Tag: arrêt maladie

  • À Sisteron, une crèche fermée après des arrêts maladie à la chaîne et un licenciement

    À Sisteron, une crèche fermée après des arrêts maladie à la chaîne et un licenciement

    La décision est tombée mardi soir : la crèche Les p’tits Babadins sera fermée pendant au moins trois mois, après que l’ensemble de ses salariés se soit mis en arrêt maladie sur fond de « management toxique ». L’une des salariées a elle été licenciée suite à une grève organisée en avril. 15 familles se retrouvent ainsi du jour au lendemain sans aucun mode de garde pour leurs enfants. « La réponse à la grève a été des sanctions, un licenciement et encore plus de toxicité dans le management », affirment les parents des enfants inscrits. « Les salariées sont encore en dépression, elles ne peuvent plus sortir de leur lit, elles pleurent tous les jours », décrit Audrey Marchal, mère d’un enfant gardé aux p’tits Babadins. Le nouveau directeur, arrivé il y a un mois, est lui aussi en arrêt maladie. « Il ne dort pas la nuit à cause du stress, il travaillait 50 heures par semaine », expliquent les parents. « Même les prestataires de musique ne viennent plus car ils n’étaient plus payés. Les prestations de ménage ont cessé. »

    Interrogée par un parent, la directrice d’exploitation a répondu ne « pas être en mesure de s’engager sur une réouverture à la rentrée ». Les parents ont du mal à trouver une solution pour faire garder leurs enfants, alors que les listes d’attente sont longues et que « les trois crèches municipales sont déjà pleines ». « Je m’arrange avec mon mari qui a pris des congés, mais je crains que l’un de nous perde son travail », témoigne une maman. Certains enfants font des terreurs nocturnes depuis la fermeture de la crèche. « Mon fils m’a dit qu’il pouvait se garder tout seul », rapporte Maëlia Paumard. Contactée, la direction n’a pas répondu à nos sollicitations. Le groupe d’opposition de gauche Demain Sisteron ! alertera de la situation au prochain conseil municipal.

  • Fraudes sociales : les professionnels dans le viseur

    Fraudes sociales : les professionnels dans le viseur

    « Plus on cherche et plus on trouve. C’est inquiétant. » Le directeur de la Caisse d’Assurance maladie de l’Hérault (CPAM 34) ne se réjouit pas vraiment de l’efficacité accrue de ses services de lutte contre les fraudes sociales (35 agents, task force nationale, système mieux sécurisé, pénalités accrues…). Car Philippe Trotabas sait bien ces 13,9 millions d’euros (ME) de fraudes* sociales détectées dans l’Hérault** en 2025 ont beau peser 3 fois plus lourd que les 4,93 ME de 2021, ils ne sont que la partie émergée d’un iceberg impossible à quantifier.

    Ce qui est sûr c’est que les fraudeurs démasqués représentent moins de 1% des cas. Si les assurés sociaux représentent quasiment la moitié (47%) des fraudeurs, leurs méfaits ne pèsent que 14,8% (soit 1,94 ME) du montant total dérobé au service public. Il s’agit le plus souvent d’arrêts de travail trafiqués (61% des cas) et de droits usurpés. « Les entreprises sont souvent des coquilles vides et les salaires disproportionnés. On a aussi des pensions d’invalidité (AME, CMU) falsifiées par des personnes non-résidentes sur le territoire », illustre Noémie Bonnet-Aldigier, directrice santé de l’Assurance maladie de l’Hérault.

    Contrairement aux idées reçues, les professionnels de santé voyous (35,2% des cas) causent donc l’essentiel du préjudice (76,4%). Les centres de santé sont les premiers fraudeurs (3,8 ME). Ce n’est pas toujours le professionnel de santé qui truande. Plus souvent « des financiers peu regardants qui fraudent sur de la facturation de soins non effectués ». On trouve aussi les taxis et transporteurs sanitaires (2,15 ME) peu scrupuleux. Quand leurs trajets ne sont pas fictifs, « sans permis ou sous emprise de stupéfiants, ils peuvent mettre en danger la vie des patients ».

    D’autres filous s’engouffrent dans la moindre faille. Pour limiter les arnaques aux fausses audioprothèses remboursées à 100% jusqu’en 2025, la carte vitale avec tiers payant est devenue obligatoire. Les 3 ME détournés en 2024 ont donné lieu à 116 pénalités, 72 signalements et 35 plaintes pénales. Malgré les « contrôles des pratiques dangereuses et de la qualité des soins » effectués, rappelle la directrice médicale régionale Hélène Azoury, personne n’est dupe. Si à l’avenir l’intelligence artificielle sera un atout, « il y a encore des trous dans la raquette. Des kits de fraudeurs sont disponibles sur internet », soupire Noémie Bonnet-Aldigier.

    * Lire aussi à ce sujet la chronique d’Annie Menras p. 19.

    ** 53 ME de fraudes en Occitanie et 723 ME en France en 2025.

  • À Marseille, un gendarme corrompu au service d’un escroc fini

    À Marseille, un gendarme corrompu au service d’un escroc fini

    Un gendarme de la brigade de surveillance du littoral de Marseille a été condamné, lundi, à trois ans de prison avec sursis et cinq ans d’interdiction de la fonction publique pour corruption passive par personne dépositaire de l’autorité publique et détournement de données de fichiers d’État.

    Le commanditaire, Dany Hadid, était à la tête du restaurant Al Baladi, promenade Georges Pompidou (8e), où le gendarme se régalait gratuitement. Ce Libanais de 51 ans, connu pour avoir été condamné pour de nombreuses escroqueries, a écopé de trois ans de prison ferme assortis d’un mandat de dépôt pour corruption active. Le tribunal a accepté la confusion partielle de sa peine à hauteur d’une année avec sa dernière condamnation, en septembre 2023, à six ans de prison, qu’il purge pour des faits similaires. Dany Hadid, écroué à Luynes, avait escroqué un couple d’entrepreneurs marseillais de 853 000 euros et un commerçant arménien de 90 000 euros, en se faisant passer pour un agent de la DGSE. En 2017, il avait écopé de 5 ans de prison, à Versailles, pour avoir ruiné un restaurateur égyptien avec la complicité d’un ex-musicien de la fanfare de la gendarmerie.

    Appâté par une promesse de prêt de 100 000 euros à taux zéro, l’adjudant Jamel M., 48 ans, était intervenu d’octobre à décembre 2022 pour mettre la pression sur des commerçants. Loin de ses fonctions de surveillance des trafics maritimes et dissimulant l’intervention à ses collègues, il s’était rendu, en tenue militaire et en véhicule de gendarmerie, dans un restaurant libanais concurrent de Hadid au prétexte de vérifier qu’un salarié en arrêt maladie y travaillait, puis il s’était présenté dans l’épicerie fine de l’épouse pour réclamer une dette de 10 000 euros. « Je demandais juste aux personnes de payer. Je ne pensais pas faire peur. Quand j’ai dit “de toute façon, on va le retrouver”, ça voulait dire que la justice allait s’occuper de lui », a-t-il expliqué à l’audience du 10 février. Le militaire utilisait aussi son contact à l’Urssaf pour organiser un contrôle administratif auprès d’un restaurateur concurrent de Hadid et obtenir des infos dans le cadre d’un litige professionnel avec un employé.

    « Est-ce normal de régler des litiges à l’amiable dans le cadre de vos fonctions de gendarme ? Vous n’étiez pas respectueux, vous avez mis la pression », a opposé le procureur, qui a requis 3 ans de prison, dont un an ferme sous surveillance électronique. « Il m’a proposé de lui-même ce prêt sans contrepartie », a contesté le gendarme, muté depuis à Toulon. Il était bien noté et apprécié de sa hiérarchie. Le prêt devait prendre la forme d’une prise de participation au capital de MMMT, une société basée à Dubaï spécialisée dans l’extraction d’or et de diamants que le gendarme gère, ayant investi 270 000 euros provenant de la cryptomonnaie… Ce militaire décidément singulier possède aussi des comptes bancaires à l’étranger et sept appartements à Marseille qu’il loue, tout en vivant dans un logement de l’armée.

    « J’ai été bête sur ce coup-là, ça me rend malade. Je crois en l’humain, je lui ai fait confiance, je le considérais comme un ami, je n’ai pas cherché à comprendre », a dit le gendarme, qui réfute tout lien entre le prêt et les services rendus. Il était aussi reproché au pandore, qui avait accès aux fichiers d’État : 24 consultations au fichier de traitement des antécédents judiciaires, 16 au fichier des personnes recherchées, 17 au fichier des permis de conduire et 10 au fichier des véhicules, entre 2020 et 2023. Le tribunal a jugé « peu convaincantes » ses explications selon lesquelles « c’était pour montrer à des stagiaires de 3e ».

    Les 315 appels téléphoniques et SMS échangés entre les deux hommes établissent « un concert frauduleux », a estimé le tribunal, qui a toutefois relaxé le gendarme de tentative d’extorsion, car rien n’indique qu’il ait exercé des menaces ou des violences. Les restaurateurs victimes n’avaient pas voulu témoigner dans la procédure.

  • Au lycée Raynouard, le non-remplacement d’une professeure absente suscite la colère

    Au lycée Raynouard, le non-remplacement d’une professeure absente suscite la colère

    Depuis la rentrée scolaire, les élèves de terminale ST2S1 du lycée Raynouard –dont les camarades de terminale ASSP avaient connu une situation similaire en fin d’année dernière– sont privés de leur enseignante de spécialité, en arrêt maladie jusqu’au 10 décembre (minimum). Depuis, malgré les relances incessantes des parents d’élèves, professeurs et du proviseur, aucune réaction du rectorat, alors que cette absence aurait pu être anticipée. « Le professeur en question a prévenu le rectorat au mois d’août, explique Sophie Zolla, déléguée FCPE et mère d’une élève. Ils n’ont réagi que quand on a menacé de contacter la presse. On nous a demandé un délai jusqu’au 10 novembre au soir. Nous n’avons rien eu. »

    « Il faut plus de places

    aux concours »

    Une situation difficile pour les élèves, privés de l’enseignement le plus important pour leur bac (coefficient 16, 8h/semaine), qui doivent aussi composer sans leur professeure de physique-chimie, en congé maternité : « Ça génère du stress car ils voient leurs camarades avancer sur le programme et pas eux. Ils ont peur de se planter », s’inquiète la déléguée FCPE, qui indique qu’une annonce pour trouver un remplaçant a été déposée sur les réseaux sociaux de la FCPE du lycée. « Ils sont tenaces, mais je les sens fatigués. Ils attendent toute la journée pour aller en cours et perdent du temps et leur motivation, même s’ils restent sérieux. Je suis optimiste, mais on craint la démotivation », met en garde Joël Beullier, leur professeur de philosophie.

    La professeure de spécialité de l’autre terminale ST2S prend le relais 2h par semaine, mais cela n’est pas suffisant : « Les élèves ont 50h et quatre chapitres de retard », déplore Sophie Zolla. « Ces remplacements courte durée (RCD) n’en sont plus. Ça ajoute du travail et cela dégrade nos conditions de travail », fustige Joël Beullier, qui pointe l’inaction du rectorat et des effectifs trop restreints pour assurer la continuité de l’enseignement : « Après avoir vécu ça l’an dernier, on est effaré de voir que ça se répète. C’est inquiétant car ça ramène à la crise du métier et de la vocation. On n’a plus assez de collègues. Tous les postes proposés sont pourvus, mais on n’a plus de titulaire en zone de remplacement. On est complètement à flux tendu sur ces disciplines. Il faut plus de places aux concours pour répondre à ces difficultés. »

    Contacté, le rectorat n’a pas pu être joint.

  • Un agent du Samu social révoqué pour cumul d’activités

    Un agent du Samu social révoqué pour cumul d’activités

    Un agent technique du Samu social de Marseille a été définitivement révoqué, cet été, pour fautes au terme d’une procédure disciplinaire engagée pour « cumul d’activités non autorisées et réitérées ». Le juge des référés du tribunal administratif l’a débouté, la semaine dernière, de sa requête en suspension de l’arrêté du 1er août 2025 pris par le maire de Marseille le révoquant avec effet au 1er septembre, considérant qu’il n’y avait pas de caractère disproportionné dans la sanction.

    Il est reproché à ce fonctionnaire de catégorie C, recruté en 2002 par la commune de Marseille et qui exerçait depuis 2019 les fonctions d’agent d’intervention du Samu social, d’avoir exercé des activités de voyance tarifée, de massage Zen pour hommes et d’astrologie/médium au cours des années 2024 et 2025 et produit des attestations et déclarations mensongères à sa hiérarchie.

    Pour justifier la révocation, la commune souligne que M. Philippe H. a commis des « manquements volontaires et persistants à plusieurs de ses obligations », que les activités de cumul non autorisé l’étaient en continu, pendant son temps de travail, mais aussi pendant son congé de maladie et durant le temps partiel thérapeutique dont il a bénéficié, et qu’elles ont eu des conséquences sur son activité professionnelle. La commune ajoute qu’il a montré une « insubordination persistante », rompu le lien de confiance avec son employeur et porté atteinte à l’image de la collectivité, alors que la commune lui a laissé l’opportunité de se conformer à ses obligations à plusieurs reprises.

    Pour rappel, l’ancien maire Jean-Claude Gaudin, l’ancien chef de service du Samu social René Giancarli et cinq autres hauts fonctionnaires ont été condamnés en mars 2022, sur reconnaissance préalable de culpabilité, pour détournement de fonds publics par négligence, à des peines d’emprisonnement avec sursis et d’amende pour certains dans une procédure pénale initiée en 2017 sur des « situations atypiques » dans le temps de travail et l’octroi d’heures supplémentaires décorrélée de l’activité réelle d’agents du Samu social.

    En février 2025, l’Agence française anticorruption a recommandé à la commune de Marseille de veiller à la bonne appropriation par les agents de la réglementation sur le cumul d’activités.

  • Élèves et parents du collège Pagnol veulent un remplaçant

    Élèves et parents du collège Pagnol veulent un remplaçant

    J’ai 4h30 de français par semaine. Mais pas de prof », indique Tiago, élève de quatrième au collège Marcel-Pagnol de Martigues à la sortie des cours de 12h30, jeudi 11 septembre. Il est l’un de ces nombreux élèves à être privé d’enseignement de français depuis la rentrée dans ce collège du Réseau d’éducation prioritaire (REP), qui accueillent des élèves des quartiers prioritaires de la politique de la Ville (QPV) de Notre-Dame des Marins, Canto-Perdric et Paradis Saint-Roch.

    En cause : l’arrêt maladie d’une professeure de français, qui n’a pas été remplacée par les services de l’Éducation nationale. « Le rectorat nous dit qu’ils ne peuvent pas remplacer, car les arrêts de travail ont une durée de 15 ou 30 jours et que dans ces conditions, ils ne remplacent pas », indique Samia Query, déléguée des parents d’élèves. Elle poursuit : « On a mis une pétition en ligne sur “On participe” et les réseaux, car nous sommes en colère ». Vendredi matin, la pétition comptait déjà 187 signatures, depuis sa mise en ligne, le 5 septembre.

    Les élèves, eux aussi, expriment leur frustration. « Je voudrais bien avoir un prof parce que soit on va en perm, soit on sort, en général », confie Tiago, avant de partir déjeuner. Alma, autre élève de quatrième, est plus angoissée : « J’ai peur pour mes épreuves communes de fin d’année, mais encore plus pour le brevet l’année prochaine ». Les épreuves communes consistent en un « mini-brevet pendant lequel les élèves tablent tous sur un même sujet », précise le responsable de la cellule CGT Éduc’action du collège Louis-Gilet, présent à la sortie des cours.

    Un « prétexte fallacieux »

    Le syndicaliste est d’ailleurs indirectement à l’origine de la pétition. « J’ai proposé aux parents d’élèves de faire une pétition car cette situation dure depuis décembre dernier. Notre collègue n’est pas remplacée pour un prétexte fallacieux de durée d’arrêt de travail », juge Louis Gilet, qui estime que « la réalité est que le rectorat n’a personne pour remplacer la collègue, les postes de professeurs titulaires sur une zone de remplacement (TZR) ont été supprimés, comme les places au concours ».

    Face à la colère des parents d’élèves et l’inquiétude partagée « avec les minots », le syndicaliste souligne le « travail de la direction en interne, qui a passé plusieurs appels à la hiérarchie pour obtenir ce remplacement ». Car le retour de l’enseignante concernée n’est pas à l’ordre du jour, en raison, selon Louis Gilet, d’un « acte violent subi en classe qui l’a affectée ». Il conclut : « La colère doit être dirigée vers ceux qui ont le pouvoir de changer les choses, en nommant un remplaçant ».

    Contacté, le rectorat de l’académie Aix-Marseille n’a pas répondu à nos sollicitations dans les délais impartis par la publication.