Tag: Cancer du sein

  • [Quoi de neuf] Marjorie Villard et Juliette Cholvy : « On accompagne une femme, pas un cancer »

    [Quoi de neuf] Marjorie Villard et Juliette Cholvy : « On accompagne une femme, pas un cancer »

    Rémy Cougnenc : Qu’est-ce que le Montpellier institut du sein (MIS), quel est le statut de votre structure ?

    Juliette Cholvy : Le Montpellier Institut du sein (MIS) est une association reconnue d’intérêt général qui puise ses fondements dans une équipe de médecins, notamment de chirurgiens scénologues. Je ne peux que citer le docteur Cécile Zinzindohoué ainsi que son mari, le docteur Pierre Bertrand qui ont gravité autour de ce projet. À savoir qu’on accompagne une femme, pas un cancer. L’idée c’est de se dire : qu’est-ce qu’on peut faire pour l’accompagner sur son parcours et son chemin de vie ? Il y a bientôt 17 ans, ils ont écrit depuis une feuille blanche. Ils ont créé ce métier qui est le mien de coordinatrice de parcours. Très vite, les équipes en France se sont inspirées du MIS. Une fédération a été créée et nous sommes actuellement 25 instituts du sein en France jusqu’à la Réunion. On mutualise nos idées et nos projets pour accompagner des femmes et aussi des hommes (1% des cas) touchés par le cancer du sein. On collabore notamment avec nos collègues de Nîmes, le réseau Diane. La fédération représente 10% des personnes accompagnées en France.

    Rémy Cougnenc : Où êtes-vous basés à Montpellier ?

    Juliette Cholvy : Nous sommes à la clinique Clémentville. On a la chance d’avoir beaucoup de professionnels de l’association qui sont bénévoles au MIS et nous permettent d’avoir des locaux au sein de la clinique pour accompagner au plus près des patientes.

    Olivier Nottale : Il faut savoir que lorsqu’on fait un don, l’argent va aux patientes, au fonctionnement de l’association…

    Juliette Cholvy : Tout à fait, notre comptabilité est transparente grâce aux membres professionnels qui participent via des cotisations. Juliette et moi-même sommes les deux seules salariées. Ces dons nous permettent de mettre en place des projets, d’accompagner gratuitement, sans contrainte financière et sans limite dans le temps. On organisait il n’y a pas longtemps un spectacle caritatif avec Marie Salanon qui s’appelle « Les deux moches du fond ». Nous sommes une association loi 1901 mais le fait d’être reconnue d’intérêt général permet plus facilement à des donateurs publics ou privés de nous faire des dons, avec le rescrit fiscal associé. Pour faire un don, vous pouvez vous rendre sur le site du MIS.

    Rémy Cougnenc : Nous avons aussi Marjorie Villard qui était patiente devenue partenaire du MIS…

    Marjorie Villard : Je ne fais pas partie du MIS, j’étais accompagnée par lui, aujourd’hui je collabore. Il y a 3 ans, j’ai été touchée par le cancer du sein. Je n’étais pas du tout dans le milieu médical, c’était même chose qui me freinait un peu. Mais le fait d’avoir été malade, d’avoir suivi un parcours de soins assez chargé et d’être accompagnée par Juliette, très proche de moi, ça m’a beaucoup touché et donné envie d’aider à mon tour. Pour faire le trait d’union entre les malades et les patients. Du coup, je me suis formée en préparant un DU au CHU. Depuis un an, j’ai créé une auto-entreprise et je travaille à la clinique Clémentville. Jusque-là, j’étais dans l’administration à l’Éducation nationale. J’ai toujours été dans les actions pour recueillir des dons, j’ai créé des associations… Ce qu’on fait a du sens, surtout quand on a été soi-même touchée. Je ne vois que des patientes malades et le bien que je leur fais, ce serait-ce qu’en les écoutant. En tout cas ce sont les retours qu’elles me font.

    Olivier Nottale : Ce que vous apportez est différent de ce que font les médecins…

    Marjorie Villard : C’est complètement différent de ce que font les médecins. Il n’y a pas la dimension médicale. Si la patiente outrepasse son questionnement et que ça part sur du médical, je l’arrête parce que je ne suis pas médecin, même si j’ai certaines connaissances. Ce n’est pas mon rôle.

    Rémy Cougnenc : Votre apport est-il plus de l’ordre du psychologique ?

    Marjorie Villard : Un peu, oui. On est dans l’écoute, dans l’empathie, la bienveillance. On peut parfois donner des conseils sur les effets secondaires : la perte des cheveux, l’hormonothérapie… Cela dépend du profil des patientes. Avec certaines, je ne vais quasiment pas parler de la maladie parce qu’elles vont être préoccupées par d’autres choses personnelles. Je les reçois au service ambulatoire de la clinique. Dès qu’un patient entre dans un box pour descendre au bloc, je vais le voir. Il s’agit des femmes qui vont subir une intervention chirurgicale pour un cancer du sein mais aussi des patients d’autres cancers qui vont se faire poser un porte-à-cathéter, une chambre implantable pour injecter la chimiothérapie. Je peux ensuite revoir ces patientes au service chimio après l’intervention, prendre de leurs nouvelles. Mais pour le suivi c’est ensuite le MIS qui prend le relais.

    Olivier Nottale : C’est important de ne pas se sentir seul…

    Marjorie Villard : Tout à fait. Des personnes malades sont isolées, sans famille, sans amis. Elles ont besoin de nous : des médecins, du MIS et patients partenaires. On est une épaule pour écouter. Il y a aussi les personnes qui ont leur famille mais ne sont pas toujours comprises par leurs proches (…).

  • Vaucluse : un bus médical mobile pour dépister le cancer du sein

    Vaucluse : un bus médical mobile pour dépister le cancer du sein

    Jacqueline Bouyac, vice-présidente de la Région, le confesse. « Moi la première, on se dit toutes, oui je vais prendre rendez-vous et on laisse traîner alors qu’il ne faut pas négliger ce dépistage ». Ce mardi matin, devant la gare de Jonquières, l’élue traduit un chiffre : seules 57% des femmes en âge cible (50-74 ans) du dépistage du cancer du sein réalisent une mammographie au mieux tous les deux ans.

    Pour améliorer ce taux, qui est pénalisé aussi par les délais de rendez-vous de plusieurs mois, et en ciblant les communes rurales et populations plus vulnérables, un mammobile vient d’être lancé. Soutenu par la Région, l’Agence régionale de santé ou l’assurance maladie, ce bus itinérant permet de réaliser des radios et échographies du sein. Un projet porté par trois centres de cancérologie de la région (Sainte-Catherine à Avignon, IPC à Marseille et Lacassagne à Nice). Après des passages dans les Bouches-du-Rhône mais aussi dans le Mercantour, ce mammobile faisait étape pour la première fois en Vaucluse.

    Un examen pris en charge à 100%

    Sur rendez-vous, 17 femmes ont pu être dépistées. À l’instar d’Isabelle, 57 ans, dont le profil ressemble à celui décrit par Jacqueline Bouyac. « J’avais deux ans de retard pour une mammographie, on reporte en se disant qu’on a pas le temps, c’est ma fille qui travaille à l’IPC qui a pris rendez-vous pour moi », témoigne cette professeure vivant à Camaret. Bien lui en a pris car les résultats de la mammographie ont décelé un kyste, fort heureusement « sans gravité » après une échographie plus poussée. « Il y a un staff complet, c’est très rassurant », approuve Isabelle.

    Si le mammobile est mis en lumière en ce mois d’Octobre rose, le dispositif est voué à s’inscrire dans la durée. Ici, « cela évite de se rendre à Orange ou Carpentras et permet d’aller vers les personnes isolées, de manière intimiste et personnalisée », apprécie Maëva Renaudeau, adjointe au maire de Jonquières en charge de la santé. Mais « le chemin est encore long pour atteindre l’objectif de 80% de taux de dépistage », admet Nadia Bendraya, directrice adjointe de l’ARS Vaucluse. « Les difficultés financières ne doivent pas être un obstacle à la santé », assure Hugo Magnard, sous directeur de la caisse d’assurance maladie 84. Ce dépistage étant couvert à 100% par la CPAM, « sans avance de frais ».

    Octobre rose à l’hôpital d’Avignon

    Dans le cadre d’Octobre rose, l’hôpital d’Avignon organise, ce mercredi 14, une journée d’information, de prévention et d’accompagnement gratuite et ouverte à tous à partir de 10h. Le public et les professionnels pourront rencontrer les équipes de l’hôpital ainsi que des partenaires engagés dans l’accompagnement des personnes touchées par la maladie. Plusieurs stands seront proposés : stand d’autopalpation sur mannequin, conseils nutritionnels adaptés, ateliers autour des soins de support… Concert (10h-11h) et exposition photos sont aussi au programme.

  • La Marseillaise des Femmes soutient la cause

    La Marseillaise des Femmes soutient la cause

    Débordante d’énergie et de passion, Christine Rollais, présidente de La Marseillaise des Femmes, courait dans tous les sens, samedi après-midi à la Villa M, pour peaufiner les derniers détails de la deuxième édition de La Marseillaise des femmes en rose, organisée en partenariat avec la Fondation pour la Recherche Médicale (FRM).

    Dans le cadre d’« Octobre Rose », campagne annuelle de sensibilisation au dépistage et de soutien à la lutte contre le cancer du sein, son association proposait un entraînement musical dans l’une des grandes salles de l’hôtel, suivi de rencontres avec quinze associations spécialisées et expertes du sujet, comme T’Hâtez-vous, Au Sein d’Elle ou Collectif Triplettes Roses. Plus d’une centaine de personnes, très majoritairement des femmes, ont suivi la chorégraphie de la coach sportive Charline.

    Petite nouveauté cette année : grâce à la course connectée, les participants étaient challengés en amont, avec 5,4 km à réaliser en marchant ou en courant, entre le 19 septembre et le 2 octobre, via leur smartphone et la plateforme Sports’N’Connect. « Il y a toujours de l’engouement, ça fait plaisir à voir », sourit Christine Rollais, tout en constatant une baisse de la participation par rapport à la première édition.

    Cette diminution s’explique notamment par la multiplication récente des événements autour d’Octobre Rose. « Bien sûr qu’en tant qu’organisatrice, j’aimerais remplir la salle, mais le plus important, c’est que la campagne, la prévention, la cause et la parole des femmes aient du succès », insiste-t-elle. Devenue incontournable depuis quelques années, La Marseillaise des Femmes – course éponyme qui reviendra en mai prochain pour sa 17e édition – se distingue par son engouement, son message inclusif et surtout sa patte marseillaise.

    Des éléments que l’on a retrouvés samedi lors de cette Marseillaise des Femmes en rose. « Prévention, dépistez-vous, c’est le béaba », lance la présidente Rollais. « La prévention peut permettre d’éviter 20 000 cancers du sein par an », complète Marie Batoux, adjointe (DVG) au maire de Marseille, chargée de la lutte contre les discriminations, de l’égalité de genre et de la lutte contre les violences sexistes et sexuelles. « Un tel événement permet aussi de lever quelques tabous. Quasiment 75% des hommes qui apprennent le cancer de leur femme partent et les laissent seules face à la maladie. Il faut les accompagner », martèle l’élue marseillaise.

  • Quand les Marseillais voient la vie en rose

    Quand les Marseillais voient la vie en rose

    Courir pour une noble cause, comme la lutte contre le cancer du sein, donne des ailes aux courageux participants. Ils étaient près de 1 800 à s’être donné rendez-vous, dimanche matin au parc de la Maison Blanche – Charles-Aznavour, au cœur du 9e arrondissement de Marseille, pour prendre le départ de la 5e édition de Marseille en Rose.

    Premier rendez-vous du mois de l’inclusion, cet événement, créé par Cathy et Richard Taillandier, rassemble chaque année des coureurs et des marcheurs de tous âges autour d’une même ambition : se mobiliser, ensemble, contre le cancer du sein et faire de la solidarité une force collective. « Tout le monde se porte et on est tous dans la même galère. C’est une très belle expérience », lance Marie, pour sa première participation à Marseille en Rose. Venue seule sur place, elle a finalement retrouvé deux collègues sur la ligne de départ.

    Se surpasser contre le cancer du sein

    Les participants pouvaient choisir entre plusieurs parcours, de 2 à 10 kilomètres, selon leurs envies et leur niveau. Et malgré les apparences, tourner en rond dans la boucle du Parc de la Maison-Blanche peut faire rapidement perdre la tête, même pour les coureurs les plus aguerris. « J’ai commencé à avoir un point de côté au septième kilomètre, je me suis dit que j’allais arrêter », raconte Marie. Elle s’était fixé l’objectif de parcourir 10 kilomètres.

    Portée par la cause d’Octobre Rose, elle s’est finalement surpassée, franchissant la ligne d’arrivée le bras levé et le sourire aux lèvres. Cet accomplissement symbolise davantage qu’une simple prouesse sportive. « J’ai un membre de ma famille proche qui a été atteint par un cancer du sein. Je ne pouvais pas être insensible à un tel événement », confie Marie, pour qui voir la vie en rose prend aujourd’hui tout son sens.

  • Marseille en rose : entre sport et solidarité

    Marseille en rose : entre sport et solidarité

    Après une édition 2025 record qui a vu l’Institut Paoli-Calmettes recevoir un chèque de 11 000 euros pour la recherche médicale contre le cancer du sein, l’association Marseille en rose organise en ce mois d’octobre dédié au dépistage des cancers féminins une course et une marche à pied dimanche 4 octobre. Pour rappel, tous les bénéfices de l’événement sont reversés à l’institut. La course enfants ouvrira la journée avec un départ à 9h, ensuite une course qui réunira 1 150 personnes et une marche avec environ 500 personnes pour les adultes démarrera à 10h.

    Symbole d’inclusion

    L’événement, en partenariat avec de nombreux organismes en rapport avec la santé dont l’AP-HM, va compter parmi ses coureurs plusieurs femmes atteintes du cancer du sein. « On a invité une dizaine de femmes actuellement en chimiothérapie à courir gratuitement. L’idée c’est de pouvoir les inclure pour qu’elles fassent du sport et contribuent à la cause », détaille Richard Taillandier, président de l’association Marseille en rose.

    En plus des trois courses proposées, un village animé par des partenaires du domaine médical sera présent avec plusieurs activités comme par exemple des bustes d’autopalpations pour prévenir des risques du cancer du sein. Un engagement bénévole qui pour Richard Tallandier, ne cesse de grandir : « On veut continuer même si ça nous prend beaucoup d’énergie, notre récompense c’est de voir tous ces sourires. Tous les ans on prend du volume au niveau des dons avec l’ambition d’avoir de plus en plus de coureurs. »

  • [Octobre rose] Penser l’avant, le pendant et l’après du cancer

    [Octobre rose] Penser l’avant, le pendant et l’après du cancer

    Alors qu’Octobre Rose est lancé, le centre hospitalier d’Aix et Pertuis (Chapp) s’affaire à organiser diverses animations qui ponctueront le mois. « Les gens sont sensibilisés sur le sujet, mais il y a le pic de sensibilisation au mois d’octobre. Le reste de l’année, c’est dans l’oubli. C’est une aussi une maladie dont on ne parle pas autour de soi », constate le Docteur Andy Schmitt, chef de service Gynécologie et Obstétrique du Chapp. Ce mois permet donc de rappeler les bons réflexes. Comme celui de l’autopalpation. « Quand je demande aux patientes, je dirais qu’elles sont 20% à le faire », estime le médecin. Pour autant, rappelle Andy Schmitt, hors octobre, la maladie se combat toute l’année. Sur le site de l’hôpital, un parcours permet un diagnostic en cas de suspicion, d’avoir un résultat en une seule journée et non en deux mois souligne Andy Schmitt. Sur le même site, les patientes peuvent poursuivre leur traitement dans « les 10-15 jours qui suivent », suivies par une équipe de psychologues.

    L’association des Praticiens Hospitaliers en Gynécologie (Apheg), dont il est le président, a mis en place les « Bulles de Bien-être » pour soutenir les patientes dans leur traitement, ses effets secondaires, par le biais de séances d’acuponcture, massages shiatsu, réflexologie plantaire… Plusieurs sorties sont également organisées pour être « déconnectés, un moment, de sa pathologie » et du matériel acquis pour soulager, au mieux, les patientes pendant leurs traitements.

    L’Apheg, soutient aussi les patientes dans l’après cancer du sein, en général. Toutes les activités organisées au cours d’Octobre rose, par le Chapp, permettent d’ailleurs de reverser des fonds pour ce soutien. Le médecin alerte aussi sur les « fausses idées sur le cancer du sein ». Exemple, si le principal pic de patientes se situe entre « 50 et 60 ans », la maladie touche aussi après. Or, le dépistage organisé, proposé gratuitement par la Sécu, s’arrête à cet âge. « Après, il faut continuer à faire des mammographies prescrites par le gynécologue. Plus de la moitié des patients que j’opère ont plus de 75 ans », rappelle le Dr Andy Schmitt. Pour en savoir plus sur les actions du mois, rendez-vous sur le site du Chapp.

  • Le mammobile sur les routes de la région jusqu’à janvier 2027

    Le mammobile sur les routes de la région jusqu’à janvier 2027

    La Région profite de l’ouverture ce jeudi d’Octobre Rose, le mois de sensibilisation à la lutte contre le cancer du sein, pour inaugurer un nouveau dispositif. En effet, le mammobile, un camion pourvu des équipements médicaux nécessaires pour réaliser des examens de dépistage, va sillonner le territoire ces prochaines semaines. Il est déjà entré en fonction dans les Bouches-du-Rhône au début du mois de septembre et poursuivra son action dans la région jusqu’au 1er janvier 2027.

    « Dépistez-vous, un geste qui peut vous sauver la vie », le slogan de la campagne d’Octobre Rose est assez clair sur l’importance du dépistage. Mais le mammobile aura aussi une mission de prévention. « Ce n’est pas seulement un camion dans lequel on installe un mammographe. Il est primordial d’être aussi porteur d’un message de sensibilisation par rapport au dépistage, il y a une différence décisive entre un diagnostic précoce et un diagnostic tardif », précise Emmanuel Barranger, directeur du centre de lutte contre le cancer Antoine Lacassagne de Nice, l’un des établissements de santé qui porte le projet.

    Promouvoir l’égalité

    dans l’accès à la santé

    Le mammobile concrétise une volonté de la Région d’accentuer son soutien à la lutte contre le cancer et de démocratiser l’accès au dépistage organisé. « Une réponse concrète à une réalité injuste. Aucune femme ne devrait renoncer à un dépistage à cause de son code postal, c’est la promesse que nous faisons avec ce mammobile. C’est une exigence de santé mais aussi d’égalité », explique François de Canson, vice-président (DVD) de la Région.

    Toutes les informations sur l’opération sont à retrouver ici.

  • À Martigues, le nouveau mammographe facilite la vie des patientes

    À Martigues, le nouveau mammographe facilite la vie des patientes

    Il s’appelle Siemens Mammomat B.brilliant, il trône en vedette de la salle d’examen, et s’apprête à changer la vie des patientes. C’est en tout cas l’ambition affichée par l’Hôpital de Martigues et le maire (PCF) Gaby Charroux lors de l’inauguration de ce mammographe mardi soir.

    Ce matériel permet de nouvelles possibilités d’imagerie moderne. Notamment la tomosynthèse, « une mammographie en trois dimensions qui permet une meilleure caractérisation des cancers » détaille la Dr. Hanifa Dorbani, radiologue. Mais aussi la macrobiopsie, soit « un prélèvement d’une microcalcification pas toujours visible à l’échographie » précise la radiologue. Et en cas de contre-indication à l’IRM, cet appareil permet une « angiomammographie avec injection de produit de contraste pour analyse fonctionnelle des lésions », d’après la médecin.

    Ces examens sont maintenant accessibles à tous, y compris aux personnes handicapées, notamment en fauteuil, comme le démontrent les manipulatrices radio en variant la hauteur de l’appareil. De plus, « la technologie plus récente permet de faire moins mal aux patientes grâce à une compression adaptée » des seins, avance l’une d’entre elles. Sa collègue renchérit : « Le but est que les dames soient moins traumatisées, qu’elles reviennent plus volontiers. » Les fleurs de cerisiers et papillons ajoutés aux murs par les agentes en attestent.

    La Dr Hanifa Dorbani explique que dorénavant, ce nouveau matériel permet « une sémiologie de proximité et une prise en charge totale pour les patientes ». C’est-à-dire qu’« à Martigues, les gens sont pris en charge du jour où on apprend le cancer au jour où on est en rémission », précise le président de la Ligue contre le cancer 13, Pierre Garosi.

    Un matériel à 287 000 €

    La Ligue a financé 200 000 euros, complétés par les 87 000 euros restants de l’Agence régionale de santé (ARS). « L’ambition est d’améliorer les chiffres de dépistage du cancer du sein » selon Delphine Hauptmann, directrice de l’ARS au niveau départemental, avançant qu’« une femme sur 4 participe au dépistage dans le département, la moyenne nationale étant d’1 sur 2 ».

    Le directeur de l’Hôpital de Martigues Loïc Mondoloni, l’assure : « Sans la Ligue et l’ARS, on n’en serait pas là. » « Ce saut technologique est important pour le territoire », poursuit-il, « il est de notre rôle d’avoir cette proximité », notamment « pour éviter les kilomètres et les embouteillages » pour aller à Marseille, surtout si on vient de Port-Saint-Louis.

    Le maire de Martigues Gaby Charroux ne cache pas son enthousiasme. « On veut le meilleur pour notre hôpital et on lutte pour la technologie, le personnel et les moyens financiers. » L’engagement de la Ville pour cet appareil a pu être redirigé vers un autre matériel grâce à un rajout des financeurs.

  • [Entretien] Anthony Gonçalves : « Ces données doivent fonder nos politiques publiques »

    [Entretien] Anthony Gonçalves : « Ces données doivent fonder nos politiques publiques »

    La Marseillaise : Quels enseignements retenez-vous de cette étude ?

    Anthony Gonçalves : C’est une étude très importante. Le cancer, jusqu’à présent, était finalement considéré comme une maladie qui frappait, de façon indifférente, riche et pauvre. Ce n’est pas la sensation que les cancérologues en ont, évidemment, puisqu’on sait, nous, que les facteurs de risque ne sont pas répartis de façon équilibrée. La grande innovation de méthodologie est que ces chercheurs ont utilisé un paramètre qui est plus proche de la réalité alors qu’avant, c’était basé surtout sur la zone où on habite, ce qu’ils appellent « l’écologie ». Là, ils ont utilisé une échelle démographique permanente à l’EDP , qui a l’air d’être plus corrélée au statut social, ainsi que le SND (Système national des données de santé). En France, l’Assurance maladie couvre 90% de la population, on a donc une espèce de « mine d’or » avec des données de santé disponibles dans la base du système national qui rembourse les médicaments.

    Ces inégalités, vous les constatez sur le terrain ?

    A.G. : Il y a des choses qu’on n’anticipait pas complètement, comme le fait que la répartition des cancers soit différente selon le niveau social. On fait l’hypothèse que les plus modestes sont exposés aux carcinogènes les plus impliqués dans le cancer du poumon, comme le tabac. Inversement, le cancer du sein est classiquement plutôt associé à peu de grossesses, ou plus tardives, et on évoque le rôle de la contraception orale, qui est réelle, mais très modeste. On sait bien, quand on voit les patientes, qu’elles sont plus souvent issues d’un milieu social « plus élevé » que la population atteinte de cancers pulmonaires. Pour la prostate, l’élément mis en avant est le fait que le diagnostic de cette pathologie repose, dans un grand nombre de cas, sur le dosage du PSA (antigène prostatique spécifique), c’est quelque chose qui se développe plus facilement dans les catégories les plus aisées, qui sont plus médicalisées.

    Ce qui est plus troublant, c’est la répartition dans le pronostic. Les cancers de mauvais pronostic, ceux qui conduisent à des survies inférieures à 50%, sont beaucoup plus fréquents chez les plus modestes que chez les gens plus aisés. Cela tient en partie, aussi, au type de cancer. Le cancer du sein ou de la prostate sont des cancers qui ont de bons pronostics, les cancers du poumon beaucoup moins. Mais, même quand on exclut les cancers considérés comme plutôt socialement marqués, il reste quand même des cancers plus agressifs, plus graves, de plus mauvais pronostic chez les gens les plus modestes. Le diagnostic se fait probablement plus tardivement, parce que moins d’accès au dépistage et aux docteurs tout court. Les plus modestes se retrouvent plus souvent avec des cancers qu’on pourrait éviter, donc qui sont accessibles à la prévention.

    Quelle réponse politique apporter ?

    A.G. : Il faut renforcer les approches de prévention et les dépistages. Les cancers qu’on pourrait dépister à des stades précoces, on les retrouve à des stades métastatiques de façon disproportionnée chez les patients les plus modestes, selon cette étude. Ces données sont très importantes et doivent fonder les politiques publiques – y compris municipales – en matière de prévention de dépistage, d’accès aux soins. Quand on voit de telles inégalités dans un domaine aussi fréquent et aussi socialement marqué dans l’inconscient collectif que le cancer, une pathologie qui est connue, dans lesquelles les données sont bien décrites, connues de tous les spécialistes, il est clair que, oui, c’est une affaire politique. Il y a des questions politiques qui sont derrière l’accès aux soins, au dépistage précoce et à la prévention.

  • Le cancer, révélateur des inégalités sociales

    Le cancer, révélateur des inégalités sociales

    Les études se succèdent et se ressemblent : les maladies chroniques frappent davantage les personnes aux revenus modestes. C’est le cas du diabète, des maladies du foie ou du pancréas, ainsi que des maladies psychiatriques et respiratoires chroniques. Le cancer, première cause de mortalité en France avec plus de 160 000 décès chaque année, faisait jusqu’à présent figure d’exception, touchant pauvres et riches de manière indifférente. Une étude menée par la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), publiée en février, a toutefois révélé « un lien extrêmement fort avec la situation des individus, notamment sociodémographique », expose Thomas Wanecq, directeur général de l’institution.

    Ces inégalités se manifestent notamment dans la localisation des cancers, c’est-à-dire au niveau des organes touchés par la tumeur cancéreuse. La Drees s’est basée sur les quatre cancers les plus répandus dans le pays : ceux du sein, de la prostate, du poumon et le cancer colorectal.

    Le cancer du poumon est l’un des exemples les plus frappants. Entre 2013 et 2020, les hommes appartenant aux 10% les plus modestes avaient un risque 2,2 fois d’en développer un que ceux des 10% les plus aisés. C’est l’un des cancers associé à certains facteurs connus et considérés comme évitables, comme le tabagisme, l’exposition à l’amiante, ou encore l’alimentation et l’exposition au soleil.

    À l’inverse, les femmes les plus aisées sont davantage atteintes de cancer du sein. Les chercheurs l’expliquent par des facteurs dits « protecteurs » chez les femmes les plus modestes, « notamment le fait d’avoir des enfants plus tôt, et probablement un accès historiquement plus tardif et moindre aux premières contraceptions hormonales orales, dont on sait qu’elles avaient été un peu surdosées et ont pu constituer un facteur de risque », détaille Hadrien Le Mer, chef de projet EDP-Santé*, l’un des coauteurs de l’étude.

    Limiter les risques

    par la prévention

    Les inégalités se retrouvent également dans la gravité du cancer. Selon les auteurs, les plus modestes développent plus souvent des cancers associés à de moindres chances de survie et subissent des formes plus agressives. « À structure par âge et sexe comparables, les 10% les plus modestes présentent un risque 1,7 fois plus élevé de développer un cancer de mauvais pronostic que les 10% les plus aisés », notent-ils.

    Les chercheurs mettent aussi en avant un recours au dépistage plus élevé chez les catégories les plus aisées. « Les plus modestes ont moins souvent recours que les plus favorisés » aux trois dépistages nationaux, en raison de freins financiers, mais aussi informationnels et liés au rapport aux soins, avance une précédente étude de la Drees, citée plus haut.

    Dès lors, « le risque de développer un cancer déjà métastasé au moment du diagnostic est 2,3 fois plus important chez les plus modestes que chez les plus aisés lorsque la localisation est dépistable ». Lorsque ce n’est pas le cas « les inégalités d’incidence de cancers déjà métastasés disparaissent quasi intégralement ».

    « Ces résultats mettent en évidence que les inégalités sociales face au cancer se construisent à plusieurs étapes : l’exposition aux facteurs de risque, le recours au dépistage et la précocité du diagnostic. Ils suggèrent que les populations les plus défavorisées bénéficient moins des avancées en matière de prévention, ce qui pourrait contribuer ainsi au maintien des inégalités sociales de santé », conclut l’étude.

    * Échantillon démographique permanent (EDP), géré par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), avec des informations issues du Système national des données de santé (SNDS), géré par la Caisse nationale de l’Assurance maladie (Cnam)

    REPÈRES

    L’association Sept à la rencontre des publics les plus éloignés du soin à Marseille

    À Marseille, l’association Sept (Santé et environnement pour tous) se déplace à la rencontre des habitants des quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV) pour leur proposer des dépistages du cancer du sein, du cancer du col de l’utérus et du cancer colorectal, ainsi que des actions de sensibilisation et de rattrapage vaccinal. Les médiateurs interviennent lors de distributions alimentaires, devant les locaux de la CPAM (Caisse primaire d’assurance maladie) ou encore à des arrêts de bus, au plus près des personnes « qui n’ont pas du tout recours aux soins, des travailleurs pauvres ou des sans-papiers », explique Yazid Atallah, président de l’association, qui lutte contre les inégalités d’accès aux soins. Sept dispose également d’une antenne à Avignon, où se tiennent des permanences de dépistage tous les vendredis de 9h à 12h.

    Un centre de dépistage du cancer du sein à Cavaillon

    Le centre hospitalier de Cavaillon s’est doté, en octobre dernier, d’un échographe « dédié » à l’échographie mammaire. Cette acquisition intervient dans un contexte de recul du dépistage du cancer du sein dans le département. « Avec 39%, le taux de participation à la campagne de dépistage 2023 est en net recul. Le Vaucluse se positionne parmi les dix départements les moins participatifs au programme national », regrette le centre hospitalier, dans un communiqué.

    Toulon participe au programme « Impulsion »

    L’hôpital Sainte-Musse de Toulon fait partie des établissements sélectionnés pour participer au programme pilote de dépistage du cancer du poumon « Impulsion », auquel participe la région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Ce programme de recherche vise à préparer la mise en place d’un futur dépistage organisé à l’échelle nationale, explique l’Agence régionale de santé (ARS) Paca. Un test est proposé sur un site dédié afin de déterminer si un dépistage est nécessaire.