Tag: bruit

  • À Carpentras, un arrêté « anti-mendicité » passé dans l’ombre

    À Carpentras, un arrêté « anti-mendicité » passé dans l’ombre

    Alors qu’à Avignon, l’arrêté « anti-mendicité » acté discrètement par le maire Olivier Galzi (DVD), fin août, avait finalement fait grand bruit avec des recours déposés contre sa mise en place, une décision similaire est passée entre les mailles du filet à Carpentras. En effet, dès le 8 avril, le maire Hervé de Lépinau (RN) a pris un arrêté qui poursuit « les troubles à l’ordre public et à la salubrité publique, provoqués notamment par les actions de mendicité et les comportements liés à la consommation abusive d’alcool ».

    Périmètre défini

    Sont interdits précisément « la consommation de boissons alcoolisées lorsqu’elle est de nature à provoquer des rixes, du bruit ou du tumulte », le « maintien prolongé, en position assise ou allongée, de personnes ou d’animaux qui gênent le libre passage des piétons ou perturbent l’ordre public », mais aussi « les quêtes d’argent faites de manière agressive aux terrasses de cafés, sur les parvis d’église, parvis de la gare SNCF, parcs, jardins publics et aux feux tricolores ». Le tout du 8 avril au mercredi 30 septembre inclus. L’arrêté s’applique aux voies, places, parcs, jardins et lieux publics de Carpentras « compris dans le périmètre délimité par les boulevards de ceinture », précise l’arrêté.

    Contactée par La Marseillaise, la municipalité carpentrassienne n’a pas répondu à temps à nos sollicitations pour que sa réponse puisse figurer dans cet article. Toutefois, l’arrêté expose plusieurs motivations, parmi lesquelles « assurer la sûreté et la commodité de passage sur les voies publiques », « garantir la quiétude des personnes fréquentant les jardins et parcs publics ainsi que les chalands » ou encore de « prévenir et faire cesser les troubles de voisinage, les bruits et les tapages, de prescrire toutes les mesures utiles, nécessaires au maintien du bon ordre ».

    Recours impossible

    Un arrêté évoqué dans la tribune libre du magazine de la Ville, en début d’été, par la conseillère d’opposition Pauline Cittadini (Parti Animaliste), du groupe « Ensemble, fiers de Carpentras », issue de liste du maire sortant Serge Andrieu, qui a depuis démissionné du conseil municipal. Le délai de recours étant de deux mois à compter de la publication du document, il était déjà trop tard pour engager une procédure. Ce que l’élue d’opposition regrette amèrement : « Il concerne quasiment tout le centre-ville, petites rues incluses. Donc, le principe de proportionnalité n’y est pas pour moi. Mais je suis tombée dessus trop tard. »

    Contactée, la section locale de la Ligue des droits de l’Homme assure qu’un recours sera déposé en cas de prolongation de l’arrêté.

    La confidentialité des courriers interroge

    Des inquiétudes ont également été soulevées par des élus d’opposition, à Carpentras, concernant l’apparition, dans un formulaire, d’une case demandant l’autorisation pour la municipalité d’ouvrir les courriers des conseillers municipaux. Des soupçons de manœuvre quelque peu fourbe qui ont fait tiquer. « J’ai bien refusé pour ma part. Il paraît que c’est normal, mais c’était tout de même bizarre », confie l’opposante Pauline Cittadini (Parti Animaliste). Mais cela semble en réalité émaner plutôt d’une très forte inspiration du premier résultat d’une recherche web, quand on tape « formulaire de collecte des données des élus ». En effet, sur cette page du site de partage de documents Scribd figuraient également ces fameuses cases et demandes. Contactée, la municipalité de la capitale du Comtat Venaissin n’a pas répondu à nos demandes.

    M.S.

  • À Béziers, une rocade de 15 km pour fluidifier la circulation

    À Béziers, une rocade de 15 km pour fluidifier la circulation

    Ça roule mieux à Béziers et ce n’est pas grâce à Robert Ménard. Si les automobilistes sont moins pris dans les bouchons et que les riverains sont moins gênés par le bruit ou la pollution en ville, c’est le Département de l’Hérault qu’il faut remercier.

    Vendredi 22 mai, le président Kléber Mesquida (DVG) a inauguré le rond-point de l’Ardide (coût 14 millions d’euros). Avec une route élargie en deux fois deux voies et son dénivelé, le nouveau giratoire et ses deux ponts permettent de franchir la rivière le Lirou et de séparer les flux de la route de Saint-Pons-de-Thomières et du centre-ville de Béziers. « Cela permet d’améliorer le point noir de ce carrefour en le désenclavant », se félicite Philippe Vidal.

    Le vice-président socialiste sait aussi qu’il s’agit du point quasi final aux grands travaux de la rocade de Béziers. Débutés en 2010, ils ont tour à tour permis l’aménagement des échangeurs de la Minervoise avec la route de Montady (2010), de la route de Narbonne (2013), de la Crouzette (2022), de la Devèze (2023). Mais aussi le passage en deux fois deux voies et la création du carrefour de la Montagnette (2014), de la rocade nord (2019) et enfin les dénivellations des ronds-points Vincent-Badie (2015) ou Edgar-Faure (2018).

    La suite des travaux

    Plus de 15 ans de travaux avec une route élargie, 12 ponts, 3 giratoires surélevés pour un total de 99 millions d’euros investis dans l’intérêt général. « En ville, cela permet de limiter les nuisances et de fluidifier le trafic. Sur la rocade, on est passé de 18 000 véhicules par jour à 50 000. Sans cette prise de décision politique il y a 15 ans, la ville de Béziers serait congestionnée », assure Philippe Vidal.

    Si le chantier initial est achevé avec cette rocade biterroise de 15 km, le Département veut aller plus loin et boucler la boucle. « L’essentiel est fait mais pour permettre le passage de la deux fois deux voies jusqu’à l’échangeur ouest de l’A9, on a besoin d’agrandir certains ouvrages d’art (notamment 4 ponts : celui de la SNCF, de la Minervoise, du Canal du Midi et de la route de Narbonne) ». La prochaine étape concernera le rond-point de la Méditerranée (au niveau de Cers) afin, là encore, de fluidifier le trafic. Le calendrier de ces travaux additionnels, dont l’avancée dépendra de l’état des finances du Département, n’a pas encore été défini.

  • Le BUS, une infrastructure routière qui fait grand bruit

    Le BUS, une infrastructure routière qui fait grand bruit

    Alors que le collectif CANBUS s’active et mobilise pour empêcher le prolongement du Boulevard Urbain Sud (un linéaire prévu sur 8,5 km de l’échangeur Florian jusqu’à la traverse Parangon) et épargner le jardin de la Mathilde, les jardins familiaux Joseph-Aiguier et la pinède du Roy d’Espagne, la Métropole lance un marché pour poursuivre l’isolation acoustique des bâtiments impactés sur les 3 km de la section livrée en 2021 jusqu’au boulevard de Sainte Marguerite.

    A ce jour, les menuiseries de 126 logements ont déjà été remplacées via un dispositif de subventions que la Métropole veut étendre. Pour s’assurer de l’impact réel de l’infrastructure décriée, une mise à jour en juin 2021 de l’étude acoustique de 2016, a mis en évidence « la nécessité de traiter 570 bâtiments supplémentaires par rapport aux 117 bâtiments initialement prévus » et ce en dépit de 5 kilomètres de murs de clôture acoustiques déjà posés.

    La réglementation impose au maître d’ouvrage des mesures de protection en cas de dépassement des seuils de 60/65 décibels le jour (6h-22h) et 50/55 décibels la nuit (22h-6h). Pour donner un ordre d’idée, le niveau sonore à moins de 8 mètres d’un véhicule roulant à 50 km/h se situe autour de 70/75 décibels. La somme de 10 véhicules augmente le niveau de bruit global de 10 décibels, soit 80/85 décibels. Le bruit montant, sa perception est amplifiée aux étages. D’où l’isolation acoustique des façades proposée.

    Un trafic encore sous-estimé

    Autre problématique soulevée, la sous-estimation du trafic pris en compte dans les études. Si du côté de l’A50, il est projeté que le BUS passerait de 40 000 véhicules/jour en 2021 à près de 49 000 en 2040, il était observé en 2021 que du coté de Sainte Marguerite (où les travaux d’aménagement d’un rond-point débutent), le BUS était déjà parvenu à son niveau projeté de trafic 2040 avec près de 28.000 véhicules/jour. « Il est donc possible que le trafic sur le BUS soit sous-estimé sur certaines sections », analyse l’étude de 2021 qui recommande de « refaire une étude de trafic pour mieux apprécier les trafics de long terme, voire de majorer les isolements des bâtiments à traiter dans cette éventualité, surtout que le BUS doit être prolongé vers le sud, ce qui risque d’induire des trafics supplémentaires. »

    D’où la possibilité qui est donnée de réaliser de nouvelles mesures acoustiques par logement « à la demande des propriétaires notamment au regard d’une éventuelle évolution du trafic routier », propose la Métropole.

  • Une consultation pour réduire le bruit du réseau routier

    Une consultation pour réduire le bruit du réseau routier

    Au-delà du cas de la rocade d’Avignon, source de bruit et de pollution, dont un possible arrêté anti-poids lourds cristallise les tensions, le Département de Vaucluse planche sur son réseau routier. Et les nuisances sonores qui en découlent. Après avoir adopté, il y a 7 ans, son plan de prévention du bruit dans l’environnement, le conseil départemental mène sa révision. Jusqu’au 20 octobre *, une consultation est en cours sur ce document, qui « a pour objet d’informer le public sur la notion du bruit routier, ses caractéristiques et ses effets, et de présenter un diagnostic réalisé sur le réseau des routes départementales ».

    Ce plan concerne les routes dont le trafic est supérieur à 8 200 véhicules par jour, en moyenne. Soit 68 infrastructures routières départementales et 337 km, réparties en zones bruyantes et zones calmes. « À titre d’information, le réseau départemental, dans sa globalité, représente 2 340 km de linéaire, seuls 14% du réseau départemental sont donc concernés par la démarche », précise la collectivité. Selon le diagnostic, quelque 3 500 personnes sont exposées à un seuil de décibels supérieur aux normes. Dans le détail, il s’agit de 2 420 personnes touchées le jour (6h-22h) et 1 010 la nuit (22h-6h).

    Si la plupart des sons de la vie courante sont compris entre 30 et 90 décibels, le seuil diurne est de 68 db, l’équivalent d’une salle de classe bruyante. Quant au nocturne, il est de 62 db, soit le bruit d’un marché animé.

    Pour réduire les nuisances, le Département cible sept mesures à décliner pour les cinq prochaines années. Parmi elles, le renouvellement des chaussées avec « des enrobés spécifiques », l’intégration de la problématique du bruit sur tous les chantiers neufs ou la sensibilisation des divers concessionnaires intervenant sur le réseau routier. Le conseil départemental chiffre « à 500 environ » la diminution « du nombre de personnes exposées au bruit à l’issue de la mise en œuvre des mesures prévues ».