Tag: Camargue

  • Le tourisme comme moteur économique en plein essor

    Le tourisme comme moteur économique en plein essor

    À l’embouchure du Rhône, entre terre, mer et fleuve, Port-Saint-Louis-du-Rhône est l’une des portes d’entrée de la Camargue. Érigée en municipalité distincte des territoires d’Arles et de Fos-sur-Mer en 1904, cette commune du bout du monde s’est bâtie autour de son port de transbordement. Plus de 120 ans plus tard, elle se dessine un nouveau visage en se tournant vers le tourisme, sans oublier son héritage. « Nous assumons pleinement cette histoire industrielle et maritime en la transformant en atout touristique », souligne l’adjointe au maire déléguée à l’attractivité Marion Castellani.

    Observation des flamants roses, plages naturelles, salins, randonnée, vélo, navigation entre Rhône et Méditerranée, découverte des métiers de la pêche, visite des sites portuaires et industriels en activité… La programmation, qui met en valeur les traditions camarguaises et provençales, tout comme le patrimoine ouvrier, porte ses fruits. « Port-Saint-Louis-du-Rhône confirme sa montée en puissance comme destination de nature, de littoral et de tourisme itinérant », poursuit l’élue. L’Office de Tourisme accueille chaque année plus de 5 000 visiteurs dans ses locaux, « un chiffre qui ne cesse de progresser », précise la directrice Mandy Girard-Marin. L’aire de camping-car, inaugurée en 2022, permet à elle seule d’accueillir près de 10 000 visites.

    Un tourisme

    quatre saisons

    Si la clientèle est majoritairement française (principalement issue de la région Sud, de l’Île-de-France et d’Auvergne-Rhône-Alpes), la Via Rhôna offre une visibilité européenne à Port-Saint-Louis-du-Rhône, située au terme du parcours reliant le lac Léman à la Méditerranée, avec des touristes venant d’Allemagne, des Pays-Bas ou encore d’Italie.

    Deux ports de plaisance, le port central et un partenariat avec des compagnies de tourisme fluvial permettent également d’accueillir une clientèle plus internationale. « Les Américains, les Canadiens et les Australiens », amateurs de balades sur le Rhône, sont particulièrement représentés. La Ville travaille à la création de nouvelles escales dans le cadre de la démarche Provence fluviale. Le futur Pôle Nautisme Mer, avec la réhabilitation des 300 hectares de la Presqu’Île du Mazet, doit renforcer l’accueil des plaisanciers, avec la création de 4 500 places à sec et à flot, tout en promouvant les métiers maritimes. « Ce projet repose sur deux principes : développer des activités écoresponsables et réinvestir intelligemment les friches pour valoriser le foncier disponible sans artificialisation inutile », précise Marion Castellani. Avec un objectif : « Allonger les durées de séjour tout en développant une activité touristique plus étalée sur l’année ». Le chiffre d’affaires est évalué à 220 millions d’euros, avec 570 emplois attendus à la clef.

  • Claude Viallat exposé à La Grande-Motte

    Claude Viallat exposé à La Grande-Motte

    Fondateur du groupe Supports/Surfaces, figure majeure de l’abstraction et coloriste hors pair, son œuvre est immédiatement reconnaissable grâce à sa « forme » emblématique (le motif répétitif évoquant un haricot ou un osselet).

    Jusqu’au 30 août, l’espace Michèle Goalard (La Capitainerie) accueille ainsi l’exposition « Retours en boucles – Taureau / Forme », qui met en lumière des œuvres de jeunesse de Claude Viallat, rarement exposées au grand public. Elle offre un regard précieux sur les débuts de son parcours artistique et révèle les influences qui ont nourri son œuvre, profondément enracinée dans le territoire méditerranéen, la culture camarguaise et les traditions taurines. L’attraction centrale de ce parcours artistique est un ensemble exceptionnel de quatorze panneaux monumentaux en bois prêtés par la commune d’Aubais, dépeignant des scènes de courses camarguaises et de corridas. Ces panneaux figuratifs de 1963 font face aux toiles libres contemporaines du célèbre peintre nîmois.

    L.M.

    Tous les jours de 10h à 13h et de 15h à 19h.

    Entrée libre et gratuite.

  • La Camargue perd son label de parc régional

    La Camargue perd son label de parc régional

    La perte du label de Parc naturel régional (PNR) du PNR de Camargue, faute de reconduction avant février 2026, a fait l’objet d’une lettre ouverte adressée à Anne Claudius-Petit, présidente du syndicat mixte gestionnaire et conseillère régionale (Ren.) écrite lundi par le conseiller communautaire d’opposition d’Arles Nicolas Koukas (PCF).

    « Il est préoccupant que la Camargue se retrouve sans la charte fixant vision et stratégie sur 15 ans », écrit l’élu, estimant que « son renouvellement aurait dû être l’occasion de mettre sur la table l’avenir de la Camargue : le réchauffement climatique, la montée des eaux et les risques inondations, l’érosion du littoral, les risques d’incendies et la préservation de nos écosystèmes », liste-t-il.

    Sollicitée, Anne Claudius-Petit explique que « le début du travail pour la nouvelle charte a commencé début 2022 », mais que « le décès du président du Parc Rolland Chassain, les municipales de 2020, le départ du directeur, un autre avec qui ça s’est pas bien passé et la relation qui n’était pas au beau fixe avec Arles », ont reporté la révision de la charte à 2024 selon l’élue. À noter que Patrick de Carolis avait démissionné en juin 2022 en pointant la décision de la Région de reporter le vote de la charte pour lancer sa révision.

    « On a rattrapé notre retard »

    Nicolas Koukas pointe également le changement d’idée du président de Région (Ren.) Renaud Muselier sur la ligne à Très haute tension : « Il a longtemps porté ce projet avant de changer de position (…) à l’approche des élections sénatoriales », affirme-t-il.

    Anne Claudius-Petit répond que « RTE et l’État doivent trouver des solutions face au rejet massif par les Camarguais » mais considère qu’il s’agit d’un « concours de circonstances malheureux » entre les deux sujets. « La Camargue garde une grande force au-delà du juridique. Même si nous n’avons plus la charte, nous sommes protégés son caractère de réserve biosphère Unesco et son label Ramsar », détaille l’élue.

    La présidente espère présenter la nouvelle charte fin 2029. À moins que le Projet de loi portant simplification des normes applicables aux collectivités territoriales actuellement au Sénat ne raccourcisse ce délai.

  • Claude Viallat : retour aux sources

    Claude Viallat : retour aux sources

    L’espace Michèle-Goalard rend hommage au peintre nîmois via l’affichage de ses premières esquisses. Un retour dans le temps aux racines définitivement Camarguaises.

    Figure historique de l’abstraction et fondateur du mouvement Supports / Surfaces, on reconnaît Claude Viallat à sa célèbre forme, sorte de haricot répété en impression sur chacune de ses créations. Avec « Retours en boucles », la capitainerie de la Grande Motte se penche sur les premiers pas du peintre à travers des œuvres aux influences très locales. Sur les toiles, courses camarguaises, silhouettes animales et tauromachies se mêlent à l’univers coloré et texturé si caractéristique d’un artiste qui n’a cessé d’explorer les formes et la matière. L’exposition résulte d’un voyage aux confins de la mémoire artistique de Viallat en mettant en lumière des œuvres plus rarement exposées, qui en disent beaucoup sur l’artiste qu’il est devenu par la suite. Complètement contemporaine, « Retours en boucles » invite à (re)découvrir un artiste dont l’œuvre demeure aujourd’hui d’une étonnante liberté, aux portes de la Camargue. L’espace Michèle Goalard n’oublie personne : à travers des ateliers de médiations, l’exposition s’adresse également aux plus jeunes pour leur permettre d’appréhender la forme de Claude Villat par le collage.

  • Les approches se diversifient dans la contestation de la Très haute tension

    Les approches se diversifient dans la contestation de la Très haute tension

    Sur la route d’Arles aux Saintes-Maries-de-la-Mer, les champs bordent le bitume, parfois séparés de petits canaux iconiques de la Camargue. Mais passé le croisement de la D570 et de la route du Mas d’Agon, impossible de rater ce container rouge érigé sur une parcelle agricole, visible à plus d’un kilomètre.

    « Voici un cinquième de pylône THT » arbore en blanc le monolithe depuis vendredi dernier. Une allusion directe à la hauteur moyenne des 145 pylônes du projet de RTE de ligne à Très haute tension (THT) devant relier Jonquières-Saint-Vincent (Gard) et Fos-sur-Mer, pour 2029. Ce projet est depuis le départ fortement contesté sur les territoires concernés. Surtout par les agriculteurs à l’instar de Carole Guintoli, propriétaire du terrain sur lequel se trouve le container. « J’ai pris mon pinceau et j’ai écrit, on s’imagine mieux l’impact sur la Camargue », retrace-t-elle au petit-déjeuner des opposants mardi matin.

    Un acte militant, pour cette ancienne élue avec le maire d’Arles Patrick de Carolis (Hor), présent. « La Camargue est belle car justement il n’y a rien. Avant de mettre la THT, mettez l’eau au robinet partout ! » lance-t-elle. « Comment on va travailler avec des pylônes au milieu des rizières ? On a des solutions alternatives. C’est comme si je prenais mon âne pour livrer mon riz au supermarché, qu’on ne dise pas qu’on n’est pas capable de faire autrement avec les ingénieurs qu’on a quand de mon côté je sème mon riz par drone. »

    « On se bat pour notre environnement »

    Dans cette mobilisation « ce n’est pas une question de bord politique » assure Julien Besançon, 1er adjoint de Saint-Martin-de-Crau et secrétaire national des Centristes. « L’État avance sans les élus du territoire qui eux se battront jusqu’au bout par tous les moyens pour une autre solution » que la ligne aérienne, selon l’élu. Le coût et le délai sont inaudibles. « Le coût est déjà plus élevé qu’à la base et les délais s’entendent s’il n’y a aucun recours ou action en justice. Sauf qu’il y en aura ! » promet-il.

    En filigrane, l’articulation de l’environnemental et du social. « On nous dépeint comme des grands empêcheurs, mais ce n’est que pour faire peur aux travailleurs pour leurs emplois et aux petits patrons s’imaginant qu’une partie des 20 milliards d’investissement est pour eux. Pour mieux les monter contre les opposants » analyse Jean-Laurent Lucchesi du collectif THT13/30, ornithologue et ancien directeur des Marais du Vigueirat. Car outre la protection des oiseaux et du vivant, le militant rappelle que « décarboner n’est pas dépolluer » et estime que les promesses de 60 000 emplois sont « des mirages », alors que le projet Carbon, 3 000 emplois et le plus dépendant de l’apport électrique, est abandonné.

    La rencontre des intérêts progressistes, environnementaux voire de classe se trouve peut-être dans cette approche, au-delà des discours sectorisés ou identitaires.

  • [C’est l’été] Sandrine Faucou, productrice de petit épeautre : « Je sais le poids de l’effort »

    [C’est l’été] Sandrine Faucou, productrice de petit épeautre : « Je sais le poids de l’effort »

    « Ma famille a vécu pendant la guerre parce qu’elle avait du petit épeautre, mon père n’avait que ça à manger parce que les Allemands prélevaient tout. Mais moi aujourd’hui, j’essaie de porter la voix du petit épeautre et des produits de qualités le plus loin possible » pose en préambule Sandrine Faucou, pétillante rousse qui avoue « ne pas s’être coiffée à la sortie de la douche ce matin » quand le moment de la photo est évoqué. Elle s’était tout d’abord tournée vers des études d’italien, avec pour objectif l’enseignement. De cette partie-là de sa vie, elle lance dans un éclat de rire : « Mangiare. »

    Si dans le cadre d’une agriculture vivrière, ses grands-parents cultivaient le petit épeautre, son père Aimé, dans les années 80 avec la mise en place de la politique agricole commune (PAC) marque un tournant avec un de ses collègues néo rural. Il décide de le protéger en enclenchant une démarche d’agriculture bio loin de l’agriculture productiviste des Trente glorieuses. « Au fil des années, il obtient l’indication géographique protégée, la fameuse IGP. C’était un pionnier », lance sa fille fiérote.

    Domiciliée dans le Luberon, côté Alpes-de-Haute-Provence, Sandrine précise : « C’est une zone où se croisent les quatre départements du Vaucluse, Hautes-Alpes, Alpes-de-Haute-Provence et Drôme. » Comprendre à environ 700 m d’altitude une terre aride, qui fleure bon le ciste et la bruyère, vous y êtes ? « J’ai compris très vite en ayant grandi à la campagne, que j’avais besoin d’être libre, d’être à l’extérieur, j’ai alors réorienté mes études vers un monde où je pourrais être mon propre patron, tout en profitant des paysages », commente-t-elle. Délaissant la fac de lettres, elle bifurque vers des études agricoles avec une spécialisation agriculture biologique. Démarre alors une nouvelle vie de conseillère agricole pendant 8 ans avant de s’installer en 2009 à la prise de retraite de son père. « À sa grande surprise, d’ailleurs. Mais au fond, je pense qu’il est fier. On naît agriculteur, mon père était un passionné, toujours à mes côtés », ponctue la productrice. La réalité du métier nécessite d’être très polyvalent, des travaux des champs, du semi à la moisson, en passant par la mécanique. « Sans oublier le décorticage, la transformation en farine par exemple, et la commercialisation », complète-t-elle.

    Appelé espeouto en provençal, le Petit Épeautre, aussi connu sous le nom d’engrain est un blé très ancien vieux de près de 12 000 ans qui demande peu d’eau.

    Histoire et humilité

    Aujourd’hui il est redécouvert et apprécié pour sa grande digestibilité due à son faible taux de gluten. L’agricultrice détaille son métier : « Le petit épeautre se moissonne, mais reste dans une enveloppe protectrice. Il est stocké au fur et à mesure. Tous les mois, je décortique, je trie et j’ensache de sorte que mon produit soit au plus près du moment où il est mis sur le marché pour une fraîcheur optimale. La farine se fait aussi au dernier moment. » Avec une ferme de 50 hectares dont 7 ou 15 hectares sont dédiés au petit épeautre, c’est un métier passion qui nécessite beaucoup d’investissement. « Moi, ce que j’aime, c’est toucher mon produit, la relation charnelle avec lui. En bouche, il faut qu’il soit comme le chocolat ferme et fondant à la fois. J’essaie de faire du mieux que je peux avec la terre, pour donner le meilleur de moi-même au consommateur. C’est comme l’éducation des enfants, on les confie qu’à des gens avec qui on sait qu’ils sont en confiance. J’essaie de porter la voix du petit épeautre le plus loin possible. »

    La génération de Sandrine a créé et développé les magasins de producteurs, se regrouper a sécurisé les ventes. Mais le climat change. En Provence, on dit Eici l’aigo es d’or [ici, l’eau est d’or]. Les pluies se raréfient, et sont en même temps plus denses. « Je n’ai pas d’eau du tout. On doit rester vigilant mais aussi évoluer. Par exemple, je fais un peu de lentilles, mais si l’année s’annonce très sèche, je choisis autre chose car je sais qu’elles vont griller. On se pose des questions sur les variétés à implanter, la conduite à avoir. Il faut garder de l’humilité. »

    Et de conclure : « Je sais le poids de l’effort du producteur pour avoir un beau produit et le prix à payer pour atteindre l’excellence. C’est sans doute en ça que je rends à ma famille et au monde agricole ce que j’en retire d’un autre côté ».

    Filière indication géographique protégée (IGP)

    Ce signe officiel d’identification de la qualité et l’origine du produit est un signe Européen. Il garantit qu’au moins une étape clé de la production est réalisée d’une zone géographique délimitée. Le produit doit être ancré dans l’historique de son territoire et ses particularités sont liées à un savoir-faire traditionnel et local.

  • La LPO en congrès national, mobilisée pour la biodiversité

    La LPO en congrès national, mobilisée pour la biodiversité

    Table ronde, échanges, sorties nature… La cité phocéenne accueille le congrès national de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) ce samedi 20 juin. Une première se félicite Danielle Castagnoni, présidente de la LPO Paca D’abord, « c’est vraiment une ville où on a développé des partenariats importants, que ce soit au niveau de la sensibilisation, de la protection des espèces et des espaces, de l’éducation à l’environnement, on mène beaucoup d’actions avec la Ville », explique-t-elle. Dans une région « très riche en biodiversité » mais aussi « fragile » sous la pression du tourisme et du développement urbain, ce congrès a aussi toute son importance estime Danielle Castagnoni.

    Avec plus de 400 bénévoles et près de 5 000 adhérents sur l’ensemble du territoire, la LPO Paca est engagée depuis près de 30 ans sur « un grand nombre de fronts », rappelle sa présidente. Une priorité cependant : informer et sensibiliser. Citoyens, entreprises, collectivités, établissements scolaires, la LPO implique une large palette d’acteurs. Où l’on peut apprendre à identifier les libellules à Hyères, se former sur les reptiles méditerranéens dans les Bouches-du-Rhône ou suivre un webinaire sur le campagnol amphibie.

    Une trame verte

    Parmi les projets phare, ajoute Danielle Castagnoni, le réseau de refuges LPO. « Ce sont des personnes, des entreprises ou des institutions, qui vont décider de transformer leur terrain, leur jardin, en refuge de manière à accueillir la biodiversité », explique-t-elle, « notre volonté, ça serait de faire une trame verte pour permettre à cette biodiversité de se déployer sur tout le territoire ».

    L’école ornithologique, avec six formations théoriques et terrains destinés aux particuliers comme aux professionnels, a également « un gros succès » se félicite-t-elle, 90 personnes ayant participé cette année. L’association réalise aussi des études aux côtés des scientifiques. Comme celle publiée ce 16 juin sur la Pie-grièche méridionale dont la région abrite la plus grande population malgré le déclin de l’espèce en Europe, avec l’Institut méditerranéen biodiversité et écologie. Il faut dire que grâce à son réseau d’observateurs, la LPO Paca dispose d’une base de 13 millions de données sur la faune sauvage, des observations récoltées depuis 2009 au moyen d’une application sur smartphone. « On vient aussi de reprendre en 2026, en cogestion, les marais du Vigueirat en Camargue. Un hot spot particulièrement riche en oiseaux », annonce Danielle Castagnoni.

    Toujours dans cette optique de préservation, le congrès abordera notamment les 50 ans loi de protection de l’environnement. Parce qu’on « assiste à la volonté de dégrader », déplore Danielle Castagnoni. Et la LPO ne compte pas laisser faire.

  • Troisième destination de la région, le Gard veut garder le cap

    Troisième destination de la région, le Gard veut garder le cap

    Dans le Gard, le tourisme tient bon. Il serpente entre les arches du Pont du Gard, descend vers les arènes de Nîmes, file jusqu’aux plages du Grau-du-Roi, remonte dans les Cévennes et s’attarde dans les villages de garrigue. En 2025, le département a enregistré 27,6 millions de nuitées, confirmant sa place de troisième destination touristique d’Occitanie, derrière l’Hérault et les Pyrénées-Orientales. Un chiffre qui pèse lourd : 2,1 milliards d’euros de retombées économiques estimées et 9 400 emplois directs. Dans un territoire souvent rappelé à ses fragilités sociales, le tourisme reste un moteur : « C’est le second secteur économique du département, derrière l’industrie et avant l’agriculture », rappelle Pascale Fortunat-Deschamps, présidente de Gard Tourisme.

    Mais le moteur tourne différemment. Gard Tourisme, qui dressait son bilan 2025 et présentait ses perspectives 2026, ne cache pas les mutations en cours. « Les Français ne renoncent pas aux vacances mais ils changent leur comportement », résume Pascale Fortunat-Deschamps. Séjours plus courts, réservations de dernière minute, budgets surveillés : le vacancier regarde désormais la facture avant le paysage. Une enquête menée auprès des professionnels d’Occitanie indique que 45% constatent une baisse du panier moyen.

    Voyager moins loin,

    mais partir encore

    Le Gard résiste pourtant. En 2025, 4,9 millions de visiteurs ont été comptabilisés, contre 4,7 millions l’année précédente. Les grands sites continuent de jouer les locomotives : 1,2 million de visiteurs au Pont du Gard, près de 420 000 au Seaquarium du Grau-du-Roi, 370 000 aux arènes de Nîmes, plus de 250 000 à la Bambouseraie en Cévennes. La clientèle française reste majoritaire, portée par la proximité : Gard, Hérault, Bouches-du-Rhône, Rhône ou région parisienne. Mais l’international conserve une place forte, avec 39% des nuitées réalisées par des visiteurs étrangers, surtout européens.

    Pour 2026, les signaux sont prudents mais encourageants. Après un mois d’avril en baisse de 5% sur les nuitées, les locations saisonnières affichent, à date, des perspectives en hausse de 13% en juillet et de 3% en août. Rien n’est acquis, tant les réservations se confirment tardivement. Le secteur avance donc à vue, entre espoir d’été et incertitude économique.

    Attirer sans subir

    Face à cette nouvelle donne, Gard Tourisme veut mieux connaître ceux qui viennent, et ceux qui vivent ici. Environ 4 200 enquêtes ont été recueillies dans le département, dans le cadre d’une étude régionale plus large. Les résultats, attendus à la rentrée, doivent permettre d’adapter l’offre, les tarifs et les stratégies d’accueil. La réponse esquissée tient en un mot : durable. Non pas comme un slogan plaqué sur une brochure, mais comme une nécessité. « Les Gardois ne doivent pas subir le tourisme de masse », insiste Pascale Fortunat-Deschamps. Mobilités douces, meilleure répartition des flux, valorisation de l’arrière-pays, nature et patrimoine : le Gard veut faire de ses fragilités une force. Le nouveau magazine Escampettes, la topocarte et l’application Latitude Gard, qui remplace Rando Gard, doivent accompagner cette itinérance plus douce.

    « Le Gard a énormément d’atouts et nous ne le disions pas de façon claire », ajoute Claire Pradel, de Gard Tourisme. « Nous sommes le seul département à avoir trois réserves biosphères et de vraies typicités. Il nous faut le montrer, cela existe ! » Reste à tenir l’équilibre. Faire venir sans saturer. Faire découvrir sans abîmer. Faire vivre l’économie sans transformer les habitants en décor. Dans ce Gard aux trois réserves de biosphère, entre pierres romaines, bambous cévenols et horizons camarguais, l’enjeu n’est plus seulement d’attirer. Il est d’accueillir mieux, pour que le tourisme profite au territoire sans lui faire perdre son âme.

  • Vers une zone à défendre contre la ligne à très haute tension ?

    Vers une zone à défendre contre la ligne à très haute tension ?

    Une zone à défendre (ZAD) va-t-elle voir le jour dans le sud du Gard ? C’est en tout cas la promesse de dizaines d’opposants au projet de ligne THT si une solution alternative n’est pas trouvée. Depuis l’annonce de cette ligne, la grande majorité des acteurs du territoire gardois a en effet fait part de son opposition à un projet qui doit pourtant permettre la décarbonation de l’industrie de Fos en créant une ligne électrique dite à très haute tension (THT) aérienne pour transporter l’électricité produite dans la vallée du Rhône. Cette ligne doit ainsi relier Jonquières-Saint-Vincent, près de Nîmes, à Fos-sur-Mer et traverser ainsi la Camargue.

    Sauf que ni les agriculteurs soucieux de préserver leur terre, ni les écologistes souhaitant protéger la faune très présente en Camargue, ni les acteurs touristiques voulant défendre la beauté des paysages n’acceptent l’installation de dizaines de pylônes de plus de 50 mètres. « La profession agricole réaffirme ici son opposition farouche à ce projet de ligne THT aérienne de 400 000 volts qui viendrait défigurer ce territoire unique. Cela condamnerait l’agritourisme, réduirait à nouveau la surface agricole française et imposerait de nouvelles contraintes aux agriculteurs », ont ainsi écrit une douzaine de syndicats agricoles gardois début juin dans un communiqué. En fin d’année dernière, la Dreal Occitanie avait pourtant estimé que le tracé ferait peser une menace directe sur cinq espèces d’oiseaux, mettant ainsi du plomb dans l’aile au projet. Les opposants s’imaginaient alors avoir remporté une bataille décisive. Mais c’était sans compter sur l’État qui compte bien avancer sur ce dossier avant la prochaine élection présidentielle. L’État a ainsi lancé le 13 mai l’instruction de la Déclaration d’utilité publique et les propos d’Emmanuel Macron fin mai sur ce projet jugé « nécessaire » inquiètent les opposants, qui y voient une volonté de passer en force.

    Un courrier aux agriculteurs met le feu aux poudres

    « Il y a une très forte pression des industriels », précise Luc Perrin, qui gère l’Association de sauvegarde de la Terre d’Argence (Asta). « On s’est donc rencontré avec les Camarguais et il y a la volonté de passer à la vitesse supérieure. Ce qui a aussi mis le feu aux poudres, c’est l’envoi par RTE d’un courrier aux agriculteurs pour les avertir qu’il y aurait des visites sur leur terrain avec des prélèvements et des analyses de sol. Il y a un arrêté préfectoral de 2023 qui impose à tout le monde de laisser entrer les agents de RTE chez soi sous peine de sanctions. » Face à cette situation, les agriculteurs travaillent à des parades comme le traitement de leur terrain dont l’accès serait ensuite interdit. Ils travaillent même avec des écologistes pour trouver des tortues cistudes. Car si la présence de cette espèce est détectée, les prélèvements dans un rayon de 500 mètres sont interdits.

    Samedi 6 juin, ils ont mené ensemble une action à Arles pour informer la population. Mais les opposants savent que cette mobilisation a peu de chance d’être suffisante. Beaucoup évoquent désormais la possibilité de créer une Zone à défendre (ZAD) dans le sud du département. Des contacts ont d’ailleurs déjà été noués avec des associations comme Générations Futures qui ont organisé la mobilisation à Notre-Dame-des-Landes pour s’appuyer sur leur expérience et s’inspirer de leur méthode. « S’ils veulent passer en force, ils auront Notre-Dame de Camargue. Il y a des gens qui sont prêts parce que la colère monte face au manque d’écoute de la population locale », confirme Luc Perrin.

  • Le collectif des labels de Grande Provence présente ses produits d’excellence et de la région

    Le collectif des labels de Grande Provence présente ses produits d’excellence et de la région

    Foin de Crau, huiles et olives, riz de Camargue, agneau, petit épeautre, pommes, vins, herbes, et miel se sont côtoyés pour le déjeuner sur la table du restaurant Les lodges Sainte-Victoire. Une histoire de goût et de passion avant tout.