connaissance, l’arrêté ne met pas en péril le fonctionnement à court terme, décrypte le responsable syndical. Mais à moyen terme, trois éléments nous interrogent, et nous allons prendre attache avec la préfecture pour connaître les modalités précises de mise en application. »

    La tranche de biomasse utilise en effet environ 10% de produits de récupération issus de l’ancienne exploitation minière, chargés en terre et en silice. « La préfecture a appelé ça dans son arrêté charbon cendreux, pointe Jean-Michel Roccasalva. Mais dans le contrat biomasse signé l’année dernière, nous avons l’obligation de sortir du charbon au 31 décembre ! »

    Les valeurs limites d’émissions autorisées interrogent aussi particulièrement. D’autant plus qu’elles ont été placées, sans justification, très en deçà des seuils fixés par arrêté ministériel. Jusqu’à cent fois moins, pour des métaux lourds. Avec un risque de bloquer le projet porté par les salariés. « Dans le cadre du projet Biométhane de Provence, la première phase, c’est la vente de plaquettes de bois en fin de vie à GazelEnergie pour être utilisées par la tranche de biomasse, détaille le syndicaliste. Mais les valeurs d’émissions sont trop basses pour les mettre en œuvre ! »

    Difficile traçabilité

    L’arrêté réclame aussi à l’exploitant de revoir sa copie pour assurer la traçabilité sur la biomasse locale, excluant le bois issu de zones protégées Natura 2000 et de coupes rases, avec un tonnage défini sur trois ans. « Nous estimons que c’est une bonne chose pour calmer les inquiétudes des citoyens, mais GazelEnergie indique qu’ils ont besoin de six mois pour cela », pointe Jean-Michel Roccasalva. Attentif à ce que le tonnage international soit bien maintenu pour assurer l’activité portuaire. « Certains éléments pourraient être modifiés par des portés à connaissance », espère-t-il. Avant d’insister : « Nous avons besoin de cet outil, pour les emplois et pour les besoins des usagers ! »

    « Nous avons besoin de
    cet outil ! »