Tag: bailleurs sociaux

  • Aux Chutes-Lavie un portail sème la zizanie

    Aux Chutes-Lavie un portail sème la zizanie

    « Au début ils l’ont laissé ouvert aux heures d’école, puis la serrure a été soudée. » À la tête du collectif d’habitants du quartier, Nathalie Prost dénonce la condamnation de la rue qui traverse l’ancienne cité HLM par une poignée de co-propriétaires, soutenus par le bailleur Provence Métropole Logement (ex-HMP). Un différend qui remonte à 2020 « sur lequel on aimerait trouver un terrain d’entente », précise cette mère de famille.

    Au bout de la ruelle étroite de la Pépinière, sous le grand porche de l’ancienne cité-jardin du 4e arrondissement qui a été progressivement mise à la vente, de part et d’autre du grand portail, il y a engaste. D’un côté, des habitants privés de l’accès le plus court et le plus sûr à la crèche, au centre d’animation et au jardin municipaux inclus dans le périmètre résidentiel, de l’autre, des copropriétaires qui revendiquent une voie privée, las de « déjections canines et autres incivilités », et qui brandissent l’argument « sécurité et droit privé », explique Monsieur Fayolle, un des rares copropriétaires venu à la rencontre des habitants. « Pour “protéger” une résidence d’environ 38 logements privatifs, c’est tout un quartier de près de 7 000 habitants qui se retrouve entravé dans ses déplacements », déplore le Collectif des Marseillais pour les mobilités de demain Marsmob, en soutien des riverains.

    Côté intérieur de la barrière, deux locataires de PML regrettent « on est aussi coincées que les autres, il nous faut faire le grand tour, soit 20 minutes au lieu de 5 ». Les locataires des immeubles voisins, pourtant majoritaires dans le périmètre initial, n’ont pas été consultés lors du vote de fermeture. PML, qui détenait 62% des voix en assemblée, a voté en faveur de la fermeture, s’alignant sur la position d’une minorité de copropriétaires privés.

    L’intérêt général

    « Fermer un passage, c’est fermer un accès à l’école. La ville doit rester un espace commun, ouvert à tous », plaide encore Arnaud Dupleix, représentant de la FCPE 13. Déjà, l’ancienne école maternelle a été « fermée du fait de l’accessibilité piétonne dégradée », rappelle Didier Jau, maire (EELV) du secteur, qui a écrit une lettre à Solange Biaggi, nouvellement élue à la tête de PML, l’enjoignant, en proposant un rendez-vous, à « rouvrir sans délai le passage piétonnier litigieux, au moins à titre provisoire » et à « aligner la position d’HMP sur l’intérêt général de la mobilité de proximité ».

    Sur le rassemblement, les adjointes au maire Marie Batoux (PM) et Perrine Prigent regrettent également la fermeture de plus en plus de voies privées où l’accès était public de fait, comme à Colline Perrier, Campagne Flotte ou Coin Joli : « C’est un statut juridique à travailler. On avait demandé une modification du PLUI, mais la métropole a refusé. »

  • Une bourse aux logements pour les locataires HLM

    Une bourse aux logements pour les locataires HLM

    C’est un peu notre Bon coin à nous », plaisante Galla Bridier, directrice adjointe d’Habitat social en Occitanie (HSO). La structure, qui réunit 67 organismes dans la région, vient en effet de lancer une bourse aux logements sociaux à destination des locataires HLM désireux de changer de logement pour des raisons diverses. La composition de la famille peut par exemple avoir changé, ou le locataire avoir trouvé du travail dans une autre ville du territoire.

    Onze bailleurs sociaux se sont, pour le moment, engagés dans ce dispositif innovant lancé, dans un premier temps, dans l’Hérault et le Gard. Ce qui représente près de 82 000 logements susceptibles d’être proposés à l’échange. « À terme, cette bouse a une vocation régionale et sera étendue à d’autres départements », prévient Michel Calvo, président de HSO et d’ACM Habitat, l’office HLM de Montpellier, premier bailleur social public de la région.

    Dès 2022, ACM Habitat a mis en place une bourse d’échange de logements sociaux interne à son parc, qui a servi de base aux travaux constitutifs de la plateforme Place du logement*. Laquelle s’est également inspirée d’expériences similaires conduites, par exemple, en Nouvelle-Aquitaine depuis 2019 (18 bailleurs associés) ou dans le Rhône depuis 2024 (16 bailleurs).

    Opérationnelle depuis le 30 septembre, la plateforme régionale coordonnée par HSO s’adresse uniquement aux locataires d’un bailleur adhérent au dispositif. Les candidats à l’échange doivent avoir une demande de logement social active au moment de l’inscription, être titulaires du bail et occuper le logement depuis au moins deux ans. « Une fois leur compte créé, les locataires ont accès aux différentes annonces et peuvent entrer en contact avec d’autres grâce à une messagerie intégrée. Les échanges peuvent déboucher sur des visites d’appartements. Si les deux parties sont intéressées, elles signent un engagement réciproque et c’est ensuite les bailleurs qui valident ou non les échanges en commission d’attribution », détaille Galla Bridier. Ces derniers gardent donc la maîtrise du dispositif, en vérifiant notamment l’adéquation entre la situation familiale et la typologie des logements (l’attribution d’un F4 à une personne seule, par exemple, sera refusée).

    « Rendre visible une offre aujourd’hui invisible »

    Cette initiative permettra de « fluidifier les parcours résidentiels et l’autonomie » des locataires désireux de changer de logement, en élargissant le champ des possibles. « Grâce à cet outil, nous allons augmenter les possibilités d’échange entre des locataires au-delà de la seule demande de mutation avec le bailleur avec lequel ils sont en contrat », explique Michel Calvo.

    Dans une région soumise à une forte pression de la demande de logement social (estimée à 6,7 demandes pour 1 attribution), ce dispositif constitue une aubaine, un accélérateur pour des locataires qui attendent parfois de longues années avant que leur demande de mobilité ne soit satisfaite. Sur les 213 500 demandes d’un logement social recensées fin janvier 2025 en Occitanie, 29% concernent des demandes de mutation (27% dans l’Hérault et 32% dans le Gard). Cette initiative se révèle également vertueuse pour les bailleurs, car elle crée « un mouvement supplémentaire » dans un contexte où « les taux de vacance, qui permettent d’amorcer une rotation, n’ont jamais été aussi bas (moins de 1%) », souligne Gilles Dupont, directeur général d’Hérault logement, l’un des bailleurs associés au projet. « L’objectif est de rendre visible une offre aujourd’hui invisible. En tant que bailleur, nous ne communiquons pas, même si nous sommes au courant, sur les envies de partir des uns et des autres. Grâce à ce dispositif, c’est le locataire lui-même qui fera connaître sa volonté de changement. Cela va créer du flux, un mouvement de libération de logements qui viendra s’ajouter aux efforts déjà réalisés par les bailleurs », poursuit-il. Un autre de ses collègues y voit également un moyen « d’inciter les locataires à entretenir leur logement s’ils doivent un jour mettre des photos en ligne dans la perspective d’un échange ».

    * http://place-du-logement-occitanie.fr