Tag: carrière

  • Paul Joubert, petit rapace pugnace installé dans le nid des Spartiates

    Paul Joubert, petit rapace pugnace installé dans le nid des Spartiates

    Le petit rapace s’est envolé de ses propres ailes. Paul Joubert, pensionnaire des Spartiates de Marseille formé à Gap, s’apprête à affronter son ancien club, ce vendredi à 20h30, au Palais omnisports, lors de la 9e journée de Ligue Magnus.

    « Je suis arrivé à Gap à l’âge de 10 ans et j’y ai franchi les étapes jusqu’à mes 17 ans, avant de commencer à m’y entraîner en professionnel durant six saisons », raconte l’attaquant de 26 ans. « Ils m’ont donné ma chance du début à la fin, avec notamment deux finales de Coupe de France et plusieurs saisons dans le top 5. C’était une équipe forte de Magnus et je leur dois énormément. Je suis là où j’en suis aujourd’hui grâce à eux », reconnaît celui qui a d’abord été prêté dans la cité phocéenne entre 2019 et 2023, avant d’y signer définitivement.

    De nombreux Spartiates ont évolué à un moment de leur carrière à Gap, à l’instar du capitaine Fabien Colotti, son assistant Fabien Bourgeois, du gardien Florian Gourdin et du défenseur Yohan Coulaud. « ça prouve que c’était une belle place de hockey auparavant », souligne l’enfant des Rapaces, conscient que les Gapençais ont systématiquement terminé à la dernière place de Magnus lors des trois dernières saisons.

    Un homme de caractère

    Joueur complet, efficace offensivement et responsable défensivement, Paul Joubert affiche sur la glace un caractère bien trempé. « Il ne faut pas trop venir me chercher, il ne faut pas chercher mes coéquipiers, sinon, je sais que je répondrai présent », prévient-il, en assumant totalement son côté provocateur avec les défenseurs adverses.

    « J’aime faire sortir l’adversaire de son match. À chaque coup, je réponds pour lui faire comprendre qu’il n’aura pas une soirée tranquille. C’est un avantage, tant qu’il ne faut pas aller trop loin pour ne pas sortir moi-même de mon match », souligne le Haut-Savoyard.

    Sa malice lui a parfois joué des tours, notamment lors de sa première saison avec les Spartiates, où il reconnaît volontiers en avoir « fait un peu trop ». « Des fois, les joueurs pètent les plombs. Je vais toujours avoir un petit coup aux engagements. Non pas contre l’adversaire spécialement, mais parce que ça me permet d’entrer dans mon match », confie l’international français, persuadé qu’un hockeyeur ne peut pas « s’en sortir sans un minimum de caractère ». « Je ne suis pas le joueur le plus talentueux et j’utilise donc mes qualités mentales pour faire la différence. Je pense que sinon, je n’aurais pas eu la même carrière », explique-t-il, en comparant son profil à celui de l’ancien international tricolore Valentin Claireaux, originaire de Saint-Pierre-et-Miquelon.

    Un archipel proche du Canada que connaît particulièrement Paul Joubert, puisqu’il y a grandi une partie de son enfance. « C’est là-bas que j’ai découvert le hockey qui est le sport numéro un », raconte celui qui s’est également essayé au football et au judo sur l’île.

    « On jouait au hockey dans la rue, dans les couloirs, partout. J‘ai eu un attachement pour ce sport qui n’est pas commun. Et pour un petit métropolitain, c’était vraiment fantastique », lance le passionné des Canadiens de Montréal, club phare de la Ligue nationale de hockey nord-américaine (NHL).

    Une migration décisive dans la vie de l’ancien rapace.

    Garder le statut de leader contre Gap

    Les hockeyeurs marseillais, nouveaux leaders de Ligue Magnus depuis leur victoire dimanche sur la glace des Brûleurs de Loups de Grenoble, reçoivent les Rapaces de Gap, ce vendredi (20h30) au Palais Omnisports de Marseille, pour le compte de la 9e journée du championnat. « C’est une équipe difficile à manœuvrer », souligne Luc Tardif, l’entraîneur des Spartiates, très satisfait du début de saison de ses protégés. « La balle tombe du bon côté pour le moment, parce que le contenu de nos matches est bon, avec de la constance », ajoute le technicien phocéen. C.K.

  • Mathieu Smaïli face à un tournant de sa carrière

    Mathieu Smaïli face à un tournant de sa carrière

    À 27 ans, Mathieu Smaïli, enfant du club, au RCT depuis 2010, fait désormais partie des cadres du vestiaire toulonnais, malgré un temps de jeu restreint (un match cette saison, 14 l’an dernier). « C’est un mec d’ici, un leader », décrit un autre joueur du cru, le talonneur Pierre Damond. « Il connaît l’ADN du club. En tant que jeunes, on s’inspire de joueurs comme lui ou Jérémy Sinzelle, pour apprendre et progresser. Il fait le lien, il sait ce qu’est être dans cette position. » Pour Franck Azéma, qui l’a retrouvé cet été après l’avoir connu à ses débuts, de 2021 à 2023, le natif de Hyères « a toujours les mêmes qualités. Mais je le trouve plus constant, affirmé au sein du groupe ». Néanmoins, « c’est toujours à prouver sur le terrain, par la régularité et la consistance dans les performances. C’est un joueur complet, qui comprend très bien le rugby, qui travaille beaucoup pour l’équipe. On veut le voir exploser complètement ».

    Le principal intéressé aussi. À un an de la fin de son contrat, celui qui est arrivé au club en 2010 sait que son avenir est en jeu, alors qu’il doit faire face une concurrence dantesque (Brex, Fickou, Jones…). « C’est l’année où j’en ai le plus, pourtant, j’en ai eu ! », retrace-t-il. « Mais c’est excitant, il faut s’en inspirer. » Sans faire de calcul, pour l’instant : « Pour l’avenir, je ne sais pas. La direction prendra des décisions, moi aussi. Je ne vais pas dire que je n’y pense pas, car c’est mon club de cœur. Mais je donne tout sur chaque opportunité, j’essaie de m’éclater, de prendre du plaisir ».

  • Hockey sur glace : Noa Nsonsa Kitala découvre sa nouvelle vie américaine

    Hockey sur glace : Noa Nsonsa Kitala découvre sa nouvelle vie américaine

    À plus de 7 000 kilomètres du soleil marseillais, Noa Nsonsa-Kitala s’habitue peu à peu à sa nouvelle vie américaine. Sélectionné par les Black Hawks de Waterloo, club évoluant en USHL, le plus haut niveau du hockey sur glace junior aux États-Unis, l’attaquant franco-belge, passé par les Spartiates de Marseille ces deux dernières saisons, poursuit son apprentissage avec l’ambition de franchir un nouveau cap dans sa jeune carrière. « C’était un peu compliqué au départ, surtout à cause du décalage horaire, mais je me sens bien », confie le jeune homme de 19 ans.

    Il a également dû s’adapter à un nouvel environnement, au sein d’une famille d’accueil installée à Hudson, une petite ville de 2 500 habitants située au cœur de l’Iowa, un État notamment connu pour son agriculture. « Il y a beaucoup plus de champs qu’à Marseille », sourit Noa. L’attaquant, natif de Mons, en Belgique, n’a toutefois pas vraiment eu le temps de découvrir les environs depuis son arrivée, à la fin du mois d’août. Il a fait ses premiers pas avec ses nouveaux coéquipiers lors du camp d’entraînement, où il a effectué de nombreux tests et participé aux matches de pré-saison. « On m’a directement dit que j’avais une très bonne vitesse », souligne celui qui doit principalement améliorer son « jeu physique », selon ses entraîneurs.

    Un rêve de gosse

    Pour Noa, rejoindre les États-Unis pourrait, à terme, lui ouvrir les portes de la NHL, le championnat nord-américain considéré comme le plus prestigieux au monde. Depuis 2011, 28 anciens joueurs des Black Hawks ont ainsi fait leurs débuts dans la Ligue majeure. « J’essaie de me focaliser sur le présent, mais quand tu vois les noms de tous ces gars qui ont été à ma place et qui évoluent aujourd’hui au plus haut niveau, ça donne envie », confie le joueur formé aux Brûleurs de Loups de Grenoble, l’un des deux seuls Français à évoluer en USHL cette saison, avec Paulin Hostein, passé par les Jokers de Cergy-Pontoise. « Mais je vais d’abord devoir montrer ce dont je suis capable », ajoute l’international tricolore, qui vit, de l’autre côté du globe, un véritable rêve de gosse.

  • [Entretien] Nach : « La musique a été comme une espèce de premier langage »

    [Entretien] Nach : « La musique a été comme une espèce de premier langage »

    La Marseillaise : Comment vous êtes-vous lancée dans la musique ?

    Anna Chedid : J’ai baigné dans la musique depuis mon plus jeune âge, puisque, autour de moi, j’ai beaucoup d’artistes et notamment des musiciens dans la famille. Donc la musique a été comme une espèce de premier langage. Quand j’ai grandi, j’ai fait des études musicales, du chant lyrique, j’ai accompagné des artistes en tant que choriste et claviériste sur des tournées quand j’avais une vingtaine d’années. Finalement, j’ai écrit des chansons et j’ai commencé à sortir mes albums.

    Mon album est sorti en 2015 et depuis, je fais des tournées sous le nom de Nach. Et à côté de ça, je fais aussi de la direction musicale et je suis productrice. J’ai mon propre label, je produis mes projets.

    Avez-vous toujours voulu être musicienne ?

    A.C. : Non. Quand j’étais petite, je voulais être psychologue. J’ai toujours été intéressée par l’émotion et par comment la transmettre et la transformer. Donc le côté psychologique et émotionnel m’a toujours beaucoup plu. Pour moi, il y a tout un aspect thérapeutique dans le fait d’être artiste et de retransmettre des émotions.

    Comment s’est organisée votre venue au festival Au Top ?

    A.C. : Mon nouvel album sort en janvier et la tournée commence en février, donc c’est vraiment un concert qu’on va faire en exclu totale, avant la sortie officielle de ce projet. Je connais un peu Grégory Montel qui a monté le Top Festival avec ses amis à Digne. Il a entendu parler de ce projet électronique, qui est un aspect de ma musique qu’on ne connaît pas encore très bien, et qui allait bien dans ce festival parce qu’il y a une programmation assez électro. Donc il m’a proposé de venir présenter en exclusivité L’Âme électronique là-bas.

    Avez-vous un moment qui vous a particulièrement marquée dans votre carrière ?

    A.C. : Oui, c’est assez récent, c’était le 18 mars 2025. J’ai fait mon premier Olympia, avec Peau Neuve, mon album que j’ai produit toute seule, écrit, composé, réalisé d’une manière très indépendante. Et j’ai réussi, sans être dans une maison de disques, à faire mon premier Olympia. C’était vraiment mon rêve depuis que j’étais toute petite. D’avoir fait cette date, c’était pour moi un moment que je n’oublierai jamais.

    Est-ce que vous avez ressenti, au cours de votre carrière, que vous étiez ramenée à votre famille, vue comme la fille de, la sœur de ?

    A.C. : Oui. Mon père et mes frères Matthieu et Joseph l’ont ressenti aussi. Billie, la fille de Matthieu aussi. On est dans une famille d’artistes à chaque étage, on est nombreux à faire ce métier, à évoluer dans le même milieu artistique, donc c’est normal, on est comparés. Mais, quelque part, c’est plus une richesse. Chacun fait son histoire. On fait partie de la même famille, mais il y a autant de personnes que de carrières et de sensibilités. On ne touche pas exactement les mêmes publics, on n’a pas la même carrière, et on ne fantasme pas forcément sur celle des autres. Chacun est plutôt content. Nos carrières nous ressemblent profondément, donc il n’y a pas forcément de frustration de notre côté. Après, parfois, effectivement, on est attendus au tournant parce qu’on vient de cette famille. Mais bon, aujourd’hui, c’est plus trop une souffrance. Au début, je pense que c’est pour ça que j’ai choisi de ne pas utiliser mon nom de famille comme nom de scène. C’était une manière de m’émanciper un peu et de me dire « tu pourras créer ce que tu veux avec cet avatar ». Cela permet de changer d’identité et de faire de nouvelles expériences.

    Est-ce qu’on vous a déjà accusée d’être une nepo baby ?

    A.C. : Oui, bien sûr. Peut-être que c’est le cas. Je ne me pose pas trop ces questions-là, dans le sens où, pour moi, un artiste, c’est un artiste. Tout le monde est légitime d’être artiste, quel que soit son arbre généalogique. Un artiste qui a des choses à dire et qui a envie de partager des belles choses avec les gens, il trouve son public. Je ne sais pas si c’est plus facile ou plus dur. Je pense qu’on ne peut pas vraiment le quantifier, le savoir. Par contre, il faut rester humble, c’est dur pour tout le monde. Parfois, il y a des miracles pour des gens qui ne viennent pas du tout du milieu. C’est vraiment aléatoire. L’important, c’est d’être honnête, de faire des choses avec le cœur et avec humilité, quelle que soit notre histoire.

    Dates de la tournée à venir sur instagram.com/nachmusicofficiel

  • [C’est l’été] Rando curieuse à Guillestre

    [C’est l’été] Rando curieuse à Guillestre

    Depuis le centre ancien et ses monuments de rose vêtus, cette boucle panoramique, au fil des canaux d’irrigation, permet de rejoindre les carrières de marbre de Guillestre, des plus anciennes aux plus récentes, à travers cette balade consacrée aux carrières et canaux.

    Entre 6 et 10 euros.

    À partir de 10 ans.

    De 9h à 12h30.

  • [C’est l’été] Les métiers de la Sécurité civile : Angel, infirmier volant depuis 26 ans

    [C’est l’été] Les métiers de la Sécurité civile : Angel, infirmier volant depuis 26 ans

    Discret et entier, Angel Lara, 63 ans, infirmier volontaire à la retraite de sapeurs-pompiers professionnel depuis 2023, a débarqué à la base de Marignane voilà 26 ans. Après 17 ans de carrière militaire, cet ancien commando marine a bifurqué dans le médical. Après avoir exercé un temps en libéral, il a trouvé chez les pompiers son équilibre… Ou presque. « Je suis tombé dedans, passionné. Je me suis beaucoup investi, au point que ça a joué sur ma vie de famille », convient-il sans rentrer dans les détails. À la retraite, il s’est porté volontaire. Une libération, car plus besoin de poser de jours de congé pour celui qui avant avait jusqu’à « quatre plannings différents ». Ce qui lui plaît : « être confronté à l’urgence, tout faire pour que la situation ne s’aggrave pas et amener [la victime] à l’hôpital. On est un maillon de la chaîne ».

    La petite difficulté supplémentaire : travailler dans un hélicoptère. Le maître à bord reste le pilote mais l’équipage de 5 personnes doit être parfaitement coordonné pour être efficace. Chacun a sa place, chacun sa mission, pour une action millimétrée. « L’environnement est beaucoup plus confiné, il y a beaucoup moins de place que dans une ambulance. Cela nécessite une anticipation, de préparer avec le médecin »,, explique Angel, « dans la machine, on peut difficilement communiquer avec la victime pour peu qu’elle soit en état de communiquer. Et quand on communique par casque, il ne faut pas qu’on perturbe la partie pilotage. On va gérer la surveillance du patient en visualisant les appareils car on n’entend pas les alarmes, on a des codes de communication ».

    Le bruit, le fait d’être treuillé, récupéré, sortir d’un hélicoptère en vol, « ce n’est pas naturel »,, indique-t-il, même si avec l’expérience, « cela devient instinctif ». Mais pas question pour autant de ne pas être concentré quand chaque geste compte insiste Angel.

    « Nous, on a cette capacité de prendre en charge des victimes dans des endroits inaccessibles, et il y a pas mal de points à connaître pour sa propre sécurité et exercer son métier », raconte-t-il.

    Il se souvient avoir démarré au temps de
    l’ « Alouette 3 », un modèle sorti dans les années soixante. « On ne pouvait quasiment faire aucun geste en vol », témoigne l’infirmier. Avec le tout nouveau Dragon actuel, de son petit nom H145, d’Airbus, l’équipage a pu prendre (un peu) ses aises.

    Repartir à pied

    avec le sac sur le dos

    La systématisation du treuillage de l’infirmier « s’est faite petit à petit », de quoi permettre de « travailler à deux sur place », précise Angel, « la décision est prise en fonction de la gravité du patient. et la durée d’autonomie et des conditions météo ». Quitte à ce que parfois, il faille laisser repartir la machine et se rapatrier tout seul… « Cela nous est arrivé d’être déposés et pas récupérés, quand par exemple il y a trop de vent sur la Sainte-Victoire… Il faut alors avoir un peu de condition physique, et marcher avec du matériel sur le dos », sourit-il.

    Si chaque opération est débriefée, Angel compartimente. « Au même titre que le Smur, on fait face à des choses dramatiques de temps en temps comme très valorisantes. Il y a beaucoup de collègues qui arrêtent au bout de 7 ou 8 ans, du moins dans les 10 premières années car ils ont été trop exposés à des drames. Cela peut avoir un impact psychologique », reconnaît-il. Lui se consacre « à 100 % à chaque intervention » mais dit parvenir à se « détacher quand c’est fini ». Tant et si bien « que j’arrive à ne même plus me souvenir des interventions que j’ai faites en fin de journée. J’ai développé ça de manière inconsciente », assure-t-il. Même si certains accidents restent évidemment marqués au fer rouge. « En arrivant sur les gardes d’hélicoptères début 2000, j’ai la malchance de faire trois noyades d’enfants jeunes dans la même saison. Quand les statistiques sont d’un cas par équipe et par an », déplore-t-il. Voyant les médecins « aussi stressés que lui », il décide alors de se former sur le pédiatrique. « Et de devenir formateur pour maintenir mes compétences, égoïstement », ironise-t-il. Une manière aussi de rebondir et de se projeter. « Maintenant », il prend « un vrai plaisir à transmettre ». « J’ai fait tout ce qui existe dans les méthodes anglo-saxonnes avancées. Avant on agissait sans vraiment réfléchir, aujourd’hui on doit être source de propositions. En tant qu’infirmier, on est devenu très polyvalent. »

    Il a même en projet une formation universitaire, reconnue par la faculté de médecine, de « médicalisation en milieu exceptionnel ». Le but : « proposer une sensibilisation à tout cadre différent de la pratique habituelle, que ce soit l’hélicoptère, les risques inondations, effondrement bâtimentaire… », histoire d’établir des protocoles d’intervention les plus efficaces possibles.

    Dans tout ça, il n’oublie pas non plus le positif et heureusement, « il y en a plein ». « Comme d’arriver à emmener une personne suffisamment tôt au bloc opératoire. Une petite victoire ! » s’enthousiasme Angel. Surtout, « chaque journée est différente tant en termes de personnes avec qui on travaille que de type d’interventions. C’est très varié. On ne sait jamais à quoi s’attendre » quand on lui demande ce qui le fait tenir. L’avenir, c’est aussi de savoir se retirer au bon moment avoue-t-il quand on lui pose la question de la relève. « À un moment, il va falloir arrêter, mettre du sang neuf », reconnaît-il volontiers même s’il estime arriver à « encore faire le boulot ». Une certitude : « il faut injecter des nouveaux, petit à petit. De moi-même si je ne me sens plus la capacité de faire, je demanderai à sortir du tour… »

  • Fabienne Berdoyes : « L’épreuve incontournable de l’été »

    Fabienne Berdoyes : « L’épreuve incontournable de l’été »

    La Marseillaise : Vous allez faire votre retour à La Marseillaise après trois ans d’absence. Comment abordez-vous
    cette saison ?

    Fabienne Berdoyes : J’ai repris la compétition il y a un peu moins de deux ans. Pendant un temps, j’avais mis la pétanque entre parenthèses : j’ai 56 ans et une fille de 13 ans, à laquelle j’ai consacré beaucoup de temps. Elle pratique elle aussi beaucoup de sport, ce qui a naturellement occupé une grande partie de mon quotidien. Ce retour à la compétition m’amène aussi à retrouver La Marseillaise, que je n’avais plus disputée depuis deux ou trois ans. Cette saison, nous avons été championnes de Vendée et j’ai participé au Championnat de France la semaine dernière. J’essaie donc de retrouver mon meilleur niveau. La Marseillaise reste pour moi l’épreuve incontournable de l’été. Quand on la remporte, tout le monde le sait. Sur le plan médiatique, c’est l’un des plus beaux tournois qui existent.

    À quel point est-il difficile
    de reprendre après une pause ?

    F.B. : Les gestes sont plus compliqués aujourd’hui, car j’ai subi entre-temps des opérations du poignet. Cela m’a forcément un peu handicapée. Je retrouve mon geste progressivement, petit à petit, même si cela reste difficile. Mais cela ne m’empêche pas de jouer correctement. Je dois simplement faire preuve de davantage de concentration dans ma manière de lancer les boules. J’y prête plus d’attention qu’auparavant. L’envie est toujours là : je suis compétitive et déterminée à gagner.

    Vous êtes la recordwoman
    du Grand Prix féminin avec
    six victoires. Laquelle a le plus compté pour vous ?

    F.B. : Elles se valent presque toutes, car elles ont été remportées sur une période de trois ans avec les mêmes partenaires. Nous avons enchaîné trois victoires consécutives, parfois à un an ou deux d’intervalle, mais toujours avec les mêmes joueuses. C’était quelque chose de fabuleux. Il y en a toutefois une qui me tient particulièrement à cœur : celle de 2012 avec Sylvette Innocenti. C’était notre première association et cette victoire avait une saveur particulière, car elle n’avait plus gagné La Marseillaise depuis dix ans. Rejouer ensemble et remporter le titre après une si longue attente a rendu ce moment très fort émotionnellement. C’était vraiment magique. Il n’y a pas d’autres mots pour décrire cela.

    Quelle est, selon vous, la recette pour performer au Mondial ?

    F.B. : Je ne sais pas s’il existe une recette particulière. Je pense surtout que Marseille me réussit bien. L’envie joue beaucoup, avant tout. J’ai remporté ces titres dans mes meilleures années, lorsque j’étais en pleine forme et bien entourée, ce qui aide forcément. Mais La Marseillaise reste une épreuve extrêmement difficile. Les conditions de jeu sont particulières, entre les allées, les passages de mobylettes ou de vélos, et la nécessité de rester concentré en permanence. Le mental y est essentiel. Sur beaucoup de parties, c’est lui qui nous a permis de nous en sortir.

    Vous êtes-vous toujours sentie
    à l’aise dans cette compétition ?

    F.B. : Moi, j’adore. J’aime beaucoup cette compétition féminine. Je ne maîtrise pas toujours tout ce qui se passe dans le circuit masculin, qui me paraît d’ailleurs assez complexe. À Marseille, il y a parfois des parties tendues, tout le monde le sait. Mais chez les féminines, j’apprécie particulièrement l’ambiance, plus conviviale, presque folklorique, qui rappelle la pétanque d’origine, plus libre. On retrouve un esprit de jeu comme à ses débuts, lorsque l’on jouait sans terrains délimités, avec simplement trois boules, dans une forme plus spontanée. Et c’est surtout à Marseille que l’on retrouve cette atmosphère, nulle part ailleurs. C’est aussi pour cela que j’aime autant cette compétition.

    Comment analysez-vous l’évolution de la pétanque féminine depuis votre première victoire en 2003 ?

    F.B. : La discipline a énormément évolué. Aujourd’hui, le niveau est beaucoup plus élevé. Au départ, la pétanque féminine était parfois moins considérée que celle des hommes, avec encore certains clichés. Mais les choses ont changé. Il y a eu un vrai travail d’accompagnement, avec des sélections et l’organisation de nombreuses compétitions importantes. La médiatisation a également joué un rôle essentiel. Des joueuses de très haut niveau ont émergé et se sont maintenues au sommet, comme Cindy Peyrot ou Angélique Colombet, qui ont toujours été au plus haut niveau. Elles ont bénéficié d’un encadrement solide et d’un suivi de qualité. Le niveau est donc clairement plus élevé aujourd’hui qu’à mes débuts.

    Mais ce constat s’applique notamment à la France et moins aux autres pays…

    F.B. : Avec Nancy Barzin, nous nous sommes fait connaître en participant à de nombreux nationaux en France, en nous déplaçant par nos propres moyens. Nous allions chercher les compétitions et c’est ainsi que nous nous sommes fait un nom. Par la suite, nous sommes devenues championnes du monde, ce qui a renforcé notre visibilité. Mais la Belgique ne nous a pas particulièrement accompagnées ni mises en avant à ce moment-là. Aujourd’hui encore, je pense que ce qui manque en Belgique, ce sont des moyens et une véritable structuration pour accompagner les talents. En France, les joueuses sont regroupées, encadrées, suivies dans des collectifs. En Belgique, cela reste plus dispersé. C’est, selon moi, ce qui freine encore leur progression.

    À quel point les mentalités ont évolué concernant les femmes dans la pétanque ?

    F.B. : À une époque, perdre contre une joueuse pouvait être mal vécu par certains hommes, car cela heurtait encore certaines représentations et stéréotypes. Aujourd’hui, cette perception a totalement évolué. Une bonne joueuse est considérée au même titre qu’un joueur, car elle est capable d’obtenir les mêmes résultats et de réaliser les mêmes gestes techniques. Cette évolution des mentalités a fait tomber beaucoup de barrières et a permis aux joueuses de progresser et de s’imposer plus facilement.

    Comment parvient-on à s’habituer aux terrains variés
    et compliqués du Mondial
     ?

    F.B. : C’est très difficile, mais aussi très intéressant. Lorsqu’on atteint un certain niveau, on s’adapte plus facilement à différents types de jeu. Je trouve que les terrains dans les carrés d’honneur, notamment ceux utilisés pour la télévision, sont plus cadrés et parfois aménagés pour le spectacle. Mais, à mes yeux, la pétanque est encore plus belle dans les allées, où le jeu devient réellement complexe. Dans les allées, il faut composer avec les irrégularités et les bordures, ce qui n’existe pas dans les carrés d’honneur. C’est ce qui rend l’adaptation difficile, mais aussi ce qui fait toute la richesse de la discipline. Au final, ces conditions peuvent totalement redistribuer les cartes. Les grandes équipes ne font pas toujours la différence, car les parties restent ouvertes. À l’inverse, des équipes moins expérimentées mais régulières peuvent poser énormément de problèmes. C’est ce qui rend ces parties particulièrement indécises et exigeantes. Et ça fait tout le charme de La Marseillaise.

  • Thierry Gontier veut préserver l’identité de Mazaugues

    Thierry Gontier veut préserver l’identité de Mazaugues

    Militant associatif, figure de proue du Collectif anti-carrière de Mazaugues (CACM), Thierry Gontier se lance dans la course à la mairie. Et ses engagements n’y sont pas étrangers : « On est une liste composée de citoyens engagés contre la carrière. Il est temps de faire différemment afin de prendre, avec les Mazauguais, des décisions qui impactent notre quotidien et celui de nos enfants. »

    Celui qui n’avait encore jamais fait de politique entend « préserver la qualité de vie » : « Il y a beaucoup à faire : réfléchir à un développement cohérent, ne pas priver les générations futures de nos ressources et qualité de vie, en portant une vision à long terme, pas que sur six ans. » Thierry Gontier ne souhaite pas se précipiter et prévoit un audit « pour voir où en sont les dossiers », notamment sur le « réseau d’eau, obsolète » : « On ne pourra pas prendre des décisions directement. Ce qu’on veut faire n’a pas été fait avant, c’est-à-dire travailler en transparence, tenir les Mazaugauias informés des décisions, voire les prendre avec eux. »

    « Changer de cap »

    À ses côtés, ses colistiers de « Mazaugues Ensemble » (SE) revendiquent « des âges (18-70 ans), parcours et sensibilités différents. Même si certains ont leurs idées, le but est de travailler pour Mazaugues, sans couleur politique ». « La commune va perdre son identité. Il faut changer de cap, ne pas l’empêcher de se développer, mais réfléchir aux conséquences en tenant compte de ses moyens, en accueillant des projets agricoles, touristiques, plutôt qu’industriels ou urbanistiques », propose-t-il.

  • Stéphane Ravier condamné en famille à l’inéligibilité

    Stéphane Ravier condamné en famille à l’inéligibilité

    Le sénateur Stéphane Ravier (ex-RN ex-Reconquête) et sa nièce Sandrine d’Angio, actuelle tête de liste RN dans les 13-14, qui lui avait succédé en septembre 2017 en mairie du 7e secteur, ont été déclarés coupables de favoritisme dans trois marchés publics passés entre 2016 et 2019 et artificiellement fractionnés pour échapper au seuil de mise en concurrence.

    La procédure découle d’un audit en 2019 de l’Agence française anticorruption qui découvre que des marchés ont été attribués sans publicité ni mise en concurrence : un marché de 24 000 euros à une société qui s’était déjà vu attribuer des marchés de 15 200 euros, 24 000 euros et 7 560 euros pour les mêmes prestations, ce qui aboutissait, compte tenu de l’homogénéité des services fournis, à un marché public global dépassant largement le seuil de 25 000 euros HT à partir duquel une procédure de mise en concurrence formalisée s’impose. Ces contrats qui portaient sur la stratégie digitale, la communication sur les réseaux sociaux, le référencement et la mise à jour du site internet, présentaient en outre un coût élevé et non justifié.

    « Je signe mécaniquement »

    Alors qu’il vient de voir une condamnation confirmée en appel la semaine dernière pour prise illégale d’intérêt -le recrutement irrégulier de son fiston en mairie- Stéphane Ravier a écopé hier de 3 mois de prison avec sursis et 5 000 euros d’amende. Sa nièce Sandrine d’Angio, toujours conseillère régionale et départementale et tête de liste RN dans les 13-14, est condamnée à 5 000 euros d’amende dont 2 000 euros avec sursis. La même peine complémentaire obligatoire d’un an d’inéligibilité, sans exécution provisoire au vu de l’ancienneté des faits, leur est infligée. Ils devront verser 1 500 euros de frais à la Ville de Marseille.

    Selon le jugement rendu mardi, « Stéphane Ravier a engagé un montant substantiel d’argent public en violation des règles de la commande publique, qui approche du double du seuil à partir duquel une procédure de mise en concurrence formalisée s’imposait ». Ravier avait dit à l’audience s’en remettre à son administration « point barre » (sic). « Je signe mécaniquement parce qu’il faut ma signature pour payer », avait précisé M. Ravier au tribunal qui lui a répondu mardi que c’était précisément à lui de « déterminer de manière adéquate les besoins de la mairie de secteur et d’établir un cahier des charges ». Pour les juges, ces deux anciens maires de secteur « n’ont pas fait un usage adapté de l’argent public qui leur était confié en tant qu’élus » alors que les règles de la commande publique ont pour objectif aussi de « contribuer à l’effort de moralisation tant de la vie politique que de la vie économique ». « Ces atteintes à la probité contribuent à fragiliser la confiance des citoyens dans les institutions et la cohésion sociale. »

  • [Travailleur de demain] Capucine Cauchard, l’aéro dans la peau

    [Travailleur de demain] Capucine Cauchard, l’aéro dans la peau

    Après son bac, la Gardoise, qui s’imaginait pourtant faire des études de médecine, poursuit finalement dans la même voie. « J’avais peur de ne pas être suffisamment intelligente pour Paces et, dans le cadre de mon option au lycée, on était allés voir pas mal de métiers de l’armée, de la sécurité civile, tout ça s’était logé dans un coin de ma tête », explique-t-elle. Dès son premier cours de BTS aéronautique à Nîmes, elle sait qu’elle a pris la bonne décision. « C’est le coup de foudre, se rappelle-t-elle. C’est à ce moment-là que je sais que je serai mécanicienne. »

    Pourtant, rien ne prédestinait Capucine à ce métier. « Personne de ma famille ne travaille là-dedans et c’est vrai qu’il y a beaucoup de reproduction sociale, confie-t-elle. En classe, j’étais avec des gens qui connaissaient tous les termes techniques parce que leurs parents venaient de l’aéro. Ça m’a fait me poser des questions. » Passionnée, la jeune fille redouble d’efforts et excelle.

    Secret-défense

    Après une licence professionnelle, elle se lance en 2023 dans une mention complémentaire en apprentissage. C’est à ce moment-là qu’elle rejoint les rangs de Dassault Aviation, qu’elle n’a plus quitté depuis. Capucine explique : « Chaque site de la boîte a un peu sa spécialité. » Depuis 1950, l’établissement de Mérignac, à proximité de Bordeaux, réalise par exemple l’assemblage final et la mise en vol des avions d’affaires et militaires produits en série. Sur la base aérienne 125, les effectifs se concentrent sur le développement. « On est soumis au secret-défense, parce qu’on est sur la base militaire et qu’on travaille sur des technologies sensibles », révèle-t-elle.

    En deux mots, Capucine fait partie des équipes qui « testent les nouveautés, des choses qui vont être mises en place dans X années, lors d’essais en vol ». Elle, est spécialisée sur le Rafale. « J’aime les appareils qui ont une mission spécifique, explique-t-elle. Tous ceux qui font du transport de personnes, ça m’intéresse absolument pas. J’avais adoré travailler pour la sécurité civile, j’adore travailler pour l’armée, ça donne vraiment une autre dimension à ce que tu fais. »

    Travailler sur le même avion de combat n’a rien de rébarbatif. « Tu t’ennuies jamais, tu fais jamais deux fois la même chose et même pour les tâches qui sont récurrentes, tu peux la refaire 15 fois, ce sera jamais exactement pareil. T’es tout le temps en train d’apprendre. »

    Celle qui s’imaginait faire de grandes études se consacre désormais à sa licence PART 66, qu’elle obtiendra d’ici quelques années après avoir passé des examens écrits et accompli un certain nombre de tâches. « Après ça, j’aimerais aussi passer la qualification type de l’appareil sur lequel je travaille. Tout ça n’est pas obligatoire, mais je vois ça comme du plus, c’est pour avoir plus de compétences. » L’insatiabilité mène à l’excellence.