Tag: Brésil

  • [Point de vue] Après Lula, quelles leçons pour la gauche ?

    [Point de vue] Après Lula, quelles leçons pour la gauche ?

    Élu pour la quatrième fois président du Brésil, Luiz Inácio Lula da Silva redonne espoir au-delà de ses frontières. Mais entre les félicitations et l’emprunt d’une méthode de campagne, l’intérêt se porte sur la façon dont cette victoire s’est construite.

    Pedro Sánchez y voit un encouragement pour l’Espagne. Selon l’hebdomadaire brésilien Veja, ses soutiens, comme ceux de Jean-Luc Mélenchon et du péronisme argentin, s’inspirent de l’« Exército do Lula » (« l’armée de Lula »). Animé par le député André Janones, ce canal WhatsApp distribue des missions : relayer les messages favorables ainsi qu’inviter des proches. Autre consigne : ignorer les publications adverses, sans les commenter ni les partager. En France, le député insoumis Antoine Léaument reprend cette idée : ne plus amplifier les contenus d’extrême droite, même pour les contredire.

    L’intérêt de cette expérience tient à une idée simple : responsabiliser les citoyens, les impliquer dans la campagne en leur donnant les moyens d’agir. Les électeurs participent à une campagne dont ils peuvent se sentir acteurs.

    La preuve : le 24 octobre, les foules se pressent à Copacabana, à Rio, puis sur l’avenue Paulista, à São Paulo. Familles, enfants et personnes âgées se mêlent aux chants et aux danses. La joie devient une manière de résister à la peur. « Vous êtes affecté de joie. Votre puissance d’agir est augmentée », expliquait Gilles Deleuze.

    Le geste voyage aussi. De la présidente mexicaine Claudia Sheinbaum à l’acteur américain Mark Ruffalo, le « L » formé avec les doigts devient un signe de ralliement international. Un petit air de Hunger Games, version brésilienne : deux doigts suffisent pour se reconnaître.

    Mais les réseaux qui mobilisent servent aussi à désigner des cibles. Après le scrutin, des appels à licencier les électeurs du Parti des travailleurs (PT), celui de Lula, et des listes de commerces à boycotter circulent. Au Paraná, l’élue bolsonariste Jessicão exhorte à congédier les salariés favorables au PT. À Rio, la justice du travail ordonne à la députée bolsonariste Índia Armelau de cesser d’encourager ces discriminations. Selon la Folha de S.Paulo, 1 143 signalements de harcèlement électoral sont enregistrés dans les trois jours suivant le vote, sans constituer autant de licenciements établis.

    Ces représailles rappellent que la victoire électorale ne suffit pas à protéger la liberté de chacun. Elles invitent à regarder l’expérience brésilienne dans toute sa complexité. Et le nombre d’abonnés à un canal ne dit pas combien d’électeurs il a convaincus.

    Ce qui peut voyager du Brésil est aussi une exigence : permettre aux citoyens d’agir, puis protéger leur droit d’avoir choisi. L’espoir change de camp lorsqu’une victoire devient possible. Il prend racine lorsqu’on peut la célébrer sans craindre de perdre son emploi.

    Journaliste, Dani Legras nous livre son analyse de la présidentielle au Brésil, son pays.

  • [Point de vue] Lula, la victoire du sursaut

    [Point de vue] Lula, la victoire du sursaut

    Je dois l’avouer : je respire un peu mieux.

    À l’issue du premier tour, Luiz Inácio Lula da Silva, habitué aux renaissances comme aux revers, doit retrouver le chemin des électeurs. Sa campagne semble trop compter sur son bilan. Flávio Bolsonaro, lui, s’appuie sur l’héritage familial et deux préoccupations majeures : l’insécurité, qui pèse sur le quotidien, et le coût de la vie, qui éprouve les budgets. Lui-même évangélique, il sait parler à cet électorat devenu central.

    Entre les deux tours, la mobilisation populaire gagne la rue. D’abord tétanisés par un possible retour de l’extrême droite, des citoyens agissent sans attendre les consignes du Parti des travailleurs. Étudiants, artistes et supporters de football se retrouvent dans les rassemblements. L’élan se nourrit aussi de rencontres minuscules. Dans un reportage de la revue Piauí, un couple propose aux passants une minute de conversation ; d’autres offrent une fleur pour engager la discussion. « Ce que la vie nous demande, c’est du courage », écrit Guimarães Rosa dans Grande Sertão : Veredas. Ils semblent l’avoir pris au mot.

    Sur WhatsApp, le député André Janones donne à cette mobilisation un puissant relais. Téléphone à la main, Lula appelle à convaincre autour de soi. Chacun contribue avec ses mots, ses proches, le temps dont il dispose.

    La campagne revient au quotidien : préserver le pouvoir d’achat, travailler moins sans perdre de salaire, protéger les droits sociaux. Et défendre la démocratie.

    Selon le politologue André Singer, ce changement s’amorce dès septembre. L’entre-deux-tours l’amplifie et élargit le rassemblement aux déçus du gouvernement : critiquer Lula n’empêche pas de redouter le retour du bolsonarisme.

    Entre les deux tours, Lula gagne dix millions de voix supplémentaires, bien davantage que Flávio Bolsonaro. Dans le Nordeste, son bastion électoral, il renforce son soutien, dans le Sud-Est, il réduit son retard. La participation, elle aussi, progresse.

    Ces voix lui donnent la victoire, mais l’obligent aussi : répondre aux attentes sociales face à un Congrès renforcé à droite. Ses responsabilités dépassent les frontières du pays. En Amazonie, Lula sera attendu sur la lutte contre la déforestation et la défense des peuples qui l’habitent. La forêt stocke d’immenses quantités de carbone et alimente les pluies en Amérique du Sud. Sa destruction aggrave le réchauffement climatique. Son avenir nous concerne jusqu’à Marseille, déjà confrontée aux sécheresses et aux chaleurs extrêmes.

    Reste à gouverner ce Brésil, avec ses fractures et son goût de l’improbable. On pourrait y voir du réalisme magique, mais on connaît quelques-uns des artisans du prodige : des citoyens qui s’arrêtent pour parler à des inconnus, une fleur à la main.

    Journaliste, Dani Legras nous livre son analyse de la présidentielle au Brésil,
    son pays.

  • [Point de vue] Brésil : les fantômes et les algorithmes

    [Point de vue] Brésil : les fantômes et les algorithmes

    À chaque scrutin, le pays semble redécouvrir son racisme, sa misogynie, son autoritarisme et sa nostalgie de la dictature. Comme si ces vieilles connaissances venaient de débarquer au port de Salvador. Le bolsonarisme n’apporte rien de neuf. Il a remis au goût du jour un héritage soigneusement conservé, avec des outils autrement plus sophistiqués.

    À deux jours du second tour, le dernier sondage Datafolha donne Lula et Flávio Bolsonaro à égalité, avec 50% des suffrages valides chacun. Un résultat vertigineux pour un pays qui, quatre ans plus tôt, pensait avoir tourné la page Bolsonaro. Le père a transmis son ADN politique, le fils entend en faire un héritage présidentiel. Au Brésil, les ambitions politiques se transmettent parfois comme les vieilles propriétés : avec les titres, les dettes et les secrets. Une autre affaire trouble la campagne. Meta, maison mère de Facebook, Instagram et WhatsApp, est au cœur d’une controverse sur le traitement des candidats. Selon la presse brésilienne, des restrictions auraient pénalisé les comptes de Lula, tandis que des contenus de Flávio Bolsonaro auraient bénéficié de recommandations algorithmiques interdites par les règles électorales.

    Meta invoque des défaillances techniques et conteste tout favoritisme. Le Tribunal supérieur électoral a exigé des explications. Son conseil de surveillance a aussi dénoncé des failles de modération électorale.

    Il ne s’agit pas d’affirmer que la Silicon Valley choisira le prochain président du Brésil. Mais lorsqu’une entreprise privée contrôle une grande part de l’information politique, la frontière entre dysfonctionnement technique et déséquilibre démocratique devient particulièrement inquiétante. L’affaire dépasse les frontières brésiliennes. En France, des responsables de gauche alertent sur les conséquences d’une victoire bolsonariste, avant la présidentielle de 2027. L’inquiétude est légitime. Mais l’Europe aurait tort de regarder le Brésil comme un miroir exotique de ses propres dérives. Elle connaît trop bien les vieux démons de l’autoritarisme, et certains se portent admirablement bien.

    Ce qui frappe, c’est la rencontre entre des idéologies anciennes et des technologies capables d’en amplifier la portée. Le mépris, la peur, la haine de l’autre n’ont rien de nouveau. Leur vitesse de propagation, en revanche, aurait de quoi impressionner les propagandistes d’autrefois. Dimanche, les Brésiliens choisiront leur président. Ils ne pourront effacer les stigmates de leur histoire. Mais ils devraient au moins pouvoir voter sans se demander si les algorithmes ont décidé, eux aussi, de participer au scrutin.

    Journaliste, Dani Legras nous livre son analyse de la présidentielle au Brésil,
    son pays.

  • [Entretien] Christophe Ventura, directeur de recherche à l’Iris : « Lula doit convaincre les abstentionnistes »

    [Entretien] Christophe Ventura, directeur de recherche à l’Iris : « Lula doit convaincre les abstentionnistes »

    La Marseillaise : Flavio Bolsonaro est en tête de deux points à l’issue de ce premier tour et il bénéficie de la réserve de voix des autres candidats de droite. Comment analysez-vous ce résultat qui n’était pas celui annoncé par les sondages ?

    Christophe Ventura : C’est une demi-surprise. On sait bien que la polarisation est très forte au Brésil et que le bolsonarisme est puissant et qu’il était plutôt poussé par les sondages ces derniers temps. Sur le premier tour, on a des résultats, en ce qui concerne la présidentielle, qui sont un peu l’inverse de ce que disaient les médias. Les sondages montraient qu’il y aurait 2-3 points d’écart à l’avantage de Lula et c’est Bolsonaro qui sort en tête avec ces points d’avance. Ce qui n’est pas une surprise, en revanche, ce sont les résultats au niveau du congrès brésilien et du Sénat en particulier, ainsi qu’au niveau des 27 États fédérés du Brésil. De ce point de vue là, la poussée des droites annoncée a été confirmée, puisque 15 États sur 27 sont aux mains du bolsonarisme désormais. Pour Lula, le résultat est mauvais, il a baissé en vote partout par rapport au score qu’il avait fait en 2022 contre Jair Bolsonaro. Plus que ce que les sondages indiquaient, y compris dans ses fiefs électoraux comme le Nordeste, où, en général, il caracole en tête. Il a gagné là-bas, mais moins que d’habitude.

    Ce second tour s’annonce très compliqué. Les reports de voix sont plus favorables à Bolsonaro qu’à Lula qui n’a plus beaucoup de réserve de voix. Bolsonaro peut s’attendre à un ralliement plus important des droites dont les voix se sont éparpillées sur les autres candidats. Pour Lula, le trou de souris, si j’ose dire, pour pouvoir faire une remontada, c’est la mobilisation totale de la gauche et de tous les gens qui sont avec lui dans la coalition. Mais c’est aussi, peut-être, d’essayer de convaincre des 33,4 millions d’abstentionnistes. Est-ce que dans ce stock d’abstentionnistes, certains vont retourner voter au second tour pour éviter que l’extrême droite ne l’emporte ? C’est peut-être la seule clé pour Lula désormais.

    Comment expliquez-vous le résultat de Lula ? Son bilan est-il mauvais ?

    C.V. : Si on s’intéresse aux questions économiques et sociales, le bilan de Lula est plutôt bon pour un président sortant qui a gouverné avec un congrès à majorité conservatrice, il faut toujours le rappeler. Il avait des marges de manœuvre assez restreintes. Pourtant, il y a eu des avancées du point de vue de la croissance, l’emploi, la hausse des salaires, etc. Ce mauvais résultat s’explique par une combinaison de choses. La première est le fait qu’encore une fois, Lula a gouverné dans un pays où le bolsonarisme est une force très puissante qui représente à peu près la moitié de la population brésilienne. Celle-ci est unie à la fois par un rejet de Lula, du Parti des Travailleurs (PT), une haine de la gauche au Brésil après les années 2010. Les gens qui sont derrière Jair Bolsonaro considèrent que son emprisonnement est une injustice. C’est un peu comme avec Trump. La base sociale du bolsonarisme fait fi des évolutions économiques, sociales ou de la réalité de la justice brésilienne et reste derrière son champion. Ce qui semble avoir dominé la campagne, c’est moins le bilan du gouvernement que les diatribes, les polarisations, les insultes. Les questions liées à l’insécurité, aux cartels mais aussi à la corruption ont été au centre du débat. Ajoutons à cela la guerre culturelle : la droite et Bolsonaro tapent sur Lula en disant qu’il est le protecteur à la fois des minorités, des LGBT et du wokisme. Il y a un vote religieux très fort au Brésil. Et aujourd’hui, les évangélistes qui représentent un tiers de l’électorat votent massivement pour Bolsonaro au nom de la défense des valeurs chrétiennes, de la famille traditionnelle et, pour eux, Lula, c’est le camp des dégénérés. Je pense également qu’il paye ses 80 ans. Il y a certainement des jeunes primos électeurs, une génération qui arrive avec l’envie de changement, indépendamment de savoir s’ils sont d’accord ou pas avec lui.

    Au-delà du coup d’État, Jair Bolsonaro, le père, a été condamné pour « tentative d’abolition violente de l’État de droit démocratique ». C’est le risque que fait peser un retour de l’extrême droite au pouvoir ?

    C.V. : Oui, bien sûr, ce qui se joue, ce sont les pulsions autoritaristes du bolsonarisme et de l’extrême droite en général. Ce n’est pas la dictature mais la restriction des droits individuels et collectifs, gagnés justement par les combats, les luttes sociales, et qui assume aussi de discipliner le corps social s’il y a des contestations. C’est, comme l’avait fait en son temps Bolsonaro père, l’arrêt du financement par l’État de politiques et de programmes qui visent à défendre les droits des minorités et des femmes. C’est un pouvoir réactionnaire. Quand vous avez une force politique, dont le premier dirigeant a conspiré pour ne pas accepter les résultats d’une élection, assassiner le président Lula et un juge, vous savez à quoi vous avez à faire.

    Donald Trump, qui espère rallier tout le continent, a-t-il pesé sur cette élection ?

    C.V. : C’est l’objet de mon article du mois dans Le Monde diplomatique. Les ingérences américaines au Brésil, ce n’est pas nouveau, ça existe depuis très longtemps. Mais Trump, depuis son retour au pouvoir, n’a eu de cesse de s’immiscer dans la vie politique brésilienne. D’abord avec les droits de douane qu’il impose au Brésil constamment et dont la seule justification, c’est le fait que son copain Bolsonaro est en prison. Ce qu’il estime être une injustice. Ces politiques de taxe douanière sont demandées par les fils de Bolsonaro, Flavio et son frère Eduardo, qui vit aux États-Unis. Ce dernier a écopé de quatre ans de prison parce que justement, il a demandé et obtenu de Trump qu’il applique des droits de douane contre le Brésil.

    Je suis très inquiet car je pense que pour ce second tour, on risque d’avoir encore des mots, des tweets, des posts sur Truth Social [le réseau social du président américain, Ndlr.] de Donald Trump en permanence, pour que son candidat Flavio Bolsonaro, l’emporte. Parce que gagner le Brésil, c’est faire basculer tout le continent. Cela aura une répercussion mondiale. Pour Trump, c’est autre chose que l’Équateur ou même la Colombie.

    C’est un coup de tonnerre au Brésil : le président sortant Lula da Silva est devancé de deux points par Flavio Bolsonaro (45% contre 47%) à l’issue de ce premier tour de l’élection présidentielle. Avec 56 millions de voix, il a fait mieux que son père, l’ex-président d’extrême droite Jair Bolsonaro, qui en avait engrangé 49 millions quand il avait été élu en 2018 et 51 millions quand il avait perdu face à Lula en 2022. S’il est élu au second tour, il bénéficiera d’un Parlement penchant fortement à droite. Pour le champion de la gauche, âgé de 80 ans et en quête d’un quatrième mandat non consécutif, l’enjeu est désormais de convaincre les 21% d’abstentionnistes et les électeurs qui ont voté blanc.

  • L’Arkema Première Ligue se modernise cette saison

    L’Arkema Première Ligue se modernise cette saison

    Inspirer, rassembler et agir. Voici le mantra de la Ligue féminine de football professionnel (LFFP) pour l’avenir du football féminin français. À un an de la coupe du monde qui se déroulera au Brésil, la Ligue a décidé d’accélérer pour faire grandir l’Arkema Première Ligue. Paul-Hervé Douillard, directeur de l’organisation, explique : « Avec la généralisation de la VAR sur l’entièreté des matches, le nombre de caméras a doublé cette saison. La venue de la MGEN et de Butagaz Eco-énergie en tant que sponsors permet de mieux accompagner les clubs et de développer le championnat. »

    Il a notamment glissé un petit mot sur la présence des Marseillaises depuis deux ans dans l’élite : « Marseille est une ville importante, une marque impactante, avec une dynamique très positive qui est porteuse pour la Ligue. »

    Viser plus grand

    Une hausse de 41% des affluences de l’Arkema Première Ligue a été enregistrée, la saison dernière, avec en prévision une hausse de 15% cette saison, selon le directeur de la LFFP : « C’est le troisième rang des championnats européens cette saison, devant l’Espagne et derrière l’Allemagne. »

    De plus, les jeunes talents auront la place de s’exprimer avec le lancement du challenge espoir afin de faciliter la passerelle entre le centre de formation et le club professionnel. Une visibilité en hausse accompagnée d’une autre avancée majeure, la protection des joueuses. La première convention collective du football féminin a vu le jour cet été, avec des mesures fortes, notamment le maintien du salaire en cas d’arrêt lié à la grossesse, l’allaitement rémunéré sur le temps de travail et un suivi médical adapté.

  • L’Europe prise à son propre piège sur la viande du Brésil

    L’Europe prise à son propre piège sur la viande du Brésil

    Après avoir conclu un accord de « libre-échange » avec le grand pays d’Amérique latine, l’Union européenne commence à se mordre les doigts et va suspendre à partir de jeudi les importations de volaille et de bœuf brésiliens, a indiqué Bruxelles, qui attend des garanties du Brésil sur le respect de ses règles sanitaires.

    À ce stade, la Commission européenne reproche au Brésil de ne pas avoir apporté de garanties suffisantes sur la conformité de ses produits avec les règles européennes contre l’utilisation abusive d’antibiotiques dans l’élevage. « Le Brésil est un partenaire important de l’UE et nous travaillons étroitement, de manière constructive et positive, avec les autorités brésiliennes afin d’assurer leur conformité à ces exigences. Une fois cette conformité démontrée, les exportations vers l’UE pourront reprendre », a précisé une porte-parole de l’exécutif européen.

    La suspension des importations brésiliennes concerne aussi les œufs et le miel. Bruxelles n’a pas souhaité donner de calendrier pour la reprise des importations. Sollicité par l’AFP, le gouvernement brésilien n’a pas commenté l’annonce dans l’immédiat, bien qu’il ait fait valoir en mai qu’il « prendrait rapidement » toutes les mesures nécessaires pour que le commerce reprenne. Concernant la volaille et le miel, un audit est en cours et doit s’achever vendredi. S’il s’avérait concluant et que les pays européens donnent leur feu vert, les exportations de volaille brésilienne vers l’UE pourraient de nouveau être autorisées dans les semaines qui viennent. Les délais pourraient en revanche être plus longs pour le bœuf. « En raison de la durée des cycles de production selon les espèces animales concernées, la date à partir de laquelle le Brésil pourrait être en mesure de certifier sa conformité aux exigences de l’UE varie selon les filières », précise ainsi la Commission européenne.

    L’UE veut donner des gages de sa vigilance, alors qu’elle a été vivement critiquée par le secteur agricole et la France après avoir signé en janvier 2026 un accord de libre-échange avec les pays latino-américains du Mercosur : Argentine, Brésil, Uruguay et Paraguay.

    « Un éleveur européen

    n’a aucun moyen

    de rivaliser avec moi »

    Le Brésil a été retiré en mai d’une liste de pays respectant les règles de l’UE relatives à l’utilisation intensive d’antibiotiques dans l’élevage, sous la pression de ce secteur après la signature de cet accord.

    En 2025, le Brésil était le deuxième exportateur vers l’UE de viande bovine, avec plus de 92 000 tonnes de produits bovins, représentant plus de 713 millions d’euros. « Un éleveur européen n’a aucun moyen de rivaliser avec moi » et si les gouvernements « importent de la viande bon marché, ils vont anéantir l’agriculture de leur pays », a déclaré à Carlos Roberto dos Santos, un éleveur de Barretos, dans l’État de São Paulo (sud-est). Le produit qu’il utilise pour ses bêtes les « aide à digérer l’herbe » pour qu’elles prennent « plus de poids, il ne sert pas à traiter une maladie », admet-il.

    Selon les règles européennes, l’utilisation d’antimicrobiens en élevage dans le but de favoriser la croissance ou d’augmenter les rendements est interdite. Ces mesures font partie d’une politique européenne visant à lutter contre la résistance des microbes aux médicaments, en évitant les recours inutiles aux traitements antibiotiques.

    D’après l’Organisation mondiale de la Santé, les superbactéries résistantes aux antimicrobiens (RAM) sont directement responsables de plus d’un million de décès et contribuent à près de cinq millions de morts supplémentaires chaque année.

  • [C’est l’été] Animation et concerts pour tous à Hyères

    [C’est l’été] Animation et concerts pour tous à Hyères

    C’est la dernière des nuits blanches ce jeudi à Hyères. Plusieurs concerts, activités et animations gratuites sont mis en place par la ville à partir de 18h. Tout est accessible aux enfants et sur la place Clemenceau il y a un parc et un manège.

    Le parcours des Arts sera ouvert jusqu’à minuit, toute la famille pourra découvrir des peintres, potiers et illustrateurs souhaitant montrer leurs ouvrages. Il est également possible de déambuler au Marché des créateurs avec des artisans de la région. Dans le même temps, le groupe de percussions Bandasaï déambulera dans la ville. Les musiciens jouent des instruments traditionnels de la batucada de Rio de Janeiro et proposent une musique brésilienne aux influences de samba.

    Une soirée de concerts

    Pour se restaurer, ce sera à l’espace gourmand, place de la République. Sur cette même place, le groupe Bigfoot jouera de la musique pour toutes les générations, de 21h à 23h30.

    Un autre thème de soirée est possible, place Oustaou Rou, avec une soirée Ibiza.

    Le stationnement est rendu gratuit de 18h à 2h.

    Gabrielle Cartellier

  • [C’est l’été] « Musiques d’un monde en mouvement » à Arles

    [C’est l’été] « Musiques d’un monde en mouvement » à Arles

    « Depuis 30 ans, Les Suds à Arles invitent des artistes d’ici et d’ailleurs, tous porteurs de traditions qui nous éclairent autant sur le chemin des origines que sur ceux qui se dessinent devant nous », rappelle Stéphane Krasniewski, directeur de ce festival qui entend « accueillir les musiques d’un monde en mouvement » du lundi 13 au dimanche 19 juillet dans différents lieux de la ville. Rien donc de plus normal à ce que son programme fasse écho aux « peuples en lutte, plus particulièrement au courage des femmes », précise-t-il, pointant Pour l’Iran, création de Shadi Fathi, reine du setâr, ce luth persan à petit ventre et manche long, et de la chanteuse Mahsa Vahdat, à voir le 18 juillet aux Alyscamps.

    « Diversité »

    À l’occasion de l’exposition « Le passage de Vénus », le Musée départemental Arles antique accueillera, lui, lors de la soirée d’ouverture, Immortelles, où Clémence Gabrielidis conjugue les esprits de la poétesse antique Sappho et de la chanteuse de rebetiko, résistante grecque et féministe des années 1940 Sotiria Béllou. Dans le cadre de la « Saison Méditerranée », le Théâtre antique abritera mercredi une réinterprétation par Camélia Jordan et Sofiane Saidi des Medahates, tradition de chants sacrés de femmes de l’Ouest algérien. Les Suds à Arles, une « promesse de diversité » des musiques du monde, de Jordi Savall, « maître de la musique baroque » à la « rappeuse franco-camerounaise incandescente » Uzi Freyja, en passant par « le rock éthiopien » d’Eténèsh Wassié ou le hip-hop sans frontières de Gaël Faye.

    suds-arles.com

  • Le Brésil se qualifie au forceps face au Japon

    Le Brésil se qualifie au forceps face au Japon

    Ils aiment se faire peur ces Brésiliens. Malgré une nette domination, les pensionnaires de la Seleçao ont dû s’employer jusqu’au bout d’un interminable temps additionnel pour repartir victorieux de leur 16e de finale face au Japon (2-1). Les Japonais, capables de surprendre à n’importe quel moment, ont trouvé le chemin des filets en premier durant cette rencontre. Le milieu de terrain Kaishu Sano a ouvert le score à la demi-heure de jeu et a permis aux siens de prendre les devants en rentrant aux vestiaires (0-1, 29’). Toujours aussi entreprenants, avec une multitude d’occasions non concluantes, les protégés de Carlo Ancelotti ont fini par voir leurs efforts être récompensés grâce à une égalisation signée Casemiro (1-1, 56’). Alors que le Brésil continuait de pousser pour prendre l’avantage au tableau d’affichage, le scénario du match semblait se diriger vers les prolongations. Mais Gabriel Martinelli, idéalement positionné dans la surface de réparation, est venu mettre un terme aux espoirs des Japonais, encore en échec dans un match à élimination directe (2-1, 90+5’).

    Sur le chemin des Éléphants ou des Vikings ?

    Qualifiés pour les 8es de finale, les Brésiliens retrouveront le vainqueur du duel entre la Côte d’Ivoire et la Norvège, ce mardi (19h). Leur quête d’un sixième sacre inédit se poursuit, mais face à des tels potentiels adversaires, la moindre faute coûtera cher.

  • La victoire à tout prix pour un Brésil en manque d’inspiration

    La victoire à tout prix pour un Brésil en manque d’inspiration

    Privé de son ailier brésilien Raphinha, le Brésil devra s’imposer face à l’Écosse pour valider son billet pour les huitièmes de finale du Mondial. Une rencontre également attendue comme un possible tournant, tant la Seleção est critiquée depuis le début de la compétition pour un jeu jugé terne et sans relief.

    Le match nul contre le Maroc (1-1) a mis en lumière une équipe brésilienne en manque d’inspiration collective, malgré l’éclat individuel de Vinicius Jr. L’ailier madrilène, auteur de l’égalisation face aux Lions de l’Atlas, demeure l’un des rares à surnager. La large victoire contre Haïti a certes permis de relancer la dynamique, mais elle n’a pas totalement dissipé les doutes sur la capacité du Brésil à maîtriser ses rencontres.

    « Nous pouvons rivaliser avec n’importe quelle équipe, que ce soit Haïti ou la France, nous avons la qualité pour le faire », a assuré Carlo Ancelotti après la rencontre. Dimanche, le sélectionneur a laissé au repos sept titulaires, dont Danilo, Douglas Santos, Marquinhos et Gabriel Magalhães, afin de préparer ce dernier match du groupe C. Mais l’absence de Raphinha, blessé face à Haïti et habituel dynamiteur du couloir droit, déséquilibre l’animation offensive, recentrée sur le côté gauche autour de Vinicius Jr.

    L’inconnue Neymar

    Ce troisième match de poule pourrait également marquer le retour de Neymar, appelé pour disputer sa quatrième et dernière Coupe du monde malgré une blessure au mollet droit qui l’a éloigné des terrains pendant plus d’un mois. À 34 ans, l’ancien numéro 10 du PSG a repris l’entraînement collectif en fin de semaine dernière, mais pourrait manquer de rythme pour débuter la rencontre. L’attaquant d’Arsenal Gabriel Martinelli s’est montré confiant : les joueurs sont prêts à consentir davantage d’efforts pour accompagner leurs leaders offensifs. « Nous pouvons courir 20, 30 fois plus pour mettre en valeur Ney ou Vini », a-t-il expliqué. « Nous avons cet objectif : gagner la Coupe du monde », lance le finaliste de la dernière Ligue des Champions.

    Parmi les options possibles pour remplacer Raphinha, Martinelli a souligné que Neymar avait retrouvé un « très haut niveau » malgré des blessures récurrentes qui l’ont écarté de la sélection depuis octobre 2023. « Nous avons fait un entraînement et nous avons pu voir sa qualité, on était cloués, a-t-il affirmé. Tout le monde connaît ses qualités mais aussi son intensité. Au vu de la manière dont il est revenu, nous voyons qu’il a très envie » de jouer.

    Pour le moment qualifiés pour les 16es de finale grâce à leur place de co-leaders du groupe, les Auriverde veulent assurer leur première place en s’imposant face aux Ecossais qu’ils affrontent pour la cinquième fois en Coupe du Monde.

    Victorieuse d’Haïti (1-0) puis battue par le Maroc sur le même score, l’Ecosse n’est pas assurée de faire partie des huit meilleurs troisièmes.

    1er : Brésil (4 points)

    2e : Maroc (4 points)

    3e : Ecosse (3 points)

    4e : Haïti (0 point)

    ET AUSSI

    Les Fennecs restent en course

    L’Algérie a renversé et éliminé la Jordanie (2-1) grâce à deux buts inscrits dans les vingt dernières minutes afin de se relancer dans le groupe J du Mondial-2026 lundi à Santa Clara près de San Francisco. La Jordanie, pour sa première Coupe du monde, était lancée vers un exploit grâce à Nizar Al-Rashdan (36e), mais l’Algérie, longtemps en panne d’efficacité, a finalement pu compter sur Nadhir Benbouali (69e) et Amine Gouiri (82e), pour un résultat qui offre la première place du groupe à l’Argentine.

    Truel entre serial-buteurs qualifiés

    La France, l’Argentine et la Norvège ont décroché lundi leur billet pour les 16es de finale du Mondial, à nouveau portées par le talent et les buts de Kylian Mbappé, Lionel Messi et Erling Haaland, tous auteurs d’un doublé. Au génie du capitaine argentin – désormais le seul meilleur goleador de l’histoire de la Coupe du monde avec 18 buts – la star du Real Madrid a répliqué en faisant deux fois trembler les filets pour sa centième sélection, lors d’un match qui restera dans les annales pour avoir été interrompu plus de deux heures en raison des orages grondant sur Philadelphie.

    Les Lions de l’Atlas ont faim

    Quand le Maroc affrontera Haïti, mercredi à Atlanta, tous les regards seront braqués sur Ismael Saibari, milieu de terrain au parcours chaotique qui n’était pas prédestiné à devenir le héros des Lions de l’Atlas, et encore moins l’une des révélations du Mondial. Avec quatre points au moment d’affronter des Grenadiers déjà éliminés, les Marocains ont déjà un pied en 16es de finale et sont en concurrence pour la première place avec le Brésil, en tête du groupe C à la différence de buts.