Tag: Cendras

  • [Entretien] Sylvain André : « La ruralité n’est pas une variable d’ajustement »

    [Entretien] Sylvain André : « La ruralité n’est pas une variable d’ajustement »

    La Marseillaise : Les arbitrages européens se discutent. De quoi parle-t-on ?

    Sylvain André : Les négociations du prochain Cadre financier pluriannuel de l’Union européenne sont en cours. Sur 2 000 milliards d’euros, une enveloppe de 865 milliards sera consacrée aux plans de partenariats nationaux et régionaux (PPNR) dont 81 milliards pour la France. Ce qui m’intéresse, c’est la répartition de ces fonds pour la ruralité sur la période 2028-2034.

    Quel est l’enjeu pour la ruralité gardoise ?

    S.A. : Le programme européen Leader est géré localement par les Groupes d’action locale (GAL) où siègent des privés et des élus [et peuvent apporter jusqu’à 4 euros européens pour 1 euro national, Ndlr]. Cela permet le financement de projets ruraux vertueux d’intérêt économique, touristique, solidaire tels que : une épicerie de village, un point multiservices (restaurant, relais Poste…), un festival du vivant (Cévennes), de l’artisanat, des jardins partagés, une halte randonneurs, des études sur des cépages anciens, un atelier de transformation de jus de pomme… Ce sont des projets très concrets pour les habitants. Or, nous sommes inquiets pour le fléchage des crédits, ce n’est pas bien clair pour les fonds Leader qui font partie du Feader.

    Dans le Feder, il y a aussi tout
    ce qui est lié à la forêt…

    S.A. : Tout à fait. Toute la filière forêt est déjà le parent pauvre et il pourrait y avoir des baisses de dotations. On parle du financement pour les pistes DFCI (voies de défense des forêts contre l’incendie), des dessertes, de la protection de la biodiversité (Natura 2000). La filière bois doit aussi être développée dans le Gard, notamment les Cévennes. Je ne veux pas que la ruralité soit la variable d’ajustement de leur politique ou pour financer les guerres.

    Qu’est-ce qui vous fait penser
    que les enveloppes pourraient baisser ?

    S.A. : Avant nous avions 14 programmes européens, désormais tout est regroupé dans un seul PPRL. On sait qu’il sera de 81 milliards pour la France dont 50 d’aides directes (notamment la politique agricole commune) et 5,6 de fonds climat. Les 25 restants du Feder, on ne sait pas où ils iront. Ça nous inquiète pour le programme Leader. En additionnant tous les programmes, on a du mal à retrouver nos petits. Je gère un village de 1 600 habitants, je ne suis pas un expert de la finance européenne. Je dis, attention à ne pas abandonner des programmes pertinents, à ne pas sacrifier la ruralité. Un premier fléchage devrait être donné en juin. Je vais en discuter avec la députée européenne Chloé Ridel (PS). J’ai interpellé les sénateurs Denis Bouad (PS), Laurent Burgoa (LR) et le ministre de la ruralité, Michel Fournier. Un mail de l’AMR30 informera les maires le 24 avril.

  • La gauche tente de peser à Alès Agglomération

    La gauche tente de peser à Alès Agglomération

    Touché mais pas coulé. Après une victoire étriquée au second tour des élections municipales (55,5%) malgré le retrait de toute la gauche et la présence d’un candidat du Rassemblement national inconnu face à lui, Christophe Rivenq a semblé marquer le coup. Mais en bon animal politique qui arpente le Conseil régional et a présidé des instances des Républicains dans le Gard, l’élu a rapidement repris du poil de la bête et est apparu tout sourire lors de son élection par le conseil municipal le 28 mars.

    Affaibli, Christophe Rivenq a donc impérativement besoin d’obtenir une victoire sereine pour la présidence de l’Agglomération. Car entre le poids de la ville centre et plusieurs maires acquis à sa cause, son élection à la tête de l’intercommunalité est quasiment assurée. Mais si une opposition venait à se monter et à peser dans le scrutin, il sait que son mandat serait alors beaucoup plus difficile.

    C’est pourquoi plusieurs élus de gauche ont entamé des discussions avec lui en rappelant au passage que les deux listes de gauche se sont retirées en sa faveur dans l’entre-deux-tours des municipales. Ils souhaitent ainsi arracher plusieurs vice-présidences avec des délégations pour pouvoir peser dans l’avenir de l’Agglomération.

    Un candidat de gauche

    à la présidence ?

    « À l’Agglomération se gèrent énormément de compétences, donc on ne peut pas lui laisser libre cours sans nous. Nous avons donc des discussions sur l’avenir du fonctionnement de l’Agglo. Nous, les élus de gauche, sommes dans un esprit constructif. Nous voulons pouvoir travailler ensemble à la condition que les sensibilités soient respectées et qu’on arrive à faire des compromis pour avancer tous ensemble », insiste Sylvain André (PCF), qui préfère trouver un compromis avant de créer une opposition frontale de gauche au maire d’Alès.

    Mais si un terrain d’entente n’est pas trouvé avec la vingtaine d’élus de gauche, ceux-ci sont prêts à se présenter face à Rivenq lors de la première séance prévue le jeudi 9 avril. Un candidat a même déjà été désigné si le président sortant d’Alès Agglomération ne consentait pas à partager une partie du pouvoir. « Les discussions sont saines et normales. Mais on ne veut pas des vice-présidents pot de fleurs, on veut des vice-présidents avec des marges de manœuvre pour pouvoir porter des politiques », conclut Sylvain André, qui réclame aussi des garanties pour les communes rurales du territoire.

  • [Entretien] « Agir en commun », la règle d’or de Sylvain André, maire de Cendras

    [Entretien] « Agir en commun », la règle d’or de Sylvain André, maire de Cendras

    La Marseillaise : Vous êtes maire de Cendras depuis 2017. Quel regard portez-vous sur ces neuf ans ?

    Sylvain André : Pour moi, le maire a un rôle d’animateur du vivre ensemble. C’est fondamental pour faire société ; surtout dans une période où le repli identitaire s’accentue. Si je devais donner quatre marqueurs de l’ADN de l’équipe municipale, je dirais la solidarité, la culture, la transition écologique et l’éducation. Nous avons rénové le cœur du village, et c’était le plus gros projet du mandat. Nous avons aussi désimperméabilisé certaines zones, finalisé un projet d’habitat inclusif pour permettre à nos anciens de rester au cœur du village, et proposé un programme culturel dense…

    Vous vous êtes aussi engagé pour le pour des causes qui dépassent les compétences d’un maire…

    S.A. : Plus la situation internationale s’est complexifiée, plus nous avons voulu affirmer nos ambitions de paix. On soutient SOS Méditerranée, parce que je trouve que c’est l’honneur de l’humanité. On ne paie pas un bateau, on apporte 500 euros… Mais c’est un marqueur. On participe aussi à une opération de subvention qui vise à financer 1 000 fontaines pour Mayotte où l’eau est un enjeu majeur… Ce sont des petites pierres, mais elles participent à la construction de la solidarité internationale.

    En septembre, vous avez été attaqué par le député UDR Allegret-Pilot, qui est venu décrocher votre drapeau palestinien. Comment avez-vous vécu cet épisode ?

    S.A. : C’est la première fois que j’ai un peu souffert de ce genre de polémique, parce que ça a été virulent. Je venais de prononcer un discours de paix devant 70 personnes en expliquant que si Israël vivait la même chose, j’aurais mis son drapeau à la place, et j’ai à nouveau condamné les attaques du 7 octobre… Mais avec sa mise en scène, il a lancé toute la fachosphère sur mon dos. J’ai passé 15 jours à effacer des messages de haine sur mes messageries personnelles. Des messages anti-communiste, des menaces, des insultes liées à mon handicap… Ce député vit par le buzz et la « trumpisation » de la société. Ça plaît parfois aux gens, mais ce n’est pas la politique que j’aime.

    Vous allez présenter votre liste le 10 février. À quoi ressemblera-t-elle ?

    S.A. : Elle est renouvelée à 50%. Tout le monde n’est pas encarté, mais ils ont tous une sensibilité de gauche. Je suis allé voir chaque membre de la liste, j’ai expliqué qu’on allait parfois dépasser le cadre municipal, et surtout je me suis assuré qu’il n’y aurait jamais aucun propos raciste. Si nous sommes élus, nous allons nous voir quasiment tous les lundis de l’année pendant six ans. Il vaut mieux partager un socle de valeurs communes, j’y tiens.

    Quels seront les axes de ce mandat ?

    S.A. : J’aimerais faire passer tous les toits de la commune en solaire, et mettre en place une boucle d’autoconsommation solidaire qui permettra aux Cendrasiens d’acheter l’énergie produite… On souhaite aussi créer une boulangerie dans le hameau de La Blaquière, créer un accueil parent-enfant au centre socioculturel, donner une dimension plus importante au CCAS, et peut-être créer un conseil municipal pour la jeunesse… Nous sommes en train d’y travailler.

    Vous êtes aussi le président des maires ruraux du Gard. Pourquoi ?

    S.A. : On me l’avait proposé, et j’ai fini par dire oui. Je ne me retrouvais pas complètement dans l’Association des Maires de France ; j’avais besoin d’une association un peu plus piquante, pugnace, un réseau plus convivial… Ensemble, nous arrivons à nous fédérer de manière trans-partisane sur des questions locales et de proximité. On est vraiment dans l’entraide.

    Quels seront les grands combats pour les maires ruraux du Gard ?

    S.A. : Nous allons devoir défendre la commune, qui est régulièrement attaquée. L’intercommunalité peut être un atout, mais il faut que cela se fasse dans la coopération.

    Nous travaillons aussi sur le PAC (porter-à-connaissance) feux de forêts, qui ralentit le développement des territoires ruraux. On comprend qu’il faille prendre des précautions avec les feux de forêts, mais il faut trouver un équilibre… Avec l’université de Nîmes, nous participons enfin à la création d’un Diplôme Universitaire destiné aux élus. Il pourrait démarrer dès septembre. Je n’attends pas le grand soir pour agir ! On arrache tout ce qu’on peut. Et ça implique de parler avec tout le monde.

  • Gard : Cendras, la culture du vivre ensemble…

    Gard : Cendras, la culture du vivre ensemble…

    À deux mois des municipales, Cendras semble à mille lieues des luttes politiciennes qui fracturent le pays. Niché au beau milieu d’un territoire composé de forêts à 85%, et situé à 10 minutes à peine de la ville d’Alès, il y règne une tranquillité singulière.

    Du haut de ses 1 600 habitants, ses multiples quartiers et hameaux, affichent aussi un dynamisme étonnant et une fibre sociale assumée. « Pour moi, un maire doit être l’animateur du vivre ensemble. On pourrait vite devenir une cité-dortoir parce qu’on n’est pas loin de la ville. Mais on cultive une vraie vie de village », résume Sylvain André, en poste depuis la démission de son prédécesseur Yannick Louche (en 2017). Ici, le jeune quadra n’a pas encore de concurrent déclaré. Acquise à la gauche depuis plus de 60 ans, la commune fait donc figure d’exception à l’échelle du Gard. Voire même de laboratoire…

    Dans les cuisines de la cantine municipale, située au beau milieu du centre socioculturel Lucie-Aubrac, Myriam s’affaire derrière une énorme marmite d’eau frémissante. « Le centre socioculturel, c’est le bijou de Cendras », confie le maire. Alors quand la structure a failli plier, asphyxiée par la baisse drastique des subventions de l’État, l’élu a mis toute son énergie de militant cégétiste au service de ce cœur battant. En décembre 2024, il a fléché 72 000 euros d’aides directes et presque autant en charges supplétives. « La mairie était un gros partenaire, elle nous a sauvés », explique Farida Ihamouchène, la présidente des lieux. Ici, 14 salariés et 54 bénévoles continuent donc de tisser du lien social à tour de bras, à l’occasion d’ateliers cuisine, de sorties, d’atelier couture, de séance de jardinage partagé, et de papotage à la friperie solidaire qu’ils chapeautent…

    Le long des ruelles proprettes du centre-ville, rénové à hauteur de 580 000 euros au fil du dernier mandat, l’ambiance est familiale. Une atmosphère que la charismatique Karine Tell, la gérante de l’épicerie-boucherie, ne quitterait pour rien au monde. « Cendras, c’est ma vie », souffle la native du cru qui accueille ses clientes comme elle accueillerait des amies dans son salon. Dernièrement, elle n’a pas hésité à interpeller le maire pour protester contre la mise en place d’une navette destinée à conduire les personnes âgées dans les hypermarchés de périphérie. Mais dans le fond, elle comprend la démarche. « Les gens ont moins d’argent. C’est compliqué pour tout le monde », concède la commerçante, qui n’a de cesse de s’inquiéter pour ses mamies, dont les conversations s’éternisent souvent dans les allées du magasin. « Ici on n’est pas là pour faire du cash, on fait un boulot humain », confirme le gérant du bar-tabac à quelques mètres de là.

    40% de logements sociaux

    Cité de mineurs par excellence, Cendras dispose de 40% de logements sociaux et a pris les problèmes de sécurité du quartier des Fonzeaux à bras-le-corps ces dernières années. Régulièrement, la commune accueille aussi des réfugiés ; syriens puis ukrainiens, victimes notamment des guerres. « Ça a pu faire débat, mais dès qu’on a des noms et des visages, cela ne pose plus de problème à qui que ce soit », raconte le maire. Des familles en exil dont les bambins se retrouvent aussi sur les pelouses du club de foot de l’AS Cendras, qui fait jouer ses 175 licenciés sans distinction de niveau de jeu, d’origine ou de classe. « Notre devise, c’est : si tu veux faire du foot, tu viens ! », résume son président Sébastien Fabre, qui bénéficie d’une enveloppe annuelle de 3 100 euros pour faire tourner ses équipes. « Toutes les associations n’ont pas autant… Nous avons décidé de privilégier le foot et le tennis, parce que ce sont les deux clubs qui accueillent les enfants », précise le maire, lui-même entraîneur à ses heures par le passé.

    Oxygénée par la vallée du Galeizon -classée Natura 2000- la commune a fait de la transition écologique une autre de ses priorités. Ici, on mise sur la filière bois, dont les essences locales ornent le pôle de santé créé en 2016. C’est aussi par ce biais que la municipalité chauffe toutes ses structures. « Je me considère comme rouge et vert », résume le maire, qui a aussi activement favorisé l’installation et la diversification de deux agriculteurs sur le secteur. Pour l’heure, pour lui l’avenir semble assez clair. Ici, pas l’ombre d’une droite, ni d’un RN… Ciel dégagé à l’horizon.

  • [Rétro 2025] Drapeau palestinien hissé : Revol et André menacés

    [Rétro 2025] Drapeau palestinien hissé : Revol et André menacés

    Fin septembre, les gestes de soutien de plusieurs maires envers le peuple palestinien massacré ont suscité un déferlement de haine.

    A l’instar du maire LFI de Grabels, René Revol, ou de son homologue communiste de Cendras, Sylvain André, le drapeau palestinien a été hissé sur le fronton des mairies le 22 septembre, jour de la reconnaissance par la France de la Palestine.

    Un geste de solidarité aussitôt amalgamé par certains au Hamas et au terrorisme. Certes, de manière incompréhensible, les préfets de l’Hérault et du Gard avaient au préalable interdit cette symbolique. « On avait déjà mis le drapeau ukrainien et la banderole Ensemble pour la paix quand la guerre en Ukraine a commencé », s’étonnait Sylvain André.

    La seule provocation sera celle d’Alexandre Allegret-Pilot. Le député UDR s’est octroyé le pouvoir d’aller dans la nuit retirer le drapeau de la mairie de Cendras. Il n’a pas été inquiété depuis.

  • Occitanie : Sylvain André, « Cette liste se revendiquera de gauche »

    Occitanie : Sylvain André, « Cette liste se revendiquera de gauche »

    La Marseillaise : Pourquoi avez-vous hésité à vous représenter ?

    Sylvain André : J’ai pris du temps parce que je connais bien la fonction et je sais que c’est un mandat très prenant, très exigeant mais passionnant. La passion est intacte et j’ai envie de finir les projets engagés et d’en porter de nouveaux. J’ai surtout envie de continuer ce travail engagé sur le vivre-ensemble. Les attaques que j’ai subies m’ont aussi fait réfléchir parce que c’était très virulent. Mais l’envie est toujours là.

    Quel bilan tirez-vous de ces six ans de mandat ?

    S.A. : Nous avons dédié un vrai budget à l’éducation et nous avons beaucoup soutenu le centre socio-culturel, avec un programme culturel important. Concernant les investissements importants, nous avons réalisé la rénovation du centre du village, la rénovation énergétique des bâtiments publics et la création d’un deuxième réseau chaleur bois pour alimenter plusieurs bâtiments. Nous avons aussi mené un travail pour améliorer les équipements des services techniques et nous avons réalisé un travail de fond sur la tranquillité publique. Nous avons mis en place la vidéoprotection en début de mandat, qui sert uniquement aux gendarmes quand il y a une infraction. Ensuite, nous avons acheté un terrain pour un projet d’habitat inclusif de onze appartements. L’appel d’offres est prévu en 2026. Nous avions commencé à travailler sur ce projet en 2016 et si tout se passe bien, il verra le jour en 2028.

    Quels sujets allez-vous porter durant la campagne ?

    S.A. : Nous avons des projets pour plusieurs mandats, entre ceux pensés par l’équipe sortante et ceux portés par les nouveaux. Mais il y en a deux qui sont certains : le cimetière, où nous venons de trouver un nouveau terrain et l’habitat inclusif. Il y a d’autres projets dans les tuyaux comme la création d’une boulangerie à la place du foyer, la rénovation de la salle polyvalente, l’aménagement du quartier des Fonzeaux qui a besoin d’un gros travail… Il faut avancer sur un maximum de choses, plus que ce qu’on peut déjà faire, et en fonction des financements que l’on pourra trouver nous les réaliserons. Ce sont les financements qui déterminent si certains projets se font avant les autres. Pour cela, nous aurons aussi une équipe renouvelée à 50%. Cette liste se revendiquera de gauche. J’y tiens beaucoup. Toutes les personnes de la liste se revendiquent de gauche avec différentes sensibilités.

    Vous êtes régulièrement la cible de l’extrême droite, y aura-t-il une liste soutenue par le RN face à vous ?

    S.A. : Je ne pense pas. Je n’ai pas entendu de liste se positionner en face mais on n’est jamais à l’abri.

  • Drapeau palestinien : Sylvain André et René Revol menacés

    Drapeau palestinien : Sylvain André et René Revol menacés

    Vendredi 26 septembre, René Revol, maire insoumis de Grabels, excédé par la haine dont il est victime, a partagé une partie des messages et commentaires reçus depuis qu’il a accroché le drapeau palestinien sur la façade de sa mairie pour que « chacun puisse en être juge ». « Sale fdp anti France, que le karma te rattrape petite m…, honte à toi sale débris », « un petit accident mortel pour Tous ces maires pro Hamas ce serait pas mal », « guignol » ou encore « terroriste », peut-on lire parmi ces messages.

    « J’ai décidé de porter plainte. La violence verbale et la haine n’ont pas leur place dans notre vie démocratique. Notre commune doit rester fidèle à ce qui fait sa force : la solidarité, les valeurs d’humanité et l’ouverture internationale », a prévenu le maire insoumis, qui a reçu de nombreux soutiens à l’image du maire de Montpellier Michaël Delafosse (PS).

    Braun-Pivet interpellée

    Du côté de Cendras dans le Gard, Sylvain André (PCF) a bloqué les commentaires sur ses comptes personnels mais il a tout de même vu passer de nombreux messages haineux dans les commentaires d’articles de presse. « Il y en a un qui a dit : “Qu’on le brûle !” Je ne sais pas s’il parlait du drapeau ou du maire… J’ai aussi appelé Ici Gard Lozère pour leur faire retirer un commentaire menaçant », témoigne-t-il. L’affaire a pris de l’ampleur lorsque le député d’extrême droite (UDR) Alexandre Allegret-Pilot s’est filmé en pleine nuit enlevant le drapeau. « J’ai constaté que cet acte avait désinhibé les gens qui se sentent tout permis. J’ai même eu des attaques sur mon physique », ajoute Sylvain André.

    Depuis, le maire de Cendras qui est également le président de l’association des maires ruraux du Gard, a reçu de nombreux messages de soutien. « À travers cet acte illégal, l’extrême droite et ses alliés, de par leurs actions diverses, se rangent du côté d’une politique génocidaire. Nous dénonçons cette action et nous apportons tout notre soutien à la mairie de Cendras, ainsi qu’à son maire, qui subit depuis une déferlante de haine et de racisme sur les réseaux », a par exemple réagi le Collectif alésien de solidarité avec la Palestine.

    Les députés du groupe de la gauche démocrate et républicaine se sont également fendus d’un communiqué pour s’indigner « suite au comportement délictueux d’un député d’extrême droite ». « Un député ne peut se substituer à l’autorité publique ni encourager à commettre des actions illégales […]. En agissant ainsi, le député Alexandre Allegret Pilot s’est substitué à l’autorité compétente et a créé un trouble à l’ordre public en s’octroyant un pouvoir qui ne lui appartient pas », ajoutent-ils. Ils annoncent aussi avoir écrit à la présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet pour lui demander que le Bureau soit « très rapidement saisi de cette affaire afin d’examiner la réponse appropriée à apporter à ce comportement grave et dangereux ». De son côté, Sylvain André a déposé un signalement au procureur de la République.

  • Des mairies hissent le drapeau palestinien dans le Gard et l’Hérault

    Des mairies hissent le drapeau palestinien dans le Gard et l’Hérault

    Ce n’est pas tous les jours que le conseil municipal de Cendras soutient le président de la République », lance Sylvain André devant sa mairie. L’édile communiste de Cendras a en effet accroché le drapeau palestinien lundi 22 septembre et organisé un rassemblement en fin de journée pour saluer la décision de la France de reconnaître officiellement l’État de Palestine.

    À l’instar des communes de Saint-Julien-les-Rosiers et Le Martinet, Sylvain André n’a pas suivi les consignes de la préfecture concernant l’accrochage du drapeau palestinien. « Je suis surpris par la polémique. Avec ce drapeau, je soutiens la diplomatie française. On avait déjà mis le drapeau ukrainien et la banderole Ensemble pour la paix quand la guerre en Ukraine a commencé », explique Sylvain André.

    Dans l’Hérault, plusieurs maires ont également accroché les couleurs de la Palestine comme René Revol (LFI). Saisi par la préfecture, le tribunal administratif de Montpellier a suspendu la décision du maire et le préfet lui a « demandé » d’appliquer cette décision. « La consigne du ministre de l’Intérieur contredit de fait la position diplomatique de la France et ne peut donc avoir aucune légitimité », s’est expliqué l’édile qui a laissé le drapeau flotter toute la journée de lundi. Des rassemblements ont également eu lieu devant de nombreuses mairies pour saluer la position française.

    À Cendras aussi, le drapeau palestinien devait être décroché mardi matin. Mais le député d’extrême droite de la circonscription, Alexandre Allegret-Pilot (UDR), en a décidé autrement en venant l’enlever en pleine nuit.

    Sylvain André menacé

    Dans une vidéo où il se met en scène, l’élu ciottiste explique : « Le préfet du Gard a exigé que le drapeau soit retiré. Sans surprise, rien n’est fait. Donc on doit s’en occuper », lance-t-il avant de décrocher lui-même le drapeau. « Il s’est octroyé un pouvoir judiciaire qui n’est pas le sien en commettant une atteinte à l’autorité de la commune et au bon ordre public […]. Je demeure profondément choqué par cet épisode auquel je me réserve le droit de donner une suite judiciaire », a réagi Sylvain André qui a été contraint de fermer les commentaires sur les réseaux sociaux devant le flot d’insultes reçues : « J’ai reçu des messages comme « qu’il prenne le Hamas chez lui », « terroriste », « islamogauchiste ». Il y en a même un qui a dit : “Qu’on le brûle”. Je ne sais pas si c’était le drapeau ou le maire. »

  • [Gard] Sylvain André (PCF) : « Je vais porter plainte contre le député Allegret-Pilot »

    [Gard] Sylvain André (PCF) : « Je vais porter plainte contre le député Allegret-Pilot »

    Mardi 23 septembre au matin, Sylvain André a découvert « ébahi » la vidéo du député de la 5e circonscription du Gard qui se met en scène devant la mairie de Cendras pour en décrocher le drapeau palestinien qui y flottait depuis la veille et qui devait être retiré mardi matin. Depuis ce week-end, le maire communiste est la cible d’un déchaînement sur les réseaux sociaux pour avoir pris la décision d’accrocher le drapeau palestinien lundi 22 septembre et d’organiser un rassemblement en soutien à l’initiative française de reconnaître un État palestinien.

    Sauf que sur demande du ministre démissionnaire de l’Intérieur, le préfet du Gard a intimé à l’élu de retirer le drapeau. Une convocation était prévue au tribunal administratif mardi. « Comme j’ai fait une attestation que le drapeau n’y était plus, ma convocation au tribunal administratif a été annulée. De toute façon, c’était prévu de le retirer à 8 heures ce matin. C’était une forme de soutien à la diplomatie française et de célébration de cet événement historique. Comme c’était uniquement le 22 septembre, cet argument était défendable devant le tribunal. Deux arguments sont évoqués : la neutralité des services publics et que les questions internationales relèvent des compétences de l’État. Sauf que pour l’Ukraine, il n’a jamais été question de retirer les drapeaux », explique Sylvain André.

    C’est donc dans ce contexte que le député Alexandre Allegret-Pilot a posté une vidéo sur ses réseaux sociaux mardi matin où il se met en scène en pleine nuit devant la mairie de Cendras. « Le préfet du Gard a exigé que le drapeau soit retiré. Sans surprise, rien n’est fait. Il n’y aura pas de sanction, on doit donc s’en occuper », dit-il face caméra avant de sortir un escabeau de sa voiture et de monter devant la façade pour en retirer le drapeau palestinien.

    Mardi, aux côtés de Patrick Malavieille (vice-président PCF du conseil départemental du Gard), Aurélie Genolher (conseillère régionale, vice-présidente d’Alès Agglo et maire de Massillargues-Attuech) et des maires de Saint-Julien-les-Rosiers Serge Bord et de Saint-Martin-de-Valgalgues Claude Cerpedes, Sylvain André a tenu un point presse pour faire part de sa consternation. « J’ai été ébahi et abasourdi par l’initiative du député », explique-t-il. « C’est quand même grave qu’un député se permette de faire ça au milieu de la nuit, comme un voleur. Il se permet de remplacer le pouvoir judiciaire. Parce qu’aujourd’hui, le seul qui avait l’autorité pour me faire enlever le drapeau, c’était le tribunal administratif qui est saisi par le préfet. En allant retirer le drapeau, le député est à la fois juge et policier. C’est une attitude grave. Cela montre le vrai visage de l’extrême droite et on se demande jusqu’où ils peuvent aller ».

    Dans la foulée, l’édile annonce qu’il va porter plainte dans les prochains jours : « J’attends encore quelques éléments juridiques. Mais il ne faut pas laisser passer parce qu’il attise la haine sans arrêt. En plus, cela pose aussi un problème de trouble à l’ordre public. Heureusement à Cendras, la mairie est un peu isolée derrière l’église. Mais si quelqu’un l’avait vu et qu’il n’était pas d’accord avec le fait de retirer le drapeau, ça aurait pu mal tourner ».

    Au-delà des présents à la conférence de presse, de nombreux élus ont depuis envoyer un message de soutien à Sylvain André à l’image des élus régionaux Régis Bayle et Fabrice Verdier ou de l’élu nîmois Vincent Bouget (PCF), du sénateur Denis Bouad (PS), d’Emmanuel Grieux (L’Après) et du sénateur du Gard Laurent Burgoa (LR).

  • Des mairies hissent le drapeau palestinien dans le Gard et l’Hérault

    Des mairies hissent le drapeau palestinien dans le Gard et l’Hérault

    « Ce n’est pas tous les jours que le conseil municipal de Cendras soutient le président de la République », lance Sylvain André devant sa mairie. L’édile communiste de Cendras a en effet accroché le drapeau palestinien lundi 22 septembre et organisé un rassemblement en fin de journée pour saluer la décision de la France de reconnaître officiellement l’État de Palestine.

    À l’instar des communes de Saint-Julien-les-Rosiers et Le Martinet, Sylvain André n’a pas suivi les consignes de la préfecture concernant l’accrochage du drapeau palestinien. « Je suis surpris par la polémique. Avec ce drapeau, je soutiens la diplomatie française. On avait déjà mis le drapeau ukrainien et la banderole «Ensemble pour la paix» quand la guerre en Ukraine a commencé », explique Sylvain André.

    Dans l’Hérault, plusieurs maires ont également accroché les couleurs de la Palestine comme René Révol (LFI). Saisi par la préfecture, le tribunal administratif de Montpellier a suspendu la décision du maire et le préfet lui a « demandé» d’appliquer cette décision. « La consigne du ministre de l’Intérieur contredit de fait la position diplomatique de la France et ne peut donc avoir aucune légitimité », s’est expliqué l’édile qui a laissé le drapeau flotter toute la journée de lundi. Des rassemblements ont également eu lieu devant de nombreuses mairies pour saluer la position française.

    Allegret-Pilot décroche le drapeau en pleine nuit

    À Cendras aussi, le drapeau palestinien devait être décroché mardi matin. Mais le député d’extrême droite de la circonscription, Alexandre Allegret-Pilot (UDR), en a décidé autrement en venant l’enlever en pleine nuit. Dans une vidéo où il se met en scène, l’élu ciottiste explique : «Le préfet du Gard a exigé que le drapeau soit retiré. Sans surprise, rien n’est fait. Donc on doit s’en occuper », lance-t-il avant de décrocher lui-même le drapeau.

    « Il s’est octroyé un pouvoir judiciaire qui n’est pas le sien en commettant une atteinte à l’autorité de la commune et au bon ordre public […]. Je demeure profondément choqué par cet épisode auquel je me réserve le droit de donner une suite judiciaire », a réagi Sylvain André qui a été contraint de fermer les commentaires sur les réseaux sociaux devant le flot d’insultes reçues : « J’ai reçu des messages comme « qu’il prenne le Hamas chez lui », « terroriste », «islamogauchiste ». Il y en a même un qui a dit : « Qu’on le brûle ». Je ne sais pas si c’était le drapeau ou le maire ».