Tag: canicule

  • La mairie de Digne fixe ses priorités pour la rentrée scolaire

    La mairie de Digne fixe ses priorités pour la rentrée scolaire

    « Vu l’été qu’on vient de passer, la priorité est de flécher les budgets pour travailler sur des systèmes de climatisation des salles de classe plutôt que la renaturation des cours d’école » : Julien Di Benedetto, maire (SE) de Digne, a défini ses priorités pour la rentrée scolaire mardi. « On est confrontés à des phénomènes qu’on connaissait en juillet-août, mais désormais, ça démarre fin mai et peut continuer jusqu’en septembre. Les conditions d’enseignement dans des salles à 30 degrés, c’est épouvantable. Ce n’est pas possible », a-t-il souligné, émettant l’hypothèse de privilégier la climatisation pour améliorer les conditions de scolarisation malgré un budget restreint. « L’été qu’on vient de passer redimensionne pas mal de priorités et de questionnements », avec ses températures caniculaires, a expliqué l’édile de la ville préfecture. La mairie espère d’ailleurs « finaliser » ses achats de climatiseurs d’ici le 30 septembre pour pouvoir prétendre à un financement d’EDF avant la date limite, a précisé Franck Geiger, le chef du service éducation. EDF avait annoncé en juin rembourser 400 euros par équipement pour les écoles et les crèches. Les établissements peinent cependant à s’équiper avec les ruptures de stock.

    Des étudiants en médecine accueillis

    Le maire de Digne a par ailleurs insisté sur une autre de ses priorités : l’accueil pour la première fois de 20 étudiants en première année de médecine au campus connecté, ouvert en 2021, ce qui permet à ceux qui n’ont pas les moyens d’aller étudier à Marseille d’accéder tout de même au cursus de médecine depuis Digne. Ce campus connecté est passé « de 5 à 57 places entre 2021 et 2026 », s’est réjoui l’édile. « Cela permet à des personnes qui n’auraient pas suivi des études de pouvoir le faire à distance, donc c’est une question d’égalité de traitement vis-à-vis de l’accès aux études supérieures », a-t-il avancé, rappelant l’importance de « fidéliser » de futurs médecins sur le territoire dignois. à l’avenir, « on sera plutôt sur une augmentation du nombre d’étudiants en première année de médecine, puisqu’à partir de la deuxième année, c’est forcément à la faculté. Il y a des cours en TP en nombre, donc on ne pourra au niveau des infrastructures. Mais l’idée serait, si ça fonctionne bien, de pouvoir mettre en place une deuxième cohorte. Il va falloir d’abord qu’on démontre que sur cette première cohorte, on arrive à la combler et que les résultats soient satisfaisants », a expliqué le chef du service éducation. Depuis 2021, le campus connecté a permis d’obtenir « des taux de réussite en licence 1 deux fois supérieurs à la faculté », selon lui.

    La mairie s’est par ailleurs félicitée d’être « la seule en France à offrir une journée de ski à ses élèves sans être une station de ski », selon Franck Geiger.

    Plusieurs sanitaires, portes et rampes d’accès pour les personnes à mobilité réduite ont également été installés cet été dans des écoles auparavant inaccessibles.

    La ville compte aussi continuer à investir dans des tableaux numériques interactifs. Six ont déjà été installés depuis l’année dernière. En attendant que toutes les classes soient équipées, des tableaux à roulettes permettent de les déplacer de salle en salle.

  • Le centre d’action sociale d’Aubagne sur le pont en période de canicule

    Le centre d’action sociale d’Aubagne sur le pont en période de canicule

    Dangereuses pour les populations vulnérables, les vagues de chaleur peuvent s’avérer particulièrement menaçantes pour les personnes sans domicile fixe (SDF), dépourvues d’un espace frais où se réfugier. Conscient des risques encourus pour les personnes sans-abri, le Centre communal d’action sociale d’Aubagne (CCAS) a cet été redoublé d’efforts en période de vigilance orange canicule. « Nous avons élargi nos horaires d’accueil, détaille Elies Hannai, responsable de la Maison du partage, centre d’accueil géré par le CCAS. En plus du matin, les locaux étaient ouverts au public l’après-midi de 14h à 18h. Nous avons également multiplié les maraudes, avec une à deux tournées en plus l’après-midi ». Eau, brumisateur, thé, café ou petit en-cas… les distributions se sont donc intensifiées pour prévenir au mieux des risques caniculaires. Un rythme de déplacement qui a aussi permis d’inviter plus de monde à venir profiter, pour quelques heures, de la fraîcheur de la Maison du partage, installée dans un ensemble de solidarité regroupant le Secours populaire, les Restos du cœur, la Croix rouge et l’épicerie sociale et solidaire du CCAS.

    La rue tue aussi l’été

    Contrairement aux idées reçues, la rue tue presque autant l’été que l’hiver. D’après les chiffres collectés par le Collectif des morts de la rue (CMDR), entre 2011 et 2021, 36,5% des décès de personnes SDF sont survenus en hiver (entre décembre et mars), contre 30,9% en été (entre juin et septembre). « La saisonnalité montre une légère prédominance hivernale mais les risques persistent toute l’année, avec notamment des décès liés à la chaleur et à la déshydratation pendant les périodes de fortes chaleurs, particulièrement dans les régions méditerranéennes et ultramarines », analyse en ce sens le rapport 2024 du collectif. Et à la problématique des températures s’ajoute, en été, celle de l’isolement, avec, pendant les vacances, une diminution du nombre de bénévoles mobilisés et des structures d’accompagnement ouvertes. « À l’image de Noël, l’été est un moment de détresse morale importante. Les gens partent en vacances (…) les rues se vident progressivement, donc (…) l’isolement est plus fortement ressenti », détaille dans Libération Vincent Baron, coordinateur d’un centre d’accueil à Montpellier. Le CMDR le rappelle cependant régulièrement : « Ce ne sont pas les saisons ou les conditions climatiques qui tuent mais plutôt les mauvaises conditions de vie ».

  • [C’est l’été] Les Gorges de Trévans à Estoublon

    [C’est l’été] Les Gorges de Trévans à Estoublon

    Elles sont accessibles depuis le village d’Estoublon, à une trentaine de kilomètres au sud de Digne-les-Bains. Vous pouvez y faire une randonnée au fil de l’eau, au bord de la rivière. Le torrent a creusé un étroit canyon haut de 200 mètres, dans un espace à la biodiversité remarquable. Vous pouvez y trouver une quarantaine d’espèces d’oiseaux et de chauves-souris, ainsi que des chamois. De nombreux vestiges vous attendent également le long du sentier.

  • Arc Fleuve Vivant veut documenter la sécheresse

    Arc Fleuve Vivant veut documenter la sécheresse

    Témoignez. Photographiez. Transmettez. » Alors que la hausse des températures fait des ravages. L’association Arc Fleuve Vivant appelle les Aixois à lui rapporter ce qu’ils observent et vivent* : « Cours d’eau affaiblis ou asséchés, végétation en souffrance, arbres fragilisés, sols desséchés, espaces agricoles touchés, forêts sous tension, mais aussi conséquences sur la vie quotidienne, la santé, les activités et les paysages. »

    Le but de cet observatoire citoyen : « Constituer une mémoire collective et territoriale de cet épisode climatique. » Un des membres fondateurs de l’association, Stéphane Salord, précise : « La sécheresse et la canicule que nous vivons actuellement en Provence et ailleurs sont exceptionnelles. Elles marquent profondément notre histoire climatique, humaine, sociale et environnementale, et sûrement énergétique, économique et agricole. »

    Contribuer

    au débat public

    Pour l’associatif, l’observatoire rend « plus visibles les réalités vécues localement ». Cette initiative entend aussi « contribuer au débat public sur l’adaptation du pays d’Aix aux épisodes de chaleur et de sécheresse ». L’occasion également de « rappeler la nécessité de réponses collectives » comme la « préservation de l’eau et des milieux naturels, protection des arbres et des sols, évolution des pratiques d’aménagement et renforcement de la solidarité face aux vulnérabilités climatiques ».

    Ces témoignages doivent s’accompagner d’un court texte précisant, lorsque cela est possible, le lieu, la date et la nature de l’observation précise l’association. Au-delà des habitants du Pays d’Aix, associations, collectifs, agriculteurs, promeneurs, naturalistes, riverains et acteurs locaux sont invités à participer.

    * À arcfleuvevivant@gmail.com

  • La canicule a provoqué 48 décès en juillet

    La canicule a provoqué 48 décès en juillet

    Deux canicules pour le prix d’une et des données qui font froid dans le dos. Santé Publique France, l’agence nationale de santé publique, a dévoilé, ce mercredi et ce jeudi, une série d’études sur les canicules estivales et leurs conséquences sanitaires.

    La première est « relative à l’excès de mortalité observé durant l’épisode de canicule du 3 au 22 juillet 2026 ». Un épisode qui était « exceptionnel de par sa durée et son étendue géographique », rappelle l’organisme, citant notamment les 78 départements concernés pour 78,5% de la population française. D’autant que cette canicule a duré la majeure partie du mois, lequel est donc devenu « le plus chaud jamais enregistré en France depuis le début des mesures en 1900 », selon Météo France cette fois. Reste que la mortalité lors de cette canicule a été en « augmentation de 9,2% » par rapport à ce qui était prévu. « 1 243 décès en excès ont été estimés : 14 713 décès observés contre 13 470 décès attendus », développe Santé Publique France, qui s’appuie sur les données de l’Insee.

    Précisons tout de même que son étude s’attarde sur la mortalité « toutes causes », et donc pas directement reliée à la canicule. Concrètement, on décompte plus de 1 200 morts de plus que ce que les analyses prévoyaient pour un mois de juillet classique. D’où le terme « excès de mortalité » utilisé par l’organisme.

    Concernant le profil des décédés, le point de Santé Publique France précise que ce sont « les personnes âgées de 75 ans et plus constituent les trois quarts des décès de ce bilan provisoire avec au moins 917 décès en excès ».

    1 397 décès observés

    Et côté géographique, « toutes les régions ont été concernées par un excès de mortalité toutes causes à l’exception de la Corse ». En Région Paca, le nombre de décès attendus était de 1 339 mais il y a eu 1 397 décès observés. D’où 48 décès en excès décomptés, plaçant la région parmi les moins touchées sur ce plan. Elle est bien loin des 236 morts excédentaires du Pays de la Loire.

    Les départements de la Région Sud s’en sortent bien : Les Bouches-du-Rhône, le Var, le Vaucluse et les Alpes-de-Haute-Provence ont une « surmortalité relative » qui oscille entre 0 et 10%, le niveau le plus faible. Le département des Hautes-Alpes n’a pas été considéré comme en canicule sur toute la période et celui des Alpes-Maritimes comme n’ayant pas de surmortalité.

    Enfin, l’organisme public a sorti une autre étude, sur la canicule qui a officiellement pris fin en début de semaine, dédiée à la région Paca et notamment aux recours aux soins sur la période. « L’analyse au niveau régional des recours aux soins d’urgence indique une stabilité des passages aux urgences, des hospitalisations et des actes SOS Médecins », explique Santé Publique France. Avec tout de même « une activité en hausse » pour SOS Médecins sur le week-end du 15 août. Là encore pour des motifs « toutes causes » donc pas forcément en lien direct avec la chaleur.

  • [Entretien] Jean-Marc Touzard, Inrae : « Je crois en la capacité d’adaptation collective »

    [Entretien] Jean-Marc Touzard, Inrae : « Je crois en la capacité d’adaptation collective »

    La Marseillaise : En quoi le changement climatique met-il l’agriculture en danger ?

    Jean-Marc Touzard : Le changement climatique ne se résume pas à une hausse des températures. Il entraîne aussi une plus grande instabilité, avec des sécheresses, des événements extrêmes et des séquences inédites, comme l’enchaînement de plusieurs vagues de chaleur ou des hivers très doux. Les plantes démarrent plus tôt, les récoltes sont avancées et le déficit hydrique s’accentue. Les fruits et les grains sont plus petits, les rendements baissent et leur composition change. Dans la vigne, par exemple, les raisins sont davantage concentrés en sucre, ce qui augmente le degré d’alcool des vins et réduit leur acidité, ce qui ne correspond pas forcément aux modes de consommation actuels.

    Qu’est-ce qui distingue la situation actuelle des aléas autrefois connus par les agriculteurs ?

    J.-M.T. : C’est à la fois l’intensité, la durée et la répétition des événements. Cet été, l’Occitanie a connu trois vagues de chaleur successives : nous savions que de telles séquences étaient possibles, mais nous les attendions plutôt vers 2030 ou 2040. Elles sont déjà là. À cela s’ajoutent des crises de marché, une baisse de la consommation de vin, des difficultés de succession et une perte de reconnaissance du métier. C’est ce que nous appelons une « polycrise » : les crises climatiques, économiques et sociales interagissent et se renforcent.

    Les ajustements déjà engagés seront-ils suffisants ?

    J.-M.T. : Il n’existe pas de solution miraculeuse. Il faut combiner plusieurs leviers : choisir des espèces et des variétés plus résistantes, mieux gérer les sols pour conserver l’eau, planter des arbres, modifier les densités de plantation ou les méthodes de taille. Il faut aussi adapter la transformation des produits, gérer les risques et parfois déplacer certaines cultures. Mais surtout, il faut agir à la fois dans l’urgence et à long terme. Les solutions de bricolage permettent de tenir quelques années, pas davantage.

    L’irrigation peut-elle suffire, ou faut-il repenser plus largement les modèles agricoles ?

    J.-M.T. : L’irrigation peut sécuriser une récolte, surtout lors d’une année extrême, mais elle ne constitue qu’une solution parmi d’autres. La ressource en eau est limitée et toutes les cultures n’ont pas les mêmes besoins : elle peut être plus stratégique pour les fruits, les légumes ou les légumineuses que pour la vigne. Il faut donc développer une irrigation économe, responsable et suffisamment flexible pour servir plusieurs productions. Plus largement, l’adaptation passe par la diversification. Cela peut signifier cultiver plusieurs cépages, associer vigne, arbres et élevage, introduire des pistaches, des grenades, des olives ou des légumineuses, mais aussi développer la vente directe, l’accueil touristique ou des services de prévention des incendies. En ne dépendant plus d’une seule production, l’exploitation répartit mieux les risques climatiques et économiques. On ne peut plus faire l’impasse sur la diversification.

    Le coût de l’adaptation menace-t-il les petites exploitations ?

    J.-M.T. : Pas forcément. Certaines réponses sont coûteuses et technologiques, mais d’autres reposent sur des pratiques simples, la coopération et le partage d’expériences. De petites exploitations peuvent rester viables grâce aux coopératives, à la vente directe, au tourisme ou à la diversification. Il faut aussi mieux rémunérer les services rendus par les agriculteurs qui passent le pas de la diversification.

    L’Occitanie peut-elle encore préserver son agriculture ?

    J.-M.T. : Cela dépendra de l’ampleur du réchauffement et de notre capacité à agir. Si le climat est stabilisé rapidement, des solutions existent encore pour la majorité des filières. Mais avec un réchauffement mondial de trois degrés, certaines productions et certains territoires seront fortement menacés. L’espoir vient des expérimentations déjà engagées sur les cépages, l’agroforesterie, la pistache, la grenade, l’olivier ou les légumineuses. Face à l’urgence climatique, nous ne pouvons pas attendre quinze ans qu’une solution soit validée. Il faut expérimenter, partager les résultats et construire l’adaptation avec les agriculteurs, les chercheurs, les collectivités et les citoyens.

  • [Exclusif] Hervé Menchon sur l’abattage d’arbres à Marseille: « Je suis horrifié. On est à rebours des enjeux du siècle »

    [Exclusif] Hervé Menchon sur l’abattage d’arbres à Marseille: « Je suis horrifié. On est à rebours des enjeux du siècle »

    La Marseillaise : De nombreux Marseillais et militants associatifs sont choqués par la destruction par les services de la Ville d’une quarantaine d’arbres de haute tige dans la pinède du parc Bonneveine. Comment est-ce possible dans un projet qui vise à renaturer un parc public ?

    Hervé Menchon : Je suis triste et très en colère et je comprends et je ressens l’émotion des gens et des associations. C’est très dur aujourd’hui, en période de canicule, avec ce que l’on sait du dérèglement climatique et de ce qui nous attend. Après, je n’ai pas été impliqué dans ce dossier que je n’ai pas piloté. C’est un parc qui est labellisé EcoJardin et qui impliqué dans le programme « Territoires Engagés pour la Nature » et sur lequel j’attendais justement des réponses de mes services. Aujourd’hui, demain, rien ne sera équivalent à la protection et au maintien des arbres matures qui existent. Ce qui s’est passé, ce n’est juste pas possible ! 2050, c’est dans 24 ans. Les arbres qu’on plantera aujourd’hui n’apporteront jamais la même ombre, la même fraîcheur et ne seront jamais le même habitat que ceux qu’on a abattus. On mettra des décennies à récupérer la continuité écologique qu’apportaient ces arbres. On a détruit une canopée et au-delà un stockage carbone qui freine le dérèglement climatique.

    Au-delà du décompte des arbres abattus, c’est aussi la méthodologie de travail au sein d’une mairie à composante écologique qui est questionnée selon vous ?

    H. M. : Un arbre, c’est un monde. Il n’y a pas une espèce protégée et d’autres espèces qu’on pourrait détruire. Pas aujourd’hui, pas au XXIe siècle. On ne peut pas réfléchir comme ça alors qu’on est en train d’essayer de construire une planète vivable en 2050 et que se pose la question de l’habitabilité de la ville de Marseille en 2050. Ce qui s’est passé est digne de la politique agricole du XIXe siècle ou du productivisme du XXe siècle. On est ailleurs là, on est dans l’espace. On ne peut faire du génie contre la nature. Ça n’existe pas ! On doit faire alliance avec la nature, dès aujourd’hui, partout à Marseille, sur terre, en mer, en ville et pas seulement dans les parcs et jardins. La biodiversité, c’est ça. J’ai une «division» biodiversité, mais qui n’est même pas une direction biodiversité, et qui ne s’occupe pas des parcs et jardins. Je ne peux pas travailler avec ces outils-là aujourd’hui.

    En tant qu’écologiste engagé, je me suis battu pour sauver les 16 arbres du square Lévy, pour sauver la pinède du Roy d’Espagne, les jardins Joseph-Aiguier, le parc de la Mathilde. Je viens de là, moi et je ne cautionnerai jamais l’abattage de 30 à 40 arbres ! Il existe d’autres solutions que l’abattage. Même si on a des rapports d’experts, on peut avoir des contre-expertises. Il y a sûrement un génie humain qui est capable de maintenir les arbres. Alors peut-être qu’il était trop tard, qu’il y a la réalité et le temps administratifs. Il y a eu aussi les élections au milieu qui ont fait que chacun prend ses marques.

    Les associations dont FNE13 ont le sentiment qu’on leur a joué un mauvais tour, d’avoir été pris pour des idiots, en abattant précipitamment en pleine discussion. Vous comprenez ?

    Les associations m’ont sollicité. Je n’ai pas répondu parce que ce n’était pas mon dossier. On m’a mis adjoint à la biodiversité mais je ne suis pas la caution des massacres de la biodiversité. Je veux être adjoint à la biodiversité sinon ça ne sert à rien et je vais à nouveau grimper aux arbres. Même sur le tramway des Catalans, je ne suis pas chaud parce qu’il faut couper des arbres. Aujourd’hui, on aura du mal à avoir des arbres. On ne sait pas si les arbres qu’on plante aujourd’hui vont survivre. On n’aura peut-être pas l’eau pour les arroser avec une température de 50 degrés. Un arbre, c’est du vivant, ce n’est pas un meuble ! Ce n’est pas du mobilier urbain. Avec un arbre, il y a des champignons, des insectes utiles à la vie qui nourrissent des espèces protégées justement. Là, franchement, on est à rebours de mes ambitions, à rebours des enjeux du siècle. Je suis horrifié.

    Est-que cela suscite des discussions au sein de la gouvernance municipale ?

    J’aurai bientôt une réunion avec Perrine Prigent [ndr : adjointe DVG déléguée aux espaces verts qui pilote le dossier]. Je pense que là, une réunion avec le maire de Marseille s’impose. C’est tout le sens de mon engagement politique qui est remis en question aujourd’hui.

    Recueillis par David Coquille

  • Après une nouvelle panne, le maire d’Aubagne interpelle Enedis

    Après une nouvelle panne, le maire d’Aubagne interpelle Enedis

    Déjà au mois de juin puis au mois de juillet dernier l’édile avait demandé des explications face à des coupures de courant répétées. « La situation atteint désormais un niveau d’urgence critique », s’inquiète la municipalité face à des pannes qui ont touché notamment une résidence senior mais aussi l’usine de potabilisation du Pin Vert. En cause, l’enchaînement de vagues de chaleur qui s’ajoutent à un réseau vétuste dépassé par les nouveaux usages et l’urbanisation des dernières années sans mise à niveau proportionnée du réseau, selon la Ville. « Enedis doit maintenant déployer les moyens financiers et techniques à la hauteur des besoins d’Aubagne. Les Aubagnais ont droit à un service public de l’électricité fiable et durable », demande donc Jean-Pierre Squillari en se disant prêt à simplifier les procédures et fournir du foncier, et saluant les salariés mobilisés sur le terrain.

  • Dans le Vaucluse, la canicule fait disjoncter un réseau à moderniser

    Dans le Vaucluse, la canicule fait disjoncter un réseau à moderniser

    Il y a tout juste un an, lors d’un conseil communautaire du Grand Avignon, les élus s’étaient retrouvés dans le noir, tentant tant bien que mal de continuer à débattre et voter malgré plusieurs coupures de courant. Une scène cocasse qui illustrait une panne d’électricité affectant le secteur d’Agroparc mais aussi de Montfavet ou Vedène. Un cas loin d’être isolé qui s’est reproduit à plusieurs reprises depuis juin en Vaucluse mais aussi à Arles ou Aubagne, où les maires des deux communes viennent de demander des comptes et des mesures concrètes à Enedis, gestionnaire du réseau, face à ces pannes à répétition.

    À Avignon, 5 400 clients ont ainsi été privés d’électricité pendant environ 17 heures entre ce samedi et dimanche. Dimanche soir également, plusieurs secteurs de Cavaillon ont été plongés dans le noir pénalisant 1 300 foyers, parfois quelques minutes et jusqu’à trois heures. Fin juin, jusqu’à 9 000 foyers étaient aussi sans courant, principalement à Orange, pendant plus d’une journée, impactant fortement les habitants mais aussi hôpitaux et commerçants. Des cas différents, mais une même cause : « Les très fortes chaleurs cumulées sur plusieurs jours avec une température qui ne descend pas la nuit ont fait monter la température des sols goudronnés jusqu’à 80 degrés par endroits, ce qui a mis en forte contrainte les réseaux souterrains. Les zones urbaines sont potentiellement les plus touchées par ce type de phénomène à cause des sols goudronnés », indique Enedis.

    Une double peine donc, où les habitants n’ont plus de jus pour faire tourner ventilateurs, clim, éventuels appareils respiratoires ou, plus trivialement, machines à glaçons, mais aussi pour les agents Enedis qui doivent intervenir en urgence sous fortes chaleurs pour réparer. Si la vigilance canicule est levée depuis ce mardi matin, ces épisodes sont voués à se reproduire. Enedis en a bien conscience et relayait, dès le mois de mai, des vidéos didactiques sur les effets de la canicule sur les réseaux souterrains.

    De nouveaux câbles divisant le risque par 33

    « Face à ces évolutions, Enedis adapte en profondeur son réseau pour renforcer sa résilience face aux fortes chaleurs, nous répond l’opérateur. Cela passe par un programme continu de modernisation des infrastructures, incluant le renouvellement des équipements les plus sensibles à la chaleur. » Un plan national d’investissements de 26 milliards d’euros sur la période 2026-2040 a été engagé, « dont plus de 15 milliards d’euros sur l’adaptation au changement climatique ». En 2025, 40 millions d’euros ont été investis en Vaucluse permettant de moderniser « plusieurs dizaines de kilomètres du réseau » sur les 15 170km du département.

    Une grande majorité de câbles date encore de la période 1965-1981 et atteignent leurs limites. Désormais, Enedis opte pour des câbles à isolation synthétique, qui « offrent une meilleure tenue thermique et une plus grande fiabilité ». Selon Enedis, ils divisent « par 33 le nombre d’incidents en période chaude ».

  • Oignons doux : parvenir à retenir et stocker l’eau

    Oignons doux : parvenir à retenir et stocker l’eau

    « La récolte a débuté il y a peu, on n’a pas de recul. Mais il y aura un impact, c’est certain. Sur le volume, le calibre et la qualité. Après, quelle sera l’étendue des pertes ou du désastre, je ne peux pas le dire », déclare Thomas Vidal, directeur général et commercial de la coopérative agricole Origine Cévennes. Située à Saint-André-de-Majencoules, dans le Gard, elle rassemble 60 producteurs d’oignons doux des Cévennes, répartis sur une douzaine de communes. « Il y a des zones plus ou moins touchées que d’autres par la problématique du manque d’eau. Mais globalement on sait qu’on aura des lots très petits, donc ça va causer des problèmes au niveau de la commercialisation », poursuit Thomas Vidal.

    « Il va falloir trouver des solutions »

    Après avoir reçu jusqu’à deux mètres d’eau de pluies tombées cet hiver, les producteurs d’oignons doux des Cévennes affrontent, depuis mi-mai, des canicules à répétition et une sécheresse intense qui a poussé la préfecture du Gard à prendre des mesures de restriction d’eau, notamment l’interdiction d’irriguer. Face à cette situation, certains exploitants ont carrément décidé d’arrêter d’arroser certaines zones pour concentrer le peu d’eau dont ils disposent sur les plants les plus prometteurs. Des choix difficiles.

    « L’oignon doux est une culture en terrasse, forcément exposée au soleil en plein sud. C’est un modèle qui existe depuis des décennies voire des centaines d’années dans les Cévennes. On est obligés de faire avec. Reste que les canicules et les sécheresses sont de plus en plus récurrentes. C’est pour ça qu’on travaille sur la sécurisation en eau des exploitations avec des projets de retenues collinaires », explique le directeur de la coopérative. « On était en sous-préfecture à ce sujet début juillet avec la DDTM, la Région, les financeurs pour essayer de trouver des solutions. Car il va falloir en trouver : la coopérative, c’est 60 producteurs, 60 familles, 20 emplois », insiste-t-il.

    « On est déjà assez vertueux, puisqu’on dispose du stockage de 24% de nos besoins sur l’ensemble des exploitations, contre une moyenne en France qui se situe en dessous de 5%. Seulement les bassins qui ont été creusés il y a 20 ou 30 ans sont aujourd’hui sous-dimensionnés. On a besoin de plus d’eau à l’hectare. Il faut revoir les volumétries. » Un exemple qui illustre la rapidité avec laquelle le dérèglement climatique bouleverse les choses. « L’hiver dernier, on a pris deux mètres d’eau en 4 mois sur la haute vallée de l’Hérault. On en aurait retenu un peu, personne ne l’aurait vu. Il faut retenir l’eau l’hiver pour l’utiliser l’été, c’est du bon sens. Les pouvoirs publics doivent donner leur accord », martèle Thomas Vidal. Emmagasiner les pluies d’hiver pour ne plus puiser dans les rivières en été. Sachant que ces retenues collinaires pourraient également servir de réserve pour alimenter les camions de pompiers lors des incendies. « On ne va pas lâcher prise. Les Cévenols sont résilients et résistants. On va y arriver. On va trouver des solutions pour faire des stockages. »

    A.G.