Tag: baccalauréat

  • Le Scum pointe une « sélection sociale et raciste »

    Le Scum pointe une « sélection sociale et raciste »

    Soixante-douze. C’est le nombre d’étudiants diplômés (Bac ou licence) sans affectation en licence ou master qui s’étaient tournés vers le Scum l’an passé, après avoir épuisé tous les records. Avec le coup de main du Syndicat de combat universitaire de Montpellier, 29 avaient fini par obtenir gain de cause dont 14 dans la filière de leur choix.

    Cette année, Kaïs Ait Addi craint une rentrée encore plus difficile. « Depuis juin, on reçoit des mails toutes les semaines. On a déjà plusieurs dizaines de cas d’étudiants sans affectation », rapporte le porte-parole du Scum.

    Il n’est pas étonné car cette impasse découle d’une politique nationale qui « réduit les places en master et ferme des licences ». Si l’Université de Montpellier (UM) et surtout Paul Valéry sont moins touchés, des étudiants d’autres villes dont les filières n’existent plus se rabattent dans l’Hérault, ce qui crée des tensions.

    Diplôme dévalorisé

    Les cas portés à connaissance du Scum ne sont que la partie émergée de l’iceberg. Car la plateforme MonMaster incite les étudiants sans affectation à s’inscrire en phase complémentaire. Une sorte de liste d’attente avec faible chance de succès (si désistement) qui les fait poiroter jusqu’en octobre voire novembre. « C’est une manière de couper nos actions de contestation, de nous empêcher de lancer des procédures. Ça pousse aussi les étudiants à rester dans la ville où ils espèrent étudier donc à garder leur logement », précise Kaïs Ait Addi. Ce qui n’est pas sans conséquence, une année perdue pouvant être synonyme de perte de bourses par exemple.

    Le porte-parole du Scum dénonce un système de sélection qui va à l’encontre du « droit d’étudier » et qualifié par ailleurs « d’anti-sociale et raciste ». « Une étude [de l’Observatoire national des discriminations et de l’égalité dans le supérieur, Ndlr] démontre qu’avec un patronyme à consonance maghrébine ou subsaharienne, un étudiant a 8% de chance de moins de se voir proposer un master. Parfois, il n’a même pas de réponse ».

    Kaïs Ait Addi déplore que ce système jugé discriminant, instauré en 2018 avec Parcoursup, soit devenu la norme. « Les étudiants se font de plus en plus à cette sélection illégale qui dévalorise le diplôme. » Pour leur rappeler leurs droits, le Scum organise deux réunions d’information à l’UM (jeudi 10 septembre à 18h salle 2.3.04 bâtiment 2) et à Paul Valéry (vendredi 11).

  • Admis au bac avec mention mais recalé par l’algorithme

    Admis au bac avec mention mais recalé par l’algorithme

    Quand Manuel*, lycéen dans un établissement privé de Marseille, formule ses vœux sur Parcoursup, rien ne laisse présager du parcours du combattant qui attend sa famille. Pour faire des études de kiné, il envisage une première année de médecine. « C’est un profil d’élève qui a suivi une scolarité classique sur des spécialités scientifiques », raconte sa mère.

    Consciente de l’incertitude qui accompagne désormais l’orientation post-bac et forte de l’expérience de sa fille aînée, cette dernière prend les devants. 24 vœux sont formulés : médecine, licences scientifiques, psychologie, Staps mais aussi des BTS « au cas où ». « Je lui disais : c’est le plan B, le plan C… ».

    Bon à rien, sans avenir

    Mais très vite, c’est l’incompréhension. Les BTS sont refusés. Les formations sélectives de médecine le placent trop loin sur des listes d’attente pour espérer une admission. Même les licences universitaires non-sélectives semblent inaccessibles. « On se demande comment font les enfants qui n’ont pas les parents derrière » souffle sa mère, écœurée du manque d’accompagnement et du timing.

    Car les premières réponses brutales, coïncident avec les épreuves du bac. « Il est allé passer ses épreuves en pleurant, en disant : je ne veux plus y aller, ça ne sert à rien. Il disait qu’il était bon à rien, qu’il n’avait pas d’avenir. » À la maison, il faut alors convaincre l’adolescent d’aller au bout : « Sa fin de lycée s’est faite dans les larmes, il ne voulait même pas aller au bal de fin d’année… » Avec la phase complémentaire, le 11 juin, l’espoir renaît. De nouvelles candidatures sont déposées. Sans succès. « On avait un retour en trois minutes : dossier non retenu. On imagine qu’il est bloqué par l’algorithme », reprend sa mère

    Malgré de nombreux appels à la plateforme, elle ne comprend pas pourquoi son fils reste sans proposition. Un paradoxe encore plus difficile à accepter que Manuel obtient son bac avec mention. « Là il se dit, je vais avoir au moins une licence », poursuit-elle sauf que les listes ne bougent pas. Avant la fermeture de la phase complémentaire, elle apprend « que les notes du bac ne comptent pas ». Ce même algorithme…

    « Une fois on m’a dit qu’ils étaient coincés par le nombre de demandes », poursuit-elle, « une autre on m’a dit qu’avec un service civique, il aurait des points pour faire la licence qu’il voulait. Mais quel rapport ? » Un accompagnement pouvant déboucher sur des places disponibles en septembre, est proposé… Mais tout va se débloquer de façon inattendue. Après avoir directement contacté un établissement dont les formations étaient ouvertes en complémentaire, elle envoie ses notes du bac et Manuel est « pris dans la journée… »

    Aujourd’hui soulagée, elle reste marquée par l’expérience. Assistante sociale à l’enfance, elle s’inquiète des conséquences psychologiques pour des jeunes déjà fragilisés par cette période charnière. « On est sur une tranche d’âge où apparaissent les premières maladies mentales, on est sur un risque psychique maximum, et leur faire vivre ça… Si je n’avais pas passé un mois à lui dire que ça ne définissait pas ce qu’il est, qu’il allait y arriver, mon gamin aurait fini terré au fond de son lit. C’est complètement inégalitaire. »

    * son prénom a été changé

  • Parcoursup : 126 000 candidats en attente

    Parcoursup : 126 000 candidats en attente

    C’est un été compliqué qui s’annonce pour des milliers de lycéens et étudiants en réorientation. La phase principale d’affectation de Parcoursup s’est clôturée samedi 11 juillet, la plateforme recense 126 652 candidats, parmi lesquels 57 024 bacheliers, 46 216 étudiants en réorientation et 23 412 candidats scolarisés à l’étranger, n’ayant pas reçu de proposition positive à l’un de leur vœu formulé. Cela équivaut à près de 15% des demandes, quand 576 749 bacheliers et 152 351 étudiants ont reçu au moins une proposition d’admission. À titre comparatif, le nombre de candidats sans proposition était de 103 582 en 2025. « Comme l’an dernier, ce sont des dizaines de milliers de bacheliers qui ont des réponses négatives à leurs vœux, des dizaines de milliers qui sont affectés dans une filière “par défaut”, parfois loin de chez eux, avec tous les frais et les difficultés que cela engendre… », dénonce dans un communiqué la Fédération nationale de l’enseignement de la culture et de la formation professionnelle Force ouvrière (Fnec FP- FO).

    Huit ans après son instauration, l’outil reste plus que jamais décrié. « La logique de Parcoursup a été faite pour créer une espèce de goulot d’étranglement qui s’inscrit dans la volonté de tri des élèves qu’on a vus à tous les niveaux, jusqu’au collège avec “le choc des savoirs” », fustige Marion Chopinet secrétaire académique du Snes-FSU Aix-Marseille. Dans un communiqué, le ministère de l’Enseignement supérieur pointe un « contexte de croissance forte du nombre de candidats inscrits cette année sur Parcoursup », soit 66 000 supplémentaires, en particulier du nombre de lycéens +10 000 par rapport à 2025 (660 000 lycéens au total) et davantage d’étudiants, 206 000 étudiants en réorientation (soit +23 000 par rapport à 2025).

    Une hausse démographique qui s’accompagne d’une suppression de 10 300 places cette année par rapport à 2025 selon Snesup-FSU. Auxquelles s’ajoutent les 43 000 places en moins par rapport à 2024. « Au lieu de mettre les moyens sur le supérieur et sur l’université pour ouvrir des places à tout le monde, on a pris le prétexte des taux de réorientation ou d’échec en première année pour créer un système de sélection extrêmement difficile. C’est-à-dire que maintenant, même sur un accès à l’université, la place n’est pas acquise », tempête Marion Chopinet.

    « Même à l’université,

    la place n’est pas acquise »

    Dès lors, et pour éviter que les élèves ne subissent le stress de se retrouver sans orientation, les professeurs les incitent à choisir des filières moins sélectives, à défaut de s’orienter vers celles qui leur plaisent… « On est hyper attentifs à ce que les élèves mettent des vœux de sécurité. C’est dans toutes les stratégies expliquées partout qu’on ne fait pas que des vœux sélectifs sur Parcoursup, puisque même les universités s’intègrent là-dedans, mais là aussi, même quand on demande une fac de sciences ou de langue, on n’est pas du tout sûr d’avoir de la place », déplore la syndicaliste. Quelque 5 781 bacheliers et 719 étudiants sans proposition d’admission ont depuis le 1er juillet sollicité l’accompagnement personnalisé des commissions d’accès à l’enseignement supérieur (CAES) pour les aider à trouver une place.

    La phase complémentaire se poursuit sur Parcoursup jusqu’au 10 septembre. Les candidats pourront se tourner d’ici là vers les formations où des places sont encore disponibles. Quelque 83 000 places sont vacantes dans 6 000 formations diversifiées (licences, BTS, BUT, classes préparatoires, écoles, etc.), selon le ministère de l’Enseignement supérieur. Si l’on se fie à la carte interactive des formations disponibles, il reste par exemple des places en prépa au lycée Saint Exupéry à Marseille (15e), ou encore en licence de lettres à l’université d’Avignon, en BTS négociation et digitalisation de la relation client au lycée Dominique-Villars de Gap, en BUT génie biologique parcours agronomie au site de Digne-les-Bains de l’IUT d’Aix-Marseille, ainsi qu’en apprentissage certificat de spécialisation sommellerie au sein du lycée des métiers d’hôtellerie et tourisme Anne-Sophie-Pic à Toulon.

    Explosion de l’enseignement supérieur privé lucratif

    « En parallèle, le gouvernement Macron-Lecornu fait tout pour diriger les jeunes vers des formations payantes… ou bien vers l’armée », fustige la Fnec FP-FO, qui appelle à abroger Parcoursup. Et pour cause : sur les 16 635 formations consultables sur la carte interactive du ministère en charge, 6 646 le sont au sein d’établissements publics, 4 425 vers des structures privées en contrat avec l’État ou d’établissement d’enseignement supérieur consulaire (EESC), quand 5 564 sont exclusivement privés, allant de l’apprentissage rémunéré par l’entreprise à des formations facturées à 9 700 euros l’année ! « Parcoursup, ce n’est pas seulement le stress et la sélection. C’est aussi l’explosion de l’enseignement supérieur privé lucratif. Un marché parallèle s’est développé, financé par la taxe d’apprentissage et par des familles laissées seules face à un algorithme. Les jeunes sont l’avenir du pays, pas une marchandise. », alertait en janvier le sénateur communiste Pierre Ouzoulias.

  • Les bacheliers mention « très bien » récompensés par la Région Sud

    Les bacheliers mention « très bien » récompensés par la Région Sud

    « Félicitations à tous, chers bacheliers ! Nous mettons à l’honneur votre travail et votre mention très bien avec notre bourse au mérite de 300 euros ! », indique la Région Sud, présidée par Renaud Muselier, lors de la cérémonie organisée ce jeudi, pour saluer les quelque 3 624 bacheliers de l’Académie d’Aix-Marseille ayant obtenu cette distinction. Crée en 2016, ce dispositif a déjà permis d’accompagner près de 52 000 jeunes pour un montant de plus de 20 millions d’euros. Une mesure qui s’ajoute aux différents dispositifs en faveur des jeunes : gratuité des manuels dans les lycées ; restauration scolaire ; aides au financement des tenues professionnelles ; Pass Zou ! et Pass Santé Jeunes.

  • Le soulagement des bacheliers à l’annonce des résultats

    Le soulagement des bacheliers à l’annonce des résultats

    « Je l’ai eu ! Je l’ai eu ! ». Mardi 7 juillet, à l’annonce des résultats du bac, les explosions de joie ont résonné dans la cour du lycée Périer à Marseille. À l’ouverture, un peu avant 11h, ils étaient une cinquantaine, agglutinés devant le portail, attendant avec appréhension. À quelques minutes de l’annonce, Maroua, élève de terminale, explique son angoisse et parle de « nausées et vomissements ». Une crainte partagée par Jolan, car avec ses notes au contrôle continu, le lycéen savait que le bac n’était pas gagné d’avance. S’il « redoutait les rattrapages », avoue-t-il, la surprise a été finalement bonne. Il obtient le bac dès le premier tour, et peut envisager sereinement la rentrée de septembre en première année de licence de physique. À ses côtés, son ami Anis « savait qu’il allait l’avoir », explique-t-il. Mais le jeune homme était venu chercher une mention, « le bonus », comme il l’appelle.

    Pour d’autres, la victoire a une saveur particulière. « Ça fait trois fois que je rate le bac », raconte Ludwig qui a bataillé pour suivre sa scolarité, alors « c’était cette fois ou jamais ». Après quatre années de terminale, sa réussite a suscité une explosion de joie chez ses camarades, mais aussi la fierté de ses professeurs. Pour la rentrée prochaine, Ludwig est d’ores et déjà accepté dans une licence de sciences, mais il garde espoir d’intégrer la première année de médecine, pour laquelle il est encore en liste d’attente.

    Devant le portail de l’établissement, les parents sont parfois plus angoissés que leurs enfants. À l’image de Nawal, qui attend avec impatience les résultats de sa fille. Si cette dernière est confiante au regard de ses résultats durant l’année, sa mère avoue « espérer une mention ».

    Les derniers aux revoirs

    Si les résultats étaient déjà visibles sur internet, certains élèves ont préféré garder la surprise, pour découvrir leurs notes entourés de leurs camarades. « Un moment plus authentique », estime Amaya. C’est aussi l’avis de Titouan, venu avec deux autres amis, « profiter une dernière fois de l’ambiance du lycée ».

    Pour d’autres, c’est l’occasion de « dire au revoir à leurs professeurs », expliquent Imane et Jasmine. À la sortie, c’est avec Monsieur Israël, enseignant de droit et d’économie, que les deux élèves échangent. Pour lui, il ne faisait aucun doute « que ces deux lycéennes allaient obtenir une mention », mais il était important de venir pour « dire merci », à des élèves « qui sont importants » pour lui. Au lycée Périer, la plupart des élèves rencontrés restent à Marseille pour leurs études. Par conséquent, pas de logement à trouver pour ces étudiants qui vivront chez leurs parents. Le bac en poche, certains, comme Louis, se réjouissent « d’être enfin tranquilles ».

    92,5%

    des élèves en terminale générale ont obtenu
    le baccalauréat,
    ils ont été 79,1 %, en filière technologique et 80,6 % pour les baccalauréats professionnels.

  • Les syndicats alertent sur l’état des écoles du Vaucluse

    Les syndicats alertent sur l’état des écoles du Vaucluse

    Le syndicat l’Unsa Éducation du Vaucluse a demandé au préfet et au directeur académique la fermeture des établissements les après-midi des 22 et 23 juin, ainsi que des aménagements pour les oraux du baccalauréat et le brevet. Le rectorat d’Aix-Marseille répond que d’éventuelles fermetures seront décidées « au cas par cas », selon chaque établissement. Les municipalités de Mazan et Carpentras ont, elles, décidé de fermer les écoles maternelles et primaires lundi et mardi après-midi.

    Le président de la Région Sud, Renaud Muselier, assure que les lycées seront « opérationnels » pour accueillir les candidats au grand oral et aux oraux de français. Un constat que partage en partie l’Unsa Éducation. Si le syndicat estime que le bac pourra être maintenu grâce aux mesures anticipées, son secrétaire départemental, Olivier Montel, s’inquiète davantage des collèges, où le brevet approche, et des écoles primaires, souvent installées dans des bâtiments des années 1960-1970 devenus de véritables « passoires thermiques ». « Les conditions d’apprentissage des élèves et de travail des personnels sont dégradées, avec des salles dépassant les 30°C dès 8 h », alerte-t-il.

    À Avignon, le plan canicule est activé. Une veille est assurée auprès des établissements, des brasseurs d’air sont progressivement déployés et des casquettes ou gourdes distribuées si besoin assure la mairie. Les fermetures de classes ou d’écoles ne seront envisagées qu’« en dernier ressort ». FO réclame la communication du plan canicule de la Direction académique, rappelant avoir « frôlé des drames » lors des précédents épisodes et demande des mesures pour protéger les personnels. À défaut, le syndicat se dit prêt à appeler au droit de retrait. Olivier Montel appelle enfin à faire de « l’adaptation du bâti scolaire une priorité ».

  • Un microlycée pour lutter contre le décrochage

    Un microlycée pour lutter contre le décrochage

    Dans la rue Pourquoi Pas, tout redevient possible pour les élèves en rupture de parcours scolaire. À la prochaine rentrée, le Cours Fénelon, installé dans cette rue au nom évocateur depuis plus de 120 ans, y lancera un microlycée, destiné à ramener une vingtaine de jeunes de 16 à 25 ans en situation de décrochage depuis au moins six mois sur les bancs de l’école.

    Ce modèle, qui existe depuis 2001 en France et est déjà proposé dans deux établissements varois (le collège Ravel et le lycée Bonaparte). Il répond à « un constat de terrain », explique Laurence Beraud-Schmitt, directrice du Cours Fénelon. « De plus en plus de jeunes souffrent d’anxiété et se déscolarisent à cause du harcèlement, de la phobie scolaire, de maladies… » Un mal qui touche le Var dans des proportions inquiétantes : 8% des jeunes de 18 a 24 ans (soit 30 000 élèves) n’ont pas terminé leur cycle secondaire.

    Le bac en ligne de mire

    En septembre, une première promotion entrera en classe de première avec un objectif : obtenir le baccalauréat général en deux ans. Sur le papier, les futurs élèves ont toutes les chances d’y arriver puisque ce type d’établissement revendique une réussite de 80%. « Ils suivront le même programme, assuré par des professeurs de l’éducation nationale », précise la directrice, avec « quelques aménagements. Par exemple, en français, on va demander un allègement du nombre de textes à étudier », ajoute Emmanuel Tilmont, le référent pédagogique. Ce sont surtout les méthodes, centrées sur « une pédagogie active, adaptée à chaque jeune », qui différeront.

    L’accueil sera lui aussi adapté : suivi psychologique, horaires légèrement différés, salle de repos, dans laquelle les élèves seront invités à prendre le café avec leurs encadrants chaque matin pour créer du lien. Cela, au sein d’un bâtiment à part, où les élèves auront la possibilité d’être en vase clos. « Ils pourront accéder à la cafétéria commune et seront invités aux événements du lycée, mais rien ne sera obligatoire », précise Emmanuel Tilmont.

    L’établissement, accessible pour 85 euros par mois (avec possibilité de bourses) se veut : « ouvert à tous profils : très bons élèves, plus en difficulté, porteurs de handicap… », assure le responsable pédagogique, qui prévient toutefois qu’« il faudra qu’ils aient de la volonté ».

    Infos : coursfenelon.com

  • Ânerie ne prend qu’un n…

    Ânerie ne prend qu’un n…

    Le transparent ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a l’art d’enfoncer les portes ouvertes : « Les élèves qui rendent des copies mal rédigées ne peuvent pas avoir le Bac », a-t-il asséné en mai dans un entretien au Figaro au moment
    de la publication de sa circulaire pour la rentrée 2026-2027. L’ancien directeur général de l’enseignement scolaire a pour mantra la supposée « baisse du niveau » ;
    un discours décliniste mâtiné d’élitisme alors que des suppressions massives d’heures
    de cours sont encore programmées ainsi
    que de nombreuses suppressions de classes dans le premier degré.

    En agitant le niveau
    de l’orthographe pour obtenir le Bac, alors que l’épreuve de philosophie se déroule ce lundi 15 juin, le dernier ministre macroniste
    de l’Éducation, diffuse
    un écran de fumée pour masquer les véritables enjeux éducatifs.

    Enseignants jetés en pâture

    Il jette aussi en pâture les enseignants, incapables à ses yeux d’apprendre à lire et à écrire correctement à leurs élèves. Surtout, il individualise le parcours scolaire selon l’idéologie de la méritocratie plutôt que de se pencher sur les conditions matérielles et sociales des usagers de l’école, enfants et parents compris. Il faut toute
    une société pour élever un enfant. Or la compétition entre établissements, les contournements de la carte scolaire, la baisse (celle-ci est vraie)
    du niveau de vie
    des familles ont des conséquences délétères sur la scolarité des enfants. Mais de cela,
    le sixième ministre de l’Éducation nationale d’Emmanuel Macron, n’en a cure et convoque la science des ânes pour masquer la médiocrité
    de sa politique.

  • Une « bonne idée » mais annoncée trop tard aux yeux des lycéens

    Une « bonne idée » mais annoncée trop tard aux yeux des lycéens

    Je l’ai appris sur TikTok », raconte Lucille Giocanti, en terminale au lycée Sévigné, à Marseille. Le mois de juin est rythmé par les évaluations de fin d’année et par une nouvelle consigne que les élèves de terminale et de première doivent prendre en compte : le durcissement des notations concernant l’orthographe, la grammaire et la syntaxe, dans toutes les épreuves du baccalauréat. L’annonce a été faite par le ministre de l’éducation, Édouard Geffray, au mois de mai.

    À l’unanimité, tous les élèves interrogés jugent cette consigne comme une bonne nouvelle, comme Mathis Motyl, en terminale au lycée du Coudon, à La Garde : « Je trouve que c’est intelligent. On sera bientôt des adultes dans le monde du travail et ce n’est pas normal de ne pas savoir écrire des mails, sans l’aide de correcteurs d’orthographe. » Un avis partagé par Victor Battle, en première, au lycée Irène-
    et-Fréderic-Joliot-Curie, à Marseille : « Dans le fond, c’est une bonne initiative de demander aux élèves de faire attention à l’orthographe. » Toutefois, Lucille Giocanti se demande si cette consigne représentait une priorité face aux enjeux actuels dans l’éducation : « L’état devrait s’attarder sur des choses plus importantes. »

    En revanche, à l’unanimité, tous ces jeunes déplorent un délai trop court entre l’annonce de cette nouvelle notation et les épreuves du baccalauréat. « Le timing n’a pas de sens. Si le ministre avait voulu un meilleur niveau en orthographe, il fallait le dire au début de l’année, là, c’est trop tard, s’insurge Victor Battle. Je n’ai pas spécialement de nouvelle pression puisque mon niveau en orthographe n’est pas trop mauvais. En revanche, je pense à mes collègues qui font des fautes d’inattention, peut-être que certains ont dû réviser ça, en plus du programme. »

    Joa Malliet, en première au lycée Mongrand, à Marseille, renchérit : « On nous a prévenus tard, personne n’a pu se préparer alors que nous étions en plein dans nos révisions. On aurait dû le savoir au début de l’année et pas à trois semaines du baccalauréat. » Pour Imane L’amoulen Caron, en terminale au lycée Saint-Charles, à Marseille, « cette façon de l’annoncer aussi tard est assez brutale est contre-productive ».

    « Un bon nombre de lycées vont perdre des heures »

    Tous confient avoir pris connaissance de cette consigne sur les réseaux sociaux. Depuis, c’est le flou. « Nos professeurs n’ont pas pu nous apporter d’informations complémentaires », explique Lucille Giocanti. Deux questions subsistent chez beaucoup de futurs bacheliers : « Qu’est-ce qu’une copie suffisamment correcte niveau orthographe ? Et sur quel barème se baseront les correcteurs ? »

    Au-delà de ces questionnements, le vrai problème semble ailleurs selon les élèves : les règles de langue ne seraient pas suffisamment enseignées, ni pratiquées sur la durée. « Malheureusement, l’orthographe est très rapidement remplacée par la construction d’idées dans les programmes d’éducation et ça, depuis le collège », confie Mathis Motyl. « En mars ils ont annoncé qu’un bon nombre de lycées allaient perdre des heures de travail. Il me semble qu’à Saint-Charles, ils perdent 50 heures à la rentrée prochaine », ajoute Victor Battle.

    Certains disent ressentir une pression supplémentaire, comme Imane L’amoulen Caron : « Je fais des fautes mais j’estime savoir parler français et l’idée que cela puisse me coûter mon Bac me stresse beaucoup. » D’autres, comme Noa Malliet, se sentent mois stressés : « Comme toutes les réformes appliquées avant, les professeurs seront plus laxistes la première année. Tant que le contenu est bon, ça devrait le faire. »

  • Un Bac 2026 sous le signe de l’orthographe

    Un Bac 2026 sous le signe de l’orthographe

    Top départ pour la semaine la plus stressante de la vie d’un lycéen. Ce lundi débutent les épreuves écrites du baccalauréat 2026 avec le redouté examen de philosophie, et après l’épreuve écrite de français, en fin de semaine dernière. Mais cette année, le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a sûrement augmenté le niveau de stress des bacheliers. « Toute copie qui n’a pas un niveau suffisant en termes d’orthographe, de syntaxe et de grammaire ne peut pas avoir la moyenne au Bac », a-t-il assené, le 19 mai. Intention louable sur fond de questionnement réel ou opération de communication pour un ministre en manque de visibilité ?

    Du côté des syndicats d’enseignants, la réponse est limpide : « Sur l’orthographe, il y a déjà des instructions pour pénaliser les erreurs. Le ministre enfonce une porte ouverte : on s’en est toujours préoccupé », tacle Nadine Cesari, représentante du Snes-FSU au lycée Joliot-Curie à Aubagne et également professeure de lettres. Forcément, sur la forme, le calendrier de l’annonce ne passe pas : à quelques semaines à peine des épreuves. « Ça va être difficilement applicable, et on n’a rien de concret sur la formalisation de cette annonce. Et nous restons maîtres de l’évaluation », rassure Nicolas Bernard-Hayrault, également professeur de lettres au collège de Pélissane et co-secrétaire départemental du Snes-FSU. Reste que le rectorat de l’académie d’Aix-Marseille, dans son dossier de presse pour ce Bac 2026, persiste et signe : « La prise en compte de la qualité rédactionnelle sera renforcée dans les barèmes nationaux de toutes les disciplines. »

    Mais c’est surtout sur le fond que l’intention ministérielle provoque l’ire des profs. « On a 4 heures plancher de français par classe pour préparer un Bac dont le contenu est plus exigeant qu’avant. Il n’y a pas de miracle possible », explique Nadine Cesari. Avant de renvoyer la macronie à ses responsabilités : « Lancer une grande apostrophe sur l’orthographe c’est jeter un voile sur une responsabilité institutionnelle et de choix budgétaires. »

    Dans le viseur, la réduction des heures d’enseignement, et donc de français. Proche de la retraite, Nadine Cesari peut témoigner de l’évolution de la place accordée au cours de français : « Il y a 10 ans, en seconde on avait 6-7 heures de cours. Avec la perte d’heures d’enseignement, on réduit la présence d’adultes et de professeurs devant les élèves. De fait, on précarise l’apprentissage. » Car les profs de français savent aussi compter : « Les changements de rythme scolaire dus aux dernières réformes ont fait perdre presque une année scolaire aux élèves, juste pour l’école. La réforme du collège de 2015 a mis des horaires planchers. Et avec la réforme Blanquer, les élèves ont encore perdu des heures d’enseignement », énumère Nicolas Bernard-Hayrault.

    16 textes à travailler

    pour les oraux de français

    Derrière ces heures en moins, c’est la question des moyens qui se pose au regard de la supposée baisse de niveau en orthographe ciblée par le ministre. « À mes débuts, on avait des moyens pour des effectifs en classe réduits qui permettait de retravailler certains points, reprendre la méthodologie… », se remémore Nadine Cesari. Des heures qui manquent cruellement aujourd’hui : « Maintenant on n’a absolument plus le temps de retravailler l’orthographe. Les programmes sont de plus en plus ambitieux : il y a 16 textes à travailler pour les oraux de français du Bac en général, c’est la course toute l’année. »

    Même constat pour son homologue du collège : « Pour bien écrire français, il faut comprendre d’où vient le mot, son sens. Mais ce travail est compliqué à faire en si peu d’heures, avec 35 élèves par classe, et avec la multiplication d’autres injonctions », précise Nicolas Bernard-Hayrault. Il faut voir plus loin qu’un simple décompte de fautes dans une copie pour appréhender l’enjeu derrière ce débat sur l’orthographe. « Ce qui est sous-entendu avec les déclarations du ministre, c’est que l’orthographe doit être un outil de sélection. Et pourquoi pas de sélection sociale ? À travers ce totem, ce sont souvent les catégories sociales les plus défavorisées qui sont visées », note Nicolas Bernard-Hayrault.

    « Les tests de dictée font apparaître que les performances en orthographe sont marquées par l’origine sociale des élèves », écrit Patrick Charaudeau, linguiste et chercheur associé au CNRS dans Le Monde. Un bon sujet d’examen.

    « Lancer une grande apostrophe sur l’orthographe c’est jeter
    un voile sur une responsabilité institutionnelle »