Tag: athlètes

  • [Entretien] Didier Choupay : « Difficile de dire à des joueurs de se préparer sans les aligner »

    [Entretien] Didier Choupay : « Difficile de dire à des joueurs de se préparer sans les aligner »

    La Marseillaise : Vous avez pris vos fonctions de directeur sportif du collectif France senior masculin en janvier 2026. Quelles ont été vos intentions depuis ?

    Didier Choupay : Lorsque je suis arrivé, le collectif masculin comptait douze joueurs. J’ai souhaité réduire cet effectif à sept pour concentrer davantage les moyens sur un groupe restreint, favoriser les déplacements et permettre aux joueurs de participer ensemble à plusieurs compétitions. Lorsqu’on dispose d’un groupe aussi important, mais que seuls quatre joueurs sont finalement alignés en compétition, chacun avait peu d’occasions de se mesurer à la concurrence sur des compétitions majeures. Cela faisait peser une pression importante sur les athlètes, qui devaient être performants au bon moment sans véritable possibilité de se rattraper. Certains peuvent même être pénalisés dans leur club, où on leur reproche parfois d’avoir intégré l’équipe de France sans jouer. En les suivant sur plusieurs rendez-vous majeurs, je pouvais apprécier plus justement leur niveau et leur régularité. Cette première année devait donc me permettre de dresser un état des lieux précis avant d’envisager, pour la saison suivante, un collectif de huit à dix joueurs, en fonction des performances et des enseignements tirés.

    Comment analysez-vous ces prochains championnats du monde en Thaïlande du point de vue de l’équipe de France ?

    D.C. : On se doit d’être au rendez-vous, car les attentes sont toujours élevées. À l’époque où la France était la nation numéro un, elle n’avait pas de raison de craindre la concurrence. Depuis quelques années, nous rencontrons davantage de difficultés. Certaines nations émergent et d’autres nous ont dépassés sur certains aspects. Il ne faut pas avoir peur de le dire. Aujourd’hui, nous cherchons à comprendre les raisons de cette situation et à identifier les leviers de progression. Plusieurs facteurs sont à prendre en compte, notamment le renouvellement des joueurs, la qualité de notre préparation en amont et notre capacité à nous adapter à une concurrence qui évolue très rapidement.

    Vous avez sélectionné Mickaël Bonetto, Yohan Cousin, Ludovic Montoro et Christophe Sarrio. Qu’est-ce qui a motivé le choix
    de ces quatre joueurs
     ?

    D.C. : Les quatre joueurs sélectionnés ont évolué ensemble toute l’année et se sont montrés performants malgré le contexte. En juillet, lorsque l’affaire des paris sportifs a éclaté, la Fédération a décidé que les joueurs concernés [Dylan Rocher, Henri Lacroix, Ligan Doerr et Jean Feltain, ndlr] ne participeraient pas aux compétitions avec le maillot de l’équipe de France. Cette décision ne m’a donc pas permis de les faire jouer ensemble. Concrètement, je n’ai pas eu l’occasion de voir Dylan Rocher évoluer une seule fois avec l’équipe de France sur l’année, pas plus qu’Henri Lacroix. Dans ces conditions, il était difficile de demander à des joueurs de se préparer sans pouvoir les aligner, puis de devoir les remplacer au dernier moment. En plus, imaginez que des éléments venaient à démontrer leur culpabilité, ils pourraient se voir retirer leur titre de champions du monde. Cela risquerait de ternir encore davantage l’image de la France. À mes yeux, c’était un risque qu’il ne fallait pas prendre. Les quatre joueurs retenus se sont investis, ont pris des congés et sont restés disponibles. Puisqu’ils avaient joué ensemble toute l’année, leur sélection s’inscrivait dans une certaine logique. J’ai également estimé qu’ils avaient été performants. Je suis convaincu qu’un athlète doit pouvoir démontrer son niveau lorsqu’il est au sommet de sa forme. À l’inverse, ne pas donner sa chance à un joueur performant peut finir par entacher sa motivation et sa confiance. Il est donc essentiel de reconnaître les performances de chacun et de permettre aux athlètes de saisir leur chance au bon moment.

    Pourquoi ne pas avoir officialisé leur sélection plus tôt ?

    D.C. : Lorsque l’affaire des paris sportifs a éclaté en juillet, nous avons envisagé différentes possibilités. La fédération s’était portée partie civile pour avoir accès au dossier, mais nous ne l’avons reçu qu’en octobre, un mois avant le championnat du monde. Il était alors difficile de modifier la sélection, d’autant que les joueurs concernés n’avaient pas évolué ensemble durant l’année. Ce choix ne s’est pas fait par défaut. Je crois en cette équipe et je suis convaincu qu’elle peut viser la médaille d’or. Je regrette toutefois que la sélection définitive n’ait pas été maintenue au 5 août, comme prévu initialement. Mais la Fédération avait ses propres contraintes et responsabilités.

    Mais n’y a-t-il pas un problème de temporalité, selon vous, quand le président fédéral Michel Le Bot annonce, deux jours seulement avant l’annonce officielle de l’équipe, que Dylan Rocher, Henri Lacroix et Jean Feltain sont de nouveau sélectionnables ?

    D.C. : Sur le plan de la communication, il y a effectivement eu un problème de calendrier. La sélection aurait dû être annoncée début août et je m’y étais personnellement engagé. Pour moi, le respect des engagements que nous prenons est essentiel. En respectant la date du 5 août, les sélectionnés auraient pu jouer de manière plus tranquille et sereine sur les trois mois et demi suivants. Ça ne leur a laissé qu’un mois de sérénité finalement. Cette situation doit nous servir de leçon. Nous devons être plus transparents. Je ne pense pas que nous ayons menti, mais nous n’avons pas été suffisamment bons dans la gestion du calendrier.

    On a l’impression que Philippe Quintais, directeur sportif du collectif féminin, ne pouvait pas agir concrètement au sein de son groupe. Est-ce que vous ressentez cela chez les masculins ?

    D.C. : Concernant Philippe, je pense qu’il est difficile de prendre position sans connaître tous les tenants et les aboutissants, ni avoir participé aux discussions, ni quels engagements ont été pris. Pour ma part, la mission confiée par la Fédération, en tant que directeur sportif, était d’amener les joueurs à leur pic de forme pour les championnats du monde. J’ai eu la liberté de travailler comme je le souhaitais, sans qu’on me mette de bâtons dans les roues. Je considère que lorsqu’on confie une mission à quelqu’un, il faut lui faire confiance et lui laisser la possibilité d’aller au bout de son travail, quitte à faire le bilan en fin de saison. Si les résultats ne sont pas au rendez-vous, chacun doit pouvoir en assumer les conséquences. Cette première année a aussi été une période d’immersion. Il fallait que je découvre le fonctionnement de la Fédération et que je m’adapte à un nouveau collectif. L’année prochaine, je pourrai proposer une vision plus affirmée, avec des orientations à moyen terme, sur quatre ou cinq ans.

    Est-ce que vous serez sur la chaise de coach en Thaïlande ?

    D.C. : Lorsque j’ai accepté la mission de directeur sportif, il n’était pas prévu que j’y sois, même si nous savions que la question finirait par se poser. Jean-Claude Boiron [responsable du collectif France seniors masculin, ndlr] a toujours souhaité poursuivre son rôle. Il possède de réelles compétences en pétanque, même si son expérience du jeu provençal semble parfois prendre le dessus dans le regard des autres. Si on avait pu partager le banc ensemble, il serait sûrement plus légitime aux yeux des passionnés. Nous avions déjà demandé à être deux sur le banc lors des championnats d’Europe, mais la Confédération européenne de pétanque (CEP) avait refusé. Elle ne l’a accepté que pour le mixte, ce qui m’a permis d’échanger plus facilement sur le banc avec Ludovic Pereira. Nous avons donc renouvelé notre demande auprès de la Fédération internationale, mais la question doit être étudiée en commission de direction et j’espère qu’elle recevra une réponse favorable.

  • [Pétanque] Le directeur Quintais veut démissionner

    [Pétanque] Le directeur Quintais veut démissionner

    « Il est temps pour moi de fermer le livre du collectif féminin », lance d’entrée de jeu Philippe Quintais, directeur sportif du groupe tricolore. La légende de la pétanque s’est retrouvée mêlée ces dernières semaines au sein d’une polémique autour de l’équipe de France féminine, suite à plusieurs problématiques autour de départs de joueuses, le refus de certaines d’être sélectionnées pour les championnats d’Europe, et la mauvaise entente avec Patrice Rodriguez, le directeur technique national (DTN) de la Fédération française de pétanque et de jeu provençal (FFPJP).

    « Je ne veux plus revenir »

    « Je pense avoir été trop présomptueux lorsque j’ai accepté ce challenge. On m’avait pourtant prévu », regrette l’homme aux 17 titres de champion du monde, qui semble avoir beaucoup appris de cette mauvaise expérience. « J’ai reçu de la part de plusieurs joueuses des excuses et des regrets. Je vais mettre tout ça sur de l’incompréhension ou de la mauvaise communication », poursuit-il, au lendemain de la publication réalisée par Nelly Peyre, l’une des athlètes qui a refusé la sélection pour les championnats d’Europe auprès du « roi Quintais », avant d’accepter plus tard celle de Ludovic Pereira, responsable du collectif France féminin. Suite aux multiples raisons évoquées en amont, le pensionnaire d’Hanches ne souhaite plus « revenir travailler au sein de cette DTN ». « Je veux juste les oublier même si cela va être compliqué. Je vous confirme donc mon souhait de démissionner », exprime-t-il clairement. Touché par un cancer, Philippe Quintais va dorénavant s’éloigner quelque temps des terrains, avec l’espoir de « rejouer début d’année prochaine ».

  • [JO 2030] Une majorité d’avis contre le projet au fort des Têtes

    [JO 2030] Une majorité d’avis contre le projet au fort des Têtes

    Dimanche 11 octobre, près de 250 personnes étaient mobilisées au pied du fort des Têtes à Briançon pour montrer leur désaccord face à son réaménagement en village des athlètes en vue des Jeux 2030. Cette opposition se reflète dans le bilan de la concertation publique, publié quelques jours après que le Conseil municipal ait validé le projet. Sur un total de 268 contributions, 176 avis s’opposent explicitement au projet, et 41 s’opposent aux Jeux olympiques 2030 dans leur ensemble. 31 contributions sont favorables au projet du fort des Têtes, et 20 sont « sans avis ». Les inquiétudes concernent notamment les effets sur l’environnement et sur le patrimoine historique, ou encore le coût financier jugé trop important.

    « Ce bilan intervient après le Conseil municipal décisif sur les opérations foncières concernant le Fort, alors même que les contributions étaient censées éclairer les choix, dénonce le groupe d’opposition Briançon Territoire Vivant. Une concertation digne de ce nom doit éclairer la décision avant qu’elle ne soit prise. Elle ne doit pas devenir une formalité destinée à légitimer après coup des choix politiques. Le rôle d’un bilan est de restituer les désaccords, de permettre un véritable débat démocratique, pas de produire un plaidoyer en faveur du projet. »

    « Voilà, les citoyens se sont exprimés contre, mais on nous explique gentiment qu’ils s’en fichent et que le projet va continuer. De qui se fout-on ? », a réagi le collectif citoyen engagé contre cet aménagement.

    De son côté, la majorité municipale estime que ce projet bénéficiera aux habitants, car il permettra la création de logements sociaux et la préservation du fort, autrement impossible à financer.

    Agathe Di Lenardo

  • Le sport investit le grand terrain de la Foire de Marseille

    Le sport investit le grand terrain de la Foire de Marseille

    Un hectare entièrement consacré au sport. Les visiteurs de la Foire Internationale de Marseille, qui s’est tenue du 25 septembre à ce lundi 5 octobre au parc Chanot, ont pu découvrir et pratiquer de nombreuses disciplines à l’instar du flag football, du basket, du handball, de l’urban tennis, de la boccia, du para-hockey ou encore du volleyball, grâce à la présence de clubs locaux, comités et fédérations sportives liées au territoire marseillais.

    « On avait envie de valoriser leur discipline parce que la foire doit permettre d’être en quelque sorte une vitrine pour nos sports, pour essayer de toucher de nouveaux pratiquants », explique Mickaël Gallet, président du Comité Départemental Olympique et Sportif des Bouches-du-Rhône (CDOS 13).

    Durant les onze jours d’exposition, toutes les animations proposées au sein de ce village sportif de 1 000 m² étaient gratuites. Au-delà des initiations, le pôle sport a également accueilli des joueurs de Marseille Basketball, club phare de Nationale 2. Le CDOS 13 a par ailleurs organisé des témoignages d’athlètes autour de la pratique féminine, ainsi qu’un flashmob sportif destiné à « faire bouger le public », en pleine période du dispositif ministériel « Septembre Bouge ».

    Parmi les disciplines proposées, le handball a particulièrement trouvé son public. La mise en place d’un immense terrain bleu par le comité départemental a notamment attiré l’attention des plus jeunes.

    Découverte du flag-football et du para-hockey

    Mais la Foire Internationale de Marseille est aussi l’occasion de s’initier à de nouvelles pratiques. Dans cet esprit, le public a pu découvrir, grâce aux Blue Stars de Marseille, le flag-football, un sport dérivé du football américain dans lequel les plaquages sont remplacés par l’arrachage de bandes de tissu accrochées à la ceinture des joueurs. Cette discipline fera son entrée au programme des Jeux olympiques d’été de 2028, à Los Angeles.

    Moins médiatisé également, le para-hockey – pratiqué avec des luges – a été une réelle découverte pour les plus curieux. « Ça donne envie d’essayer pour se mettre en condition et pratiquer ce sport inclusif », souligne Mickaël Gallet, fier d’avoir pu accueillir des écoles, chaque jour de la semaine (hors week-end) avec ses équipes, dans le cadre de leur collaboration avec l’Union sportive de l’enseignement du premier degré (Usep). Avec deux classes le matin, puis deux autres l’après-midi, plus de 300 élèves ont pu se défouler le temps de quelques heures dans le village « sport » de la Foire Internationale de Marseille.

  • Le triathlon Embrunman face à la controverse des primes

    Le triathlon Embrunman face à la controverse des primes

    Il s’agit un événement mythique qui fait rêver plus d’un triathlète. L’Embrunman, une course XXL dans les Hautes-Alpes, qui cumule 4 km de natation, 188 km de vélo et un marathon. Mais depuis sa dernière édition, le 15 août 2026, l’organisation est au cœur d’une polémique, accentuée par les réseaux sociaux. Au centre de la controverse : la répartition des primes entre les athlètes des catégories féminine et masculine, jugée par certains inégale, et surtout, les propos cinglants tenus par l’organisateur envers les athlètes ayant relevé ces différences de traitements.

    « Pas question de donner de l’argent que nous suons à trouver à des veaux » ; « Nous allons sûrement réserver l’Embrunman aux hommes, ce qui évitera toute polémique » : ces extraits d’un mail rédigé par Gérald Iacono, organisateur de l’Embrunman, à Alice, arrivée 4e féminine, ont été relayés sur les réseaux sociaux. « Je demandais juste des explications concernant les primes intermédiaires distribuées uniquement aux hommes », a-t-elle écrit sur Instagram.

    Quelques jours avant, Marine Moulin, triathlète belge et arrivée à sa grande surprise deuxième féminine de la dernière édition, exprimait déjà sa déception. Suite à ses échanges avec l’organisateur sur le même sujet, elle publie une lettre ouverte sur son compte Facebook. « Je me retrouve face à un système qui pose de vraies questions en matière d’équité entre les hommes et les femmes », écrit-elle. Marine Moulin, malgré sa place sur le podium, n’a pas touché de prime. Celles-ci, certes identiques pour les deux sexes, ne sont attribuées qu’aux athlètes de la catégorie Élite. Or, « les critères permettant d’accéder à ce statut sont identiques pour les hommes et les femmes, alors que les performances féminines et masculines ne peuvent pas être comparées de la même manière sur des seuils chronométriques identiques », explique-t-elle. Cette année, vingt-deux hommes Élites étaient inscrits pour seulement trois femmes, et une seule a finalement pris le départ. « Il n’est pas logique, ni égal de juger une femme sur des mêmes critères chronométriques qu’un homme », estime la triathlète.

    « Manque de considération envers les femmes »

    Dans la même lignée, les primes intermédiaires, attribuées en fonction du chronomètre sur différents points de passage, sont établies suivant le classement tous sexes confondus. « Il est donc très difficile, voire impossible, pour une femme d’obtenir ces primes », regrette Marine Moulin.

    « Ce qui pose problème, c’est le vrai manque de considération envers les femmes », dit-elle. Elle regrette surtout que les réponses de l’organisation aient été « dénigrantes » : « Elles m’ont donné le sentiment que ma performance était balayée d’un revers de main, au point de me faire douter moi-même de sa légitimité. »

    Gérald Iaocono assume ses propos, écrit « sous le coup de la colère », car il était selon lui « insulté sur les réseaux sociaux ». « Si ces athlètes ne sont pas d’accord avec le règlement, elles n’ont qu’à ne pas participer. Ces polémiques décrédibilisent le sport », juge-t-il. Pour lui, le règlement de versement des primes est égalitaire et les critères pour rentrer dans la catégorie Élites assez larges pour permettre à des femmes d’y entrer. « Si une femme qui finit en 14 heures reçoit une prime, c’est injuste pour l’homme qui fait le même temps et n’en reçoit pas !, poursuit-il. Les femmes sont beaucoup moins nombreuses et leur inscription engendre donc moins d’argent. Cela voudrait-il dire que les hommes, plus nombreux, devraient payer les primes des femmes ? Ce serait anormal. »

    Suite aux critiques, l’organisation a annoncé, début septembre, modifier le règlement, sans avoir décidé de quoi que ce soit pour le moment. « J’ai un peu peur, réagit Marine Moulin, mais j’espère que ce sera dans le bon sens. »

    Agathe Di Lenardo

  • Une expédition pour montrer la fonte des glaciers dans les Hautes-Alpes

    Une expédition pour montrer la fonte des glaciers dans les Hautes-Alpes

    Parcourir en un mois 1 500 km parcourus dont 45 000m de dénivelé positifs. C’est une aventure aux airs d’épopée dans laquelle s’est lancé le 19 août un petit groupe mêlant Mélanie Corthay, guide de haute montagne, Aurélie Gonin, réalisatrice de documentaire et un couple de cyclistes, Nathalie et Fabien Monnier, qui ont dessiné le parcours à vélo. À leur tête, Loubna Freih, sportive de haute montagne, est à l’initiative de cette « Alpine Quest II », après une première édition effectuée en mars 2025. « Pour le premier jour, on est arrivés au pied du glacier blanc, raconte Loubna Freih depuis le refuge du Pré de Madame Carle. On va traverser tout l’arc alpin jusqu’en Slovénie, à travers la France, l’Italie et la Suisse, en vélo. L’idée est de connecter des glaciers importants pour raconter et documenter ce que vont devenir les Alpes après les glaciers ».

    L’expédition ira à la rencontre d’une dizaine de scientifiques français, suisses et italiens et traversera une quinzaine de glaciers, en passant notamment par celui d’Aletsch, en Suisse, le plus grand d’Europe centrale. « On prélève des eaux à l’embouchure de chaque glacier, pour récupérer l’eau profonde du glacier, pas de la neige en surface. Les prélèvements sont ensuite envoyés au CNRS de Nancy avec l’aide de Cluster Eau, une association basée à Évian », détaille Loubna Freih. On travaille aussi avec un géobiologiste qui nous parle de la flore et des changements dans ce qu’on appelle les marges des glaciers. C’est là où le glacier se retire et c’est une zone très intéressante pour la science pour comprendre ce que laisse le glacier, ce qui disparaît, mais aussi ce qui vient à la place ».

    Agir, que l’on soit sportif ou scientifique

    Alors que la moyenne de la température mondiale a augmenté d’1,5 degré par rapport à l’ère préindustrielle, ce chiffre est multiplié par deux dans les Alpes, où la fonte des glaciers s’accélère. Pour ces athlètes de montagne, aux premières loges du bouleversement, agir est vital. « À Verbier, en Suisse, où je vis, on a eu une première canicule à la fin du printemps, puis une deuxième, une troisième et on vient de finir la quatrième, témoigne Loubna. Je vois les massifs du Grand et du Petit Combin changer sous mes yeux. Je ne peux pas rester sur mon balcon à regarder ». Comme pour la première, le but d’Alpine Quest 2 est de produire un documentaire pour toucher le grand public. « L’idée est d’aller voir avec nos jambes puis d’en faire une narration, de raconter une histoire basée sur la science mais aussi sur ce qu’on vit et ce qu’on voit », conclut Loubna.

  • Un Meeting de Marseille mitigé pour les Bleues

    Un Meeting de Marseille mitigé pour les Bleues

    Avec ou sans conditions météorologiques périlleuses, le Meeting international de Marseille continue de décoiffer. Pour célébrer sa 20e édition, mercredi au stade Pierre-Delort, l’événement orchestré par la SCO Sainte-Marguerite a réuni plusieurs références mondiales parmi les douze disciplines au programme de la soirée.

    Cette compétition constituait également une étape importante pour de nombreux athlètes européens en quête des minima qualificatifs pour les Championnats d’Europe de Birmingham, prévus du 10 au 16 août. Parmi les têtes d’affiche figurait Louise Maraval. Engagée sur le 400 mètres haies, la Choletaise de 24 ans retrouvait une piste qui lui avait particulièrement réussi l’an dernier, lorsqu’elle y avait décroché son billet pour les Jeux olympiques de Paris.

    Pizzo encore en rodage

    Opposée notamment à la championne du Portugal en titre, Sofia Lavreshina, la Française a dû se contenter de la deuxième place. Créditée d’un chrono inférieur à 55 secondes, elle a une nouvelle fois validé les minima B fixés par la Fédération française d’athlétisme, sans toutefois atteindre les minima A exigés par la Fédération européenne. « C’est la première fois que je cours avec autant de vent. J’aurais préféré gagner, mais j’ai pris beaucoup de plaisir à courir », confie celle qui se rendra en Suède dès dimanche avec l’ambition d’abaisser encore son temps pour décrocher sa qualification.

    Même frustration pour Charlotte Pizzo. La récente recrue de la SCO Sainte-Marguerite, triple championne de France du 800m, espérait briller devant son nouveau public. Finalement septième sur sa distance de prédilection, la Varoise de 29 ans n’a pas caché sa déception. « Je suis déçue parce que je voulais m’illustrer devant mon nouveau club. »

  • Défilé de stars au Meeting international de Marseille

    Défilé de stars au Meeting international de Marseille

    Vingt ans après sa création, le Meeting international de Marseille, organisé par l’incontournable SCO Sainte-Marguerite, continue d’attirer les plus grands noms de l’athlétisme mondial.

    Depuis le passage remarqué de la star américaine Allyson Felix (l’athlète féminine la plus titrée de l’histoire) dans la cité phocéenne en 2018, le rendez-vous marseillais s’est imposé comme une étape prisée du circuit international. Cette édition anniversaire, organisée mercredi 10 juin au stade Delort, à partir de 20h, ne dérogera pas à la règle.

    Douze épreuves figurent au programme de la soirée, réparties à parts égales entre les femmes et les hommes, une parité devenue au fil des années l’une des marques de fabrique de l’événement.

    À la recherche des minima pour Birmingham

    « C’est une édition compliquée à organiser parce qu’il y a énormément de meetings à travers le monde à cette période de l’année et, comme d’habitude, les athlètes sont à la recherche des minima », explique Laurent Manneveau, directeur du Meeting de Marseille.

    Habitué à l’exercice, le chef d’orchestre de l’événement parvient néanmoins à attirer sur la piste du stade Delort des athlètes de premier plan. « Les 400 m hommes et femmes vont être très intéressants », souligne-t-il, en faisant notamment référence à Louise Maraval, numéro un française de la distance, qui avait réalisé les minima pour les Jeux olympiques de Paris 2024 lors de cette même compétition il y a deux ans.

    Les épreuves de demi-fond promettent également un beau spectacle avec la présence de plusieurs têtes d’affiche, parmi lesquelles la Britannique Phoebe Gill, considérée comme l’un des grands espoirs européens de la discipline, l’ancien champion du monde en salle kényan Noah Kibet ou encore l’Italien Pietro Arese, finaliste olympique du 1 500 m en 2024.

    Les locaux veulent tirer leur épingle du jeu

    Plusieurs athlètes européens prévus au programme tenteront également de décrocher leur qualification pour les Championnats d’Europe de Birmingham, prévus dans deux mois (du 10 au 16 août).

    Face à ce plateau relevé, les représentants locaux auront à cœur de briller devant leur public. Parmi eux, la sprinteuse Lucie Jean-Charles sera particulièrement attendue sur le 100 m. Revenue récemment au SCO Sainte-Marguerite, elle reste sur un titre de championne de France du 60 m.

    Le club organisateur du Meeting international de Marseille pourra également compter sur plusieurs recrues de poids, à l’image de la Toulonnaise Charlotte Pizzo, triple championne de France du 800 m, qui cherchera elle aussi à se mettre en évidence sur la piste phocéenne.

    Un avant-programme placé sous le signe de l’inclusion

    Le Meeting de Marseille prendra son envol dès 16 heures avec les épreuves du pré-meeting, réservées aux catégories jeunes et seniors des niveaux régional et national. Près de 150 enfants, âgés de 6 à 14 ans, se succéderont sur la piste du stade Delort tout au long de l’après-midi. Pour la troisième année consécutive, le para-athlétisme sera également mis à l’honneur. Un 100 m ouvrira le programme régional et offrira au public l’occasion d’encourager les concurrents. « L’athlétisme s’est beaucoup démocratisé ces dernières années », observe Laurent Manneveau. Il se réjouit de voir se côtoyer sur la même piste des athlètes de tous âges, des plus jeunes licenciés jusqu’aux compétiteurs quadragénaires.

    C.K.

  • Un séjour à Milan Cortina contrasté pour les Bleus

    Un séjour à Milan Cortina contrasté pour les Bleus

    Alors que l’objectif affiché en début de compétition était de 18 médailles et un Top 4, les Bleus en sont loin et font également moins bien qu’aux Jeux de Pékin, d’où ils avaient rapporté sept médailles d’or. Dimanche, à quelques heures de la cérémonie de clôture à Cortina, sur le thème du « souvenir italien », pour se rappeler les meilleurs moments des compétitions en compagnie du groupe italien de musique électro Plante Funk, 10 Français (sur 13) étaient encore engagés en para ski alpin et ski de fond. Mais outre Anthony Chalençon, accompagné de son guide Florian Michelon, aucun n’est parvenu à décrocher un podium.

    Parmi les favoris de l’épreuve de slalom, Arthur Bauchet a notamment manqué l’occasion d’aller chercher un troisième titre en Italie, après avoir enfourché dans la première manche et perdu 10 secondes sur le leader russe Aleksei Bugaev, sacré champion paralympique. Il termine 11e. « Mon bilan des Jeux est clairement mitigé, finir là-dessus c’est quand même dur, j’espérais bien mieux », a-t-il admis avant même la seconde manche, un constat qui pourra être fait par l’ensemble de la délégation tricolore. Point positif, la jeune génération a tout de même réussi à sortir son épingle du jeu. En ski alpin, Aurélie Richard, 20 ans, a décroché quatre médailles pour ses premiers Jeux (trois en argent, une en bronze) quand le fondeur Karl Tabouret, 22 ans, a été sacré champion paralympique sur le 10km classique. Mais il y aura aussi les regrets, comme le rendez-vous manqué des snowboardeurs tricolores en Banked Slalom ou encore l’absence de médailles en biathlon.

    Place aux Alpes 2030

    L’Italie passera désormais le flambeau à la France, chargée d’organiser la prochaine édition des Jeux en 2030, dans les Alpes. Comme pour les Jeux olympiques, le dévoilement de la carte définitive des sites, répartis entre les régions Provence-Alpes-Côte d’Azur et Auvergne-Rhône-Alpes, est attendu pour juin prochain. « Les Jeux en Italie, sont les premiers à être aussi éclatés, et les Alpes-2030 seront sur ce modèle-là donc nous devrons être attentifs », avait déclaré en janvier dernier la présidente du Comité paralympique et sportif français Marie-Amélie Le Fur, qui a tenu une conférence de clôture dimanche pour dresser le bilan. Entre « expérience des athlètes », « stratégie de billetterie » ou question de l’accessibilité de la montagne, la France aura encore quatre ans pour préparer ses Jeux. Elle pourrait aussi connaître le retour des athlètes du sport adapté, privés d’épreuves depuis 1998.

  • Objectif top 4 affiché pour les Bleus aux Jeux Paralympiques

    Objectif top 4 affiché pour les Bleus aux Jeux Paralympiques

    Si la polémique autour de la réintégration de la Russie a pris le pas sur le sportif (notre édition de vendredi), l’équipe de France espère réaliser une belle campagne paralympique.

    Treize athlètes, accompagnés de quatre guides pour épauler les sportifs déficients visuels, représenteront les couleurs tricolores lors de ces Jeux à Milan Cortina. Les Bleus sont engagés dans quatre disciplines : le para ski alpin, le para snowboard, le para ski de fond et le para biathlon. « Nous avons une équipe de France resserrée, mais néanmoins très ambitieuse dans un contexte concurrentiel qui augmente, tant sur les Jeux d’été que les Jeux d’hiver », souligne Marie-Amélie Le Fur, présidente du Comité Paralympique et Sportif Français (CPSF), persuadée que 100% des athlètes sélectionnés sont « médaillables ».

    « Un choix de la Fédération française de handisport », ajoute-t-elle. Parmi eux, Benjamin Daviet, quintuple médaillé d’or aux Paralympiques, sans oublier ses cinq autres médailles (quatre d’argent, une de bronze), visera une nouvelle moisson en paraski de fond et parabiathlon. D’autres représentants tricolores sont attendus sur les pistes italiennes, à l’image d’Aurélie Richard, paraskieuse de 20 ans aux quatorze podiums dont quatre victoires depuis décembre.

    Finir comme en 2022

    En 2022, les Bleus avaient terminé à la 4e place au tableau des médailles, avec 12 médailles, dont 7 en or. Même objectif pour cette nouvelle campagne paralympique. « L’ambition de cette équipe de France est de finir dans le top 4 », martèle avec conviction Marie-Amélie Le Fur.