Tag: caserne

  • De nouveaux véhicules pour les casernes varoises

    De nouveaux véhicules pour les casernes varoises

    L’occasion de rendre hommage aux pompiers disparus en mission et de remettre des médailles et des grades. Par ailleurs, 25 nouveaux véhicules, pour un montant total de 5,3 millions d’euros, financés par le Sdis, ont été distribués aux casernes du département.

  • Une nouvelle caserne pour les sapeurs-pompiers à Sisteron

    Une nouvelle caserne pour les sapeurs-pompiers à Sisteron

    « L’aboutissement d’un projet attendu depuis plus de 30 ans » : la nouvelle caserne de pompiers de Sisteron a été inaugurée mardi soir, en présence de nombreux élus.

    « Quand nous avons obtenu la majorité au Département et qu’on m’a confié la gestion du Sdis, la situation financière était compliquée. Le Sdis 04 était le plus endetté de France », s’est rappelé Jean-Claude Castel, président du Sdis, conseiller départemental et maire de Corbières. « Il y avait 17 casernes à reconstruire alors qu’on était en faillite », a-t-il expliqué. La caserne, « idéalement située, à proximité immédiate d’un axe autoroutier », a coûté près de 4 millions d’euros, dont 2,7 financés par le Département, soit 70%, a détaillé sa présidente Eliane Barreille. Le Département a dépensé 3 millions d’euros pour les équipements des pompiers et 7 millions pour leurs casernes, a-t-elle expliqué. Cinq casernes restent encore à financer.

    « Un dernier rempart contre l’isolement »

    La nouvelle sous-préfète de l’arrondissement de Forcalquier, Véronique Simonin, a elle aussi insisté sur l’importance des pompiers, « dernier rempart contre l’isolement, la solitude et la détresse », et sur l’importance de « faire bénéficier les zones rurales d’une offre de secours proche et de qualité ».

    La nouvelle caserne a été nommée du nom de Joseph Volpe, commandant honoraire des sapeurs-pompiers volontaires qui a exercé pendant 47 ans. La légion d’honneur lui a été remise en 2022. Il a également fondé une entreprise d’ambulances. Il s’est montré très ému, entouré de ses fils et petits-fils, eux aussi pompiers.

    La caserne a également été financée par les huit communes « défendues en premier appel » : Sisteron, mais aussi Mison, Entrepierres ou encore Salignac, dont les maires étaient présents pour l’inauguration.

  • De la catastrophe des Nouvelles Galeries naît le bataillon des marins pompiers

    De la catastrophe des Nouvelles Galeries naît le bataillon des marins pompiers

    Marseille frappée en plein cœur ! Des victimes et des décombres ! La ville en deuil ! L’impuissance des hommes devant la fureur déchaînée des éléments ! » Dans son édition du 29 octobre 1938, Le Petit Provençal multiplie les points d’exclamation. La veille, un incendie d’une rare violence a pris dans le salon de thé des Nouvelles Galeries, au deuxième étage du bâtiment qui fait l’angle entre la rue Scotto et la Canebière, à 14h25. En moins de 15 minutes, c’est le brasier.

    Dépassés, les sapeurs pompiers marseillais, 400 pour un million d’habitants, ne disposent que de 5 autopompes « dont trois démodées peu maniables, d’un rendement nul et pas de transports rapides pour les hommes », la seule voiture avec échelle « n’arrivait pas au-delà du deuxième étage », décrit l’envoyé spécial de Paris-Soir qui pointe l’incurie des services incendies dès le lendemain de la catastrophe. Pire, ils n’ont jamais fait « d’exercice d’ensemble ou d’éducation contre le feu ». Leur capitaine par intérim blessé, le manque de pression d’eau, la foule de badauds que la garde mobile peine à maîtriser, leur compliquent la tâche. L’Amiral Muselier demande le renfort des marins pompiers de Toulon, des hommes viennent prêter main forte de Tarascon, d’Aix, Salon, Avignon, Lyon.

    « Qui commande ici ? »

    Dans la panique, clientes et personnels mourront asphyxiés ou piétinés. D’autres se jetteront par les fenêtres. Le mistral qui souffle en rafales propulse le feu de l’autre côté de l’avenue, le toit de l’hôtel Noailles s’embrase, « heureusement presque vide » note Paris Soir, car l’établissement accueille Édouard Daladier, président du Conseil et des ministres, pour le 35e congrès du Parti républicain, radical et radical socialiste au parc Chanot. Avec le président de l’Assemblée nationale et maire de Lyon, Édouard Herriot, et le ministre de l’Intérieur, Albert Sarraut, il assiste aux opérations de sauvetage. Et s’indigne : « Qui commande ici ? Il n’y a-t-il donc pas de chef, pas un homme pour diriger ? »

    L’incendie ne sera maîtrisé que le lendemain à 7h. On déplore 73 morts. L’origine du feu est accidentelle a tranché le parquet de Marseille. Il aurait pris au premier étage, où se trouvaient de nombreuses bouteilles d’oxygène liquide et « trouvé un aliment exceptionnel dans les toiles goudronnées qui recouvraient les échafaudages », des travaux de réfection… du système incendie étant en cours.

    La sanction tombe dès le 31 octobre, Albert Sarraut annonce l’étatisation du corps des marins pompiers. Dans son discours lors des obsèques des victimes, le 14 novembre, il appelle à une « réponse droite et claire » à la « défaillance de l’acte des hommes dans la prévision du péril et dans les moyens du combat livré à son attaque », dans une ville qui a besoin « d’hygiène physique et morale » indique le Petit Provençal. En janvier 1939, Marseille est mise sous tutelle, le 29 juillet, un décret-loi va donner naissance au bataillon dont une caserne occupe désormais une partie du site où s’est déroulé le drame.

  • Yann Bompard, assistant fictif d’une députée sous emprise

    Yann Bompard, assistant fictif d’une députée sous emprise

    Au premier jour du procès à Marseille de Yann Bompard, 39 ans, le maire Ligue du Sud d’Orange, accusé d’avoir perçu 42 000 euros nets pour 15 mois d’emploi présumé fictif d’assistant parlementaire, l’audience a plongé dans le vif avec la diffusion de l’écoute où la députée de la 4e circonscription du Vaucluse, Marie-France Lorho, apprenant le 5 septembre 2023 que la PJ perquisitionne sa permanence, demande à un assistant de mentir aux enquêteurs sur la réalité des 208 heures forfaitaires par an effectués par Yann Bompard pourtant élu maire d’Orange en novembre 2021, conseiller départemental et président de la communauté d’agglomérations. Un grand moment d’audience.

    « C’est la merde. On a une enquête pour prise illégale d’intérêts », s’affole la députée. « Et bien voilà… Je suis censé dire quoi ? » dit, pas surpris, Jean-Baptiste Rolland, un de ses quatre collaborateurs parlementaires. « Qu’il faisait des discours, qu’il travaillait sinon on va être dans la merde », lance Marie-France Lorho à qui Jacques Bompard, ex-maire d’Orange condamné et inéligible, a cédé son siège en 2017. « C’est quand même chaud de me demander de mentir », maugrée le collab. « Moi aussi je vais mentir », l’amadoue la députée. « Vous couvrir, c’est une chose mais me demander de mentir c’est une autre. Y a rien, aucune trace d’un travail de sa part. Faire une fausse déclaration là-dessus, heu… », freine l’assistant.

    « Un ignoble petit merdeux d’une famille de tarés »

    Rolland la met en garde : « Quand bien même je mentirais, il n’y a aucune trace matérielle pour corroborer nos dires. Pas une photo en 5 ans où il nous accompagne sur un événement. Il n’y a rien, rien, rien. Pour le journal, il a appelé La Poste c’est tout. Il était là les huit premiers mois mais ça s’est arrêté là. Je m’étonne que ça ne nous soit pas tombé dessus plus tôt. »

    D’autres écoutes frappent encore quand ce même collaborateur narre à un proche son audition par les enquêteurs : « Ils ont compris que c’est un ignoble petit merdeux d’une famille de tarés. (…) C’est un branleur, c’est fictif, fictif, il fait comme Pénélope [Fillon]. » Des élus peuvent témoigner pour Yann, « ils sont choisis génétiquement pour leur soumission ». De sa patronne il dit qu’« elle est con comme c’est pas permis. Elle a une culture nulle. C’est juste une bourge qui a l’entregent des bourgeois, sinon c’est une cruche absolue ». Léopoldine, autre collaboratrice sur écoute, plombe la députée : « Je l’avais mise en garde une trentaine de fois. Elle s’est autopersuadée qu’il travaillait. »

    À la barre, la députée réélue en 2022, qui s’est affranchie de l’emprise des Bompard en passant au Rassemblement national, nie tout détournement, réfute même la subornation de témoin. « J’étais perdue ce jour-là. Jamais, j’aurais menti. Le travail de Yann était là », chouine Mme Lorho qui dit sa crainte du clan Bompard qui l’insulte, lui fait des bras d’honneur sur les marchés. « Je m’en veux de ne pas avoir été plus rigoureuse sur le temps partiel. Mais je peux vous assurer que Yann Bompard a rédigé des discours, fait des courriers aux administrés. Je ne les ai pas gardés car je jetais tout. »

    « Elle travaillait de son côté et moi du mien. On avait peu d’échanges », se défend Yann Bompard qui risque l’inéligibilité. « Je n’ai jamais eu la sensation de voler de l’argent à qui que ce soit. Oui la double rémunération pour le travail de maire et celui de collaborateur parlementaire était complètement justifiée. » Pour lui, toutes ses missions se confondent. « Comme maire, je promeus l’action de la députée les jours de marché. L’attaché parlementaire, c’est comme un couteau suisse. Le maire n’agit que très peu finalement, l’administration sert à ça. » Les juges apprécieront. Les électeurs aussi de ce Dallas provençal.

    Réquisitoire aujourd’hui.

  • « Les soldats ont fait la guerre en la maudissant »

    « Les soldats ont fait la guerre en la maudissant »

    La Marseillaise : Que s’est-il passé à la Courtine en 1917 ?

    Jean-Yves Le Naour : C’est un événement un peu exceptionnel, une sorte de prolongement de la révolution russe en pleine Creuse. En 1914, la France a moins d’hommes que l’Allemagne et demande donc au tsar russe des hommes contre des fusils. La Russie envoie donc 40 000 hommes, bien que la France en ait voulu 500 000. Ces hommes se sont bien comportés mais lorsque la révolution russe survient en février 1917, ils n’ont qu’une envie, rejoindre la Russie pour participer au partage des terres. Ils n’ont plus du tout envie de faire la guerre. Ils commencent alors à s’organiser en soviet et à questionner l’autorité. On les retire donc du front et on les met dans une caserne au centre de la France, à la Courtine, en Creuse. On les oublie un peu, mais ils s’organisent et prennent le contrôle de leur caserne. Pour les soumettre, la France va les encercler et les bombarder, faisant une dizaine de morts en septembre 1917. Quand ils se sont rendus, ils ont été envoyés dans un bagne en Algérie.

    Y a-t-il eu d’autres mutineries de cette ampleur lors de la Grande Guerre ?

    J.-Y.L.N. : Il y a eu des Tunisiens qui ont refusé d’obéir en décembre 1914, parce qu’ils sont épuisés. C’est l’hiver, il fait froid, ils pataugent dans l’eau, ils ne dorment pas. Quand on leur a demandé d’attaquer, ils n’ont pas pu. Il y a donc eu plusieurs fusillés, pour l’exemple, mais peut-on parler de mutinerie ? Je ne sais pas. Il y a aussi les mutineries de 1917 des poilus qui sont très documentées.

    Quels sens ont ces mutineries ?

    J.-Y.L.N. : Il y a le désir de paix. Mais pour les Français, le désir de paix est inatteignable, en dehors d’un renversement de l’ordre politique. Ils se replient donc vers des revendications acceptables : comme davantage de permissions. Les Français ne veulent pas la défaite de la France. Lénine lui, prône le défaitisme révolutionnaire, qu’il a théorisé. Mais ce défaitisme révolutionnaire n’est pas porté par les socialistes français. Ils veulent sortir de la guerre, mais pas au prix de la défaite de leur pays. Ils sont donc coincés. Les soldats français ont fait la guerre tout en la maudissant, mais ils l’ont faite. À gauche, on a consenti à la guerre en imaginant que c’était la dernière et qu’on allait tuer la guerre en renversant les trônes, les Kaisers, les Césars, l’impérialisme. Mais on s’est aperçus, trop tard, que c’était la guerre elle-même, la barbarie. Ces mutineries elles disent une part de résistance à cela.

  • Une journée pour recruter des pompiers volontaires

    Une journée pour recruter des pompiers volontaires

    La caserne vit différemment ce jour de portes ouvertes. Pour les plus jeunes surtout, des ateliers de démonstration, des animations et les engins rouges sont de sortie. La journée porte d’abord une « envie de faire découvrir la vie de la caserne aux populations qui ont bien voulu se déplacer », selon Lionel Trivat, chef du centre de secours, et elle sort le grand jeu pour susciter des vocations.

    Parmi les étalages dépliés, le stand de recrutement est planté de façon visible. « On vise autant le recrutement de jeunes sapeurs pompiers [JSP] que celui de volontaires », explique Lionel Trivat. Ici, sur la caserne de Sénas, il faut compter 105 pompiers au total, pour 2 000 interventions au cours de l’année 2024. Dont dix professionnels et onze JSP. Le reste de la relève est assuré par les sapeurs-pompiers volontaires. « Le département des Bouches-du-Rhône, c’est environ 1 250 professionnels, sur environ 6 000 pompiers, ce qui fait 27 000 volontaires, souligne le chef de centre. Concernant les JSP, on ne recrute pas avant septembre 2026, mais pour les volontaires, c’est toute l’année. »

    Leur volontariat est « indispensable pour la caserne. Il faut rappeler qu’ils ne sont pas payés. Ils font un boulot incroyable, c’est une vocation, qui demande des sacrifices », souligne le Carole Stoufflet, adjointe au chef du centre de secours. Les volontaires, formés, posent des gardes sur leurs jours de « repos ». S’ils ne reçoivent pas de salaire, ils sont indemnisés au taux horaire (vacations). Sur un mois, Julien Grangier, pompier volontaire depuis 20 ans et employé chez Airbus Hélicoptères pose environ deux nuits par semaine. « Ma femme sait qu’en été, on ne part pas forcément », sourit Julien Grangier, pour qui la mobilisation s’intensifie en saison de feux de forêts. « On doit donner minimum 60h par mois, ne pas dépasser 1350 heures par an sans compter la période feux de forêts », détaille Ludo Brunat, volontaire depuis 34 ans avant d’ajouter : « Je dis aux jeunes que s’ils ont du temps à donner, il faut le consacrer aux autres. » « Je trouve mon équilibre entre mes deux boulots, estime Anthony Martinez, volontaire lui aussi, employé chez la SNCF. C’est un métier où l’on est responsable de l’habitat des gens, de leur sécurité. Il faut s’entraîner régulièrement, avoir l’esprit d’équipe, de cohésion, avoir l’esprit de caserne. Ça demande beaucoup de temps personnel, il faut l’avoir dans la peau. » « C’est notre deuxième facette, ajoute Laurie, pompier volontaire depuis près de 25 ans. Ce n’est pas un travail, même si ça prend énormément de temps. Malheureusement, on trouve moins de personnes qui veulent se priver de week-end ou de vacances. On est des passionnés. »