Tag: Antifascisme

  • A Marseille, le front se veut antiraciste

    A Marseille, le front se veut antiraciste

    Les drapeaux palestiniens et libanais flottent sous l’imposante silhouette de la Porte d’Aix à 14h, samedi 14 mars. Slogans et batterie résonnent : « Pas de fachos dans nos quartiers, pas de quartiers pour les fachos ». À la veille du premier tour des élections municipales, 8 000 personnes ont marché selon les organisateurs et 2450 personnes selon la préfecture de police, contre le fascisme, le racisme, l’islamophobie et les violences d’État. Plus de 60 collectifs, syndicats et organisations politiques marseillais avaient signé l’appel national de La Marche des Solidarités, plateforme de collectifs de personnes sans papiers. Des manifestations étaient organisées dans 102 villes, dont Avignon, Toulon, Gap…

    « Il faut montrer qu’on est nombreux et qu’on fait corps », confie Michel, 75 ans, « antifasciste de toujours ». Inès, 20 ans et Rose, 21 ans sont venues pour « se faire entendre ». « On ne va pas se laisser faire », expriment-elles face à la montée de l’extrême droite et des discriminations.

    Isabelle, du Réseau Universitaire Sans Frontières (RUSF), elle, dénonce les « lois liberticides contre les migrants » et s’inquiète pour le devenir des étudiants étrangers. « La connaissance n’a pas de frontière », martèle-t-elle, fustigeant la suppression des APL et l’augmentation des frais d’inscription différenciés.

    Le cortège a marqué un temps fort devant le commissariat de Noailles. Les visages de ceux « tombés sous les mains de la police » s’affichent sur de grandes banderoles. Le père de Souheil, tué en 2021 par un policier, prend la parole : « Ni oubli, ni pardon ».

    «Sardine antifa»

    Malgré la gravité des revendications, la joie infuse dans la marche. Face aux cordons de police, des clowns, vêtus de rose, imitent les policiers et brandissent des frites de piscine, comme des matraques. Au milieu des drapeaux, une autre touche d’humour attire l’œil : des sardines bleus en carton, portées à bout de bras ou piquées dans les cheveux. C’est l’œuvre de Léna Turist, artiste de 24 ans. « La sardine , c’est le symbole de Marseille. J’ai recyclé mes cartons de la manif du 8 mars pour unir les gens et amener de la joie », explique-t-elle. Ses poissons affichent : « sardine antifa » ou « sardine mangeuse de mascu ».

    De la Porte d’Aix au Vieux-Port, le cortège a affiché un front uni et a rappelé que Marseille est « antifasciste ».

  • Les anciens du festival des Agglos répondent à Spanu

    Les anciens du festival des Agglos répondent à Spanu

    La simple évocation d’un festival antifasciste à l’arrêt depuis 2011 dans le programme d’un candidat d’extrême droite suffit à faire monter ses anciens organisateurs au créneau, par le biais d’un communiqué de presse paru jeudi.

    « Nous, anciens membres de l’association « Avec la tête », créatrice du Festival des Agglos, avons été surpris qu’un candidat d’extrême droite, issu d’une alliance avec le RN, se permette de poser dans son programme l’idée qu’il puisse en être à l’origine alors que la volonté première de ce festival est le combat de ses idées » taclent ceux qui visent Pascal Spanu, candidat du RPR du député RN Franck Alisio.

    Car précisément, le festival est né « en 2002, entre les deux tours de l’élection présidentielle, lorsque Le Pen [FN] accède au second tour face à Chirac » rappellent ses organisateurs, qui se sont « mobilisés comme partout en France pour dire non à l’extrême droite ».

    « Un sursaut démocratique »

    « À Port-de-Bouc, ville populaire, ouvrière, maritime, cette mobilisation prend une forme particulière, celle d’un festival » rappellent les anciens organisateurs, affirmant que « le Festival des Agglos n’est pas né d’une logique commerciale. Il est né d’un sursaut démocratique » dont « aujourd’hui encore l’esprit demeure », après sa disparition en 2011 après 10 éditions.

    Dans son programme, Pascal Spanu veut passer « du festival des Agglos à un nouveau festival », promettant de « refondre les animations de la ville : festival, concerts, (…) ». Mais pour les anciens du Festival des Agglos, c’était « bien plus qu’un événement musical : un acte citoyen, une réponse culturelle à la montée de l’extrême droite ». Loin d’un « exercice nostalgique, c’est rappeler qu’une ville rassemblée, peut transformer l’inquiétude en création, la colère en musique, et la peur en fraternité », concluent-ils.

  • Une commémoration aux flambeaux pour « les victimes du fascisme »

    Une commémoration aux flambeaux pour « les victimes du fascisme »

    « Marseille reste et restera antifasciste ». C’est le message unanime porté par les plusieurs centaines de personnes qui ont répondu à l’appel d’organisations telles que Riposte Antifasciste, Quartiers antifascistes 13 ou encore Ciao Facho, ce mardi soir, pour un rassemblement aux flambeaux.

    À grands coups de « Siamo tutti antifascisti », l’objectif était de « commémorer toutes les victimes du fascisme ». Comme une réponse à la mort de Quentin Deranque, militant d’extrême droite à Lyon, le 14 février dernier, après une rixe et un lynchage avec des militants antifa’. « On veut éradiquer les idées fascistes, pas forcément les personnes. Mais le corps de ce militant n’était même pas encore froid que l’extrême droite avait son récit de fait. Le soir même, ils se félicitaient que ce drame offrait une justification à leurs violences », explique au micro Nina, représentante de l’Union étudiante à Aix-Marseille. Dans la même lignée, un membre de Riposte Antifasciste dénonce : « S’il y a un antifascisme de rue, c’est car l’État ne nous protège pas. Solidaires et la CGT Rhône ont subi des attaques, des menaces de morts… ».

    Les participants ont d’ailleurs largement énuméré toutes les morts et drames en lien avec des actions de l’extrême droite et ses groupuscules. Le député insoumis Sébastien Delogu a également pris la parole, en rappelant la mort d’Ibrahim Ali, tué en 1995 par des colleurs d’affiches du FN à Marseille. Une intervention régulièrement coupée par des slogans lancés par les manifestants et quelques interpellations salées : « Va faire ta campagne ailleurs. »

    En tout cas, la « poursuite du combat » a été lancée avec la date du 14 mars prochain à l’appel de la Marche des solidarités cette-fois.

  • [Rétro 2025] À Alès, l’année où la rue a dit non à la haine

    [Rétro 2025] À Alès, l’année où la rue a dit non à la haine

    L’année 2025 restera marquée, à Alès et plus largement dans le Gard, par une succession de mobilisations citoyennes face aux violences d’extrême droite et à la banalisation des discours racistes.

    Déclencheur : l’attaque du Prolé d’Alès, dans la nuit du 30 au 31 mai, en pleine feria. Une douzaine d’activistes néofascistes ont fait irruption dans ce lieu emblématique de la vie militante et festive alésienne, faisant une vingtaine de blessés. Très vite, l’émotion a laissé place à la colère et à la réaction. Dès le lundi suivant, plus de 1 500 personnes se sont rassemblées devant la sous-préfecture d’Alès à l’appel du Parti communiste français et de nombreuses organisations syndicales, associatives et politiques. Une foule dense, plurielle, déterminée à dire non à la violence politique. À la tribune, élus locaux, responsables syndicaux et militants ont dénoncé une attaque « préméditée » et exigé que les auteurs soient identifiés et jugés. Le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, a fait le déplacement pour apporter son soutien aux victimes et alerter sur une « montée des violences d’extrême droite qui n’a plus rien de marginal ».

    Cette mobilisation ne s’est pas éteinte avec les jours. Tout au long de l’année, le Prolé est resté un point de ralliement. En septembre, une soirée de solidarité, mêlant concerts et prises de parole, a permis de collecter des fonds pour les victimes, alors que l’enquête judiciaire tardait à avancer. En novembre, les avocats des parties civiles ont publiquement dénoncé l’inertie de la procédure, relançant la mobilisation politique et médiatique.

    La peur doit

    changer de camp

    Comme une prémonition, Alès avait déjà pris toute sa part aux manifestations nationales contre le racisme et l’extrême droite, notamment le 22 mars, à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale. Près de 300 personnes avaient battu le pavé dans le centre-ville cévenol, tandis que près de 90 000 manifestants défilaient partout en France. Syndicats, associations, collectifs et partis de gauche ont dénoncé une parole raciste « désinhibée » et appelé à l’unité face à ce qu’ils décrivent comme une menace démocratique majeure.

    De l’attaque du Prolé aux marches antiracistes, 2025 aura ainsi dessiné une ligne claire  : celle d’une riposte citoyenne qui refuse la peur, revendique la fraternité et rappelle que la rue reste un espace central de résistance démocratique.

  • Deuxième édition du Forum antifa

    Deuxième édition du Forum antifa

    Le samedi 4 octobre prochain, le collectif No Pasaran organise, pour la deuxième année consécutive, le Forum antifasciste de 12h30 à 22h à la Maison pour Tous de Champfleury, à Avignon.

    « C’est un moment qui permet à toutes les personnes sensibles aux luttes que l’on porte de se réunir. Quand on est éclatés, c’est difficile d’organiser des choses. Il faut aussi casser le mythe de l’antifa, le couteau entre les dents, qui attend les passants dans un coin de rue », glisse ainsi François Sandoz, membre de la collégiale de la structure, avant d’ajouter que « c’est aussi ça qui a donné l’envie de se lancer dans la création du bar ». « Mais il ne faut pas oublier que c’est aussi un moment festif, car tout le monde aime faire la fête », ajoute Carlos, également membre de la collégiale.

    Faire la promotion d’un autre discours

    Et le programme est bien chargé, avec trois temps d’échanges prévus respectivement à 13h, 15h et 17h, autour des luttes féministes et trans contre l’extrême droite, du racisme et de ses déclinaisons au quotidien, ainsi que de la manière de riposter sur les réseaux sociaux. Des temps pour lesquels ont été invités notamment Niléane Dorffer, présidente de « Toutes des Femmes », Carolle Amorrich, fondatrice de « Noirs sans frontières », ou encore Léa MP, influenceuse militante. « Ce sont des thématiques et des intervenants qui nous tiennent à cœur, car c’est important pour se construire et savoir comment s’en saisir. Comme pour les réseaux sociaux, par exemple, car on constate que les algorithmes nous sont souvent défavorables, mais on peut les casser et relayer la bonne parole », explique ainsi François Sandoz.

  • Une soirée de solidarité pour les victimes du Prolé d’Alès

    Une soirée de solidarité pour les victimes du Prolé d’Alès

    Plus de trois mois après l’attaque du Prolé dans la nuit du 30 au 31 mai, le Parti communiste français a tenu à organiser une soirée de solidarité pour les victimes. L’objectif est de récolter des fonds pour une caisse de soutien qui permettra de les aider pour leurs frais d’avocat. « C’est une soirée pour financer les victimes mais aussi parce qu’il faut faire la fête, faire une fête antifa », explique Giovanni di Francesco, secrétaire de la section PCF d’Alès qui s’est également porté partie civile dans ce dossier. Vendredi 26 septembre (20h30), deux groupes (Paris-Brest et MC’s du Midi) viendront donc jouer bénévolement dans la cour du Prolé.

    L’objectif est également de rappeler les faits alors que l’enquête patine. En effet, malgré le dépôt par plusieurs victimes d’éléments prouvant l’implication des néofascistes du Bloc montpelliérain, aucune arrestation n’a encore eu lieu trois mois et demi après les faits. « Le parquet et la police ne se bousculent pas au portillon pour mener l’enquête. Va-t-on tirer un trait sur ce qu’il s’est passé ? Ces groupuscules peuvent-ils agir impunément dans notre pays ? Pour l’instant nous n’avons aucune nouvelle. Mais il y a tellement de complaisance au niveau national que la plupart de ces histoires ne sont pas instruites. Le Bloc Montpelliérain faisait partie des groupuscules d’extrême droite qui ont défilé à Paris le 10 mai sous la protection plus que bienveillante de la police », enrage Giovanni di Francesco.

    D’autant que les victimes, et notamment le cheminot qui avait eu le nez cassé, restent sous le choc. « Il va reprendre le travail cette semaine. Il s’est remis de ses blessures physiques mais il était complètement traumatisé parce que c’est un gars qui est un vrai pacifiste dans l’âme », explique le communiste.