Tag: archives départementales

  • Le Duc de Lesdiguières sort des Archives départementales des Hautes-Alpes

    Le Duc de Lesdiguières sort des Archives départementales des Hautes-Alpes

    François de Bonne, duc de Lesdiguières, est un personnage méconnu du grand public, à l’échelle nationale comme dans les régions qui constituent l’ancienne province du Dauphiné. À l’occasion des 400 ans de sa mort, les Archives départementales lui consacrent l’exposition « Lesdiguières, destin extraordinaire d’un Champsaurin », accessible gratuitement jusqu’en septembre. Commandant des protestants du Champsaur lors des guerres de religions, François de Bonne devient l’un des chefs militaires du roi Henri IV, qui l’envoie reprendre le Dauphiné et Grenoble à la ligue catholique.

    Devenu maréchal de France, il mène plusieurs batailles, sièges et missions diplomatiques dans les guerres du nouveau roi. Fait duc du Champsaur sous Louis XIII, il est nommé connétable de France en 1622, la plus haute figure de commandement de l’armée. Il sera le dernier à ce poste, et décède à 83 ans, en 1626.

    Des documents inédits

    L’exposition aux Archives est volontairement centrée sur ses liens avec les Hautes-Alpes, appelées Haut-Dauphiné en son temps. Bernadette Saudemont, vice-présidente du Département chargée de la Culture, explique que les collections présentent des « documents tout à fait intéressants, voire inédits, comme ces lettres signées par Lesdiguières adressées aux communautés d’habitants, cartes et plans du XVIIe siècle, dessins et relevés de monuments aujourd’hui disparus ».

  • Le mur de la peste ausculté par les géomètres-experts

    Le mur de la peste ausculté par les géomètres-experts

    Ne touchez pas les pierres à la main. Camus disait que la peste dort et qu’elle se réveille si on les retourne », lâche à moitié sérieuse Danièle Larcena, présidente de l’association Pierre Sèche en Vaucluse et géographe, en s’engageant dans les premiers mètres des 28 kilomètres du mur de la peste ce vendredi 5 juin sur les hauteurs de Lagnes.

    Elle présentait à une cinquantaine de géomètres-experts et des apprentis l’ouvrage historique, construit en 1720, pour empêcher la peste d’atteindre le Comtat Venaissin qui était alors indépendant. La maladie venait de réapparaître à Marseille et la papauté, à qui appartenait ce territoire, voulait mieux contrôler les passages de la Provence à ses terres.

    Cette visite s’est faite dans le cadre de la semaine de réunion de géomètres-experts, qui lors de cette matinée ont effectué des prises de vues par drone, des géoréférencements ou encore des relevés de terrain. Quelques-uns d’entre eux avaient déjà réalisé plusieurs mesures en avril dernier. « L’objectif est de redéfinir avec précision ce lieu sur 8 kilomètres. Ce travail va sans doute être transmis aux Archives départementales. Cela peut aussi avoir une valeur foncière car il délimite aussi plusieurs communes », explique Jean-Baptiste Aubert, membre de l’Union nationale des géomètres-experts (Unge). Une démarche qui était dans le thème de cette semaine, à savoir « préserver le patrimoine » et « mesurer » l’histoire, appréciez le jeu de mots, « en mettant les nouvelles technologies au service de la mémoire et du patrimoine ».

    Querelles de clocher

    Danièle Larcena a, au pied du début de l’édifice, rappelé l’histoire de cette construction qui a duré une centaine de jours seulement. Ce qui n’a pas manqué de créer la discorde au sein des quelques communes du coin. La papauté, qui dirigeait l’enclave, avait demandé à chaque commune d’envoyer leurs meilleurs maçons pour construire l’édifice. Mais ceux-ci étaient déjà employés pour renforcer les fortifications… de ces mêmes communes. « Les différentes communes, toutes assez pauvres, ont envoyé des personnes peu qualifiées ce qui a fait traîner le chantier. Puis, les villages se sont querellés entre eux pour savoir qui devait construire quelle portion du mur », détaille Danièle Larcèna. Mais les 1 000 soldats du Comtat Venaissin chargés de garder la muraille n’y seront postés que 20 jours. « Des cas de peste avaient été signalés à Avignon. En ayant cette information, les autorités françaises ont décidé que ce serait à eux de garder les fortifications. Ce qui avait à nouveau agacé les dirigeants du Comtat », poursuit la responsable associative. Un quart de la population de l’enclave va finalement mourir de la peste en 3 ans…

    À noter que le mur de la peste avait été longtemps oublié. Et ce serait Jean Garcin, résistant pendant la Seconde Guerre mondiale et ensuite président du conseil général de Vaucluse, qui a soufflé l’idée de rappeler son existence. « Il m’a incité à défendre cet endroit car il y a passé son enfance. On s’y est penché en 1985 et c’était complètement recouvert par la végétation », explique la présidente de l’association des pierres sèches. À quelques dizaines de mètres de là, se trouve d’ailleurs le repaire du maquis du Chat où de nombreuses actions contre l’occupant nazi ont été organisées.

    En espérant qu’aucun géomètre n’a osé retourner l’une des roches lors de la randonnée. Une pandémie de peste noire se cache peut-être sous ces pierres blanches.

    « Les villages
    se sont querellés entre eux pour savoir qui devait construire quelle portion »

  • Le littoral marseillais à découvrir à travers les siècles

    Le littoral marseillais à découvrir à travers les siècles

    Les Archives municipales donnent à vivre jusqu’au 24 avril une exposition-balade pour découvrir ou redécouvrir l’histoire de l’aménagement du littoral marseillais à travers l’histoire et les siècles grâce à 150 documents, cartes, photographies ou encore peintures allant du XVIe siècle à nos jours. Le vernissage de l’exposition « Entre terre et mer : une histoire du littoral marseillais » a eu lieu samedi en présence de Perrine Prigent, adjointe au maire déléguée à la valorisation du patrimoine, et d’Hervé Menchon, adjoint au maire en charge de la mer. « Ce n’est qu’une infime partie que nous avons pu exposer mais cette promenade illustre les différents modes d’entrées des territoires », commente Olivier Muth, directeur des Archives municipales. « C’est aussi l’histoire de l’aménagement du littoral. Un passé qui donne à voir les missions et enjeux qui sont les nôtres pour que nous puissions continuer la valorisation et la conservation d’éléments précieux et peut-être écrire la mer de demain. »

    Un passé qui se tourne vers l’avenir

    Parmi les œuvres exposées il est possible d’observer, entre autres, un plan aquarellé très rare ainsi que des cartes précises et détaillées allant du littoral sauvage des calanques et des îles à celui urbanisé du centre-ville, des plages aménagées de la rade sud aux bassins du port autonome dans la rade nord. Le tout dans une ambiance lumineuse et sonore rappelant la rade. D’ailleurs, l’exposition s’ouvre sur un goéland, emblème de la ville, accompagné d’une très belle carte colorée de la géologie de Marseille réalisée par Paul Gourret et Achille Gabriel en octobre 1890. « Entre terre et mer : une histoire du littoral marseillais » vient clôturer un cycle de trois ans au sein des Archives municipales pour en ouvrir un nouveau en 2026. « Le cycle sur les loisirs s’achève et nous ouvrons un cycle d’expositions sur l’environnement dont le terroir et l’eau. Sans oublier un temps fort à la fin de l’année 2026 qui sera consacré au bicentenaire de la photographie », souligne Olivier Muth. « Elle vient aussi clôturer une année que la municipalité a voulu dédier à la mer », poursuit Perrine Prigent.

  • Quand le Gard se souvient de la guerre 1939-1945

    Quand le Gard se souvient de la guerre 1939-1945

    À l’occasion des 80 ans de la fin de la Seconde Guerre mondiale, les Archives départementales du Gard présentent une exposition d’envergure : « Le temps de la guerre. 1939-1945 dans le Gard ».

    Inaugurée lundi 13 octobre et visible jusqu’en mai 2027, elle rend hommage à la mémoire de celles et ceux qui ont vécu, subi ou combattu la guerre sur le territoire gardois.

    Un devoir de mémoire

    Fruit de deux années de travail, cette exposition regroupe plus de 500 objets, documents et témoignages, pour beaucoup inédits, retraçant la vie quotidienne des habitants entre 1939 et 1945. De la mobilisation à la Libération, en passant par l’exode, la résistance ou la répression, le parcours mêle archives écrites, sons, images et objets personnels. Les visiteurs y découvrent un Gard profondément marqué par le conflit : les réfugiés fuyant le nord de la France, la présence des troupes nazies dès 1942, les maquis cévenols, les pendus de Nîmes ou encore le massacre du puits de Célas.

    « L’histoire universelle se décline toujours au singulier. » Ces mots, prononcés lors du vernissage par la directrice des archives Corinne Porte, résument l’esprit de cette exposition : replacer la grande Histoire à hauteur d’hommes et de femmes, de villages et de familles. À travers une approche vivante, l’exposition entend toucher les jeunes générations autant que les passionnés d’histoire. Elle conclut : « transmettre cette mémoire, c’est rappeler que la paix n’est jamais acquise ».

    A.J.

  • Le titanesque déménagement des archives départementales

    Le titanesque déménagement des archives départementales

    Les couloirs étroits du Palais des Papes se vident petit à petit des milliers de documents des archives départementales dont le déménagement vient de débuter en direction de leur nouvelle maison, en l’occurrence le nouveau bâtiment construit tout récemment, Memento, situé à l’Agroparc à Avignon.

    Plus de 28 kilomètres de documents notariaux, de dons, d’archives communales ou hospitalières, conservés là depuis 1880, qui ont parfois plus de 250 ans, sont ainsi déménagés consciencieusement jusqu’en octobre 2026. « Le passé est en route vers son avenir », philosophe pour l’occasion Dominique Santoni, présidente (LR) du département de Vaucluse. Car le Palais des Papes, bien qu’étant un lieu chargé d’histoire, n’est plus adapté à conserver dans de bonnes conditions ces documents. Entre températures et taux d’humidité différents selon les étages et les salles, la difficulté d’accès de certaines zones étroites ou plusieurs étages à monter sans ascenseur, le temps de déménager est venu.

    L’équipe de l’entreprise Avizo, qui s’occupe de transférer les documents, a notamment dû s’adapter en créant une rampe spéciale pour charger leurs camions ainsi que des « jeannettes » (surnom donné aux armoires roulantes dans lesquelles sont chargés les documents) plus petites et moins larges afin de passer dans tous les endroits. « On est agréablement surpris du site. Mais c’est vrai que c’est un environnement très, très complexe. Mais on a un an pour faire cela dans de bonnes conditions », concède, tout en poussant un chariot, Stéphane Ohouo, technicien contremaître chez Avizo. « Les premiers documents que l’on envoie sont les plus consultés afin que les recherches continuent là-bas », confie Christine Martella, cheffe de service des archives.

    Travail minutieux

    Arrivé du côté du très moderne Memento, le travail des équipes de déménagement, mais aussi des archivistes, est loin d’être fini. À son arrivée, chaque jeannette est envoyée en quarantaine ou à l’isolement, s’il y a un doute sur l’origine du document, avant d’être minutieusement dépoussiérée à l’aide d’aspirateurs. Une salle de numérisation a également été installée sur place pour rendre les documents consultables à distance.

    Puis ceux-ci seront déposés dans l’une des 20 nouvelles salles de l’un des quatre niveaux du bâtiment, dans des conditions uniformisées de 25 degrés et environ 50% d’humidité. Chacune d’entre elles peut accueillir 1 600 mètres linéaires de documents. « On a essayé de faire en sorte que les documents les plus consultés soient à proximité des ascenseurs pour marcher le moins possible », glisse Guillaume Chauvet, archiviste et responsable des publics. En parallèle, de grands espaces de lecture aménagés pour la consultation sont à disposition. « Le but est également que ce soit accessible au public. On souhaite que ces documents soient mieux valorisés », précise Jean-Philippe Lallemand, responsable du site Memento.