Loin des polices minimalistes en vogue, l’enseigne du Santa Gusta porte les marques de son histoire. Installé sur la route de Toulon, reliant les communes de Saint-Cyr-sur-Mer et de La Ciotat, c’est dans un style cursif rétro que le camping vend son nom, vieux de plusieurs dizaines d’années. Nichés derrière une station-service abandonnée en bord de départementale, les lieux passent sans doute inaperçus aux yeux de nombreux passants qui, faute de s’être aventurés au-delà de la réception, ne découvriront jamais le splendide panorama qu’elle dissimule.
Aux alentours de 13h30, le 14 juillet, la première esplanade du campement, construit en restanques, jouit de ce calme si propre à l’été provençal, bercé par l’assourdissant chant des cigales. Çà et là sont établies quelques caravanes, pour beaucoup portes closes, probables témoins d’une virée à la plage de leurs propriétaires. D’autres, peut-être influencés par les températures caniculaires, ont opté pour la sieste, tanqués sur leur transat placé sous les pins. Face à eux : une vue imprenable sur la baie de La Ciotat, aussi appelée Golfe d’Amour. Un peu plus bas, presque sur la plage, un couple déjeune sur son emplacement, observant les passants en balade sur la Corniche d’Arène-Cros.
Port d’attache
À quelques mètres, Roland s’affaire sur sa terrasse suréquipée : table en bois, chaise de salon de jardin, lavabo, transats en tout genre. Sa femme, qui n’a pas souhaité donner son prénom, est installée devant leur roulotte qui, dépourvue de roues, prend désormais des airs de mobil-home. « On vient ici depuis 1978 ! », s’exclame-t-il, comme une évidence. Lui et sa compagne sont en réalité des résidents de longue date. Originaires d’Aubagne, ils viennent chaque été passer leurs vacances en bord de mer. Autrefois présents de mai à octobre, ils séjournent désormais de juillet à la mi-septembre. « On est très attachés aux lieux. Notre fille a grandi ici, notre petit-fils vient aussi souvent nous rendre visite, s’émeut l’Aubagnais. C’est vrai que les choses ont quand même bien changé. Avant, c’était vraiment comme un quartier où tous les jeunes, et les vieux, se retrouvaient chaque été. Il y avait un esprit de bande. Aujourd’hui, il y a plus de touristes. Le campement est plus calme. Après, nous avons aussi évolué : on se couche moins tard, on fait moins la fête… »
Pourtant, les allées du camping regorgent encore de quelques résidents permanents, ou au moins réguliers. En retrait du front d’eau, on trouve Jennyfer, attablée dans ce que l’on pourrait presque qualifier de petit jardin. « Bien sûr » qu’elle connaît Roland, « très bien même ». « Ça fait 32 ans que je le fréquente ! », ironise-t-elle. Installée à Marseille le reste de l’année, elle revient chaque été passer deux mois au Santa Gusta, ponctuellement accompagnée de ses enfants ou de ses amis. Ce qui lui plaît au camping : « Le calme, la tranquillité, la proximité avec la mer. » Mais aussi, bien sûr, « le fait d’avoir de bons voisins, car c’est ça, avant tout, l’esprit camping ».
Un esprit également cher aux cœurs de Ginette, Simone et Marc, ce mardi-là postés ensemble sur la terrasse d‘un bungalow. « On profite du beau temps, de la plus belle baie du monde, mais aussi des amis qu’on s’est faits ici », s’enthousiasme Marc, originaire de Bordeaux, avant qu’un passant, Irek, lui venu des Ardennes, l’interrompe pour prendre de ses nouvelles, comme chaque année. L’an prochain encore, ils seront au rendez-vous.
![[Week-end] Le camping Santa Gusta à La Ciotat, l’esprit camping, tous les étés](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/07/3812d08b502994a35bd33058186fe983.jpg)



