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  • [Bloquons tout] À Montpellier, joli succès pour le 10 septembre

    [Bloquons tout] À Montpellier, joli succès pour le 10 septembre

    Les drapeaux et pancartes étaient de sortie, à Montpellier, sur une place de la Comédie noire de monde. Plusieurs milliers de personnes -6 000 selon la préfecture, 10 000 selon les organisateurs- dont beaucoup de jeunes s’étaient retrouvées à la suite de l’appel du 10 septembre. Si plusieurs rassemblements ont eu lieu dans l’Hérault, notamment à Béziers, Sète ou encore à Bédarieux, c’est sans aucun doute dans la capitale héraultaise que la contestation a été la plus forte. Blocages de ronds-points, de tramway, de lycées et de l’université Paul-Valéry -néanmoins partiel, les étudiants pouvaient se rendre dans les amphithéâtres- autant d’actions pour exprimer le ras-le-bol général qui couvait depuis longtemps. À l’instar d’Andrée et de Jacques, venus sur la place de la Comédie. « Cela fait des années que l’on bat le pavé mais je crois qu’on touche le fond. Le déni démocratique d’Emmanuel Macron, la violence d’État, la mise à bas de nos services publics, on commence à être vraiment en colère », soutient Andrée, qui fait d’ailleurs partie du collectif citoyen du Nouveau Front populaire (NFP) du quartier des Beaux-Arts. « Emmanuel Macron se fout de nos revendications telles que l’abrogation de la réforme des retraites, l’augmentation des budgets dans la Santé, l’Éducation. Et Sébastien Lecornu comme Premier ministre, c’est une nouvelle provocation », renchérit Jacques.

    Demande de changement

    En effet, pour beaucoup de manifestants, la nomination de Sébastien Lecornu à Matignon le 9 septembre est venue rajouter de l’huile sur un feu. « Cette nomination n’est pas en accord avec le résultat des élections législatives de 2024 [où le NFP était arrivé en tête, Ndlr]. Cela montre que l’on n’est pas entendus », soupire Sébastien, étudiant à l’université Paul-Valéry. Renforçant le sentiment de déconnexion des dirigeants. « Sébastien Lecornu n’est pas un changement de politique, c’est la garde rapprochée d’Emmanuel Macron. Ils vont sûrement aller chercher un compromis avec l’aile droite du PS tout en continuant de taper comme des brutes sur l’immigration, la sécurité. Si on veut un changement de politique, il nous faut un changement de gouvernement, voire la démission du président », fait valoir André Dechot, délégué syndical CGT à la mission locale de Montpellier.

    Une demande de changement de politique qui revient souvent dans la bouche des manifestants, passant notamment par une revalorisation des services publics. « L’hôpital est à bout de souffle, il nous faut plus de moyens si l’on veut soigner dans la dignité et la sécurité. Ce qui permettrait aussi de donner envie aux jeunes de travailler », observe Fatima, secrétaire administrative au Centre hospitalier universitaire de Montpellier.

    Face à des dirigeants faisant la sourde oreille aux demandes populaires, l’instauration d’un nouveau rapport de force est primordiale pour se faire entendre. « À l’heure où certains prétendent qu’il n’y a pas de majorité, on voit qu’elle est là à s’exprimer aujourd’hui. La solution ne sera pas institutionnelle avec le montage d’une nouvelle majorité à l’Assemblée mais dans la rue, comme en 1936, en 1997 où le mouvement social a précédé la conquête de droits », insiste Nicolas Cossange, secrétaire du PCF 34, présent à la manifestation. Prochain round jeudi 18 septembre.

    « Nommer Lecornu Premier ministre, c’est une nouvelle provocation »

  • Énergie, taxis, services publics… la riposte sociale s’organise contre le budget Bayrou

    Énergie, taxis, services publics… la riposte sociale s’organise contre le budget Bayrou

    C’est le 1er septembre que doivent se réunir les différentes confédérations syndicales, au niveau national, pour travailler à une riposte sociale commune face au budget et les annonces associées, portées par le gouvernement Bayrou.

    Si la CGT organise son comité confédéral national (CCN), l’une des instances décisionnaires de l’organisation, ces 26 et 27 septembre, certaines fédérations ont d’ores et déjà un programme chargé pour cette rentrée. C’est notamment le cas des énergéticiens CGT, qui lancent une grève reconductible, dès le 2 septembre, dans tout le pays et avec plus d’une dizaine de rassemblements prévus en Provence. « On se mobilise pour une revalorisation de notre grille des salaires au niveau de notre branche [celle des industries électriques et gazières, IEG, Ndlr], mais aussi contre la hausse des factures des usagers dont la TVA est passée à 20 % cet été pour l’électricité et le gaz », explique Renaud Henry, secrétaire général de la CGT Énergie Marseille. Une mobilisation lancée en amont des annonces Bayrou, dans l’optique « d’être à l’offensive et de prendre de court le calendrier patronal ». « Le contexte global de colère sociale et les annonces de Bayrou jouent évidemment : deux jours fériés de moins, c’est 300 euros de moins pour les agents », développe le syndicaliste. « 150 piquets de grève dans toute la France sont déjà établis dans 150 entreprises des IEG », abonde Nicolas Davan, secrétaire général de la CGT Énergie Provence.

    Les taxis mobilisés et des appels locaux pour le 10

    Dans la foulée, ce sont les taxis qui prennent le relais avec un appel à la grève intersyndical. « À partir du 5 septembre, il faut reprendre notre mobilisation qu’on espère aussi forte que celle du 19 mai », martèle Rachid Boudjema, président de l’Union nationale des Taxis et secrétaire général du Syndicat des taxis marseillais et de Provence. Il pointe « l’absence de réponse du gouvernement », notamment pour « la convention sur les tarifs pour les transports sanitaires », sujet de leur précédente mobilisation. Ensuite, c’est la fameuse date du 10 septembre qui est dans le viseur. Si la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, a qualifié le mouvement de « nébuleux », reste que plusieurs fédérations CGT se préparent à la mobilisation, en attendant la position de la centrale.

    « Il y a peu de doute sur le fait qu’on sera en grève le 10 », explique Nicolas Davan, secrétaire général de la CGT Énergie Provence. Faits notables : plusieurs Unions locales CGT dans la région appellent clairement à la mobilisation le 10 septembre. À l’instar de celle d’Avignon et de Toulon. La première juge que « la lutte syndicale avec ses spécificités et le mouvement spontané du peuple avec les siennes peuvent et doivent aller de la main si nous partageons les revendications ». À Marseille, des assemblées générales ont régulièrement lieu en vue de la préparation de cette date (lire notre article du 19 août) avec des réunions par quartiers. Celle du centre-ville de la cité phocéenne se tient ce mercredi 27 août, place de la Providence dans le 1er arrondissement et doit « proposer et voter des lieux de rassemblement ». Celle des quartiers est de la ville se tient ce mardi, au niveau du tramway des Caillols, une autre avait lieu au Parc Longchamp.

    « Un processus cohérent et convergent »

    De quoi appuyer les appels lancés nationalement, sur les réseaux sociaux ou en dehors des cadres syndicaux. Ces derniers sont nombreux : Sud-Rail, la fédération CGT commerces et services, celle des industries chimiques (Fnic CGT)… « On avait déjà prévu une mobilisation le 10 septembre avant que ça monte. Et quand on a vu les annonces de Bayrou et les réformes qu’il veut imposer, ça a enfoncé le clou », explique Éric Chopineau, secrétaire général de la CGT Air liquide Sud-Est, syndicat rattaché à la Fnic. Avant de développer : « Dans les ateliers, ça parle beaucoup, les salariés s’interrogent. D’ici là, on va faire grandir cet appel ».

    Faire grandir les appels, c’est aussi le but de l’Union départementale CGT 13. « La question est bien de construire un rapport de force, un processus cohérent et convergent. Notre rôle est d’aller dans toutes les entreprises et les services publics pour organiser la riposte avec les travailleurs, y compris avec la date du 10, mais pas que », explique Jessica Jadé, secrétaire de l’UD CGT 13. La syndicaliste insiste : « Nous appelons toutes les organisations à travailler à la jonction et la convergence pour la mobilisation des travailleurs ».