Tag: Bagnols-sur-Cèze

  • Les attaques contre les Bourses du travail se multiplient

    Les attaques contre les Bourses du travail se multiplient

    Si pendant la campagne des élections municipales le Rassemblement national ne parle que de sécurité et de nouveaux moyens alloués à la police, ses premières décisions une fois élu pourraient être écrites à l’avance. Le programme est simple : annuler tous les événements culturels qui ne leur conviennent pas, couper les subventions aux associations, notamment celles à vocation sociale, puis déloger les syndicats. La troisième phase est lancée à Bagnols-sur-Cèze. Après avoir annulé une dizaine de spectacles à son arrivée puis supprimé une aide de 190 000 euros à deux centres sociaux, Pascale Bordes (RN) a donc demandé aux associations et aux syndicats de quitter leurs locaux de Mendès-France d’ici le 30 novembre.

    Si cette décision pouvait logiquement être attendue, la demi-douzaine d’associations sur place qui partagent ces locaux avec la CGT, la CFDT, FO et la CFTC a été surprise par cette décision. Pour l’heure, associations et syndicats ont décidé d’écrire à la municipalité pour lui demander des précisions, notamment concernant l’avenir du bâtiment. Ils n’ont reçu aucune réponse. Si la CGT a déjà annoncé qu’elle ne quitterait pas les locaux dans ces conditions et qu’elle était prête à se battre, les autres syndicats et les associations disent encore attendre quinze jours avant de communiquer et d’agir. « Nous n’avons reçu aucune réponse à nos différents courriers, ni aucun retour sur l’engagement de la municipalité à revenir vers les syndicats et les associations pour donner la position de sa majorité sur le décalage de la date d’expulsion », précise Pascal Le Boulch, secrétaire de l’UL CGT de Bagnols, qui souhaite désormais interpeller la communauté d’agglomération et la préfecture.

    Les Bourses du travail transformées en ZAD

    Les syndicats bagnolais s’apprêtent donc à rentrer en résistance, comme le font leurs collègues à Arles et Carcassonne. Dans la préfecture de l’Aude, le nouveau maire Christophe Barthès (RN) a décidé dès le 30 avril, pour son deuxième conseil municipal, de mettre fin à la mise à disposition des locaux municipaux occupés par la CGT, la CFDT, Solidaires et la FSU. Rapidement les quatre syndicats se sont mis d’accord pour s’opposer à cette expulsion. Début juin, un commissaire de justice est venu constater que les syndicats occupaient toujours les locaux et la CGT a alors indiqué vouloir engager une procédure judiciaire. Lors d’une manifestation devant la mairie pour s’opposer à cette décision le 26 juin, le maire n’a pas hésité à sortir un tuyau d’arrosage et à asperger les manifestants depuis sa fenêtre. En attendant une éventuelle décision du tribunal, les syndicats continuent d’occuper leurs locaux.

    Une situation similaire se déroule à Arles. Il y a trois ans, le maire Patrick de Carolis (Horizons) a lui aussi refusé de renouveler la convention permettant à l’UL CGT d’occuper la Bourse du travail, comme c’est le cas depuis 120 ans. Le 9 juillet, le tribunal administratif de Marseille a finalement donné raison au maire et a demandé à la CGT de libérer les locaux occupés. Il prévoit une astreinte de 50 euros par jour si les mesures d’exécution ne sont pas justifiées dans les deux mois suivant la notification du jugement.

    Mais malgré cette décision, la CGT résiste et demande un moratoire sur les expulsions des syndicats de leurs locaux. Le 17 septembre, Sophie Binet, la secrétaire nationale de la CGT, s’est déplacée à Arles pour affirmer que la Bourse du travail était désormais une « zone à défendre » (ZAD).

    Non loin de là, la Maison des syndicats de Tarascon pourrait aussi se transformer en ZAD. Là aussi, le maire RN nouvellement élu, Alexandre Ducouret, a mis fin à la convention d’occupation des locaux par la CGT et FO notamment. Et là aussi, les syndicats ont refusé de partir. Le bras de fer entre les nouveaux maires d’extrême droite et les syndicats est lancé.

  • Les syndicats bientôt à la rue à Bagnols-sur-Cèze ?

    Les syndicats bientôt à la rue à Bagnols-sur-Cèze ?

    Pour l’heure, la CGT a décidé qu’elle ne quitterait pas ses locaux à Bagnols-sur-Cèze. Cet été, la municipalité gérée depuis mars par Pascale Bordes (RN) a en effet annoncé aux quatre organisations syndicales (CGT, FO, CFTC, CFDT) et aux six associations concernées qu’elles devaient quitter les locaux Mendès-France qu’elles occupent. Après les attaques contre la culture (plusieurs spectacles annulés), contre les associations (baisse des subventions) et les centres sociaux (190 000 euros de subventions supprimées pour Mosaïque en Cèze), la municipalité d’extrême droite s’en prend désormais aux syndicats.

    « Contrairement aux associations concernées, on n’a pas été surpris », reconnaît Pascal Le Boulch, le secrétaire de l’Union locale CGT du Gard rhodanien. « J’espère qu’il va y avoir une prise de conscience générale sur la volonté de la maire de détruire le tissu associatif, culturel et sportif actuel, pour reconstruire ensuite quelque chose à son image. »

    Face à cette situation, l’Union locale CGT a tenu une assemblée générale le 10 septembre dernier où l’ensemble des présents a refusé de quitter les locaux. « Nous avons écrit à la maire et nous attendons désormais sa réponse. Nous ne demandons pas un délai, on veut juste qu’elle nous présente un vrai projet », explique Pascal Le Boulch. Le cégétiste ne comprend en effet pas pourquoi la date du 30 novembre a été fixée par la municipalité puisque celle-ci n’a présenté aucun projet sur l’utilisation de ces locaux par la suite.

    « Aujourd’hui, c’est hors de question qu’elle nous fasse quitter les lieux parce qu’elle a une idée et que peut-être, un jour, elle va la réaliser. L’assemblée générale a été claire, on ne bouge pas. Donc on restera dans nos locaux et on va continuer la lutte », prévient Pascal Le Boulch. En attendant une réponse de la mairie, et l’envoi de nombreux documents réclamés sur le statut de mise à disposition du bâtiment, le syndicat a en effet prévu de se mobiliser et d’aller à la rencontre de la population pour l’alerter sur les décisions prises par la maire.

    « Quand on parle de cette décision qui concerne aussi les associations, les gens ne trouvent pas ça normal et certains ne s’attendaient pas à ça. Je pense que la prise de conscience va arriver petit à petit », conclut le secrétaire de l’UL CGT du Gard rhodanien.

  • Voulzy, Chamfort, deux étoiles pour illuminer la Pyramide bagnolaise

    Voulzy, Chamfort, deux étoiles pour illuminer la Pyramide bagnolaise

    Mais force est de constater qu’avec le basculement de la mairie à l’extrême droite, le budget de la Pyramide a été revu à la baisse tout comme la programmation en comparaison avec la saison passée. Pourtant, pour cette deuxième saison, la première en année pleine, les chiffres étaient plutôt positifs avec un taux de remplissage de 83,25 % et des recettes de 277 507 euros (pour un budget de 345 000 euros).

    Deux monuments de la chanson française vont tout de même tirer le programme vers le haut cette année. En effet, la saison s’ouvre le vendredi 25 septembre avec le concert de Laurent Voulzy. Le compère d’Alain Souchon âgé aujourd’hui de 77 ans viendra fêter ses cinquante ans de carrière accompagné de six musiciens. Pour l’occasion, deux séances de répétitions seront ouvertes à plus de 1 000 enfants.

    Ensuite, ce sera à l’orchestre national d’Avignon Provence de se produire sur la scène bagnolaise le 2 octobre, suivi le 6 octobre par le spectacle « Détours de Fables » à l’adresse des enfants de plus de six ans. Puis, l’autre moment fort de ce début de saison sera indéniablement la venue d’Alain Chamfort qui jouera les grands morceaux de sa carrière accompagné de son pianiste et de sa complice la chanteuse et animatrice franco-américaine Valli.

    Le programme laisse une belle place

    À la jeunesse avec notamment « Les Misérables » (dès huit ans, le 16 octobre), « Bébéluga » (de 18 mois à 7 ans, le 20 octobre), « Cha cha cha » (dès 6 ans, le 27 novembre), « L’Esprit de Noël » (dès 5 ans, le 20 décembre) ou encore « Les 3 petits cochons en chanson » (le 13 février).

    Côté théâtre, deux pièces vont particulièrement marquer la saison. D’abord, « Le procès d’une vie » qui retrace le combat de Gisèle Halimi en 1971 sur l’avortement. Cette pièce a reçu trois Molières en 2026 et sera programmée le 21 novembre. À ne pas manquer non plus la pièce « Le chant des lions », elle aussi récompensée d’un Molière cette année. La pièce retrace l’histoire d’amour de Joseph Kessel et Germaine Sablon alors que la seconde Guerre mondiale approche. Au milieu de cette période tragique, les deux amants créeront « Le Chant des Partisans ». Trois tributes, à Pink Floyd (le 14 novembre), à Piaf (le 6 décembre) et à U2 (le 23 avril), un one woman show de Bénédicte Bousquet (4 décembre), un spectacle de magie en musique de David Blanchard (11 décembre) et trois comédies musicales complètent la programmation.

  • À Bagnols, la nouvelle maire RN s’en prend aux centres sociaux

    À Bagnols, la nouvelle maire RN s’en prend aux centres sociaux

    L’association se savait dans le collimateur de la nouvelle maire Pascale Bordes. Après l’annonce d’une coupe d’environ 40% dans le budget des associations, Mosaïque en Cèze s’attendait justement à voir sa subvention réduite d’environ 80 000 euros. Mais jamais elle n’aurait pensé que la nouvelle équipe irait jusqu’à supprimer l’intégralité de la subvention d’une association dont l’action est pourtant reconnue sur le territoire bagnolais depuis 1992.

    « Nous gérons deux centres sociaux qui ont pour objectif l’animation de la vie sociale sur un territoire, c’est-à-dire de lutter contre toutes les formes d’isolement et d’exclusion », explique Vincent Poutier, le président de l’association qui s’appuie sur 18 salariés. « Nous avons 600 familles qui adhèrent à Mosaïque en Cèze, c’est-à-dire entre 1 200 et 1 500 personnes. C’est 8 000 personnes accueillies sur une année. Nous organisons environ un millier d’animations par an, soit 3 ou 4 activités par jour comme nous sommes fermés le dimanche. » Après le vote de la suppression de cette subvention lors du conseil municipal du 25 juin, les sympathisants RN présents ont applaudi cette décision…

    Un avenir incertain

    À la suite de l’élection municipale de mars dernier, Vincent Poutier avait tenté de rencontrer la majorité pour présenter les actions de l’association et essayer de la convaincre de son importance sur le territoire. Mais aucun dialogue n’a pu s’installer alors que deux élus de la majorité ont, de fait, un siège à l’Assemblée générale de l’association. « Sous prétexte qu’on gérait mal et que la Ville était au bord de la cessation de paiement alors qu’il y a un compte administratif positif d’1,9 million d’euros, on nous annonce qu’on n’aura pas de subvention en 2026. On ne peut pas dire que les rapports sont mauvais, il n’y en a pas. C’est une décision violente car nous n’avons aucun aménagement possible et que cela concerne l’année en cours. Qu’il n’y ait même pas de dialogue, je trouve que c’est extrêmement difficile à vivre parce que c’est un vrai mépris et ça empêche de pouvoir se projeter sur l’avenir », précise Vincent Poutier.

    Pour l’heure, l’association peine à réellement évaluer toutes les conséquences de cette décision mais elle s’attend à réduire la voilure l’an prochain. Cette aide de la mairie représente en effet 45% des subventions perçues par Mosaïque en Cèze. C’est 20% du budget total de l’association. « Moins 20% dans le budget, ce n’est pas moins 20% d’activités parce que lorsqu’on lance une activité, il y a des cofinancements de plusieurs acteurs et la subvention municipale permettait justement de compléter pour lancer une activité. C’est-à-dire qu’aujourd’hui, les 20% d’argent en moins, ça remet en cause pratiquement 30 à 35% de nos projets », explique Vincent Poutier.

    Les équipes de l’association sont donc à pied d’œuvre pour analyser projet par projet, comment ils peuvent sauver le plus d’activités possibles. L’association devrait communiquer en septembre pour détailler les conséquences concrètes de l’absence de subvention communale. Au-delà des activités, elle devra également supprimer des postes pour retrouver l’équilibre budgétaire. D’autant que les autres collectivités ne souhaitent pas rallonger leur aide tant pour des raisons financières que politiques. « Cette année va être difficile parce qu’on a déjà engagé des choses depuis janvier et qu’on sait désormais qu’on n’aura pas les financements pour. On va finir l’année dans le rouge », s’inquiète le président de l’association qui espère désormais recevoir du soutien de la population locale.

    « Indépendamment du RN, parce que le mouvement associatif est attaqué par les gouvernants actuels, je réfléchis actuellement avec un certain nombre de gens, pour se mobiliser et défendre le mouvement associatif en sachant que c’est un travail de longue haleine et qu’il ne va pas payer tout de suite », conclut Vincent Poutier.

  • Fête de la musique en Occitanie : morceaux choisis

    Fête de la musique en Occitanie : morceaux choisis

    MONTPELLIER. Le centre-ville en fête

    Du rock aux sons saturés, des chœurs aux mélodies pop, il y en aura pour tous les goûts à Montpellier. L’esplanade du Peyrou prévoit une expérience variée de 18h30 à 00h30. Ouverture du bal avec le binôme Mauvaise Bouche et Dab Rozer, qui proposera un mélange entre chanson française, rap indie et électro. Ce sera ensuite au tour de BülBül Elektro, un sound system balkanique, de proposer une performance psychédélique et hypnotique. S’ensuivra un concert de rap avec Carbonne, la fanfare balkanique Balkan Paradise Orchestra avant de terminer entre les mains de Ryuden et son show de rock industriel.

    BAGNOLS-SUR-CÈZE. Une programmation éclectique

    Des concerts, mais aussi un spectacle de danse et une soirée bodega… Début de soirée avec une représentation de chorales, puis la soirée continuera Place Auguste-Mallet avec le groupe Akèstéko, mêlant chanson française, électro, swing et rock balkanique qui chauffera le public avant l’arrivée du duo de folk américaine The Scenar.

    LUNEL. Un week-end polyrythmique

    À Lunel, le week-end de la fête de la musique sera varié avec du blues, de la soul, du jazz, de la musique des Balkans, des pays de l’Est, des rythmes africains ou brésiliens, du reggae, du chant choral, et plus encore. Laplace de la République et le cours Gabriel Péri centraliseront les artistes principaux.

    NÎMES. La ville voit les choses en grand

    À Nîmes, sur la place de la Maison Carrée, seront présentés les lauréats de la Bourse des jeunes talents, qui laisseront ensuite place à des concerts pop rock, rock et métal avant de terminer la soirée avec le groupe de musiques afro-latines Onda Ya. Au même moment, une scène de musique actuelle animera la place de la Calade : de l’afrobeat avec Muyiwa Kunnuji, du rap avec Leio, de la techno avec Mellanie… Il y aura de la musique pour tous les goûts dans les rues de Nîmes. Toute la programmation sur le site de la ville.

    SÈTE. Un dimanche en fête

    L’espace public sétois proposera un mélange de musique d’ailleurs et de classiques français. En bord de mer, le Praïa proposera une ambiance brésilienne avec le groupe Roda Do Brasil, guidé par Dan’ilê et Felipe Bastos, des airs de carnaval brésilien pour bien commencer la soirée. Devant l’espace Georges Brassens, autre ambiance, une scène ouverte aux artistes amateurs et professionnels, permettra de revisiter les classiques de Georges Brassens. De nombreux concerts auront lieu toute la soirée.

    ALÈS. Du traditionnel et plus encore

    De la place de la mairie à la place de l’Abbaye en passant par celle des martyrs de la Résistance et au Fort Vauban, Alès se met au diapason et proposera des animations et des concerts toute la soirée du 21 juin. Flamenco, comédie musicale, chorale gospel, soirée swing et spectacle de danse, tout le monde y trouvera son compte.

  • À Bagnols, Pascale Bordes s’en prend aussi aux associations

    À Bagnols, Pascale Bordes s’en prend aussi aux associations

    Contrairement à son homologue de Vauvert, Pascale Bordes avance masquée à Bagnols-sur-Cèze. Déjà comme députée, l’avocate avait adopté la stratégie de dédiabolisation de son parti et évitait sagement toute polémique. Désormais à la tête de la troisième ville du Gard, elle tente de conserver cette image consensuelle. Lorsqu’elle a été écartée de toutes les vice-présidences de l’agglomération du Gard rhodanien, l’édile s’est simplement fendue d’un communiqué laconique, se limitant à répondre aux « nombreuses interrogations d’habitants du territoire ». Côté communication, tout est donc verrouillé. Ses adjoints sont peu présents sur le terrain et c’est bien le cabinet de la nouvelle maire qui gère toutes les demandes.

    « Elle avance masquée », confirme Elian Cellier, secrétaire de la section bagnolaise du PCF. « Pour l’instant, elle ne commet pas d’erreurs majeures. Les adjoints ont consigne de ne rien dire. Sur certaines manifestations, il n’y a même pas de représentant de la mairie. Depuis les élections, j’ai assisté à plusieurs vernissages par exemple et je ne sais toujours pas à quoi ressemble l’adjoint à la culture. »

    Face aux contraintes budgétaires, Pascale Bordes a lancé plusieurs audits notamment sur la question de la couverture de la piscine. Elle fustige aussi le coût de la passerelle piétonne au-dessus de la Cèze, grand sujet de débat durant la campagne municipale. « Ils se plaignent mais lorsqu’ils étaient dans l’opposition, ils ont voté pour ces projets. Aujourd’hui, Pascale Bordes se plaint de l’endettement de la ville mais elle n’est jamais venue en conseil municipal lorsqu’elle était dans l’opposition pour alerter sur ces sujets. Et en même temps, elle a accordé toutes les majorations réglementaires d’indemnités d’élus, même celles qui ne sont pas obligatoires. Cela va coûter 54 000 euros par an à la commune pour les neuf adjoints », fustige l’élu d’opposition Jérôme Jackel (Debout).

    Coupe dans

    les subventions

    Lors du dernier conseil municipal où a été voté le budget primitif, une coupe dans les subventions aux associations a bien été prévue mais la majorité a joué le flou, disant étudier au « cas par cas » l’attribution de ces subventions. Pour l’heure, les associations ne savent donc pas à quelle hauteur leurs subventions vont être amputées. « La municipalité a prévu une coupe de plusieurs centaines de milliers d’euros. Le budget pour les associations était de 953 000 euros en 2023 et il passe cette année à 465 000 », explique Jérôme Jackel. Autre économie décidée sur le dos des associations : le camion qui livrait habituellement le matériel municipal lors d’événements ne sera plus mis à disposition. Ce sont donc désormais à elles de s’organiser.

    La grogne et l’inquiétude commencent donc à se faire sentir dans les associations bagnolaises. Le foot et le handball seraient notamment visés par d’importantes coupes. Le club de foot avait en effet déjà été la cible de la candidate d’extrême droite en campagne qui jugeait que la somme allouée au regard des résultats était trop élevée. « Pour l’instant on est dans le flou, on ne se sait pas qui va être raboté en premier. Mais je pense que le foot va prendre un coup de rabot. J’ai bien peur qu’elle utilise la scission du club puisque Pont-Saint-Esprit veut remonter un club, pour justifier le coup de rabot de peut-être 50% », prévient Jérôme Jackel avant d’ajouter : « Le tissu associatif, c’est la force vive d’un territoire. Si une mairie n’est pas capable de venir en soutien de ses forces vives, que fait le territoire ? Il meurt. »

    Discrète, Pascale Bordes va devoir, dans les prochains mois, assumer ses choix. Car si elle coupe dans les subventions aux associations, elle devra ensuite justifier l’important investissement promis dans la sécurité avec notamment le recrutement de policiers municipaux (le coût d’un policier municipal est estimé entre 62 000 et 63 000 euros par an) pour qu’ils soient disponibles 7j/7 et 24h/24 et « armés comme une BAC ». Tout cela épaulé par « un centre de supervision moderne ». Pour l’heure, l’ancienne députée s’est contentée de lancer un audit sur la sécurité mais le coût de ses promesses de campagne interroge sur sa réelle capacité à les mettre en œuvre. « Pour une commune comme Bagnols, un tel audit coûte déjà entre 40 000 et 60 000 euros », s’agace Jérôme Jackel qui préférerait que l’argent soit utilisé autrement. « Nous, au quotidien, on ne voit aucune différence. Les dealers sont toujours là. La ville est toujours aussi sale. Les problèmes sont toujours les mêmes », résume Elian Cellier.

  • Un premier petit réacteur nucléaire dans le Gard

    Un premier petit réacteur nucléaire dans le Gard

    La modernisation du parc nucléaire français passe par le Gard rhodanien. En effet, face à la nécessité de poursuivre l’électrification de l’industrie et des transports dans l’Hexagone et de sécuriser la production d’électricité bas carbone, le gouvernement a lancé le programme France 2030. Celui-ci s’appuie sur la construction de six réacteurs EPR2 (8 autres sont à l’étude) qui produisent en moyenne 1 600 mégawatts, le renforcement du cycle du combustible à La Hague mais aussi la création de onze « réacteurs nucléaires innovants ».

    L’idée est ainsi de déployer des petits réacteurs modulaires (PRM). Plus compacts, moins coûteux, pouvant être construits en série et donc plus rapidement déployables, ces réacteurs peuvent tout de même produire jusqu’à 300 MWe. C’est dans ce cadre que le site de Marcoule situé à Chusclan à côté de Bagnols-sur-Cèze, haut lieu du nucléaire français depuis les années 1950, a été choisi pour accueillir l’un de ces réacteurs nouvelle génération.

    C’est la société aixoise Hexana qui l’a annoncé dans un communiqué même si l’implantation d’un PRM dans le Gard était évoquée depuis deux ans. « La société Hexana, start-up essaimée du CEA, lauréate France 2030 du concours « Réacteurs Nucléaires Innovants », se lance dans les études d’implantation de sa 1ère plateforme SMR au sein de l’écosystème industriel de la Communauté d’Agglomération du Gard rhodanien en région Occitanie », a ainsi écrit l’entreprise dans un communiqué.

    Deuxième site industriel d’Occitanie

    Pour justifier son choix, Hexana met en avant la spécificité du site de Marcoule, résultat de la « combinaison idéale entre soutien par des collectivités locales motivées, opportunité foncière, expertises nucléaires du CEA et remarquable tissu industriel ». Pour l’Agglomération labellisée « Territoires d’Industrie », ce projet devrait s’accompagner de nombreux nouveaux emplois. En effet, Hexana compte 70 salariés à Aix-en-Provence et à Paris mais a prévu de créer « un nouvel établissement dans le bassin économique de Bagnols-sur-Cèze » qui « accueillera l’équipe en charge du projet d’implantation de la tête de série industrielle de sa plateforme SMR ». La phase d’industrialisation de son réacteur est déjà prévue courant 2026.

    « Nous allons accompagner ce projet », promet Christophe Serre, le nouveau président de l’Agglomération du Gard rhodanien. « Ici le nucléaire fait travailler énormément de familles et il faut penser à l’avenir. Marcoule est une très belle plateforme de compétences technologiques et intellectuelles qui permet de faire rayonner le territoire. Il faut que le Gard rhodanien reste le deuxième territoire en termes d’industries et d’industries décarbonées ».

  • Cuisante défaite pour le RN à l’Agglo du Gard rhodanien

    Cuisante défaite pour le RN à l’Agglo du Gard rhodanien

    Entre la rupture proposée par la nouvelle maire de Bagnols-sur-Cèze et la continuité proposée par le maire de Saint-Paulet-de-Caisson, les 77 élus de l’Agglomération du Gard rhodanien ont choisi de poursuivre le travail engagé par Jean-Christian Rey. En effet, Christophe Serre, qui est aussi conseiller départemental, a été élu dès le premier tour à la tête de l’intercommunalité avec 44 voix contre 27 pour Pascale Bordes et 3 pour Jérôme Jackel, élu d’opposition (Debout !) à Bagnols.

    Il faut dire qu’hormis Bagnols-sur-Cèze, il y a eu peu de changements dans les 44 communes qui composent l’Agglomération. Et forcément, ces élus n’ont que peu apprécié les vives attaques de la maire d’extrême droite sur la gestion précédente. « Pendant que d’autres territoires avancent, pendant que d’autres territoires se battent pour attirer des entreprises, des familles, des services, des investisseurs, le Gard rhodanien n’a jamais su saisir de telles opportunités. Ce bilan est catastrophique pour notre territoire », a lancé Pascale Bordes, tentant d’imputer ce bilan à Jean-Christian Rey mais en oubliant que beaucoup d’élus ont étroitement travaillé avec le président sortant.

    De son côté, Christophe Serre s’est donc inscrit « dans la continuité du travail mené depuis sa création » en souhaitant « protéger les équilibres territoriaux et refuser toute logique de domination » mais aussi en « investissant là où c’est utile, pas là où c’est visible ». « Je n’ai pas la prétention de vous présenter aujourd’hui un projet de territoire écrit de manière descendante, sans concertation et de faire abstraction du travail engagé ces dernières années. Je vous propose une méthode fondée sur la concertation, l’écoute et la coconstruction », a-t-il ajouté.

    Bordes, toujours battue

    Le vote de la présidence n’a pas été le seul désaveu pour Pascale Bordes. La maire de Bagnols a en effet ensuite tenté d’être élue comme première vice-présidente. Mais là encore elle a été battue par la candidate proposée par Christophe Serre. C’est en effet la maire de Saint-Laurent-des-Arbres, Sylvie Barrieu Vignal, qui a été plébiscitée avec 49 voix (seulement 25 pour Bordes) et aura donc la délégation à l’aménagement du territoire.

    Pour la deuxième vice-présidence en charge de la santé et de l’accès aux soins, c’est le maire de Pont-Saint-Esprit, Valère Ségal, radiologue de formation qui l’a emporté devant Pascale Bordes (46 voix contre 24). Candidate jusqu’à la septième vice-présidente, Pascale Bordes a toujours été battue et a finalement arrêté de se présenter comprenant que la ville centre n’aurait pas de postes clés à l’Agglomération. Les élus du Gard rhodanien ont ainsi prouvé que dans certains territoires, le barrage républicain fonctionne encore.

  • Main basse du RN sur deux intercommunalités gardoises ?

    Main basse du RN sur deux intercommunalités gardoises ?

    C’est un nouveau palier que le Rassemblement national s’apprête à franchir. Si jusqu’ici les maires confrontés à l’élection d’un membre du RN dans une commune voisine faisaient front pour qu’il ne puisse pas présider l’intercommunalité, la digue à ce niveau aussi a cédé. Dans le Gard, deux d’entre elles sont en effet tout proches de basculer à l’extrême droite.

    Il y a d’abord Beaucaire Terre-d’Argence (CCBTA). S’il s’en était fallu d’un cheveu pour que Julien Sanchez (RN) n’enlève la présidence en 2020, le maire de Beaucaire Nelson Chaudon semble avoir, cette année, plus de soutiens. Si la possibilité d’une alternative à Juan Martinez, président sortant et maire de Bellegarde, a été avancée, ce n’est pas la gestion de l’ancien socialiste qui est remise en cause. Juan Martinez est donc candidat pour reprendre les rênes de la communauté de communes et devrait compter sur le soutien des élus d’opposition à Beaucaire, mais aussi sur les maires réélus à Jonquières-Saint-Vincent et Vallabrègues.

    Le Gard rhodanien

    dans la continuité ?

    C’est en réalité à Fourques, avec l’élection d’Alain Fouque, que la balance pourrait s’opérer. Les deux élus de la majorité qui siégeront à la CCBTA multiplient les rencontres avec la majorité sortante, mais aussi avec le RN. « On est assez pessimiste », confie un participant aux discussions. Les élus de la CCBTA se prononceront le 15 ou 16 avril.

    La situation est également mal engagée en Petite Camargue après la défaite de Jean Denat à Vauvert. Le nouveau maire, Nicolas Meizonnet (RN) a immédiatement annoncé sa candidature à l’intercommunalité, qui regroupe Aimargues, Aubord, Beauvoisin et Le Cailar. Aucun élu ne semble en effet vraiment souhaiter s’opposer à l’ancien député alors que la communauté de communes a toujours été dirigée par le maire d’une autre commune (à l’exception d’un bref passage sous Jean Denat, qui a assuré une transition). Selon plusieurs sources, les élus d’Aimargues se seraient aussi entendus avec Nicolas Meizonnet, lui assurant ainsi la présidence. Car avec un conseil qui se réduit de 37 à 30 élus, le nouveau maire de Vauvert et ses onze élus à la communauté de communes n’a que cinq voix à aller chercher. La date de la première séance du conseil n’est pas encore connue.

    Pour la communauté d’agglomération (la 3e du département après Alès et Nîmes) du Gard rhodanien, trois élus sont candidats alors que le président, Jean-Christian Rey (SE), a annoncé qu’il ne se représente pas. La nouvelle maire de Bagnols-sur-Cèze Pascale Bordes (RN) tente aussi de s’imposer à l’agglo mais elle manque aujourd’hui cruellement de relais dans les 43 autres communes qui composent le Gard rhodanien. Son opposant de gauche au conseil municipal, Jérôme Jackel (Debout !), également candidat, est confronté au même problème. Valère Ségal, réélu largement à Pont-Saint-Esprit, est lui candidat à la 1ère vice-présidence en charge de la santé « quel que soit le président ». Mais après les tensions entretenues avec les maires voisins, pas sûr qu’il soit entendu.

    Soucieux de travailler dans la continuité du travail engagé ces dernières années, Christophe Serre, maire SE de Saint-Paulet-de-Caisson et conseiller départemental, fait donc aujourd’hui figure de favori. « Nous sommes une très grande majorité d’élus sortants réélus au sein de l’agglomération et nous ne voulons pas qu’on balaie le travail réalisé. Nous allons proposer un nouveau projet de territoire que nous allons travailler avec tout le monde. J’ai le soutien d’une grande majorité d’élus », affirme-t-il. Le conseil communautaire qui élira le futur président est prévu le 7 avril à Laudun-l’Ardoise.

  • Quel impact quand les mairies virent RN ?

    Quel impact quand les mairies virent RN ?

    Tout juste élus, les maires d’extrême droite vont avoir une priorité : s’emparer des Communautés de communes. Que ce soit en Agde, à Beaucaire, Bagnols-sur-Cèze ou Vauvert, ils ont tous annoncé vouloir présider l’intercommunalité (voir page 10). Leur élection pourrait donc bien avoir des conséquences aussi pour les communes environnantes, qui n’ont pourtant pas cédé aux sirènes du RN.

    Toujours sur un plan strictement politique, le RN veut profiter de ses nouveaux ancrages pour créer un groupe au Sénat car pour l’heure, le parti n’a réussi à faire élire que trois sénateurs. Les prochaines élections de la chambre haute en septembre seront donc à scruter de près, puisqu’outre les mairies citées, d’autres adhérents ou sympathisants du RN ont été élus sur des listes divers droite ou même sans étiquette. Le scrutin de septembre sera donc l’occasion de réellement connaître l’implantation du RN dans les zones rurales.

    Les assos menacées

    Pour les habitants des villes concernées, le flou entoure largement les futurs projets lancés par les candidats RN tant ils n’ont cessé, pendant la campagne, de s’appuyer sur des thématiques nationales. « J’ai des témoignages de maires qui n’ont pas vu venir la montée du RN parce qu’ils parlaient de problèmes locaux alors que pour une partie des gens, les enjeux étaient nationaux. Le RN a su déplacer les préoccupations comme la sécurité mais aussi l’emploi et la perte de repères. Ils ont vraiment nationalisé la campagne », regrette le communiste Christian Bastid. Face à la montée du narcotrafic, les candidats RN n’ont eu qu’à proposer une augmentation des effectifs de la police municipale et l’augmentation de caméras de vidéosurveillance pour convaincre qu’ils étaient en capacité de lutter contre ce fléau.

    Mais le mirage de la sécurité ne sera pas le seul impact pour les habitants. Comme le montre l’enquête financée par le Fonds pour une presse libre à laquelle a participé La Marseillaise le 13 février dernier, les associations, notamment celles à visée sociale, sont les grandes perdantes de la gestion des maires d’extrême droite. À Beaucaire par exemple, les subventions ont été coupées à la Ligue de l’enseignement et à la Maison du vivre ensemble, qui organisaient du soutien scolaire, ou encore à la Mission locale qui aide les jeunes. Par contre, les associations de sports de combat ou l’association qui aide les chats dirigée par une conseillère municipale ont connu d’importantes hausses de subventions.

    La situation se reproduit à Béziers, qui a plus dépensé en 2019 en communication qu’en subventions versées aux associations culturelles et sociales. En 2020, les subventions aux syndicats ont aussi été coupées. Des méthodes qui vont désormais se répandre à Bagnols-sur-Cèze, Vauvert et Agde, communes qui pourraient aussi, dès décembre, être confrontées à l’installation dans leurs mairies de crèches de la nativité pourtant contraires au principe de laïcité.