L’adepte des coupes à la tronçonneuse dans les dépenses publiques s’est livré, mercredi, depuis le Casino de Madrid, à un déversement de haine à l’encontre de Pedro Sanchez, le chef du gouvernement, le traitant d’« imprésentable dictateur, délinquant, voleur, corrompu… ». Dans la foulée, le « dingo » argentin, qui est visiblement venu chercher la confrontation, a exhorté à « sortir les socialistes à coups de pied ». On pourrait rire de ses saillies, quoique, s’il n’était le président d’un des principaux pays d’Amérique latine, peuplé de 46 millions d’habitants, où il applique une politique de destruction des services publics faisant de la tronçonneuse le symbole de sa politique économique. On peut aussi rappeler ses propos lors d’un discours au Forum de Davos, où il a affirmé que « le féminisme, la diversité, l’inclusion, l’équité, l’immigration, l’avortement, l’idéologie du genre, sont différentes têtes du même monstre ». Une politique qui le rapproche de l’extrême droite européenne, et de Trump, son mentor, et que le Parti Populaire et Vox en Espagne voudraient mettre en place s’ils gagnent les élections générales du 29 novembre.
Clairement, Javier Milei, tout comme Jordan Bardella le président du RN en France, venu le 12 octobre à Ceuta rencontrer et soutenir le leader de Vox, Santiago Abascal, sont les deux représentants d’une internationale fascisante qui opère en terre ibérique une ingérence visant à aider politiquement les forces les plus réactionnaires. Ils veulent en finir avec un gouvernement de gauche qui a placé l’Espagne en tête des pays européens au niveau de la croissance. Un gouvernement qui a augmenté régulièrement le salaire minimum et les pensions, qui a reconnu, parmi les premiers, l’État palestinien, qui s’est opposé à Trump en interdisant l’utilisation des bases américaines en Espagne à des fins guerrières, qui a étendu les droits sociaux des travailleurs, qui a mis en place une politique de l’immigration pragmatique et humaine en régularisant des dizaines de milliers de migrants… Démontrant que l’immigration n’est pas un poids pour la société, mais un atout économique, social et culturel.
Quand Jordan Bardella vient en Espagne, pour décrire Ceuta comme étant « le futur de l’Europe si les frontières ne sont pas mieux contrôlées » rejoignant ainsi son alter ego Santiago Abascal qui parle d’« invasion », accusant Madrid de ne pas défendre les frontières, le dirigeant du RN vient renforcer le discours sécuritaire du néofranquiste avant les élections législatives. Cette rencontre visait à montrer notamment l’existence d’un réseau d’alliés européens d’extrême droite en cas de victoire de Marine Le Pen.
Quand Javier Milei, qui a parlé cette semaine également d’« invasion des étrangers en Espagne » en ajoutant que « les femmes ne peuvent plus sortir seules dans les rues des principales villes », le président argentin vient également renforcer le discours sécuritaire de l’extrême droite et de la droite espagnole à quelques semaines du vote. Une ingérence inadmissible, d’une rare agressivité de la part de dirigeants et responsables politiques d’autres pays en visite en Espagne. Trump et Netanyahou doivent être satisfaits de la prestation de leurs missionnaires.
Journaliste, président de l’Association pour le souvenir de l’exil républicain espagnol (Aseref)
![[Chroniques méditerranéennes] Javier Milei et Jordan Bardella en mission trumpiste](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/10/d29ae68b375c51cc7615b6be3bef176d.jpg)

![[Coupe du Monde] Le jeu collectif de la Roja a triomphé de l’Argentine](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/07/d210adefa671f36fcc6031489d61e216.jpg)

![[Coupe du Monde] Un épilogue du Mondial royal entre l’Espagne et l’Argentine](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/07/6fa326553c00e3e9be014c441c51dda2.jpg)




