La Marseillaise : Quels sont les gros chantiers prévus pour la rentrée à Forcalquier et sur la communauté de communes ?
David Gehant : Nous sommes très portés sur le respect des engagements qu’on a pris. Le programme pour lequel on est élu, pour certains candidats ou pour certains politiques, c’est un document qui sert à se faire élire, alors que pour nous, c’est vraiment une feuille de route. Là-dedans, il y a un certain nombre de projets qui sont des grands projets d’envergure. Je pense au pôle des arts et de la culture notamment pour rassembler tous les arts vivants, danse, chant, théâtre, musique, dans un même lieu.
Ou encore à la réhabilitation de la piscine et sa transformation en pôle aqualudique. Cela devient de plus en plus urgent parce que la piscine actuelle a 60 ans et est dans son jus. On colmate chaque année les brèches jusqu’au moment où on ne pourra plus. Et on sait que c’est un service public qui est très important, notamment pour la cohésion sociale, parce que c’est un lieu de rencontre.
Il y a aussi l’agrandissement ou la création d’un nouveau pôle de santé. Notre centre de soins non programmé au mandat précédent a créé une dynamique positive et donc il y a des médecins qui viennent ou qui veulent s’installer. On avait des locaux disponibles à l’étage qui sont aujourd’hui pleins. On ne veut surtout pas qu’il y ait une rupture dans la dynamique et on va donc assez rapidement créer des lieux supplémentaires pour accueillir ces praticiens.
Vous êtes dans une volonté d’apaisement avec l’opposition ?
D.G. : On l’a toujours plus ou moins été. Dès 2020, au lendemain de l’élection, j’ai dit que le combat électoral, c’est pendant la durée d’une élection, mais que nous serons les élus de tous les Forcalquiérens et que la minorité ou l’opposition a une place là-dedans. Cette main tendue n’a pas forcément été saisie en 2020. J’ai l’impression que déjà en fin de mandat, les choses avaient un peu évolué et les protagonistes qui étaient vraiment anti-rapprochement avaient démissionné. Il restait un ou deux éléments qui avaient une perception très idéologique de l’engagement politique et public qui, par définition, empêche le rapprochement et le bon sens. À l’élection du maire, j’ai eu plus de voix que ce que j’ai de collègues majoritaires. C’est la preuve que l’opposition a aussi voté pour moi. C’est quand même un signe d’apaisement. Le soir même de la victoire, j’ai fait très attention à ce que Jean-Michel Grès [tête de la liste citoyenne Forcalquier en commun, ndlr] soit traité très correctement. Je l’ai fait monter avec moi sur l’estrade. Je lui ai proposé de prendre la parole. Il y a des campagnes, c’est normal. Une fois qu’elle est passée, on est tous là pour l’intérêt général.
Vous disiez lors de l’annonce de votre candidature que Daniel Spagnou vous avait choisi depuis plusieurs mois pour prendre sa suite à la tête de l’association des maires. Pourquoi, selon vous, avait-il pensé à vous ?
D.G. : Il y a d’abord le jour de la Marianne d’or qu’on a reçue ici, quand il annonce au micro, devant toutes les autorités, qu’il me considère comme son successeur. Il y a un premier message politique qui est posé. Ensuite, il y a le choix de Forcalquier comme lieu pour l’Assemblée générale, symboliquement, pour prendre la succession de Daniel. Daniel ne laissait rien au hasard. Et donc, s’il choisit Forcalquier, il y a un symbole.
Je veux continuer à faire perdurer son héritage. Après, nous sommes deux générations différentes. Et donc, on va appréhender les choses sous un angle différent. On va essayer d’apporter une touche de modernité sur la manière de faire, notamment, on le fera dès l’assemblée générale, où on va arrêter les discours sans fin. C’était un peu devenu ça, toutes les autorités ont envie de s’exprimer, mais les maires ne viennent pas pour écouter dix discours d’un quart d’heure chacun. On a besoin de modernité, d’interactivité, d’échange. Donc, on va mettre ça sous forme de table ronde, où chaque autorité pourra s’exprimer, mais en même temps, interagir avec la salle. Ce sera quand même, à mon avis, plus constructif.
Qui est-ce que vous soutenez pour les élections sénatoriales ? Jean-Yves Roux (PRG) revendiquait votre soutien, mais ça n’a jamais été annoncé officiellement. Est-ce que vous soutenez plutôt Stéphanie Colombero (LR) ?
D.G. : Il m’est très difficile, à trois semaines d’une élection à la présidence de l’association des maires du département, que je revendique comme neutre, de prendre position. Qu’est-ce que comprendraient les gens de droite, si j’appelais à voter pour un candidat de gauche, et inversement ? J’ai beaucoup d’amitié et d’estime pour Stéphanie Colombero. On a mené des combats politiques ensemble. Et en même temps, je travaille très bien avec Jean-Yves Roux. On a réfléchi souvent ensemble, avec Daniel Spagnou, à comment trouver des solutions pour l’association des maires.
Vous disiez que les parlementaires du département n’avaient plus de voix à porter parce qu’ils ne siégeaient pas dans la majorité. Pour vous, c’est important d’avoir quelqu’un qui est dans la majorité ?
D.G. : Je disais d’abord que les parlementaires sont démonétisés par le non-cumul des mandats. Force est de constater que ça a surtout servi à niveler par le bas le niveau des élus. Comme il n’est plus possible de cumuler mandat local et parlementaire, on n’a pas forcément les meilleurs, et donc, progressivement, on a diminué le niveau des parlementaires. On a deux députés qui sont dans l’opposition. Le sénateur, c’est un peu différent, parce qu’il a quand même des liens avec la majorité sénatoriale. Quand vous êtes dans l’opposition, vous n’avez aucun poids.
Vous parlez de « deux extrêmes ». Est-ce que pour vous, LFI représente le même danger que le RN ?
D.G. : Oui. Je pense qu’aujourd’hui, la position qui est prise par Jean-Luc Mélenchon, par les parlementaires toute la journée, que ce soit à l’Assemblée ou que ce soit sur les plateaux télé, est très claire. Ils n’ont plus du tout envie d’un pays unifié. Ils alimentent le débat politique au travers de sujets qui ne peuvent que diviser et fracturer le peuple français. Et c’est en cela qu’il y a un lien entre les deux extrêmes. Cette volonté commune de morceler, de segmenter la population.