Tag: biodiversité

  • Un plan de 30 millions pour sauver la Camargue

    Un plan de 30 millions pour sauver la Camargue

    La Camargue n’est pas une carte postale. C’est le message fort porté ce mercredi 5 décembre à Nîmes (Gard) par la conseillère régionale Katy Guyot, lors de la présentation du bilan du Plan Camargue et du lancement de sa nouvelle version, le « Plan Camargue 2.0 ». Depuis 2018, la Région Occitanie y a investi plus de 30 millions d’euros. Objectif : soutenir un territoire singulier, entre fragilité écologique, traditions vivantes et défis économiques. « La Camargue, ce n’est pas du folklore », martèle l’élue. « C’est une biodiversité riche, une économie à part entière, et une culture à défendre. »

    Adopté en 2018, le Plan Camargue repose sur quatre piliers : environnement, agriculture, culture et économie touristique. Loin d’un affichage symbolique, ce programme a produit des résultats concrets. Côté culture et patrimoine, ce sont 5,5 millions d’euros qui ont été injectés pour moderniser les arènes camarguaises (Lattes, Le Crès, Lansargues, Saint-Geniès-des-Mourgues ou Vauvert), restaurer l’amphithéâtre de Nîmes (près de 2 millions), soutenir la Fédération française de la course camarguaise ou accompagner la production audiovisuelle, comme le film Animale d’Emma Benestan, récemment diffusé sur Canal+.

    « Ce n’est pas sauter comme un cabri… »

    En matière d’agriculture et d’élevage, 2,7 millions d’euros ont été mobilisés, notamment pour valoriser la race Camargue et soutenir les éleveurs impactés par la dermatose nodulaire. « Durant la pandémie, on a versé 770 000 euros d’aides directes aux manades. Pour nous, les éleveurs faisaient partie des essentiels », rappelle Katy Guyot.

    Face à l’urgence climatique, l’environnement n’a pas été en reste : 13,3 millions d’euros ont été investis pour préserver la biodiversité, renforcer les digues ou restaurer des zones sensibles dans les réserves naturelles comme Scamandre ou Mahistre. Le tourisme, enfin, a bénéficié de 8,8 millions pour valoriser les Grands Sites d’Occitanie, les circuits d’agritourisme ou l’accueil de visiteurs.

    « On peut sauter comme un cabri avec une chemise camarguaise en criant “sauvons les traditions”… ça ne fait pas avancer le Schmilblick ! », lance Katy Guyot, paraphrasant De Gaulle pour mieux rappeler la nécessité d’actions concrètes. Parmi les initiatives marquantes, la création d’un conservatoire génétique du taureau de Camargue est en cours, porté par le Livre généalogique de la Raço di Biòu. Philippe Boch, manadier à Lansargues et président de l’organisme, en détaille la portée : « Nous avons commencé à prélever du sperme de taureau Camargue. On va continuer avec les ovocytes pour constituer une banque génétique. Cela nous permettra de préserver la race face aux menaces sanitaires comme la fièvre aphteuse ou la dermatose. » Cette initiative s’inscrit dans un dispositif plus large de protection des races menacées, qui a déjà permis à la Région de recevoir 104 demandes de subventions, dont 51 pour les chevaux de Camargue et 53 pour les taureaux.

    Autre chantier structurant : l’inscription de la Camargue au patrimoine mondial de l’Unesco. Soutenue depuis 2023 par la Région, cette démarche vise à protéger le delta du Rhône et à renforcer la gestion durable du site. « Pour survivre aux mutations profondes (montée des eaux, salinisation, réduction de la mobilité des roseaux), nous devons donner au territoire les moyens d’être protégée et reconnue », plaide Katy Guyot.

    Un plan 2.0 pour anticiper

    Forte de ce premier cycle d’action, la Région Occitanie engage désormais une nouvelle phase. Le « Plan Camargue 2.0 » vise à mieux outiller le territoire face aux crises à venir, qu’elles soient sanitaires, économiques ou climatiques. Il s’agit notamment d’encourager l’innovation dans l’agrotourisme, la diversification des élevages ou la valorisation de la viande locale.

    L’un des socles de cette relance sera la réalisation d’une grande étude d’impact socio-économique en 2025-2026. Menée sur le territoire de la Camargue gardoise et héraultaise, cette enquête permettra de mieux cerner le poids réel de la culture camarguaise dans l’économie locale. Seront notamment analysées les retombées du tourisme, l’emploi généré par les filières traditionnelles, ou encore l’impact culturel sur les habitants et visiteurs.

    Pour la Région, cette étude permettra d’objectiver les politiques publiques et de mieux flécher les aides futures vers ce qui crée « richesse, emploi et vitalité territoriale ». Il s’agit aussi d’armer les collectivités face aux mutations profondes du littoral, en faisant de la Camargue un modèle de développement durable conciliant authenticité et modernité. « Depuis 2018, nous avons posé les fondations, maintenant il faut aller plus loin, conclut Katy Guyot. L’Occitanie doit rester aux côtés de celles et ceux qui font vivre ce territoire. Ce n’est pas du folklore, c’est notre fierté régionale. »

  • Être parrain d’un flamant rose en Camargue

    Être parrain d’un flamant rose en Camargue

    Adopte un flamant ». C’est l’opération à la fois très ludique et ô combien pédagogique lancée par cet institut de recherche pour la conservation des zones humides méditerranéennes afin de sensibiliser le public à cet enjeu tout en les familiarisant avec cette espèce emblématique.

    Pour une somme assez modique, allant de 25 à 100 euros par an, selon la formule, le curieux ou passionné peut devenir « le parrain » d’un flamant rose. La tour du Valat donne quelques exemples, lors du choix, de la variété des flamants roses peuplant la Camargue, entre les « sédentaires », qui n’ont jamais mis une patte en dehors de ce territoire, et d’autres, très « aventuriers », habitués aux grands voyages « aux quatre coins de la Méditerranée ». Et de donner l’exemple d’Indiana, né en 1990 et qui, d’après sa bague, a parcouru plus de 13 500 kilomètres… Le site dédié permet de « parrainer » un flamant ou d’offrir un parrainage.

    « En parrainant un flamant rose, c’est l’espèce tout entière que vous aidez, mais aussi ces milieux humides qu’ils affectionnent tant », expliquent les protagonistes de l’opération. « La Tour du Valat et tout un réseau d’observateurs s’étendant à l’échelle de la Méditerranée pourront ainsi poursuivre leurs efforts pour la sauvegarde de l’espèce », poursuivent-ils.

    Suivre à la trace

    « Le parrainage se traduit par une participation directe à l’étude et à la protection des flamants roses en finançant entre autres les activités de suivi des populations ainsi que l’achat du matériel nécessaire pour les observateurs d’Afrique du Nord, d’Afrique de l’Ouest et du Moyen-Orient », poursuit la structure. Et de préciser que « la lecture des bagues, posées sur les pattes des flamants est difficile et elle est parfois faussée par la mauvaise qualité du matériel ». La paire de jumelles donne des résultats très mitigés à comparer à ceux d’un télescope, « avec lequel l’observation et la lecture peuvent se faire jusqu’à une distance de 300 mètres ».

    Pour donner une échelle des observations, « plus de 800 000 lectures de bagues ont été effectuées depuis 1977 », renseigne le centre de recherche, le tout réalisé par quelque 5 900 personnes différentes. Près de 70 000 flamants roses ont été bagués depuis 1977, dont plus de 27 000 en Camargue.

    La tour du Valat est devenue au fil des décennies une véritable institution en Camargue.

    Luc Hoffmann, docteur en biologie, cofondateur du WWF, a fait l’acquisition du vaste domaine de la Tour du Valat en 1948 « avant de créer en 1954 une station biologique éponyme », rappelle la structure dans une note biographique sur son fondateur. Le domaine s’étend sur plus de 2 500 hectares, dont 1 845 hectares classés en Réserve naturelle régionale.

    Pour tout renseignement : tourduvalat.com

    Pour parrainer un flamant : mon flamant.com

  • L’ouverture d’Alès-Bessèges retardée

    L’ouverture d’Alès-Bessèges retardée

    Retardée mais pas abandonnée. La ligne Alès-Bessèges, rouvrira bien en 2030, assure Jean-Luc Gibelin, le vice-président (PCF) régional en charge des transports qui table même sur le lancement de la ligne pour 2028 entre Alès et Saint-Ambroix.

    Décidée en 2016, cette réouverture a pris du retard à cause d’une législation de plus en plus contraignante. Les élus doivent en effet présenter des études sur l’impact environnemental mais aussi des démarches de « qualification du caractère d’impérieuse nécessité du service public » et des études socio-économiques. « Pour un chantier qui va durer 12 à 18 mois, il aura fallu 8 à 10 ans de procédure. C’est une période beaucoup trop longue », reconnaît Jean-Luc Gibelin, jugeant cette situation « inacceptable pour les habitants mais aussi pour les élus ». « Nous sommes très loin de la simplification promise par Emmanuel Macron. Nous avions déjà rencontré ces problèmes lors de la réouverture de la ligne droite du Rhône mais ça ne fait qu’empirer », poursuit l’élu communiste.

    Jusqu’ici, le projet devait en effet voir le jour en 2028 (après déjà un premier report), mais il a de nouveau été décalé à 2030 à cause notamment de l’étude du dossier d’autorisations environnementales de plus de 2 000 pages déposé en juillet dernier. « Nous pensons qu’il sera étudié à partir du début de l’année prochaine, donc six mois seront passés parce que nous avons reçu un premier courrier de non complétude de notre document alors que nous l’avions réalisé en partenariat avec les services de la préfecture, car le sous-préfet et le préfet sont très aidants dans ce dossier », ajoute l’élu de Salindres.

    Biodiversité

    Cette réouverture, qui s’appuie sur le même tracé qu’avant 2012, nécessite des travaux sur les voies mais aussi sur les gares. Aujourd’hui, les principaux problèmes concernent le nord de la ligne, entre Saint-Ambroix et Bessèges, où des zones humides abritant de la biodiversité se sont créées autour des caniveaux désaffectés depuis l’arrêt du trafic. La Région doit donc désormais démontrer qu’elle protège cette biodiversité, alors qu’en relançant la ligne, les caniveaux vont à nouveau fonctionner, asséchant de fait ces zones humides. La présence de chauves-souris dans les tunnels sans circulation pendant vingt ans pose également problème.

    « Nous travaillons avec les services de la préfecture pour trouver des solutions. On nous demande de trouver des lieux de compensation notamment pour les chauves-souris alors que rien ne démontre qu’elles n’étaient pas déjà dans les tunnels quand les trains passaient. Beaucoup de conducteurs de train confirment qu’ils voient des chauves-souris dans les tunnels de la ligne des Cévennes par exemple », précise le vice-président de la Région Occitanie.

    Pour respecter le nouveau calendrier, la Région a encore de nombreuses étapes à franchir avec le lancement de la phase d’avant-projet, la sélection des entreprises mandatées pour les travaux et le lancement de l’enquête publique pour supprimer cinq passages à niveau. Une procédure « qui ne va pas être simple », prévient déjà Jean-Luc Gibelin.

  • [EQDD La Voix du Nord] Le conservatoire botanique de Bailleul : un allié de la biodiversité qui veille sur 44 millions de semences

    [EQDD La Voix du Nord] Le conservatoire botanique de Bailleul : un allié de la biodiversité qui veille sur 44 millions de semences

    C’est un sanctuaire de 25 hectares, au cœur des Flandres, à deux pas de la frontière belge. Créé en 1987 par le professeur Jean-Marie Géhu, agréé quatre ans plus tard par l’État, le conservatoire botanique national de Bailleul vient d’être labellisé « Jardin remarquable ». Une nouvelle reconnaissance de l’importance de ses missions en faveur de la préservation du vivant.

    Depuis plus de trente ans, ses scientifiques auscultent sans relâche la végétation des Hauts-de-France et documentent le déclin de la biodiversité pour tenter d’y remédier. Comment ? En constituant une banque de semences des espèces les plus menacées d’extinction. « Les menaces sont très variées, développe Bertille Asset, référente en conservation. Il y a l’atteinte aux milieux, comme la disparition des zones humides, l’abandon des pâturages, l’intensification agricole et le retournement de prairies, l’urbanisation. Et tout cela est aggravé par le changement climatique ». Depuis 2019, le conservatoire a produit une « liste rouge » pour hiérarchiser les priorités. Il veille ainsi sur 44 millions de graines ou spores, soit 600 espèces indigènes. Ces semences, mémoires d’une époque, d’un paysage, sont régulièrement testées, renouvelées, enrichies selon les besoins.

    Trouver le milieu adapté à la réintroduction

    Entre juin et octobre, les botanistes « récolteurs » effectuent plusieurs passages sur le terrain pour mener à bien les prélèvements. « Au laboratoire, nous nettoyons les semences pour avoir un lot le plus pur possible mais contrairement aux semenciers, nous veillons à garder la plus grande diversité génétique. C’est la meilleure garantie pour favoriser une adaptation à l’avenir, nous écartons seulement les individus malades ou mal formés. » Suivent un test de germination, l’étape de la dessiccation (une déshydratation poussée) et la mise en dormance dans des sachets en papier hermétiques, sous vide, rangés dans des congélateurs, à l’abri de la lumière.

    « Si on ne ressortait jamais nos échantillons, ce serait positif, cela signifierait qu’il n’y a pas besoin d’une action de l’homme pour restaurer des milieux, poursuit la chargée de missions scientifiques. Mais suivant nos programmes de conservation in situ, il y a des espèces sur lesquelles on veut agir de manière concrète en renforçant leurs populations pour favoriser les croisements génétiques. Actuellement, il y a un plan national sur les plantes messicoles, nous travaillons avec des partenaires comme les réserves naturelles, pour leur trouver un habitat fonctionnel, préservé. Ce n’est pas simple de restaurer la nature, parfois, nous n’avons plus de milieu adapté pour accueillir les espèces. »

    Pourquoi préserver le millepertuis des marais ou le chou marin ? « C’est un patrimoine vivant à sauver au même titre que les ruines d’un château ou La Joconde, répond Bertille Asset, ces espèces n’ont peut-être pas d’intérêt immédiat pour nous mais elles participent à un équilibre global, sont essentielles à un milieu, à un insecte ». Elles constituent aussi un précieux réservoir de solutions pour les écosystèmes de demain, fragilisés par le réchauffement climatique.

    Par Marie Lagedamon –La Voix du Nord

  • Bonnieu, hotspot d’une nature protégée

    Bonnieu, hotspot d’une nature protégée

    Lors du dernier conseil de quartier (notre édition du 6/11), l’élue annonçait l’extension du périmètre de l’arrêté préfectoral de protection du biotope (APPB) de 2018, qui avait consacré une zone de près de 7 hectares en 2018 dans un couloir partant du parking de la plage le long du chemin allant en direction de Carro.

    Désormais, c’est une zone étendue sur plus de trente hectares qui est protégée par l’arrêté, entre la plage de Bonnieu et sur le littoral de la pointe Donnelle à l’Anse des Arnettes, l’extension de l’APPB couvrant à peu près la boucle ouest du sentier botanique. « Nous voulions l’agrandir car nous considérons que les zones en bordure de Méditerranée doivent aussi être protégées et font partie du patrimoine communal », affirme l’adjointe.

    L’écologie du vivre-ensemble

    L’enjeu de cette réglementation est de protéger plusieurs espèces de plantes et d’animaux présents sur la plaine de Bonnieu, parmi lesquelles le gravelot à collier interrompu ou la mérendère à feuilles filiformes, « car c’est une des rares zones de France où ces espèces habitent », précise Odile Teyssier-Vaïsse. Cette espèce est réputée « encourant un risque très élevé d’extinction dans la nature » et figure sur la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), l’outil de référence pour connaître le niveau de danger pesant sur la biodiversité dans le monde.

    Il fallait pour cela fermer le parking proche de la plage, et surtout « empêcher l’accès aux deux roues, qui venaient souvent faire du motocross dans la plaine » indique l’adjointe, de même que d’éviter « tout déplacement de véhicules, de rassemblements générateurs de piétinement ou même d’empêcher des constructions », complète-t-elle.

    Un patrimoine sensible qui n’est pas pour autant mis sous cloche. « Il ne s’agit pas de barricader l’espace », comme le détaille Odile Teyssier-Vaïsse, mais de penser la plaine comme un espace de vie dont la gestion se « travaille avec les associations, comme la Ligue de protection des oiseaux, l’Office français de la biodiversité mais aussi les cyclistes, promeneurs et chasseurs pour faire cohabiter les usages ». En l’occurrence, le sentier de la boucle botanique de Carro, prisé des promeneurs et des amateurs de nature, ne sera pas rendu inaccessible.

    Du reste, l’APPB vient compléter les mesures compensatoires du site du Vallon du fou, créé au milieu des années 2000 par l’ancien conseil de territoire et aujourd’hui propriété de la Métropole.

    Si l’arrêté « n’a pas de vocation touristique » selon Odile Teyssier-Vaïsse, « la Ville a toujours eu cette envie de faire connaître sa richesse faunistique et floristique aux gens ». Les ateliers participatifs de l’atlas de la biodiversité populaire, en sont un exemple concret, dont celui dédié à la plaine de Bonnieu s’est déroulé en avril dernier.

  • La municipalité veut rendre à l’oubli les grottes Loubières

    La municipalité veut rendre à l’oubli les grottes Loubières

    Devant l’accès muré du site, les immenses blocs de pierre cherchent à dissuader les passants. Trop prisées des amateurs d’exploration urbaine, les grottes Loubières, sur les hauteurs du massif de l’étoile, doivent désormais être soustraites à leur curiosité. Après avoir un temps songé à en faire un lieu renaturé, repeuplé par les chauves-souris, mais ouvert aux écoliers avec « des visites ponctuelles sur certaines zones ou périodes moins sensibles pour les chiroptères », comme elle le présentait en février 2024, la Ville de Marseille, désormais, veut le rendre pleinement à la nature.

    Un chantier doit ainsi être lancé pour « restaurer la cavité et son environnement immédiat », explique le cahier des charges publié le 20 octobre dernier. Il s’agit d’installer de nouvelles grilles adaptées au passage des chauves-souris, de « limiter la visibilité immédiate du site par des plantations ». Mais, surtout, de retirer tous les aménagements réalisés à l’intérieur au fil des décennies.

    Car son histoire est singulière, plus vieille encore que celle de la plus vieille ville de France. Après la redécouverte du lieu au XIXe siècle – une inscription de 1829 la signale – les campagnes d’archéologie ont retrouvé des objets en silex du néolithique, exposés au museum d’histoire naturelle, des tessons de poteries romaines. Devenue une bergerie naturelle, la grotte a été fermée après la découverte, en 1898, du cadavre d’une fillette, dont le meurtre a été reconnu en 1915 par un berger, se confessant avant sa mort. Dans les années 1930, elle n’en subit pas moins de lourds aménagements pour en faire un lieu touristique. Un temps boîte de nuit clandestine, elle est finalement fermée pour des raisons de sécurité en 1989, et sa principale entrée murée.

    « Stricte confidentialité »

    De ce passé, restent ce plancher en partie effondré, des escaliers, rambardes, plateformes de fer, des installations électriques vétustes avec des lampes installées jusqu’à 4 mètres du sol. Et puis les tags et quelques débris laissés par les amateurs d’urbex (exploration urbaine), qui inquiètent les services municipaux, tant pour des raisons de sécurité que pour protéger ce site naturel et archéologique. Autant de traces que la Ville veut évacuer, avant de poser de nouvelles grilles dissuasives accompagnés de panneaux d’avertissement, de démolir les dalles extérieures et de replanter de nouveaux arbres devant pour dissimuler l’entrée. « La qualité attendue pour l’exécution de l’ensemble des travaux est très élevée », insiste le cahier des charges. Avant de réclamer « une stricte confidentialité sur la localisation ou la nature des travaux ».

  • [Biodiversité] Le Pradet : Une campagne de lutte contre la caulerpa taxifolia

    [Biodiversité] Le Pradet : Une campagne de lutte contre la caulerpa taxifolia

    Comme chaque année depuis 2002, la mairie du Pradet, en partenariat avec le Parc national de Port-Cros, le Naturoscope du Var, l’association Telo Sub et le centre de plongée du Pradet, coordonne une campagne de lutte contre la caulerpa taxifolia.

    Une opération menée du 20 au 23 octobre, qui vise à repérer les aires de prolifération de cette algue invasive, transportée par les ancres des bateaux, qui modifie les équilibres de la biodiversité marine et s’attaque aux herbiers de posidonie, puits carbone essentiels à la vie humaine, « même si ceux-ci se défendent très bien tout seuls, car ils sont tellement denses que la caulerpa n’arrive pas à pénétrer dedans et ne reste qu’en bordure », explique éric Pironeau, président de Telo Sub. « Le problème, c’est qu’elle prend de la place et qu’aucune espèce ne s’en nourrit. Elle n’est pas non plus exploitable par l’homme. »

    « Il n’y a pas de risque pour le baigneur », précise toutefois Jean-Marc Illich, conseiller municipal en charge du Développement durable et du Littoral. Loin du qualificatif « d’algue tueuse », qui lui est souvent accolé et que réfutent les spécialistes.

    Une présence désormais minime

    Durant quatre jours, une vingtaine de plongeurs sont intervenus au quotidien dans les 80 hectares de la baie de la Garonne, qui fait partie de l’aire maritime adjacente du Parc national de Port-Cros et à ce titre, de l’aire marine protégée. « Le Pradet est une des seules communes à faire ça, affirme éric Pironeau. La Garde et La Londe commencent à s’y mettre. Le Parc, quant à lui, n’agit que sur son cœur, autour de Port-Cros et Porquerolles. »

    Dans un premier temps, pour de la prospection, grâce au soutien d’amateurs, puis pour des missions d’élimination, assurées par des professionnels, au moyen d’aspiration ou de dépotage au couteau. « On cible une zone et on s’y attaque. Il n’y a plus beaucoup de “caulerpa”. On travaillait sur 35 points en 2002. Aujourd’hui, il ne nous reste plus qu’une petite zone, située en dehors de notre stratégie, avec des tâches de quelques cm², mais on s’y attelle pour éviter que ça s’étende. »

    Ces missions permettent également de repérer de nombreuses autres espèces, « comme des tortues, des raies, ce qui pour nous est exceptionnel », appuie le président de Telo Sub. « à l’inverse, avant, on recensait de grandes nacres et on ne repère plus que des épineuses. Cela nous permet de donner un état des lieux à la mairie et de voir qu’il n’y a pas que la “caulerpa” qui envahit. Il y a d’autres algues et espèces qui modifient eux aussi les écosystèmes. »

    En conséquence, la mairie a créé « une zone interdite au mouillage (Ziem). On observe un réel impact positif dans cette aire très riche en biodiversité », complète Jean-Marc Illich, qui met enfin l’accent sur la sensibilisation des populations, « via des campagnes estivales et grâce aux communications des associations toute l’année ».

  • Un inventaire participatif de la faune et de la flore

    Un inventaire participatif de la faune et de la flore

    Attraper les insectes, observer les oiseaux, identifier les espèces végétales… Voilà à quoi sera dédiée la journée du 8 novembre, pour les participants à la deuxième édition du bioblitz. Ce terme compliqué désigne en fait une étude réalisée sur une portion bien précise de terrain, où un groupe de scientifiques et de bénévoles mènent un inventaire biologique intensif, pendant quelques heures.

    Cette sortie naturaliste, initiée par le conseil citoyen de l’Atlas populaire de la biodiversité communale, permettra de recenser les espèces animales et végétales évoluant le long des vallons de Martou et d’Artou.

    L’après-midi est ouverte à tous les publics, y compris les enfants. Du matériel sera fourni sur place, il suffit de penser à prendre un pique-nique et des bocaux pour la capture temporaire.

    Une expertise citoyenne

    « Comme on est à Martigues, on a décidé de faire un Atlas populaire, expliquait l’adjoint au maire délégué à l’Industrie et à l’Environnement, Jean-François Mauffrey, lors de la première sortie de ce type au parc de Figuerolles. On avait envie de générer autour de ce dispositif autant d’engouement que possible. Il y a donc des inventaires qui sont réalisés par des spécialistes, qui ont tout l’état de la connaissance, mais il y a aussi une expertise citoyenne. Cette balade est une émanation libre : chacun cherche ce qu’il veut, prend les photos qu’il veut, échange, et on collecte tout à la fin parce que ce sont des données qu’on considère de valeur. »

    Réservation au 04.42.44.12.78 / 04.42.49.03.21 ou par mail : abcpopulaire@ville-martigues.fr

  • Sept communes distinguées pour leur ciel étoilé

    Sept communes distinguées pour leur ciel étoilé

    Elles n’ont pas décroché la lune, mais bien une ou deux étoiles. Ce qui, confirme Stéphanie Singh, chargée de mission « Forêt et transition écologique » au PNR Sainte-Baume, est tout à fait possible. « Créé par l’association nationale pour la préservation du ciel et de l’environnement nocturne, ce label vise à pousser les communes à avoir une meilleure gestion de leur éclairage nocturne », explique-t-elle. Les résultats du dernier concours ont été dévoilés le 30 septembre.

    Qualité du ciel nocturne

    Dans le Var et les Bouches-du-Rhône, Evenos, Méounes-lès-Montrieux, Néoules, Signes et Roquefort-la-Bédoule ont obtenu une étoile. Plan-d’Aups et La Roquebrussanne en ont décroché deux. Riboux et Auriol avaient été récompensés par une étoile en 2019. Ce qui porte à neuf communes sur 28 à avoir, dans le PNR Sainte-Baume, cette reconnaissance.

    Stéphanie Singh détaille : « à l’occasion de chaque concours, la commune répond à un questionnaire et doit par exemple renseigner le nombre de luminaires sur son territoire, leur puissance… » Le label récompense, avec une à cinq étoiles, les actions menées pour assurer une meilleure qualité de la nuit et de l’environnement nocturne. L’évaluation prend en compte le confort, la sécurité, la santé, la maîtrise économique et énergétique, la biodiversité et les citoyens.

    Opter pour un éclairage plus responsable est bénéfique, appuie Stéphanie Singh, « pour préserver la biodiversité ». Des espèces comme les chouettes ou les hiboux « ont besoin d’une nuit profonde pour mener leur stratégie de chasse ». Elle ajoute : « La santé humaine est concernée, car trop de lumière la nuit perturbe certaines fonctions métaboliques. » La plupart du temps, le cœur de village reste éclairé et sa périphérie éteinte quelques heures la nuit, « avec à la clé 30 à 40% d’économie sur la facture d’électricité des communes ». « Une meilleure qualité du ciel nocturne permet de rétablir les continuités écologiques, pour que les espèces se déplacent librement. »

    Même si la commune n’obtient pas d’étoile, la seule participation au concours lui est profitable : elle bénéficie d’un bilan indicatif gratuit de son éclairage public, de conseils faciles pour l’améliorer… La technologie de l’éclairage a fait d’énormes progrès (programmation de durée et de puissance d’éclairage…). La qualité du ciel, la nuit, attire aussi des amateurs de ciels étoilés. « Il y a une vraie demande dans le PNR Sainte-Baume », reconnaît Stéphanie Singh.

  • « Faire équipe avec la nature pour dessiner le futur »

    « Faire équipe avec la nature pour dessiner le futur »

    Initié par Alain Renaudin, fondateur de Biomim’expo, « l’appel du Pharo » a été dévoilé sous la forme d’une tribune collective intitulée « Faire équipe avec la nature pour dessiner le futur ».

    « Hubert Reeves nous alertait déjà en nous disant que nous menions une guerre contre la nature, et que si nous la gagnions, nous étions foutus ! Oui ! Nous n’avons aucune victoire à espérer à détruire le vivant, mais beaucoup à gagner à l’écouter et à le reconstruire, pour notre propre santé et futur d’humanité », débute le texte, qui considère que « demain a déjà démarré, nos écosystèmes regorgent de solutions, de connaissances scientifiques, d’innovations, d’expérimentations qui font leurs preuves sur le terrain et révèlent que d’autres champs du possible existent. Notre enjeu n’est pas toujours de faire du neuf, c’est aussi de faire grandir ce qui est déjà là ».

    Biodiversité et climat

    « La vie est géniale et puissante. Avec ses 3,8 milliards d’années d’expérience et d’évolution, elle est économe en énergie, en ressources, elle travaille en circuits courts, elle ne standardise pas pour être toujours la mieux adaptée localement, elle ne produit pas de déchets et de pollutions, elle privilégie la coopération et les bénéfices symbiotiques. La vie est le cahier des charges et le mode d’emploi de notre futur », s’enthousiasme l’appel du Pharo en avançant l’idée d’une « grande coalition entre biodiversité et climat ».

    Le texte appelle ainsi regarder la biodiversité comme « une solution » au problème du changement climatique car c’est la vie qui stocke du carbone. Il propose en ce sens d’aligner « les budgets biodiversité à hauteur des budgets carbone ».