Le long-métrage retrace les jours ayant précédé l’assassinat du professeur d’histoire-géographie Samuel Paty en octobre 2020. Initiée par la Région, cette séance s’inscrit dans une « démarche de démocratisation culturelle et de sensibilisation des jeunes aux enjeux citoyens ». Une masterclass avec le réalisateur est prévue à l’issue de la projection afin d’échanger autour de la liberté d’expression, de la laïcité et du respect de l’autre.
Tag: assassinat
-

Une projection pour éclairer la minute de silence pour Samuel Paty
Le 16 octobre 2020, le professeur d’histoire géographie Samuel Paty était assassiné par un terroriste islamiste, non loin de son établissement à Conflans-Sainte-Honorine. Le Département des Bouches-du-Rhône a organisé ce lundi une projection de L’abandon, fiction documentée qui retrace les derniers jours de l’enseignant, signée Vincent Garenq, présentée hors compétition lors du Festival de Cannes 2026. « C’est important d’avoir des professeurs qui s’engagent pour le respect de la liberté » a souligné la présidente (DVD) du Département, Martine Vassal, en ouverture de la séance. « Cette semaine est un temps d’hommage aux deux grands serviteurs de la République Samuel Paty et Dominique Bernard » a appuyé Bruno Martin, secrétaire général de l’académie.
300 élèves de 3e venus d’établissements divers, ainsi que leurs professeurs, se sont rassemblés au cinéma de la Joliette à Marseille, pour une séance autour de la laïcité et de la liberté d’expression.
Rétablir les faits et tirer des enseignements« Peu d’élèves connaissaient réellement l’histoire de Samuel Paty », a observé Marion de Blaÿ, productrice du film L’abandon. Ce constat a d’abord motivé la création du film, puis sa diffusion auprès des publics scolaires. Un travail a été engagé avec des professeurs pour construire un dossier pédagogique visant à faciliter le travail avec les collégiens en amont. Après la projection, les collégiens ont questionné l’acteur principal du film, Antoine Reinartz, et sa productrice, Marion de Blaÿ. Une partie des interrogations ont porté sur la façon dont l’acteur s’est emparé du rôle : « Quel était votre ressenti en jouant Samuel Paty ? », « Comment avez-vous travaillé le rôle ? » « Avez-vous rencontré les élèves de monsieur Paty ? » D’autres élèves ont questionné l’équipe sur la réalisation du film : « Est-ce que vous avez présenté les faits réels ? », « Comment avez-vous trouvé toutes vos informations ? » « Vous avez fait vous-même votre enquête ? »
Marie Delouze, déléguée académique à l’éducation artistique et à l’action culturelle du rectorat de l’académie d’Aix-Marseille, a tiré un bilan très positif de cette médiation. « C’est un travail très utile, on a beaucoup de témoignages d’élèves qui ne savaient pas exactement ce qu’il y avait derrière la minute de silence annuelle en hommage au professeur », a-t-elle ajouté, estimant que le film « incarne cette minute de silence ». « C’est une œuvre d’utilité publique », a-t-elle conclu.
-

L’ombre de Loïk Le Priol sur les hauteurs du Mont Faron
Les échos de l’assassinat de l’ex-international argentin de rugby Federico Martín Aramburú, dans la nuit du 18 au 19 mars 2022, résonnent jusqu’au Var. C’est dans les oliveraies du domaine familial de l’Octopus, à Draguignan, que l’auteur des coups de feu mortels, Loïk Le Priol, s’était reconverti après son passage par l’armée, avant de rejoindre l’entreprise de retape de Jeeps anciennes de son père.
C’est dans une annexe de cette même propriété familiale qu’il s’était immédiatement réfugié après la mort du rugbyman, là même où la police a retrouvé un véritable arsenal. Au milieu de la trajectoire du militant identitaire, cet héritage familial s’est invité aux assises de Paris, ce vendredi, au cinquième jour du procès de l’assassinat de Federico Martín Aramburú.
« Tout ça à cause d’un putain de match de rugby, défendait le père de l’assassin présumé, Denis Le Priol, 63 ans. C’est une connerie ! Une connerie d’ivrognes à 6 heures du matin ! » Ancien para, l’entrepreneur varois qui témoignait à la barre était déjà une personnalité connue. Passionné de véhicules anciens et particulièrement des jeeps états-uniennes, qui ont « chassé le nazisme », il avait participé à deux saisons de l’émission Vintage mecanic, sur RMC. Une passion transmise, avec le même goût des armes, à son fils qui apparaît en 2022 dans un clip du rappeur Ninho au volant d’un véhicule militaire loué à son père. La nuit du 18 au 19 mars 2022, c’est à bord d’une Jeep que Loïk Le Priol rattrape Federico Martín Aramburú.
Pour son père, l’amour des vieux véhicules militaires, qui défilent dans les différentes reconstitutions historiques dans toute la France à l’occasion des cérémonies de commémoration, est très lucratif. Son ancienne société de surplus américain, dont il a quitté la présidence en 2022, réalisait l’année précédente un résultat net de 624 000 euros. De quoi lui permettre de racheter, en novembre 2024, l’emblématique fort du Grand Saint-Antoine, sur les hauteurs du Mont Faron, pour 990 000 euros, dix ans après une première cession par le ministère des Armées. « Le Grand Saint-Antoine est l’un des seuls forts français, si ce n’est le seul, à avoir été libéré par des Résistants », racontait-il dans les colonnes de Var Matin, le 2 mai dernier, avant une première réouverture au public des lieux où il envisage d’aménager un musée dédié à ces véhicules militaires qu’il collectionne, ainsi qu’aux différents casques. Il parlait alors de solliciter la municipalité.
Il a pourtant évolué loin des valeurs de la Résistance. Selon Libération, l’ex-para a frayé avec la Fédération d’action nationale et européenne, groupuscule néonazi qui avait scissionné d’Occident en 1966, avant d’être dissous par décret en 1980.
« Loïk, raciste ? »à la barre ce vendredi, Denis Le Priol se présente simplement comme « chrétien ». Mais il prend la défense de son fils, ancien commando de marine au « parcours militaire fabuleux » et dont il conteste tout passif gudard. « Loïk, raciste ? ça m’étonnerait ! On est partis en Afrique forer des puits. Il a toujours été ouvert aux autres », assurait-il. Selon son témoignage, le père, qui pratique encore le tir sportif, n’a jamais vu son fils équipé d’armes au quotidien, mais s’était alarmé de son évolution au retour du Sahel : « J’avais l’impression de voir un chien de gardiennage, toujours aux aguets. » Lui qui présentait les excuses de sa famille à celle du rugbyman assassiné, se défendant de prendre la défense de son fils, n’en assurait pas moins : « S’il ne s’était pas défendu, c’est peut-être lui qui y serait passé. » Selon l’autopsie, deux des balles mortelles ont été tirées dans le dos.
-
![[Entretien] Vincent Hérissé : « Le rapport de Marseille avec la drogue est ancien »](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/09/4f8282c5a393ce04f3bd67e77de1d2a9.jpg)
[Entretien] Vincent Hérissé : « Le rapport de Marseille avec la drogue est ancien »
La Marseillaise : Le trafic de drogue à Marseille a déjà été beaucoup traité. Pourquoi avoir décidé de faire un documentaire sur ce sujet ?
Vincent Hérissé : L’idée, c’était aussi de décadrer le regard pour essayer de comprendre comment on en était arrivés là, en plongeant un petit peu dans le passé, en remontant à l’origine de tout ça. Il y a, effectivement, beaucoup de littérature et de reportages produits sur ce qui se passe aujourd’hui. Et moi, j’avais envie un petit peu de comprendre comment Marseille est devenue ce qu’elle est aujourd’hui. De fil en aiguille, je suis remonté jusqu’au début du XXe siècle, donc dans les années 1920, qui sont, on va dire, le point de départ de la présence de la drogue à Marseille. L’intention de la série c’était aussi de faire une sorte de portrait de Marseille, mais vue au travers de ce prisme, de la présence de la drogue dans la ville.
Et aussi de rappeler que la violence que l’on connaît aujourd’hui a déjà existé dans
le passé ?V.H. : Absolument. Quand j’ai commencé à creuser le sujet, je me suis rendu compte que l’année 2023 a été une année paroxysmique au niveau de la violence. Mais je me suis aussi rendu compte que Marseille avait déjà connu des périodes d’extrême violence en lien avec le trafic de drogue : les années 80. Dans la série, il y a donc un épisode consacré à ces années, où on est sortis de la French Connection [réseau d’exportation d’héroïne vers les États-Unis. ndlr]. On a déclaré qu’on avait gagné la guerre contre la drogue et qu’on avait réussi à battre ce réseau, mais ce n’était pas tout à fait vrai. Au début des années 80, il y a l’assassinat du juge Michel à Marseille par un groupe de trafiquants, car il avait commencé à nouveau à découvrir et démanteler plusieurs laboratoires d’héroïne. C’était la preuve que le trafic continuait et qu’il s’était réorganisé. Et ces années ont été terribles. Notamment en 1986, où il n’y a eu qu’un mort de moins que lors de l’année 2023. Donc on se rend compte que ce qui a été terrible il y a quelques années, Marseille l’avait déjà connu par le passé, mais l’a relativement oublié. Les gens ne se souviennent pas de cette période qui a été extrêmement violente avec déjà des victimes collatérales.
Pourquoi c’était important de faire ce retour dans le passé ?
V.H. : Je trouvais ça intéressant de raconter que le narcotrafic n’est pas né comme ça spontanément, de rien. Le rapport de Marseille avec la drogue, il est ancien. Il s’explique par un tas de choses. Le port colonial d’abord, puis les différentes vagues de migration de communautés très pauvres notamment les Corses, et les Italiens du Sud. Et enfin, le trafic commercial qui était très important au début du siècle et après la guerre. Ces éléments expliquent pourquoi Marseille a tenu cette place si importante dans le trafic de drogue, notamment au moment de la French connection. Mais c’est aussi ce qui explique, comment ce trafic s’est développé. C’est cette histoire que je trouvais importante à raconter pour arriver à comprendre comment on en arrive à cette situation sidérante.
Une situation qui aurait été
sous-estimée ?V.H. : C’est ce que l’on montre dans les deux derniers épisodes. Elle a été volontairement sous-estimée, tolérée, on peut le dire comme ça, pendant très longtemps. Jusqu’à ce que ça explose quand il y a eu des morts. Lorsqu’en 2010 deux adolescents sont rafalés sur un point de deal, dont un jeune de 15 ans qui en est mort et un gamin de 11 ans qui en réchappe. D’un seul coup, tout le monde se précipite sur Marseille et on semble découvrir qu’il y a un problème. Sauf qu’à ce moment-là, c’est déjà trop tard, le trafic est trop ancré, et ça génère déjà énormément d’argent.
-

Affaire Aramburu : deux anciens du GUD à la barre
Federico Martin Aramburu, 42 ans, était monté à Paris pour le match France-Angleterre du Tournoi des Six Nations. L’ancien international argentin n’est jamais rentré au Pays basque. Dans la nuit du 19 mars 2022, il tombait sous les balles de Loïk Le Priol, jugé à partir de lundi devant la cour d’assises de Paris pour assassinat. À ses côtés comparaîtra Romain Bouvier pour tentative d’assassinat. Tous deux encourent la réclusion criminelle à perpétuité. L’ex-compagne de Le Priol est jugée pour complicité de tentative d’assassinat, tandis qu’un proche de la mouvance d’extrême droite comparaîtra notamment pour avoir aidé Bouvier dans sa fuite et dissimulé certains éléments.
L’affaire constitue l’épilogue d’une algarade alcoolisée survenue à l’aube dans une brasserie du boulevard Saint-Germain. Aramburu et Shaun Hegarty, ancien équipier à Biarritz, s’y étaient attablés avant de regagner leur hôtel. À une autre table se trouvaient Le Priol, Bouvier et la compagne du premier. Les échanges, d’abord détendus, se tendent progressivement. Peu après 6h, Aramburu agrippe Le Priol par la capuche et le met au sol. Une bagarre éclate. Des témoins rapportent alors les menaces de Le Priol : « Je vais le tuer », « On va les trouver. » Quelques minutes plus tard, une Jeep s’arrête à hauteur des deux rugbymen. Armé, Bouvier tire plusieurs fois. Blessé, Aramburu se relève encore lorsque Le Priol accourt et ouvre le feu à six reprises. Cette fois, l’Argentin s’effondre. « Je vais mourir », dit-il avant d’expirer.
Le procès examinera le passé des accusés, anciens membres de la galaxie du GUD, et l’état de stress post-traumatique invoqué par Le Priol, et les divergences entre experts sur ses éventuelles conséquences sur son discernement.
-

Sonia Bellina : l’enquête avance, la haine misogyne éclate
Le 21 août, l’enquête sur la mort de Sonia Bellina a franchi une étape décisive. Un homme de 32 ans, domicilié dans le Gard, a été mis en examen pour « assassinat » et placé en détention provisoire. Le suspect, présumé innocent, a reconnu avoir rencontré la jeune femme la veille et la nuit des faits dans le cadre d’une relation tarifée, mais n’a pas reconnu l’avoir tuée et a exercé son droit au silence. Selon le parquet, plusieurs éléments laissent penser qu’il aurait été son dernier contact.
Déjà condamné pour violences conjugales en 2023, il portait un bracelet anti-rapprochement destiné à protéger son ex-compagne. Un second homme, placé en garde à vue, a été remis en liberté et mis hors de cause à ce stade. Pour rappel, le corps de Sonia Bellina, 29 ans, avait été découvert le 12 août partiellement carbonisé dans des vignes à Saint-Gilles. Son identité a été confirmée une semaine plus tard par ADN. L’information judiciaire doit désormais préciser le déroulement et le mobile du crime.
La misogynie
jusque dans la mortSi la justice retient à ce stade la qualification d’« assassinat », plusieurs associations et responsables politiques parlent déjà de féminicide. Le mobile misogyne n’est pas établi par l’enquête. Mais la misogynie s’est manifestée avec violence après sa mort : commentaires sur son corps, sa vie privée ou encore son activité supposée d’escort-girl, jusqu’à des messages affirmant qu’elle aurait « mérité » son sort. Une mécanique bien connue des associations féministes : disséquer une vie et des choix pour chercher à expliquer, relativiser voire excuser la violence subie.
Sa famille, par la voix de son avocat Me M. Battikha, a dénoncé une « double peine » et annoncé vouloir poursuivre les auteurs de ces publications. Au-delà de l’enquête, l’affaire Sonia Bellina met une nouvelle fois en lumière la persistance d’une culture de culpabilisation des femmes victimes de violences, jusque dans la mort.
« Un féminicide supplémentaire »
La section nîmoise du PCF indique dans un communiqué son « horreur » après l’assassinat de Sonia Bellina et adresse ses condoléances à sa famille. Pour son secrétaire Jacques Chabalier, ce crime constitue « un féminicide supplémentaire » et rappelle l’urgence de faire des violences faites aux femmes une priorité nationale. Le parti dénonce aussi les « logiques masculinistes » et les propos misogynes diffusés depuis la mort de la jeune femme sur les réseaux sociaux, appelant à des plaintes et des condamnations. A.J.
-

Jaurès, une pensée libre assassinée il y a 112 ans
Le 31 juillet 1914, Jean Jaurès est assassiné par un nationaliste. Il est la première victime de la guerre. Son enterrement, le 4 août, coïncide avec le début du conflit.
La pensée de Jaurès était éminemment libre, toujours en mouvement, liée intimement à l’action politique, mais aussi à la recherche historique et philosophique.
Alors que les calomnies les plus infâmes de la réaction ont justifié par avance, sinon armé, le bras de son assassin, des hommes et femmes politiques de droite et d’extrême droite aujourd’hui, héritiers de cette réaction et falsificateurs de l’histoire osent se réclamer de Jaurès, sans la moindre vergogne.
Collaborateur
de la DépêcheNé le 3 septembre 1859, à Castres dans le Tarn, ce brillant élève du lycée de la ville est reçu premier à l’ENS de la rue d’Ulm, puis troisième à l’agrégation de philosophie. Il enseigne d’abord au lycée d’Albi, ensuite à la Faculté de Toulouse. Élu député en 1885, il fait partie des républicains qui soutiennent la politique des gouvernants de l’époque, notamment celle de Jules Ferry.
Docteur ès lettres en 1892, il continue son activité politique évoluant dans la mouvance radicale-socialiste. Il est aussi un collaborateur régulier de La Dépêche de Toulouse future Dépêche du Midi.
Aussi conseiller municipal de Toulouse, puis rapidement maire adjoint à l’instruction publique. Il écrit dans La Dépêche le 4 juin 1892 dans le contexte de l’affaire Dreyfus, « c’est qu’au fond, il n’y a qu’une seule race, l’humanité ». Ses mots résonnent dans la France de 2026.
Les grèves des mineurs de Carmaux de 1892 à 1895 vont le voir s’engager résolument de leur côté. Il comprend alors que le prolétariat comme classe a en mains la clé du devenir de l’humanité ; il est la force sociale fondamentale capable de briser le système de la propriété privée des moyens de production, le système capitaliste. La classe ouvrière est la seule classe qui n’a aucun intérêt distinct de celui de la société globale, en conséquence, elle est la classe porteuse de l’avenir.
Libre penseur et fort de sa vaste culture il connaît l’histoire et le rôle joué par l’Église au travers des siècles. C’est dans ce contexte qu’il a lutté contre l’obscurantisme, défendu l’émancipation et œuvré pour l’élaboration et le vote de la loi de séparation entre les Églises et l’État.
Fondateur de l’HumanitéEn 1904, Jean Jaurès est l’un des fondateurs du quotidien L’Humanité. Et le rôle de ce quotidien est capital dans cette période. Le journal est de toutes les luttes. Il dénonce la catastrophe de Courrières et soutient les revendications ouvrières, tente d’arracher la France au « guêpier marocain » et surtout se dresse contre le péril de la guerre. Le 31 juillet, dans son ultime éditorial, Jaurès écrit : « C’est à l’intelligence du peuple, c’est à sa pensée que nous devons aujourd’hui faire appel si nous voulons qu’il puisse rester maître du sol, refouler les paniques, dominer les événements et surveiller la marche des hommes et des choses pour écarter de la race humaine l’horreur de la guerre ».
Jaurès, symbole
du pacifisme« Ils ont tué Jaurès »
Jean Jaurès aura lutté contre la guerre les dix dernières années de sa vie. « Le capitalisme porte la guerre comme la nuée porte l’orage » disait-il. Il s’oppose notamment à la loi des Trois ans qui veut augmenter la durée du service militaire de 2 à 3 ans pour préparer l’armée française à une guerre avec l’Allemagne. Mais elle sera adoptée malgré son discours devant 150 000 personnes le 25 mai au Pré Saint-Gervais donnant lieu à la célèbre photo de Maurice-Louis Branger. Le 31 juillet 1914, Jean Jaurès est assassiné. La mort de la figure emblématique du pacifisme a été suivi du ralliement de la gauche française à « l’union sacrée ».
-

Nouvelles arrestations dans l’affaire Kessaci
Quatre autres suspects ont été interpellés, ce mardi 30 juin, dans l’enquête sur l’assassinat à Marseille de Mehdi Kessaci, 20 ans, dont le frère Amine est une figure de la lutte contre le narcotrafic, ont indiqué, mercredi, une source policière et une autre source proche du dossier, confirmant une information du Parisien.
Fin mars, six personnes, cinq hommes et une femme, avaient déjà été mises en examen dans l’enquête sur la mort du jeune homme de 20 ans, totalement étranger au trafic et inconnu de la police comme de la justice, tué de plusieurs balles, en plein après-midi à Marseille, le 13 novembre 2025.
Trois des suspects sont soupçonnés d’avoir joué un rôle dans la logistique, en ayant participé à l’organisation ou aux actes commis après les faits, selon la source proche.
Le quatrième, d’après la même source, aurait été engagé comme tireur pour une opération la veille, qui n’a finalement pas eu lieu. Ce dernier est présenté comme un exécutant de la DZ Mafia, précise Le Parisien.
L’assassinat de Mehdi Kessaci avait provoqué une onde de choc, le ministre de l’intérieur, Laurent Nunez, évoquant d’emblée un meurtre « d’avertissement ». S’en était suivie une vaste marche blanche d’hommage au jeune homme, à Marseille et un peu partout en France, à l’appel de l’association Conscience, fondée par Amine Kessaci, pour venir en aide aux familles victimes du narcotrafic.
Une exécution menée
par la DZ Mafia ?Les enquêteurs de la police judiciaire et de l’Office central de lutte contre le crime organisé (OCLCO), qui voient dans ce meurtre la main de la DZ Mafia, gang marseillais de narcotrafiquants, sont parvenus à déterminer que les tueurs s’étaient « trompés de cible » et qu’ils visaient Amine Kessaci.
Militant écologiste engagé dans la lutte contre le narcotrafic, Amine Kessaci (EELV) est devenu depuis 4e adjoint au maire de Marseille, Benoît Payan (DVG), à l’issue des élections municipales fin mars.
L’information judiciaire sur la mort de Mehdi Kessaci a été confiée à des juges d’instruction parisiens et suivie par le Parquet national anti-criminalité organisée (Pnaco).
Le narcobanditisme a coûté la vie à 17 personnes en 2025 à Marseille, selon les autorités, un chiffre en baisse par rapport aux précédentes années (24 morts en 2024 après le record de 2023 avec 49 morts liés à une guerre des gangs pour le contrôle des points de deal dans les Bouches-du-Rhône).
Pour Amine Kessaci, le combat continue. « Je pense que ce vécu, cette histoire personnelle, viennent raconter que dans ce pays, on a voulu regarder ailleurs. On a regardé ce qu’il se passait au Mexique, en Italie et pendant ce temps-là, on n’a pas vu que le monstre était en train de s’éveiller et de grossir dans notre pays », indiquait le jeune élu dans nos colonnes, fin mai. Favorable aux prisons de sécurité mises en place par Gérald Darmanin, ministre de la Justice, il s’est aussi engagé à travailler en profondeur sur la prévention avec la Ville, et également à apporter un soutien aux familles de victimes, dans le cadre d’un comité inter-bailleurs, en tant que président de Marseille Habitat, pour les reloger.
« Au-delà de nous voler nos vies, les narcotrafiquants viennent voler un des pouvoirs de l’école de la République : faire rêver, dessiner des perspectives d’avenir », estimait Amine Kessaci, bien décidé à agir pour y parvenir.
-

Cinq ans après, un nouvel hommage à Éric Masson
Le 5 mai 2021, Éric Masson, brigadier de police de 36 ans, était tué lors d’une opération de contrôle sur un point de deal, rue Râteau, dans le centre-ville d’Avignon. Depuis, chaque année, sa mémoire est honorée. Cinq ans après, une cérémonie était donc organisée, ce mardi en fin de matinée, sur le parvis du commissariat d’Avignon, où travaillait ce père de deux petites filles.
L’une d’entre elles était présente, aux côtés de sa veuve et de son père, lui aussi ex-policier. Une cérémonie sans discours, avec passage en revue des troupes et Marseillaise a cappella, mais pas sans émotion. « On n’oublie jamais nos morts, son décès a marqué la police nationale, on accompagne sa famille et ses collègues », confie Virginie Brunner, directrice générale adjointe de la police nationale, qui avait le déplacement depuis Paris. Éric Masson figure parmi les 8 « victimes du devoir » recensées à Avignon. « C’est important de garder sa mémoire, cela rappelle que les policiers risquent leur vie », souligne le préfet Thierry Suquet, qui a déposé une gerbe.
Comme Cécile Helle avant lui, Olivier Galzi était aussi de la cérémonie. « C’est très symbolique que mon premier dépôt de gerbe se fasse à sa mémoire », note le nouveau maire (DVD) qui s’est dit « triste et inquiet » lorsque le drame est survenu en 2021, d’autant que lors de l’assassinat d’Éric Masson, « son épouse travaillait chez Edeis quand j’en étais le vice-président ». « Sa mort est le symbole d’une police dédiée à la sécurité de notre ville, mais aussi celui d’un narcotrafic qui a commencé à gangrener notre ville », estime Olivier Galzi alors que, ce lundi soir, un mineur de 17 ans a été abattu à Monclar sur fond présumé de trafic de drogue (lire page suivante).
Il y a cinq ans, Éric Masson, pensant intervenir pour une bagarre, était tombé sur une transaction de drogue. Au moment du contrôle, Ilias Akoudad avait alors tiré par deux fois mortellement sur le policier. En mars 2024, il avait été reconnu coupable de meurtre sur une personne dépositaire de l’ordre public, et condamné à 30 ans de prison dont 20 ans avec sûreté. L’an dernier, la Ville d’Avignon avait inauguré un square à la mémoire du policier, rue Râteau. Sa mémoire est également honorée cette année puisque les promotions d’écoles de gardien de la paix portent son nom. En juin prochain, le nouveau bateau de l’unité nautique de la police de Marseille sera également baptisé du nom d’Éric-Masson.

