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  • Le Département met à l’honneur les vins de Cassis

    Le Département met à l’honneur les vins de Cassis

    Les vins de Cassis, ce sont dix domaines familiaux et 220 hectares pour une production annuelle environnant un million de bouteilles. Après avoir célébré le vin à l’occasion des 90 ans de l’appellation, Lisa Genovesi ouvre, ce mardi 19 mai, les portes du domaine familial. Lors de l’échange, le savoir-faire local est mis en avant. « Les vins de Cassis, c’est une communauté d’une nouvelle génération de vignerons soudés », explique Lisa Genovesi.

    La viticultrice définit son vin comme « un produit de terroir gourmand ». Aux côtés des autres domaines, les dix domaines œuvrent à promouvoir un savoir-faire caractéristique de la région. « Terre, mer et vin ont toujours été liés sur ce territoire », raconte-t-elle. Selon Lisa Genovesi et ses collègues, le vin est aussi un « levier de promotion d’une culture provençale ». Les vignerons promeuvent « les danses folkloriques et l’usage de la langue provençale » dans la région.

    Malgré la crise du secteur à l’échelle nationale, Lisa Genovesi affirme : « On s’en sort, on va ni mal, ni bien. Puis chacun sa stratégie, soit on fait avec, soit on s’adapte. » La principale problématique de la région proviendrait des variations climatiques intenses, de la baisse de consommation et de la maladie de la flavescence dorée. Les échanges sont restés assez vagues sur les problématiques propres au territoire, bien qu’Hervé Garnier mentionne certains arrachages qu’il considère comme « un véritable échec ».

    « 136 000 euros alloués

    au secteur »

    Dans un contexte en crise où la consommation a baissé de 3% selon l’élu, il n’est pas question de changer les habitudes. « Afin de conserver l’appellation, on respecte un cahier des charges très strict. On veut garder l’essence de notre produit et on n’a jamais cédé sur l’identité de notre appellation », insiste la viticultrice.

    Une prise de position permise grâce au soutien incontestable du Département. Hervé Granier, déléguée à la viticulture, réaffirme ce lien : « On veut soutenir les viticulteurs. Au total, ce sont 136 000 euros alloués au secteur. »

  • Un grand banquet pour la doyenne des AOC de Provence

    Un grand banquet pour la doyenne des AOC de Provence

    Deux journées festives sont programmées sur le port, mêlant dégustations, traditions provençales et rencontres avec les vignerons. Dix domaines participent à l’événement, dont le Château Barbanau, qui marque l’anniversaire avec deux cuvées emblématiques. Temps fort du week-end, un banquet géant face à la Méditerranée réunira 200 convives autour d’une grande bouille de poissons, accompagnée des vins de l’appellation. Joutes nautiques, bénédiction des vins et animations complètent ce rendez-vous viticole et populaire.

  • Disparition de Luc Falcot figure du militantisme paysan des circuits courts

    Disparition de Luc Falcot figure du militantisme paysan des circuits courts

    « Il avait fière allure avec son béret et sa moustache… Un homme droit et juste… Une référence en matière de pastoralisme… Un passionné ! » Les témoignages ne manquent pas pour évoquer Luc Falcot, inlassable défenseur de la brousse des chèvres du Rove avec ses longues cornes.

    Jérôme Laplane, maraîcher bio de Roquevaire à la retraite, se souvient bien de leur première rencontre à la ferme il y a des années. « Bien avant la labellisation, il venait livrer ses fromages sur ma ferme. Nous parlions de son installation, de ses tracas administratifs. Il a tenu bon, et il a réussi » livre-t-il, ému de perdre son voisin de stand sur le marché du Cours Ju.

    Ces débuts difficiles, François Borel s’en souvient très bien. Celui qui est devenu son ami et compagnon de lutte à la confédération paysanne et à la confédération d’études et de réalisation Alpes-Méditerranée ( Cerpam) est rentré dans sa vie de façon pour le moins originale : « Il est arrivé à cheval sur notre ferme habillé en cow-boy. » Et de poursuivre « Il était cascadeur à OK Corral à cette époque et voulait des informations sur le métier de berger. Il venait d’acquérir quelques chèvres. »

    La brousse du Rove se vend bien. Des contrefaçons souvent coupées avec du lait de vache apparaissent, mais surtout elle attire l’attention de multinationale comme Lactalis. « C’est la plus grosse valorisation fromagère de France, après les yahourts. C’est comme ça que le lait est vendu le plus cher » explique François. « Pour nous, c’était bien que cette production soit réservée à un territoire local pour permettre aux petits paysans de gagner leur vie. » Dans les années 2010, huit producteurs locaux de brousse de chèvre du Rove se lancent dans l’obtention de l’appellation d’origine contrôlée (AOP), le graal en matière de distinction. Refusé 7 fois, Luc Falcot ne lâchera jamais l’affaire, n’hésitant pas à rejoindre des groupements comme Slow Food mouvement international à but non lucratif qui défend l’alimentation et la biodiversité. François témoigne encore « je devenais alors son chauffeur, et nous allions au salon jusqu’à Turin défendre notre brousse. » Christian Qui, chef marseillais, se souvient de « cet homme engagé qui respectait les cycles de la nature de ses animaux et défendait l’agroforesterie pour maintenir des paysages et des écosystèmes ». Et 11 ans plus tard, ça finit par payer. En 2018 pour l’AOC puis en 2020, pour l’AOP, la brousse du Rove devient la plus petite AOP fromagère d’Europe. Une fierté pour les 8 chevriers des Bouches-du-Rhône.

    « Je suis très très touchée, je vais faire 2h30 de route pour aller aux obsèques » confie Pauline Gervais, installée à Moustiers-Sainte-Marie. « Lors de ma formation, je devais faire des stages, et il était la référence en matière de pastoralisme, celui qui garde ses chèvres 6 heures par jour, toute l’année en colline, celui qui défend la brousse du Rove » souligne-t-elle. Luc a été son guide, sa carte de visite, et bien plus, puisqu’il était devenu son ami. « Il travaillait avec le vivant, incarnait nos valeurs au quotidien. »

    Obsèques ce 15 septembre à 15h à l’église de la Penne sur Huveaune. Ensuite au cimetière de Cuges.