Compte tenu de la vague de chaleur qui ne cesse de sévir sur le département des Bouches-du-Rhône et la cité phocéenne placés en vigilance orange, la municipalité a reconduit les différentes mesures et dispositifs afin de permettre à tous de bénéficier d’un peu de fraîcheur. Les piscines municipales restent gratuites, la plage des Catalans restera également accessible de jour comme de nuit tandis que les parcs et jardins sont ouverts ce vendredi jusqu’à 21h. Une carte interactive, accessible sur le site de la Ville, a été mise en place pour que chacun puisse trouver un coin de fraîcheur parmi les quelque 500 points référencés : des établissements sénior, aux centres d’animation, jusqu’aux squares, établissements culturels ou fontaines.
Tag: canicule
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[Violences conjugales] Des coups plus nombreux à chaque vague de chaleur
Une femme sur un écran avec un thermomètre en direct. Plus la température s’élève, plus son visage porte les stigmates de coups… Avec l’arrivée de la canicule, l’ONG Care France a lancé une campagne de sensibilisation le 7 juillet sur des panneaux répartis dans la capitale et sur le web. Elle s’appuie notamment sur les résultats d’une étude d’avril 2025, « Crises entrelacées : comment la crise climatique alimente la violence basée sur le genre », par le programme « spotlight initiative », porté par l’ONU pour « mettre fin à la violence contre les femmes ». À chaque degré supplémentaire, c’est 4,7% de violences en plus pour les filles et les femmes dans le monde, assure l’ONG.
« Chaque vague de chaleur, c’est un risque de féminicide augmenté de 28% », poursuit Care France, rappelant que « lors du précédent épisode de canicule en juin, les violences faites aux femmes ont, elles aussi, battu des records : +30% de signalements de harcèlement de rue ». Pour Adea Guillot, directrice de l’Engagement au sein de l’ONG, « la canicule que nous vivons n’est pas qu’une question environnementale. Pour des millions de femmes dans le monde, c’est une question de survie. Rappelons qu’en France, le 3919 -numéro national d’écoute pour les femmes victimes de violences- reçoit des appels chaque jour de femmes qui n’ont nulle part où aller. »
Des chiffres en hausseLes effets de la crise climatique ne sont pas sans rappeler ceux vécus lors de la pandémie de Covid 19. La mission interministérielle pour la protection des femmes contre les violences et la lutte contre la traite des êtres humains, notait dans son rapport publié en juillet 2020 que « les moyens de communication “silencieux”[avaient] connu un essor exceptionnel », « les tchats de la plateforme de signalement des violences sexistes et sexuelles “Arrêtons les violences” [avaient] été multipliés par 4,4 par rapport à 2019 » pour tous les faits de violences et par 17 pour les faits de violences intrafamiliales.
Dans son dernier bilan « insécurité et délinquance » en date du 9 juillet, le ministère de l’Intérieur pointe justement une montée de ces dernières de 6% en 2025 quand 9,4% d’appels au 3919 sont en provenance de Paca selon Solidarité Femmes qui gère ce numéro. Et ce malgré une « volonté de changer d’échelle », assure le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, commentant les résultats obtenus entre 2017 et 2025. Les ordonnances de protection ont été multipliées par 3, le nombre de téléphones grave danger distribués est passé de 300 en 2019 à 5 609 en janvier 2026. De 8 millions en 2020, le budget annuel de l’aide aux victimes de ce type de violence atteint 26 millions d’euros en 2025. Mais visiblement le chemin à parcourir reste encore long…
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Agriculture : les impacts en cascade des canicules dans les Hautes-Alpes
Quand je suis arrivé et que j’ai vu ça, j’ai pleuré. » Fin juin, Mattéo Delabre, arboriculteur et éleveur de poules à Barcillonnette, a vu huit lignes de pommiers partir en fumée suite à des étincelles provoquées par un dysfonctionnement d’une moissonneuse-batteuse. « Les pompiers sont arrivés pile à ce moment-là, ils ont sauvé en priorité les habitations, c’est normal, mais pendant ce temps les vergers ont cramé », raconte-t-il. Pour lui, il est évident que la sécheresse actuelle a permis aux flammes de rapidement s’étendre. « La même chose est arrivée la semaine d’après à Lardiers. Il n’y a pas eu de gros dégâts mais on a jamais vu la végétation aussi sèche à ce moment de l’année », affirme-t-il. Le dommage n’est pas seulement matériel. « Le problème, c’est déjà la perte affective, ces vergers ont été plantés quand mes parents se sont installés, et ces haies, ça me fait mal au cœur, elles ont mis des décennies à se former, déplore-t-il. Ensuite c’est tout le travail, il faut qu’on coupe, qu’on dé-souche, on pourra pas replanter du pommier à cet endroit. C’est un gros chantier dont on n’avait pas forcément besoin. »
Si la sécheresse apparaît comme la conséquence évidente des épisodes de chaleur, les impacts sont multiples. Le 21 juin, Chantal Bonetti, maraîchère à Embrun, a, elle, perdu une quinzaine d’animaux noyés et des dizaines de m² de cultures endommagées par des inondations soudaines. Pour elle, le problème n’est pas la sécheresse, mais l’apparition d’orages, favorisés par les canicules, qui entraînent des intempéries intenses. « On ne peut pas imaginer le stress que c’est, il y a des orages tous les huit ou dix jours et chaque fois on se demande si ça va déborder, rapporte Chantal. Quand tout déborde, alors il faut vite nettoyer, laver toute la gadoue. Pendant ce temps, je n’ai pas fait le désherbage de mes cultures. On prend du retard, ça nous rajoute un travail de fou. »
Des infrastructures inadaptéesPour elle, ces inondations viennent aussi d’une buse d’évacuation des eaux, trop étroite, qui déborde systématiquement lorsque les pluies font gonfler le torrent de Charance, à quelques centaines de mètres de sa ferme. Ces épisodes, au-delà des dégâts immédiats, posent la question de l’adaptation des pratiques et des infrastructures.
« La gestion collective de l’eau, c’estun énorme sujet, questionne Mattéo Delabre. Les dernières sécheresses qu’on a vécues ne sont pas dues qu’au réchauffement climatique en lui-même mais à l’assèchement systématique de toutes les zones humides, de toutes les terres agricoles. Pendant des siècles, on a drainé tous les sols, asséchées toutes les mares pour que l’eau coule le plus vite et le plus directement possible vers la mer. Aujourd’hui, on se rend compte des répercussions, l’eau s’infiltre et elle file, elle ne reste pas. » En dépit d’actions politiques qu’il juge insuffisantes, à son échelle, il a installé des mares autour de son exploitation et reforesté les berges de la rivière voisine. « J’aime dire qu’on améliore la “robustesse”de nos cultures, souligne-t-il. Aujourd’hui on parle beaucoup de résilience, c’est le mot à mettre pour avoir des subventions, mais la résilience ça veut dire revenir au même stade après avoir encaissé un choc. La robustesse ça veut dire évoluer pour rester solide. »
Orages et intempéries, l’autre conséquence de la canicule
La succession d’orages depuis plusieurs jours est aussi liée aux fortes chaleurs, explique Nicolas Roux, responsable du Centre météorologique des Alpes du Sud : « Lorsqu’on a une masse d’air très chaud en basse couche, qui se réchauffe à mesure que la canicule se poursuit, des changements de masse d’air conduisent généralement à des situations orageuses, qui requièrent de l’air chaud et humide. En fin de canicule, les orages font aussi diminuer les températures. Quelque part, ils annoncent la fin de la canicule tout en y mettant fin. »
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Briser l’emprise
Les violences faites aux femmes ne commencent pas avec un coup et ne s’arrêtent pas avec une plainte. Elles s’inscrivent dans des rapports d’emprise, de peur et d’isolement dont il est très difficile de sortir. C’est tout l’intérêt du travail mené par l’association Une Voix pour Elles, qui aide concrètement les victimes à déménager, à récupérer leurs affaires et à franchir l’une des étapes les plus délicates de leur reconstruction.
Cette réalité doit nous interpeller d’autant plus que les violences continuent de progresser. En France, les violences intrafamiliales enregistrées ont augmenté de 6% en 2025, tandis que les violences sexuelles ont progressé de 8%, selon les données du ministère de l’Intérieur. Derrière ces chiffres, ce sont des milliers de vies bouleversées et des services d’accompagnement qui restent soumis à une forte pression.
La solidarité en première ligne
L’autre enseignement est porté par l’ONG Care France, qui rappelle qu’à chaque degré supplémentaire de température, les violences visant les femmes augmentent dans de nombreux contextes
à travers le monde. Sa campagne de sensibilisation montre que la crise climatique n’est pas qu’un défi environnemental : elle peut aussi aggraver les inégalités et les violences déjà existantes. Lorsque les tensions sociales, économiques ou familiales s’intensifient, les femmes figurent trop souvent parmi les premières victimes.Il faut cesser de considérer les associations comme un simple complément de l’action publique. Elles sont un maillon essentiel de la protection des victimes. Qu’il s’agisse d’une ligne d’écoute, d’un hébergement d’urgence ou d’un déménagement sécurisé, chaque dispositif compte.
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Plusieurs feux d’artifice annulés ou repoussés par sécurité
Déconseiller : le verbe utilisé par le préfet des Bouches-du-Rhône, Jacques Witkowski pour s’adresser aux maires du département vendredi dernier concernant l’organisation de feux d’artifice le 14 juillet dénote un haussement de ton par rapport au premier courrier envoyé le 3 juillet sur ce même sujet. La troisième vague de canicule en moins de deux mois qui doit persister jusqu’en milieu de semaine, fait craindre la propagation des incendies et a poussé l’État et ses représentants en région à intervenir pour limiter le nombre de feux d’artifice. Dans le Vaucluse, le préfet Thierry Suquet a pris un arrêté dès le 10 juillet pour interdire les feux d’artifice jusqu’au 15 juillet. Dans le Var, l’interdiction vise la seule utilisation « des articles pyrotechniques pour les particuliers » jusqu’au 15 juillet inclus, comme dans les Bouches-du-Rhône d’ailleurs, mais des villes ont déjà annoncé l’annulation comme Pignans et Vidauban.
Dans les Bouches-du-Rhône, plusieurs villes ont déjà communiqué sur l’annulation ou le report du feu d’artifice : Martigues, Carry-le-Rouet, Saint-Victoret, Châteauneuf-les-Martigues, Fos-sur-Mer ou Salon-de-Provence à l’ouest du département, Ceyreste, Cuges-les-Pins, La Penne-sur-Huveaune à l’est ou encore Éguilles, Meyreuil, Aix-en-Provence… La liste ne cessait de s’allonger dimanche. Gardanne doit communiquer ce lundi, le cabinet indiquant que la ville allait « suivre les préconisations du préfet qui sont sages et basées sur du bon sens, les risques sont trop importants ». La Ciotat en revanche, où le feu doit être tiré depuis la mer, disait dimanche vouloir le maintenir. À Marseille, la mairie a décidé de le maintenir, affirmant que celui-ci est prévu sur le Vieux-Port et donc loin de toute zone boisée et que « le dispositif avait été mis en place en concertation avec les marins-pompiers ».
Le préfet a demandé aux mairies décidant de le maintenir de lui signifier officiellement et se réserve le droit d’interdire des festivités maintenues en fonction de l’évolution de la météo, des risques incendies et de l’analyse des soldats du feu.
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Le projet Alcotra met à contribution les collégiens
Plus que jamais les îlots de chaleur deviennent invivables, et les villes des Alpes, bien que temporairement plus préservées par la chaleur du fait de l’altitude, sont de plus en plus concernées. C’est pourquoi plusieurs acteurs français et italiens ont décidé de lancer ensemble le projet Alcotra Reverd, visant à repenser les espaces publics et les adapter à ce changement. Ce vendredi au centre diocésain de Gap était l’occasion de clôturer la première phase de ce partenariat transfrontalier soutenu par l’Union européenne, et mené en tandem par le conseil d’architecture, d’urbanisme et d’environnement des hautes Alpes (CAUE) et Tauttemi, bureau d’études d’architecture basé à Coni, en Italie.
« On s’est retrouvés ensemble parce que d’un côté comme de l’autre de la frontière on a les mêmes problématiques, explique Marc Viossat président du CAUE et vice-président départemental en charge de la transition énergétique et des mobilités alternatives. On voit très bien que c’est un sujet d’actualité, et qu’en montagne l’évolution climatique va encore plus vite qu’en plaine. On a quasiment gagné deux degrés, il y a urgence. » À ses côtés, André Marino, du bureau Tautemi, qui a piloté le projet côté italien : « Notre programme passe par deux axes. D’abord, travailler avec les écoles et sensibiliser les nouvelles générations sur la façon dont penser différemment les espaces publics, expose ce dernier. Nous avons fait le même travail avec les techniciens des petites villes et communes qui n’ont souvent pas les ressources pour de grands projets mais qui peuvent coopérer car elles sont confrontées aux mêmes problèmes. »
L’un de ces travaux de coopération est passé par un concours entre les collèges de Briançon, de Tallard, de Guillestre et trois collèges italiens, qui consistait à repenser l’aménagement de leur collège pour l’adapter au changement climatique. La classe de 4e de Guillestre a été récompensée par le jury, avec celle du collège de Cerasca en Italie. Les collégiens guillestrois ont conçu la maquette d’une cour remaniée, avec un cours d’eau, un petit lac, une fontaine à eau, des espaces végétalisés, des jardinières et une tonnelle enherbée. Ils ont également imaginé une cour qui ne soit plus organisée autour du terrain de foot, bien souvent occupé par les garçons et reléguant les filles en périphérie. Au mois de mai, les deux collèges vainqueurs ont participé ensemble à un voyage pédagogique à Turin. « On remercie le CAUE pour les apports scientifiques et pédagogiques apportés aux élèves, et on espère pouvoir très grandement dans les années qui vont suivre pouvoir réaliser une cour qui soit agréable, vivable, pour les élèves et le personnel », a réagi E. Lagraniere, CPE du collège de Guillestre.
Passer à la phase opérationnelleCet après-midi au centre diocésain a permis de revenir sur les différentes étapes du projet et d’en clôturer cette première phase. « Pour tout vous dire, on aimerait maintenant passer au côté opérationnel, espère Marc Viossat. C’est pour ça que tous les deux, avec Andréa, nous allons présenter une candidature d’un autre projet Alcotra avec des réalisations dans les écoles notamment, côté Hautes-Alpes et côté italien. » Passée la phase d’étude et de sensibilisation, le président du CAUE souhaite désormais entamer les travaux des aménagements de végétalisation et de création d’îlots de fraîcheur dans les écoles primaires de Gap et au collège de Guillestre. « On espère être retenus pour passer à l’opérationnel dès l’année prochaine », projette-t-il. Les travaux, si le projet est retenu par l’Union européenne, seraient financés à 80% par celle-ci et 20% par le Département, avec l’objectif de débuter l’année prochaine.
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Jean-Pierre Farandou : « Déployer le modèle de la feuille de route de l’industrie de Défense dans tous les secteurs où c’est nécessaire »
La Marseillaise : Vous venez de signer une feuille de route visant à accompagner le développement industriel de la filière défense dans le Var. Ce modèle est voué à être répliqué ailleurs et dans d’autres domaines ?
Jean-Pierre Farandou : Oui, l’objectif est de vérifier que les grands secteurs industriels souverains de notre pays disposent des salariés et des compétences nécessaires. On sait, par exemple, que dans la défense, il y aura énormément de commandes qui vont arriver. C’est 10 000 emplois à créer d’ici 2030. Et ce modèle-là, je m’apprête à le déployer partout en France où ce sera nécessaire. Ce sera la même chose dans le nucléaire, autour de l’énergie. Donc il faut s’organiser. Bien sûr, il y a déjà des filières qui existent, des formations. On voit bien qu’on a un saut quantitatif à faire. Et donc, j’ai voulu m’assurer que les industriels auraient bien les salariés nécessaires à cela. Et ensuite, on vérifiera que sur le territoire, on s’organise, et il faut le faire au niveau local.
Quels vont être les acteurs
à mobiliser et les grands enjeux pour organiser au mieux
cette filière ?J.-P. F. : On mise sur la formation, les élus locaux, les industriels, l’éducation nationale, d’abord pour exprimer les besoins, et vérifier si on dispose des ressources, si on a enclenché les bonnes formations. Il y a aussi des sujets connexes comme le logement. Par exemple, il faudra loger les militaires, tel que Madame la ministre des Armées l’a rappelé. Il faut aussi être capable d’attirer des gens qui vont venir. Et donc, il faudra pouvoir les loger. Il y a aussi la question des services publics à apporter, la mobilité… Et j’ai toute confiance dans la capacité des forces vives du Var pour être à la hauteur des enjeux.
Les liens avec les entreprises industrielles sont-ils établis ? Comment se matérialisent-ils ?
J.-P. F. : Oui, elles sont très présentes avec nous. C’est pour elles qu’on se mobilise, mais elles-mêmes nous aident, bien évidemment. Elles financent, à l’image de l’école d’ingénieurs dans laquelle on est aujourd’hui [lire encadré]. Tout le monde se tend la main.
En sortant du cadre strictement varois, les épisodes de canicule sont de plus en plus fréquents. Des dispositions sont-elles prévues pour garantir les droits des travailleurs ?
J.-P. F. : Depuis 2025 un décret chaleur impose aux entreprises de prendre des mesures pour protéger leurs salariés en cas de chaleurs intenses : aménagement des horaires de travail, adaptation des postes et des lieux de travail, mise à disposition d’eau fraîche, augmentation des temps de pauses… Dès le 22 mai, afin de m’assurer, que les mesures de protection étaient bien prises, j’ai demandé à renforcer les contrôles de l’inspection du travail. Nous en sommes déjà à plus de 4 500 contrôles, soit plus que l’ensemble des contrôles réalisés en 2024 sur la période estivale. 430 mises en demeure ont été prononcées. Je rappelle que les employeurs peuvent être sanctionnés par une amende de 10 000 euros par salarié concerné. J’ai également invité les préfets des départements en vigilance rouge à arrêter les chantiers de 13 h à 21 h s’ils estiment que la situation locale l’exige, c’est une première en France. Enfin j’ai convoqué la semaine dernière les plateformes de livraisons et les représentants des livreurs pour qu’ils prennent des mesures concrètes de protection, et les plateformes ont pris la décision de suspendre les livraisons entre 14 h et 18 h pour les départements en vigilance rouge canicule. J’appelle également les restaurants à faire preuve de solidarité avec les livreurs en leur permettant l’accès à l’eau et à des espaces de fraîcheur. Dès aujourd’hui, le Premier ministre a activé le tout nouveau plan ORSEC « Chaleurs extrêmes », qui vient renforcer la réponse et la coordination des moyens face aux fortes chaleurs, sur l’ensemble u territoire.
Le 27 juillet aura lieu l’audience de reprise de l’entreprise Fibre Excellence. L’Élysée a assuré qu’une solution serait trouvée pour lever les conditions suspensives. Qu’en est-il ?
J.-P. F. : C’est un dossier particulièrement suivi par le gouvernement puisque plus de 600 emplois [directs] sont en jeu. Depuis 2020, l’État a soutenu l’entreprise avec près de 100 millions d’euros investis et est prêt à mobiliser 150 millions supplémentaires. En ce qui concerne le volet social du dossier, j’ai décidé d’enclencher le dispositif d’activité partielle de manière dérogatoire depuis le mois d’avril pour préserver les compétences et les chances de reprise. Cette mesure coûte presque 1 million€ par mois. À ce stade, l’investisseur potentiel évoque une participation de 5 millions et demande une mobilisation de l’État supplémentaire de 80 millions. Le projet de reprise doit reposer sur un modèle économique solide, et financé notamment par des fonds privés. Nous serons très attentifs à l’évolution de la situation dans les prochaines semaines.
Dans la région, en été,
les travailleurs saisonniers
sont souvent confrontés
à des difficultés de logement.
Le ministre du Logement
a soumis l’idée de créer
des résidences emploi. Est-ce un dossier sur lequel vous travaillez ?J.-P. F. : On travaille avec Vincent Jeanbrun puisque la difficulté d’accès au logement est un des principaux freins à l’emploi. Cela concerne les saisonniers mais aussi les jeunes ou les salariés en reconversion. Des solutions peuvent être élaborées dans les territoires concernés. Je pense à Saint-Nazaire où le préfet de Loire-Atlantique a accompagné la création d’une foncière logement avec les collectivités et les entreprises, pour créer 300 logements afin d’accueillir les salariés des chantiers navals. Pour les travailleurs saisonniers je suis pleinement mobilisé pour favoriser des solutions d’hébergement en dur. En lien avec le ministère de l’agriculture, j’ai décidé de lancer un groupe de travail interministériel avec les partenaires sociaux du secteur agricole pour répondre au sujet de l’hébergement pour les saisonniers du secteur.
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Dans les Hautes-Alpes, plusieurs bassins-versants en vigilance sécheresse
Les bassins-versants du Drac, du Buëch et de la Haute-Durance ont été placés en vigilance sécheresse. C’est la décision prise ce mardi par le comité départemental de gestion de l’eau des Hautes-Alpes. Trois bassins auxquels s’ajoute celui de la Méouge, en vigilance depuis le 25 juin. Le comité explique que les débits des cours d’eau présentent des « niveaux bas pour un début de saison estivale », en raison « des fortes chaleurs et les précipitations plutôt localisées de fin juin ont entraîné une dégradation progressive de l’humidité des sols et des débits ». Or, la situation ne devrait pas s’améliorer dans les prochains jours prévient l’organisme : « Les prévisions météorologiques pour les jours à venir annoncent un temps plutôt chaud et sec, avec possibilité d’averses orageuses ce week-end, ne permettant pas d’envisager une amélioration de la situation. »
À ce stade, le niveau de vigilance « n’impose pas de restrictions temporaires des usages de l’eau ». Le comité invite néanmoins les usagers (particuliers, entreprises, collectivités, agriculteurs, etc.) à « limiter volontairement leurs prélèvements », et encourage « l’adoption de comportements de gestion économe de la ressource en eau » afin de « ralentir ou de réduire autant que possible la dégradation de la situation hydrologique ».
Au bord des cours d’eau, les fédérations de pêche sont en vigilance, et scrutent le débit. « Pour l’heure, on est encore à 2m³/s de débit du Buëch à Serres, donc seulement en vigilance, rapporte Pierre Choffel, président de l’association agréée de pêche du Buëch. Le seuil d’alerte est à 1m³/s, mais je pense que cet été on va y avoir droit s’il n’y a pas de gros épisodes d’orages qui viennent arroser les prairies. » L’autre risque, explique Pierre Choffel, c’est que la température des cours d’eau se réchauffe, ce qui menace la biodiversité qui peuple les rivières. « Un cours d’eau qui dépasse les 25°C, pour la truite fario, c’est létal », prévient-il.
De nouvelles vagues
de chaleurs attenduesÀ échelle nationale, le mois de juin a été le plus chaud jamais enregistré par Météo-France, la vague de chaleur, de deux jours plus courte a été plus intense que celle de l’été 2003, les 40°C ont été dépassés au moins une fois sur plus de 40% du territoire. Le déficit de précipitations atteint près de 50% sur l’ensemble du mois. En juin 2026, 16% des cours d’eau de l’Hexagone étaient à sec, contre 6% en juin 2025. La situation des cours d’eau, déjà très fragilisés, ne devrait pas s’améliorer, avec le dérèglement climatique ces épisodes sont appelés à se multiplier. Les prévisions Météo-France anticipent un été marqué par de nouvelles vagues de chaleur.
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Question de classe
N’en déplaise à un présentateur de télévision à succès, non tout le monde n’a pas chaud de la même manière. Non on n’est pas « tous logés à la même enseigne ». Selon que l’on travaille avec un marteau-piqueur sur une autoroute surchauffée ou en pianotant sur un clavier dans un bureau climatisé, on n’est pas tous logés à la même enseigne.
Selon qu’on habite un logement social mal isolé ou une villa climatisée avec piscine, on n’est pas logé à la même enseigne.
Les questions soulevées par le dérèglement climatique sont des questions de classe.
Rapport
de forcesQuels droits pour les travailleurs qui sont en première ligne dans la fournaise ? Quelles améliorations des conditions de travail ? Quelles nouvelles protections des salariés face à ces nouveaux défis ?
Des organisations syndicales, singulièrement la CGT, posent des revendications en la matière. C’est une bouffée d’oxygène là où, trop souvent, le sujet est réduit à des déplorations verbales et à des bavardages météorologiques.
Le dérèglement climatique est un fait.
Il est nécessaire de mettre en place des mesures à l’échelle planétaire pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et freiner le phénomène mais aussi urgent de conquérir des droits collectifs.Cela ne se fera pas sans établir un rapport de force avec le patronat qui minimise les effets des fortes chaleurs et dont certains secteurs sombrent dans le déni du dérèglement du climat.
Cette confrontation qui s’annonce, a le mérite de poser en grand, et au-delà des fortes chaleurs, la question des conditions de travail trop souvent effacée du débat public.
N’en déplaise à un présentateur de télévision à succès, non tout le monde n’a pas chaud de la même manière. Non on n’est pas « tous logés à la même enseigne ». Selon que l’on travaille avec un marteau-piqueur sur une autoroute surchauffée ou en pianotant sur un clavier dans un bureau climatisé, on n’est pas tous logés à la même enseigne.
Selon qu’on habite un logement social mal isolé ou une villa climatisée avec piscine, on n’est pas logé à la même enseigne.
Les questions soulevées par le dérèglement climatique sont des questions de classe.
Rapport de forces
Quels droits pour les travailleurs qui sont en première ligne dans la fournaise ? Quelles améliorations des conditions de travail ? Quelles nouvelles protections des salariés face à ces nouveaux défis ?
Des organisations syndicales, singulièrement la CGT, posent des revendications en la matière. C’est une bouffée d’oxygène là où, trop souvent, le sujet est réduit à des déplorations verbales et à des bavardages météorologiques.
Le dérèglement climatique est un fait. Il est nécessaire de mettre en place des mesures à l’échelle planétaire pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et freiner le phénomène mais aussi urgent de conquérir des droits collectifs.
Cela ne se fera pas sans établir un rapport de force avec le patronat qui minimise les effets des fortes chaleurs et dont certains secteurs sombrent dans le déni du dérèglement du climat.
Cette confrontation qui s’annonce, a le mérite de poser en grand, et au-delà des fortes chaleurs, la question des conditions de travail trop souvent effacée du débat public.

