Le Mondial La Marseillaise lance un réseau de clubs boulistes, structuré autour d’une charte de labellisation « Club Mondial ». Pensée comme un outil de rayonnement, l’initiative vise à fédérer des structures capables de faire vivre, toute l’année et sur l’ensemble du territoire régional, l’esprit et les valeurs de la compétition. « On sent un intérêt des clubs pour cette démarche, on espère en labelliser une vingtaine d’ici la fin de l’année », explique David Gabriele, responsable commercial de La Marseillaise.
Premier club labellisé, les Boulomanes du Carénage ont officiellement signé la charte ce 22 mai. Installé quai de Rive Neuve, sur le Vieux-Port (7e), son terrain municipal offre quinze pistes à l’ombre des mûriers et de l’abbaye Saint-Victor. Un cadre idéal qui contribue à son succès. « Jouer aux boules sur le Vieux-Port même Pagnol ne l’a pas fait », sourit Jean-Marc Michel, son vice-président.
En quelques années, le club a connu une belle croissance. « Nous étions une trentaine d’adhérents à la création, nous sommes aujourd’hui 138 », précise le dirigeant. Un développement porté par un esprit convivial assumé : « Ici, c’est l’ambiance guinguette. On vient jouer, discuter, partager un verre. Il y a des licenciés confirmés mais l’objectif reste que tout le monde puisse pratiquer. »
Son site exceptionnel attire un public varié, entre locaux, touristes et personnalités de passage. Le rappeur marseillais Muge Knight y est un habitué, tandis que des figures de la pétanque comme Marco Foyot, Jean-Michel Puccinelli ou le footballeur, champion d’Europe 1984, Manuel Amoros, ont déjà foulé ses terrains. « Dylan Rocher doit venir prochainement », ajoute Jean-Marc Michel qui ambitionne aussi des actions avec les scolaires à partir de la rentrée de septembre.
« On sera à jamais les premiers », glisse-t-il avec fierté, conscient que ce label constitue un levier de médiatisation important. « Le Mondial est une marque forte qui va nous apporter de la visibilité », souligne le vice-président. Avant de déboucher sur cette reconnaissance officielle, le rapprochement s’est d’abord fait à travers des tournois entreprises.
« Cette première labellisation des clubs amis du Mondial me tenait à cœur. Je crois pas qu’il y ait un cadre plus beau que le Vieux-Port et quoi de plus naturel que de la démarrer par notre club voisin », apprécie Maryan Barthelemy. Pour intégrer ce réseau, « plusieurs critères entrent en jeu », rappelle le directeur des événements du journal La Marseillaise et directeur du Mondial : affiliation à la Fédération française, capacité d’accueil d’au moins dix terrains, conformité aux normes d’accueil du public, accessibilité aux personnes à mobilité réduite. S’ajoutent des services essentiels, comme des sanitaires entretenus, une offre de restauration et la possibilité de prêt de boules.
« Ce label est une fierté pour notre petit club du Vieux-Port », confie Emmanuel Montella, président du club. « Quand on dit qu’on joue ici, certains pensent à un film de Pagnol. Là, on montre que c’est bien réel. » Créé il y a une dizaine d’années sous la municipalité de Jean-Claude Gaudin, le site connaît une nouvelle dynamique ces dernières années, grâce à la construction d’un local avec le soutien de la mairie des 1er et 7e arrondissements. « Nous pouvons désormais accueillir nos adhérents dans de bonnes conditions », souligne le président. « Chez nous, on vient pour se détendre. »
Romain Pastor, conseiller municipal délégué (DVG) aux traditions, à la culture et aux pratiques sportives provençales, salue une initiative « qui permet de faire vivre au quotidien notre culture bouliste dans des lieux de vie emblématiques » de la ville de Marseille. « Nous sommes ici, entre Notre-Dame de la Garde, l’hôtel de Ville et le théâtre de la Criée… Une partie de boules, c’est parfois théâtral mais c’est aussi sérieux. Et quoi de mieux que le Mondial La Marseillaise pour incarner notre art de vivre et le transposer dans sa dimension de compétition sportive ? ».
