Tag: AOC

  • Un grand banquet pour la doyenne des AOC de Provence

    Un grand banquet pour la doyenne des AOC de Provence

    Deux journées festives sont programmées sur le port, mêlant dégustations, traditions provençales et rencontres avec les vignerons. Dix domaines participent à l’événement, dont le Château Barbanau, qui marque l’anniversaire avec deux cuvées emblématiques. Temps fort du week-end, un banquet géant face à la Méditerranée réunira 200 convives autour d’une grande bouille de poissons, accompagnée des vins de l’appellation. Joutes nautiques, bénédiction des vins et animations complètent ce rendez-vous viticole et populaire.

  • L’AOC Costières dresse son bilan 2025

    L’AOC Costières dresse son bilan 2025

    La traditionnelle conférence de presse de rentrée du syndicat des Costières de Nîmes s’est tenue ce mardi 7 octobre à Nîmes. Comme chaque année, les vignerons de l’appellation gardoise y ont présenté leur bilan et leurs perspectives.

    Si les volumes récoltés en 2025 accusent une baisse d’environ 10%, la qualité du millésime suscite un optimisme largement partagé. « Les vendanges ont commencé très tôt, dès la mi-août, avec des conditions idéales pour les blancs et les rosés, puis une arrière-saison clémente qui a permis d’attendre la maturité des rouges », résume Jérôme Castillon, vice-président du syndicat. Le constat est clair : les vins de 2025 affichent déjà une belle fraîcheur, une acidité marquée pour les blancs et rosés et un équilibre aromatique prometteur pour les rouges. « Ça goûte très bien et c’est prometteur », glisse-t-il avec le sourire.

    Sur le plan quantitatif, les chiffres traduisent un contexte plus fragile. Les 2 980 hectares de vignes en production représentent 8% de moins qu’il y a deux ans. La canicule de juin puis celle d’août ont affecté certains cépages, notamment la roussanne et la syrah. Résultat  : environ 110 000 hectolitres produits en 2025, contre 140 000 en 2023. Une tendance baissière que le syndicat suit de près, d’autant qu’elle touche l’ensemble du vignoble français. Au-delà du volume, les responsables mettent en avant la « sagesse » des producteurs dans la gestion des stocks. Avec entre 12 et 14 mois de vin en cave, les Costières évitent une saturation du marché et maintiennent leurs prix, un équilibre jugé essentiel dans une filière viticole globalement en crise. « Nous travaillons pour le long terme, avec des jeunes qui s’installent et une forte implication de tous », insiste Cyril Marès, président du syndicat.

    Produire mieux, pas plus

    Car le défi est aussi environnemental. L’appellation, qui couvre 24 communes autour de Nîmes, s’adapte au réchauffement climatique grâce à des pratiques innovantes. Plus des deux tiers des parcelles sont irrigables, et un projet pilote d’« irrigation localisée » affine l’apport en eau grâce à des capteurs. De nouveaux cépages venus d’Italie, d’Espagne ou du Portugal sont également testés pour leur résistance à la chaleur et à la sécheresse.

    Parallèlement, la biodiversité est au cœur des préoccupations. Inventaire des espèces présentes, installation de nichoirs et gîtes pour la faune auxiliaire : l’AOC veut préserver son terroir, menacé par des projets d’aménagement tels que la future ligne Très haute tension entre Fos-sur-Mer et Jonquières-Saint-Vincent. « Il s’agit de protéger notre paysage et nos conditions de production  », rappelle Cyril Marès, mobilisé aux côtés d’autres acteurs locaux.

    Dans un contexte de consommation en berne, en France comme à l’export, avec des reculs marqués en Chine et aux États-Unis, l’AOC mise aussi sur la proximité avec les consommateurs. Ouvert en juin dernier, le Verre des Costières, « ambassade urbaine » située sur l’esplanade Charles-de-Gaulle à Nîmes, propose dégustations, tapas et rencontres pour faire découvrir la diversité des vins. Le calendrier d’animations se veut dense et festif  : ateliers de dégustation à thèmes, soirées accords mets-vins, rendez-vous gourmands de fin d’année et, bien sûr, la grande balade gastronomique Vignes Toquées, dont la 16e édition aura lieu les 6 et 7 juin 2026. Le menu sera signé par Julien Caligo, chef gardois fraîchement étoilé à Calvisson. De la fraîcheur des cuvées 2025 à l’inventivité des projets à venir, les Costières de Nîmes entendent poursuivre leur trajectoire. « L’objectif n’est pas de produire plus, mais de produire mieux », conclut Aurélie Pujol, directrice du syndicat.

  • Disparition de Luc Falcot figure du militantisme paysan des circuits courts

    Disparition de Luc Falcot figure du militantisme paysan des circuits courts

    « Il avait fière allure avec son béret et sa moustache… Un homme droit et juste… Une référence en matière de pastoralisme… Un passionné ! » Les témoignages ne manquent pas pour évoquer Luc Falcot, inlassable défenseur de la brousse des chèvres du Rove avec ses longues cornes.

    Jérôme Laplane, maraîcher bio de Roquevaire à la retraite, se souvient bien de leur première rencontre à la ferme il y a des années. « Bien avant la labellisation, il venait livrer ses fromages sur ma ferme. Nous parlions de son installation, de ses tracas administratifs. Il a tenu bon, et il a réussi » livre-t-il, ému de perdre son voisin de stand sur le marché du Cours Ju.

    Ces débuts difficiles, François Borel s’en souvient très bien. Celui qui est devenu son ami et compagnon de lutte à la confédération paysanne et à la confédération d’études et de réalisation Alpes-Méditerranée ( Cerpam) est rentré dans sa vie de façon pour le moins originale : « Il est arrivé à cheval sur notre ferme habillé en cow-boy. » Et de poursuivre « Il était cascadeur à OK Corral à cette époque et voulait des informations sur le métier de berger. Il venait d’acquérir quelques chèvres. »

    La brousse du Rove se vend bien. Des contrefaçons souvent coupées avec du lait de vache apparaissent, mais surtout elle attire l’attention de multinationale comme Lactalis. « C’est la plus grosse valorisation fromagère de France, après les yahourts. C’est comme ça que le lait est vendu le plus cher » explique François. « Pour nous, c’était bien que cette production soit réservée à un territoire local pour permettre aux petits paysans de gagner leur vie. » Dans les années 2010, huit producteurs locaux de brousse de chèvre du Rove se lancent dans l’obtention de l’appellation d’origine contrôlée (AOP), le graal en matière de distinction. Refusé 7 fois, Luc Falcot ne lâchera jamais l’affaire, n’hésitant pas à rejoindre des groupements comme Slow Food mouvement international à but non lucratif qui défend l’alimentation et la biodiversité. François témoigne encore « je devenais alors son chauffeur, et nous allions au salon jusqu’à Turin défendre notre brousse. » Christian Qui, chef marseillais, se souvient de « cet homme engagé qui respectait les cycles de la nature de ses animaux et défendait l’agroforesterie pour maintenir des paysages et des écosystèmes ». Et 11 ans plus tard, ça finit par payer. En 2018 pour l’AOC puis en 2020, pour l’AOP, la brousse du Rove devient la plus petite AOP fromagère d’Europe. Une fierté pour les 8 chevriers des Bouches-du-Rhône.

    « Je suis très très touchée, je vais faire 2h30 de route pour aller aux obsèques » confie Pauline Gervais, installée à Moustiers-Sainte-Marie. « Lors de ma formation, je devais faire des stages, et il était la référence en matière de pastoralisme, celui qui garde ses chèvres 6 heures par jour, toute l’année en colline, celui qui défend la brousse du Rove » souligne-t-elle. Luc a été son guide, sa carte de visite, et bien plus, puisqu’il était devenu son ami. « Il travaillait avec le vivant, incarnait nos valeurs au quotidien. »

    Obsèques ce 15 septembre à 15h à l’église de la Penne sur Huveaune. Ensuite au cimetière de Cuges.