Tag: Borely

  • Kerfah face Benmostefa pour une affiche royale au Provençal

    Kerfah face Benmostefa pour une affiche royale au Provençal

    Ils sont venus, ils sont tous là les grands noms du Provençal pour attaquer cette avant-dernière journée qui va ouvrir les portes du dernier carré. Il faudra faire preuve de patience, adresse et condition physique pour l’atteindre.

    Et oui le Provençal a changé de formule avec trois parties par jour qui usent les organismes. Hervé Fontani vainqueur vendredi soir avec Enzo Paolucci et Juan Lopez était éprouvé. « Je prends de l’âge et la fatigue se fait de plus en plus sentir. Il y a aussi le côté émotionnel qui joue. J’ai perdu mon neveu il y a quelques mois et nous portant un tee-shirt à son effigie J’aimerais tant rentrer dans le dernier carré pour lui ».

    Dans les combats des chefs l’équipe Provins, Jean, Dusaillant a eu son quota. Depuis dimanche ils prennent des gros morceaux. Vendredi ils ont commencé avec Alain Vincensini, Manu Kerfah et Julien Aguero (13 à 11) avant de punir la famille Lombardi.

    Ils seront aussi présents à l’entame des 8es de finale. Au rayon suspense Salle, Valdes, Stievenart, en connaissent un rayon. Menés 5 à 12 par Tony Lafleur, ils ont su renverser la valeur après que leurs adversaires n’aient pas su conclure. On les retrouve aujourd’hui dans la dernière ligne droite.

    Les qualifications de Christophe Kerfah et Julien Martinez assez facile et celle de Fabrice Rouvin, Thierry Terreno, Mohamed Benmostefa un peu plus compliquée entrent dans la logique des choses.

    Le coup de tonnerre est arrivé au tirage au sort avec une opposition entre les deux équipes. C’est le choc des titans avec cinq représentants de l’équipe de France. La confrontation des chefs que les amateurs auraient voulu voir un peu plus tard. Partenaires souvent adversaires aujourd’hui les deux équipes se tiennent. Qui va remporter la bataille royale. Le rôle des pointeurs va être décisif. Qui de Rouvin ou de Martello prendra le dessus. Autant de questions qui trouveront réponse aujourd’hui fin de matinée.

    L’opposition reine peut occulter les autres parties mais il reste du beau monde. À l’heure où nous écrivons ces lignes des parties n’étaient pas terminées. On enregistrait toutefois la qualification de Jérôme Estrang une vieille connaissance. Celle également de Jean Pierre Masia le champion départemental triplette. Les deux capitaines d’équipe seront opposés ce matin.

    Nous voilà lancés dans un sprint final haletant avec un suspense et une tension qui seront à leur combler cet après-midi pour atteindre le dernier carré de l’épreuve reine du jeu provençal.

  • Les favoris du Provençal sur du velours au Parc Borély

    Les favoris du Provençal sur du velours au Parc Borély

    Ils sont venus, ils sont tous là. Les grosses pointures de la longue distance avaient fait le déplacement à Marseille pour jouer dans ce Borély unique, magique. Deux légendes du Provençal ont fait le déplacement. Il s’agit de Patrick Griseri et Jean Pierre Pironti. Ils sont là et bien là et arrivent à attirer la galerie. Un Pironti égal à lui-même avec la verve qui le caractérise. Dans la deuxième partie il lance à la cantonade, après un tir réussi de son adversaire sur une boule embouchonnée « ils sont durs à cuire, au début de la partie ils nous ont demandé d’être cléments avec eux. Maintenant on est 8 à 8 et le tireur a frappé 6 boules sur 9. Sacré Bambi. Il l’a fait à l’ancien et ça fait du bien ».

    Pour le reste que dire si ce n’est que les principaux favoris ont passé sans trop souffrir la première journée.

    Toutefois Fafou Cognard, Robin Rio et Adel Djafari demi-finales de l’édition 2024 ont baissé pavillon face à l’équipe emmenée par le redoutable Mathieu Moscioni.

    Les tenants du titre Fabrice Rouvin, Mohamed Benmostefa associé à Thierry Terreno ont bricolé la première partie avant de dérouler tout au long de la journée. Ils portaient un brassard pour rendre hommage à Patrick Pedragosa disparu il y a quelques semaines avec qui ils avaient gagné la dernière édition.

    À noter également les défaites de Michel Propos et Francis Conte, Stéphane Girardet

    Partis à l’aventure séparément mais qui ont connu le même sort

    Il y a aussi les anciens comme le vieux lion Franck Secchi qui rugit toujours et l’incontournable Félix Solinas qui a toujours bon pied, bon œil

    Cette première journée disputée un jeudi, une fois n’est pas coutume, a confirmé l’aisance d’anthologie de Anthony Kerfah avec son canonnier Julien Martinez et Christophe Martello semblent monter en puissance au fil des parties.

    À l’heure où nous écrivons ces lignes des parties de cadrage se jouent encore. Le nouveau concept ( un jour en moins) a contraint les organisateurs à programmer trois parties par jour. Pour la première fois, l’éclairage a été utilisé au Parc Borély. Ce ne sera sans doute pas la dernière fois.

    Aujourd’hui nous rentrons dans une deuxième phase où la fatigue va commencer à se faire sentir, où les novices auront plus de mal à tenir la distance, pendant que les adaptes de la discipline auront plus de facilité physique. Et ouï le Jeu Provençal est un véritable sport et le Provençal est un véritable défi physique indispensable pour tenir la distance et toucher au but dimanche.

  • Le Provençal se conjugue aussi au féminin

    Le Provençal se conjugue aussi au féminin

    Cette dernière est la plus connue des trois avec un palmarès à faire pâlir de jalousie quelques joueurs. Elle a été Demi-finaliste du Provençal et vainqueur du National de Laragne avec comme équipier de luxe son compagnon Thierry Terreno. Elle fait partie du groupe France et est élue à la commission nationale du Jeu Provençal.

    Patricia Benoît Gonin est la fille de l’illustre et légendaire Loule Benoît Gonin cinq fois vainqueur de l’épreuve. Licenciée à la Boule Modérée, Patricia s’est lancée dans l’édition pour faire un grand clin d’œil à son papa Hélas disparu. Audrey Theron est une Varoise licenciée à Borme les mimosas et participe à l’épreuve de Coupe de France avec son club. « C’est ma première année affirme-t-elle et je prends goût à ce jeu plus physique que l’on peut considérer ».

    Trois femmes unies pour le meilleur et pour le pire. Le meilleur, elles l’ont connu en début de partie en menant rapidement 4 à 0 avec l’appréhension de voir leurs adversaires s’envoler vers la victoire.

    Qu’importe elles prouvent comme des dizaines de femmes que le jeu provençal peut se conjuguer au féminin.

  • Le Provençal : le grand retour

    Le Provençal : le grand retour

    Après une année d’absence, le Provençal est de retour pour quatre jours de compétition qui promettent de faire vibrer le Parc Borély à Marseille.

    C’est un ouf de soulagement pour tous les passionnés. Une année sans Provençal, c’est une saison inachevée.

    Les organisateurs ont voulu que l’épreuve débute un jeudi. Les esprits chagrins ont réagi avec véhémence sur ce choix, à tort ou à raison ? Le nombre d’équipes engagées (588) peut valider leur réticence. Mais il n’est pas dit, compte tenu du contexte actuel, qu’un démarrage, comme de coutume, un jour dominical, eut fait plus d’affluence.

    Toujours est-il que Parc Borély c’est le berceau de la longue distance, le lieu où se sont écrites les plus belles pages de l’histoire du Jeu Provençal.

    D’hier à aujourd’hui

    Les souvenirs s’empilent dans l’esprit des anciennes générations en se remémorant les exploits des stars de la discipline. Ceux de l’incomparable Dédé Massoni véritable idole. Tout Marseille accourait pour voir « le Blond » faire les trois pas dans un style coulé, avec une élégance incomparable et une adresse diabolique. D’autres bien sûr ont marqué l’histoire comme Milou Lovino l’autre star marseillaise.

    Mais l’histoire aujourd’hui s’écrit au présent avec d’autres joueurs, des styles différents, des champions moins charismatiques mais redoutables.

    Deux hommes aujourd’hui ressortent du lot par leur vécu, leur palmarès. leur classe. Mohamed Benmostefa et Anthony Kerfah. Ils ont gagné beaucoup de batailles ensemble mais jamais le Provençal. Ce ne sera pas cette année. Benmostefa et Fabrice Rouvin, tenants du titre, repartent avec Thierry Terreno, l’autre icône de la discipline (il remplace le regretté Patrick Pedragosa) sous les couleurs de l’équipe de France. Ils seront les favoris avec une équipe particulièrement équilibrée à l’expérience consommée et au talent immense. Le seul hic peut être le manque de compétition de Benmostefa et Rouvin. Anthony Kerfah est associé au grand Christophe Martello et Julien Martinez sous les couleurs de Mouans-Sartoux.

    Passion et suspense au rendez-vous

    On suivra également le finaliste 2024 Philippe Stievenart embrigadé avec l’homme en forme du moment Alain Valdés et Claude Salles. Au rayon prétendant, Adel Djafari, Robin Rio et Marc Cognard demi-finalistes de la dernière édition repartent ensemble tout comme l’inusable compétiteur Hervé Fontani avec les deux talents Enzo Paolucci et Juan Lopez également dans le dernier carré en 2024. La liste des outsiders est longue.

    Le Parc Borély va retrouver son ambiance unique, faite de passion, de suspense, de grandes parties et de ces moments de magie qui font la légende du Provençal. Les exploits des Benmostefa, Kerfah, Lopez et de nombreux autres grands noms sont attendus. Mais comme toujours, le charme du Provençal réside aussi dans les surprises, les outsiders et ces équipes capables de faire tomber les favoris au terme de parties acharnées.

    Le Provençal est de retour. Et avec lui, c’est tout Marseille qui va se mettre à l’heure du Jeu Provençal

    ET AUSSI

    Le programme

    Jeudi

    8h30 : premières parties.

    14h : deuxièmes parties suivies du cadrage.

    Vendredi

    8h : troisièmes parties.

    14h : quatrièmes parties suivies des cinquièmes.

    Samedi

    8h30 : 8e de finale.

    15h : quart de finale.

    Dimanche

    8h30 : demi-finale.

    17h : finale.

    Le choc du jour

    Il aura lieu au jeu 348 (les Pétouliers). Yoann Provins, Jérémy Jean et Marc Dusaillant seront opposés à François Gomez, Serge Penna, deux ex-vainqueurs, associés au Varois Laurent Faudon

    Le Provençal c’est aussi …

    Trophée des légendes

    28 et 29 août : huit équipes emmenées par Éric Cantona.

    Petit Provençal

    28 et 29 août : limité à 64 équipes.

    Quelques chiffres

    1908 première édition avec 167 équipes. Les vainqueurs : Baptistin Ravizza dit « le Pich », son frère Charles dit « le Parpelé » et Michel Prébois dit « le Grêlé ».

    Émile Lovino a remporté l’épreuve en 1959 et en 1995 soit 36 ans après. Un record. Il est suivi de près par Louis Ruggeri lauréat en 1963 et 1997.

    Record de participation en 1983 avec 1 849 équipes

    Efficacité au tir en finale : Benmostefa en 2013 avec 14 sur 17

    Le plus jeune vainqueur :

    René Giordanengo en 1983 à 16 ans

    Recordman des victoires : André Massoni avec 7 victoires

  • [Entretien] Mohamed Benmostefa : « Il faut prendre chaque adversaire au sérieux »

    [Entretien] Mohamed Benmostefa : « Il faut prendre chaque adversaire au sérieux »

    La Marseillaise : Vous remettez votre titre en jeu. Comment se présente ce Provençal ?

    Mohamed Benmostefa : Je vous l’avoue je n’ai pratiquement pas joué depuis le début de la saison. J’ai juste fait les championnats doublette et triplette la Coupe avec mon club de Draguignan.

    On connaît votre capacité à être vite efficace et performant, surtout dans une compétition de cette envergure. Est-ce un handicap vraiment pour vous ?

    M.B. : Bien sûr. Tout joueur a besoin de rythme pour être efficace surtout au tir. J’espère simplement pouvoir me mettre dans le coup au fil des parties, si j’en ai l’opportunité.

    Et vos équipiers, dans quel contexte abordent-ils cette édition ?

    M.B. : Fabrice [Rouvin] est un peu dans le même cas que moi. Seul Thierry [Terreno] a accumulé les compétitions. Il semble le plus affûté.

    C’est votre première collaboration tous les trois au Provençal. Un coup d’essai peut devenir un coup de maître ?

    M.B. : C’est tout le mal que je nous souhaite. Surtout que nous jouons sous les couleurs de l’équipe de France. C’est un honneur et un devoir de faire honneur à ce maillot. Le Provençal c’est très spécial. Il n’y a pas plus ou peu de petites équipes utiles. Il faut prendre chaque adversaire au sérieux sinon on va au-devant de désillusions.

  • [Jeu Provençal] La dernière ligne droite

    [Jeu Provençal] La dernière ligne droite

    Nous y sommes dans ce money-time pour cette 84e édition du Provençal. A l’heure où nous écrivons ces lignes 400 équipes sont sur la ligne de départ.

    Gérard Poncié Directeur de l’événement nous avait confié la semaine dernière qu’il misait sur une fourchette entre 550 et 600 équipes. Le pari peut être atteint mais ce sera difficile d’aller au-delà.

    Pour les retardataires plusieurs possibilités s’offrent à eux pour valider leur inscription*.

    Les passionnés pourront se rattraper avec le petit Provençal aujourd’hui devenu incontournable.

    Un trophée des légendes avec comme chef de file Éric Cantona sera organisé. Un coup de maître pour Gérard Poncié. Gageons que les fans auront des yeux de chimères pour l’idole de Manchester United.

    D’autres initiatives verront le jour pour une édition qui se veut moderne.

    * Inscription en ligne ou dans les clubs partenaires : Cercle Bouliste du Grand Pavois ; Cercle Bouliste des Calanques ; Cercle Saint-Michel Plan-de-Cuques ; Amicale Bouliste de Saint Tronc ; Cercle Boulistique de Saint Barnabé ainsi qu’au Parc Borély, les 24 et 25 août

    Trophée des légendes : les 28 et 29 août . 8 équipes emmenées par Éric Cantona

    Petit Provençal les 28 et 29 août limité à 64 équipes

  • Jeu provençal : après un an d’absence, le grand rendez-vous approche

    Jeu provençal : après un an d’absence, le grand rendez-vous approche

    Le mythique et plus que centenaire est de retour. Quel soulagement pour les aficionados du Jeu Provençal pour qui ce magnifique sport ne peut se concevoir sans l’épreuve reine.

    Le Provençal a écrit les plus belles histoires de la longue distance et a permis à des joueurs de rentrer dans la légende à l’image de feu André Massoni recordman de l’épreuve (7 victoires) et véritable icône de la discipline.

    Beaucoup de nouveautés pour cette 108e édition organisée par notre confrère La Provence avec comme co-organisateur Joël Cantona et sa société « Joël Cantona compagnie ».

    Un pied dans le monde Bouliste pour l’ex-football qu’il connaît sur le bout des doigts compte tenu de ses origines.

    La tradition voulait que l’épreuve débute quinze jours après le Mondial La Marseillaise et un dimanche. Changement de stratégie pour les organisateurs. Ils l’ont fixé fin août et le jeudi.

    Un risque calculé d’après Gérard Poncié, directeur de l’événement.

    « Le jeudi est un choix stratégique qui tient compte des autres épisodes organisés en parallèle de l’événement majeur. Certes on sacrifie les joueurs du dimanche (de moins en moins nombreux). Certains pestent sur la date qui les oblige à poser des jours de congé mais la problématique était identique lorsque les débats commençaient le dimanche. Les passionnés pourront se rattraper avec le petit Provençal aujourd’hui devenu incontournable. »

    Deuxième innovation, un trophée des légendes verra le jour avec comme chef de file Éric Cantona. Un coup de maître pour Gérard Poncié. Gageons que les fans auront des yeux de chimères pour l’idole de Manchester United.

    D’autres initiatives verront le jour pour une édition qui se veut moderne.

    À ce jour, pratiquement 300 équipes sont engagées. « Le contexte économique n’est pas favorable à l’opulence dans les inscriptions. Dépasser les 1 000 équipes est aujourd’hui une époque révolue (le record date de 1983 avec 1 849 triplettes). La donne a changé depuis quelques années, poursuit Gérard Poncié. Aujourd’hui nous pouvons baser nos objectifs entre 550 et 600 équipes. » C’est en bonne voie pour cette édition 2026 New Look.

    Infos pratiques

    Du 27 au 30 août.

    S’inscrire en ligne dans les clubs partenaires :

    Cercle Bouliste du Grand Pavois ; Cercle Bouliste des Calanques ; Cercle Saint-Michel ; Plan de Cuques

    Amicale Bouliste de Saint Tronc ; Cercle Boulistique de Saint Barnabé.

    Au Parc Borély les 24 et 25 août. Trophée des légendes les 28 et 29 août. 8 équipes emmenées par Éric Cantona.

    Petit Provençal les 28 et 29 août limité à 64 équipes.

  • [Portrait] Marina Lafon-Borelli : comment naviguer entre XVIIIe et XXIe siècles ?

    [Portrait] Marina Lafon-Borelli : comment naviguer entre XVIIIe et XXIe siècles ?

    Dans sa vie quotidienne, depuis les baies vitrées d’un appartement situé dans un immeuble de Fernand Pouillon qui prend vue sur le Vieux-Port et le flanc droit de l’hôtel de ville, Marina Lafon se sait chanceuse et privilégiée. Une mère infirmière qui l’orienta vers la médecine, un père italien avec un ancêtre qui vécut longtemps en Égypte, les deux branches de son arbre généalogique ont fait d’elle une héritière : la collection de faïences qu’elle rassemble depuis quatre décennies est surdéterminée par son entourage. Dans le discours de son introduction en 2020 à l’Académie de Marseille, Daniele Giraudy a raconté comment sa famille l’avait félicitée pour l’une de ses incartades. En 1977, après la soutenance de sa thèse de Médecine qui explore les Conditions de travail des égoutiers de Marseille, sa grand-mère lui offrait trois somptueuses assiettes, des jetées de fleurs et des insectes de la Veuve Perrin.

    Du côté de sa mère, ses ascendants, des Grecs de Constantinople établis à Marseille au début du XIXe siècle, étaient des banquiers polyglottes ou bien des entrepreneurs. Son arrière-grand-père, Polype Zafiropoulo fut le commissaire de la section peinture de l’Exposition coloniale de 1906. Il habitait jusqu’en 1943, près du cours Puget, au 13 rue Edouard-Delanglade, un hôtel particulier lourdement aménagé. On l’aperçoit derrière les grilles d’une cour pavée, Marina Lafon a décrit son intérieur dans le numéro 255 de la revue Marseille. Des photos de 1908 en sont témoins, on trouvait dans cet espace un curieux concentré de signes d’opulence et de distinction : des tapisseries de Flandres et d’Aubusson, des meubles de haute époque, des toiles de Monticelli et Gustave Ricard, des assiettes de Saint-Jean du Désert, un cache-pôt de Théodore Deck.

    Zafiropoulo avait pour ami l’Abbé Arnaud Daniel qui écrivit un livre de première importance à propos de Moustiers. De même, les meilleurs chercheurs de notre époque, Daniele Maternati-Baldouy et Régis Bertrand se sont associés à l’exposition de cet été, Faïence et Dévotion dont elle est la commissaire. En dépit de son confort, des flots de la lumière du Vieux-Port et de la simplicité de sa cuisine, son appartement n’est pas résolument moderne, « les choses changent pour que rien ne change ».

    En amont du Tricentenaire de l’Académie

    Sa profuse et remarquable collection ressemble à ce qu’on peut savoir, via des donations et le marché de l’art, à propos des prestigieuses collections provençales de la famille des banquiers Jourdan-Barry ou bien d’une spécialiste de la faïence comme Marguerite Desquelles. On y trouve plus de 200 pièces, des polychromies, des camaïeux verts et des liserés de manganèse, quatre vases bleus et blancs qui appartenaient à Jules Charles-Roux, des objets un brin insolites, des surtouts de table, des plats à barbe ou des chaufferettes. Souci de discrétion implique de ne pas détailler un article paru à propos de ces objets dans Connaissance des Arts en janvier 2024, par exemple le surgissement d’une cheminée d’usine sur une toile qui ponctue finement le bonheur qui se vivait à l’Estaque en 1918.

    Chacun sera libre de trouver luxueuse et désuète, ou bien savoureusement orientée cette collection. Par-delà ces clivages faiblement productifs, les propositions de Marina Lafon sont autrement intéressantes. L’un de ses plus vifs souhaits est de mieux faire percevoir du côté des faïences, un centre artistique majeur, l’écosystème d’un âge d’or qui forgea avant la Révolution un segment conséquent de la réputation multiculturelle du Vieux-Port : d’un côté, des artisans créatifs et des dirigeants de manufactures inventifs comme les Clerissy, Pierrette Candeloup et Joseph Fauchier, de l’autre des bourgeois et des aristocrates convaincus dans toute l’Europe de l’excellence des productions de Marseille et de Moustiers.

    Depuis qu’elle a quitté la Médecine du Travail, Marina Lafon mène une seconde vie pleine d’énergie, d’érudition, d’enthousiasme et de fantaisie. Au musée Borély elle dirige un Fonds de dotation qui coordonne les précieux achats d’une centaine de mécènes privés. En tant que présidente pendant deux ans de l’Académie de Marseille, ses capacités de dialogue et de diplomatie auront permis de déployer pour le Tricentenaire de cette institution les prémices d’une partition dont l’un des points forts est précisément la problématique de son exposition du musée Notre-Dame de la Garde.

    « Faïence et Dévotion », musée de la Basilique Notre-Dame de la Garde, jusqu’au 22 novembre, tous les jours de 9h à 17h.

  • Romain Barré : « La Marseillaise est une belle vitrine pour notre discipline »

    Romain Barré : « La Marseillaise est une belle vitrine pour notre discipline »

    La Marseillaise : C’est votre deuxième année en tant que délégué sur le Mondial de La Marseillaise. Votre regard sur ce concours a changé ?

    Romain Barré : Oui, mon regard sur la Marseillaise a changé. J’avais des a priori, pour ne pas le cacher, puisqu’étant du Nord, on a parfois des choses qui nous remontaient, qui n’étaient pas très sympa sur le concours. Je l’ai découvert l’an passé et j’ai trouvé des équipes de bénévoles très solidaires, un environnement familial, en fait, où on sent que les gens ont plaisir à se retrouver et à être là pour faire plaisir aux joueurs qui parcourent beaucoup de kilomètres pour venir. On retrouve la même chose chez les arbitres. Des liens se créent entre les uns et les autres et je trouve ça très sympa. En ce qui concerne le concours, on a eu de nouveau un plateau avec les meilleurs joueurs du monde, ce qui, il est vrai, n’a pas toujours été le cas. C’est vrai que j’ai complètement changé d’avis sur ce concours depuis que je fais les délégations.

    Comment vous le définiriez ?

    R.B. : Comme l’a dit le président Le Bot mercredi midi, la fédération est, évidemment, attachée aux valeurs de notre sport mais on tend aussi aujourd’hui à évoluer comme une vraie discipline sportive. Et en ce sens, La Marseillaise fait cette passerelle entre l’aspect convivial et familial qu’on trouve lors de la première journée, où tout un chacun peut participer à la fête, puisque c’est une fête pour beaucoup, et le sport de haut niveau que l’on retrouve lors des parties finales. Donc, on y trouve tous les ingrédients qu’on aime retrouver.

    Les parties dans les allées avec ces grosses galeries sont une spécificité de La Marseillaise. Quel est votre avis dessus ?

    R.B. : C’est vrai que là aussi, j’avais des a priori sur la foule qui se masse autour des joueurs. J’ai 49 ans et 43 ans de licence, j’ai connu ça jeune, ces parties qui se déroulaient au milieu du public. Parfois, on était obligé d’écarter les gens avant d’aller tirer. Mais ça a évolué et surtout ça, ça plaît aussi aux joueurs et aux spectateurs. Il y a cette ambiance, avec un peu de pression, parce qu’évidemment, ça crée une tension. Mais on coche beaucoup de cases de ce qu’aiment les vrais joueurs de pétanque et les amateurs, venir dans un concours populaire, s’amuser, passer du temps entre copains.

    Le stade d’honneur a aussi évolué avec un nouveau revêtement du terrain. Qu’en pensez-vous ?

    R.B. : Alors d’un côté technique, ce terrain est très intéressant, je l’ai dit à Maryan Barthelemy, le directeur du concours, parce qu’en fait, chaque poste est valorisé. On a parfois des terrains rapportés, qui sont très favorables au tir. Et je considère que lorsqu’un pointeur se demande s’il doit jouer deux mètres à gauche ou deux mètres à droite pour entamer une mène, c’est qu’il manque quelque chose dans ce jeu. Là, il faut vraiment faire un jeu équilibré. Il faut bien engager les mènes, c’est assez tactique. Et je trouve ça très, très intéressant. C’est vraiment une belle surface de jeu. Et en ce qui concerne l’environnement, je crois que c’est près de 3 000 personnes qui sont dans ce stade. Avec les loges, on a eu mardi la « night session » avec un éclairage qui valorise vraiment. L’écran géant, là encore, on est sur quelque chose qui s’approche de ce qu’on aimerait voir dans chaque concours.

    Cette année, la première partie s’est faite en deux sessions, quel est votre avis là-dessus ?

    R.B. : Vu la taille du concours, je pense que c’était indispensable de faire cette première partie en deux sessions. D’ailleurs, ça a été très apprécié. J’ai énormément sur le terrain de retours positifs, puisque ça a fluidifié. Ça a permis aussi aux gens de ne pas devoir attendre parfois 1h30, 2h leurs adversaires. Tous les joueurs que j’ai croisés, que ce soit des joueurs amateurs ou des joueurs de haut niveau, ont trouvé cette évolution très intéressante. On pourrait améliorer, mais je pense qu’on s’approche quand même de quelque chose qui est optimum. On a 4 832 équipes. Bien sûr, on pourrait créer un espace un peu plus sécure pour certaines parties. Quand je dis « sécure », c’est éviter qu’un spectateur prenne une boule dans une jambe. J’ai vu, je crois que c’est le lundi, une boule qui a rebondi sur un trottoir, qui aurait pu blesser quelqu’un. Ça fait partie des choses que l’on pourrait actionner. Mais vu la masse de spectateurs qui s’agglutinent autour des parties, c’est assez difficile à mettre en place dans un univers comme celui-là. Après, peut-être donner un peu d’aération sur les jeux. À partir des 16e, on a eu des parties qui se sont faites en enfilade sur une allée. Peut-être donner un petit peu plus d’espace pour que les gens soient un peu plus à l’aise. Ça, c’est un point d’amélioration.

    Comme sur le contrôle des licences à partir du dimanche soir…

    R.B. : Sur cet aspect licences, on a été un petit peu pris de court. Il faudra le repenser, l’anticiper peut-être, en faisant les vérifications en amont, pour pouvoir déjà vérifier les gens qui s’inscrivent avec leur numéro de licence. On va y travailler. On a un an pour se mettre en place pour 2027.

    Cette année on a dû intervenir dans les allées de Borély car des personnes streamaient des parties en direct ce qui est réservé à France TV, notre diffuseur officiel. Comment la Fédération se place sur ce sujet ?

    R.B. : On est sur un domaine public. Évidemment, France 3 a une exclusivité sur La Marseillaise pour la diffusion des parties. Ici la Fédération est simplement contrôleuse et gestionnaire du règlement sportif et sur l’administratif. Après de notre point de vue, ça peut poser problème. On rencontre les mêmes problèmes sur nos championnats de France. On a un diffuseur officiel et des web-TV qui viennent filmer quelques parties. On a des réflexions, on va essayer de sortir des choses pour limiter ça. Mais dans une tribune de stade, c’est plus facile à maîtriser. Dans les allées, devoir reprendre chaque personne qui sort son téléphone pour prendre une photo ou filmer, ça devient compliqué.

    Un mot sur les autres concours de cette Marseillaise 2026 ?

    R.B. : Je trouve que cette édition est une belle réussite. Je sais que l’organisation a le souhait de faire évoluer notamment le concours féminin. C’est un souhait fort de Maryan Barthelemy qui m’en a fait part. Évidemment, la Fédération l’accompagnera dans ce sens en donnant aussi peut-être une protection plus stricte par rapport à certaines concurrences qui sont dans la région. On est toujours ravis lorsque tous les pans de notre discipline sont mis à l’honneur. On a pu voir des parties filmées pour les femmes, pour les enfants, pour les handis. Il faut se le dire, aujourd’hui Le Mondial La Marseillaise est une belle vitrine pour notre discipline. Certains licenciés critiquent le fait qu’on puisse jouer le premier jour sans licence. Nous, ça ne nous pose pas de problème à partir du moment où on sait mettre un cadre par la suite. Et ça reste une compétition qui est très valorisante pour le sport pétanque.

  • Impitoyable Marseillaise

    Impitoyable Marseillaise

    Quel Mondial ! Il fut haletant, déroutant et renversant avec son plateau de rêve. Au départ on pouvait cibler plus de trente triplettes capables d’inscrire leur nom au palmarès. Mais dès les premières escarmouches, un vent de folie a soufflé avec la défaite de Philippe Suchaud associé à Hureau et Lamour. Une première pour le multiple champion du monde.

    C’étaient les prémices de la chute des très grands. Au fil des tours, des jours, ils sont tombés. Un par un, parfois face à un autre grand, d’autrefois contre un gros outsider à l’image de Foyot défait en 8e de finale mardi après-midi contre une triplette qui disputait sa première compétition officielle au nom de Coulomb. Seule la Marseillaise peut donner autant d’émotions.

    Dans ce marathon de 13 parties qu’est La Marseillaise, la canicule a joué un rôle prépondérant. Elle a été constante et terriblement éprouvante pour les organismes déjà soumis durant quatre jours de compétition à la fatigue, la pression des galeries et le stress. Car il faut maîtriser tous les paramètres pour dompter Le Mondial.

    Maurel, Durk, Prud’homme n’y arrivent pas

    On attendait l’équipe de rêve au tournant, celle de Stéphane Robineau. Mickaël Bonetto, Dylan Rocher. Elle a échoué pour la seconde année consécutive dans sa conquête. Une déception tout de même au regard de la qualité de jeu. D’autres n’ont pas su ou pu atteindre le dernier carré à l’image de Jean-Michel Puccinelli, Romain Fournié et le petit prodige Dawson Herlemann. « Dawson a tenu sa place de tireur avec brio. Il a tout l’avenir devant lui. Un jour il soulèvera le trophée », assure Puccinelli.

    Eux ont pu échapper à la sentence et rentrer de nouveau dans le dernier carré où tout change, où l’expérience joue un rôle majeur. Pourtant ils ont échoué. Maurel, Durk, Prud’homme sont tombés face à Messonnier dans une partie qu’ils semblaient maîtriser.

    Deux demi-finales perdues. Une finale ça commence à faire beaucoup. Maurel, le meilleur des trois hommes, était particulièrement abattu après la défaite. Yves Rakotoarisoa était tout proche, lui, de sa deuxième victoire consécutive mais son équipe s’est fait hara-kiri en demi-finale en ne convertissant pas l’opportunité de victoire qui leur tendait les bras.

    Vincensini, grand connaisseur des boules, suivant la partie, avait prédit ce dénouement : « Lorsqu’on manque de telles occasions de conclure, le couperet tombe à un moment où un autre pour vous punir. »

    Terrible et impitoyable, La Marseillaise est cruelle pour les faibles. Elle l’a été pour l’infortuné Patrick Laur, perdu dans le stade d’honneur lors d’une finale médiocre. Il a entraîné dans son désespoir ses équipiers Sébastien Rousseau, qui perd sa deuxième finale en deux ans, et Sony Even. Il ne faut pas lui jeter la pierre. Des grands joueurs se sont souvent cassé les dents dans ce carré.

    La récompense est venue pour un immense joueur, Michel Loy, qui a ajouté à son tableau de chasse la seule étoile qui lui manquait. Même si sa prestation a été très médiocre. Il en était conscient. À la fin de la partie, il s’est tourné vers ses supporters en criant : « Désolé, on ne vous a pas régalé. » Le perfectionniste a parlé. Que dire de Yohan Cousin ? Il a éclaboussé de sa classe cette édition 2026. C’est l’homme fort du Mondial. Il a contribué grandement à la victoire des siens. La 3e de Patrick Messonnier, égal à son image. Sérieux. Appliqué. Un troisième titre n’est jamais un hasard.

    En amont, le GP Féminin Paprec a été conforme à la logique. Les trois équipes de France étaient en demi-finale. C’est un gage de reconnaissance et une belle vitrine pour la pétanque féminine. Il a été remporté par Camille Picard, Nagesse-Baussian-Protat, Aurélie Bories. Enfin le Trophée Crédit Mutuel juniors, cadets, benjamin-minimes a connu un bel engouement. À l’image de Loni Szczotkowski et Mylan Terryn qui ont remporté leur 3e titre sur le Trophée Crédit Mutuel, tous ces jeunes représentent l’avenir de la pétanque. Certains seront en haut de l’affiche dans quelques années du Mondial La Marseillaise.