Tag: canicule

  • En été, à Toulon, les maraudes restent plus que nécessaires

    En été, à Toulon, les maraudes restent plus que nécessaires

    Les fortes chaleurs ne sont pas plus ou moins supportables que le froid glacial de l’hiver. La mobilisation reste donc primordiale pour les acteurs associatifs qui viennent en aide aux personnes précaires et sans domicile, à l’image d’Un peu de toit, qui mène, chaque mardi, une maraude dans les rues de Toulon.

    « On aimerait bien faire plus, mais il n’est pas évident de mobiliser les bénévoles plus d’un soir par semaine, d’autant plus avec les départs en vacances », s’excuse presque Cathy Revest, présidente de l’association. Si elle n’a pas constaté plus de demandeurs qu’à l’accoutumée sur la dernière maraude, elle s’attend à en avoir davantage dans les semaines à venir, « comme chaque été. Les personnes dont nous nous occupons ne dorment pas forcément dans la rue. Certaines en situation de précarité viennent aussi demander », indique-t-elle.

    Une réalité qui rappelle que près d’un Toulonnais sur quatre vit sous le seuil de pauvreté, contre 15% au niveau national et 18 dans la région Sud, tel que l’a annoncé le Centre communal d’action sociale (CCAS) de Toulon dans un rapport paru en début de semaine. Cathy Revest espère que ces chiffres alarmants mèneront à des actions concrètes : « Nous avons eu une réunion avec le CCAS et les associations il y a un mois, pour évaluer la situation. Un lien est en train de se créer, alors qu’on avait toujours eu la sensation d’être méprisés. » Une autre réunion s’est tenue vendredi, durant laquelle la bénévole a demandé l’ouverture d’hébergements durant la canicule.

    En attendant, les maraudes vont se poursuivre. « L’objectif est de fournir au moins une bouteille d’eau par personne. On distribue aussi des gourdes. On a également laissé tomber les plats chauds au profit des salades, du chocolat froid et des fruits », détaille Cathy Revest, qui appelle aux dons de chacun, particulièrement de bouteilles d’eau.

  • À Aix, des ateliers pour adapter le logement des seniors

    À Aix, des ateliers pour adapter le logement des seniors

    Ils sont moins d’une dizaine à avoir bravé la canicule pour aller jusqu’au centre socioculturel la Rose des Vents. Organisé par le pôle infos seniors du CCAS, animé par le Creedat 13, association spécialisée dans l’adaptation et le réaménagement de logements, tenait un deuxième atelier permettant aux plus âgés, ou aidants, de réfléchir à des alternatives pour qu’un senior reste plus longtemps chez soi. Proposer d’autres options que l’Ehpad, ou l’emménagement chez un proche. « L’idée de la société en ce moment, c’est de favoriser le maintient à domicile le plus possible, rappelle Aline Baccon, responsable coordination du pôle infos seniors du CCAS. Il y a tout un panel de dispositifs qui permettent de rester à son domicile le plus longtemps possible. C’est un coût, mais il y a quand même beaucoup d’aides (….) ». Déjà le 17 juin dernier, le même atelier était organisé, au centre socioculturel La Provence.

    Des rencontres régulières

    Et sera réitéré dans les mois à venir. « On essaie d’en faire plusieurs par an sur différentes thématiques, poursuit Aline Baccon. L’intérêt de ces rencontres, c’est de faire de la prévention, d’anticiper et faire en sorte que les gens aient l’information au plus tôt pour éviter des situations dégradées, éviter les chutes, les risques… Mais aussi faire en sorte que les gens ne se disent pas que (rester chez soi) n’est pas une option, faute de moyens ». Au cours de l’atelier, Lucille Besson Papin, ergothérapeute au sein de la Creedat 13, animatrice de la rencontre pour la journée, expose les chiffres. Chez les personnes âgées, les chutes représentent 130 000 hospitalisations par an. 70% d’entre elles ont lieu au domicile, et 10 000 d’entre elles par an sont une cause de décès. « La population en France est vieillissante, vit de plus en plus longtemps, il y a donc de nouveaux besoins chez les seniors. Ici, on vient faire de la prévention pour lutter contre les risques de chute, d’aggravation des problématiques de santé, dans le but qu’on puisse intervenir avant même qu’il y ai des soucis au sein du logement des bénéficiaires », déroule Lucille Besson Papin. Parmi le petit groupe présent, les raisons de venues varient. « J’ai des amis qui ont eu des problèmes de santé, ça peut leur être utile », résume Réjane. « De mon côté, j’ai fait plusieurs chutes sur le dos, j’ai besoin de pouvoir aller mieux au quotidien. Il faut que je puisse adapter mon logement par rapport à cette pathologie. C’est une kinésithérapeute qui m’a envoyée ici », explique de son côté Marie-Laure. D’autres ateliers sont à venir, dans les centres sociaux.

  • [Entretien] Delphine Tisseyre, Secours populaire : « Derrière les chiffres, une réelle détresse humaine »

    [Entretien] Delphine Tisseyre, Secours populaire : « Derrière les chiffres, une réelle détresse humaine »

    La Marseillaise : La Banque alimentaire faisait état de 63 500 bénéficiaires en 2025. Quel constat faites-vous sur le terrain ?

    Delphine Tisseyre : Les chiffres sont une chose mais derrière il y a une réelle détresse humaine, un malaise qui est créé. On détecte dans nos familles, chez nos ados, de plus en plus de troubles psychiques et maintenant on n’arrive plus à les nourrir correctement. Aujourd’hui, on distribue des produits de l’Union européenne, des pâtes, du riz. Mais sans beurre ni légumes, ni fruits, c’est insuffisant. Pour les produits frais, il faut toute une logistique, surtout l’été. Peu d’associations en ont les moyens. Et le pendant de l’entrée dans l’ère de l’anti-gaspi, c’est qu’on nous fait payer, le recyclage des vêtements par exemple, et c’est un poids en plus sur le dos des bénévoles. Les associations sont la soupape de sécurité de notre société et on compte beaucoup sur elles, mais on a l’impression d’être abandonné des priorités de l’État.

    Où en est le Projet alimentaire départemental (PAD) mis en place en 2019 et destiné à promouvoir les produits locaux dans la lutte contre la précarité alimentaire ?

    D.T. : Mieux manger pour tous est une bonne chose et on est reconnaissant de l’aide au financement. Mais c’est insuffisant par rapport aux besoins. Le quotidien va vite. Et face au développement des discounters, nous ne sommes pas armés pour le rachat en gros volumes donc ce qui pouvait être donné l’est moins. Il y a aussi cette difficulté de coller à un cahier des charges des producteurs locaux. Les œufs par exemple, la quantité est un problème. Or nous ne sommes pas en mesure de garantir la commande si l’éleveur agrandit ses poulaillers car on ne sait pas à l’avance de quel budget on disposera l’année suivante. Ce système a tendance à se mordre la queue.

    L’été est-il plus cruel que l’hiver pour les personnes en grande précarité ?

    D.T. : L’hiver, on se couvre, on arrive à distribuer des vêtements chauds et des couvertures. L’été, on cherche des lieux climatisés, des points d’eau fraîche, c’est plus compliqué. Pour nos maraudes, il faut des équipements pour réfrigérer. Et du fait que de nombreux lieux ferment durant les vacances, les associatifs sont aussi moins nombreux sur le terrain durant cette période et le sentiment d’isolement des personnes démunies est plus important.

    Quelles demandes feriez-vous ?

    D.T. : On n’en est plus aux préconisations, mais à répondre à une véritable urgence sociale. Il y a l’inflation, mais pas seulement. Certaines mesures administratives créent des situations de pauvreté ou les aggravent. C’est bien de renforcer les contrôles contre les fraudes en tout genre, mais ceux-ci sont parfois faits sans aucune analyse fine. On s’est retrouvé avec une vague de coupures de RSA. Il a fallu démêler bien des erreurs. Et quelques mois sans revenus, ça plonge vite les gens dans la misère absolue. Souvent les mesures d’accompagnement pour le retour à l’emploi ou pour l’aide à la garde d’enfants ne suivent pas ou sont mises en place beaucoup trop lentement. On perd plus rapidement et facilement ses droits qu’on y accède.

    Les publics rencontrés sont-ils
    de plus en plus divers ?

    D.T. : Oui et on a aussi des situations de détresse qui ne sont pas toujours visibles. Des couples qui font la priorité du loyer et qui ne mangent pas à leur faim alors qu’ils travaillent. Une personne traitée pour un cancer à qui on ne peut pas donner n’importe quel aliment. Certains font le tour des associations pour trouver ce dont ils ont besoin et c’est douloureux d’avoir l’air de quémander mais heureusement qu’ils le font.

  • La misère encore plus pénible au soleil

    La misère encore plus pénible au soleil

    Sabrina s’approche timidement des tables dressées par le Secours catholique place Félix-Baret à Marseille. « Est-ce que vous aidez à l’hébergement ? », s’enquiert la jeune femme au visage émacié. « Il n’y a pas de place au 115. Je dors dans ma voiture, ce n’est pas très tranquille pour une femme seule. En plus, avec la chaleur… Mais je ne peux pas la déplacer, je n’ai plus d’essence », justifie-t-elle. Sabrina accepte l’invitation d’une bénévole à rejoindre les autres convives. D’autant plus volontiers qu’elle est « à jeun depuis deux jours », privée « depuis le début du mois, sans savoir pourquoi » de l’allocation adulte handicapé.

    Ce 17 juin, l’association avait organisé une soupe fraternelle devant la préfecture pour interpeller les pouvoirs publics. « Nous avons franchi en 2025 le cap des 30 000 rencontres en une année, 15% de plus que l’année précédente, 50% de plus qu’il y a dix ans », explique Julien Moisan, chargé de plaidoyer de la délégation marseillaise. Les 2,7 millions d’euros par an dédiés par la préfecture des Bouches-du-Rhône aux 2 000 repas par jour pour les personnes mises à l’abri à l’hôtel ou dans la rue et les 400 000 euros alloués aux acteurs de la veille sociale ne suffisent pas à répondre aux besoins qui explosent.

    Au lendemain de son action coup de poing sur la table, le Secours catholique a repris ses maraudes. Mercredi 24 juin, le département est placé en vigilance orange. Françoise, Marc et Rémy ont fait le plein du camion : une centaine de bouteilles d’eau, presque autant de lait, 16 litres de soupe, une glacière de pâtes, des portions de fromage et des dizaines de baguettes de pain, café, thé et cacao. Après un appel au 115, la camionnette part sillonner les rues de Sainte-Anne à la préfecture, en passant par les hôpitaux Saint-Joseph et la Timone. Rémy ajoute la rue d’Aubagne. Où l’équipe de la veille, qui a rencontré 90 personnes, « en a signalé de nouvelles », précise le conducteur.

    Un premier arrêt pour s’enquérir de la santé d’une quinquagénaire qui s’est aménagé un abri discret derrière les lauriers au bout d’un parking, qu’elle tient propre. Elle ne réclame que de l’eau. Un homme, également habitué de la maraude, s’approche pour un café et un bol de soupe et demande un rasoir. Autre halte au pied de l’église de Saint-Giniez où quatre hommes sont assis sur les marches et deux adolescents sur un muret. Tous ont les traits tirés. Aucun d’eux n’a mangé depuis la veille. L’un d’eux loue « une chambre de 8m2, pour 400 euros, sans eau potable », précise-t-il. Épuisé par la chaleur, il a « dormi toute la journée ».

    Après 21h, c’est le rush

    Face à l’hôpital, une femme est assoupie dans une voiture. « Elle y attend la sortie de son mari hospitalisé, prévue pour le lendemain. L’hôtel c’est pas dans leurs moyens », rapporte Rémy qui lui a apporté une soupe. Plus on s’enfonce dans la nuit, plus les moments de rush s’enchaînent autour de la camionnette. Devant un garage du Prado, le véhicule est repéré avant même qu’il se gare. Une vingtaine de personnes afflue. Entre deux cafés et un chocolat distribués, Rémy informe et donne le plan des points d’accueil pour SDF. L’équipe est chaleureuse et la soupe réputée excellente. Mais « on aimerait qu’ils aient plus de temps pour taper un brin de causette », lâche Éliane, retraitée toute pomponnée qui s’est résignée à la rue du fait de sa « maigre pension » et parcourt « des km par jour » avec ses deux amis, « pour la lessive, la douche, la clim… » Près de la préfecture, une quinzaine de personnes attend autour de la fontaine. « J’ai un studio et l’APL, mais au milieu du mois il ne me reste plus rien pour manger », explique un jeune au RSA. Pas mieux pour Armelle et son fils : « Ça fait cinq ans que le Secours catholique nous nourrit, nous habille. Je paye le loyer en priorité pour ne pas me retrouver dehors. Parfois je trouve un ménage à faire, ça aide. » Tandis que Marc remplit les bols de soupe ou de pâtes à tour de bras, elle s’enquiert : « C’est vendredi votre fête de l’été ? » Françoise lui tend une invitation.

    Il est minuit passé et la camionnette s’est vidée, provoquant quelques déceptions. « C’est parfois compliqué à gérer, car il y a de plus en plus de monde et on n’a pas toujours assez à distribuer », regrette Françoise en faisant, un peu épuisée, le décompte des prénoms qu’elle a consignés toute la soirée sur la feuille de route, avec les besoins spécifiques exprimés au passage : « 96 personnes » au bas mot. C’est « beaucoup plus » que lorsqu’elle a démarré les tournées il y a une quinzaine d’années, « et ça ne laisse plus le temps du dialogue ». Cette surfréquentation met en tension les capacités logistiques et humaines des associatifs. « Elle nous écarte de notre mission première : créer du lien social », déplore Baptiste Jeansoulin, animateur des tournées de nuit, suspendues le 9 juin pour répondre à l’urgence et demander plus de moyens. Comme la création d’un restaurant social ouvert le soir, pour « permettre aux gens de la rue de dîner dignement ». La belle proposition du chef étoilé Sébastien Richard avec Le République en 2021, s’est éteinte fin 2025. Et le Noga, qui dresse depuis 2007 près de 500 couverts par semaine le midi sur le cours Julien, est en difficulté.

    « Malgré un contexte budgétaire contraint, l’objectif de l’État est de garantir une reconduction des crédits alloués », indique la préfecture des Bouches-du-Rhône. Une « notification des crédits tardive » fait que les demandes des associations « sont en cours d’instruction », précise-t-elle en annonçant la tenue d’un nouveau comité départemental de lutte contre la précarité alimentaire « dans les prochaines semaines ».

  • Un été de plomb

    Un été de plomb

    L’été est aussi cruel que l’hiver pour les sans-abri. 960 d’entre eux sont décédés l’an passé, selon le décompte -non exhaustif- réalisé par l’association Morts dans la rue, auprès des associations, collectivités et structures d’entraide. Il y en a déjà 260 depuis le début de l’année.
    Deux autres à Argenteuil, mercredi, un autre encore, jeudi, retrouvé mort dans un square à Angers, et encore un autre à Nantes… Une hécatombe silencieuse pendant les longues journées d’été étouffantes. Et ils ne sont pas les seuls à tomber, il y a aussi les mal-logés, plus de 4 millions de personnes, qui « donnent la priorité au loyer » quitte à se priver de repas… Ceux à qui le ministre du Logement voudrait refourguer les bouilloires thermiques, comme il l’a très sérieusement annoncé cette semaine, en pleine canicule.

    Lorsque le cynisme le dispute à l’indécence, il semble difficile
    d’en appeler à l’État, au gouvernement et à ses représentants, pour répondre à l’urgence vitale que constituent les vagues de chaleur pour les plus démunis. Et pourtant.

    Des villes pas ou peu adaptées

    Ce danger permanent tient d’un bilan d’étape : malgré les efforts de villes comme Marseille, qui a fait de l’accès à l’eau dans l’espace public et de la création d’îlots de fraîcheur des priorités, les communes restent encore pas ou peu adaptées aux crises climatiques après des décennies de bétonisation intensive.

    C’est aussi le constat d’une société qui laisse sur le bord de la route des millions de citoyens, et dont la survie dépend souvent de l’action de bénévoles dont les structures sont elles-mêmes menacées par
    les plans d’austérité successifs. Et les étés de plomb se succèdent.

  • Face à la canicule, Aubagne renforce son dispositif

    Face à la canicule, Aubagne renforce son dispositif

    Face à l’épisode de fortes chaleurs qui touche les Bouches-du-Rhône depuis lundi, la ville d’Aubagne a activé le niveau 2 du Plan canicule, correspondant à la vigilance jaune de Météo France. L’alerte départementale doit se poursuivre jusqu’à ce samedi 27 juin.

    Pour accompagner les personnes les plus fragiles, la municipalité a renforcé son dispositif : des tournées d’hydratation sont organisées auprès des publics vulnérables, tandis que des maraudes sont menées auprès des personnes sans domicile. Le Centre communal d’action sociale (CCAS) et ses partenaires s’appuient par ailleurs sur un registre nominatif des personnes âgées ou handicapées isolées, qui peuvent s’y inscrire sur demande. En cas d’activation du plan, elles sont directement contactées pour vérifier que tout va bien et rappeler les gestes essentiels : bien s’hydrater et se rafraîchir le corps régulièrement.

    Côté lieux de fraîcheur, la maison du partage ouvre désormais ses portes tous les après-midi, et le parc Jean Moulin reste accessible jusqu’à 23h, afin d’offrir un espace rafraîchissant sur une plus large partie de la journée.

    Dans les écoles, où certaines salles dépassent les 30°C, le maire (DVG) Jean-Pierre Squillari, élu depuis six mois, a demandé aux familles de garder, « si possible », leurs enfants à la maison. Il a reconnu l’héritage de bâtiments vétustes et a promis qu’elles seraient toutes climatisées d’ici 2027. Conséquence de la chaleur, la fête de quartier de La Tourtelle, prévue samedi à 15h, a été décalée à 18h.

    Le niveau de veille saisonnière du Plan national canicule est activé chaque année du 1er juin au 31 août, afin de prévenir et de limiter les conséquences sanitaires des épisodes de chaleur intense sur la population, en particulier chez les personnes âgées, les nourrissons et les personnes souffrant de pathologies chroniques. Le passage au niveau 2, lui, correspond à la carte de vigilance jaune de Météo France, afin de protéger aussi les personnes isolées et les écoles.

  • Martigues renouvelle son aide à l’entretien des quartiers

    Martigues renouvelle son aide à l’entretien des quartiers

    Le conseil municipal de jeudi soir a examiné une cinquantaine de propositions, dont celle d’une participation financière de la commune à l’entretien des espaces extérieurs des principaux quartiers de logements sociaux. Une initiative de la Ville depuis 1999 dans le cadre d’une convention avec quatre associations syndicales libres (ASL). Ces associations perçoivent respectivement 40 303 euros pour le quartier de Mas de Pouane, 81 762 euros pour Canto-Perdrix, 95 967 euros pour Paradis-Saint-Roch et 26 302 euros pour les 4 Vents, ainsi que d’une plus petite enveloppe de 2 000 euros pour le bailleur 13 Habitat et 1 500 euros pour Erilia.

    En tout, la participation annuelle de la commune pour l’entretien des espaces extérieurs est de 247 834 euros pour l’année 2026. Ce qui pose question pour la conseillère d’opposition Amandine Gide (RN), qui demande de justifier la raison pour laquelle « depuis 2025 vous avez baissé la dotation des ASL de 200 000 euros ». L’adjoint (PCF) Pierre Dharréville explique que « la baisse de subvention a été contrainte au regard des difficultés budgétaires que l’on connaît, en raison de choix répétés du gouvernement qui diminuent les ressources des communes ».

    « Mettre les bailleurs face à leurs responsabilités »

    Dans ce contexte, l’enjeu est également pour l’adjoint de « mettre les bailleurs en face de leurs responsabilités, qu’ils prennent mieux en charge ce qui relève de leurs prérogatives ». Jean-Luc di Maria (LR), approuvant cette aide, estime néanmoins qu’il y a « des aides pour certains quartiers et pas d’autres qu’il faut expliquer aux Martégaux, il y a un souci d’équité devant les dépenses alors que tout le monde l’est face à l’impôt ». Pierre Dharréville répond que « la baisse de cette subvention va dans le sens de l’équité dont vous parlez ». « Ce choix vise à s’occuper des espaces communs, traversés par d’autres que les habitants des quartiers. La Ville contribue à l’aménagement de ces espaces qui sinon se dégraderaient » conclut-il. Le maire (PCF) Gaby Charroux rappelle que « la rénovation matérielle incombe d’abord aux bailleurs ».

    Autre sujet d’actualité brûlante de ce conseil, la proposition d’une gratuité d’accès pour les habitants de Martigues à la piscine Avatica durant les périodes en vigilance canicule. « Une mesure de santé publique et de protection des habitants » pour Pierre Dharréville, également rapporteur. Une fois n’est pas coutume, l’extrême droite s’inquiète d’à qui profite cette proposition : « Comment est contrôlé le lieu de résidence ? L’accès est pour tous les bassins sur toute l’amplitude d’ouverture ? », questionne Didier Rattier (RN), bien qu’approuvant l’idée. « Le personnel municipal demandera aux habitants de justifier leur lieu de résidence et l’ensemble des bassins seront ouverts à la baignade » répond Pierre Dharréville.

  • Dernière séance pour Renaud Muselier

    Dernière séance pour Renaud Muselier

    « C’est sûrement ma dernière plénière... » Après dix ans passés à la tête de la Région, Renaud Muselier (Ren.) se prépare à laisser la place après la séance de ce vendredi 26 juin, en élu fier de son bilan et gonflé à bloc pour l’après, sa candidature aux sénatoriales.

    « Nous avons bien géré, avec une capacité de désendettement de 7,4 ans contre 9,5 prévus, une épargne brute de 420 millions d’euros, un taux d’épargne brut de 17,5 millions. Des indicateurs meilleurs que dans le budget primitif », se félicite-t-il à la veille des discussions sur le budget dans l’hémicycle ce vendredi 26 juin. Et ce alors qu’il « a fallu faire des efforts importants pour assumer 140 millions d’euros de baisse de dotations », ajoute-t-il. Et de citer des délibérations sur le pouvoir d’achat avec l’aide à l’acquisition de kit éthanol, l’environnement avec le plan canicule ou les transports avec un financement pour de nouvelles études sur la ligne nouvelle.

    Deuxième sur la liste

    Pour la suite, prévient-il, « je ne pars pas, je quitte la présidence, ici je resterai conseiller régional spécial sur les Bouches-du-Rhône, les affaires européennes, je serai à une place différente », sans « interventionnisme » mais avec une « envie de transmettre », promet-il. Estimant que la « mère des batailles se mène là-haut » à Paris, il précise : « Je vais aller vers le Sénat en essayant d’avoir le plus d’élus possible sur ma liste » pour « peser et ne pas laisser le pays à l’extrême droite ».

    Une liste d’union de la droite et du centre, sur laquelle il sera finalement en deuxième position derrière la sénatrice sortante Brigitte Devésa (UDI) et devant Valérie Boyer (LR) candidate elle aussi à sa succession. « Cela a été validé par le président M. Larcher, le président de la commission d’investiture, et M. Retailleau », assure Renaud Muselier. On ne saura rien pour l’instant d’un ou une quatrième…

    S’il assure être capable de mettre de côté son ego, rappelant qu’aux régionales de 2004, largement battu par le socialiste Michel Vauzelle, il se positionnait à la suite de Viviane Spagnolo (UDF), tête de liste dans les Bouches-du-Rhône, « par contre c’est moi qui pilote la campagne, hein », balance-t-il. Il disposera aussi d’un « directeur de campagne avisé », en la personne de son directeur de cabinet durant 6 ans, Jean-Philippe Ansaldi.

    Il part confiant, fort de sa méthode, « j’ai montré dans mon histoire politique que j’ai fait l’UMP avant l’UMP, le bloc central avant le bloc central, j’ai montré qu’il fallait additionner pour gagner », et il a fait ses calculs, « en l’état des blocs en présence, on aurait plutôt trois sénateurs pour nous, je pense qu’on va les faire ». Il n’a pas peur d’une éventuelle liste concurrente de maires non plus. « J’ai assisté à trois sénatoriales avec Jean-Claude [Gaudin] et Jean-Noël [Guérini], très souvent les maires votaient pour Jean-Noël parce que, Jean-Claude le disait avec élégance, “il a le chéquier et le revolver“, nous, on n’a que le charme et tous les chéquiers », se targue-t-il. Enfin pour sa succession, « François de Canson est le meilleur de très loin », estime-t-il.

  • Catherine Vautrin loue la « complémentarité » de l’armée et de la sécurité civile face aux incendies

    Catherine Vautrin loue la « complémentarité » de l’armée et de la sécurité civile face aux incendies

    Avec les canicules à répétition, les risques d’incendie deviennent de plus en plus importants en Méditerranée. Près de 2 500 départs de feu sont recensés chaque année dans la zone. L’année dernière, le département du Var a subi 183 incendies pour 152 hectares brûlés, contre 65 en 2024, mobilisant au total 26 151 sapeurs-pompiers. Une infime partie d’un bilan record sur le plan national, avec près de 20 000 hectares ravagés (deux fois plus que la moyenne annuelle habituelle), dont 11 300 dans l’Aude en à peine deux semaines, en août, effarant bilan du feu le plus ravageur de l’histoire du pays.

    Pour lutter, depuis 1984, l’opération Héphaïstos mobilise plus de 200 sapeurs-pompiers militaires, dont la mission est de protéger les populations face aux feux de forêts sur la période estivale, en appui aux Services départementaux d’incendie et de secours (Sdis). Elle a été lancée avec une semaine d’avance par rapport au calendrier habituel, eu égard à la situation météorologique, telle que l’a annoncé la ministre des Armées Catherine Vautrin, jeudi, lors de sa visite au 7e Régiment d’instruction et d’intervention de la sécurité civile (7e RIISC).

    Composante de la Brigade des militaires de la sécurité civile (BMSC), cette unité, garnie de 600 sapeurs-sauveteurs militaires, est spécialisée dans le soutien aux populations face aux catastrophes naturelles. Elle est en charge de la coordination de l’opération Héphaïstos, exemple, pour la ministre des Armées, de la « complémentarité » et de la « capacité à accompagner la sécurité civile pour des épisodes de feux de forêts ».

    Envoi de secouristes

    au Venezuela

    Elle a pu s’en rendre compte à travers une simulation d’intervention sur un feu factice réalisé par un détachement aéroporté de sécurité civile du 7e RIISC. Celui-ci est composé d’un hélicoptère de reconnaissance, avec à son bord le chef du détachement, chargé d’évaluer la situation et d’édicter les procédures à suivre, et de deux hélicoptères de manœuvre, transportant des sapeurs-sauveteurs. Une plus-value importante, permettant d’intervenir rapidement sur des terrains difficiles par hélitreuillage, de transporter du matériel et d’évacuer dix à quinze personnes en quelques minutes, ce que seules les 1ère, 4e et 7e RIISC sont en mesure de réaliser.

    Ces unités peuvent être déployées sur l’ensemble du territoire national, en métropole comme en outre-mer. Essentiel quand « des départements comme le Cher, qui n’est pas un département dans lequel on s’attend à avoir des feux de forêt, sont en canicule niveau rouge », souligne Catherine Vautrin, pour qui ces fortes chaleurs sont un appel à « équiper le pays » face aux risques générés. « C’est tout l’esprit de l’actualisation de la loi de programmation militaire », qui prévoit supplémentaires 36 milliards d’euros d’ici 2030, soutient-elle, et qui sera votée à l’Assemblée nationale et au Sénat la semaine prochaine.

    Autre fonction du 7e RIISC : le déploiement à l’étranger en appui aux pays sinistrés. C’est à ce titre que la ministre des Armées a annoncé l’envoi de 85 secouristes vers le Venezuela, frappé par un séisme meurtrier mercredi (164 morts et plus de 1 000 blessés à l’heure où nous écrivons ces lignes).

  • Les agents de l’hôpital d’Alès réclament des moyens

    Les agents de l’hôpital d’Alès réclament des moyens

    « L’hôpital est en grande difficulté, que ce soit en psychiatrie, dans les maisons de retraite ou à l’hôpital général, à cause du manque de financement permanent qu’on subit depuis des décennies. Sauf qu’aujourd’hui, on est à la corde », alerte Romain Sabran.

    Le secrétaire général de la CGT du centre hospitalier Alès-Cévennes a ainsi rappelé que le gouvernement n’avait apporté aucune réponse aux difficultés des agents de l’hôpital public : « La ministre de la Santé n’annonce rien. Rien sur les salaires. Rien sur l’absence des personnels et leur remplacement. Rien sur les sous-effectifs et leur travail en mode dégradé. Rien sur l’épuisement qui touche maintenant tous les professionnels et rien sur le sous-financement chronique de nos Ehpad et de nos hôpitaux, qui est la cause principale de nos maux ».

    Une centaine de personnes se sont ainsi rassemblées sur le parvis de l’hôpital en début d’après-midi ce 23 juin malgré une chaleur caniculaire, parmi lesquelles la secrétaire de l’union départementale CGT du Gard Marie Dufresne ou la nouvelle secrétaire du PCF alésien, Cécile Alphon-Layre. Christian Cataldo, le directeur de l’hôpital d’Alès, est également venu saluer les agents, avec lesquels les relations sont bonnes « même si tout n’est pas parfait », précise Romain Sabran. « On sait qu’ils sont coincés entre les injonctions ministérielles et le manque de financement. On demande que l’on supprime la taxe sur les salaires, qui représente à Alès 10% de la masse salariale. C’est 6 millions d’euros par an alors qu’on a 10 millions de dette ».

    Le collectif de défense de l’hôpital était également présent et a rappelé que « des dizaines d’établissements sont en lutte sans faire la une des journaux télé » et qu’il fallait « continuer de se battre pour avoir un service de santé de qualité ». Tous ont aussi salué la mobilisation des agents du service chirurgical ambulatoire, qui étaient en grève ce 23 juin.

    La canicule n’arrange rien

    La succession des vagues de chaleur inquiète le personnel hospitalier. Tant pour la population âgée du bassin alésien que pour les personnels, dont les conditions de travail sont plus difficiles. « La ministre nous a dit qu’il fallait qu’on boive… Mais qu’elle commence par ouvrir le robinet ! Avec ces vagues de chaleur, ce sont nos anciens qui vont y rester. On pourrait avoir une vague de chaleur pire qu’en 2003 et on est très inquiet pour les urgences, qui vont connaître un afflux de patients très important », prédit Romain Sabran.

    Une inquiétude partagée par Martine Sagit, de l’UL CGT d’Alès, qui rappelle que dans les années 1970, il y avait deux hôpitaux publics et trois cliniques privées à Alès alors que la population était moins nombreuse : « Aujourd’hui c’est la journée des services publics. Il faut les défendre et les développer. Il y a des moyens pour la guerre, donc on doit trouver des moyens pour la santé, pour l’école, les collectivités locales et pour la justice parce qu’il y aurait moins de souffrance si on remettait de l’argent dans les services publics ».