Tag: bustram

  • M. Delafosse, créer 30 000 emplois à Montpellier

    M. Delafosse, créer 30 000 emplois à Montpellier

    Une conférence de presse en début de semaine et un premier meeting jeudi 22 au Rockstore, situé avenue de Verdun à Montpellier. S’il a « pris le temps de la réflexion en famille » pour dire qu’il brigue un second mandat, Michaël Delafosse s’est lancé au sprint dans une campagne éclair qu’il espère « digne »« Je n’entrerai pas dans les polémiques » – contrairement à celle de 2020 où il avait dû aller voter sous protection policière. « Je participerai aux débats. », met au clair le maire socialiste sortant. Confiant mais concentré. « Si on écoute les sondages, c’est plié, ce n’est pas sérieux. J’ai gagné une campagne où je n’étais pas favori. Je vais rencontrer les gens. »

    Au-delà des réunions publiques, il dévoilera chaque lundi une thématique de son programme. Si son premier mandat a été celui du « rattrapage », notamment autour de la 5e ligne d’un tramway devenu gratuit comme promis, le second mandat doit être celui de la « transformation » de la 7e ville de France. Sachant que la ville en chantiers a généré des nuisances et demandé des sacrifices aux Montpelliérains, il se veut rassurant. « J’ai assumé de faire deux mandats en un, j’ai absorbé la dette grise des réseaux qui fuyaient. Il n’y aura pas une telle phase de travaux avant 25 ans », promet-il jouant la carte de « l’apaisement ».

    Priorité aux déplacements…

    Pour autant, maintenant qu’elle est réveillée, Montpellier doit être « transformée ». « Je veux une ville plus solidaire, écologiste et innovante. J’ai un cap pour Montpellier », assure M. Delafosse s’inscrivant ainsi dans les pas de son mentor, le bâtisseur Georges Frêche. Tandis que la croissance démographique reste exponentielle, il prévient : « Montpellier ne peut pas accueillir tous les habitants. Il faut mieux répartir cette croissance. » Grâce au travail partenarial engagé auprès des intercommunalités voisines, le maire président souhaite « faire sortir le tramway des frontières de la métropole ». Au Sud notamment. Ce qui laisse supposer non « pas une 6e ligne de tramway » (trop coûteuse) mais une extension vers l’aéroport ou bien un terminus de la ligne 3 à la mer. Le tout complété par les 4 lignes de bustram à finaliser. Après le vélo, il souhaite réaménager les trottoirs pour les piétons, les places, rénover les écoles, désimperméabiliser. Comme l’avenue de Toulouse, qui va s’ouvrir sur le parc Montcalm, une « percée  » sera réalisée autour du Polygone pour « relier le centre historique à la ville contemporaine » (Zac R. Bofill à Antigone).

    … et à l’emploi

    Côté économie, M. Delafosse compte créer 30 000 emplois. Là encore, si la Medvallée ou le quartier Cambacérès près de la gare TGV seront un « moteur », l’activité devra être répartie. « Je ne me résigne pas face au chômage des jeunes. » Pour les seniors, il prévoie un « plan anti-solitude ». Le logement sera un autre fil rouge. En parallèle de la rénovation urbaine menée avec l’État (Mosson, Cévennes, Saint-Martin…), et dans la lignée des premiers dispositifs destinés à lutter contre les marchands de sommeil (encadrement des loyers, permis de louer…), le maire veut « aider à devenir propriétaire ». Il mise sur le « Bail réel solidaire (BRS) », qui permet d’acheter les murs à moindre coût et de payer une redevance pour la location du terrain.

    Pour limiter les embouteillages, il compte, outre la 5e ligne et les aménagements, sur le Contournement routier ouest (COM). Il assume son choix de transformer l’usine de méthanisation Ametyst en chaudière CSR pour brûler les déchets dans le quartier Tournezy. « Si certains veulent une décharge ou un incinérateur, qu’ils disent où. » Sur le plan de la sécurité, il reste ferme également suite à son arrêté sur les épiceries de nuit dont certaines sont, dit-il, « le visage du narcotrafic ». Il prend un peu plus ses distances avec Nathalie Oziol (LFI) qui veut « désarmer la police et éteindre les caméras » ou avec Mohed Altrad. « C’est emblématique de ces milliardaires comme Musk ou Bolloré qui viennent s’ingérer dans la démocratie sans en respecter les règles ni les valeurs ». Soutenu par 8 partis politiques de gauche et des membres de la société civile (lire ci-après), M. Delafosse promet de rester droit dans ses bottes. Sans alliance de la carpe et du lapin. « Ma liste du premier tour sera celle du second tour ». Elle sera dévoilée prochainement.

  • Hérault : de nouveaux outils pour la mobilité et le logement

    Hérault : de nouveaux outils pour la mobilité et le logement

    Pour que la forte croissance démographique reste soutenable autour de Montpellier, il est indispensable que les conditions d’accueil suivent. Le phénomène impose aux décideurs de penser le développement à long terme dans plusieurs domaines.

    Côté logement, seul le parc social de la Ville de Montpellier respecte la loi SRU (25% d’habitat minimum). Parce que les loyers privés sont souvent hors de prix, la majorité de Michaël Delafosse a créé en 2021 son Organisme foncier solidaire (OFS). Dans toutes les ZAC publiques, il permet 22% de logements abordables via le Bail réel solidaire (BRS). « Cela permet à des gens qui n’ont pas les moyens de s’acheter une villa à 800 000 euros de devenir propriétaires », résume Claudine Vassas-Mejri (PS). Sous conditions de ressources (plafond haut), il est ainsi possible d’acheter des murs et de payer une redevance à la collectivité (1,3 euro/m²) pour la location du foncier. « Cela permet aussi d’éviter la spéculation », précise la vice-présidente. Encore méconnu, cet outil privilégie les travailleurs essentiels, les familles avec enfants venant du logement social. Un millier d’habitats en BRS sont programmés, 4 000 à terme.

    Depuis le Covid, la crise du logement fait rage. L’actuel Plan local de l’habitat prévoyait la construction de 5 000 logements dans la métropole « mais on n’y arrivera pas », regrette l’élue. La faute à l’inflation, au désordre national, à la fin des incitations fiscales (type Pinel) et à la rareté du foncier. Sans compter que la loi Zéro artificialisation nette des sols (ZAN) freine l’appétit des promoteurs. « Dans les villages, le moindre projet de ZAC suscite une levée de boucliers alors que la plupart des gens qu’on reçoit cherchent un logement », témoigne C. Vassas-Meijri.

    Dès 2020, le président M. Delafosse (PS) a doté la Métropole de nouveaux outils. La régulation des locations AirBnB (déclaration obligatoire) vise à lutter contre la concurrence déloyale. Les loyers encadrés à Montpellier permettent d’éviter les abus. Et le permis de louer (à Celleneuve, Figuerolles, Saint-Martin et aux Cévennes) traque les marchands de sommeil.

    Le Service express régional…

    Dans un monde qui s’accélère, les mobilités sont aussi essentielles. Avec la 5e ligne de tramway et la connexion entre les deux gares, Montpellier est désormais bien maillée. Ce n’est pas le cas des territoires aux alentours. C’est la raison d’être du Service express régional métropolitain (Serm), sorte de RER métropolitain promis par Emmanuel Macron. « À Montpellier, 20% des trajets viennent d’en dehors de la métropole, où la dépendance à la voiture est forte », résume Julie Frêche. Elle a beau adorer le vélo, la vice-présidente sait que les pistes cyclables ne peuvent pas tout quand on se déplace aussi loin.

    Avec 8 intercommunalités de l’aire d’attraction de Montpellier, de l’agglo de Sète à celle de Lunel en passant par la vallée de l’Hérault et le Pic-Saint-Loup, un réseau de transports en commun est en cours d’élaboration pour connecter ces territoires qui concentrent 73% de la population héraultaise et accueillent 12 000 habitants de plus par an. Il y a bien sûr le grand projet de Ligne à grande vitesse (LGV) Montpellier-Perpignan. Le premier tronçon vers Béziers (horizon 2032) aura vocation à désengorger la ligne ferroviaire du littoral. La Région pourra ainsi renforcer son offre de TER.

    Du côté de la Métropole de Montpellier, on travaille déjà sur les futures lignes de bustram ou cars dits « à haut niveau de service ». Ils seront non polluants et éviteront les bouchons grâce à des voies réservées. Trois études sont déjà en cours pour des cars vers le Cœur d’Hérault (Gignac, Clermont, Lodève…), Balaruc depuis Garcia Lorca et Saint-Mathieu-de-Tréviers depuis le rond-point de Girac. Deux autres lignes verront le jour : l’une depuis Castelnau vers Castries, l’autre vers Lavérune, Pignan, Cournonsec voire Poussan. Des liaisons vers Saint-Gély-du-Fesc ainsi qu’entre Baillargues et Mauguio sont aussi dans les tuyaux. Au total : 267 millions d’euros d’investissement qui créeront des emplois. Mais « l’État doit jouer son rôle », presse Julie Frêche.

  • [Rétro 2025] Bustram, tramway : la boucle est bouclée à Montpellier

    [Rétro 2025] Bustram, tramway : la boucle est bouclée à Montpellier

    Avec la gratuité des transports, c’était la promesse de campagne phare de M. Delafosse. Samedi 20 décembre, jour de sa mise en service entre Clapiers et les Grés de Montpellier, la 5e ligne de tramway sera enfin une réalité. Sur 16 km de long (27 stations), elle devrait transporter, à raison d’une rame toutes les 12 minutes (à terme 7), quelque 100 000 voyageurs par jour (lire p.18).

    Ce sera la cerise sur le gâteau d’une année sous le sceau des mobilités. Car dès le 22 mai, la première des 5 futures lignes de bustram a été inaugurée entre Place de l’Europe et Sablassou (à terme jusqu’à Castries). Sont ainsi déjà irriguées toutes les 10 minutes (de 5h à minuit) les zones du Millénaire et Eurêka, qui concentrent 11 500 emplois. Difficultés financières obligent, les 4 autres lignes ont pris un peu de retard…

    L’autre temps fort a eu lieu à l’automne. Le 18 octobre, la gare Sud de France s’est débarrassée de son surnom de « gare fantôme ». Grâce à l’extension (1,3 km) de la première ligne de tramway depuis Odysseum, la gare TGV, inaugurée au milieu des champs en juillet 2018, n’est plus isolée. Mieux, elle est reliée (toutes les 4 minutes) à sa jumelle de Saint-Roch en 20 minutes.

  • À Montpellier, la nouvelle carte des transports dévoilée

    À Montpellier, la nouvelle carte des transports dévoilée

    Changement sur le réseau des transports en commun de la Métropole de Montpellier. À un mois de l’inauguration de la ligne 5 de tramway, la collectivité gérée par le socialiste Michaël Delafosse a réorganisé l’offre de transports afin de prendre en compte cette nouvelle ligne. « Cette inauguration aura des conséquences sur le réseau de bus, avec de nouvelles articulations de mobilité et davantage d’offre de transports », détaille le président.

    Ainsi, dès le 20 décembre
    – jour de l’inauguration – les riverains pourront découvrir les 24 lignes de bus optimisées sur les 40 que compte le réseau. Des changements qui ne seront pas immuables. « Ce n’est pas une science exacte, on voulait répondre aux besoins des habitants. Il y aura peut-être des difficultés qui nous seront remontées à partir du 20 décembre, on va être dans le dialogue. Un comité de suivi de la mise en place de la nouvelle offre l’ajustera en permanence », soutient Michaël Delafosse.

    Si certaines lignes ont déjà fait l’objet d’adaptations – notamment le bustram, les lignes 9, 14 et 16 en mai 2025 – d’autres seront mises en service en décembre. À l’instar des lignes 6 et 7 qui fusionneront pour assurer une continuité de la ligne – les riverains devaient changer de bus au Peyrou jusque-là – entre l’Hôtel du Département et Euromédecine. « Nous nous sommes rendu compte que nous n’avions pas beaucoup de lignes transversales. La navette des universités sera remplacée par une ligne 13 avec davantage de connexions aux lignes 1, 2 et 5 de tramway », souligne Julie Frêche, vice-présidente PS de la Métropole aux mobilités. Et ainsi de permettre une continuité entre Occitanie-Hôpitaux-Facultés et Charles-de-Gaulle, à Castelnau-le-Lez.

    Pensée aux 4-Boulevards

    La ligne 15 (Place-de-France – Sabines) sera prolongée jusqu’à la gare Sud-de-France. Quant à la ligne 17 (Gare-Saint-Roch – les Bouisses), « son itinéraire sera modifié et ne passera plus par le boulevard Berthelot. Ce qui représente une cinquantaine de bus en moins chaque jour. Cet itinéraire apaisera le collectif des 4-Boulevards », poursuit Julie Frêche.

    Montpellier n’est pas la seule affectée par ces changements. Au nord de la métropole, la ligne 22 permettra de relier Montferrier-le-Lez à Jacou, en passant par les terminus des lignes 2 et 5 de tram. Prades-le-Lez verra la ligne 23 modifiée et renforcée. La ligne 26 devient la ligne de Montferrier-le-Lez. Côté ouest, la ligne 34 (Cournonsec-Mosson) est renforcée tandis que la 38, partant de Cournonsec, sera prolongée jusqu’à la station de tram Grès de Montpellier. « Elle préfigure la future ligne de bustram », précise Julie Frêche. Les lignes 11, 17 et 20 seront également renforcées. À Villeneuve-lès-Maguelone, la ligne 44 sera coordonnée avec les horaires des trains de façon à favoriser l’intermodalité. Enfin, la ligne 27 de transport à la demande devient une ligne régulière reliant Montaud à Charles-de-Gaulle, à Castelnau-le-Lez.

  • « La gauche ne doit être dans aucun relativisme »

    « La gauche ne doit être dans aucun relativisme »

    La Marseillaise : Le PS n’a pas censuré Bayrou. Pourquoi ça suffit ?

    Michaël Delafosse : On ne peut pas jouer à la censure en permanence. Le groupe PS avait eu des discussions pour amender le projet de budget au Sénat. Il y avait eu l’engagement d’une renégociation par les partenaires sociaux de la réforme des retraites [le conclave, Ndlr] qui devait aboutir à une inflexion. Les engagements de François Bayrou n’ont pas été honorés et dans le nouveau projet de budget figurent des attaques directes contre le monde du travail pour lequel la vie est difficile. Supprimer 2 jours fériés, monétiser la 5e semaine de congés payés, c’est inadmissible. Les franchises médicales qui vont fragiliser les retraités à petites pensions, les temps partiels, c’est indécent. Il n’y a aucun mandat démocratique pour proposer des mesures aussi dures. Je ne dis pas qu’il ne faut pas régler le déficit public mais pas ainsi. François Bayrou a fait voter tous les budgets depuis 7 ans. Ce n’est pas le Mozart mais le fiasco de la finance. Le président Macron a supprimé la taxe d’habitation, la redevance TV, l’ISF. Est-ce que ça a ruisselé ? Non. Nos services publics sont-ils plus efficaces ? Je n’ai pas l’impression. Ni l’école ni notre système de santé avec des déserts médicaux anxiogènes. Est-on mieux protégé par la Justice ? Le Premier ministre joue un coup de poker. Mais la confiance, elle n’y est pas. Il n’a consulté personne, il affiche une forme de mépris à l’égard des chefs de partis et partenaires sociaux. Stop.

    Vous êtes en conflit avec LFI. En cas de législatives, seriez-vous prêt à une nouvelle union de toutes les forces de gauche contre l’extrême droite ?

    M.D.: Les relations avec LFI sont compliquées pour toutes les formations de gauche. Leur université d’été a été consacrée à une charge contre un journaliste et l’agression verbale de l’écologiste Marine Tondelier. Fabien Roussel a été moqué quand il a applaudi la caravane du Tour de France. C’est LFI qui rend la situation compliquée. On a aussi des désaccords importants : sur la laïcité, sur la lutte contre l’antisémitisme et le racisme. La gauche ne doit être dans aucun relativisme. Quand la synagogue de La Grande-Motte subit une attaque terroriste, quand Aboubakar Cissé est tué dans une mosquée, nous devons être là. Jamais nous ne devons être en concurrence sur nos principes. La stratégie de LFI est d’attaquer partout et d’affaiblir la gauche où elle est en responsabilité. Je n’oublie pas qu’à Montpellier, LFI s’est alliée (en 2020) avec un milliardaire [Mohed Altrad, Ndlr] pour faire battre ma liste de rassemblement de la gauche. Il y a des hommes et femmes très sincères. René Revol [maire LFI de Grabels et vice-président à la Métropole] n’a pas ces positions-là. Mais il y a une dérive préoccupante chez LFI avec une stratégie permanente du clash.

    Vu le danger de l’extrême droite, on imagine que vous n’êtes
    pas favorable à une seconde dissolution ?

    M.D. : En effet, je n’y suis pas favorable. Je ne comprends pas pourquoi la première dissolution a eu lieu. Elle a rajouté du chaos. Le pays doit être gouverné. Si, demain, le Premier ministre remet sa démission, le scénario doit être à l’allemande, à l’italienne, à la belge. Il doit y avoir des consultations avec les groupes parlementaires et le Parlement doit avoir le pouvoir. Avec les discussions et les compromis, on doit aboutir à une majorité politique. Il appartiendra à Emmanuel Macron de décider. Je pense qu’il sera jugé très sévèrement dans l’Histoire pour son mépris de la démocratie sociale. Jamais un accord avec les organisations syndicales n’a été respecté. Il a déréglé notre démocratie.

    La loi de 1905 a 120 ans. C’est quoi le combat de la laïcité pour vous ?

    M.D : Le combat laïc est un combat historique de la gauche pour que les dogmes religieux ne s’imposent pas. Ce principe a été éclipsé ces 20 dernières années. La valeur et le mot laïcité ont parfois été utilisés par l’extrême droite qui s’en est servie pour faire un glaive contre nos concitoyens de confession musulmane. Je suis un militant de la laïcité qui est une valeur de concorde. Il y a aujourd’hui des forces religieuses qui travaillent notre pays et menacent la République. On l’a vu lors de la loi pour le mariage pour tous avec l’Église qui refusait un texte de liberté. Il y a aussi une offensive des islamistes qui disent comment doit s’organiser la société. On a vécu un retour du fanatisme religieux. Au nom de Dieu, Samuel Paty a été tué. Je me suis réjoui au sujet des abayas qu’on rappelle la loi de 2004 : l’école doit être dans une situation de neutralité. J’ai un désaccord majeur avec Jean-Luc Mélenchon qui dit que « l’École ne doit pas faire la police du vêtement ». Je dis que l’école doit être claire sur les tentatives de déstabilisation. La laïcité doit servir à rappeler un autre principe fondamental que l’extrême droite combat : que chacun a la liberté de conscience. Chacun doit pouvoir en sérénité exercer son culte. C’est pour cela que j’ai évoqué le dossier d’une grande mosquée au sud de Montpellier. Quand je vois que des fidèles sont dans la rue, c’est scandaleux. Nous avons aussi le devoir de protéger nos concitoyens de confession juive qui vivent dans la peur… Le retour du religieux se fait partout dans le monde : aux USA, les théocraties iraniennes, afghanes… Je trouve très inquiétant qu’on puisse venir discuter des attentats de Charlie Hebdo, qu’on questionne le droit au blasphème. La parole héritée des Lumières doit retrouver de la force. Le 9 décembre, nous fêterons les 120 de la loi sur la laïcité. Le moyen de la défendre c’est aussi de faire la République sociale. Quand les services publics s’affaiblissent, quand le tissu associatif est fragilisé, c’est le communautarisme qui organise la vie sociale. La République doit protéger et émanciper. C’est la dimension que je porte à la Mosson avec le projet de rénovation urbaine (Anru).

    Vous êtes ferme sur la sécurité. PS et gauche ont trop fait l’autruche ?

    M.D. : Oui. Quand vous êtes de gauche, vous combattez la loi du plus fort. Le respect des lois et des règles est un fondement pour protéger. La gauche a un devoir impérieux de faire respecter l’ordre républicain. Parfois, on a pensé que la gauche pouvait laisser cela à d’autres. Je ne crois pas, elle doit apporter ses réponses, pas celles de l’extrême droite qui instrumentalise la détresse des victimes. Mon rôle, et celui de la République, c’est de régler les problèmes des victimes, que Justice soit faite. La société est plus violente à cause du narcotrafic, d’un manque de fermeté, de la défaillance de la chaîne pénale. Je dis à la gauche : n’ayez pas peur de la vidéosurveillance, elle est utile pour prévenir le harcèlement de rue et aider la Justice à enquêter. Ne doutez pas de la nécessité d’armer la police municipale. À Montpellier, j’ai créé 143 postes pour la sécurité plus 50 policiers nationaux. C’est un effort inédit. Retailleau et Darmanin paradent. Je tire la sonnette d’alarme : si nous n’y prenons pas garde, la France va être dépassée par le narcotrafic. À Nîmes, un enfant a pris une balle à Pissevin. Il y a un besoin de moyens, de travail entre l’État et les maires. Les choufs et les mules sont des enfants alors que l’école est obligatoire jusqu’à 16 ans.

    Serez-vous candidat en mars 2026 ?

    M.D. : Je dirai ma décision en janvier. Je suis attentif à l’équilibre personnel et avec la famille. L’engagement en politique n’est pas une rente, cela doit toujours avoir du sens. On m’a proposé d’être ministre. C’est un honneur mais je n’étais pas en accord sur le fond et j’avais l’engagement pour ma ville. Je me poserai ces questions. J’ai encore des projets pour Montpellier. C’est un honneur d’être maire de cette ville mais il existe aussi des parts difficiles. Vous êtes confrontés à la mort qui vous habite, qui vous hante, à des menaces. La question c’est le projet, le sens. Je vois des gens qui font le mandat de trop, qui n’ont plus de jus. Des collègues maires ont lâché en cours de route. On travaille avec ma majorité à ce que doit être Montpellier en 2030-2040. J’ai plein d’idées pour cela mais il y a un temps pour tout. J’aurais eu un mandat de 5 ans et demi marqué par le Covid. Malgré tout, j’ai réussi à tenir mes engagements sur le plan Écoles 2030, la gratuité des transports… Le 20 décembre avec la 5e ligne de tramway, j’aurai fini mes engagements. Ensuite c’est une nouvelle phase qui s’ouvre.

    Après la campagne « la plus folle de France » en 2020, craignez-vous une campagne violente ?

    M.D. : J’ai déjà été attaqué pendant la campagne de 2020. J’ai gagné parce que j’ai mené campagne avec sérieux et conviction. Le débat démocratique a besoin d’être élevé. Je ne minore pas tous les coups bas qui vont venir. J’invite à ne pas trop trumpiser notre démocratie. J’ai eu par deux fois des mots malheureux en conseil municipal. Je les regrette et m’en suis excusé, ce n’est pas mon tempérament.

    Montpellier a-t-elle été « apaisée » et a-t-elle rattrapé son retard ?

    M.D. : Montpellier ne pouvait plus continuer à vivre dans le conflit avec la Région, le Département, l’État… Tout était bloqué, les dossiers n’avançaient pas. Ma méthode a fonctionné. Une troisième caserne de pompiers arrive grâce au Département, les mineurs non accompagnés ne sont plus dans les hôtels du centre-ville mais dans un lieu digne et éducatif. La Région nous accompagne sur beaucoup de projets, ce qui soulage les investissements de la Ville. On a eu plus d’argent de l’État pour l’Anru, on a mieux coordonné nos actions sur la sécurité, on a réglé le bidonville de Celleneuve. Des dossiers étaient enlisés comme le Contournement ouest de Montpellier. Cela va transformer l’avenue de la Liberté où transitent 45 000 voitures. On est l’une des seules villes sans contournement.

    Vous avez qualifié la gestion
    des déchets de «
     catastrophique ». Mais la chaudière CSR n’est-elle pas un choix par défaut ?

    M.D. : Montpellier est la seule ville de France sans solution pour traiter ses déchets. La filière CSR [Combustible solide de récupération, Ndlr] est un choix de responsabilité préconisé par l’Ademe, combattue par l’extrême droite, qu’ont adopté tous les pays d’Europe. C’est une solution qui fonctionne et permet de faire de l’énergie et donc de baisser les factures pour 20 000 foyers. Personne ne veut d’une nouvelle décharge ou d’un incinérateur. L’usine de méthanisation Ametyst, imposée à Georges Frêche par les Verts, est un échec : 20 000 personnes subissent les odeurs et les camions. Avec René Revol, on a mis en place un audit citoyen. On a demandé à ce que la filtration soit la plus avancée. Il ne faut pas jouer sur les peurs. Ce qui est dangereux c’est le trafic de l’avenue de la Liberté et sa pollution atmosphérique mesurée par l’Atmo. Le CSR permettra de baisser la taxe d’enlèvement des ordures ménagères. Sinon tout le monde va devoir payer plus.

    Le Service express régional métropolitain (Serm) n’est-il
    pas une promesse sans lendemain de Macron
     ?

    M.D. : Évidemment. Ici mettons-nous d’accord sur une carte pour créer un dispositif de mobilités alternatif à la voiture à l’échelle du grand territoire : de Lunel à Sète. Carole Delga est d’accord pour que la part régionale du versement mobilités continue à financer l’amélioration de l’offre de transport dans l’aire urbaine de Montpellier. Il nous faut de l’argent pour ces investissements. On doit faire entendre notre voix. Plusieurs dossiers se jouent : celui de la LGV vers Béziers qui permettra la grande vitesse vers l’Espagne mais aussi le cadencement des TER entre Sète et Montpellier. Il y a aussi les cars express sur la partie nord. Je vais continuer à faire ma part du Serm. Le plus grand contributeur c’est l’exécutif métropolitain. On a fait la ligne 5 de tramway, l’extension de la ligne 1 d’Odysseum vers la gare Sud de France, les parkings relais, les bustrams jusqu’à Castries et Cournonterral et le réseau cyclable. Mais je le dois à chaque habitant : les travaux fin décembre, c’est fini ! J’attends des autres qu’ils fassent aussi leur part. Comme homme de gauche, j’ai une radicalité transformatrice. Il y a un avant et un après. Les transports étaient payants, ils sont devenus gratuits. On pourra aller d’une gare à l’autre ou aux universités en tramway.

    Que faire pour que la croissance démographique de Montpellier reste un atout, pas un handicap ?

    M.D. : C’est une question majeure. Montpellier ne peut pas accueillir tout le monde. C’est pour cela qu’on travaille sur la répartition de la croissance démographique et que l’enjeu des transports est fondamental. À ce titre, je salue la mémoire de l’ancien maire Pierre Soujol [décédé le 28 juin, Ndlr] qui a été formidable. On s’est dit que Lunel pouvait être un des territoires de la croissance démographique. Je suis très heureux qu’après 10 ans où on a subi l’urbanisation à la parcelle, nous ayons réussi à voter le Plan local d’urbanisme intercommunal (PLUi). J’ai parlé d’un changement de paradigme en matière d’urbanisme. On ne fera plus des logements n’importe où n’importe comment. On aura un urbanisme de projets, une urbanisation douce avec de petites extensions.

    La loi ZAN semble difficile à respecter. L’écologiste Jean-Louis Roumégas vous reproche d’avoir trop urbanisé…

    M.D. : Tout le monde dit que l’action menée ici est l’une des plus écologiques de France. L’extrême droite me traite de « maire escrologiste ». J’ai souvenir d’un Jean-Louis Roumégas aux côtés de Jean-Pierre Moure (ex-président PS d’Agglo) dont le slogan était Unlimited… Je pense que la sobriété est un enjeu. On a adopté la stratégie Zéro artificialisation nette (ZAN). Les Coteaux de Malbosc ne seront pas urbanisés, ni les Bouisses. À Montpellier, 100 hectares dédiés à l’urbanisation ne le seront pas. Le PLUI préserve les deux tiers des terres agricoles et naturelles. C’est un choix de rupture. On a fait l’office foncier solidaire qui permet l’accession à la propriété. Je tiendrai mes engagements avec 25% de logements sociaux.

    Pourquoi maintenir le jumelage avec Tibériade alors que celui avec Obninsk a été stoppé à cause de la guerre en Ukraine avec Poutine ?

    M.D. : Pas du tout. Nous sommes jumelés avec Obninsk. J’ai fait un courrier de condamnation à son maire pour qu’il se positionne. Il ne m’a jamais donné de réponse. Ce jumelage est donc gelé. Pour le reste, les habitants de Tibériade ne sont pas Netanyahou. On est jumelé avec Bethléem : après l’attaque du Hamas du 7 octobre, on aurait dû suspendre notre jumelage ? Sûrement pas. Vous pensez que je vais suspendre le jumelage avec Louisville parce qu’il y a le président Trump ? Ou avec Chengdu ? Sûrement pas. Montpellier est une ville qui doit dialoguer avec le monde, promouvoir la coopération, contribuer à sa manière à la paix. C’est le seul chemin. Je suis aux côtés des Israéliens qui manifestent, qui disent que ce gouvernement Netanyahou est en train de faire le mal. Comme je suis du côté des Palestiniens qui disent que le Hamas fait du mal. Ma position c’est la plus dure : deux États dans les frontières de 1967. Je soutiens l’initiative du Président Macron de reconnaître l’État palestinien. Malgré les pressions, nous avons accueilli le musée national de la Palestine.

    Une fierté et un regret du mandat ?

    M.D. : Je regrette de ne pas avoir pris de décision rapide sur les déchets, de ne pas avoir pris d’emblée la mesure de la gravité de la situation. Mon principal regret c’est le rapport au temps. Je fais 80 heures/semaine mais parfois on aimerait davantage se poser, échanger. Je vais vite parce que j’ai une exigence de l’action et du résultat. Je suis en colère contre l’inertie qui existe dans le pays. C’est l’ennemi car elle est coûteuse.

    Ma fierté, c’est d’avoir mis en œuvre la gratuité des transports. C’est en moyenne 1 400 euros d’économies pour un foyer avec deux enfants. Les gens me remercient et me disent de tenir bon face à ceux qui veulent la remettre en cause. Quand on est de gauche, il faut parler mais aussi faire. J’espère que tous les candidats de gauche défendront la gratuité.