Tag: Arts plastiques

  • « Clair obscur » en peintures

    « Clair obscur » en peintures

    La production du studio montpelliérain Sandfall Interactive a reçu en 2025 neuf prix aux Game Awards de Los Angeles, dont celui de « Jeu de l’année ».

    Dans l’exposition « Clair obscur : expedition 33 – La toile aux rêves », les visiteurs peuvent admirer plus de 80 peintures et dessins préparatoires. C’est une occasion de découvrir le métier des « concepts artists », ces illustrateurs qui traduisent en images les idées des développeurs. « Le jeu vidéo, c’est l’œuvre finale. Avant, il y a cinq années de production qui cumulent des archives et des designs absolument magnifiques », explique Marine Macq, la commissaire de l’exposition. Un documentaire retrace le processus créatif du directeur artistique qui a imaginé l’univers visuel du jeu. Nicholas Maxson-Francombe a puisé son inspiration à la fois dans le fantastique et la France de la Belle Époque.

    « Clair Obscur » est un jeu de rôle dans lequel les gamers incarnent les membres d’une équipe chargée de conjurer une malédiction. Des éléments de décors de cette quête sont recréés en taille réelle. Les fans devraient apprécier de pouvoir s’installer à la terrasse du Grand Café de lumière. D’autant plus que l’exposition est gratuite !

    Julien Bramy

  • Actoral questionne les racines et les identités à Marseille

    Actoral questionne les racines et les identités à Marseille

    Depuis un quart de siècle, le festival Actoral fait entrer en collision théâtre, danse, musique, arts plastiques, littérature et cinéma à Marseille. Autant de disciplines qui continuent d’irriguer sa 26e édition, présentée mercredi à la presse dans les nouveaux locaux de l’association et centre culturel qui en est aux manettes, Montévidéo, au 45, rue d’Aubagne. Dotés d’une jauge d’une centaine de places assises, des lieux qui accueilleront certaines propositions de son festival phare comme Pédilove, performance de l’artiste marseillaise John Deneveuve ou encore Khalil Khalil, hommage chorégraphique et autobiographique de Khalil Albatran à « son frère mort en martyr pendant la première intifada palestinienne en 1989 ». Pour Hubert Colas, « la mémoire familiale et des origines », mais aussi « la réaction des artistes face au capitalisme » constituent les traits saillants de cette mouture du festival qu’il dirige.

    Actoral, 26e du nom, s’élancera officiellement le 23 septembre au Théâtre des Calanques avec Synthetic/Artefact. Créée par le chorégraphe Tiran Willemse, un monde futuriste animé par des poupées, qu’elles soient « vaudoues » ou bien « plus occidentales, type Barbie », campe Hubert Colas. Une friction de miniatures pour « réparer ce que l’Europe a fait à l’Afrique. Aujourd’hui, la nouvelle génération d’artistes découvre qu’il y a une censure intérieure, malgré elle, qui s’est établie au fil des années à cause du politique. Ils se disent que l’image de la société qui leur est renvoyée n’est pas conforme à ce qu’ils sont en réalité », souligne-t-il. Adèle Haenel sera ainsi l’une des invités de renom de cette édition, elle qui viendra présenter à la Friche Belle de Mai Voir clair avec Monique Wittig, faisant résonner de manière dramaturgique la pensée de cette pionnière du Mouvement de libération des femmes ayant aussi fait partie des « Gouines rouges ».

    Une île et un bunker

    Parmi ses autres marques de fabrique, Actoral est aussi « un temps fort autour d’artistes qui viennent des arts visuels et vont vers la performance », rappelle Hubert Colas. Parmi ceux-ci, Geneviève Matthieu qui « invoque une île étrange où les repères vacillent par la poésie, l’entraînement physique, musique et chant » dans Danse prophétique à l’île bizarre, au Théâtre des Bernardines. Au Fonds régional d’art contemporain (Frac Paca), Gaëtan Rusquet inondera quant à lui l’espace de ballons de baudruche dans un geste sculptural. Des diversités esthétiques qui ne sauraient faire oublier la prédominance de la question sociale sur nos identités, comme pourra le suggérer Bunker de Marion Siéfert et Matthieu Bareyre. Visible à la Friche Belle de Mai, « l’histoire d’un PDG d’un groupe pétrochimique qui vit enfermé avec sa fille dans un bunker », illustrant « la volonté séparatiste de cette caste désolidarisée du sort commun », estime Hubert Colas.

  • [C’est l’été] À Draguignan, les arts plastiques pour tous

    [C’est l’été] À Draguignan, les arts plastiques pour tous

    L’association Trait Libre a réuni petits et grands mardi au parc Chabran pour une séance d’arts plastiques de rue intergénérationnelle, la deuxième organisée cet été.

    Quatre ateliers par semaine

    Les animations se poursuivent jusqu’au 6 août avec quatre ateliers par semaine, gratuits, ouverts à tous, sans réservation et sans matériel à prévoir. Le prochain rendez-vous est fixé ce mardi aux Négadis. Les participants se retrouvent chaque lundi et jeudi au parc de loisirs du Jardin de la Tour, le mardi aux Négadis et le mercredi au parc Chabran. Depuis 25 ans, l’association œuvre pour promouvoir les arts plastiques et les arts thérapeutiques. « Ces moments sont importants pour démocratiser la pratique et offrir des espaces pour partager et créer ensemble », souligne Sandrine Guthmuller, membre de l’association. Cet été, les participants explorent trois thèmes : totem, masque et ombre. « Ce qu’on retient surtout, c’est la mixité entre toutes les générations », conclut Sandrine Guthmuller.

  • Un atelier artistique pour les patients de l’Établissement de Psychiatrie du Var

    Un atelier artistique pour les patients de l’Établissement de Psychiatrie du Var

    Depuis lundi, dans les jardins de l’Établissement de psychiatrie du Var, on peint, danse, crée, dans le cadre d’un atelier artistique proposé par Châteauvallon et la compagnie Artmacadam. Intitulé « Invente ton Nid », ce projet porté par l’Agence régionale de santé (ARS) et la Direction régionale des affaires culturelles (DRAC) invite des patients en psychiatrie, âgés pour la plupart de plus de 65 ans, à « concevoir leur nid, où ils peuvent rêver et s’envoler, ce qui a du sens en ces lieux », décrit Hélène Charles, coordinatrice artistique d’Artmacadam.

    Une restitution vendredi

    Les prémices de ces ateliers remontent à février : « On est venu dans leur lieu de vie pour les introduire au sujet. On a récolté beaucoup d’informations, on les a fait parler, danser… Il était important de les libérer », évoque Hélène Charles. Depuis lundi, les participants travaillent autour de réalisations évoquant le nid. « Ça peut être des nids de mots, de mouvement… On a utilisé trois médiums : la musique, la danse, les arts plastiques. En imaginant la sécurité, l’amour d’un nid à travers le mouvement du corps, en donnant des musiques, des sons qui les apaisent… C’est un projet polymorphe », décrit l’artiste.

    Pour Michelle, l’une des patientes, c’est une renaissance : « Quand je suis rentrée à l’hôpital, j’ai cru que ma vie était finie. Je me suis réveillée il y a une semaine. J’ai vécu cela tellement fort. Avec les personnes du groupe, on ne se parlait pas. Maintenant, on fait connaissance, c’est une merveille. » « On leur apporte du rêve, un rôle et ça leur donne confiance », s’émeut Hélène Charles.

    Une restitution ouverte au public, réalisée par les membres d’Artmacadam, aura lieu vendredi à 15h dans les jardins du centre hospitalier de Pierrefeu. « Ce sera une rencontre, pas un spectacle. Ça permet d’ouvrir le monde psychiatrique par le biais de l’art et de faire tomber les préjugés. Les patients nous ont fait plein de cadeaux, on va essayer de les restituer au mieux », appuie la coordinatrice artistique.

  • Les élèves des écoles d’art imaginent les Alpes en 2126

    Les élèves des écoles d’art imaginent les Alpes en 2126

    Une centaine d’élèves des écoles d’art de Digne, Forcalquier, Gréoux-les-Bains et Barcelonnette ont inauguré et présenté mercredi soir leur exposition imaginant le département dans 100 ans. Jules, 11 ans, élève à l’école d’art IDBL à Digne, a ainsi imaginé avec quatorze de ses camarades un monde où « on a voulu réparer le réchauffement climatique, mais on a tout foiré ». « C’était un projet très amusant à faire, et chacun a pu apporter ses idées pour imaginer le futur », a renchéri son camarade Gabriel. « Nous avons aimé inventer notre vision du monde de demain, parce que nous sommes aussi les adultes du futur », a lancé Jules. Dans leur monde imaginaire, « le 04 est devenu un monde fragmenté qui flotte dans les airs. Le monde est bloqué dans un hiver éternel », explique le petit garçon. « Les humains habitent dans des bulles et l’atmosphère est irrespirable. »

    « Nous, on s’est dit qu’en 2126, ce serait quand même bien que ce soit quelque chose de meilleur qu’aujourd’hui, sinon c’est anxiogène pour les enfants », a défendu Catherine Hall, professeure d’arts plastique à l’école intercommunale de Forcalquier. « Avec le réchauffement climatique, on en a conclu qu’il y aurait des ananas, des bananes, des oranges dans les arbres, et que le coq pondrait des œufs », a-t-elle décrit. Sur l’un des leurs kakémono (œuvre d’art suspendue), on peut distinguer la citadelle de Forcalquier sous l’eau.

    « Ce que vous découvrez ce soir est une illustration de ce qu’ensemble nous pouvons accueillir lorsque nous mettons l’art et la créativité au cœur de nos politiques publiques, à savoir faire des arts un levier de développement humain et de cohésion pour l’ensemble de notre territoire », a défendu Alain Deslaux, conseiller départemental délégué notamment à la culture.

    Une première rencontre

    « C’est la première fois que les quatre écoles du département travaillent ensemble », se réjouit Isabelle Laban-Dal Canto, conservatrice du patrimoine au département. « La présidence nous a demandé d’organiser des expositions dans cette salle de l’hôtel du département, donc on a fait plusieurs propositions, dont deux ont été retenues : l’artothèque et celle-ci. »

    « C’est compliqué de travailler comme ça avec plein de gens à distance qui ne se croisent pas forcément », a témoigné la directrice de l’école d’art dignoise IDBL, Émeline Eudes. Les quatre écoles qui ont participé, entre Gréoux-les-Bains et Barcelonnette, sont très éloignées, d’un bout à l’autre du département. « Je me mets à la place des jeunes d’aujourd’hui, c’est déjà hyper anxiogène pour nous, entre les guerres, le climat », a ajouté la directrice de l’école. « Sur les kakémonos de l’Ubaye, je trouve qu’il y a un truc intéressant, parce qu’ils parlent du ski, des remontées mécaniques… C’est un vrai sujet aujourd’hui pour toutes les petites stations de ski qui sont en train d’essayer de se transformer. »

    Ce projet s’inscrit dans le schéma départemental, qui assure un maillage territorial « qui permette à toutes les populations disséminées sur le territoire d’avoir une offre accessible financièrement et géographiquement », explique Emeline Eudes. « C’est une obligation légale pour la musique, la danse et le théâtre. Les arts plastiques ne sont pas dedans. Le ministère de la culture oublie systématique l’existence des arts plastiques quand il parle d’enseignement artistique », regrette-t-elle. Heureusement, le département a décidé de les inclure.

    Ce schéma « n’oblige pas le Département à donner des subventions, mais on le fait », avance Anne Rinjonneau, directrice adjointe aux stratégies culturelles. « Souvent, il y a plus de temps de déplacement que d’heures de cours », déplore-t-elle. Le Département a profité de l’occasion pour remettre un chèque de 400 euros à chacune des écoles « pour leur permettre d’acheter du matériel », a annoncé Alain Deslaux.