Tag: canicule

  • La Ville de Nîmes adapte ses écoles aux fortes chaleurs

    La Ville de Nîmes adapte ses écoles aux fortes chaleurs

    « C’est un sujet sur lequel on s’est très vite penché parce qu’en plus ça faisait partie de notre projet électoral », confirme Pierre-Édouard Detrez, le nouvel adjoint à l’éducation et à la réussite scolaire à Nîmes. Pour cela, il a rapidement lancé une étude de toutes les écoles pour connaître les besoins. Et depuis l’augmentation des températures fin mai, il reçoit un bilan quasiment quotidien de la situation dans les écoles et des problèmes rencontrés. Depuis la semaine dernière, les services techniques sont ainsi mobilisés, notamment sur quatre écoles (Marguerite-Long, Edouard-Vaillant, Georges-Bruguière et Langevin) où les climatiseurs étaient en panne dans les dortoirs.

    « Nous avions prévu que tous les dispositifs soient en place le 10 juin sauf que la vague de chaleur est arrivée plus tôt que prévu. Même s’il y avait la feria la semaine dernière, les services sont tout de même intervenus pour vérifier chaque classe de chaque école. Des ventilateurs ont aussi été distribués. 200 ventilateurs neufs sont prévus pour répondre à la situation et 1 100 brumisateurs vont aussi être distribués dans les jours à venir », promet l’ancien joueur international de rugby. Un rappel sur les bonnes pratiques a également été effectué auprès des directeurs d’école, des enseignants et des parents.

    Outre ces mesures d’urgence face à la canicule la plus précoce de l’Histoire, la municipalité a mis en place un service pour profiter des périodes de nuit pour rafraîchir les classes. « Pour l’instant, ce sont mille et une petites actions pour essayer de limiter la chaleur. Mais nous avons aussi entrepris un travail avec les services des bâtiments sur la climatisation. Nous souhaitons aussi remplacer les ventilateurs sur pied par des ventilateurs au plafond pour éviter que le matériel scolaire s’envole tout en baissant la température de 3 degrés. Il y a aussi des classes où les stores sont à l’intérieur et ça, ça n’empêche pas la chaleur d’entrer donc il faut les changer », explique Pierre-Édouard Detrez.

    Végétaliser à tout va

    Au-delà de ces mesures à court terme, la nouvelle municipalité prévoit de végétaliser un maximum de cours d’école durant les six ou sept années du mandat. « Il y a une partie des cours d’école déjà végétalisées mais pour le reste, nous avons pris pour modèle la ville de Marguerittes où ils ont entrepris ces travaux de “cours oasis” depuis plusieurs années. Nous souhaitons aussi créer des îlots de fraîcheur, installer progressivement des dispositifs d’ombrage, améliorer l’isolation thermique des bâtiments scolaires et renouveler les systèmes de ventilation. Nous travaillons aussi sur la climatisation mais pas celle d’il y a dix ans. Il faudra prendre le temps parce que ça fait beaucoup mais nous allons engager des travaux dès cet été dans certaines écoles. C’est nécessaire parce que c’est un sujet récurrent », ajoute Pierre-Édouard Detrez.

    Après les 81 fermetures d’école l’an dernier sur les 83 que compte la ville, la nouvelle municipalité espère donc qu’à la fin du mandat, les vagues de chaleur ne soient plus un problème dans les écoles nîmoises.

  • Le PPESU prépare les soldats du feu aux défis de demain

    Le PPESU prépare les soldats du feu aux défis de demain

    Un caisson de fumée, des échelles à 24 mètres, des feux de véhicules en conditions réelles : les stagiaires qui passent par le Pôle de préparation à l’engagement aux situations d’urgence (PPESU) de Gignac ne font pas semblant. Depuis son inauguration le 3 février 2025, ce site de 33 hectares installé aux portes du chef-lieu de la Vallée de l’Hérault s’impose comme un centre de formation d’exception, unique en France par son ambition et la diversité de ses publics.

    L’idée a germé en 2018, après le décès d’un sapeur-pompier en intervention en 2016. Face au drame, le président du Département, Kléber Mesquida, et le directeur du Sdis 34, Éric Florès, tirent la même conclusion : il faut investir massivement dans la formation. Résultat : 27 à 32 millions d’euros mobilisés, et un outil pensé pour préparer les secouristes aux situations qu’ils ne rencontreront parfois qu’une ou deux fois dans leur carrière. Concrètement, le PPESU dispose d’une aire de feux de 700 m², d’espaces dédiés aux nouvelles technologies (batteries au lithium, véhicules à hydrogène), d’un anneau d’entraînement au secours routier, et d’un simulateur numérique intégrant l’IA.

    L’immersion totale

    Les stages d’une dizaine de jours qui s’y déroulent sont d’une intensité rare. Au programme : découverte du matériel, interventions simulées en appartement, maniement des moyens élévateurs aériens, etc. Des manœuvres réalistes, encadrées par des formateurs aguerris. Le clou de la formation reste le caisson de fumée : vision réduite, odorat neutralisé, bruits étouffés, 30 kg d’équipement sur le dos : l’exercice soumet les stagiaires à des contraintes physiques et psychiques qui reproduisent fidèlement les conditions d’un incendie réel.

    Le PPESU est ouvert à tous : pompiers professionnels et volontaires, mais aussi gendarmes, policiers du Raid, agents d’Enedis, de Vinci Autoroutes, jeunes sapeurs-pompiers, ou encore des maires formés à la gestion de crise. Des profils très divers qui se côtoient sur le terrain. En 2025, 258 stages ont été programmés pour plus de 3 600 stagiaires issus de toute la France, mais aussi de Suisse, de Grèce, de Roumanie ou du Kurdistan. À l’heure où le Sdis 34 réalise 87 165 interventions par an, une toutes les 6 minutes 30, se former ne relève plus du perfectionnement. C’est une nécessité vitale.

  • [Entretien] Eric Florès : « Tous les étés il fait chaud donc tous les étés sont à risques, on se doit d’être prêt » dans l’Hérault

    [Entretien] Eric Florès : « Tous les étés il fait chaud donc tous les étés sont à risques, on se doit d’être prêt » dans l’Hérault

    La Marseillaise : Ces premières chaleurs sont-elles synonymes de début de la saison des risques incendies ?

    Eric Florès : C’est synonyme du fait que la végétation va se dessécher rapidement. Avec des températures autour de 35 degrés, si ça continue comme ça, tout l’apport de la pluie de cet hiver va vite disparaître. On n’a pas encore de départs de feux mais avec une telle semaine, la première strate herbacée au bord des routes va bien jaunir. Jusqu’il y a 4 ou 5 jours on était assez tranquilles, là on est attentifs. Dès le mois de mai, on commence à suivre les indicateurs du dessèchement de la forêt.

    Quel était le bilan de feux dans l’Hérault en 2025 ? Avez-vous tiré des leçons du méga feu de l’Aude ?

    E.F. : On est assez stable. On a pris 3 ou 4% de hausse des feux de forêt, soit autour de 1 350 départs de feux sur l’année 2025 dans l’Hérault. C’est assez conséquent. On a eu deux périodes importantes. La première après le pic de chaleur de fin juin avec des périodes à 40 degrés. Autour des 6, 7 et 8 juillet, on a eu beaucoup d’incendies, notamment les feux de Castelnau-de-Guers et de Fabrègues. Lors de la seconde sécheresse d’août, on a eu pas mal d’incendies virulents en même temps que le méga feu de l’Aude. On a eu des retours d’expériences de ces feux. Le constat, c’est qu’une fois qu’ils sont devenus « mégas », ils sont inarrêtables. La stratégie qui fonctionne, c’est d’attaquer massivement tous les départs de feux pour éviter qu’ils deviennent incontrôlables.

    Estimez-vous bénéficier d’assez de moyens au Sdis 34 ?

    E.F. : On ne sait jamais si on a assez de moyens. Ces dernières années, on a réussi à répondre de manière cohérente avec nos moyens. On dispose de 200 véhicules de lutte contre les feux de forêt – c’est très conséquent – dont 140 camions-citernes avec 4 000 litres d’eau, une vingtaine avec 10 000 litres d’eau pour des attaques avec le canon et d’autres plus petits pour les zones périurbaines. On loue 3 avions, on a un hélicoptère de reconnaissance. On a 6 Dash et une douzaine de Canadairs sur la flotte nationale. Le centre de Gignac est un outil de formation supplémentaire. Malgré la crise financière, le conseil départemental continue de nous financer au même niveau. On est dans un département où tous les étés il fait chaud, donc tous les étés sont à risque. On se doit d’être prêt. La lutte contre les feux de forêt est un vrai combat.

    La plupart des incendies, volontaires ou accidentels, sont d’origine humaine. Pouvez-vous nous rappeler les consignes à respecter ?

    E.F. : Les seuls feux naturels sont les feux de foudre lors des orages. Le reste c’est de l’activité humaine. On travaille avec l’État et la Chambre d’agriculture pour expliquer aux agriculteurs que l’été il faut éviter de travailler à 15h là où le moindre frottement peut créer un incendie. On répète aux fumeurs et automobilistes de ne pas jeter leurs mégots de cigarette même éteints. Le feu du massif de la Gardiole l’an passé est parti d’un mégot jeté au bord de l’autoroute. Tout apport du feu est totalement interdit depuis le 15 mai dans toute la forêt méditerranéenne. On sera d’ailleurs amené à fermer certains massifs pour enlever l’Homme. On a l’impression que tout est vert mais au pied des arbres l’herbe est sèche. Le seul fait de rouler avec un pot catalytique est dangereux.

    Vous quittez l’Hérault en septembre. En 10 ans, êtes-vous satisfait du travail accompli ?

    E.F. : Ce n’est pas moi qui accomplis le travail. On a 85 000 interventions. C’est un travail permanent et d’équipe. C’est à la population de savoir si elle est satisfaite, je crois qu’elle a de quoi l’être. Les 900 sapeurs-pompiers professionnels et les 4 300 pompiers volontaires de l’Hérault se donnent à fond pour réaliser leurs missions.

  • L’Occitanie surprise par les premières chaleurs

    L’Occitanie surprise par les premières chaleurs

    Coincé sur l’Hexagone depuis le week-end de Pentecôte, le « dôme de chaleur », qui agit comme un couvercle en piégeant l’air chaud venant du Maroc, n’épargne pas l’Occitanie. Jeudi 28 mai, dix départements de la région étaient en vigilance jaune canicule. Avec des pics à 37 ou 38 degrés attendus dans les prochains jours, certains pourraient basculer en vigilance orange. Des chaleurs précoces qui surprennent d’autant plus que les températures étaient en dessous des normales saisonnières jusqu’à la mi-mai. Pour l’ingénieur agronome expert en climatologie, Serge Zaka, il s’agit d’une « anomalie statistique qu’on redoutait ».

    La vague de chaleur particulièrement forte à l’ouest du pays a entraîné la vigilance canicule la plus précoce depuis la création du dispositif en 2004, suite à la canicule d’août 2003 qui avait provoqué de nombreux décès chez les personnes vulnérables et éveillé les consciences aux dangers du réchauffement climatique. Tandis que l’été 2026 n’a pas officiellement débuté en France, au moins sept personnes sont décédées de ce premier pic de chaleur. Si bien qu’une réunion de crise se tenait jeudi 28 mai à l’Élysée. Objectif : élaborer un « plan d’endurance dans la durée jusqu’en septembre ».

    Dans le Gard et l’Hérault, les autorités et collectivités (la Ville de Nîmes notamment) ont pris les devants ces derniers jours, multipliant les conseils de prévention. C’est notamment le cas dans l’éducation. Il faut dire qu’on se souvient que certaines écoles (à Nîmes, Sète, Montpellier…) avaient particulièrement souffert de la canicule en juin 2025. Sans aller jusqu’à reporter certaines épreuves du Bac pro prévues ce vendredi 29 mai*, le ministère de l’Éducation nationale s’est fendu d’un courriel. À tous les chefs d’établissement, il est conseillé de « privilégier les salles à l’ombre pour la tenue des épreuves », de « fermer les stores et rideaux des façades exposées au soleil la journée », de « s’assurer que les élèves disposent d’eau potable » et d’apporter une « vigilance particulière aux candidats présentant des pathologies ou en situation de handicap ». Aux enseignants, il est rappelé que « les activités physiques et les sorties doivent être réduites ou supprimées aux heures les plus chaudes ». Enfin, les parents sont invités à « adapter l’habillement des plus jeunes élèves, de prévoir casquettes et lunettes de soleil, et, si nécessaire, d’appliquer de la crème solaire avant l’école ».

    Les droits des salariés

    Pour les travailleurs, la canicule est aussi synonyme de difficultés voire de dangers pour la santé. Rappelons que le Code du travail impose à l’employeur de protéger la santé et la sécurité de ses salariés. S’il n’y a pas de température maximale tolérée, l’employeur a l’obligation de fournir de l’eau potable fraîche, d’assurer une ventilation/aération correcte ou salle climatisée, limiter l’exposition à la chaleur, prévoir des pauses ou espaces de repos. De son côté, le salarié peut faire des propositions (au cas par cas) : aménager les horaires pour finir plus tôt, réorganiser la charge de travail, réduire des tâches physiques, rallonger les pauses, demander du télétravail exceptionnel… En cas de « danger grave et imminent », il est même possible d’exercer son droit de retrait en ayant d’abord prévenu son employeur, le CSE ou la médecine du travail.

    De son côté, l’association Peta vient de rappeler quelques consignes qui concernent les animaux. Ne jamais les laisser enfermés dans une voiture, même quelques minutes. En extérieur, leur « laisser de l’eau et des zones ombragées ». Prendre garde aux sols brûlants, le bitume pouvant provoquer des « brûlures sur les coussinets des chiens » par exemple avec lesquels il est « déconseillé d’aller faire son jogging ».

    Enfin qui dit canicule dit risque incendie. Si aucun départ de feu n’est encore à déplorer, le patron des pompiers de l’Hérault se tient à l’affût. « La stratégie qui fonctionne c’est d’attaquer massivement tous les départs de feux pour éviter qu’ils deviennent incontrôlables », insiste Eric Florès en référence au méga feu de l’Aude en 2025. Il en profite pour rappeler que « tout apport du feu en forêt méditerranéenne est proscrit depuis le 15 mai ». Les travaux agricoles en plein soleil sont déconseillés et le jet de mégots est passible de sanctions pénales.

    * Celles du CAP auront lieu les 8-9 juin, du 11 au 18 juin pour le Bac général et technologique et enfin les 26, 29 et 30 juin pour le brevet des collèges.

  • Montpellier végétalise pour « rafraîchir » la ville

    Montpellier végétalise pour « rafraîchir » la ville

    Le 27 juin 2019, sur la place de la Comédie, il a fait 49 degrés. Les gens fuyaient  », se souvient Michaël Delafosse. « Et à l’horizon 2050, on nous annonce potentiellement le climat d’Alger ». Nous sommes le 21 mai dernier. Le maire de Montpellier vient de signer, avec Sylvain Waserman, président directeur général de l’Agence de la transition écologique Ademe, la charte « Plus fraîche ma ville », qui vise à structurer et renforcer les politiques locales d’adaptation au changement climatique, avec un accent particulier mis sur la lutte contre les îlots de chaleur urbains.

    Cette signature s’est déroulée symboliquement sur l’Esplanade Charles de Gaulle, où la Ville a réalisé d’importants travaux de végétalisation, désimperméabilisation et rafraîchissement. « Ces travaux nous permettront de réduire les températures de 2 à 7°C », explique Michaël Delafosse.

    Une démarche qui s’inscrit dans la continuité des actions menées depuis 2020 par la municipalité afin d’adapter l’espace urbain au changement climatique. Au premier rang desquelles la désimperméabilisation (de l’ordre de 20 ha sur la ville sur la durée du mandat, sachant qu’un sol de végétation ou de terre absorbe beaucoup plus la chaleur qu’un sol d’un autre type) et la plantation de 50 000 arbres – but qui devrait être atteint en début d’année prochaine – « pour créer de l’ombre et avoir une ville plus fraîche en période de canicule  », explique l’écologiste Stéphane Jouault. « L’adaptation consiste à planter des arbres mais aussi à diversifier les essences, car on ne sait pas exactement quelles sont celles qui résisteront au climat », poursuit l’adjoint en charge de la nature en ville et de la biodiversité.

    « On ne peut plus faire autrement »

    « Dès que cela a été possible en centre-ville, on a donc planté des arbres. Il y a en aura 7, par exemple, sur la place des Martyrs de la Résistance, devant la préfecture, dont les travaux sont en train de se terminer. L’objectif étant clairement de rafraîchir ce point dur de chaleur », illustre l’élu. Idem pour la place Max Rouquette, entièrement rénovée, où l’ancien parking des Arceaux a été remplacé par une « place-jardin » plantée de 130 nouveaux arbres, dont un tiers de la surface a été désimperméabilisée.

    La Ville encadre et encourage également le microfleurissement des rues. Objectif  : accompagner le citoyen dans son projet de végétalisation de l’espace public. Ces dispositifs de plantes grimpantes de long des façades « permettent de rafraîchir beaucoup l’intérieur des logements », assure Stéphane Jouault. Dans le quartier de la Méditerranée, où le microfleurissement est assez répandu, « un habitant nous disait dernièrement qu’entre son immeuble et celui d’à côté, il pouvait y avoir 5 degrés de différence en été ». Les habitants volontaires peuvent faire la demande d’un bon de végétalisation à la Ville. Les services municipaux s’occupent ensuite de la percée du trottoir en pied de façade, où la plante offerte par la collectivité pourra être mise en terre. À charge ensuite, pour les habitants, de l’arroser et l’entretenir.

    « C’est un dispositif très efficace, qui permet de rafraîchir là où on ne peut pas mettre d’arbres. Et ça prend bien : on a distribué 2 000 bons de végétalisation sur les microfleurissements en 5 ans », souligne Stéphane Jouault. « Aujourd’hui on fait une proposition et on attend que les gens viennent vers nous. Pour la suite, l’idée serait d’aller davantage à la rencontre des habitants pour les motiver, en sélectionnant des rues qui nous semblent propices et doivent être rafraîchies.  » Dans le même ordre d’idée, la Ville propose également un bon de végétalisation pour un don d’arbres fruitiers. « La majorité de l’espace est privée. C’est donc très bien de végétaliser l’espace public, mais c’est important aussi d’encourager la végétalisation de l’espace privé, car ça participe au rafraîchissement de la ville. »

    La municipalité s’attelle par ailleurs, depuis plusieurs années, à un problème de taille : adapter ses écoles aux températures estivales qui les transforment en chaudron, au point que tous les ans des parents se mobilisent pour alerter sur les températures relevées dans les classes (jusqu’à 36 – 38 degrés). « Un programme de rénovation thermique de certaines écoles est en cours. L’idée, ensuite, est d’avoir une salle climatisée dans chaque école – je crois qu’on y arrive bientôt – et d’installer des plafonniers dans les classes. Sans oublier la végétalisation des cours. On désimperméabilise et on plante le plus possible dans les écoles. » Une adaptation au long cours qui demande de gros investissements, mais « on ne peut plus faire autrement, il faut penser la ville dans ce sens-là. »

  • La sécheresse a coûté 2 milliards d’euros en Paca

    La sécheresse a coûté 2 milliards d’euros en Paca

    L’addition est vertigineuse. Les impacts conjugués de la sécheresse et des vagues de chaleur en Provence-Alpes-Côte d’Azur, entre les mois de juin et de septembre, représenteront cette année une perte de 2 milliards d’euros, estime une étude publiée ce dimanche dans la revue European Economic Review. De quoi en faire la quatrième région la plus touchée en Europe. Pour les seules Bouches-du-Rhône, ces pertes cumulées pèsent 966 millions d’euros, quand le Var a perdu 358 millions d’euros. Des conséquences encore sous-estimées : les dégâts des feux de forêts en particulier ne sont pas comptabilisés, à l’image de celui qui a ravagé 750 hectares aux portes de Marseille début juillet. « L’impact économique total va bien au-delà des dégâts physiques, écrit la principale autrice de l’étude, Sehrish Usman, chercheuse à l’université de Mannheim en Allemagne, accompagnée par deux économistes de la Banque centrale européenne. Les vagues de chaleur par exemple, causent par essence peu de dégâts physiques mais peuvent réduire de manière substantielle les heures de travail et la production. » Au total, la perte pour l’Union européenne est ainsi estimée à 43 milliards d’euros et à 10,1 milliards d’euros pour la France.

    Rail et agriculture doivent s’adapter

    Dans le dernier numéro de sa revue, SNCF Réseau Provence-Alpes-Côte d’Azur pointait déjà une nette hausse des incidents liés aux aléas climatiques dans la région, en particulier pour les fortes chaleurs et les tempêtes, le principal risque restant lié aux inondations. « Nous faisons évoluer nos organisations en termes de surveillance mais aussi nos processus de gestion de crise », indiquait le directeur régional Karim Touati, avec des tournées fortes chaleurs renforcées et des adaptations du réseau, comme des peintures « athermiques » pour les rails. Si de nombreux trains Intercités ont dû être annulés à Marseille cet été, du côté de la SNCF Réseau, les vagues de chaleur n’ont pas eu d’incidence sur les voies principales de la région. Côté voirie, si aucun impact n’est recensé, le schéma directeur adopté en décembre dernier a inscrit la résilience du réseau face au changement climatique dans ses cinq priorités, indique le Département.

    Pour le monde agricole, « la sécheresse a un impact économique énorme », pointe de son côté la présidente de la chambre d’agriculture régionale, Giorgia Lambertin. Si l’on reste loin de la catastrophe de 2022, « nous avons surtout souffert de la canicule de fin juin, suivie du froid en juillet », précise-t-elle, en pointant une faible productivité pour les cultures pérennes. Et d’alerter : « Nous avons de gros soucis sur la pérennité des exploitations qui ne sont pas irriguées », soit 20% de la surface agricole utile en région.

    Jusqu’à 5,2 milliards en 2029

    L’étude publiée ce dimanche vient contredire la dernière note de conjoncture de l’Insee parue le 11 septembre, qui jugeait que « les épisodes caniculaires de 2025 n’auraient pas d’impact immédiat significatif ». L’analyse mettait ainsi en avant une consommation en hausse, pour l’électricité comme pour certains produits rafraîchissants, et prévoyait une augmentation de la production agricole cette année. Le 4 juillet dernier, l’assureur Allianz estimait de son côté que la vague de chaleur du mois de juin coûterait à elle seule 9 milliards d’euros à la France. Mais pour les auteurs de l’étude, ce n’est qu’un début : les répercussions en série des vagues de chaleur de cet été feront grimper la facture au fil des années, jusqu’à atteindre 5,2 milliards d’euros au total en Provence-Alpes-Côte d’Azur d’ici 2029, et 2,5 milliards pour les Bouches-du-Rhône. « Avec la poursuite du changement climatique, ces conséquences vont probablement s’accroître les prochaines décennies », alertent-ils en conclusion.

    « Les conséquences vont probablement s’accroître »

  • Toulon en commun veut un « plan canicule ambitieux »

    Toulon en commun veut un « plan canicule ambitieux »

    À Toulon, comme presque partout en France, l’été aura encore été trop chaud. Les deux vagues de chaleur – du 19 juin au 4 juillet, puis du 8 au 17 août, avec des températures autour de 40°C – ont, au mieux, causé de l’inconfort, au pire des problèmes de santé, voire des décès. Santé publique France dresse un bilan provisoire du premier épisode caniculaire faisant état de 480 décès en excès toutes causes confondues, parmi lesquels 410 personnes de plus de 75 ans. « Ces épisodes ne sont pas des événements ponctuels, mais les signes durables d’un dérèglement climatique auquel nos villes doivent s’adapter de manière urgente », alerte le mouvement progressiste Toulon en Commun.

    « Un plan de prévention canicule ambitieux »

    Le rassemblement des forces de gauche toulonnaises fustige une municipalité « silencieuse et insuffisamment mobilisée », malgré l’activation du plan national canicule. Il l’appelle « à mettre en œuvre un plan de prévention canicule ambitieux comprenant l’ouverture de refuges climatisés […] ; un plan de végétalisation en urgence contre les îlots de chaleur […] ; un plan de rénovation thermique des bâtiments publics, notamment l’habitat social, les écoles et les crèches. »

    Toulon en commun estime que « la veille canicule pour les personnes de plus de 65 ans, inaptes au travail ou en situation de handicap » mise en place par la Ville « reste insuffisante » et invite à s’inspirer des « mesures ponctuelles » prises dans d’autres villes : « Gratuité des piscines […] (et) des transports en commun, […] ouverture exceptionnelle des bibliothèques ou musées. Ne pas agir, c’est mettre en péril notre avenir collectif », conclut-il, en espérant être en position de prendre des mesures dès l’été prochain en s’imposant à l’issue des élections municipales.

  • L’état écologique de l’étang de Berre s’améliore

    L’état écologique de l’étang de Berre s’améliore

    Le protocole signé avec EDF porte ses fruits. En septembre 2024, le Gipreb, syndicat mixte chargé de la surveillance de l’état écologique de l’étang de Berre, et l’électricien passaient un accord visant à restreindre les rejets d’eau douce de la centrale de Saint-Chamas durant l’été. Après une première saison, le directeur de l’instance scientifique Raphaël Grisel l’affirme : « Ce protocole donne raison à l’ensemble des parties : on a une centrale qui produit, essentiellement en hiver, et un étang qui profite de ces nouvelles conditions et semble moins fragile sur la période estivale. »

    « Actuellement, la salinité est la même de la surface au fond, dans les zones profondes, poursuit-il. On n’a plus de stratification depuis le mois de juin grâce à la limitation des rejets d’eau douce. » En 2018, l’eutrophisation et la stratification des eaux avaient mené à une crise d’anoxie, c’est-à-dire une pénurie d’oxygène dans l’eau conduisant à une mortalité massive des organismes vivants de l’étang.

    La recolonisation des zostères

    Même les deux périodes de canicule, en juin et en août, n’ont pas eu raison de l’équilibre de l’écosystème. « Les chaleurs n’ont pas eu d’incidence trop négative », assure Raphaël Grisel, qui pointe « de toutes petites situations dans des zones très confinées comme des ports », mais aucun épisode de malaïgue grâce au vent qui a fait baisser les températures. Pour garder une eau claire et équilibrer l’écosystème lagunaire, le Gipreb mène des campagnes de plantation d’herbiers de zostères qui limitent la remise en suspension des sédiments grâce à leurs racines, stockent la matière organique et permettent la production d’oxygène dans l’eau avec leur photosynthèse.

    « L’intérêt c’est d’accélérer leur recolonisation dans les zones où il devrait y en avoir, détaille Raphaël Grisel. Ces sites ont été ciblés en fonction de leur capacité à essaimer vers d’autres sites grâce à la circulation de l’eau. L’année dernière on en a planté 8m2, ce qui est très peu mais c’était un test opérationnel. Au bout de trois mois, ces 8m2 étaient devenus 400m2, donc on a une multiplication par cinquante des surfaces. Cette année, on a planté 30m2. »

    Autre avancée notable : cet automne, la réouverture des communications hydrauliques entre l’étang de Bolmont et l’étang de Berre permettra à la lagune située entre les communes de Marignane et de Châteauneuf-les-Martigues de sortir d’une « situation de confinement qui ne lui est pas favorable ».