Tag: Belle de mai

  • Sortir la rénovation du dogme des démolitions

    Sortir la rénovation du dogme des démolitions

    Devant de nombreux étudiants, architectes, enseignants et associatifs, des militants du mouvement HouseEurope! ont présenté, vendredi soir à l’IMVT, le court-métrage The Great Together, du collectif Docar. Le doc explore des exemples de transformation de grands ensembles à Rome, Vienne, Toulouse et Belgrade. HouseEurope! milite pour une architecture écologique, sociale et demande à la Commission européenne de « rendre l’industrie de la construction plus soutenable ». Moins démolir, mais rénover en améliorant l’existant.

    « L’association Un Centre-Ville Pour Tous est partenaire du projet FaireVille et du collectif Stop Démolitions ! Nous travaillons sur le manque de démocratie dans la fabrique de la ville », rappelle Hélène Froment. « Les programmes Anru (Agence nationale pour la rénovation urbaine) à Marseille prévoient près de 5 000 démolitions de logements sociaux, alors que la livraison de logements abordables ne dépasse pas 1 000 logements par an. Concernant le quartier Félix-Pyat, État et Métropole ont acté leur intention de démolir la tour B, sans prévoir aucun financement pour le relogement des 168 familles (80% en logement social et 10% propriétaires occupants). » À cela s’ajoute l’annonce du projet de démolition des deux tours de la copropriété Bel Horizon, « sans perspective de relogement abordable de proximité et sans reconstitution de l’offre locative. Les 450 ménages de ces deux ensembles pourraient être forcés à habiter loin du centre-ville ».

    « Tout ce que j’aime, les bureaux d’études lyonnais le démolissent », ironise l’urbaniste Nicolas Mémain, qui fait le deuil des « petites choses humbles » démolies. Ainsi de la chaudronnerie Arnaud rasée au 8 rue Melchior-Guinot, à Marseille (3e). « Ce bâtiment d’angle faubourien d’après-guerre était d’une beauté très simple. Son caractère, sa singularité, sa personnalité rayonnaient. On aurait pu construire autour, passer en porte-à-faux au-dessus. L’arbitrage financier a fait qu’il a été démoli. »

    Déconcentrer la pauvreté

    En ligne de mire, les bulldozers non négociables de l’Anru. « L’Anru porte le même inconscient collectif que le Second Empire, celui de ne pas revouloir la révolution avec de grandes lignes vides comme des systèmes de visée au canon. L’Anru, c’est le projet haussmannien sécuritaire, avec des sols en béton lavé, des lampadaires les plus chers qui ressemblent à des épées de Dark Vador. C’est une espèce de fiction de police parfaite qui crée des ambiances urbaines minables de traumatisme collectif. »

    « Le modèle ne change pas. Les politiques publiques sont faites pour déconcentrer la pauvreté et stimuler la production de neuf », analyse la chercheuse Lina Raad, qui constate que les 165 000 démolitions de logements sociaux du premier programme de l’Anru n’ont pas toutes été compensées. « On a un déficit net de 25 000 logements sociaux et les logements reconstruits sont plus petits et plus chers. » Une note d’optimisme avec Stéphane Labatut de l’agence 8 et demi, dont les projets démontrent qu’« on peut sauvegarder des résidences avec l’adhésion des habitants ».

  • Des travaux d’office sur le 98 rue Loubon insalubre

    Des travaux d’office sur le 98 rue Loubon insalubre

    Une étape nouvelle est franchie dans la lutte pour l’éradication de l’habitat indigne à Marseille. La mairie vient de publier un arrêté portant exécution de travaux d’office sur un immeuble frappé d’un arrêté préfectoral d’insalubrité.

    « Considérant qu’en raison de la gravité de la situation résultant de la persistance des désordres et de l’inaction du propriétaire, il convient d’effectuer [les travaux] d’office et aux frais avancés du propriétaire », énonce l’arrêté municipal du 23 octobre 2025.

    Le 98, rue Loubon (3e) à la Belle de Mai, est un bâtiment dégradé qui conjugue tous les fléaux du moment : l’insalubrité, le péril depuis novembre 2022, l’exploitation de la misère économique par un marchand de sommeil, Christophe Morelli, un maçon de 42 ans condamné en septembre 2023 à un an de prison ferme pour soumission de mères isolées à des conditions d’hébergement indigne (La Marseillaise, 29 août 2023). Le logement du rez-de-chaussée était frappé d’une interdiction d’habiter résultant d’un arrêté préfectoral d’insalubrité irrémédiable du 11 mars 2013 violé dans les grandes largeurs.

    Jusqu’alors les fonds dédiés aux travaux d’office étaient fléchés uniquement sur des immeubles en péril paralysés par l’inaction de leurs propriétaires. Sous Gaudin, le budget alloué s’était volatilisé dans des études et conseils. En 2024, 102 procédures de travaux d’office ont été lancées sur du bâti en péril et 40 chantiers achevés, qui ont mobilisé 3,9 millions d’euros que la municipalité récupérera, si besoin par la voie judiciaire, auprès des propriétaires défaillants.

    À l’occasion des Rendez-vous annuels du logement d’octobre dernier, la municipalité s’était félicitée de l’efficacité de ce levier : « Depuis début 2025, le volume de travaux d’office engagés a fortement diminué après un pic important constaté en 2023-2024, ce qui confirme que l’effet dissuasif a porté ses fruits et que les propriétaires et les copropriétés sont de plus en plus réactifs pour mettre en œuvre les mesures prescrites en cas de procédure. » Désormais donc, les travaux d’office s’étendent aux logements insalubres.

    Pourquoi ce tournant ? C’est en réalité l’application d’une convention déjà ancienne du 15 juin 2023 nouée entre l’État et la Ville de Marseille « pour la mise en œuvre de l’exécution complète des arrêtés de traitement de l’insalubrité » (sauf les cas de saturnisme et ceux pris en procédure d’urgence que l’État conserve) et pas seulement du relogement des occupants victimes par ailleurs dysfonctionnel faute de places. « C’est une des premières mesures en effet depuis que la Ville a repris l’intégralité de la compétence de l’État. Plusieurs chantiers sont en programmation pour ce second trimestre », confirme à La Marseillaise Florent Houdmon, le directeur du logement et de la lutte contre l’habitat indigne à la Ville. L’arrêté municipal du 23 octobre 2025 se substitue ainsi à l’incurie du propriétaire du 98 rue Loubon et la Ville va réaliser à frais avancés les travaux prescrits par l’arrêté préfectoral d’insalubrité pris sept mois auparavant sur le logement occupé par un couple au premier étage.

    Sur 242 arrêtés préfectoraux d’insalubrité pris à Marseille ces dix dernières années dont 155 sur la période 2020-2025, 182 sont toujours actifs dans l’attente de travaux et sur lesquels pèsent, en théorie souvent, une interdiction de perception de loyer et voire une interdiction d’occupation. Tous n’ont pas vocation à voir la Ville se substituer aux propriétaires indignes. L’objectif étant de persuader ces derniers à rénover, sauf à devoir payer lourdement l’ardoise.

  • À la Friche Belle de Mai, fusée d’œuvres à trois étages

    À la Friche Belle de Mai, fusée d’œuvres à trois étages

    Au 3e étage de la tour Panorama de la Friche Belle de Mai, une sculpture mécanisée, lunaire et colorée aimante les regards. Fruit de l’art et de l’imagination de Loïc Pantaly, une « sonde destinée à projeter des arcs-en-ciel dans l’espace ». L’une des seize œuvres de l’exposition « La vie de l’espace », lancée ce week-end et produite par l’Observatoire de l’Espace du Cnes, le Centre national d’études spatiales. De la Mythologie lunaire de Johan Decaix à la sculpture en gélatine argentique de Sylvie Bonnot, Aéroplis, des pièces reflétant « le voyage des artistes dans le milieu extraterrestre ». Des augures spatiaux pour les trois expositions automnales de la Friche Belle de Mai.

    Subliminal et direct

    Gravir les étages de sa tour, c’est décoller d’univers en univers. Changement d’ambiance au 4e niveau, avec M.A.D (Model autophagy disorder). Un espace envahi par des artistes du collectif Le Dernier cri qui « travaillent sur des images générées par l’intelligence artificielle. Un outil comme un autre. Le seul intérêt de l’art, c’est de pervertir », assure son fondateur, Pakito Bolino, devant une forêt d’« images ambiguës » suspendues au son d’une musique infernale. « De loin, tu vois des têtes de mort », pointe-t-il, devant un triptyque duquel plus on s’approche, plus notre rétine y laisse apparaître membres et viscères. Autres temps, autres mœurs au cinquième étage de la tour, avec Veillée ardente, exposition de 17 artistes du festival « numérique et poétique », les Instants vidéo. « Un cri face à la noirceur du monde pour ne plus détourner le regard et prendre soin de ce qui nous entoure », résume sa co-directrice Naïk M’Sili. Au début du parcours, défilent des images d’ouvriers de la coopérative Scop-Ti qui « réactivent en danse » des « grèves par obstruction et par la lenteur » ayant pu marquer l’histoire sociale depuis celle des « cheminots italiens de 1905 », indique son créateur Paul Heintz. En quelque sorte, se souvenir pour mieux voir la réalité en face, comme peut aussi l’illustrer La condition et l’impossible de Nabil Aniss, triple écran témoignant des « rituels de danse et transe d’esclaves au Maroc » remontant aux XIVe et XVe siècle, « pour se libérer de l’oppression ».

    41 rue Jobin, Marseille 3e, les après-midi du mercredi au dimanche

  • Pape Diouf mis à l’honneur samedi

    Pape Diouf mis à l’honneur samedi

    Fondée il y a quatre ans, l’Association sportive Belle de Mai Joliette en est à ses premiers balbutiements.

    La structure, dirigée par Marie-Claude Galtier- Bruguière, compte à ce jour 130 licenciés. La présidente s’est assurée du soutien de sérieux bénévoles et d’éducateurs diplômés aux compétences reconnues, pour encadrer au mieux ces jeunes footballeurs.

    Ce samedi, à partir de 9h, la présidente et son équipe organisent un tournoi commémoratif en mémoire de Pape Diouf. La mise en place du projet ne fut pas sans mal, mais grâce à la détermination de la présidente et au soutien de Karim Diouf, fils de Pape Diouf, le projet a pu voir le jour.

    Initialement envisagé au complexe de Fontainieu (14e), l’association n’ayant pas de pied-à-terre, le tournoi doit finalement se tenir au stade de la Bombardière, dans le 12e (201 rue Charles-Kaddouz à Marseille). C’est là que les seize équipes U13 se retrouveront pour cette première édition en souvenir de Pape Diouf.

    Les clubs participants :

    Groupe « A » :

    AS Belle de Mai Joliette – Marignane Gignac – Phocéa – SC Aubagne Air Bel- ASPTT Marseille – St Henri F.C. – FC Malpassé – U.A. Velettoise

    Groupe « B » :

    Smuc – Minots de Marseille – Burel FC – JS Pennes Mirabeau – Athletic Club – ÉS Fosséenne – O. Rovenain – FA Val Durance

  • Le 4e village santé de la Ville s’installe à Gèze

    Le 4e village santé de la Ville s’installe à Gèze

    À la sortie du métro Gèze, à gauche du magasin Lidl, se tient ce mercredi et jeudi un drôle de village dans les locaux de l’association Banlieue Santé. Pendant deux jours les habitants du quartier peuvent se faire vacciner, faire faire leurs lunettes, prendre rendez-vous chez des professionnels de santé ou encore actualiser leurs droits.

    C’est le 4e événement de ce type que la ville de Marseille organise cette année. Après Air Bel, Belle de mai et les Rosiers, c’est donc à Gèze que se retrouvent service de la Ville, assistance publique et hôpitaux de Marseille (AP-HM), sécurité sociale et associations. « La genèse de ce projet, c’est l’ambition de lutter contre les inégalités d’accès à la santé, explique Michèle Rubirola, première adjointe (EELV) au maire chargée des questions de la promotion santé. Parce que dans ces quartiers il manque de tout : praticiens, services publics… ». à l’entrée du bâtiment, des « passeports santé » sont distribués à toutes les personnes qui arrivent pour qu’elles puissent y inscrire leurs informations. Dans la première salle, les stands sont plutôt dédiés aux questions d’accès aux droits. La sécurité sociale y tient par exemple un stand pour aider ceux qui en ont besoin à faire leurs démarches.

    Préventions, vaccins et lunettes

    à côté, la maison des femmes est là pour venir en aide aux femmes victimes de violence. Souad Falhi, bénévole et diplômée en prévention en santé est là pour bien orienter celles qui seraient intéressées. « On fait de la prévention sur la santé, notamment sexuelle et reproductive. Quand il y en a besoin on peut les rediriger vers la maison des femmes ».

    Dans la cour, à l’arrière, d’autres associations sont présentes pour faire de la prévention, vacciner ou s’équiper en lunettes. Jeunes, personnes âgées, parents avec enfants, ils sont nombreux à s’arrêter au stand du centre de vaccination international de Marseille. Certains sont de passage sur leur pause de travail et en profitent pour faire un bilan de prévention. Nadia, la cinquantaine, est tombée sur le village santé par hasard. « Je ne connaissais pas l’endroit, mais en faisant mes courses, on m’en a parlé, explique-t-elle. Comme j’ai beaucoup de maladies chroniques, je voulais voir si tout allait bien. » Un peu plus loin, sur le stand de « droit de regard », les visiteurs choisissent leurs lunettes. « On est un opticien classique mais on pratique le 0 reste à charge, donc les clients repartent en ayant rien à avancer », explique l’opticien derrière des centaines de montures exposées.

    « Aller vers » les habitants

    Un village santé organisé par la Ville en partenariat avec l’AP-HM. « Les hôpitaux ont toujours été très concentrés à l’intérieur de leurs murs, explique François Crémieux directeur de l’AP-HM. Notre but est de sortir de cela pour aider à l’accès au soin et à la prévention. » L’organisation de ces villages répond à un besoin « d’aller vers » des populations qui peuvent être éloignées du système de soin. Mais pour l’adjointe au maire chargée de la santé ce n’est pas suffisant : « on ne fait pas que des événements one shot. On a ouvert 3 centres de soin avec l’AP-HM aux Aygalades, aux Flamants et à André Roussin pour avoir une meilleure couverture de soins à l’année car la santé devrait être un bien commun. » Un dernier village santé est prévu à Littoral Sud du 15 au 17 octobre.

    « La santé devrait être un bien commun »

  • La Ville lance un appel à projets pour réhabiliter le Comptoir de la Victorine

    La Ville lance un appel à projets pour réhabiliter le Comptoir de la Victorine

    Il était temps. Inscrit depuis le printemps 2022 dans le plan de rénovation urbaine conclu entre la Ville de Marseille et l’Agence nationale de rénovation urbaine (Anru), le Comptoir de la Victorine (3e) passe une nouvelle étape dans son chemin vers la réhabilitation avec l’ouverture d’un appel à projets par la mairie.

    Racheté par la Ville en 2008 puis abandonné par la municipalité Gaudin, le site attend une rénovation de grande ampleur depuis 2018 au moins, année où il est gravement endommagé par un incendie. Si 1 500 mètres carrés sont déjà investis par le tissu associatif, 6 000, répartis sur trois bâtiments, restent à aménager. « Notre ambition est d’exploiter au mieux cet espace pour que les locaux puissent pleinement en profiter, détaille Audrey Gatian, adjointe (PS) au maire en charge de la politique de la ville. Le programmiste devra appuyer cette réflexion, sur l’optimisation des mètres carrés en fonction de toutes les envies et besoins du territoire, avec la volonté par exemple de créer un lieu d’accueil et d’insertion par l’emploi pour les jeunes. »

    Un site déjà partiellement exploité

    Cofinancée par l’Anru – qui conditionne sa contribution à la création de « services aux habitants » – la réhabilitation comprend plusieurs phases, intégrant des missions de programmation, de faisabilité, puis d’assistance à la consultation de maîtrise d’œuvre. C’est pour accomplir ses tâches que la Ville lance cet appel d’offres.

    Ancienne usine d’allumettes, le Comptoir de la Victorine abrite dès le début des années 2000 des activités socioculturelles. Racheté par la Ville en 2008 après avoir souffert d’un déficit d’entretien, le site continue aujourd’hui son activité associative et accueille plusieurs structures sociales, artistiques et culturelles – les Têtes d’ails, centrée sur la culture et l’éducation populaire, l’Art de vivre, qui propose des spectacles vivants, et de la création sonore, Appel d’aire, porteuse d’une formation aux métiers du bois et du métal pour les jeunes déscolarisés et Boulègue, un média participatif – toutes regroupées au sein de l’association du Grand Comptoir. Le lieu, animé par ses résidents, est reconnu comme un centre d’éducation populaire, de création participative et d’insertion. Lancé la semaine dernière, l’appel à projets se clôture à la fin du mois.

  • Ateliers, débats et concerts au So Good festival

    Ateliers, débats et concerts au So Good festival

    « Un événement pour celles et ceux qui ont envie d’agir, sans toujours savoir par où commencer. » C’est la promesse du So Good Maif Festival qui revient pour sa 3e édition à Friche la Belle de Mai à Marseille (3e) les 11 et 12 septembre. Imaginé à Marseille par le journal indépendant So Good et la mutuelle Maif, il avait déjà rassemblé 8 000 personnes l’année dernière.

    Podcast, jeux, spectacles et concerts… Le festival veut allier engagements et festivités. Après la journée du jeudi dédiée aux professionnels, le festival ouvre ses portes au grand public vendredi à partir de 14h. Entre gestion des mégots de cigarettes, bénéfices de la réparation et roue pour déconstruire les clichés, les sujets abordés seront divers. Un parcours pour les jeunes a aussi été mis en place. Surnommé « Passe-Muraille », il a été créé avec des associations des quartiers prioritaires de la ville pour offrir l’accès au festival à 300 jeunes et leur proposer des ateliers. Un moyen de « permettre à ces jeunes-là, de se sentir inclus dans le projet que sont la Friche et ce festival », explique le président du festival Hamid Hassani.

    Une journée de réflexion et de débat qui continue sur le rooftop de la Friche avec un one man show de l’humoriste Hakim Jemili, pour redonner l’envie d’agir avec le rire. Le spectacle sera suivi d’une soirée de concerts, avec notamment Terrenoire, Noga Erez, Nous étions une armée ou encore le rappeur marseillais Missan, « des artistes engagés avec une visibilité sur le territoire », précise le président.

    Le succès du festival, né à Marseille il y a trois ans, lui a permis de s’exporter à Lyon et à Nantes pour la première fois cette année. Les dernières places pour participer à la journée ou à la soirée du vendredi sont encore disponibles sur le site du festival.