Tag: Antiracisme

  • Christian Bastid, une vie au service du collectif

    Christian Bastid, une vie au service du collectif

    Bien sûr il a participé à la bataille pour défendre Nelson Mandela. Mais contrairement à de nombreux militants, poussés dans le grand bain politique par les tumultes du monde, les injustices nationales ou les lectures de Marx, l’engagement de Christian Bastid est né dans les batailles locales. « J’ai adhéré au Parti communiste en 1983 lorsqu’on a perdu la Ville de Nîmes. J’étais sympathisant mais à ce moment-là, je me suis dit qu’il fallait être partie prenante pour contribuer à reconquérir la ville de Nîmes, ce qui est arrivé à deux reprises », explique-t-il.

    Natif de la capitale du Gard, Christian Bastid a d’abord multiplié les métiers dans le privé, monteur, élagueur, métallurgiste… des postes d’ouvriers qui lui ont permis de « comprendre ce qu’était l’exploitation par le capital ». Puis, il intègre les collectivités territoriales. Dans le même temps, c’est d’abord l’engagement syndical qui marque son parcours, en adhérant à la CGT puis en devenant secrétaire de l’union locale CGT de Nîmes. « Nîmes est une ville de cheminots mais l’industrie y était aussi très forte. Le PCF a toujours eu un rôle important dans cette ville », ajoute-t-il.

    Ce passionné de football et de rugby, mais aussi de spéléologie qui lui a permis d’ouvrir très tôt les yeux sur les problématiques environnementales, est élu conseiller général pour la première fois en 2011 sur le canton de Nîmes 3. Marqué par le mandat et la personnalité d’Alain Clary, il a d’abord lutté pendant la première partie du XXIe siècle contre une droite hégémonique à Nîmes avant d’engranger les responsabilités. Au Département, il est en effet vice-président délégué à l’Habitat, au logement et au renouvellement urbain et il préside aussi la Coopérative des élu.e.s communistes républicain.e.s et citoyen.ne.s du Gard. Depuis mars, il est aussi conseiller municipal délégué à la Mémoire, aux Anciens combattants et à la Culture de paix et siège également comme conseiller communautaire.

    Préparer 2027

    L’élu nîmois, reconnu pour son expérience et son attachement au Parti, a souhaité placer son élection sous le signe « du rassemblement et de l’unité de tous les communistes ». Parmi, ses priorités, il veut engager une réflexion sur « quel Parti nous voulons pour demain ». Pour cela, il souhaite s’emparer des thématiques de « la jeunesse, la paix, des questions sociales, la lutte pour l’emploi, la précarité, l’égalité entre les hommes et les femmes et la lutte contre le racisme ». « Ces axes sont étroitement liés avec les problématiques du département du Gard », précise-t-il.

    Mais Christian Bastid devra aussi préparer les prochaines échéances électorales de 2027 avec en ligne de mire l’élection présidentielle et les législatives. « L’enjeu, c’est de savoir quel rôle aura le PCF, parce que nous proposons des choses différentes, dans un contexte où il y a un risque d’élection de l’extrême droite », conclut-il.

  • Un appel à se mobiliser dimanche contre le racisme et les discriminations

    Un appel à se mobiliser dimanche contre le racisme et les discriminations

    Zaïd, premier bébé de l’année à Avignon et déjà victime d’un déferlement de haine raciste en ligne. Des mamans déléguées de l’école des Grands-Cyprès visées par une vague de commentaires racistes car voilées. Depuis le début d’année, plusieurs cas de discriminations ont éclaté au grand jour. Il semblait donc impensable que le Vaucluse se tienne à l’écart d’un appel national à se mobiliser dimanche contre le racisme et les discriminations.

    Une quinzaine d’associations (LDH, Mrap, Attac Mouvement de la paix…) collectifs (No pasaran, Les Rési-liantes…), partis politiques (PS, LFI, PCF, G.s, EELV) et syndicats (FSU, CGT) appellent donc à une manifestation, place Pie (10h30), dimanche. « Parce que notre département connaît depuis de nombreuses années une implantation durable de l’extrême droite et que les discours de rejet, de stigmatisation et de division y trouvent trop souvent des relais, nous refusons la banalisation du racisme sous toutes ses formes », indique la LDH qui appelle à une autre facette du département : « Le Vaucluse est aussi une terre de diversité et de solidarité. Nous voulons affirmer une autre voie : celle de l’égalité des droits, du respect de la dignité humaine et de la fraternité. » Côté politique, le Parti communiste sera de la partie : « À un moment où, en l’absence de perspectives de transformation crédible, l’extrême droite progresse sur ces divisions, alimentées par un capitalisme en crise qui mène une attaque frontale contre les conquis sociaux et provoque la colère populaire, le PCF souhaite contribuer à l’émergence d’un grand mouvement contre le racisme, l’antisémitisme et toutes les discriminations. »

  • A Marseille, le front se veut antiraciste

    A Marseille, le front se veut antiraciste

    Les drapeaux palestiniens et libanais flottent sous l’imposante silhouette de la Porte d’Aix à 14h, samedi 14 mars. Slogans et batterie résonnent : « Pas de fachos dans nos quartiers, pas de quartiers pour les fachos ». À la veille du premier tour des élections municipales, 8 000 personnes ont marché selon les organisateurs et 2450 personnes selon la préfecture de police, contre le fascisme, le racisme, l’islamophobie et les violences d’État. Plus de 60 collectifs, syndicats et organisations politiques marseillais avaient signé l’appel national de La Marche des Solidarités, plateforme de collectifs de personnes sans papiers. Des manifestations étaient organisées dans 102 villes, dont Avignon, Toulon, Gap…

    « Il faut montrer qu’on est nombreux et qu’on fait corps », confie Michel, 75 ans, « antifasciste de toujours ». Inès, 20 ans et Rose, 21 ans sont venues pour « se faire entendre ». « On ne va pas se laisser faire », expriment-elles face à la montée de l’extrême droite et des discriminations.

    Isabelle, du Réseau Universitaire Sans Frontières (RUSF), elle, dénonce les « lois liberticides contre les migrants » et s’inquiète pour le devenir des étudiants étrangers. « La connaissance n’a pas de frontière », martèle-t-elle, fustigeant la suppression des APL et l’augmentation des frais d’inscription différenciés.

    Le cortège a marqué un temps fort devant le commissariat de Noailles. Les visages de ceux « tombés sous les mains de la police » s’affichent sur de grandes banderoles. Le père de Souheil, tué en 2021 par un policier, prend la parole : « Ni oubli, ni pardon ».

    «Sardine antifa»

    Malgré la gravité des revendications, la joie infuse dans la marche. Face aux cordons de police, des clowns, vêtus de rose, imitent les policiers et brandissent des frites de piscine, comme des matraques. Au milieu des drapeaux, une autre touche d’humour attire l’œil : des sardines bleus en carton, portées à bout de bras ou piquées dans les cheveux. C’est l’œuvre de Léna Turist, artiste de 24 ans. « La sardine , c’est le symbole de Marseille. J’ai recyclé mes cartons de la manif du 8 mars pour unir les gens et amener de la joie », explique-t-elle. Ses poissons affichent : « sardine antifa » ou « sardine mangeuse de mascu ».

    De la Porte d’Aix au Vieux-Port, le cortège a affiché un front uni et a rappelé que Marseille est « antifasciste ».

  • La tournée « Salam, Shalom, Salut » fait étape à Marseille

    La tournée « Salam, Shalom, Salut » fait étape à Marseille

    Face à la hausse des actes racistes ou antisémites, et les discriminations raciales persistantes, l’association pose des engagements concrets. Un corpus de 16 mesures autour de six volets.

    Dans la balance, côté administration, une composition de listes reflétant la diversité, une formation des élus et des agents, la désignation d’un délégué aux discriminations et d’un référent municipal, ou la mise en place de politiques antidiscriminatoires dans les marchés publics. Au menu aussi, la lutte contre les discriminations dans le logement, l’emploi et les loisirs via des testings et des audits.

    SOS Racisme défend le récépissé de contrôle en matière de police de proximité, prône un soutien renforcé aux associations culturelles et sportives, et la nomination de lieux publics valorisant la diversité. Elle exige surtout une « clarté totale » face à l’extrême droite, excluant toute alliance ou reprise de ses thématiques.

    L’interpellation a été envoyée la semaine dernière aux principaux candidats de l’arc républicain. Les listes de la France insoumise, de Martine Vassal et d’Erwan Davoux, n’ont pas répondu. La seule réponse est venue du Printemps marseillais et elle répond à la plupart des mesures proposées.

    L’ensemble des réponses sera présenté le 7 mars, lors d’une soirée antiraciste, organisée au CAL des Carmes (2e). Une des dernières étapes de la tournée nationale « Salam, Shalom, Salut » qui réunit une trentaine de jeunes venus de toute la France, de milieux et de cultures différents, pour partager leur expérience et leur parcours personnel. L’objectif du programme est de « recréer des espaces de discussion, de débats et de travail, débarrassés des représentations essentialisantes » afin de « produire un récit commun et de restaurer les liens entre les individus ».

    Lancé en 2018, le « projet 3S » prend une couleur particulière à Marseille ou l’extrême droite est au coude à coude avec Benoît Payan, le maire (DVG) sortant. La soirée sera ponctuée d’un « repas interculturel » et d’une prise parole des jeunes et d’un set DJ festif. Ce mercredi, une convention de partenariat sera signée avec Aix-Marseille Université. Elle prévoit l’organisation d’expositions, conférences et formation du personnel.

    Jeudi, après une rencontre avec les lycéens de Victor Hugo, les jeunes de 3S participeront au vernissage de l’expo « Regarde nous » à la fac Canebière suivie d’une conférence avec Dominique Sopo, président national de SOS Racisme. Vendredi, un repas à la cantine solidaire « La marmite joyeuse », une rencontre avec les Guerrières de la paix et une visite au centre social Del Rio sont prévus.