Tag: Bruno Retailleau

  • Matraques et bombes lacrymo pour les agents de la RTM

    Matraques et bombes lacrymo pour les agents de la RTM

    Des armes non létales, mais des armes tout de même. Comme annoncé voilà près d’un an, la présidente de la Métropole, Martine Vassal (DVD) a officiellement équipé ce mardi 13 janvier les agents du Groupement d’assistance et de protection (GAP) de la RTM de matraques télescopiques et de bombes lacrymogènes. Seuls 9 des 99 traminots de cette brigade dédiée à la sécurité ont pour le moment été formés, par une agence composée d’anciens militaires nous précisera Christian, membre du GAP depuis sa création en 2022, qui insiste sur le côté dissuasif et de médiation de sa mission.

    Mais tout devrait aller très vite se félicite l’élue, déjà satisfaite que tous bénéficient déjà de caméras piétons depuis le 19 décembre. De quoi réduire de 40% les incivilités à leur égard et lutter contre le fameux « sentiment d’insécurité ».

    Surtout, la candidate à la mairie de Marseille a vu là une belle occasion de pilonner sur son thème favori. « C’est une belle séquence qui renoue avec la façon de faire de la politique, avec ma majorité et mes élus, quand nous faisons des promesses, nous les tenons », martèle-t-elle, quand « la sécurité est la première de nos libertés ». Et de préciser qu’il aura « fallu se battre » pour obtenir les habilitations tant convoitées, où le soutien de « deux ministres très engagés, Bruno Retailleau et Philippe Tabarot » aura permis d’aboutir.

    Un continuum de sécurité

    En attendant les métros climatisés cet été, on saura que les agents du GAP pourront désormais dégainer s’ils jugent que leur intégrité physique ou celle des voyageurs est menacée, précise Catherine Pila, présidente de la RTM.

    Également présent, le préfet de région, Jacques Witkowski, satisfait. « Un pas vient d’être franchi, vous entrez de plain-pied dans le continuum de la sécurité », résume-t-il, considérant « vain d’opposer les forces de sécurité les unes aux autres ». Pour lui, « il faut plutôt les additionner », chacun « à sa place ». Car police nationale et CRS sont déjà présents sur le réseau. Et « les résultats sont bons » affirme-t-il, taclant Benoît Payan, maire DVG de Marseille et candidat à sa succession, qui n’a de cesse de réclamer des moyens : « Comme quoi avec 40 policiers en ville, on arrive encore à faire des choses ! » Et qu’on ne voit pas là le morcellement d’une activité régalienne de l’État. « On ne répond pas toujours aux questions de sécurité par plus d’effectifs », assène le préfet. Il prône l’utilisation de « moyens modernes » comme les caméras de rues, considérant « le débat d’atteinte à la liberté individuelle » éteint quand elles sont devenues « un élément de fiabilité de la sécurité du quotidien » et que « les concitoyens appellent à avoir encore davantage ». L’ex-gendarme Witkowski assume son côté répressif, « désolé, mais on ne se refait pas », avec du Audiard : « Quand on négocie avec un 11.43 en pogne, on est nettement plus crédible. »

  • La CGT du Var mobilisée pour les travailleurs migrants

    La CGT du Var mobilisée pour les travailleurs migrants

    Le 23 janvier, alors ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau établissait une circulaire sur les orientations générales relatives à l’admission exceptionnelle au séjour prévue par le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (Ceseda). Une manœuvre ayant pour but de réduire de 30% (de 30 à 20 000) les titres de séjour accordés, et de « discipliner le corps préfectoral », dénonce la CGT. Cela, en conditionnant drastiquement les conditions d’obtention de titres de séjour (7 ans de présence sur le territoire contre 5 auparavant [hors régularisations par le travail, qui restent à 3 ans], maîtrise de la langue…).

    Une orientation qui ne modifie pas la loi, ni les dispositions prévues par le Ceseda : chacun peut demander une CST (Carte séjour temporaire en salarié, ou travailleur temporaire) ou VPF (Vie privée vie familiale), pour des considérations humanitaires, pour les personnes confiées à l’Aide sociale à l’enfance ou à un tiers de confiance entre 16 et 18 ans suivant depuis six mois une formation professionnelle. L’article L-435 traite quant à lui des métiers en tension. C’est sur celui-ci qu’incite à se baser la circulaire Retailleau, alors que la liste « n’est pas finalisée et ne contiendra que très peu de métiers exercés par les travailleurs migrants car occupés et donc pas en tension », pointe la CGT.

    Les OQTF « assimilés

    à des terroristes »

    Une circulaire que dénonce l’UD CGT 83, mobilisée jeudi devant la préfecture dans le cadre de la Journée internationale sur la protection des droits des migrants. « Ces gens fuient la guerre, travaillent, et sont mis en situation de grande précarité. On veut des titres de séjour pour les travailleurs sans-papiers, un accès rapide pour les renouveler et la continuité des droits sociaux », exige Richard Roméo-Giberti, secrétaire général UD CGT 83.

    « La circulaire ralentissant la délivrance, des travailleurs sont licenciés faute de titres de séjour renouvelés à temps. L’objectif est de faire pression sur la préfecture. Les demandes de renouvellement sont réalisées quatre mois en avance, cela laisse largement le temps de les traiter », soutient Patrice Moulun, secrétaire générale de l’UL CGT Toulon. « Des corps entiers dépendent des travailleurs immigrés, comme la propreté, où 85% des salariés ne sont pas nés en France, la restauration, le bâtiment… C’est hypocrite car on les accepte pour travailler, tout en leur mettant une pression inhumaine. Certains sont même victimes de traite d’êtres humains, sans contrat ni salaire » dénonce Sébastien Bois, secrétaire du syndicat de la propreté du Var.

    Derrière tout cela est pointée la réalité de la majorité des OQTF, « souvent assimilés à des terroristes alors qu’ils ne sont pas des criminels, mais subissent la lenteur administrative. D’où leurs difficultés à aller aux prud’hommes, et les hésitations à faire valoir leurs droits, qui ne disparaissent pourtant pas avec l’OQTF », dénoncent de concert les trois syndicalistes. Ces deniers ont demandé une audience « sur les problèmes concrets, au cas par cas » au préfet, avec qui ils travaillent « depuis quelques semaines pour prendre en compte la réalité locale », et espèrent pouvoir mobiliser, par la grève, « afin de faire bouger les choses, comme ça a été le cas en Île-de-France ».

  • Lutte contre le narcotrafic : Marseille attend des réponses concrètes

    Lutte contre le narcotrafic : Marseille attend des réponses concrètes

    Une semaine après l’assassinat de Mehdi Kessaci, sur un parking à proximité de l’hôtel du département des Bouches-du-Rhône, Laurent Nuñez, le ministre de l’Intérieur, et Gérald Darmanin, le ministre de la Justice, débarquent à Marseille. Une visite demandée par le président de la République. Lors de la réunion d’urgence mardi à l’Élysée, Emmanuel Macron avait appelé à poursuivre et amplifier la lutte contre les narcotrafics.

    Durant la journée, les deux hommes se rendront au Baumettes, rencontreront Benoît Payan, le maire (DVG) de la ville, puis les magistrats de la juridiction interrégionale spécialisée et les autorités judiciaires et des forces de sécurité intérieure, pour des « réunions de travail » sur la criminalité organisée et le narcotrafic. L’après-midi, un temps d’échange avec la famille Kessaci est prévu avant une étape à l’Évêché pour rencontrer les enquêteurs et chefs de service.

    Services publics

    En visite aux Émirats arabes unis, le garde des Sceaux a réclamé l’extradition d’une quinzaine de narcotrafiquants présumés recherchés par la France. Depuis janvier, quatorze ont été interpellés puis extradés dans l’Hexagone pour y être incarcérés et jugés, précisait-il. Mais l’attente est surtout grande dans la deuxième ville de France où une marche blanche est organisée samedi.

    Si Marseille est régulièrement secouée par des narcomicides sur fond de guerre pour le contrôle des points de deal, l’assassinat de Mehdi Kessaci, un « crime d’intimidation inédit » selon les mots de Laurent Nuñez, soulignant implicitement que son frère Amine, militant engagé dans la lutte contre les narcotrafics était visé, a marqué « un point de bascule ». Mercredi, au lendemain des obsèques de son frère, dans une tribune au Monde le matin puis le soir au JT de 20h de France 2, ce dernier a appelé à ce que « la révolte (…) soit durable », réaffirmant sa volonté de ne pas se taire.

    Dans son sillage, le maire de Marseille a appelé les Marseillais à se joindre en nombre à cette marche : « C’est une marche pour la dignité en mémoire de Mehdi Kessaci, c’est une marche pour la justice et l’État de droit. Et je dis aux Marseillais et aux Marseillaises n’ayez pas peur, justement parce que cet assassinat inqualifiable est fait pour qu’on se cache. Il faut qu’on soit nombreux, déterminés ! Il faut montrer que Marseille est une ville rassemblée. »

    Benoît Payan attend aussi des réponses concrètes de cette visite ministérielle. Notamment un véritable renforcement des moyens : « L’assassinat de Mehdi nous dit aussi autre chose. Cette fois, c’est l’État qui est défié. Même si je ne fais pas le tri entre les morts, il nous dit que la République doit être présente et faire son retour partout. Le service public doit être dans tous les quartiers, la police et les magistrats bien sûr, mais tous les services publics. À chaque fois que la République baisse la tête, les narcotrafiquants s’installent. »

    « On est passé dans une autre dimension ! Les narcotrafiquants, par leurs assassinats, rackets et pressions de toutes sortes, veulent prendre le pouvoir sur les lois de la République », a réagi de son côté Renaud Muselier. Rappelant les résultats concrets apportés entre 2024 et 2025 dans la lutte contre les narcotrafics, le président (Ren.) de la Région n’avait pourtant pas boudé en début d’année la suppression d’un préfet de police de plein exercice, décidée par Bruno Retailleau. En mars, l’ex-ministre (LR) de l’Intérieur avait confié la fonction au préfet de région, Georges-François Leclerc, parti depuis diriger le cabinet présidentiel à l’Élysée.

    Doctrine et plein exercice

    Une situation que le maire de Marseille regrette, allant plus loin dans sa critique. « Ça ne fait pas tout et tout ne s’est pas arrêté, il y a eu des résultats ces dernières années », tempère Benoît Payan rappelant que le nombre de narcomicides est passé de 49 en 2023 à moins d’une dizaine cette année : « Mais les policiers sont des agents du service public aussi, des fonctionnaires de l’État qui ont besoin de moyens. Ils ont besoin d’être payés correctement, ils ont besoin de renforts, de matériel et ils ont besoin d’avoir des idées claires et un cadre. Avoir enlevé un préfet de police de plein exercice à Marseille, en pleine bataille contre les narcotrafics, ça n’a pas de sens. »

    Sur le fond, le maire déplore aussi « la doctrine d’emploi des forces de l’ordre », estimant avoir observé malgré ces résultats, « un relâchement sur la question du narcotrafic ». Il regrette notamment que « l’accent ait été mis sur de la poursuite de personnes en situation irrégulière », évoquant les 7 500 OQTF délivrées sur l’année pour la seule ville de Marseille.

    Et de pointer la création tardive du Parquet national anticriminalité organisée qui va voir le jour, à l’instar des parquets national antiterroriste et financier. Une demande formulée en 2021. « Pas par plaisir. J’ai juste considéré que c’était une nécessité voyant ce qui se passait dans cette ville », coupe Benoît Payan. « Peut-être faut-il écouter les maires. Tous les maires. Quand on parle de nos villes, on sait de quoi on parle. Même si l’État était là à Marseille et c’est pas moi qui vous dirai le contraire, sur cette question-là, sa création le 1er janvier 2026 arrive un peu tard. »

    La réforme de la PJJ dans le viseur

    En réponse à l’appel d’Emmanuel Macron, à « amplifier » la lutte contre le trafic de drogue, l’Association nationale de la police judiciaire (ANPJ) réclame dans un communiqué la création en « urgence » d’une direction générale de la police judiciaire « forte, rassemblée et connectée, à l’image de la DGSI (Direction générale de la sécurité intérieure). » Pour l’ANPJ, « cette bascule dans le narcoterrorisme était prévisible ». Estimant que les « pouvoirs publics se montrent incapables d’anticiper et d’endiguer un phénomène désormais structurel », l’association considère que « la réforme de la police judiciaire a été, elle aussi, un point de bascule. Celui de la déconstruction du seul service de police capable de poursuivre une lutte efficace contre la très grande criminalité à l’échelle nationale. »

    L.M.

  • Petite séance publique pour le conseil départemental

    Petite séance publique pour le conseil départemental

    Une poignée de rapports dont le menu complet n’a même pas été rendu public, et une invitation laconique, où l’on apprend que lors de cette séance « sera notamment abordée la décision modificative n° 2 »… Merci. Au revoir. La manière dont l’exécutif du conseil départemental, plus de 2 millions d’habitants et plus de trois milliards de budget, anime le débat public sur le territoire, continue d’interroger.

    Collège, canal et tourisme

    Si 143 rapports seront examinés dans le huis clos de la commission permanente aux alentours de 13h, l’hémicycle discutera dans la matinée de seulement 17 rapports. Parmi les dossiers abordés en public : les dotations aux 137 collèges publics pour 2026, d’un montant global de plus de 9,6 millions d’euros en fonctionnement et 1,2 million en équipement, le rapport annuel de la Société du canal de Provence qui assure la desserte en eau brute de la majeure partie de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur ; ou bien encore le rapport financier de l’association Provence tourisme financée à hauteur de 5,3 millions d’euros, et pour laquelle la collectivité mettra encore la main à la poche.

    Une dizaine de rapports concerneront enfin les finances de la collectivité. La fameuse modificative n° 2. Mais pas de trace du Débat d’orientation budgétaire. Préalable au vote du budget primitif de décembre, l’exercice de style, présente habituellement en octobre les grandes orientations de l’année à venir. L’absence de budget de l’État, dont la présentation par le gouvernement Lecornu I a été retardée après la sortie du ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau (LR), ayant entraîné sa démission, n’a pas dû aider à cette stabilité réclamée par beaucoup.

  • Sursis

    Sursis

    Après une semaine rocambolesque faite de démission, de reconduite, de tractations, Sébastien Lecornu a opéré un repli stratégique en annonçant la suspension de la réforme des retraites tout en réaffirmant qu’il renonce à faire usage du 49.3. Deux exigences posées par le PS pour ne pas censurer son gouvernement a priori.

    Il n’en fallut pas plus pour que Bruno Retailleau, juge le gouvernement « otage des socialistes » bien qu’il contienne six ministres membres des LR fraîchement exclus et que le groupe de son parti à l’Assemblée nationale refuse de le censurer.

    Indéniablement, Sébastien Lecornu a réussi à gagner un sursis alors même que l’attitude du chef de l’État qui l’a nommé à Matignon, l’a privé de toute légitimité.

    Une brèche dans le mur de mépris macroniste

    À gauche, en dehors du PS, même si la suspension de la réforme des retraites est vue comme une première victoire et une brèche dans le mur du mépris démocratique macroniste, le compte n’y est pas.

    Communistes, écologistes et insoumis s’accordent à juger une censure incontournable. D’abord pour sanctionner le refus du président de la République de nommer un Premier ministre issu de la coalition arrivée en tête : le Nouveau front populaire. Ensuite pour stopper l’examen d’un budget qui cache derrière l’arbre de la suspension de la réforme des retraites, une forêt de reculs sociaux. Doublement des franchises médicales, gel des prestations sociales, « l’année blanche » promise par le gouvernement sera plutôt une année noire pour la justice sociale.

    Sébastien Lecornu sait bien qu’il ne tient que par un fil. La preuve ? Il a préféré ne pas poser la question de confiance.

    Son budget, inacceptable pour le monde du travail et les progressistes ne doit pas être adopté.

  • Psychodrame chez LR : qu’adviendra-t-il des frondeurs ?

    Psychodrame chez LR : qu’adviendra-t-il des frondeurs ?

    C’est un nouveau coup de théâtre auquel Les Républicains nous ont habitués. Que va-t-il advenir des six membres qui ont bravé l’interdit de Bruno Retailleau pour rejoindre l’éphémère gouvernement Lecornu II ? Leur sort définitif sera tranché par les instances du parti dans les prochains jours.

    La décision risque de coûter cher au parti de droite. Car parmi eux, Annie Genevard, reconduite au ministère de l’Agriculture. Poids lourd de LR, elle a été nommée au début de l’année présidente de la stratégique commission nationale d’investiture (CNI). Figure également Rachida Dati qui poursuit son activité à la Culture, alors qu’elle vient tout juste d’être investie par les Républicains comme candidate à la mairie de Paris. La droite va-t-elle s’en priver à quelques mois de l’élection ?

    Reconduit aux Transports, Philippe Tabarot a écrit à ses collègues du Sénat en leur disant qu’il était « cohérent avec la position qui était celle des Républicains jusqu’au 5 octobre dernier ». Les trois autres LR à entrer au gouvernement sont tous députés : Vincent Jeanbrun (Logement), Sébastien Martin (Industrie) et Nicolas Forissier (Commerce extérieur et attractivité). Avec une cinquantaine d’élus, les députés LR occupent une position pivot à l’Assemblée et constituent aux côtés du bloc macroniste la deuxième composante du socle commun.

    En première ligne en cas de dissolution, ils étaient largement favorables à la participation au gouvernement Lecornu II, contrairement aux sénateurs qui ont soutenu la position de Bruno Retailleau. Après la dissolution de juin 2024, de nombreux députés LR avaient sauvé leur siège face au RN, en grande partie grâce à leur ancrage local. Mais aussi grâce au front républicain, auquel ils n’ont pourtant pas appelé.

  • [Le Grand entretien] Laurent Burgoa (LR): « Les députés RN ne surfent que sur du populisme »

    [Le Grand entretien] Laurent Burgoa (LR): « Les députés RN ne surfent que sur du populisme »

    LR

    LM : Quel est votre nouveau rôle au sein des LR ?

    Laurent Burgoa : J’ai intégré le Bureau politique et mon président national [Bruno Retailleau, Ndlr] m’a proposé d’intégrer la Commission nationale d’investiture. Cette commission ne s’occupe que des communes de plus de 30 000 habitants. Nous avons la responsabilité de choisir les candidats ou les chefs de file LR sur l’ensemble du territoire national. C’est intéressant d’échanger et de voir des élus de tout le territoire. Pour cela, on est obligé de connaître la configuration politique locale et de rencontrer les candidats. Je suis proche de Bruno Retailleau, que j’ai soutenu durant la campagne des LR parce que c’était mon président de groupe au Sénat.

    Ancrage local

    LM : Comment entretenez-vous le lien avec les élus locaux ?

    L.B. : J’avais dit, durant la campagne, que j’irais à la rencontre de tous, donc c’est ce que j’ai fait, sauf pour une commune, Beaucaire, puisque j’ai une position très ferme vis-à-vis du Rassemblement national. Pour moi, c’est ni RN, ni LFI. Sinon, j’ai fait un premier tour où je suis allé dans 349 communes, où j’ai rencontré aussi les présidents de communautés de communes, de communautés d’agglomération. Là, j’ai commencé un second tour où j’ai vu environ 150 communes. Je crois que c’est important, ce contact avec les élus gardois pour être leur meilleur ambassadeur à Paris lorsqu’on évoque les dossiers des collectivités territoriales. Les élus font face à des normes de plus en plus contraignantes qui ne sont pas dues aux lois mais aux décrets d’application, à l’administration. Dans notre République, ce sont les administrations centrales qui ont pris le pouvoir sur les élus. Les administrations nationales ont plus de pouvoir que les ministres. Ce n’est pas possible.

    Vous dîtes ni LFI, ni RN. Vous parvenez pourtant à travailler avec certains maires LFI…

    L.B. : Pour moi, le PCF et le PS, qui n’ont pas mes idées, font partie de la République. Je dis LFI, mais c’est avant tout Mélenchon et sa bande qui sont un peu dangereux pour la République. Mais oui, j’ai travaillé avec le maire de Mandagout par exemple, qui était LFI et qui est maintenant Ruffiniste.

    Serez-vous à nouveau candidat en 2026 ?

    L.B. : Oui, je serai à nouveau candidat aux élections sénatoriales en 2026.

    Campagne municipale

    LM : Allez-vous vous investir durant la campagne des municipales ?

    L.B. : Franck Proust m’a demandé de regarder, en tant que secrétaire départemental, les communes de moins de 32 000 habitants. En tournant dans le Gard, je rencontre aussi des élus et ça me permet de voir la situation. Après, parfois des membres de LR sont sur plusieurs listes, certains sont avec des gens de gauche donc je regarde tout cela avec l’objectif qu’il y ait le plus possible de LR élus.

    Que dites-vous à Julien Plantier, qui semble bien décidé à se présenter à Nîmes alors que Franck Proust a été investi par les LR ?

    L.B. : J’ai rencontré Julien avant l’été. Je lui ai dit que tout le monde devait faire un effort. Notre candidat, c’est Franck Proust car Julien n’est plus LR puisqu’il n’a pas renouvelé sa carte, même s’il reste de droite. Il y a tout intérêt à ce qu’il y ait une union à Nîmes. Il vaut mieux avoir un petit bout du gâteau que pas de gâteau du tout. Je pense que tout va rentrer dans l’ordre parce que je n’ai pas oublié 1995 avec l’affrontement qu’il a pu y avoir entre Jean Bousquet et Camille Lapierre. On a vu le résultat. Si on veut éviter cela, on sait ce qu’il faut faire. L’union, c’est avant tout la volonté de deux personnes. Je vois que certains du centre comme M. Procida (UDI) souhaite l’union donc ça va dans le bon sens. Après je n’ai pas senti chez Mme Rouverand (Renaissance) une grande volonté d’union alors que dans certaines communes, des LR se retrouvent sur des listes de Renaissance. Aux départementales, elle était déjà candidate contre moi et sa présence m’a empêché de passer au second tour. Elle aussi sera comptable après l’élection si elle fait perdre la mairie, parce qu’elle est quand même divers droite.

    Extrême droite

    LM : Comment expliquez-vous la progression du Rassemblement national dans notre département ?

    L.B. : Ce vote est l’expression d’un ras-le-bol par rapport au contexte national où on demande toujours plus à ceux qui travaillent, à ceux qui se lèvent tôt et se couchent tard et qui ont des fins de mois compliquées. Il y a un phénomène que je ne comprends pas : bien sûr, il faut être vigilant sur l’immigration, mais il ne faut pas taper sur les immigrés. Dans ce département, ce phénomène est prégnant. Aujourd’hui, je ne travaille pas avec les députés RN alors que je travaille avec des sénateurs socialistes car on n’est pas de la même chapelle mais on est dans la même cathédrale, qui est la République. Je reproche aux députés RN de ne pas être ambassadeurs de leur territoire, c’est-à-dire de porter des projets pour essayer de les faire avancer. Eux ne font pas ça, ils ne surfent que sur du populisme.

    Craignez-vous une tripartition au Sénat ?

    L.B. : Non car aujourd’hui il y a quatre sénateurs RN. Ils peuvent augmenter un peu, mais même si le corps électoral peut changer il ne sera pas totalement bouleversé car les évolutions au Sénat sont lentes.

    OÙ EN EST LE DOSSIER PERRIER ?

    L.B. : D’abord, sur la verrerie, il n’y a quasiment pas de solution de reprise. Nous y avons travaillé avec le préfet, nous avons eu des touches et nous avons demandé à Owens Illinois de maintenir le four au moins pendant 18 mois, mais ce groupe américain n’a pas accepté. Je pense qu’on va donc aller vers la fermeture du site. Quant à Nestlé, les études ont pris plus de temps car le dossier est reparti à zéro. Ce n’est pas facile de travailler avec ces grands groupes mais l’objectif est de maintenir au moins un forage en eau minérale naturelle.

  • L’extrême droite RN veut « tout censurer »

    L’extrême droite RN veut « tout censurer »

    Le Rassemblement national rejoue la même scène que lors de la dissolution de juin 2024, décidée de façon ubuesque par Emmanuel Macron, au soir des résultats des élections européennes où le RN était arrivé en tête de ce scrutin à un tour. Le risque d’une arrivée au pouvoir de l’extrême droite avait alimenté le débat public et avait poussé les gauches à s’unir pour les législatives anticipées, au sein du Nouveau front populaire (NFP). Une union qui arrivera en tête, le 7 juillet 2024, mais sans être appelée à Matignon par Macron.

    Plus d’un an après, et alors qu’il fait son miel de l’instabilité politique et de la crise de régime, le RN ne change pas de disque et se dit toujours « prêt à gouverner ». Mais pour cela, une nouvelle dissolution est un préalable indispensable. Or, elle dépend, comme le stipule la Constitution, du seul chef de l’État. Aussi, entendre, mercredi matin, Sébastien Lecornu dire que la perspective d’une dissolution s’éloignait, a fait sortir de ses gonds l’héritière de Montretout. Elle a déclaré dans la foulée qu’elle « censurerait tout » ce qui émane du gouvernement, même si elle a dit prudemment être favorable à une suspension de la réforme des retraites, avancée par le dernier carré des macronistes. « Je suis heureuse de cette suspension si elle intervient », a-t-elle déclaré en marge d’une visite au sommet de l’élevage, à Cournon-d’Auvergne (Puy-de-Dôme). Pour autant « je censure tout. Là, maintenant, stop. La plaisanterie a assez duré », a-t-elle ajouté. Le président du RN Jordan Bardella a déclaré dans quasiment les mêmes termes sur le réseau X que « la seule solution, c’est le retour aux urnes. Stop aux tractations, place aux élections et à la dissolution de l’Assemblée nationale ».

    Marine Le Pen, qui a refusé de rencontrer Lecornu, a également précisé que « si les Français nous veulent, nous sommes prêts et nous enverrons Jordan Bardella qui constituera un gouvernement de coalition. »

    Coalition avec qui ? Pour l’heure, le parti lepéniste n’entre pas dans les détails mais à droite, les digues sont en train de rompre, Bruno Retailleau (LR) en tête, mais aussi la sénatrice LR Sophie Primas, ancienne porte-parole du gouvernement Bayrou, qui a dit mercredi sur RTL qu’elle était prête à gouverner avec l’extrême droite, en affirmant que « nous n’avons pas que des désaccords avec le Rassemblement national ». Gravissime et symptomatique d’une bascule de la droite dite traditionnelle.

  • Guerre intestine chez la droite LR

    Guerre intestine chez la droite LR

    Le ministre de l’Intérieur démissionnaire sera-t-il victime de son jusqu’au-boutisme ? En faisant exploser, dimanche soir, un socle commun déjà fragilisé entraînant la démission de Sébastien Lecornu, Bruno Retailleau, chef du parti LR, pourrait perdre gros. Mercredi, alors que la suspension de la réforme des retraites était au cœur des discussions, il a déclaré sur BFM-TV : « On défend cette réforme depuis des années, c’est la seule que le pays ait faite en sept ans. Revenir dessus serait catastrophique pour notre économie, l’accepter serait suicidaire pour la droite. » Une position que n’ont pas appréciée certains députés LR. C’est le cas de Vincent Jeanbrun (Val-de-Marne) : « Dans un monde normal, les décisions qui engagent un groupe parlementaire sont prises par les députés dudit groupe parlementaire et non par le seul parti. Il faut toujours préférer son pays à son parti surtout dans la période actuelle. Prenons de la hauteur. »

    Retailleau fait aussi polémique en appelant « à ne pas voter pour la gauche », dimanche lors de la législative partielle dans le Tarn-et-Garonne, où s’affrontent le candidat RN/UDR, Pierre-Henri Carbonnel (29,5%) et la candidate socialiste Cathie Bourdoncle (24,23%). Une consigne balayée par Bernard Pécou (17,6%), le candidat LR qui « laisse libre de leur choix » les électeurs, sans aller jusqu’à appeler au front républicain. Le désaccord reste majeur.

  • Sans tête, Macron s’entête avec Lecornu

    Sans tête, Macron s’entête avec Lecornu

    Nomination d’un nouveau Premier ministre ? Nouvelle dissolution de l’Assemblée et élections législatives ? Démission du président de la République ? Ou bien destitution ? Quatre scénarios (lire ci-contre) étaient sur la table après la démission, lundi matin, de Sébastien Lecornu. Le président Emmanuel Macron était de nouveau en première ligne, plus isolé que jamais. On l’a vu errer seul, en discussion au téléphone sur les bords de Seine, à la sortie d’une répétition de la cérémonie de panthéonisation de Robert Badinter prévue jeudi… Mais la farce est décidément longue.

    En fin d’après-midi, l’Élysée indiquait que le président de la République avait confié au Premier ministre démissionnaire « la responsabilité de mener, d’ici mercredi soir, d’ultimes négociations afin de définir une plateforme d’action et de stabilité pour le pays ». Un « blablatage » linguistique signifiant que Sébastien Lecornu était chargé de former un nouveau gouvernement. Une mission que ce dernier a acceptée. Il doit rencontrer, ce mardi à Matignon, les leaders du centre et de la droite…

    Lemaire se retire

    L’option de la reconduction de Sébastien Lecornu avait pris du poids au fil de la journée, alimentée par un post de Bruno Lemaire sur le réseau social X indiquant son renoncement à participer au gouvernement démissionnaire. « J’ai proposé en fin de matinée au président de la République de me retirer du gouvernement sans délai et de transférer mes responsabilités de ministre des Armées au Premier ministre » écrivait-il, en affirmant « souhaite(r) que cette décision permette la reprise des discussions en vue de former un nouveau gouvernement dont la France a besoin ».

    Dans l’après-midi, le Premier ministre démissionnaire avait quitté l’Élysée après un nouvel entretien avec Emmanuel Macron avant de se rendre au Sénat pour s’y entretenir avec son président LR, Gérard Larcher. Les mots échangés dans la matinée entre partenaires d’un socle commun de la droite et du centre qui volait en éclat, ont été rudes. Ridicules surtout, à l’image de cet exécutif n’ayant vécu qu’une quinzaine d’heures et qui restera dans l’histoire comme le plus éphémère de la Ve République.

    Tôt dans la matinée, le Premier ministre avait remis sa démission à Emmanuel Macron. Nommé le 9 septembre, Sébastien Lecornu avait dévoilé, la veille, une partie de son gouvernement et devait prononcer, ce mardi, sa déclaration de politique générale à l’Assemblée. « Les conditions n’étaient plus remplies », expliquait alors ce dernier sur le parvis de Matignon, admettant un manque de fluidité dans la composition d’une équipe gouvernementale qui lui a pris 26 jours. Mais l’ont-elles été un jour ?

    Tout sauf la gauche

    Et d’expliquer cette situation par le refus des formations politiques de « voir les changements et la rupture profonde » liée à la promesse de ne pas passer en force par le 49.3 et le fait qu’elles « continuent d’adopter une posture comme s’ils avaient tous la majorité absolue » à l’Assemblée. « Les compromis ne sont pas la compromission », a-t-il martelé, avant de se montrer plus critique en pointant « le réveil de quelques appétits partisans » en lien avec l’élection présidentielle de 2027. « Il faut toujours préférer son pays à son parti », a-t-il lancé dans une allusion claire à Bruno Retailleau, même s’il ne le citera jamais.

    Le ministre de l’Intérieur et président des Républicains avait précipité sa chute, la veille, en remettant en cause la participation de son parti au gouvernement, après l’avoir acceptée et âprement défendue, à travers un post sur le réseau social X déplorant que « la composition du gouvernement ne reflète pas la rupture promise ». « On se retrouve avec des chevaux de retour », s’est encore justifié Retailleau, lundi au 13h de TF1 (lire ci-contre), moins offusqué par la reconduction de huit ministres de son écurie qui ne pèse que 50 députés, dont sept apparentés, à l’Assemblée.

    Ne se sentant pas « du tout » responsable de la démission du Premier ministre, le patron des LR assurait que celui-ci lui avait « caché la nomination de Bruno Le Maire (ex-LR) » comme ministre des Armées. « Un problème de confiance ». « Hors de question » en revanche pour lui de « cautionner un Premier ministre de gauche. » Tout sauf de gauche. Sans doute la conclusion de dix ans de macronisme ayant mystifié beaucoup de Français dans un illusoire « ni de droite, ni de gauche ».

    Attal « ne comprend plus » le Président
    Gabriel Attal, ancien Premier ministre d’Emmanuel Macron et président du parti présidentiel Renaissance, a déclaré lundi soir sur TF1, que « comme beaucoup de Français », il « ne comprend plus les décisions du président de la République » qui « donnent le sentiment d’une forme d’acharnement à vouloir garder la main ». « Il faut maintenant partager le pouvoir », a-t-il ajouté, appelant à « un ou plusieurs négociateurs indépendants pour arriver à un compromis sur le budget et ensuite nommer un gouvernement ». S.D.
    12h
    C’est la durée du gouvernement Lecornu (Ren), éphémère Premier ministre (27 jours) d’Emmanuel Macron. Le 3e en moins d’un an après Michel Barnier (LR) et François Bayrou (Modem), et le 5e depuis la réélection du président de la République en mai 2022.