Tag: André Giraud

  • [Marseille-Cassis] Christine Bardelle, cinq ans de lutte contre un cancer du sang

    [Marseille-Cassis] Christine Bardelle, cinq ans de lutte contre un cancer du sang

    Il y a près de vingt ans, Christine Bardelle était au sommet de son art pédestre. Spécialiste du cross-country, la demi-fondeuse originaire de Provins, en Seine-et-Marne, s’est notamment illustrée en décrochant deux médailles d’argent consécutives, en 2012 et 2013. À son palmarès figurent également quatre titres de championne de France : trois sur 5 000 m et un sur 10 000 m. Elle aurait même dû participer aux Jeux olympiques de Londres en 2012, alors qu’elle était la seule Française à avoir réalisé les minima sur 5 000 m.

    Mais en février 2018, sa vie bascule. On lui diagnostique une leucémie aiguë, un cancer du sang. « Ça faisait un moment que j’étais fatiguée, que je me sentais un peu moins bien, mais je ne m’en inquiétais pas pour autant. Je mettais ça sur le compte de la fatigue. Puis, j’ai commencé à faire quelques petits malaises. Un jour, je suis allée aux urgences et je n’en suis ressortie que deux mois plus tard », raconte Christine Bardelle.

    Les biopsies ont rapidement révélé des cellules cancéreuses. « C’était une surprise, parce qu’en tant qu’athlète, j’étais en bonne santé. Je prenais soin de moi, je faisais attention à tout, notamment à mon alimentation, et je faisais du sport deux fois par jour. Ce n’est évidemment pas le genre de diagnostic auquel on s’attend dans ces conditions », poursuit-elle.

    Près de 460 000 personnes sont diagnostiquées chaque année d’un cancer, selon les données de l’Institut national du cancer. « Je n’ai pas forcément cherché à comprendre pourquoi. J’étais tout de suite dans l’état d’esprit de tout faire pour m’en sortir. J’étais déjà dans le combat, même si on ne donnait pas cher de ma peau, parce que j’étais au stade 4 », insiste l’ancienne athlète de haut niveau. Elle a d’abord dû subir une quarantaine de chimiothérapies à Avignon, avant d’être prise en charge à l’Institut Paoli-Calmettes, à Marseille, où elle a passé sept semaines dans une chambre stérile, avant de bénéficier d’une greffe de moelle osseuse en septembre 2018. Ce n’était pas gagné d’avance puisque ses deux sœurs et son frère n’étaient pas compatibles. « Il y avait donc une chance sur un million pour trouver un donneur compatible. Et puis après, il fallait encore que la greffe prenne », note Christine Bardelle. « C’était aussi violent que le cancer », souligne-t-elle, consciente que l’opération lui a laissé des séquelles encore persistantes aujourd’hui. « J’ai passé trois mois et demi à l’hôpital après la greffe. Et quand je suis sortie de l’hôpital, je ne pouvais même pas marcher. J’étais incapable de tenir debout. Je me suis vite remise dans une forme de rééducation, de réathlétisation, mais ça a pris du temps », résume celle qui a mis près de trois ans avant de reprendre une pratique sportive.

    Marseille-Cassis symbolique

    Officiellement diagnostiquée guérie en septembre 2023, après cinq ans de lutte contre le cancer, Christine Bardelle s’est directement lancée sur le Marseille-Cassis. « C’était symbolique pour moi de prendre le départ d’une course à quelques kilomètres de l’hôpital qui m’avait sauvé la vie. C’était une forme de reconnaissance aussi pour tout le travail des oncologues et des chercheurs », confie la gérante d’une brasserie à Buis-les-Baronnies, dans le département de la Drôme. Au sein du mois de l’inclusion, cher à André Giraud, elle s’est engagée sur les quatre épreuves afin de faire passer un message. « Le sport, c’est quand même un super levier. Sur une ligne de départ, peu importe qu’on ait un cancer, un handicap ou une autre difficulté, le but est de passer la ligne d’arrivée. C’est une façon de se reconstruire, de faire face et de rebondir », assure la survivante. Compétitrice dans l’âme, de par son passé sportif glorieux, elle espère passer sous la barre des deux heures.

    EN CHIFFRES

    118

    118 jeunes issus de l’École de la 2e chance, de l’Epide ou encore choisis par France Travail participeront à cette édition de Marseille-Cassis. Que ce soit en tant que coureurs ou bénévoles.

    20

    C’est le nombre d’entreprises prêtes à embaucher les 118 personnes issues du dispositif Marseille-Cassis des quartiers 2026. Une rencontre aura lieu ce vendredi 23 au matin, à l’École de la deuxième chance.

  • Une demi-siècle de course pour la section athlétisme de Sainte-Marguerite

    Une demi-siècle de course pour la section athlétisme de Sainte-Marguerite

    Avant de fêter l’année prochaine les 90 ans de la Société culturelle omnisports (SCO) Sainte-Marguerite, anciennement Sporting club ouvrier, il tient d’abord à la section athlétisme, de cette même association, de souffler ses cinquante bougies, ce vendredi, à l’occasion d’une soirée au siège de l’association qui retracera une belle histoire amicale et familiale de longue date. « Ce n’était pas programmé », souligne d’entrée de jeu son initiateur, André Giraud, passionné d’athlétisme depuis l’âge de 14 ans, où il courait avec le club d’entreprise des Ateliers Terrin. « Mon père travaillait sur le port de Marseille », indique le minot originaire des quartiers nord qui a passé sept ans (de 1967 à 1974) en coopération en Algérie comme professeur de mathématiques.

    Liens solides avec la FSGT

    Désireux de faire du volley-ball à son retour du Maghreb, son meilleur ami d’enfance et témoin de mariage, Joël Peyric, lui conseille de rejoindre la SCO Sainte-Marguerite. « Il avait expliqué au président de l’époque que j’étais professeur, que j’avais du temps et que c’était une bonne opportunité pour lancer une section athlétisme au club », raconte Giraud, persuadé que son esprit militant lui a permis d’avoir « des heures pour encadrer une quinzaine de gamins le mercredi après-midi » à l’automne de l’année 1975. « Faire du footing avec les jeunes, ça m’a donné envie de me remettre à la course à pied avec l’idée de faire un marathon. C’est en préparant ce marathon que j’ai eu l’idée de créer Marseille-Cassis en 1979. Ça nous a permis de nous développer, passant d’une vingtaine d’adhérents à plus de 300 dix ans plus tard », poursuit le fils du premier président, accompagné et affilié à la FSGT, présidée entre 1980 et 2000 par nul autre que Joël Peyric, grand militant décédé le 5 février 2024. « Je suis un peu nostalgique, je suis l’un des derniers survivants », déplore André Giraud, qui a présidé la section athlétisme entre 1990 et 1998, avant de se tourner vers d’autres fonctions, comme celles de président du Comité départemental olympique et sportif, de chargé de mission auprès du préfet lors de la Coupe du monde 1998 avec le projet « Cités-foot », de directeur de la Jeunesse et des sports au conseil général ou de président de la Fédération française d’athlétisme. Ce qui ne l’a jamais empêché de garder un œil sur sa section fétiche.

  • Marseille-Cassis, un semi-marathon d’enfer

    Marseille-Cassis, un semi-marathon d’enfer

    Du coureur du dimanche au champion d’athlétisme, toutes les strates sportives étaient présentes, dimanche, à l’occasion de la 46e édition du Marseille-Cassis. Un semi-marathon désormais connu du grand public pour mettre l’endurance de ses participants à rude épreuve. Même pour ceux qui parviennent à rejoindre Cassis en un peu plus d’une heure, ce qui n’est pas une mince affaire.

    « C’était un avantage de connaître le parcours, parce qu’il est très piégeux », souligne Igor Bougnot, champion de France en titre du 10 000 mètres. Ce Picard âgé de 33 ans, venu en repérage six ans auparavant, a réussi à prendre la 5e place du classement général, avec une minute de retard seulement sur le vainqueur du jour, Ilias Fifa (voir ci-dessous). « Je savais que la course était coupée en trois phases, avec cette grande côte de la Gineste au milieu. C’est ce qui fait le charme de cette Classique épique », poursuit le premier français de l’épreuve. Si Marseille-Cassis reste avant tout une course où le chronomètre fait loi, cet événement pensé en 1979 par l’ancien président de la SCO Sainte-Marguerite André Giraud est également une grande fête populaire ouverte à tous. « Il y a toujours une super ambiance au cœur de ce peloton où il y a des coureurs de tout niveau. C’est bien de pouvoir courir tous ensemble », estime la Tarnaise Mélody Julien, 10e du dernier Marathon de Chicago. « Je m’attendais à voir des gens vachement tunnelisé par la course, mais c’était bon enfant », complète Pierre-Ambroise Bosse, ancien champion du monde du 800m, qui s’amusait à jouer au jeu du chat et de la souris dans le peloton.

    Toujours dans le côté festif, les Marseillais et les Cassidains se sont levés aux aurores pour encourager à pleins poumons les 20 000 courageux. « Je n’ai jamais vu une aussi grande ferveur. On se croirait dans la descente du Tour de France », lance la Martégale Clémence Calvin, la première femme à avoir franchi la ligne d’arrivée l’année passée. « C’est quelque chose à vivre, si vous avez la chance d’avoir un dossard », ajoute-t-elle, consciente du nombre astronomique de déçus chaque année. « C’est une course emblématique à vivre au moins une fois dans sa vie », surenchérit Pierre-Ambroise Bosse. Alors, n’attendez pas l’année prochaine, mais foncez !

  • Quand la grande course fait quelques retouches

    Quand la grande course fait quelques retouches

    Les superlatifs ne manquent pas pour décrire la grandeur du Marseille-Cassis. Ce semi-marathon, imaginé par André Giraud en 1979, ancien président de la SCO Sainte-Marguerite et de la Fédération française d’athlétisme, est devenu au fil des éditions un événement incontournable de notre territoire. « On est passé d’une course de quartier à une compétition internationale avec 76 pays représentés », note Thierry Santelli, vice-président (LR) du conseil départemental des Bouches-du-Rhône, partenaire principal de l’événement. « Je dirais même que c’est la plus belle course au monde », surenchérit Danielle Milon, maire (DVD) de Cassis. Mais Marseille-Cassis représente plus qu’un simple événement sportif. Il se veut social, avec la deuxième édition du Marseille-Cassis des quartiers, qui met en avant le mois de l’inclusion, soutenu par la délégation régionale académique à la jeunesse, à l’engagement et aux sports (Drajes).

    Jimmy Gressier comme parrain

    Il se veut également solidaire, en soutenant l’association On’Tchao (lire ci-dessus), qui accompagne les patients atteints de mucoviscidose, et en permettant à des jeunes adultes en rémission d’un cancer de prendre le départ de la course. Et il se veut responsable et durable pour la planète, avec la mise en place de nouveaux aménagements pour accompagner l’hydratation des coureurs sur le parcours.

    Pour cette 46e édition, l’organisation de Marseille-Cassis a choisi un parrain d’exception : Jimmy Gressier, sacré champion du monde du 10 000 m et médaillé de bronze sur 5 000 m à Tokyo. Le natif de Boulogne-sur-Mer, en lice pour le titre de meilleur athlète de l’année, sera au cœur du peloton, aux côtés de son épouse Aude Clavier, triple vice-championne de France et originaire d’Aix-en-Provence. Une autre star de l’athlétisme français se cachera dans la foule : Pierre-Ambroise Bosse, champion du monde du 800 m en 2017 à Londres. « PAB » accompagnera l’initiative Clean Challenge, une action de nettoyage en envoyant des photos des déchets ramassés. Cette opération, qui a enregistré la collecte de 1 037 kilos de déchets, a d’ailleurs permis à 215 coureurs de gagner leur dossard pour le grand jour.