Tag: Bagnols-sur-Cèze

  • À Bagnols, Pascale Bordes s’en prend aussi aux associations

    À Bagnols, Pascale Bordes s’en prend aussi aux associations

    Contrairement à son homologue de Vauvert, Pascale Bordes avance masquée à Bagnols-sur-Cèze. Déjà comme députée, l’avocate avait adopté la stratégie de dédiabolisation de son parti et évitait sagement toute polémique. Désormais à la tête de la troisième ville du Gard, elle tente de conserver cette image consensuelle. Lorsqu’elle a été écartée de toutes les vice-présidences de l’agglomération du Gard rhodanien, l’édile s’est simplement fendue d’un communiqué laconique, se limitant à répondre aux « nombreuses interrogations d’habitants du territoire ». Côté communication, tout est donc verrouillé. Ses adjoints sont peu présents sur le terrain et c’est bien le cabinet de la nouvelle maire qui gère toutes les demandes.

    « Elle avance masquée », confirme Elian Cellier, secrétaire de la section bagnolaise du PCF. « Pour l’instant, elle ne commet pas d’erreurs majeures. Les adjoints ont consigne de ne rien dire. Sur certaines manifestations, il n’y a même pas de représentant de la mairie. Depuis les élections, j’ai assisté à plusieurs vernissages par exemple et je ne sais toujours pas à quoi ressemble l’adjoint à la culture. »

    Face aux contraintes budgétaires, Pascale Bordes a lancé plusieurs audits notamment sur la question de la couverture de la piscine. Elle fustige aussi le coût de la passerelle piétonne au-dessus de la Cèze, grand sujet de débat durant la campagne municipale. « Ils se plaignent mais lorsqu’ils étaient dans l’opposition, ils ont voté pour ces projets. Aujourd’hui, Pascale Bordes se plaint de l’endettement de la ville mais elle n’est jamais venue en conseil municipal lorsqu’elle était dans l’opposition pour alerter sur ces sujets. Et en même temps, elle a accordé toutes les majorations réglementaires d’indemnités d’élus, même celles qui ne sont pas obligatoires. Cela va coûter 54 000 euros par an à la commune pour les neuf adjoints », fustige l’élu d’opposition Jérôme Jackel (Debout).

    Coupe dans

    les subventions

    Lors du dernier conseil municipal où a été voté le budget primitif, une coupe dans les subventions aux associations a bien été prévue mais la majorité a joué le flou, disant étudier au « cas par cas » l’attribution de ces subventions. Pour l’heure, les associations ne savent donc pas à quelle hauteur leurs subventions vont être amputées. « La municipalité a prévu une coupe de plusieurs centaines de milliers d’euros. Le budget pour les associations était de 953 000 euros en 2023 et il passe cette année à 465 000 », explique Jérôme Jackel. Autre économie décidée sur le dos des associations : le camion qui livrait habituellement le matériel municipal lors d’événements ne sera plus mis à disposition. Ce sont donc désormais à elles de s’organiser.

    La grogne et l’inquiétude commencent donc à se faire sentir dans les associations bagnolaises. Le foot et le handball seraient notamment visés par d’importantes coupes. Le club de foot avait en effet déjà été la cible de la candidate d’extrême droite en campagne qui jugeait que la somme allouée au regard des résultats était trop élevée. « Pour l’instant on est dans le flou, on ne se sait pas qui va être raboté en premier. Mais je pense que le foot va prendre un coup de rabot. J’ai bien peur qu’elle utilise la scission du club puisque Pont-Saint-Esprit veut remonter un club, pour justifier le coup de rabot de peut-être 50% », prévient Jérôme Jackel avant d’ajouter : « Le tissu associatif, c’est la force vive d’un territoire. Si une mairie n’est pas capable de venir en soutien de ses forces vives, que fait le territoire ? Il meurt. »

    Discrète, Pascale Bordes va devoir, dans les prochains mois, assumer ses choix. Car si elle coupe dans les subventions aux associations, elle devra ensuite justifier l’important investissement promis dans la sécurité avec notamment le recrutement de policiers municipaux (le coût d’un policier municipal est estimé entre 62 000 et 63 000 euros par an) pour qu’ils soient disponibles 7j/7 et 24h/24 et « armés comme une BAC ». Tout cela épaulé par « un centre de supervision moderne ». Pour l’heure, l’ancienne députée s’est contentée de lancer un audit sur la sécurité mais le coût de ses promesses de campagne interroge sur sa réelle capacité à les mettre en œuvre. « Pour une commune comme Bagnols, un tel audit coûte déjà entre 40 000 et 60 000 euros », s’agace Jérôme Jackel qui préférerait que l’argent soit utilisé autrement. « Nous, au quotidien, on ne voit aucune différence. Les dealers sont toujours là. La ville est toujours aussi sale. Les problèmes sont toujours les mêmes », résume Elian Cellier.

  • Un premier petit réacteur nucléaire dans le Gard

    Un premier petit réacteur nucléaire dans le Gard

    La modernisation du parc nucléaire français passe par le Gard rhodanien. En effet, face à la nécessité de poursuivre l’électrification de l’industrie et des transports dans l’Hexagone et de sécuriser la production d’électricité bas carbone, le gouvernement a lancé le programme France 2030. Celui-ci s’appuie sur la construction de six réacteurs EPR2 (8 autres sont à l’étude) qui produisent en moyenne 1 600 mégawatts, le renforcement du cycle du combustible à La Hague mais aussi la création de onze « réacteurs nucléaires innovants ».

    L’idée est ainsi de déployer des petits réacteurs modulaires (PRM). Plus compacts, moins coûteux, pouvant être construits en série et donc plus rapidement déployables, ces réacteurs peuvent tout de même produire jusqu’à 300 MWe. C’est dans ce cadre que le site de Marcoule situé à Chusclan à côté de Bagnols-sur-Cèze, haut lieu du nucléaire français depuis les années 1950, a été choisi pour accueillir l’un de ces réacteurs nouvelle génération.

    C’est la société aixoise Hexana qui l’a annoncé dans un communiqué même si l’implantation d’un PRM dans le Gard était évoquée depuis deux ans. « La société Hexana, start-up essaimée du CEA, lauréate France 2030 du concours « Réacteurs Nucléaires Innovants », se lance dans les études d’implantation de sa 1ère plateforme SMR au sein de l’écosystème industriel de la Communauté d’Agglomération du Gard rhodanien en région Occitanie », a ainsi écrit l’entreprise dans un communiqué.

    Deuxième site industriel d’Occitanie

    Pour justifier son choix, Hexana met en avant la spécificité du site de Marcoule, résultat de la « combinaison idéale entre soutien par des collectivités locales motivées, opportunité foncière, expertises nucléaires du CEA et remarquable tissu industriel ». Pour l’Agglomération labellisée « Territoires d’Industrie », ce projet devrait s’accompagner de nombreux nouveaux emplois. En effet, Hexana compte 70 salariés à Aix-en-Provence et à Paris mais a prévu de créer « un nouvel établissement dans le bassin économique de Bagnols-sur-Cèze » qui « accueillera l’équipe en charge du projet d’implantation de la tête de série industrielle de sa plateforme SMR ». La phase d’industrialisation de son réacteur est déjà prévue courant 2026.

    « Nous allons accompagner ce projet », promet Christophe Serre, le nouveau président de l’Agglomération du Gard rhodanien. « Ici le nucléaire fait travailler énormément de familles et il faut penser à l’avenir. Marcoule est une très belle plateforme de compétences technologiques et intellectuelles qui permet de faire rayonner le territoire. Il faut que le Gard rhodanien reste le deuxième territoire en termes d’industries et d’industries décarbonées ».

  • Cuisante défaite pour le RN à l’Agglo du Gard rhodanien

    Cuisante défaite pour le RN à l’Agglo du Gard rhodanien

    Entre la rupture proposée par la nouvelle maire de Bagnols-sur-Cèze et la continuité proposée par le maire de Saint-Paulet-de-Caisson, les 77 élus de l’Agglomération du Gard rhodanien ont choisi de poursuivre le travail engagé par Jean-Christian Rey. En effet, Christophe Serre, qui est aussi conseiller départemental, a été élu dès le premier tour à la tête de l’intercommunalité avec 44 voix contre 27 pour Pascale Bordes et 3 pour Jérôme Jackel, élu d’opposition (Debout !) à Bagnols.

    Il faut dire qu’hormis Bagnols-sur-Cèze, il y a eu peu de changements dans les 44 communes qui composent l’Agglomération. Et forcément, ces élus n’ont que peu apprécié les vives attaques de la maire d’extrême droite sur la gestion précédente. « Pendant que d’autres territoires avancent, pendant que d’autres territoires se battent pour attirer des entreprises, des familles, des services, des investisseurs, le Gard rhodanien n’a jamais su saisir de telles opportunités. Ce bilan est catastrophique pour notre territoire », a lancé Pascale Bordes, tentant d’imputer ce bilan à Jean-Christian Rey mais en oubliant que beaucoup d’élus ont étroitement travaillé avec le président sortant.

    De son côté, Christophe Serre s’est donc inscrit « dans la continuité du travail mené depuis sa création » en souhaitant « protéger les équilibres territoriaux et refuser toute logique de domination » mais aussi en « investissant là où c’est utile, pas là où c’est visible ». « Je n’ai pas la prétention de vous présenter aujourd’hui un projet de territoire écrit de manière descendante, sans concertation et de faire abstraction du travail engagé ces dernières années. Je vous propose une méthode fondée sur la concertation, l’écoute et la coconstruction », a-t-il ajouté.

    Bordes, toujours battue

    Le vote de la présidence n’a pas été le seul désaveu pour Pascale Bordes. La maire de Bagnols a en effet ensuite tenté d’être élue comme première vice-présidente. Mais là encore elle a été battue par la candidate proposée par Christophe Serre. C’est en effet la maire de Saint-Laurent-des-Arbres, Sylvie Barrieu Vignal, qui a été plébiscitée avec 49 voix (seulement 25 pour Bordes) et aura donc la délégation à l’aménagement du territoire.

    Pour la deuxième vice-présidence en charge de la santé et de l’accès aux soins, c’est le maire de Pont-Saint-Esprit, Valère Ségal, radiologue de formation qui l’a emporté devant Pascale Bordes (46 voix contre 24). Candidate jusqu’à la septième vice-présidente, Pascale Bordes a toujours été battue et a finalement arrêté de se présenter comprenant que la ville centre n’aurait pas de postes clés à l’Agglomération. Les élus du Gard rhodanien ont ainsi prouvé que dans certains territoires, le barrage républicain fonctionne encore.

  • Main basse du RN sur deux intercommunalités gardoises ?

    Main basse du RN sur deux intercommunalités gardoises ?

    C’est un nouveau palier que le Rassemblement national s’apprête à franchir. Si jusqu’ici les maires confrontés à l’élection d’un membre du RN dans une commune voisine faisaient front pour qu’il ne puisse pas présider l’intercommunalité, la digue à ce niveau aussi a cédé. Dans le Gard, deux d’entre elles sont en effet tout proches de basculer à l’extrême droite.

    Il y a d’abord Beaucaire Terre-d’Argence (CCBTA). S’il s’en était fallu d’un cheveu pour que Julien Sanchez (RN) n’enlève la présidence en 2020, le maire de Beaucaire Nelson Chaudon semble avoir, cette année, plus de soutiens. Si la possibilité d’une alternative à Juan Martinez, président sortant et maire de Bellegarde, a été avancée, ce n’est pas la gestion de l’ancien socialiste qui est remise en cause. Juan Martinez est donc candidat pour reprendre les rênes de la communauté de communes et devrait compter sur le soutien des élus d’opposition à Beaucaire, mais aussi sur les maires réélus à Jonquières-Saint-Vincent et Vallabrègues.

    Le Gard rhodanien

    dans la continuité ?

    C’est en réalité à Fourques, avec l’élection d’Alain Fouque, que la balance pourrait s’opérer. Les deux élus de la majorité qui siégeront à la CCBTA multiplient les rencontres avec la majorité sortante, mais aussi avec le RN. « On est assez pessimiste », confie un participant aux discussions. Les élus de la CCBTA se prononceront le 15 ou 16 avril.

    La situation est également mal engagée en Petite Camargue après la défaite de Jean Denat à Vauvert. Le nouveau maire, Nicolas Meizonnet (RN) a immédiatement annoncé sa candidature à l’intercommunalité, qui regroupe Aimargues, Aubord, Beauvoisin et Le Cailar. Aucun élu ne semble en effet vraiment souhaiter s’opposer à l’ancien député alors que la communauté de communes a toujours été dirigée par le maire d’une autre commune (à l’exception d’un bref passage sous Jean Denat, qui a assuré une transition). Selon plusieurs sources, les élus d’Aimargues se seraient aussi entendus avec Nicolas Meizonnet, lui assurant ainsi la présidence. Car avec un conseil qui se réduit de 37 à 30 élus, le nouveau maire de Vauvert et ses onze élus à la communauté de communes n’a que cinq voix à aller chercher. La date de la première séance du conseil n’est pas encore connue.

    Pour la communauté d’agglomération (la 3e du département après Alès et Nîmes) du Gard rhodanien, trois élus sont candidats alors que le président, Jean-Christian Rey (SE), a annoncé qu’il ne se représente pas. La nouvelle maire de Bagnols-sur-Cèze Pascale Bordes (RN) tente aussi de s’imposer à l’agglo mais elle manque aujourd’hui cruellement de relais dans les 43 autres communes qui composent le Gard rhodanien. Son opposant de gauche au conseil municipal, Jérôme Jackel (Debout !), également candidat, est confronté au même problème. Valère Ségal, réélu largement à Pont-Saint-Esprit, est lui candidat à la 1ère vice-présidence en charge de la santé « quel que soit le président ». Mais après les tensions entretenues avec les maires voisins, pas sûr qu’il soit entendu.

    Soucieux de travailler dans la continuité du travail engagé ces dernières années, Christophe Serre, maire SE de Saint-Paulet-de-Caisson et conseiller départemental, fait donc aujourd’hui figure de favori. « Nous sommes une très grande majorité d’élus sortants réélus au sein de l’agglomération et nous ne voulons pas qu’on balaie le travail réalisé. Nous allons proposer un nouveau projet de territoire que nous allons travailler avec tout le monde. J’ai le soutien d’une grande majorité d’élus », affirme-t-il. Le conseil communautaire qui élira le futur président est prévu le 7 avril à Laudun-l’Ardoise.

  • Quel impact quand les mairies virent RN ?

    Quel impact quand les mairies virent RN ?

    Tout juste élus, les maires d’extrême droite vont avoir une priorité : s’emparer des Communautés de communes. Que ce soit en Agde, à Beaucaire, Bagnols-sur-Cèze ou Vauvert, ils ont tous annoncé vouloir présider l’intercommunalité (voir page 10). Leur élection pourrait donc bien avoir des conséquences aussi pour les communes environnantes, qui n’ont pourtant pas cédé aux sirènes du RN.

    Toujours sur un plan strictement politique, le RN veut profiter de ses nouveaux ancrages pour créer un groupe au Sénat car pour l’heure, le parti n’a réussi à faire élire que trois sénateurs. Les prochaines élections de la chambre haute en septembre seront donc à scruter de près, puisqu’outre les mairies citées, d’autres adhérents ou sympathisants du RN ont été élus sur des listes divers droite ou même sans étiquette. Le scrutin de septembre sera donc l’occasion de réellement connaître l’implantation du RN dans les zones rurales.

    Les assos menacées

    Pour les habitants des villes concernées, le flou entoure largement les futurs projets lancés par les candidats RN tant ils n’ont cessé, pendant la campagne, de s’appuyer sur des thématiques nationales. « J’ai des témoignages de maires qui n’ont pas vu venir la montée du RN parce qu’ils parlaient de problèmes locaux alors que pour une partie des gens, les enjeux étaient nationaux. Le RN a su déplacer les préoccupations comme la sécurité mais aussi l’emploi et la perte de repères. Ils ont vraiment nationalisé la campagne », regrette le communiste Christian Bastid. Face à la montée du narcotrafic, les candidats RN n’ont eu qu’à proposer une augmentation des effectifs de la police municipale et l’augmentation de caméras de vidéosurveillance pour convaincre qu’ils étaient en capacité de lutter contre ce fléau.

    Mais le mirage de la sécurité ne sera pas le seul impact pour les habitants. Comme le montre l’enquête financée par le Fonds pour une presse libre à laquelle a participé La Marseillaise le 13 février dernier, les associations, notamment celles à visée sociale, sont les grandes perdantes de la gestion des maires d’extrême droite. À Beaucaire par exemple, les subventions ont été coupées à la Ligue de l’enseignement et à la Maison du vivre ensemble, qui organisaient du soutien scolaire, ou encore à la Mission locale qui aide les jeunes. Par contre, les associations de sports de combat ou l’association qui aide les chats dirigée par une conseillère municipale ont connu d’importantes hausses de subventions.

    La situation se reproduit à Béziers, qui a plus dépensé en 2019 en communication qu’en subventions versées aux associations culturelles et sociales. En 2020, les subventions aux syndicats ont aussi été coupées. Des méthodes qui vont désormais se répandre à Bagnols-sur-Cèze, Vauvert et Agde, communes qui pourraient aussi, dès décembre, être confrontées à l’installation dans leurs mairies de crèches de la nativité pourtant contraires au principe de laïcité.

  • Remobiliser la société civile pour faire face à l’extrême droite

    Remobiliser la société civile pour faire face à l’extrême droite

    Si le Rassemblement national (RN) ne réussit pas le raz-de-marée qu’il s’était fixé, force est de constater que ce dernier – et plus largement l’extrême droite – s’ancre un peu plus dans l’Hexagone. De 17 villes en 2020, il se retrouve à la tête de 62 municipalités en 2026. « Il y a aussi toutes ces villes où des listes sans étiquette l’ont emporté et on voit que certaines penchent à l’extrême droite  », analyse Sophie Mazas, avocate et membre de la LDH. L’Occitanie n’échappe pas à la règle : Agde, Bagnols-sur-Cèze, Carcassonne, toutes sont tombées dans les griffes de l’extrême droite. « Le RN profite de circonstances particulières pour être élu : soit du contexte local, comme à Agde avec les affaires judiciaires de l’ancien maire, ou du maintien des listes au second tour comme à Castres », tempère Serge Ragazzacci, secrétaire héraultais de la CGT.

    En effet, le front républicain ne sort pas grandi de ces élections. « Certaines listes n’appellent pas à faire barrage. Si on veut éviter que l’extrême droite soit élue, il faut se retirer. Ne pas le faire participe à sa banalisation », poursuit Serge Ragazzacci. Une banalisation qui témoigne également de la porosité entre la droite et l’extrême droite. À l’instar d’Agde, où le maire sortant Sébastien Frey, arrivé troisième au premier tour, s’est retiré mais sans appeler à voter contre le RN, qui s’est imposé. Une douche froide pour les progressistes agathois. « Pour certains, ce second tour a fait l’office d’une claque. Ils ont été choqués. Nous allons nous rassembler et surveiller les projets de la majorité et s’y opposer en fonction », avance Arthur Labatut (PRG). Tête de liste de gauche éliminée au premier tour, ce dernier annonce la constitution d’un collectif citoyen « sur des thématiques sociales et environnementales » fin avril.

    Tambouille politique

    D’un autre côté, l’abstention progresse fortement. Avec 42,18% au second tour, celle-ci progresse de quatre points par rapport à 2014. Inquiétant pour des élections réputées mobilisatrices. « On constate que les partis politiques n’arrivent plus à répondre aux enjeux démocratiques, aux attentes des citoyens, à débattre du fond et à apporter des solutions », se désole Sophie Mazas. Les tambouilles politiciennes participent également à cette désillusion. « Il y a une responsabilité des politiques. Cette division et ces accusations entre les partis de gauche qui durent depuis des mois et qui semblent continuer ne créent pas de dynamique positive en termes de vote. Ça obère toute discussion sur les projets et le débat ne porte pas sur les choses du quotidien. Les potentiels électeurs de gauche n’y ont pas trouvé leur compte et ne se sont pas déplacés », observe Serge Ragazzacci, regrettant que « les partis passent plus de temps à se taper dessus que sur le capital. » Pendant ce temps, les idées d’extrême droite, elles, gagnent en visibilité – notamment sur la sécurité – et participent à fracturer l’État de droit. « Le travail de sape réalisé par l’extrême droite a atteint nos institutions, notamment la justice et le fait de ne pas respecter ses décisions. Or, envisager un monde sans justice est très dangereux, il va falloir y faire face  », soutient Sophie Mazas, qui a publié une tribune en ce sens dans L’Humanité.

    Alors pour contenir la vague brune et remobiliser les déçus, le syndicaliste appelle notamment la gauche à se ressaisir des questions sociales, à retrouver des marqueurs : « Nous, on continuera à faire ce qu’on fait : former nos militants, descendre dans la rue pour lutter contre l’extrême droite. Mais il faut aussi qu’il y ait des mesures de progrès social. On ne peut pas être moralisateurs sur l’extrême droite si de l’autre côté on n’a pas d’intentions politiques d’établir la justice sociale  ». Des intentions politiques qui doivent être portées par les citoyens eux-mêmes, pour Sophie Mazas. « On appelle tout le monde à rejoindre des syndicats, des associations et à participer à cette réflexion pour repenser notre mode de fonctionnement et ensuite porter nos revendications.  »

  • La campagne des intercommunalités a débuté dans le Gard

    La campagne des intercommunalités a débuté dans le Gard

    À peine les élections municipales terminées que les maires repartent en campagne. Les téléphones chauffent et les jeux de poker menteur se multiplient entre ces professionnels de la politique. Car beaucoup tentent désormais de s’imposer comme président de Communauté de communes qui ont gagné en compétence ces derniers mois.

    Pour Nîmes Métropole, Vincent Bouget a déjà fait acte de candidature. Depuis la création de l’intercommunalité en 2002, le poste est en effet toujours revenu à un Nîmois (Jean-Paul Fournier, Yvan Lachaud, Franck Proust). Mais il est aussi toujours revenu à un élu de droite. Rémi Nicolas, maire de gauche de Marguerittes qui était déjà vice-président sous Franck Proust est à la manœuvre pour tenter de construire une majorité à Vincent Bouget.

    Pour Alès Agglomération, le président sortant et maire d’Alès Christophe Rivenq (LR) part grandissime favori. Mais la gauche, absente de l’opposition au conseil municipal, compte bien décrocher plus de pouvoir à l’Agglo. Si elle n’y parvient pas, une opposition pourrait alors naître. Avec le poids des élus alésiens, Rivenq a peu de chance d’être renversé mais si une majorité de communes s’oppose à lui, ce serait un très mauvais signal pour débuter ce nouveau mandat.

    Trois présidents RN ?

    L’inquiétude réside surtout dans la capacité des maires RN de Beaucaire, Vauvert et Bagnols-sur-Cèze, tous candidats à la présidence de leur intercommunalité, de l’emporter. Pour Beaucaire Terre d’Argence, Julien Sanchez était tout proche de s’imposer il y a six ans. Si une alternative au président sortant et maire de Bellegarde Juan Martinez est évoquée du côté de Beaucaire pour installer un contre-pouvoir dans la ville centre, ce sont les deux élus de Fourques qui pourront faire basculer la balance du côté du maire RN de Beaucaire, Nelson Chaudon.

    Dans la Communauté de communes du Gard rhodanien, l’heure est aussi au barrage à Pascale Bordes (RN), nouvelle maire de Bagnols-sur-Cèze. Si le président sortant, Jean-Christian Rey a affirmé qu’il ne serait pas candidat (bien trop affaibli après la défaite de Jean-Yves Chapelet), deux maires auraient des velléités : celui de droite de Pont-Saint-Esprit réélu avec autorité Valère Segal et celui de gauche de Saint-Paulet-de-Caisson et vice-président départemental, Christophe Serre. Au vu du très grand nombre de maires réélus sur la zone, Christophe Serre semble favori.

    C’est le même constat du côté de la Petite Camargue après la prise de Vauvert par le RN. Comme les élus étaient parvenus à barrer la route à Jean Denat il y a six ans car ils ne voulaient pas un socialiste à la tête de l’intercommunalité, ils vont tenter de poursuivre la même stratégie avec Nicolas Meizonnet, nouveau maire (RN) de Vauvert.

    Les discussions et tractations vont se poursuivre au plus tard jusqu’à fin avril, date butoir à laquelle les élus des communautés de communes doivent être désignés.

  • Bagnols-sur-Cèze, 3e ville du Gard, bascule au RN

    Bagnols-sur-Cèze, 3e ville du Gard, bascule au RN

    Après Beaucaire, 4e ville du Gard il y a douze ans, c’est au tour de Bagnols-sur-Cèze de tomber. Si la vague brune a été contenue de justesse à Nîmes et Alès, elle a emporté une terre labourée depuis des décennies par le Parti socialiste, qui s’est totalement retiré du scrutin municipal cette année.

    Cette « défaite annoncée » comme le dit le communiste local Elian Cellier, n’était pas inéluctable. Bien sûr, la députée de la circonscription Pascale Bordes, réélue en 2024, partait favorite. Mais un scrutin local n’est pas un scrutin national. Si la députée est parvenue à lisser l’image du parti d’extrême droite sur son territoire, elle comptait aussi de nombreuses faiblesses : une liste familiale inexpérimentée composée de nombreux couples, un programme uniquement axé sur la sécurité et une absence assumée dans l’opposition au conseil municipal depuis cinq ans signe que ses priorités n’étaient pas vraiment les sujets locaux. Mais en face, l’irresponsabilité de la désunion l’a emporté et avec elle, la menace d’une implantation durable de l’extrême droite sur le territoire bagnolais.

    « Ils sont complices »

    Élu sur une liste de gauche en 2008, le maire sortant Jean-Yves Chapelet n’a cessé de glisser vers la droite. Puis, les dossiers de l’imam Mahjoubi et la prolifération du trafic de drogue ont fini de le décrédibiliser. Incapable de s’en rendre compte avant le scrutin, Jean-Yves Chapelet est arrivé deuxième du premier tour mais avec un score historiquement bas (18,25%) qui montrait son incapacité à rassembler (25,02% au second tour). Il n’a d’ailleurs même pas tenté une alliance avec Philippe Broche arrivé 4e avec 14,43%. Incapable non plus de s’entendre avec les autres forces de gauche, Jérôme Jackel (Debout!) n’a jamais envisagé de se retirer et termine dernier de la triangulaire (22,10%).

    Après la victoire du RN, Elian Cellier s’en est pris aux auteurs de la désunion : « On ne peut rien contre la bêtise des hommes. Chapelet élu en 2008 sur une liste de gauche aura mandat après mandat exclu les communistes, les socialistes pour rejoindre le centre droit. Les idiots-utiles que sont les Jackel, Michel Cegielski (éliminé au 1er tour), Sylvain Hille (PS), Alain David (SE) et Christophe Prévost (ancien gilet jaune, plusieurs fois candidats) portent une lourde responsabilité dans la prise de la ville par le RN. Cette situation était pourtant prévisible. À croire qu’ils sont complices ».

  • L’extrême droite aux portes de la mairie de Bagnols-sur-Cèze

    L’extrême droite aux portes de la mairie de Bagnols-sur-Cèze

    Entre un maire sortant complètement décrédibilisé et une gauche totalement désunie, le scrutin dans la troisième ville du Gard s’annonçait déjà favorable au RN avant le vote du premier tour. L’ampleur de la vague brune s’est confirmée dimanche 15 mars : la députée (RN) Pascale Bordes caracolait en tête avec 44,26%. Derrière, le maire sortant Jean-Yves Chapelet (soutenu par la macronie) arrivait tout juste en deuxième position avec 18,25%, devant Jérôme Jackel (Debout!) à 15,93%, Philippe Broche (soutenu par le PCF) à 14,43% et Michel Cegielski (PRG) à 7,13%.

    Mais malgré ce désaveu criant pour le maire sortant et l’incapacité pour un autre candidat de le devancer, Jean-Yves Chapelet a appelé la population à l’union « pour le progrès et l’avenir » pour ne pas « laisser les clés de la ville à un parti ». Sauf que son opposant au conseil municipal, Jérôme Jackel, se maintient au second tour. L’élu municipal membre du parti de François Ruffin, a aussi lancé un appel à l’union et a proposé une fusion à Philippe Broche. Une réunion s’est déroulée le 16 mars entre les colistiers de Philippe Broche qui ont finalement décidé de se retirer. Jugeant l’offre de fusion « pas à la hauteur », Philippe Broche a refusé de s’allier avec Jérôme Jackel et, devant l’absence de coup de fil du maire sortant, n’a pas donné de consigne de vote. Le Parti communiste qui le soutenait a de son côté appelé à ce qu’ « aucune voix n’aille au Rassemblement National ».

    Avec deux listes face à Pascale Bordes, les jeux semblent donc déjà pliés. « J’estime qu’à 160 voix du maire sortant je suis légitime », explique Jérôme Jackel. « J’irai chercher l’opposition. Les oppositions sont nécessaires. Si le maire avait été plus démocrate, je l’aurais suivi mais là, il règne seul. Si le RN doit prendre la ville, je serais là pour préparer l’avenir et être une opposition au RN, ce que Jean-Yves Chapelet est incapable d’incarner ».

    RN : une équipe très familiale

    Malgré les forts résultats de l’extrême droite à Bagnols-sur-Cèze, la liste de Pascale Bordes montre à nouveau qu’il est plus facile au RN d’atteindre les 40 % que de trouver 33 noms pour constituer une liste. Ainsi, Objectif Gard dénombrait pas moins de sept couples dans la liste de la députée. Aussi, trois colistiers sont ou seront durant le mandat, nonagénaires. « Quant à certains jeunes de la liste, une petite recherche sur les réseaux montre qu’ils vont quitter ou ont déjà quitté la ville pour étudier ailleurs. Ainsi, une jeune femme explique qu’elle sera en septembre 2026 à Paris », ajoute Elian Cellier, secrétaire de la section communiste de Bagnols-sur-Cèze.

    Cette liste, tout comme l’absence de Pascale Bordes en conseil municipal depuis 2021 alors qu’elle avait été élue dans l’opposition l’année précédente, n’a pourtant pas empêché les Bagnolais de plébisciter la députée d’extrême droite au premier tour.

  • Bagnols-sur-Cèze : qui peut faire obstacle à l’extrême droite ?

    Bagnols-sur-Cèze : qui peut faire obstacle à l’extrême droite ?

    Si aucun sondage n’a été effectué à Bagnols-sur-Cèze, tous s’attendent à retrouver la députée RN en tête le soir du premier tour tant les scores du parti lepéniste y culminent à des sommets à chaque élection nationale. D’ailleurs, la conseillère municipale d’opposition qui est complètement absente des réunions plénières, accueillera Marine Le Pen à Bagnols-sur-Cèze vendredi 6 mars.

    Avec un discours axé sur la sécurité, Pascale Bordes espère prospérer dans une ville de 18 000 habitants gangrenée par le narcotrafic. Le trafic de drogues est d’ailleurs le sujet qui a le plus affaibli le maire sortant Jean-Yves Chapelet, notamment après la diffusion d’un épisode d’Envoyé spécial désastreux pour l’image de Bagnols. Mais l’édile, ancien socialiste aujourd’hui soutenu par des partis allant d’Horizons à Place Publique, espère tout de même être reconduit.

    Philippe Broche, la surprise ?

    Opposant pendant tout le mandat, Jérôme Jackel (Debout!, le parti de François Ruffin) mène une campagne active sur les réseaux sociaux et sur le terrain en étant très présent dans les quartiers populaires. S’il se présente comme « l’unique candidat de gauche », l’ancien insoumis semble tout de même manquer de soutiens locaux. Pour Michel Cegielski, ancien adjoint de Chapelet, c’est l’espace politique qui lui manque. Rejoint par quelques socialistes locaux (le PS n’a adoubé aucun candidat), il est loin d’incarner le changement attendu par une partie des Bagnolais.

    Reste donc l’alliance derrière Philippe Broche. Cet entrepreneur qui s’était présenté à la tête de la Chambre de commerce et d’industrie du Gard est un visage connu du milieu associatif bagnolais. Soutenu par le Parti communiste qui a pleinement intégré sa liste et souhaite incarner un programme de rupture, Philippe Broche a créé une dynamique qui lui permet de rassembler 200 personnes à chaque réunion publique. Le candidat d’« Ensemble changeons Bagnols » s’est fixé quatre priorités : la santé, la jeunesse, la sécurité (voir page 8) et le dynamisme économique.

    « On ne peut pas parler de relance de Bagnols-sur-Cèze si on ne parle pas de changement d’image de marque. Il faut donner de l’élan au centre-ville en mettant en place un grand marché de manière à créer un parcours commercial. Pour la santé, nous voulons créer un pôle santé avec des logements pour les étudiants. J’ai aussi sur ma liste l’ancien directeur des urgences de l’hôpital de Nîmes qui sera président du conseil de surveillance à ma place si je suis maire. Pour la jeunesse, j’ai des investisseurs avec moi qui vont venir créer un bowling avec un pôle d’animations jeunes comme les jeunes l’ont demandé », détaille Philippe Broche.

    Un bastion industriel

    Si l’histoire de Bagnols-sur-Cèze remonte à l’antiquité, elle est aujourd’hui surtout marquée par l’industrie. De 5 500 habitants en 1950, sa population dépasse les 16 000 dix ans plus tard avec l’implantation du Centre de recherche nucléaire de Marcoule. Elle devient ainsi la capitale du Gard rhodanien qui est le deuxième pôle industriel d’Occitanie.

    Fief du Parti socialiste, Bagnols a été dirigée depuis 2008 par le duo Jean-Christian Rey (aujourd’hui président de la communauté d’agglo du Gard rhodanien) et Jean-Yves Chapelet (qui a quitté le PS en 2018).