Tag: bateau

  • La voile fait scintiller la Méditerranée

    La voile fait scintiller la Méditerranée

    Marseille a sorti sa robe de soirée. » Ces mots sont ceux de Paul, l’un des arbitres les plus aguerris du comité de course, qui compte plusieurs Jeux olympiques à son compteur. Une phrase qui résume bien l’atmosphère : la Semaine nautique internationale de la Méditerranée (Snim) s’est lancée avec brio, ce vendredi après-midi, et se poursuit jusqu’à lundi. Les conditions étaient idéales pour naviguer. Pas un nuage à l’horizon, ciel bleu, soleil rayonnant et juste ce qu’il fallait de vent pour permettre aux compétiteurs de s’exprimer pleinement.

    Au total, 115 bateaux et plus de 1 500 marins ont été répartis en sept catégories. La rade de Marseille constitue leur terrain de jeu privilégié, avec une zone nord au niveau du port et une zone sud dominée par la grande roue du Prado et le stade Vélodrome en toile de fond.

    Jeudi matin, veille de grand départ, les navigateurs se hâtaient déjà pour préparer leur embarcation. Carine est venue de Toulouse avec ses six compagnons de voyage. Cette fan de Justine Mettraux, marraine de la 60e édition, était ravie de revenir à Marseille et faire voguer Tigresse, leur bateau. « Nous représentons une association de voile habitable sur Toulouse, qui existe depuis une trentaine d’années. L’année dernière, on avait un skipper féminin et cette année, c’est Alain. On va être trois filles sur sept à embarquer. »

    Le jour J, les pontons de la Société nautique de Marseille, organisateur de l’épreuve, grouillent de monde. Chaque équipage peaufine les derniers détails : remplissage des sacs ou vérification du matériel. Les passants sont intrigués par ce fourmillement, le long du Vieux-Port. « Qu’est-ce qu’il se passe ici ? », s’exclame fortement une touriste anglaise.

    De l’esthétisme malgré

    la compétition

    14h, le flot de personnes sur la péniche de la Société nautique s’est dissipé. Les marins ont passé le Fort Saint-Jean et se trouvent dans la Méditerranée pour entamer la compétition. Mais d’autres personnes restent à terre. Membres du comité technique, Denys et Patrick sont observateurs de bateaux. Pour eux, chaque détail compte. Leur but est simple : faire respecter le règlement de l’épreuve. « Nous jugeons la conformité des embarcations. Il y a des impératifs sur chaque type de bateau, comme la taille de la voile, le poids », expliquent-ils en chœur. Alors que la couleur orangée du coucher de soleil éclaire élégamment la ville, Geneviève attend de vérifier la nouvelle voile de l’un des concurrents. « Ma voile s’est déchirée, je l’avais achetée d’occasion il y a un an », souffle le malchanceux. Geneviève doit donc s’assurer de la légalité de cet échange.

    En mer, le bateau de Pierre-Alain sert au comité de course, dont fait notamment partie Paul. Michel, lui aussi arbitre, détaille son rôle et celui de ses compères : « Le comité organise la course sur l’eau, donne le départ, juge la conformité des départs et des arrivées. » Justement, le petit navire est utilisé comme ligne de départ et d’arrivée en compagnie du viseur. Une ligne GPS est tracée entre les deux et les marins doivent suivre des instructions précises pour ne pas se faire pénaliser.

    Là est toute la beauté de la voile. Le lancement d’une course ressemble à un ballet parfaitement chorégraphié. Aucun navire ne se touche alors que chacun veut posséder la meilleure position en fonction du vent. Un esthétisme poussé à son paroxysme alors que l’erreur est interdite. « C’est joli et on ne se rend pas vraiment compte de la prouesse sportive », lâche Paul, entre deux courses. Pour assurer un certain spectacle, les régates durent 45 minutes, une pratique courante lors d’épreuves comme la Snim.

    Tous ces paramètres, associés à l’expertise de l’ensemble du personnel mobilisé, permettent à la Semaine nautique de continuer de briller et de rester une référence dans le microcosme de la voile.

    « C’est joli et on ne se rend pas vraiment compte de la prouesse sportive »

  • De nouvelles fouilles menées dans l’épave des Laurons

    De nouvelles fouilles menées dans l’épave des Laurons

    Les étudiants ont à peine eu le temps de commencer à retirer les sédiments qui recouvrent l’épave que les vents violents de la tempête Deborah les ont contraints à cesser toute opération. « La météo ne nous a pas beaucoup aidés cette semaine, confie Marine Sadania, responsable du littoral de la région Sud pour le Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines. Ce genre d’aléas climatiques peut abîmer la coque quand elle n’est pas protégée. Là, elle est en danger. Ça tombe vraiment mal, ça ralentit le processus de fouilles et ça impacte la formation. »

    Depuis le 23 mars et jusqu’au 3 avril, les deuxième année du Master d’archéologie maritime et côtière participent à un chantier-école dans l’anse des Laurons. C’est dans cette crique, à proximité de la centrale EDF, que gît l’épave Laurons 11 à seulement 2 mètres de fond.

    Une étude du lest

    Datée entre 1450 et 1630, de taille modeste (environ 12 mètres de long pour 4 de large), son intérêt historique est immense. « Ce sont des unités de travail pour lesquelles on a peu de sources historiques, c’est inédit d’en avoir une en si bon état », explique Marine Sadania. Son collègue et directeur de recherche émérite au CNRS Éric Rieth poursuit : « Ce sont celles qui ont laissé le moins de traces alors qu’elles constituaient l’activité de base. Les grands vaisseaux se comptaient par trentaines mais ils étaient conservés car ils représentaient de gros investissements, alors que ces petites embarcations se comptaient par centaines sur le littoral, elles animaient l’activité maritime locale et régionale. Ces fouilles sont importantes pour la connaissance de toute cette économie. »

    Cette année, les étudiants vont se concentrer sur la zone centrale du bateau, le maître-couple, « une clé de compréhension essentielle de l’architecture », affirme Éric Rieth. Un géologue d’Aix-Marseille université mènera également un travail sur le lest. « On espère connaître la provenance des pierres calcaires qu’on a trouvées, et donc avoir l’aire géographique du bateau, développe Marine Sadania. Ça devrait confirmer nos observations et l’identité régionale du bateau, puisqu’on pense que c’est un petit caboteur qui ne va pas en haute mer. » Pour en savoir plus, rendez-vous à l’anse des Laurons mercredi 1er avril pour une journée ouverte au public.

  • Un deuxième navire au GNL pour Corsica linéa à Marseille

    Un deuxième navire au GNL pour Corsica linéa à Marseille

    La cérémonie s’est tenue au chantier naval chinois CMJL Jinling, à Weihai, aux côtés du partenaire industriel de la compagnie, Stena RoRo et marque l’achèvement de la construction du navire RoPax menée avec succès depuis la pose de la quille en février 2025. Le Capu Rossu rejoindra la France en mai avant d’être baptisé lors de deux cérémonies : le 11 juin à Marseille et le 12 juin à Ajaccio.

  • Des récifs artificiels à Fos-sur-Mer pour régénérer le milieu naturel

    Des récifs artificiels à Fos-sur-Mer pour régénérer le milieu naturel

    Depuis la capitainerie du port Claude-Rossi, la vue sur le golfe de Fos est imprenable. Les usines découpent l’horizon. Sur l’eau, les cargos qui attendent leur tour pour décharger leurs marchandises sont nombreux. L’un d’eux sort du lot. Près de la côte et immobile malgré la houle, seule sa grue orange opère des mouvements. « C’est un bateau spécialisé dans la pose précise, il a tout un tas de moteurs latéraux qui lui permettent de tenir sa position sans ancrage », explique Matthieu Lapinski, chef de projet chez Sea Boost, l’entreprise qui mène l’opération en cours sur le pont. Une vingtaine de travailleurs s’y affairent pour installer quinze récifs artificiels sur le sol marin, 7 mètres en dessous. Quinze autres seront placés au large du Cavaou.

    Un suivi scientifique

    Derrière ce programme porté par la municipalité fosséenne et subventionné à 80% par l’Agence de l’eau et la Région (pour un coût total de 570 000 euros), il y a Wafa Hechaichi. Chargée de mission pour la préservation des milieux aquatiques au sein de la Ville, elle a été chargée, fin 2022, de reprendre une première ébauche d’idée qui datait de 2016. « On a constaté que le golfe était en mauvais état écologique, surtout au niveau de l’herbier de posidonie », commence-t-elle.

    Souvent qualifiée de « poumon de la mer », cette plante endémique de la Méditerranée « produit 14 litres d’oxygène par m2 et par jour. Après sa mort, ses feuilles forment une banquette qui limite l’érosion des plages. Et elle fait office de nurserie pour les poissons et d’habitat pour les juvéniles », énumère la spécialiste. « On en a 80 ha, mais ils se portent mal à cause des pressions anthropiques : le mouillage des bateaux, les rejets industriels, mais aussi les apports du Rhône. Donc on s’est dit qu’il fallait agir et ne pas laisser le milieu se détériorer. »

    La chargée de mission le concède : la mise en place de ces récifs « a nécessité beaucoup de concertation avec les services de l’État et avec le Grand port maritime de Marseille, puisque le domaine maritime leur appartient ». Mais les récifs sont désormais installés et font office de « mesure compensatoire » des dégâts écologiques, bien que ni le port, ni les industriels, n’aient pris part à leur financement. « Nous avons obtenu une concession de dix ans et la publication d’un décret d’interdiction de mouillage », se réjouit Wafa Hechaichi.

    Un suivi scientifique devra maintenant dessiner le contour des améliorations apportées à la biodiversité marine. « On sait qu’on a des migrations d’espèces entre les lagunes, les ports et les petits fonds côtiers, donc on a une bonne idée de ce qu’on espère obtenir : typiquement, des sars, des loups, des daurades ou des langoustes, des poulpes, des crustacés, qui vivent plutôt dans des cavités », illustre Matthieu Lapinski.

    Des innovations inspirées du naturel

    De longs mois de recherche et développement ont précédé l’immersion des récifs artificiels. « On a eu une approche biomimétique dans la conception », commence Matthieu Lapinski, chef de projet chez Sea Boost. Les ingénieurs se sont inspirés de 13 rochers naturels situés sur six sites de la Côte Bleue grâce à la technique de la photogrammétrie. Les constructions ont été réalisées en béton biogène à partir de coquilles qui facilitent la fixation de micro-organismes. « On a aussi innové au niveau des ancrages pour réduire les pressions sur le milieu avec une réduction de la surface de l’objet, qui faisait 4 mètres au départ et qui en fait aujourd’hui 0,9. »

  • Un nouveau président à la tête du lamanage

    Un nouveau président à la tête du lamanage

    Une fois dit « larguez les amarres », qui s’occupe ensuite de les accrocher au quai ? Voilà précisément la mission principale des lamaneurs du port de Marseille-Fos. Chaque navire qui se présente à l’entrée est pris en charge à l’approche du quai afin de l’arrimer correctement. Une mission que les marins de la société coopérative du lamanage remplissent depuis 1946.

    Des marins expérimentés sont à la manœuvre. C’est le cas de Franck Rossi, qui a récemment quitté ses fonctions de PDG de la société coopérative « après 38 ans de service », d’après un communiqué datant de mi-décembre.

    Pour le remplacer, l’ancien directeur adjoint Yohann Repiton, ancien sous-officier du Bataillon des marins-pompiers de Marseille et lamaneur depuis 20 ans. Son expérience l’a conduit à être appelé à la barre de la société lors d’une assemblée générale à la fin novembre en tant que nouveau PDG.

    Le quarantenaire se retrouve à la tête d’un groupe coopératif comptant 80 lamaneurs associés et 8 filiales, dont les emblématiques navettes du Frioul et du Château d’If, depuis le Vieux-Port de Marseille, qui font partie de la coopérative depuis 2022 après le rachat d’Icard Maritime.

    À ses côtés, le nouveau PDG est assisté de Sébastien Le Floch, directeur de la coopérative et de ses filiales, ainsi que Marion Rossi, directrice administrative et financière. « Bien que portée par une équipe renouvelée, cette passation s’inscrit dans la tradition coopérative », affirme la société. La nouvelle direction entend « préserver le savoir-faire historique de la coopérative, tout en innovant en matière de technologies portuaires et de sécurité ».

    Tous les jours, à toute heure et par tous temps

    Les motivations énoncées sont d’autant plus importantes que la sécurité des 70 millions de tonnes de marchandises, de plus d’un million et demi de conteneurs et plusieurs millions de passagers qui transitent chaque année par le Grand Port maritime de Marseille-Fos dépendent de la bonne exécution des missions des lamaneurs.

    Car le métier, pourtant méconnu en dehors du monde maritime, est exigeant. Les 80 lamaneurs de la coopérative et leurs 20 canots spéciaux sont amenés, tous les jours de l’année et à toute heure, à permettre l’arrimage des navires arrivés au port et ce, par tous temps. Au total plus de 18 000 opérations par an sont menées par les travailleurs du lamanage. « L’amarrage d’un bateau peut prendre vingt minutes comme une heure trente, voire deux heures », nous expliquait le lamaneur Julien Poli de la station de Port-de-Bouc à l’été 2024, « tout dépend de l’équipage, de la météo, de la cohésion de tout le monde » dès réception des demandes émanant de la vigie du Port, autorité régulatrice du trafic maritime

    Nouvelle direction et nouveaux enjeux donneront le ton de l’anniversaire des 80 ans de la société coopérative du lamanage, qui sera fêté en 2026.

  • Le chantier naval Gatto contribue à renouveler la flotte de la SNSM

    Le chantier naval Gatto contribue à renouveler la flotte de la SNSM

    « Tout ça pour que la mer n’ait pas le goût des larmes », glisse Patrick Gatto dans un élan de poésie, le regard planté sur la vedette blanche et orange amarrée à quai, sur le canal de Caronte. Le petit bateau de 12 mètres vient de sortir de son chantier naval. « Ça commence avec des fûts de résine, puis il faut cinq mois et sept hommes et ça donne ce bateau en polyester ! », résume le chef d’entreprise.

    Destiné à la Société nationale de sauvetage en mer (SNSM), ce bateau conçu pour des interventions rapides dans la bande des 10 milles nautiques a plus de caractéristiques que simplement celle d’être en polyester : il est « insubmersible et auto-redressable ». À l’intérieur, les technologies de pointe ornent les postes de commandement, entre caméras thermiques et logiciels de dernière génération.

    La vedette fait partie d’un lot de douze bateaux inscrit dans un « plan de renouvellement de notre flotte vieillissante », explique Martin Louchart, responsable du soutien technique de la SNSM. Pour une vedette comme ça, « le prix de base est d’un million d’euros », assure Patrick Gatto.

    Pour son financement, l’association a pu compter sur la CMA-CGM, engagée pour la sécurité maritime, particulièrement depuis le drame des Sables-d’Olonne qui avait coûté la vie à trois sauveteurs en 2019, détaille Xavier Leclercq, vice-président du groupe, qui ne souhaite pas préciser le montant du don. Quoi qu’il en soit, cette générosité est « vitale » pour la SNSM, qui fonctionne à 60% grâce à cette solidarité des particuliers et des entreprises. Pour rappel, les dons sont défiscalisés à hauteur de 66%.

  • Le vivant, réponse aux enjeux futurs

    Le vivant, réponse aux enjeux futurs

    « Les solutions sont indiquées par la nature, elle est notre porte de sortie. » Devant l’amphithéâtre presque plein du Pharo, Patricia Ricard, présidente de l’institut d’océanographie Paul Ricard, insiste sur la source d’inspiration que représente la biodiversité. La 9e édition de Biomim’expo en est bien la preuve. Ce mardi, ingénieurs, entreprises, inventeurs et badauds se sont retrouvés dans l’enceinte historique du Pharo, à Marseille, pour échanger sur les réponses que la nature peut apporter aux problématiques futures.

    Organisé depuis 2018 à Paris, c’est la première fois que l’évènement pose ses valises dans la cité phocéenne. Avec 160 exposants et environ 1 200 visiteurs, cette réunion de professionnels et de curieux permet de mettre à l’honneur le biomimétisme. « Cela veut dire que l’on s’inspire de structures ou de conceptions qui existent dans la nature pour nos innovations », explique Aurore Torrigiani, exposante. Et les applications sont multiples pour lutter contre le réchauffement climatique, réduire les besoins énergétiques ou limiter les déchets.

    Revitaliser les ports

    Pour remettre de la biodiversité dans les ports, rien de mieux que de s’en inspirer. C’est en tout cas la certitude d’Aurore Torrigiani et Olivier Meynard qui ont fondé, à Marseille, Sea Blocks. En s’inspirant de la forme naturelle des récifs, les deux marseillais ont imaginés des blocks de bétons, renforcés par de la fibre de moule et des coquilles saint-jacques pour installer des récifs artificiels dans les ports et y faire revenir faune et flore.

    « On a voulu se servir de la force de la nature, explique la co-fondatrice. Ces blocs, fabriqués lors d’ateliers RSE d’entreprises qui financent donc leur fabrication, devront être mis au sein de ports pour les revitaliser. On ne peut pas se passer ces ports, donc on veut les rendre de nouveau vivant. » Les deux co-fondateurs espèrent installer leurs premiers blocs début 2026 à l’Estaque.

    Des textiles innovants

    La nature offre aussi des réponses aux nouveaux défis que connaît la mode, qui tente d’être plus éco responsable, en utilisant de nouvelles fibres ou de nouvelles structures. C’est ce qu’a voulu montrer Audrey Prat, présidente de Biom’inspi, dans un défilé de mode bio inspirée, présentée ce mardi lors de l’exposition. « Que la nature soit notre directrice artistique », s’enthousiasme-t-elle.

    Les spectateurs ont pu découvrir des vêtements réalisés avec des fils de papiers, des fibres d’algues ou un textile inspiré de la structure des poils de fourmis argentées du désert qui lui permet de résister aux grosses chaleurs. De nouveaux matériaux encore au stade de prototype. Ce défilé « permet de montrer que l’on peut dresser de nouvelles routes », félicite Alain Renaudin, fondateur de la Biomim’expo.

    Mieux naviguer

    grâce à l’os de seiche

    Les solutions que la nature offre peuvent également s’appliquer dans des domaines plus insoupçonnés, à l’image du sport nautique. Pour le Marseillais Marc Amerigo, co-fondateur de Zephir project, la nature peut offrir des moyens pour conjuguer décarbonation du matériel et performance. L’ambition est de rendre le monde de la voile le plus efficace possible, « en termes de décarbonation du matériel, mais aussi de vitesse », explique le co-fondateur.

    Pour cela, la nature semble regorger de solutions. « L’os de seiche, par exemple, a une architecture particulière qui permet une bonne flottaison. On va donc intégrer certains calculs de sa structure pour nos planches. Et puis on utilise aussi les innovations qui sont présentées ici. C’est pour cela que ces rencontres sont importantes », développe Marc Amerigo.

    Et les applications sont encore infinies. « Car la planète, c’est 3,5 milliards d’années de développement, donc on a de quoi s’inspirer », sourit Thibaut Fournel, exposant.

  • Le Bel Espoir a terminé son voyage pour la paix au Mucem

    Le Bel Espoir a terminé son voyage pour la paix au Mucem

    C’est en accostant dans l’anse du Mucem (2e) et devant une foule de tous âges et enthousiaste, que le Bel Espoir, depuis mars sur l’eau pour construire un dialogue de paix en Méditerranée, a samedi terminé son voyage, lançant du même coup le Festival Med25. Imaginé en réponse à l’appel du Pape François lancé lors des Rencontres Méditerranéenne de Marseille en 2023, le projet était construit en 8 grandes étapes au cours desquelles 8 différents groupes de jeunes de toutes nationalités se sont relayés à bord pour réfléchir à la construction d’une paix en Méditerranée.

    « C’est un projet très concret et symboliquement très fort. On a passé deux semaines à tenter de comprendre les situations de chacun, avec des personnes qui sont parfois issues de pays en guerre, des histoires d’immigrations difficiles… », témoigne Emmanuelle, française membre de l’équipage lors de la dernière étape. « C’était un vrai moment d’apprentissage de l’autre. On a réussi à cohabiter dans un petit espace. Si on arrive à partager un bateau, pourquoi ne pas arriver à partager la Méditerranée ? »

    Rentré vendredi soir de Rome, le Cardinal Aveline était présent au Mucem pour accueillir le voilier et son équipage. « Il y a deux ans au Pharo, le Pape François nous a invités à davantage former les jeunes à la paix. C’est ce que nous avons essayé de faire. Cette arrivée est très émouvante pour moi », a-t-il confié samedi. Benoit Payan, maire de Marseille (DVG), a lui aussi fait le déplacement, soulignant la dimension symbolique d’une arrivée dans la cité phocéenne. « Les jeunes qui ont passé des mois sur ce bateau, (…) qui arrivent d’Italie, d’Espagne, d’Algérie, de Bagdad, d’Égypte mais aussi de Marseille, (…) ont vécu une expérience merveilleuse. Je crois que lorsqu’on parle d’espoir, on peut leur faire confiance », s’est-il enthousiasmé. Une opinion partagée par un public venu en force soutenir l’initiative.

    Une journée dédiée

    au dialogue de paix

    La conclusion de ce voyage était marquée par le lancement du Festival Med25, organisé toute la journée au Mucem. À partir de 10h et jusqu’à 19h, débats, conférences et ateliers sur le thème du dialogue pour la paix se sont succédé. L’esplanade du musée accueillait également plusieurs associations, comme les Apprentis d’Auteuil, qui accompagnent les jeunes en difficulté par le biais de programmes d’accueil, de formation, d’éducation et d’insertion. Sur une scène placée près de l’eau, des prestations chantées et dansées se sont enchaînées, représentants de nombreuses cultures méditerranéennes.

    Libyens, Israéliens, Palestiniens, Libanais, Syriens… les peuples méditerranéens sont nombreux à affronter un quotidien de conflits. Et le drame dépasse les frontières terrestres : selon l’Organisation mondiale pour les migrations, plus de 50 000 exilés ont péri en Méditerranée centrale depuis 2014. La mission du Bel Espoir insuffle un véritable vent de paix dans ce contexte de tensions. Cultivons-le.

    ET AUSSI

    SOS Méditerranée présente son action

    Deux bénévoles de l’association de sauvetage en mer sont venus présenter les activités de leur ONG.

    Atelier « AntiClash »

    Le fondateur du podcast a animé une discussion sur les méthodes à adopter pour établir un dialogue serein.

    Éduquer à la Méditerranée

    Un débat sur l’éducation à la paix et à l’identité méditerranéenne s’est tenu dans l’auditorium du Mucem.

    Parvenir à coexister

    L’association Coexister a animé un atelier pour déconstruire les préjugés liés aux convictions religieuses.

  • Plus de 110 000 euros récoltés pour sauver des vies en mer

    Plus de 110 000 euros récoltés pour sauver des vies en mer

    Un moment de solidarité et de sensibilisation sur le sauvetage en mer, c’était l’ambition du concert organisé samedi au Dôme (4e), à l’initiative des Mutuelles de France. Et l’objectif est presque atteint, en chiffre au moins : 111 000 euros ont été récoltés, contre 150 000 espérés. Le Projet Aquarius, qui aide les jeunes rescapés à reconstruire leur rapport à l’eau, la Société nationale de sauvetage en mer, qui officie au large de toutes les côtes françaises, et le bateau de sauvetage Louise Michel, qui se concentre sur la Méditerranée, sont trois des quatre associations bénéficiaires. La quatrième, Aide aux populations précaires et immigrées, est basée à Marseille et accompagne les personnes exilées dans leurs recours aux droits et démarches administratives.

    De 19h à 00h, 16 artistes se sont succédé sur scène. Parmi eux : Rim’K, interprète de Tonton du bled avec le 113 et Alonzo, célèbre rappeur marseillais. Zamdane, rappeur à l’origine de l’événement, est lui aussi monté sur scène, malgré la polémique liée aux accusations d’agressions sexuelles que portent à son encontre plusieurs collectifs féministes.

  • Les sauveteurs en mer ont pu compter sur leur nouvelle vedette cet été

    Les sauveteurs en mer ont pu compter sur leur nouvelle vedette cet été

    L’été n’a pas été de tout repos pour la station de la Société nationale de sauvetage en mer (SNSM) de Carro. En début de saison, en parallèle des interventions, les 30 bénévoles de l’association ont dû se former sur le nouveau navire de sauvetage hauturier arrivé sur la Côte Bleue, le 18 avril. « L’ancien bateau, le canot tous temps SNS 073, a quitté le port en août, explique le tout nouveau président de la station, Jean-Michel Roque. Il est parti au pôle technique de Méditerranée à Palavas et va remonter en Atlantique pour y servir de support. Il a fait 32 ans de service chez nous. »

    Bien qu’il ait eu lieu en plein milieu de l’été, ce changement d’équipement reste une chance. « L’ancien bateau avait été mis en service en 1992 et ses plans dataient des années 1980, poursuit le sauveteur. Le nouveau est toujours auto-redressable, insubmersible, sauf que le design est différent donc il va plus vite. Avant, on avait deux moteurs de 350 chevaux, maintenant on a deux fois 700 chevaux donc on double la puissance, on a une caméra thermique à poste… »

    Les bénévoles ont aussi dû pallier l’absence de bateau à Port-Saint-Louis-du-Rhône, puisqu’il était en reconditonnement. Conséquence : « Le nombre d’interventions a explosé, depuis le début de l’année, on en a fait 70. » Deux tiers concernaient le « Maritime assistance service », soit le remorquage d’embarcations, et un tiers de la recherche et du sauvetage de personne. « Globalement, ce sont toujours des erreurs d’usagers facilement évitables : des gens qui ne regardent pas la météo avant de partir, ne préviennent pas leurs proches…, affirme Jean-Michel Roque. C’est toujours beaucoup d’inconscience. On pense que la mer c’est facile, mais c’est comme la montagne, les conditions peuvent changer très vite. »