Tag: Bernard Cazeneuve

  • Bernard Cazeneuve voudrait se poser en rassembleur

    Bernard Cazeneuve voudrait se poser en rassembleur

    Une lettre aux Français de 85 pages, des déplacements sur le terrain, des échanges avec la presse mais Bernard Cazeneuve l’assure « je ne suis pas candidat ». Ou du moins, pas encore. Cela dépendra des « circonstances », assure-t-il, disant vouloir « créer les conditions autour des valeurs de la gauche républicaine du rassemblement le plus large possible de tous les Français », fait-il valoir ce samedi matin à Marseille. Et ce, afin de battre le Rassemblement national en 2027.

    Sa candidature, si elle est officialisée, ne sera pas validée par la primaire des Roses à laquelle il ne participera pas. Les dissensions remontent à 2022, lorsque l’ancien Premier ministre fustige l’accord conclut entre le Parti socialiste et la France insoumise pour les élections législatives. Il quitte, dans la foulée, le parti auquel il avait adhéré en 1987 et fonde, un an plus tard, La Convention. Le mouvement réunit socialistes déçus, radicaux de gauche, élus du Modem, des anciens macronistes ou apparentés.

    Soutiens régionaux

    C’est ainsi que sont présents à ses côtés ce samedi le sénateur sortant du Var et ex-socialiste André Guiol, l’ancienne députée varoise macroniste Cécile Muschotti, l’ex-candidat de Génération Écologie pour les départementales de 2021 Christian Monferrini qui est désormais référent local de La Convention. Devant cette réunion de convaincus quai de Rive Neuve, Bernard Cazeneuve fustige les « deux dégagismes d’extrême droite et d’extrême gauche », tel qu’il les nomme, « qui confondent le bruit avec la solution », écrit-il dans sa lettre. Selon lui, se tourner vers l’insoumis Jean-Luc Mélenchon, candidat le mieux placé à gauche dans les sondages est un « vote inutile ». Pour lui, LFI et le RN « ne s’opposent pas comme on le croit, mais se nourrissent l’un de l’autre ».

    S’il dit ce samedi « préférer gouverner avec la gauche », il ratisse large. Quand le nom d’Édouard Philippe est évoqué, l’ancien chef de gouvernement socialiste ne s’offusque pas. « Je ne dis pas qu’il n’y aura pas de rassemblement (…) un compromis c’est toujours un sacrifice », martèle-t-il. En revanche, il se dit totalement opposé au maire Horizons du Havre sur la réforme des retraites, par exemple. Quand ce dernier veut rallonger l’âge départ à 67 ans, Bernard Cazeneuve pousse pour l’allongement de la durée de cotisation. Pour « permettre à ceux qui ont commencé tôt dans les métiers les plus pénibles de partir à la retraite comme jadis », et, pour « ceux qui le souhaitent », comme lui, avocat de profession, « de travailler beaucoup plus longtemps pour assurer le financement ».

  • Des conteneurs recyclés en tremplins vers l’emploi à Berre-l’Etang

    Des conteneurs recyclés en tremplins vers l’emploi à Berre-l’Etang

    De loin, ils ressemblent à de simples conteneurs maritimes. En s’approchant, les équivalents vingt pieds entreposés sur le terrain d’Homeblok sont en réalité des bureaux, des logements ou des éco-habitats. À Berre-l’Étang, les salariés de la marque portée par LVD Energie ont ainsi construit les vestiaires du stade Roger-Martin.

    C’est dans cette unité de la filiale inclusive du Groupe la Varappe que Bernard Cazeneuve, en opération séduction dans le département ce week-end après avoir publié un texte de 86 pages dans lequel il détaille ses pistes pour redresser le pays, s’est arrêté ce vendredi.

    Pour parler avenir industriel, mais surtout saluer le volet insertion de l’entreprise, qui a accompagné plus de 40 travailleurs en 2025. Actuellement, sur les 22 salariés qui font tourner le site, la moitié sont en contrat d’insertion. Pour l’ancien Premier ministre de François Hollande, « faire passer l’insertion de la marge à la norme, c’est créer la possibilité pour chacun d’avoir accepté d’avoir accès au travail ». Et de saluer : « Cette entreprise est emblématique de ce qui marche dans les territoires. (…) L’objectif c’est d’aller chercher des citoyens très loin du monde du travail, de les familiariser à l’apprentissage d’un métier et de leur donner l’amour de la profession. Ce qui m’a marqué ici c’est qu’il y a une véritable passion de l’objet fabriqué, une véritable fierté de l’engagement. Tout ça est un facteur de développement économique mais aussi d’épanouissement individuel. »

    Un ancrage territorial

    Lucas a intégré les équipes d’Homeblok en contrat d’insertion il y a huit mois. Lui qui n’avait pas de « métier de rêve » et arrivait « sans attente » a trouvé sa vocation. « Je ne connaissais rien de la soudure en arrivant ici et ça m’a directement plu. Je me vois plus faire autre chose. Ce que j’aime c’est pouvoir transformer, rendre les choses habitables, voir ce que je produis et l’avancement de mon travail. »

    Salim Berrada, le chef de site, a aussi trouvé sa voie grâce à la filiale inclusive. « Je suis resté trois ans en insertion, je n’avais pas de diplôme, je suis parti de zéro et j’ai pu évoluer avec le temps. Ça prouve que quand on veut on peut, même si j’ai peut-être aussi eu une bonne étoile. » Après avoir été militaire, intérimaire, pizzaïolo, équipier McDo, agent de sécurité, le trentenaire a trouvé une stabilité dans un emploi de manager qui l’épanouit.

    Pour lui, Homeblok est un bon outil professionnel. « On propose de découvrir tous les métiers de la construction, de la menuiserie à la plomberie en passant par l’isolation, l’étanchéité, l’électricité… C’est très polyvalent. » Mais Salim Berrada pointe surtout l’aspect social de la structure. « On est une équipe, on s’entraide. Ici, on a tous un passé, on s’ouvre, il y a une confiance totale et ça nous libère un peu. »

    Pour le président d’Homeblok Laurent Laïk, tout l’enjeu des années à venir pour la filiale de la Varappe réside dans son ancrage dans le territoire. « On est en plein cœur de tout le développement pressenti, on a le double volet d’accompagner économiquement les entreprises en offrant par exemple des logements temporaires pour les gens qui vont arriver, mais aussi en proposant des candidats par rapport aux emplois qui vont être créés demain. On considère que chacun doit trouver sa place mais doit jouer son rôle dans la société. »