Tag: carte scolaire

  • À Port-de-Bouc, la culture de l’égalité des droits

    À Port-de-Bouc, la culture de l’égalité des droits

    Le portail de l’école Romain-Rolland est encore fermé, mais parents et enfants commencent à s’agglutiner devant dès 8h20. Une ponctualité exemplaire, pour ce premier jour d’école. Les élèves, sur leur 31, courent joyeusement dans tous les sens. « Ils sont contents de se retrouver », réagit une maman.

    Au sein de l’établissement, dans la salle des profs, c’est l’émulation. Une maîtresse note les dates des réunions de rentrée au tableau. L’établissement est le plus important de la commune : il accueille 360 élèves, répartis dans 19 classes. Cet été, des travaux ont été menés pour agrandir deux salles. « C’est plus confortable et puis ça permet de créer des espaces de regroupement, de jeu ou de repos au fond, c’est un atout pédagogique », détaille Farid Roguiai, responsable du service Enfance éducation de la Ville.

    Cette année, 1 700 enfants font leur rentrée dans les établissements de Port-de-Bouc. Les effectifs sont stables, bien que la baisse de la natalité commence à se faire ressentir : une classe ferme du côté de la maternelle Marcel-Pagnol, tandis qu’une autre ouvre au sein de l’élémentaire Victor-Hugo. « On va entamer un travail partenarial avec l’inspecteur, les directeurs des écoles et les élus pour réfléchir à la future carte scolaire. La commune s’étend vers le nord et l’objectif est d’avoir une égalité dans les effectifs et de mixer la population pour ne pas trop concentrer les difficultés », souligne Farid Roguiai.

    Du côté de la maternelle Josette-Reibaut, les très petites sections font leur première rentrée. « Entre 70 et 90 enfants de moins de 3 ans sont accueillis dans les écoles chaque année, précise le responsable du service Enfance éducation. Des études montrent que ça encourage l’accrochage scolaire. » Dans cette commune, où un tiers du budget est alloué à la jeunesse, tout est fait pour favoriser l’égalité des chances.

  • Rentrée : des ambitions sans réels moyens

    Rentrée : des ambitions sans réels moyens

    Quelques jours seulement après les annonces d’Édouard Geffray, ministre de l’Éducation nationale (notre édition du 28/09), Benoît Delaunay, recteur de l’académie d’Aix-Marseille et de la région académique Paca, emboîte le pas de son patron. « Il n’y aura pas cette année de réforme d’ampleur mais plutôt une poursuite de ce qui est déjà enclenché », a-t-il d’emblée confirmé, dans le sillon des déclarations de son supérieur, qui, jeudi, disait vouloir en finir avec « l’annualité des mesures qui limite les perspectives » Et de rappeler, dans la foulée, trois des quatre nouvelles priorités établies par Édouard Geffray la semaine passée : instruire, protéger, unir. Sur l’instruction, Benoît Delaunay rappelle qu’un focus doit s’établir sur deux points en particulier : la maîtrise de la langue française, « avec l’objectif d’une ressource de 2 500 mots de vocabulaire à la sortie de la maternelle », et celle des raisonnements scientifiques, « deux compétences sanctionnées lors des examens ». L’approfondissement de la démarche Collèges en progrès, mise en place en décembre 2025 et concernant 25 établissements de l’académie, a également été évoqué. « Les collèges choisis l’an passé continueront de bénéficier d’un renforcement de l’enseignement, a détaillé le recteur. Cela passe par plusieurs stratagèmes, comme, par exemple, la multiplication des entraînements au brevet ».

    Protéger et inclure

    Sur le volet de la protection, notamment contre les agressions sexuelles, au centre de vives contestations depuis l’affaire Lyhanna, dont le meurtre et le viol avaient révélé en mai de lourds dysfonctionnements judiciaires, Benoît Delaunay assure que les élèves recevront, dans les semaines qui suivent, le questionnaire dédié promis par le ministre. Concernant la lutte contre les écrans, qui passe cette année par un élargissement de l’interdiction des téléphones, désormais également prohibés au lycée, le recteur se dit confiant. « Les lycées attendent cette loi depuis plusieurs mois et sont préparés. Il n’y aura pas trop de difficulté à faire appliquer ce texte de nécessité publique », promet-il. Sur l’inclusion enfin, le recteur évoque une réalité « imparfaite » mais assure y apporter une « attention particulière ». Interrogé sur le cas des Accompagnants des élèves en situation de handicap (AESH), mobilisés nationalement en juin pour réclamer un « vrai statut », Benoît Delaunay note que « la situation s’améliore » bien qu’« il s’agisse d’un travail de long cours ». L’académie devrait cette année compter 188 AESH de plus que l’an passé, a-t-il précisé.

    Baisse démographique

    Comme la quasi-totalité des académies, celle d’Aix-Marseille affronte cette année une baisse démographique, avec 5 000 enfants de moins en primaire et 800 au collège par rapport à 2025. Une diminution du nombre d’élèves qui, en début d’année, avait permis au gouvernement de justifier la fermeture de nombreuses classes, dont 55 dans l’académie d’Aix-Marseille. Une nouvelle carte scolaire qui avait suscité une importante fronde des professeurs des écoles en mars et avril derniers, ceux-ci voyant dans cette baisse démographique l’occasion d’améliorer l’encadrement des élèves. « L’académie n’a rendu que 20 postes de professeurs des écoles. Si on avait suivi la démographie, c’est plus d’une centaine d’emplois que j’aurais dû rendre, a justifié Jean-Yves Bessol, inspecteur académique des Bouches-du-Rhône. Le ministère, le département et l’académie tiennent donc compte de cette baisse démographique ». Et Benoît Delaunay de conclure : « Je voudrais finir sur les mots du ministre, fierté et espoir, et (…) rappeler que si, bien sûr, nous avons des difficultés, nous avons un socle solide ». Un socle tout de même attendu dans la rue le 29 septembre, à l’occasion d’une grève nationale de la fonction publique, où il sera notamment question des « moyens » à mettre en œuvre pour répondre aux bonnes intentions ministérielles…

    « Je veux rappeler que
    si, bien sûr,
    nous avons
    des difficultés, nous avons un socle solide »

  • Au piquet !

    Au piquet !

    Calculette d’un côté, visée pédagogique de l’autre. Le « bon sens » avancé par le ministère de l’Éducation nationale, incarné par un technocrate pur jus, le transparent Édouard Geffray, est d’adapter les moyens aux besoins du terrain. Or, selon ses calculs, une chute de la démographie scolaire justifie les fermetures de classes dantesques prévues dès la rentrée 2026 dans l’académie d’Aix-Marseille et de Nice, dont dépend le département du Var. Quelle aubaine, ces statistiques. C’est imparable : moins d’enfants, moins de classes ! Hourra aux économies budgétaires, aggravées de 6 milliards supplémentaires. Pas d’enfants, pas d’école ! Encore mieux.

    Les syndicats de l’éducation opposent à cette logique comptable la pédagogie, des classes vivables… Ce à quoi le ministère répond qu’ils ont leurs vapeurs : c’est être, en effet, « émotif » que de vouloir enseigner dans de bonnes conditions. Pour eux, pour les enfants.

    Le ministre qui n’annonce rien !

    La baisse des effectifs entraîne donc un renforcement de l’encadrement. Insupportable pour les calculettes du ministère. L’instrumentalisation des projections des effectifs à dix ans permet au gouvernement de réduire les moyens humains dans les services publics de l’éducation nationale. Cet acte dangereux réclame une résistance et des actions communes entre syndicats, parents et élus. Le ministre a annoncé qu’il… n’annoncerait rien pour la rentrée, pour garantir « la sérénité ».

    Avec les cartes scolaires en mode disette, il a mis dans une colère noire la communauté éducative. Au piquet !

  • Vincent Bouget s’oppose aux 18 fermetures de classes à Nîmes

    Vincent Bouget s’oppose aux 18 fermetures de classes à Nîmes

    Mardi 14 avril, ils étaient encore nombreux, parents, enfants, enseignants, à se mobiliser devant l’école Prosper-Mérimée à Nîmes pour s’opposer à la nouvelle carte scolaire qui prévoit une fermeture de classe dans cette école du quartier de la Croix de Fer. Un cortège s’est ensuite rendu devant les locaux de la Direction des services départementaux de l’Éducation nationale (Dsden) pour faire entendre le mécontentement.

    Comme partout dans le département ces dernières semaines, de nombreuses mobilisations se sont déroulées à Nîmes pour s’opposer aux 18 fermetures de classe prévues pour la rentrée 2026. S’il a déjà fait part de son opposition à ces fermetures lors d’une réunion le 2 avril avec Christophe Mauny, le directeur académique, Vincent Bouget a cette fois pris la plume pour réaffirmer son « désaccord profond » dans une lettre envoyée au Dasen. Pour le maire communiste, professeur d’histoire-géographie de formation, la baisse des effectifs doit permettre au contraire de baisser le nombre d’élèves par classe plutôt que de faire des économies.

    Lutter contre les inégalités

    « L’éducation, par l’apprentissage des savoirs, est le levier majeur de l’émancipation de notre jeunesse. L’école est également l’écrin d’une sociabilisation apaisée, de l’ouverture à l’autre, et de la confiance en soi. Or, les études, y compris celles de la Chambre régionale des Comptes dont l’objectif principal est la rationalisation des coûts et dépenses au regard des politiques publiques, démontrent que le nombre réduit d’élèves par classe amoindrit considérablement les inégalités et favorise la réussite scolaire de tous les enfants. », écrit-il.

    Une autre mobilisation a été particulièrement suivie à Nîmes : celle de l’école Georges-Bruguier, dans le quartier du Chemin-Bas d’Avignon où une classe de CP sur les cinq que compte l’établissement doit fermer en septembre. Jeudi 9 avril, 100% des enseignants étaient en grève. Avec cette fermeture, les effectifs par classe pourraient passer de 12 aujourd’hui à 15 en septembre. Or cette école possède l’indice de position sociale (IPS) le plus bas de l’académie et a donc des besoins spécifiques.

    C’est d’ailleurs sur ce point qu’insiste aussi Vincent Bouget dans son courrier soulignant que « le département du Gard est l’un des plus pauvres de France, et la ville de Nîmes compte plus de 40 000 personnes vivant sous le seuil de pauvreté ce qui représente près de la moitié des enfants scolarisés ». « L’ambition que nous portons à l’enfance et aux questions d’éducation implique de considérer la réussite comme un projet d’avenir. Et nous ne pouvons imaginer l’appréhender par le seul biais d’une gestion comptable qui s’appuie sur des ratios. Le dédoublement des classes étendu à l’ensemble des niveaux dans l’élémentaire est une des solutions qui répond à cette ambition », conclut le maire de Nîmes qui demande « le maintien de l’ensemble des classes existantes ».

  • Gard et Hérault face à la « fonte des classes »

    Gard et Hérault face à la « fonte des classes »

    Non à la fonte des classes ! » Même si la situation est grave, le syndicat Sud Education de l’Hérault ne perd pas son humour pour dénoncer les fermetures de classes qui se profilent pour la rentrée 2026. Les cartes scolaires se préparent maintenant. Les bras de fer aussi. « Comme dans le second degré, la baisse démographique va servir de prétexte au gouvernement pour réaliser de grosses économies », analyse le syndicat. « Dans l’Hérault, la saignée se traduit par la fermeture de dizaines de classes : 111 fermetures pour seulement 39 créations, y compris dans des écoles rurales isolées, dans des écoles dont les IPS [indice de position sociale] sont très bas, ou même en éducation prioritaire, qui n’est malheureusement pas épargnée », explique encore Sud 34 éducation sur son site internet.

    Dans le Gard, les fermetures de classes en primaire (maternelle et élémentaire) inquiètent aussi. « Moins d’élèves ne doit pas signifier moins de moyens ! », prévient l’Unsa éducation du département.

    Ce vendredi 17 avril, veille des vacances de Pâques dans l’académie de Montpellier, le Conseil départemental de l’éducation nationale (CDEN) devait se prononcer sur les décisions présentées le 9 avril en Comité social d’administration spécial départemental (CSA-SD), seule instance de négociation entre syndicats et académie. Pour le premier degré (maternelle et élémentaire) hors zone d’éducation prioritaire, la carte scolaire 2026 envisagée se traduit pour l’Hérault par 28 créations de classes, dont 13 en maternelle mais surtout par 52 fermetures, dont 11 en maternelle, selon les documents rendus publics par les syndicats. Les écoles en zone d’éducation prioritaire (ZEP) ne sont pas épargnées : 31 classes seraient supprimées dont au moins 17 en maternelle ! Parmi les écoles élémentaire touchées : Franklin Roosevelt à Montpellier avec 6 classes supprimées, ce qui va entraîner la fermeture pure et simple de l’école.

    Autre exemple, l’école Les Romarins à Béziers perd une classe mais grâce aux syndicats la suppression prévue à l’école Gaveau-Macé a été retirée de la liste. Ce n’est pas le cas pour les écoles Galilée , Daubié et Bolivar à Montpellier. Pour les écoles maternelles, la saignée est forte en ZEP : Carnot à Béziers est placée « sous surveillance » (une classe pourra ou pas être supprimée). À Lunel, trois écoles maternelles sont touchées par des fermetures : Gambetta, Pont de Vesse et Arc-en-ciel. À Montpellier, les écoles Virginia Woolf et Vincent Van Gogh seront fermées après la suppression de 2 et 3 classes. Côté créations, 12 classes sont prévues au sein du Pôle éducatif Halles Nord à Montpellier, une classe à l’école Samuel Paty à Béziers et une autre à Hypatie à Montpellier. Mais ces 14 créations de classes sont loin de compenser les suppressions dénoncent les syndicats.

    Dans le Gard, 21 fermetures sont prévues en zone d’éducation prioritaire en maternelle, élémentaire et primaire. Saint-Gilles, Nîmes, Alès et Beaucaire sont les communes concernées. Hors éducation prioritaire, ce sont 38 fermetures de classes qui seront effectives à la rentrée 2026 avec, parmi les communes touchées, Nîmes, Beaucaire, Alès, Saint-Gilles, Bessèges, Bagnols, Pont-Saint-Esprit ,Saint-Laurent-d’Aigouze , Saint-Jean-du-Gard, Caissargues, Vergèze, Bouillargues, Les Salles-du-Gardon Laudun, Pont-Saint-Esprit, Aimargues – Fanfonne Guillierme, Manduel… Côté créations de classes, 14 seulement au total sont envisagées dans le département du Gard. Si des ajustements sont possibles en juin et septembre, « toute ouverture serait compensée par une fermeture », aurait déclaré le Directeur académique aux syndicats. Ambiance. L’argument massue du ministère de l’Éducation pour justifier ces fermetures est toujours le même : la baisse des effectifs. Mais pour la première fois, le service statistiques du ministère a fait des projections à 10 ans et estime, selon ses calculs, que d’ici 2035 les écoles primaires auront perdu au moins 933 000 élèves.

    Moins 9 635 élèves d’ici 2035 dans le Gard et moins 13 868 dans l’Hérault

    Ces projections ont été déclinées par académie et par département et sont autant d’épées de Damoclès. Ainsi, selon les documents consultés par La Marseillaise, le Gard passerait de 59 005 élèves de primaire en 2025 à 49 370 élèves en 2035, soit une baisse de 9 635 enfants de la maternelle au CM2. En avant les fermetures ! Pour l’Hérault, qui compte 94 508 élèves scolariés en 2025, seulement 80 640 enfants seront en maternelle et élémentaire en 2025, soit une baisse de 13 868 élèves en dix ans. Sur l’ensemble de l’Académie de Montpellier, au moins 35 521 élèves seront perdus d’ici 2035, passant de 221 424 enfants scolarisés en primaire en 2025 à 185 903 dix ans plus tard. De quoi justifier l’injustifiable ?

    « Moins d’élèves ne doit pas signifier moins de moyens ! »

  • Le rectorat se défend en opposant la « raison » à « l’émotion »

    Le rectorat se défend en opposant la « raison » à « l’émotion »

    Les concertations concernant la carte scolaire 2026 dans l’Académie de Montpellier n’ont pas créé de consensus, loin s’en faut. Dans le Gard comme dans l’Hérault, des CSA (Comités sociaux d’administration) de repli ont dû être convoqués après que les représentants du personnel ont voté à l’unanimité « contre » les propositions d’arbitrages présentées par l’Académie, prévoyant la suppression de 27 postes dans le Gard et 20 postes dans l’Hérault, et se traduisant par la suppression de dizaines de classes dans chacun des départements.

    Les décisions de fermetures sont cependant assumées pleinement par les responsables des services de l’éducation, qui mettent en avant l’argument de la « raison », compte tenu de la baisse démographique qui s’est enclenchée partout sur le territoire. Une étude inédite du ministère de l’Éducation publiée le 8 avril prévoit que les écoles, collèges et lycées français vont perdre 1,7 million d’élèves d’ici une dizaine d’années. Christophe Mauny, directeur académique des services de l’éducation (Dasen) du Gard, affirme : « Nous avons perdu un peu plus de 6 000 élèves entre 2015 et 2025 dans le département et la tendance ne fait que s’accélérer. Je pense donc que nous sommes au début d’un nouveau cycle. De plus en plus d’ajustements seront nécessaires dans les années à venir. » Même constat dans l’Hérault, qui prévoit une baisse de 1 818 élèves dans les établissements publics du premier degré à la rentrée 2026. « Avec ces chiffres, il faut bien comprendre qu’on aurait pu supprimer 80 postes et nous ne l’avons pas fait, parce qu’il ne s’agit pas d’une gestion comptable, se défend Aymeric Meiss, Dasen de l’Hérault. D’ailleurs, le nombre d’élèves par classe va quand même diminuer dans le département, puisqu’il est en moyenne de 21,8 cette année et qu’il sera de 21,6 l’année prochaine », dit-il.

    Quels critères

    pris en compte ?

    Aymeric Meiss, comme son homologue du Gard, affirme que la prise en compte de la justice sociale et des équilibres territoriaux est au cœur de chaque décision. « Les critères retenus font toujours appel à l’équité, assure-t-il. Nous veillons à ce qu’un territoire plus fragile ait plus de moyens, c’est d’ailleurs le principe même de l’éducation prioritaire. Nous veillons aussi à ce qu’il y ait un équilibre entre chaque territoire, notamment pour la création de dispositifs inclusifs. Le tout, en nous assurant que le nombre d’élèves par classe soit comparable sur des territoires comparables. » De son côté, Christophe Mauny garantit que le bien-être des élèves est la priorité : « Les Dasen connaissent le métier parce qu’ils ont souvent été enseignants ou chefs d’établissements et c’est la raison pour laquelle nous sommes précautionneux pour garder un équilibre décisionnel. Chaque année, c’est un rendez-vous qui provoque des réactions très vives. Nous l’entendons évidemment et c’est aussi la raison pour laquelle j’ai proposé quatre réunions aux élus dans le département, pour communiquer en toute transparence sur la manière dont la carte scolaire est élaborée. »

    Toujours selon le Dasen du Gard, les moyens mis à disposition par le gouvernement ne se traduisent pas seulement par des ouvertures ou des fermetures de classes, mais aussi par des outils d’accompagnement des équipes, notamment à travers la mise en place de Pôles d’appui à la scolarité (PAS), qui remplacent progressivement les anciens pôles inclusifs d’accompagnement localisés (Pial). « Dans l’Hérault, je constate que les moyens de l’enseignement sont préservés et permettent de déployer les PAS et d’ouvrir aussi deux classes Ulis », argumente Aymeric Meiss dans le même sens. Il conclut : « Nous sommes un service public de proximité et nous cherchons à l’être de manière efficace, c’est-à-dire à ne pas subir la démographie, mais plutôt à l’anticiper et à y répondre de manière dynamique. »

  • Dans le Gard, 59 classes fermées en septembre ?

    Dans le Gard, 59 classes fermées en septembre ?

    « Une gifle. » Voici comment le syndicat Unsa a qualifié l’annonce jeudi 9 avril du Dasen qui prévoit de fermer 59 classes sur tout le département. Nîmes, Alès, la ruralité, les maternelles, les primaires, l’éducation prioritaire, aucun secteur n’est épargné. Face à cette présentation, les syndicats ont évidemment voté contre cette carte scolaire alors qu’une manifestation réunissant enseignants, parents et syndicats se tenait devant le siège du Dasen.

    Dans le détail, le Dasen prévoit 14 ouvertures de classes dont dix à Nîmes (neuf en éducation prioritaire) mais aussi à Saint-Ambroix, Beaucaire (éducation prioritaire), Milhaud et Redessan. Le Dasen a aussi consenti à revenir sur trois fermetures prévues à Nîmes (à Georges-Bruguier, Mont-Duplan et Rangueuil). Mais il reste tout de même 59 classes menacées de fermeture dont 17 à Nîmes, six à Alès ou encore deux à Saint-Gilles.

    « La baisse démographique est réelle mais on n’améliore pas les conditions d’enseignement. Il y a des points comme Bessèges par exemple où on avait sauvé la classe l’an dernier mais il prévoit à nouveau de la fermer sauf que ça va faire des classes en maternelle à 25 ou 26 avec des cas pas possibles et une misère sociale importante… C’est une catastrophe. On fait tout peser sur la maternelle alors que c’est le début de la scolarité », fustige Myriam Vermale, co-secrétaire du Snuipp-FSU du Gard.

    Mais ces arguments n’ont pas influencé le Dasen. « Le Dasen, il est honnête, il nous l’a dit, s’il ouvre une classe, il doit en fermer une. S’il ne ferme pas une classe, il en fermera une autre ailleurs. Aujourd’hui, aucune école n’est tranquille parce que la carte scolaire n’est pas arrêtée », avertit Myriam Vermale. D’ailleurs, dix classes sont « sous surveillance » des syndicats dont des classes à Barjac, Vénéjean ou Lassalle qui pourraient avoir de mauvaises surprises.

    Sur ces 59 fermetures, toutes ne sont pas non plus à défendre. Les syndicats ont contacté les écoles concernées et tentent d’influer sur celles qui affirment avoir des effectifs suffisants pour s’opposer aux fermetures.

    Nouvelles négociations

    le 17 avril

    La FSU du Gard regrette également les suppressions de postes d’enseignants : « Le Dasen appuie les directives ministérielles donc il crée des postes mais hors de la classe avec les pôles d’appui à la scolarité pour la gestion des élèves en difficulté. Il dit que ça va tout révolutionner mais il pompe neuf postes d’enseignants sur le premier degré. On part avec une dotation de moins 27 postes. »

    Le Dasen a aussi prévu de créer à nouveau trois classes Ulis, poursuivant la dynamique de déploiement de ces Unités localisées pour l’inclusion scolaire dans le département. Mais ces ouvertures pèsent aussi sur le nombre d’enseignants puisque ces postes sont ponctionnés dans les effectifs des enseignants. « Puisqu’il crée des Ulis dont on a besoin, il crée aussi un poste de coordonnateur Ulis ce qui nous fait encore perdre un poste d’enseignant », s’agace Myriam Vermale.

    Une nouvelle réunion s’est tenue jeudi 16 avril mais la nouvelle véritable négociation se déroulera vendredi 17 avril en conseil départemental de l’Éducation nationale (CDEN). L’occasion de voir si les nombreuses mobilisations à Aimargues, Nîmes, Bagnols-sur-Cèze, Bessèges, Moulézan, Tornac, les Salles-du-Gardon, Cavillargues, Saint-Julien-de-Peyrolas ou encore Vers-Pont-du-Gard influeront sur les choix du Dasen.

  • [Éducation] Les syndicats héraultais fustigent un « tour de passe-passe »

    [Éducation] Les syndicats héraultais fustigent un « tour de passe-passe »

    Des professeurs en grève et des écoles fermées à Sète (Michelet, Renaissance, Boucher, Pasteur, Macé). Des rassemblements de parents en Agde (écoles V. Hugo, Littoral) ou à Montpellier (E. Combes, P. Langevin). Des mobilisations parents-enseignants à Lodève qui ont permis le sauvetage d’une classe (Prémerlet)…

    Dans l’Hérault, la période cruciale de validation de la carte scolaire a donné lieu à un vent d’indignation et de révolte ces derniers jours. Avec pour dénominateur commun des colères, le choix comptable de réduire la voilure. « Sur les 603 écoles de l’Hérault, la diminution qu’on nous annonce (-1 818 élèves) ne représente que 3 élèves de moins par école. La baisse démographique n’est qu’un prétexte, personne n’est dupe », enrage Sabine Raynaud. Encore mobilisée mercredi 15 avril devant le Rectorat avant le Comité social d’administration (CSA) académique dit « de repli », la secrétaire départementale du Snudi FO 34 ne digère pas la nouvelle carte scolaire dont les grandes lignes ont été entérinées le lendemain en préfecture lors du Comité départemental de l’Éducation nationale (CDEN). « On a besoin d’assurer les remplacements, d’avoir davantage d’Accompagnants des élèves en situation de handicap (AESH) (…). On nous retire des moyens alors qu’on est à l’os », déplore-t-elle.

    Avant que le CSA de repli du 14 avril et le CDEN du 15 ne revoient certaines situations à la marge, le bilan était de 98 fermetures de classes pour 60 ouvertures, soit un solde, éducation prioritaire comprise, de -38 classes pour 20 suppressions de postes. Si les mobilisations et le travail de sape des syndicats ont un peu limité la casse (4 fermetures évitées et 4 ouvertures obtenues avant même le premier CSA du 7 avril), le compte n’y est pas du tout. Dans la lignée des 1 891 suppressions prévues dans le premier degré en France, « c’est très mauvais », résume Rémi Combettes qui espère encore quelques « ajustements » en septembre. « La démographie n’est pas identique partout, il y a un risque d’erreurs sur les prévisions », prévient le représentant des personnels du SNUipp-FSU 34.

    L’Armée plutôt que l’École

    Dans tous les cas, il n’est pas ravi à l’idée que quelques contractuels supplémentaires sans statut puissent être appelés à la rescousse. « On préfèrerait que soit ouverte la liste complémentaire au concours pour recruter des titulaires », ajoute Rémi Combettes. Comme les autres syndicats, le sien a voté contre cette carte scolaire qui prétend faire plus mais sans renforts. « Les 19 postes d’accompagnants à la scolarité sont pris sur les effectifs d’enseignants. Ils disent vouloir développer l’inclusion mais cela se fait à moyens constants », déplore le professeur des écoles qui siège au CSA et au CDEN. De la même manière, il dénonce le « gros manque » d’AESH dans l’Hérault dont les conditions de travail sont difficiles et le déclassement salarial certain.

    Quant aux chiffres édulcorés du ministère qui prétend que les classes ne seront pas surchargées (officiellement 24 élèves en moyenne), Rémi Combettes démystifie son « tour de passe-passe ». « Il compte les dispositifs dédoublés et les écoles rurales. » Lesquels font baisser la moyenne mais ne reflètent pas la réalité vécue dans la plupart des classes. « En Europe, seules la Hongrie et l’Irlande font pire que nous. » Au Snudi-FO34, Sabine Raynaud va plus loin. « Pour la première fois, le budget de l’Armée dépasse celui de l’Éducation nationale. Entre les coupes budgétaires, le service civique, les classes défense et les révérenciels défense dans les collèges, ils nous entraînent dans une économie de guerre. » Se préparer à l’avenir à « perdre nos enfants » comme prophétisait le général Mandon ? Les syndicats héraultais s’y refusent et veulent pouvoir les éduquer dans de bonnes conditions.

  • En Vaucluse, la carte scolaire revue ne passe toujours pas

    En Vaucluse, la carte scolaire revue ne passe toujours pas

    La trêve de deux semaines qui démarre avec les vacances risque d’être provisoire sur le front de la carte scolaire de septembre. Car, ce jeudi, après un comité social d’administration puis un comité départemental de l’Éducation nationale (CDEN), l’insatisfaction domine toujours au sein des syndicats. « 43 fermetures de classes, seulement 21 ouvertures, aucun poste de remplaçant créé alors qu’il en faudrait 50 a minima…, c’est toujours inacceptable », peste FO Éducation dans un communiqué. Le CDEN a massivement rejeté la nouvelle mouture de carte scolaire par 10 voix contre (représentants du personnel) et 3 abstentions (2 conseillers départementaux et la Ligue de l’enseignement).

    Pour rappel, la première version du projet présentée par l’inspection académique prévoyait la fermeture de 44 classes dans le département contre 19 ouvertures. Mercredi, une soixantaine de personnes avaient manifesté devant la direction académique à Avignon. Parmi les avancées saluées, l’annulation de la fermeture à l’école primaire du village de Rasteau, l’ouverture d’une classe à l’école élémentaire Saint-Saturnin-lès-Avignon mais aussi la non-fermeture d’une classe à l’école Pierre-de-Coubertin à Avignon. L’inspection académique « propose une mesure neutre l’ouverture d’1 CE1 dédoublé et une fermeture d’un CP dédoublé. L’école gardera donc le même nombre de classes à la rentrée prochaine », précise FO.

    Unsa Éducation juge aussi que « les moyens attribués restent insuffisants face aux besoins réels des élèves et des équipes », bien que le Vaucluse perde à la rentrée 1 260 élèves. FO prévient déjà que « ce n’est pas la fin de la mobilisation » et enjoint à signer une pétition ayant recueilli quelque 500 signatures.

  • Mobilisés contre des classes fermées

    Mobilisés contre des classes fermées

    Il était déjà trop tard, mais ils ont tout de même décidé de montrer leur opposition aux fermetures de classes, officialisées jeudi. Une trentaine de parents d’élèves, d’élus et de colistiers du groupe de gauche Demain Sisteron se sont rassemblés devant l’école maternelle Delaplane à Sisteron, où une fermeture a été décidée. Le nouveau maire, Jean-Pierre Templier, était présent et a déploré dans un communiqué « cette décision qu’il n’a pu infléchir malgré plusieurs entrevues avec la directrice des services de l’Éducation nationale et malgré les propositions et arguments alternatifs ». Il a exprimé « son incompréhension et sa déception de ne pas avoir été entendu ».

    Les maires mobilisés, mais trop tard

    La liste d’union de la gauche Demain Sisteron, siégeant désormais dans l’opposition, était à l’initiative du rassemblement et s’est réjoui d’avoir réussi à mobiliser les autres élus de la majorité et de l’opposition. « On continuera de lutter pour les services publics et les écoles », a promis le colistier Sasha Quiles.

    Dans un communiqué, la mairie de Digne a également déploré la fermeture d’une classe à l’école des Arches. « Le maire, Julien Di Benedetto, et la municipalité demandent solennellement à la directrice académique de bien vouloir reconsidérer le projet de suppression à la rentrée 2026. »