Tag: blocage

  • Colère citoyenne pour sauver 37 arbres du Parc Bonneveine à Marseille

    Colère citoyenne pour sauver 37 arbres du Parc Bonneveine à Marseille

    Plusieurs dizaines de riverains, de membres d’associations dont Extinction Rebellion et des militants LFI, dont Victoire Diethelm et Imran Trocmé, conseiller d’arrondissement dans le 4/5, se sont opposés, lundi matin, à l’abattage de 37 nouveaux arbres du parc public de Bonneveine. La coalition citoyenne Comm’un Possible Marseille s’interroge sur ce marché public de réhabilitation à 2,5 millions d’euros, sans attributaire connu.

    La Ville avait annoncé vendredi l’opération en brandissant une expertise de mars dernier d’ONF Vegetis. « Au total, 37 arbres présentent un niveau de risque élevé de chute, susceptible de porter atteinte à la sécurité des usagers et des riverains », écrit la Ville qui s’engage à planter « 210 nouveaux arbres tiges, d’une hauteur de 3 à 4 mètres ».

    L’annonce a été vécue comme une trahison par le collectif de riverains après déjà 14 arbres abattus. « Lors de la réunion du 10 août en mairie centrale, le directeur général adjoint et l’adjointe en charge des espaces verts, Mme Prigent, s’étaient engagés à nous transmettre la totalité des tests de l’ONF, la liste et l’emplacement des arbres à abattre et de nous laisser 15 jours avant de faire un point avec eux et de prendre la décision finale », dénonce Alain Sennetz, président du collectif.

    « On a attendu

    la fin de la nidification »

    Soutien de leur lutte, Richard Hardouin, le président de la FNE 13, dénonce « incompétence, défaut de transparence et parjure » de la ville. Lundi, face à la mobilisation citoyenne, c’est une policière municipale puis un haut fonctionnaire de la ville qui se sont collés à la tâche, aucun élu de la municipalité n’étant venu défendre la décision. « Il n’y a pas d’arrêté municipal pour l’abattage, tout simplement parce qu’il y a danger imminent », relaye la policière. « On a des expertises qui démontrent la dangerosité de ces arbres. On a attendu la fin de la nidification pour ne pas porter atteinte à des espèces protégées », complète Marc Foveau, patron de la Direction de la Ville du Quotidien.

    « On ne peut pas admettre d’être pris pour des idiots parce qu’ils cherchent à s’en tirer en disant que la fragilité structurelle vient des conditions de plantation initiales du parc en 1976 ! C’est une manœuvre », proteste Jérôme Nardi du collectif. Le rapport de l’ONF consulté par La Marseillaise énonce dit que le retrait d’enrobé et de pavage en septembre 2025 « a induit une désolidarisation du sol, aggravant une structure déjà peu cohésive. Impact immédiat : modification brutale des conditions racinaires entraînant une instabilité mécanique ». À 17h15, le prestataire lançait ses tronçonneuses. Tout a été décapité malgré des heurts entre des opposants et la police venue en nombre.

  • Face aux dockers CGT, un député RN renonce à se rendre sur le port

    Face aux dockers CGT, un député RN renonce à se rendre sur le port

    Les représentants du Front national ne sont pas les bienvenus sur notre Port. » Le message du syndicat CGT des dockers et portuaires du Golfe de Fos est clair à l’endroit du député RN Emmanuel Fouquart, dans un communiqué paru lundi matin. Le parlementaire d’extrême droite était invité ce lundi, à l’initiative de l’entreprise Alteo, au terminal minéralier de Fos-sur-Mer pour l’inauguration du projet Alufos de l’entreprise spécialisée dans les alumines de spécialité.

    Ce communiqué des dockers et portuaires CGT intervient après un premier communiqué du député, publié dimanche. L’élu indique avoir été « alerté par Patrick Schneider, directeur d’Alteo Gardanne, de menaces téléphoniques directes » en opposition à sa venue, citant nommément le secrétaire général du syndicat, Christophe Claret, comme initiateur. « Ces intimidations visaient d’abord à faire obstruction à ma venue. En cas de maintien de ma participation, des menaces de blocage des déchargements destinés à Alteo ont été proférées », affirme le député, s’inquiétant d’un « péril » pour l’activité de l’entreprise. C’est pourquoi l’élu RN a décidé « à regret » de ne pas participer à l’inauguration.

    « Ce député a voté contre l’augmentation du Smic »

    La sollicitude à l’égard de « l’outil de travail des salariés » invoquée par Emmanuel Fouquart pour justifier ce renoncement se heurte aux rappels du syndicat CGT.

    « Les représentants du Front national ne sont pas les bienvenus, ceux qui surfent sur le désespoir de la classe ouvrière, dont les masques tombent pas à pas », indique le syndicat. « Ce même député qui vote contre l’augmentation du Smic, contre l’indexation des salaires sur l’inflation, qui abandonne la lutte contre la réforme des retraites, qui divise sur les thèmes identitaires raciaux, faisant le jeu du grand capital », assène la CGT des dockers et portuaires en référence à plusieurs votes du parlementaire à l’Assemblée nationale.

    De son côté, le député dénonce dans son communiqué « le chantage et les menaces sur la direction d’Alteo ». « Ces méthodes ne relèvent pas de l’action syndicale, mais de l’intimidation orchestrée par une antenne politique liée à un PCF à la dérive totalitaire », ose le député, dans un discours antisyndical et anticommuniste traditionnel de l’extrême droite française. « Ces agissements prouvent que ces structures ne défendent ni les ouvriers, ni le travail. Ils doivent nous alerter sur le danger que la CGT et le PCF représentent aujourd’hui pour notre démocratie et notre économie », conclut Emmanuel Fouquart.

    Des attaques provoquant logiquement l’ire des syndicalistes CGT, rappelant que « nous n’avons pas de leçons à recevoir de ce député RN sur la démocratie », prenant pour exemple « le maire RN de Carcassonne, fraîchement élu, qui a commencé par exclure la CGT de ses locaux ». « Pour rappel, notre organisation syndicale est représentative à 100% sur le port de Fos, avec l’ensemble des salariés syndiqués à la CGT, n’en déplaise à certains : 126 ans d’existence au service des travailleurs du port, de l’emploi et du développement de nos activités », développe le syndicat.

    « Il a tourné le dos aux salariés d’ArcelorMittal »

    Le sénateur communiste Jérémy Bacchi, tout juste réélu secrétaire départemental du PCF après le congrès du parti ce week-end, a également réagi en « apportant un soutien indéfectible » au syndicat CGT des dockers et portuaires du golfe de Fos. « Ce député cherche à se refaire une virginité politique sur le dos des salariés, mais l’hypocrisie a ses limites », tance le sénateur, rappelant aussi que « lorsqu’il a eu l’occasion historique et concrète de défendre l’industrie locale et ses salariés, il leur a tourné le dos en s’abstenant sur la nationalisation d’ArcelorMittal ». « Dès qu’il s’agit de s’attaquer aux intérêts du grand capital pour protéger les emplois, le pouvoir d’achat et défendre réellement les travailleurs, il n’y a plus personne », insiste Jérémy Bacchi.

    Le syndicat rappelle enfin que « leur courant politique a voté les pleins pouvoirs à Pétain en bafouant la démocratie, a censuré la presse, dissout les syndicats et partis politiques », durant l’Occupation.

    Sollicitée, l’entreprise Alteo n’a pas répondu à nos sollicitations.

  • Une intersyndicale bien décidée à résister aux politiques antisociales

    Une intersyndicale bien décidée à résister aux politiques antisociales

    « On a décidé, avec les organisations syndicales progressistes, celles qui ont conscience du moment dans lequel on se trouve, de nous mobiliser aujourd’hui devant l’UPV », commence le secrétaire général de la CGT, Richard Roméo-Giberti. Et de poursuivre : « On a des adversaires de classe aussi bien dans la classe politique que dans le patronat visiblement, puisqu’ils s’acoquinent les uns avec les autres. »

    D’où la nécessité de se rassembler et de construire un rapport de force pour refuser cette connivence antisociale et leurs offensives. « La majorité gouvernementale, bien aidée par l’extrême droite, veut voler le 1er Mai aux salariés qui sont en première ligne, c’est-à-dire les salariés du commerce », reprend le patron de la CGT dans le Var.

    Une nouvelle tentative d’enfoncer aujourd’hui un coin dans les acquis sociaux, après deux premières charges infructueuses en janvier et en avril, avec le passage au Sénat « d’une proposition de loi qui ouvre en grand les possibilités de déroger au 1er Mai avec le travail des boulangeries et des fleuristes ».

    Un attrape-nigaud, prévient-il, puisque derrière la rhétorique de défense du petit commerce, c’est encore au profit des grands groupes, comme Interflora et Carrefour, que la majorité veut légiférer. « Et si on laisse passer ça, on s’expose à d’autres coups bas, met en garde Richard Roméo-Giberti. On voit très bien que leur intention, c’est de s’attaquer in fine, notamment à la cinquième semaine de congés payés ». Et de poursuivre : « Le 1er Mai, on n’y touche pas. C’est le seul jour chômé pour tout le monde et c’est le fruit de décennies et de décennies de luttes sociales. »

    Pas de justice sociale

    sans solidarité

    Pas question en tout cas, « après s’être fait voler deux ans de vie avec la retraite à 64 ans », d’accepter de laisser banaliser le travail le 1er mai, « au nom du profit et des lobbies économiques ».

    « Nous refusons cette attaque symbolique et sociale ! Le 1er Mai est un jour de solidarité, de lutte et de conquêtes sociales. Il appartient au monde du travail, pas aux actionnaires », affirme avec force Zoé Desmoulins (Solidaires), lors de la prise de parole de l’intersyndicale.

    Géraldine Compain (Unsa) met en évidence, elle, que « faire travailler davantage celles et ceux qui peinent déjà à boucler les fins de mois ne répond en rien à l’explosion des prix de l’alimentation, à l’augmentation des loyers et des factures d’énergie, aux salaires qui stagnent et à la précarité qui gagne du terrain ». D’autant plus une aberration, dénoncent les syndicats, que pendant que « la vie chère étouffe la population, les grandes entreprises accumulent les profits ».

    L’intersyndicale exige donc l’augmentation immédiate des salaires, pensions et minima sociaux ; l’indexation des salaires sur les prix ; ainsi que le blocage des prix des produits de première nécessité et de l’énergie.

    Julie Birebent (FSU) a rappelé comment, pendant ce temps, comme toujours, « l’extrême droite tente de détourner la colère sociale en désignant des boucs émissaires et en essayant de se mettre dans la poche du patronat ». Et vote, impunément pour l’instant, contre les intérêts des salariés, contre les droits syndicaux et contre les solidarités.

    « Le progrès social se construit par l’unité des travailleurs, pas par la division », a martelé Anaïs Pascual (CGT). De l’unité, il va en effet en falloir pour défendre efficacement les droits et les libertés menacés. « Il n’y a pas de justice sociale sans démocratie et sans solidarité », insiste-t-elle. Et de poursuivre : « Nous exigeons des salaires pour vivre, pas survivre ! »

    Une aspiration largement partagée qui devra se traduire par de grandes mobilisations politiques et sociales pour aboutir.

  • Inquiétude syndicale pour les agents de la Métropole

    Inquiétude syndicale pour les agents de la Métropole

    Le blocage du budget de la Métropole AMP a de quoi inquiéter les petites mains des services publics métropolitains.

    Alors que le préfet Jacques Witkowski devrait saisir la chambre régionale des comptes (CRC), ce mardi, suite à la décision des élus métropolitains de ne pas voter le budget de l’établissement public (lire notre article du 30/04/2026), les syndicats montent au créneau pour que les agents ne paient pas l’addition. « Ce n’est pas du côté des agents qu’il faut chercher à faire des économies, on n’a pas du tout confiance en la CRC », tonne Serge Tavano, secrétaire général de la FSU AMP, ce lundi.

    Pour rappel, face à un trou de plus de 120 millions d’euros, c’est l’État qui reprend la main sur les finances d’AMP et qui va s’en remettre à la CRC pour un budget à l’équilibre. « Notre message est simple : les agents pèsent moins de 18% du budget, c’est peanuts », développe le syndicaliste. Manière de prévenir la très libérale CRC, adepte de franches politiques d’austérité, qu’il n’y a pas d’économie à faire du côté des travailleurs. Reste que l’inquiétude est réelle. Elle est même quasi commune pour l’ensemble des organisations syndicales d’AMP. « La CRC a pour mission de proposer un budget équilibré et ses choix pourraient inclure des ajustements sur les dépenses de personnel », analysait en parallèle la CGT AMP, qui rencontre le président de la Métropole, Nicolas Isnard (LR) le 11 mai. Comme la FSU, elle demande « de ne pas mettre les agents et les usagers à contribution ».

    « Un remède de cheval pour rétablir l’équilibre »

    Concrètement, les syndicats s’inquiètent d’un tas de mesures potentielles à l’encontre des agents. « On insiste sur le fait qu’on ne veut pas de suppressions de poste », martèle Serge Tavano, son organisation rencontrant aussi le président d’AMP, la semaine prochaine. Autres éléments de l’arsenal à disposition de la CRC redouté par les syndicats : non-renouvellement des contractuels, fin de primes pas obligatoires… « Un remède de cheval pour rétablir l’équilibre budgétaire », résume la CGT AMP, qui prévient : « S’ils coupent les contrats précaires, ce sont plus de 1 000 agents qui perdent leur emploi. »

    L’organisation FO Territoriaux de Marseille et de la Métropole, qui mutualise les agents des deux collectivités et dirigée par Patrick Rué, a lancé un « appel au président de la Métropole » doublé d’une lettre à ce dernier, ce lundi. « Notre syndicat vous demande de vous adresser aux agents métropolitains afin de les rassurer sur ces possibles restrictions », réclame l’organisation. Avant de développer : « Les agents vous soutiennent dans votre démarche, mais ne veulent pas en subir les frais. » Puis s’adresse à l’État cette fois : « L’État a spolié la Métropole de 120 millions d’euros en deux ans en baisse de dotations, nous demandons au préfet de préserver les intérêts des agents. »

    Enfin, Force ouvrière Métropole, syndicat dissident du FO historique dirigé par Patrick Rué, explique également que « les contraintes budgétaires à venir pourraient entraîner plusieurs conséquences sur le fonctionnement des services et les conditions de travail des agents ». Dans tous les cas, la balle est dans les mains des magistrats de l’austérité.

  • Les agents pénitentiaires bloquent les prisons d’Arles et des Baumettes

    Les agents pénitentiaires bloquent les prisons d’Arles et des Baumettes

    « On se bat pour notre survie. » Le ton employé par Thomas Forner, responsable régional du syndicat Ufap-Unsa est sans équivoque à l’heure de la mobilisation nationale des agents pénitentiaires.

    Depuis 5h lundi matin, le syndicat, qui est majoritaire à la Maison centrale d’Arles, bloque les entrées et sorties car la situation « n’est plus tenable » selon le syndicaliste. « Nous avons d’un côté la surpopulation et de l’autre la sous-dotation. Il nous manque 13 agents à la maison centrale, c’est une équipe complète », détaille-t-il. « Certains agents font jusqu’à 90h supplémentaires par mois, quand arrivera l’accident à la sortie du travail ? Ne pas avoir les moyens de faire nos missions entraîne frustration puis énervement, puis agression », analyse Thomas Forner. « Il ne se passe pas une journée en France sans qu’un collègue finisse à terre. On joue sa vie à la prise du service et à l’extérieur de l’établissement. Mais en pas d’agression qui viendra nous sauver ? », se demande le responsable.

    « Un ultimatum »

    La mobilisation lancée par l’Unsa a été rejointe par la CGT au centre pénitentiaire des Baumettes, à Marseille. Fin des postes vacants, fin des 6 500 matelas au sol, stop à l’épuisement : la CGT pénitentiaire place ces enjeux non plus comme des revendications, mais comme « un ultimatum » au regard d’un système carcéral qui « implosera faute de moyens ».

    Le syndicat Force ouvrière, dans un communiqué lapidaire, parle de « comédie syndicale » à propos de la mobilisation et n’y participe pas, y voyant « une stratégie électorale » à l’approche des élections professionnelles dans la fonction publique, en décembre.

  • Avignon-Le Pontet : un blocage en cours à la prison pour plus de moyens

    Avignon-Le Pontet : un blocage en cours à la prison pour plus de moyens

    « Tout est bloqué », annonce Clément Lopez, secrétaire local FO des agents pénitentiaires d’Avignon-Le Pontet. Depuis ce mercredi 15 avril au matin, quelque 80 personnes interdisent l’accès et la sortie au centre pénitentiaire. « On est en attente d’avoir la direction interrégionale pour bénéficier de renforts », expose le syndicaliste.

    Alors que le centre pénitentiaire affiche plus que complet, « avec 80 matelas à même le sol dans les cellules », selon Clément Lopez, les « agents doivent faire plus avec moins, et donc davantage de détenus à gérer, sources d’incidents et de promiscuité ». FO estime qu’il manque 56 agents pour avoir un taux de couverture de 100%. « On souhaite au moins 7 arrivées avant le 1er juillet pour retomber sur nos pattes car 7 départs sont prévus d’ici là », expose Clément Lopez, qui déplore le fait qu’il « n’y ait eu aucune affectation ici à la dernière sortie d’école, en plus de départs non remplacés ».

    Le mouvement devrait durer tant qu’un contact satisfaisant n’est pas engagé avec la direction interrégionale pénitentiaire.

  • [Chronique corse] Coût du carburant : la mobilisation des pêcheurs corses trouve une issue

    [Chronique corse] Coût du carburant : la mobilisation des pêcheurs corses trouve une issue

    C’est une issue qui vient clore un mouvement déclenché par la hausse brutale du gasoil et qui a mis en lumière les difficultés rencontrées par la profession.

    Depuis plusieurs jours les pêcheurs corses se mobilisaient dans plusieurs ports de l’île afin d’alerter sur la situation devenue critique de leur profession pour porter une revendication centrale : celle du prix du carburant.

    En quelques semaines, le coût du gasoil utilisé pour les bateaux de pêche a fortement augmenté, passant d’environ 0,64€ à plus d’1€ le litre. Une hausse rapide directement liée aux tensions internationales sur les marchés de l’énergie mais dont les conséquences se font particulièrement sentir en corse.

    Sur une île où les prix sont déjà plus élevés qu’ailleurs, les pêcheurs dénoncent un écart important avec le continent. Cet écart pèse lourdement sur leur activité.

    Coûts insupportables

    Car pour ces professionnels, le carburant n’est pas une dépense parmi d’autres : c’est un élément central de leur activité. Chaque sortie en mer en dépend directement. Lorsque son prix augmente c’est tout l’équilibre économique du métier qui vacille. Certains pêcheurs expliquent aujourd’hui qu’ils travaillent à perte ou qu’ils hésitent à prendre la mer tant les coûts sont devenus difficiles à supporter.

    À travers leur mobilisation, les pêcheurs corses ont cherché avant tout à se faire entendre sur une réalité concrète et immédiate : celle de charges qui augmentent plus vite que leurs revenus.

    Ce mouvement aura permis de mettre en lumière une profession souvent discrète mais essentielle à la vie économique et culturelle de l’île. En portant la question du carburant sur le devant de la scène, les pêcheurs rappellent une évidence : sans conditions de travail soutenables, il devient impossible de maintenir une activité pourtant profondément ancrée dans le territoire.

  • Des lycées de la région en colère contre la baisse des dotations

    Des lycées de la région en colère contre la baisse des dotations

    Ce jeudi 5 mars, la colère gronde devant plusieurs lycées marseillais. Alors que l’Académie d’Aix-Marseille prépare la distribution des enveloppes aux établissements pour les rentrées 2026, élèves et enseignants s’insurgent de la baisse des heures de la Dotation globale horaire (DGH) allouée par le rectorat. Ils dénoncent l’impact de cette perte sur l’organisation et la qualité des enseignements. En protestation, des blocages et des grèves ont été organisés dans plusieurs lycées de la ville.

    Une éducation maltraitée

    Au lycée Nelson-Mandela, dans le 12e arrondissement, les enseignants se sont mis en grève et se regroupent devant les grilles de l’établissement. Sur les banderoles, leur mot d’ordre : « Non à une fonction publique carencée, à une éducation au rabais, à une éducation maltraitée. » Dans ce lycée, la baisse de la DGH impliquerait « la perte de 80 heures hebdomadaires pour assurer les cours », explique Christophe Bernardo Dos Santos, professeur d’histoire-géographie et délégué syndical SNFO 13.

    80 heures de cours, cela signifie « la fin d’un certain nombre de dispositifs et la diminution des heures de spécialités », ajoute une professeure de français du même établissement. Elle continue : “Surtout, c’est l’impossibilité d’organiser des séances en demi-groupe, qui sont pourtant essentielles pour accompagner efficacement les élèves. ” Plus d’élèves par classe, notamment en langues vivantes et dans des matières comme le français et les mathématiques. « C’est la catastrophe assurée », selon la professeure. Les enseignants ont demandé à être reçus en audience par le rectorat, pour le moment sans succès.

    Des priorités politiques questionnées

    Les élèves du lycée Saint-Charles partagent la même frustration. Ce jeudi, ils ont décidé de bloquer leur établissement. « On se sent abandonnés », explique une lycéenne postée devant l’une des entrées, pancarte à la main. Chez eux, la DGH prévoit la suppression de 77 heures hebdomadaires. Conséquence : « On va moins bien apprendre et les profs vont être encore plus débordés qu’ils ne le sont déjà. »

    Les élèves voient aussi dans cette décision le résultat d’un arbitrage politique qui délaisse l’éducation « au nom de l’austérité », alors même que « des secteurs comme la défense voient leur budget largement augmenter ». Le blocage s’inscrit donc dans un mouvement plus large contre « la militarisation des jeunes », poursuit l’un des lycéens de Saint-Charles. L’enjeu des mobilisations est grand, car « tout le monde est à bout », souffle une accompagnante d’élève en situation de handicap (AESH) du lycée Diderot, venue en soutien à la grève.

  • Un salon de l’Agriculture sous tension

    Un salon de l’Agriculture sous tension

    C’est malheureusement devenu une constante. Le Salon international de l’agriculture, dont le coup d’envoi est donné ce samedi à Paris, Porte de Versailles, va se tenir dans un contexte de tension exacerbée, dans la lignée des précédentes éditions et de la colère du monde agricole.

    En toile de fond, les politiques libérales, historiquement pointées du doigt par une large part du milieu. Et dans le rôle de l’ennemi public numéro 1, l’Union européenne, vectrice de dumping social, de concurrence entre ses membres et d’accords de libre-échange nocifs pour les agriculteurs. C’est justement sur ce dernier point que le courroux a atteint un niveau particulièrement important ces derniers mois, avec la signature, crainte depuis des années et désormais entérinée, d’un accord de libre-échange entre Bruxelles et le Mercosur.

    De ce fait, la Confédération paysanne a annoncé qu’elle boycottait l’ouverture du salon et le traditionnel petit-déjeuner entre le président de la République et les syndicats. « Nous ne voulons pas être la caution de ce spectacle désolant lors duquel Emmanuel Macron a pour habitude de mentir », dénonce Thomas Gibert, porte-parole national du syndicat.

    « Sortir du dogme

    de la compétitivité »

    Ce dernier pointe du doigt l’absence de « la mise en place des prix planchers, qu’il avait promise il y a deux ans. L’année d’après, il nous avait promis, la main sur le cœur, de tout faire pour empêcher le traité de libre-échange avec le Mercosur. Encore une fois, la promesse n’a pas été tenue. Il n’a pas été assez proactif pour construire la minorité de blocage nécessaire ». Mais il indique que la Confédération paysanne sera bien présente pour le reste du salon, afin de porter « la question de la régulation du marché qui est selon nous indispensable pour avoir un revenu paysan et changer de modèle agricole. Les lois récentes, comme la loi Duplomb, ont pour objectif de rester compétitifs sur le marché international. Le problème est qu’on va aller vers toujours plus d’industrialisation, d’abaissement des normes environnementales et sociales. On a besoin de réguler le marché pour sortir de ce dogme de la compétitivité, de produire d’une manière moins intensive, pour utiliser moins de pesticides, avoir un meilleur revenu, pour protéger notre agriculture et de fait notre alimentation ».

    Le syndicat compte également dénoncer la loi d’urgence agricole annoncée en janvier par le Premier ministre Sébastien Lecornu : « C’est une réponse aux revendications de la FNSEA. On s’oppose à cette vision de l’agriculture, qui défend les intérêts d’une poignée au détriment de l’ensemble du monde paysan, toujours à destination de l’agro-industrie. On veut crier haut et fort cette différence, et pointer cette cogestion entre la FNSEA et le gouvernement, qui a poussé les politiques agricoles depuis des décennies dans l’impasse dans laquelle on se trouve », clame Thomas Gibert.

    Autre problématique : la dermatose nodulaire contagieuse, et la critique de l’action gouvernementale en la matière. Pour la première fois de son histoire, aucun bovin ne sera présent au salon, ce qui constitue, pour le syndicaliste, « la vitrine de l’échec de cette politique sanitaire inhumaine. L’abattage n’est pas justifié, c’est une décision prise uniquement sous le prisme d’une visée exportatrice, alors que des solutions scientifiques existent ». Une maladie dont ce maraîcher de Haute-Vienne « craint la résurgence au printemps, car les vecteurs risquent de se réveiller avec la hausse des températures. Il est hors de question qu’on revive le même drame que cet hiver, mais on n’a pas de réponse, et il n’y a toujours pas de volonté politique de sortir de l’abattage total », martèle-t-il, annonçant une conférence de presse à ce sujet lundi.

    « La régulation du marché
    est indispensable »

  • Grève des marins, menacés de perdre pavillon et emplois

    Grève des marins, menacés de perdre pavillon et emplois

    « Nous bloquons toute entrée par la passe nord du port », a confirmé Frédéric Alpozzo, secrétaire général CGT des marins de Marseille lundi matin. Après une grève le 2 décembre, la CGT des compagnies Corsica Linea et La Méridionale avait déposé la semaine dernière un nouveau préavis de 48 heures débutant ce 2 février afin de « sécuriser les emplois ».

    Le syndicat dénonce l’arrivée de compagnies opérant sous pavillon étranger sur les lignes desservant le continent français avec le Maghreb et certaines destinations corses induisant une concurrence déloyale. « Les marins de ces bateaux n’ont pas de contrats français et sont payés entre 650 et 1 200 dollars par mois. Contre ça, on ne peut pas lutter », s’insurge le syndicaliste. Dans un courrier adressé au ministre des Transports, la CGT Marins exige de l’État français qu’il oblige les armateurs qui s’installent en France à respecter la législation française. « Il n’est pas normal que ces compagnies puissent utiliser un pavillon international, dénonce Frédéric Alpozzo, l’État doit supprimer les autorisations de GNV à Sète avec l’Algérie et nous attendons une coopération entre la France et le Maroc avec les ports de Sète et Marseille. » Autre revendication « urgente », précise le secrétaire général, « il faut un programme commun de flottes entre nos deux compagnies avec un programme supplémentaire de coopération à Sète avec l’Algérie, complémentaire au port de Marseille avec Algérie Ferries ».

    Un raz-de-marée low cost

    De sérieuses inquiétudes pèsent sur les compagnies françaises. Pour rappel, en juin dernier, le groupe CMA CGM n’excluait pas la revente de la compagnie La Méridionale, en difficulté. La CGT Marins, dans une lettre du 3 juillet demandait « solennellement » au PDG de CMA CGM, Rodolphe Saadé de conserver La Méridionale, craignant les lourdes conséquences sociales d’une telle vente. Le 24 janvier, confrontée « à une dégradation de sa situation économique, dans un contexte de concurrence internationale très intense », expliquait la direction de La Méridionale justifiant la cession du Kalliste à un chantier turc en vue de sa mise à la casse. « On nous annonce la perte de 50 000 passagers, des résultats qui ne permettront plus de payer les navires neufs, ni la mise aux normes écologiques de la flotte avec une activité réduite au service public entre Marseille et la Corse également menacée par Corsica Ferries sous pavillon italien. » Les marins refusent de désarmer et exigent une stratégie d’avenir.