Tag: biodiveristé

  • La législation de régulation des loups s’assouplit

    La législation de régulation des loups s’assouplit

    Le Conseil de l’Union européenne et le Parlement européen ont adopté le 17 juin 2025 une modification du niveau de protection du loup. L’espèce est passée du statut de « protégée » à « espèce animale d’intérêt communautaire dont le prélèvement dans la nature et l’exploitation est susceptible de faire l’objet de mesures de gestion ». Désormais, les États membres ont donc plus de flexibilité pour gérer la population lupine, ce qui signifie qu’en France, le dispositif va évoluer en 2026.

    Les membres du Groupe national loup (GNL), réunis à Lyon le 23 septembre, ont pu définir les grands principes sur lesquels reposera la réglementation nationale dès 2026. L’évolution la plus importante est une simplification significative des conditions d’accès aux tirs de défense, avec la suppression du régime d’autorisations dérogatoires au profit d’un système déclaratif. Aussi, la nouvelle législation devrait permettre une homogénéisation des règles de tir applicables à l’ensemble des ovins-caprins, comme des bovins-équins.

    Une mesure qui fait débat

    Patrick Blanc est éleveur dans le nord-est de l’Hérault et a déjà subi une attaque de loup en 2017. Selon lui, l’assouplissement de la législation sur les tirs de défense est une bonne nouvelle. « Nous voulons seulement défendre nos troupeaux parce qu’on aime nos animaux et que nous sommes là pour les élever, affirme-t-il. Nos chiens de défense ne peuvent pas tout faire. Récemment, des chiens se sont encore fait attaquer. Cela nous permet donc aussi de venir en aide à nos auxiliaires, qui font partie intégrante des troupeaux.  »

    Des obligations demeurent cependant en termes de préservation de lespèce, il existe donc toujours « un plafond de destruction national » qui était fixé en 2025 à 192 individus. Par ailleurs, plusieurs associations comme France nature environnement, la Ligue pour la protection des oiseaux ou WWF se sont déjà exprimées contre ces nouvelles mesures.

  • Au Vigan, la grande fête cévenole de la nature

    Au Vigan, la grande fête cévenole de la nature

    C’est une première pour la cité cévenole. Du vendredi 10 au dimanche 12 octobre, Le Vigan réunit sous une même bannière quatre de ses rendez-vous annuels : la Fête de la forêt des Cévennes, les Journées mycologiques, la Foire Miel & Frigoule et la journée dédiée au Parc national des Cévennes. Ensemble, ils composent une seule grande manifestation : « Le Vigan fête la nature ». « Jusqu’ici, chaque manifestation vivait de son côté. En les réunissant, on crée une synergie nouvelle, plus conviviale, on favorise les échanges entre acteurs du territoire », explique Mathieu Eybalin, coordinateur de l’événement. Près de 4 000 visiteurs sont attendus pour cette édition inaugurale, au cœur d’un territoire inscrit à l’Unesco.

    Une synergie inédite

    Le programme s’annonce riche. Vendredi, la Fête de la forêt mettra en avant la filière bois et ses métiers, à travers visites, animations et projections. Les Journées mycologiques, elles, dévoileront dès le matin leurs ateliers pour les scolaires avant d’ouvrir au grand public un espace d’exposition consacré à des centaines d’espèces de champignons. Samedi, c’est le Parc national des Cévennes qui prendra le relais, avec randonnées, conférences, balades au fil de l’eau et une grande journée de sensibilisation autour de la biodiversité. En parallèle, la Fête de la forêt se poursuivra du côté de l’Espérou, entre sorties thématiques et rencontres avec des professionnels. Dimanche marquera le grand final au parc des Châtaigniers. Démonstrations de bûcherons, mikado géant de grumes, exposition de plus de 300 champignons, marché forestier et ateliers autour du miel et des plantes médicinales pour clôturer. Petits et grands pourront fabriquer des bougies en cire, goûter différents miels du territoire ou s’essayer à la grimpe d’arbres.

  • Durance : les poissons vont revivre comme il y a 50 ans

    Durance : les poissons vont revivre comme il y a 50 ans

    Rarement une centaine de plots en acier aura procuré tant d’émotions. Pourtant, ils devraient permettre la résurrection d’une faune mise à mal depuis un demi-siècle. « C’est le plus important boom de biodiversité piscicole des 50 dernières années », s’enthousiasme Christian Doddolli, directeur général du Syndicat mixte d’aménagement de la vallée de la Durance (SMAVD). Mardi matin, des dizaines de personnes étaient réunies sur les berges de la Durance, à Avignon, près du pont de Rognonas, pour inaugurer « la plus grande passe à poisson de la région », selon le directeur.

    « La concrétisation d’un projet de plus de 20 ans », rappelle Yves Wigt, maire de Charleval et président du SMAVD. « Des travaux titanesques pour réconcilier le développement des activités avec la pacification écologique », ajoute le préfet, Thierry Suquet. « Une immense fierté qui se mesure aux legs pour les générations futures », complète David Fournier, vice-président du SMAVD et adjoint (PS) avignonnais.

    Aider l’alose, saumon local

    Ce projet de 7,1 millions d’euros a été financé presque pour moitié par l’Agence de l’eau, ainsi que par l’Union européenne et les Départements de Vaucluse et des Bouches-du-Rhône. Cette enveloppe comprend également la réalisation d’une autre passe à poissons, située à 500 m en amont. Les travaux ont été menés dans un calendrier contraint (deux fois 8 semaines durant les étés 2024 et 2025), entre lâchers d’eau des barrages EDF et reproduction de la faune.

    Quelques minutes avant les discours, la foule a assisté à la mise en eau de cette passe à poissons de 1 600 m2. « On essaie de recréer les conditions d’une rivière avec une centaine de plots en acier et un fond en béton à la rugosité artificielle, le tout compatible à toutes les espèces de poissons », développe Christian Doddolli. Bref, reconstituer la biodiversité d’avant les « Trente glorieuses, où il fallut des matériaux pour construire des routes et bâtiments dont on prit les granulats dans le lit de la Durance », resitue le directeur. Pour éviter l’effondrement des nappes phréatiques, des seuils ont été construits pour stabiliser le lit de la rivière. Des sortes de barrages qui ont condamné les poissons. « À la confluence [croisement du Rhône et de la Durance], on dénombre, selon les années, entre 10 000 et 100 000 anguilles, ici il n’y en a plus qu’une centaine », détaille Pierre Campton, directeur technique de l’association MRM (migrateurs Rhône Méditerranée).

    Le SMAVD suivra de près l’impact du dispositif et espère que les anguilles pourront remonter jusqu’à 50 km en amont et bientôt jusqu’à 100 km, après la pose d’une nouvelle passe à Mallemort. Outre les anguilles, le dispositif vise aussi l’autre grand poisson migrateur, l’alose, sorte de saumon local qui remonte la rivière pour se reproduire.