Tag: caisse de grève

  • Une cagnotte pour les grévistes d’Haribo

    Une cagnotte pour les grévistes d’Haribo

    Dans le combat de longue haleine des salariés d’Haribo, toujours en grève depuis plus de 6 semaines pour une revalorisation salariale, il y a des soutiens qui comptent. Et si les grévistes se réunissent ce jeudi pour une mobilisation devant le site marseillais à l’appel de l’intersyndicale CGT-FO, du PCF 13 et de l’UD CGT 13, la solidarité envers leur mouvement social vient aussi d’internet et des réseaux sociaux. Car l’influente page Memes marseillais, suivie par plus de 120 000 personnes sur Instagram, et plutôt habituée à du contenu humoristique sur Marseille, a lancé, ce mardi soir, une cagnotte en ligne. Laquelle fait office de caisse de grève puisque reliée à la CGT Haribo, qui bénéficiera des fonds.

    « Même si on ne se considère pas vraiment comme des influenceurs, c’est notre rôle de nous positionner sur les sujets qui touchent notre ville. On avait déjà lancé une cagnotte pour les sinistrés de l’incendie de l’Estaque, l’année dernière », explique Noémie, alias Nono sur les réseaux sociaux, membre de la petite équipe derrière Memes marseillais.

    Une manière de participer à la lutte des salariés et de poursuivre la mise sous pression de la direction qui repousse les négociations au 28 septembre prochain (lire notre article du 5 août). « On veut faire passer le message que, tant qu’il n’y a pas de négociations, on ne parlera pas d’Haribo en bien », martèle Nono. L’initiative ne vient pas de nulle part puisqu’en lien avec le difficile dialogue social sur le site : « Le fait que la direction les laisse faire 6 semaines de grève, qu’elle soit aussi dure dans les négociations, alors qu’on parle d’une entreprise qui réalise des dizaines de millions de bénéfices, c’est scandaleux », dénonce Nono. Avant de rappeler le fond du sujet : « Ils demandent une augmentation de salaire en lien avec l’inflation ! Ils ne se mettent pas en grève pour le plaisir ! ».

    « Mettre de la visibilité sur le combat des salariés »

    Le lancement de cette cagnotte par une page de contenu humoristique peut surprendre certains mais il s’inscrit bien dans « les valeurs » défendues par cette dernière. « Haribo est une entreprise phare à Marseille, tout le monde la connaît mais elle doit avoir un devoir d’exemplarité. C’est en lien avec nos valeurs de mettre de la visibilité sur ce combat des salariés », développe Nono. Laquelle n’est d’ailleurs pas étrangère aux mouvements sociaux locaux : « Quand j’étais petite, j’avais suivi la grève de l’usine de thé à Gémenos [aujourd’hui devenue 1336 suite à reprise par les salariés en coopérative ndlr] depuis je n’achète que ce thé ». Le choix d’une cagnotte en ligne n’est pas anodin, tout comme celui de la plateforme qui l’accueille : « La cagnotte a un aspect communautaire : ça motive de voir que d’autres gens donnent, qu’il y a un objectif et Tribee est une plateforme éthique qui ne prend pas de commission ». En bref, de quoi redonner de la force aux salariés d’Haribo.

    *Retrouvez la cagnotte sur tribee.fr

  • La direction de l’hôtel reste sur ses positions

    La direction de l’hôtel reste sur ses positions

    Suite à l’annonce d’un licenciement économique de six salariés et non plus sept comme prévu initialement de l’hôtel Marseille Saint-Charles, une grève a débuté lundi. C’est dans ce contexte que la directrice des ressources humaines (DRH) du groupe Alboran, qui possède l’établissement, a rencontré quatre de leurs représentants, ce vendredi. La direction n’est pas revenue, lors de ce rendez-vous, sur ces six licenciements, qu’elle qualifie d’économique, d’après les syndicats. La grève est donc reconduite ce samedi, devant l’hôtel.

    Depuis lundi, les casseroles et les sifflets se font entendre dès que l’on s’approche de l’ex-hôtel Holiday Inn, face à la gare Saint-Charles, à Marseille. Accompagnés par leur syndicat, CNT-SO, les six salariés, qui ont appris leur licenciement le lendemain de Noël, réclament l’annulation de cette procédure. Karima Malagouen, coordinatrice de petit-déjeuner depuis 15 ans au sein de l’hôtel, a été la première à être au courant. C’est l’incompréhension pour la syndiquée à la CNT SO : « On nous jette sans prendre en compte notre ancienneté, sans nous proposer de solutions dans d’autres hôtels du groupe, ou des formations. » Pour le moment, seule elle et son collègue équipier Toufik Ghodbane, délégué syndical à la CNT SO, ont été officiellement informés de leur licenciement.

    Alors que la direction affirme qu’il s’agit de licenciement économique, les concernés refusent d’y croire et réclament l’accès aux dossiers comptables, qui justifierait ces licenciements. Malgré la réunion avec la DRH, aucun document comptable ne leur a été transmis. « Ils disent qu’il n’y a plus d’argent, mais ils font des travaux dans l’hôtel pour 5 millions d’euros », affirme Toufik Ghodbane, délégué syndical et équipier. Le 8 janvier doivent commencer ce chantier de plusieurs mois pour permettre à l’hôtel, propriété du groupe Alboran depuis janvier 2023, de devenir un quatre étoiles.

    Pour Karima Malagouen, c’est d’autant plus incompréhensible que l’hôtel est souvent complet. « Je participe aux réunions toutes les semaines. On est souvent complet, et les clients sont très satisfaits de notre travail ! » Danila Gomes, femme de chambre depuis 2019, ne comprend pas non plus cette décision : « Je ne vois pas comment ils vont faire pour nettoyer toutes les chambres sans nous, alors que l’on fait plein de choses : les chambres, mais parfois, on est équipier ou gouvernante. »

    Pour la coordinatrice de petit-déjeuner, c’est un moyen pour l’hôtel de baisser les salaires. « Ils me licencient car je coute cher, et ils réembaucheront quelqu’un a un salaire beaucoup plus bas », suppose-t-elle. La grève est donc reconduite ce samedi. « On n’arrêtera pas la grève, parce que c’est le seul outil qu’on a », affirme Toufik Ghodbane, délégué syndical.

    Contacté, le groupe n’a pas donné suite à nos sollicitations.

    Caisse de grève : we-solidaire.com (solidarité grévistes hôtel Marseille centre gare Saint-Charles)

  • Les travailleurs sociaux des Flamants en appellent à l’État

    Les travailleurs sociaux des Flamants en appellent à l’État

    Cette fois-ci la Maison départementale de la solidarité (MDS) des Flamants est restée fermée… Le groupe de salariées « volantes » qui assurait la veille les urgences s’est à son tour mis en grève ce mardi 14 octobre. Dans le même temps, devant l’hôtel du Département, venus de Marseille mais aussi d’Aubagne, d’Aix ou La Ciotat, plus d’une centaine de personnels des MDS, Protection maternelle et infantile ou autres pôles enfance se sont rassemblés en soutien, à l’appel de la CGT, pour dénoncer des conditions de travail devenues très compliquées sous la pression du narcotrafic.

    « Nous sommes dans un quartier toujours en grande difficulté, en proie à un réseau qui s’est organisé, développé. Nous ne voulons pas lâcher les habitants, nous avons un devoir envers la population, mais on ne peut pas continuer comme ça, rester en danger » estime Valérie Marque, secrétaire générale du syndicat au conseil départemental. La CGT réclame une entrevue avec le préfet au plus vite, car « c’est l’État le garant de notre sécurité » et se dit prête à organiser un rassemblement devant la préfecture dès jeudi matin si nécessaire.

    Récupérer sa voiture après sa journée de travail au parking est une gageure, croiser un dealer aussi… « J’ai reçu des menaces de mort », raconte cette sage-femme qui est tout de même retournée au travail moyennant six mois de psychothérapie.

    « Les enfants ont peur »

    Dans l’idée, « être au cœur de la cité c’est super mais là, ce n’est plus tenable », raconte une autre salariée. Elle ajoute : « Les enfants que nous suivons ne veulent plus venir, ils ont peur. Et on reçoit des habitants qui se sont fait chasser de leur domicile par les dealers, ils arrivent avec juste les vêtements qu’ils ont sur le dos. » L’organisation des visites à domicile aussi a dû être revue « pour éviter d’être confrontés au réseau », assure une troisième.

    Sur site, ce mardi matin, les camions de CRS et de police en place la veille « ne sont plus là » assure une assistante sociale alors que la préfète de police a assuré mettre les moyens avec « une présence renforcée afin de lutter contre la délinquance, les trafics ainsi que leurs conséquences pour ceux qui y vivent et y travaillent ».

    « On se suradapte au quotidien, on tolère des choses intolérables et on est mis à l’amende, comme les habitants », témoigne une salariée des Flamants. Dans l’urgence, une partie des grévistes réclame un encadrement policier accru, au quotidien, ou un déménagement en attendant. Du temporaire, en attendant que soit définitivement démantelé le réseau, espèrent-ils, bien conscients que ce n’est pas « une mince affaire ».

    Parmi les manifestants, on retrouve également Gérard Frau, président du groupe communiste au conseil départemental des Bouches-du-Rhône et adjoint au maire de Martigues. « Les travailleurs du social en général ont déjà tellement de difficultés à assurer leur mission, il n’est pas imaginable qu’ils puissent subir la pression du narcotrafic » s’indigne l’élu, pour qui « il faut créer de bonnes conditions d’exercice de leur métier » car « les parents, les familles ont besoin de ces structures ». Une lettre des élus PCF du Département va être envoyée pour appuyer la demande de rendez-vous auprès du préfet ajoute-t-il.

    En attendant, une caisse de grève a été ouverte.

    Contactée, la préfecture de région n’a pas donné suite à nos sollicitations.