Tag: art et essai

  • Les Lanceurs d’Arlettes plantent leurs chapiteaux à Odysseum

    Les Lanceurs d’Arlettes plantent leurs chapiteaux à Odysseum

    Après trois années passées au parc Sophie-Desmarets, dans le quartier de La Mosson, avec le festival « Arlette ton cirque », les Lanceurs d’Arlettes étrennent un nouveau projet. Du 3 octobre au 21 novembre, le collectif investit un terrain situé boulevard Télémaque, à Odysseum, pour y installer « Arlette ton Chap’ », un lieu culturel éphémère à la fois scène, espace de création et lieu de convivialité. Deux chapiteaux rouges et jaunes accueilleront, pendant sept semaines, spectacles, concerts, ateliers, artistes en résidence et rendez-vous festifs.

    « On reprend notre itinérance, grâce notamment à l’acquisition d’un chapiteau », explique Léalou Brau, co-coordinatrice de la manifestation. Achetée en 2025 grâce au budget participatif de la Ville de Montpellier, cette structure permet au collectif d’imaginer de nouvelles implantations.

    Sept semaines
    sous les chapiteaux

    Pour cette expérience à Odysseum, un deuxième chapiteau a été prêté par une association amie. Le premier sera transformé en ring du 15 octobre au 1er novembre pour accueillir « Arlette ton Catch », une création des Lanceurs d’Arlettes réunissant huit artistes autour d’un mélange de cirque, théâtre, catch spectacle et humour absurde. Douze représentations sont prévues, du jeudi au dimanche. Un spectacle créé par le collectif, « qui a ensuite pour ambition d’être joué sous chapiteau en itinérance », précise Léalou Brau.

    L’autre chapiteau cultivera l’esprit guinguette. On pourra y manger, boire un verre au Bar’Arlette, écouter de la musique ou découvrir un spectacle. Les mercredis seront tournés vers les familles, avec ateliers de clown et d’initiation aux arts du cirque, spectacles jeune public et café des parents. En octobre, les jeudis proposeront des jams musicales, avec des instruments à disposition. Les vendredis et samedis soirs, concerts et spectacles prolongeront les soirées jusqu’à 0h30.

    La programmation, « à l’image d’Arlette : populaire, curieuse, festive et un peu imprévisible » entend également faire circuler les artistes. Des compagnies locales seront invitées à se produire. Et lorsque le spectacle maison « Arlette ton Catch » aura quitté le chapiteau, en novembre, celui-ci accueillera des compagnies en résidence. « On a à cœur de faire de cette manifestation une plateforme d’échanges, de rencontres, de partage avec les publics, mais aussi entre artistes », souligne Léalou Brau.

    Parmi les temps forts annoncés, le festival Cosmos investira les lieux du 13 au 15 novembre, pour « trois jours de propositions artistiques, entre spectacles, cabaret et univers cosmique » et le 21 novembre, le duo de musique électronique il:lo clôturera cette première édition. Deux vide-greniers sont également prévus, les 18 octobre et 1er novembre.

    Contrairement au festival Arlette ton Cirque, cette nouvelle aventure est entièrement autoproduite. « On va donc devoir mettre en place une billetterie », indique la coordinatrice, mais les tarifs resteront accessibles (entre 8 et 12 euros, gratuit pour les enfants).

    * Toute la programmation sur les réseaux sociaux (Facebook et Instagram) des Lanceurs d’Arlettes.

  • [Cinéma] À Frontignan, des spectateurs bluffés, des objectifs dépassés

    [Cinéma] À Frontignan, des spectateurs bluffés, des objectifs dépassés

    Un scénario parfaitement huilé. Au 12, quai Voltaire, au cœur des anciens chais Botta, Priscilla Schneider n’en croit pas ses yeux. À peine 8 mois après son ouverture en remplacement de l’ancien CinéMistral, son cinéma Quai des lumières cartonne.

    « Cette année, on en est déjà à 119 523 entrées alors qu’on tablait sur ce chiffre en fin d’année », calcule la directrice et associée. Ce n’est pas la seule à avoir le sourire. « Les gens sont bluffés. Ils nous disent qu’ils n’auraient jamais cru avoir cela à Frontignan. »

    Il faut dire qu’ils n’ont pas lésiné sur les moyens. Quatre salles pour un total de 600 places avec une qualité de son optimale (Dolby Atmos en salle 1), des écrans premium (jusqu’à 14 mètres) et une assise confortable. « Nous avons des fauteuils qui s’inclinent. On s’approche de la qualité de l’offre des multiplexes à des tarifs attractifs (de 4,5 à 9,5 euros) », se félicite Priscilla Schneider.

    Côté programmation, cette ancienne salariée du Diagonal à Montpellier est fière d’allier le cinéma d’auteur aux blockbusters. « J’aime bien l’idée de ne pas être dans un entre-soi, que tous les milieux sociaux se croisent. » Cette année c’est régulièrement le cas avec le succès de grosses machines (Avatar, Marsupilami, l’Odyssée…) mais aussi de films français (De la Comédie française, De Gaulle…) et d’art et d’essai à succès (Fjord, Soudain…).

    Un vrai pôle culturel

    Cette mixité se retrouve aussi lors des soirées débats. « On va parler de l’alcoolisme avec Garance [sortie le 23 septembre] mais un prof d’économie nous a aussi proposé un débat sociétal sur des films comme Spiderman ou Dune », illustre la directrice.

    Phénomène inattendu, Quai des lumières attire au-delà du bassin de Thau. « On a des Biterrois ou des Montpelliérains [avec la fermeture du Diago pour travaux, Ndlr] qui viennent. » Grâce au parking de 160 places, le lieu est facilement accessible. « On peut venir passer la journée en se baladant dans les salins ou sur les quais. »

    L’intégration du cinéma au pôle culturel des Chais du canal peut même ouvrir d’autres perspectives aux fins gourmets ou aux amoureux des lettres. Le complexe comprend la brasserie haut de gamme La cave à Nico et la librairie indépendante Les choses de la vie. Sans oublier l’école de documentaires Explore Academy d’où sortiront les réalisateurs de demain.

  • À Montpellier, le cinéma Diagonal fermera fin avril pour faire sa mue

    À Montpellier, le cinéma Diagonal fermera fin avril pour faire sa mue

    Pour sûr, ça va faire un sacré vide dans l’agenda des mordus de cinéma… À partir de fin avril, le Diagonal, cinéma indépendant du centre-ville chéri des cinéphiles, fermera ses portes pour cinq mois de travaux.

    Un chantier de taille, longtemps repoussé. « On n’avait plus le choix », confie Martin Bidou, dirigeant de la société de production et de distribution Haut et Court, qui gère le Diagonal depuis janvier 2023. « Le cinéma est dans un état critique. Il est dans son jus, vieillissant, mais surtout d’un point de vue technique : la clim, le chauffage, l’électricité, l’isolement, le toit… ça ne se voit pas, mais il faut tout refaire ! On a un super outil, mais qui a besoin d’un coup de jeune », résume Martin Bidou.

    C’est donc parti, ou presque, pour un coup de neuf intégral, du sol au plafond. « Comme on part sur la rénovation d’un bâtiment usé, on en profite pour être au top en terme de confort et de qualité : on change la chaîne sonore sur la grande salle, on passe au laser en projection, on change les fauteuils, les tentures… L’idée, c’est de le remettre en état pour 20 ans  ».

    « Un pari risqué »

    Seule une salle sur les six, la numéro 3, restera en l’état, faute de budget suffisant. « Ça sera la caution vintage », plaisante Martin Bidou. « On investit 2,7 millions dans ces travaux, dans un contexte de fonte des aides allouées par les collectivités à la culture. On a dû faire un gros emprunt. Pour nous, c’est énorme, un saut dans le vide  », confie le dirigeant du Diagonal.

    En matière d’accessibilité, les trois salles du rez-de-chaussée vont faire l’objet d’aménagements de mise aux normes, avec toilettes adaptées, sas permettent le passage et la manœuvre des portes pour les personnes handicapées. Impossible, en revanche, d’installer un ascenseur pour leur donner accès aux salles du haut. « C’était 600 000 euros de plus, absolument inaccessible financièrement  ».

    Martin Bidou en a bien conscience : ces 5 mois de fermeture sont « un pari risqué », d’autant qu’aucune salle de repli n’a été trouvée pour poursuivre l’activité. « On maintient toutefois, cet été, “Le Diago en Plein Air” [des films en avant-première diffusés sur écran géant à la halle Tropisme, du 1er au 4 juillet, NDLR]. Ce sera une façon d’être un peu là… » Pour le reste, Martin Bidou compte sur la fidélité des habitués du cinéma de la rue de Verdun, dont la fréquentation record en fait l’un des principaux cinémas art et essai de France. Bien sûr, il faudra s’attendre à une petite augmentation des tarifs. « Tout ça doit se financer quand même. Notre seule recette, c’est le film : chez nous, pas de publicité, pas de pop-corn ! Mais on restera bien en dessous des tarifs pratiqués par les grands groupes », promet Martin Bidou.