Tag: amour

  • [Mémoire de déportation] Denise Toros-Marter : « J’avais 16 ans à Pitchipoï »

    [Mémoire de déportation] Denise Toros-Marter : « J’avais 16 ans à Pitchipoï »

    Georges, qui a fait une belle carrière de photographe et possède un merveilleux talent d’écriture, travaille actuellement à un livre de souvenirs sur le milieu artistique parisien. Mon père, Lucien, entre à l’école des arts et métiers d’Aix-en-Provence et se prépare à une carrière d’ingénieur.

    Survient la guerre de 1914. Mobilisé tout d’abord dans son école pour la fabrication de matériel de guerre, il est appelé sous les drapeaux en 1916 et part comme estafette sur le front de l’Yser, près de la frontière belge 1.

    Les familles Marter et Tubiana, liées par un cousinage, se fréquentent.

    Marcelle Tubiana, l’aînée, commence à être sollicitée par des prétendants et à être pressée de donner enfin son agrément à l’un d’eux. Lucien, secrètement amoureux, encourage ses parents à demander la main de celle qu’il aime. Marcelle, consultée par ses parents elle aussi, exprime sa préférence envers son cousin.

    Des fiançailles discrètes ont lieu : l’époque, marquée par le conflit franco-allemand de la Première Guerre mondiale, n’est pas à la fête. Je trouve encore des traces de leur tendre amour dans des cartes à dentelle, qu’ils s’envoyaient lorsque Lucien était au front.

    En 1918, mon père est démobilisé. Engagé vis-à-vis de sa fiancée et éprouvé par son séjour au front, il renonce à reprendre ses études. Il se marie donc en janvier 1920 et épouse Marcelle, qui vient de perdre son père, André Tubiana. De cette union naissent trois enfants : André (qui porte le nom de son grand-père défunt), René, et enfin Denise Rachel, qui a décidé d’écrire l’histoire de la famille Marter-Tubiana, tellement ébranlée par la Shoah, afin que ses descendants puissent la connaître et la pérenniser à travers les générations futures.

    La nouvelle alliance

    C’est celle conclue entre ma grand-mère maternelle, Clémentine, et mon grand-père paternel, Achille, devenus veufs, et qui décident, surtout sur les instances d’Achille, de se marier en seconde noce.

    Étant donné leur âge, leur union restera sans enfants. Heureusement, car la famille, en raison de nombreux cousinages, est assez complexe comme cela ! Mais ce mariage alimentera les conversations avec les neveux qui, poussés par la curiosité, s’amuseront beaucoup de nos explications, celles de tante Reine, puis de la Zia 2 Mimi, celles de Simone Turjman-Taillefer, ma cousine, et enfin celles de Janine et de Denise, qui ont conservé les photos de famille et l’arbre généalogique.

    à suivre la semaine prochaine…1. Célèbre bataille au cours de laquelle les armées belges et alliées parvinrent à arrêter les Allemands, en octobre et novembre 1914.

    2. Zia signifie « tante » en italien.

    Témoignage livré en 2008.

    À mes parents, afin que ce livre devienne la sépulture qu’ils n’ont jamais pu recevoir.

  • À Sète, clap de fin pour les Journées de l’amour

    À Sète, clap de fin pour les Journées de l’amour

    « C’était en 1997. J’étais en manque d’amour et j’ai eu l’idée de créer ces Journées. » Voilà 28 ans que Christy Puertolas et l’association Histrions investissent chaque année la chapelle du quartier haut, à Sète, afin de proposer une exposition autour de l’amour. De, la non-demande en mariage, au crime passionnel en passant par l’amour des bêtes, tous les thèmes sont explorés. Mais cette année, l’idylle sétoise prend une saveur particulière. « C’est un tournant, j’ai envie de faire autre chose. Mais il fallait faire une dernière. Ce qui ne veut pas dire que je ne travaillerais plus sur l’amour, tout est ouvert », poursuit la commissaire d’exposition. Alors, pour cette dernière édition, le thème retenu est « Je t’aime mais j’ai la flemme ». « Cette phrase est de la street-artist grenobloise Petite Poissone. J’ai adoré, je me suis dit que ce serait le thème de cette année et je l’ai invité. »

    Du 4 au 26 avril, pas moins de 78 œuvres de 18 artistes recouvrant des supports différents tels que la peinture, la broderie et la sculpture seront exposés. « L’ADN de ces Journées est de rassembler des gens d’horizons différents et de notoriété variable sur le même thème de l’amour, ce puits sans fond fédérateur qui parle aux gens », souligne Christy Puertolas. Notamment Robert Combas, Victoire et Hervé Di Rosa, Anna Kache, etc. Le vernissage se fera lui en musique, le 3 avril à 18h, avec l’ensemble vocal AMMI. Les dimanches ne seront pas moins animés puisque sont proposés des cours de yoga, de sophrologie, une dictée et des visites guidés.

  • Le pont des Amoureux d’Aubagne fleuri et baptisé pour la Saint-Valentin

    Le pont des Amoureux d’Aubagne fleuri et baptisé pour la Saint-Valentin

    C’est un trou de verdure où coule une rivière. Et là, juste au-dessus de l’Huveaune où se reflètent les arbres et le ciel, un pont a été jeté d’une rive à l’autre. C’est « le pont des amoureux ». Il relie le Parc de la Botte à la cité du Bras d’or et à la nationale 8 au niveau de la « Californie ». « Il a été installé en 1986 », retrace Claude Carbonnel, du collectif des associations de l’Huveaune. Dans le sillage de la création, sous Mitterrand, de Banlieues 89, d’abord association puis mission interministérielle lancée en 1983 dans le but d’améliorer l’urbanisme de la banlieue en France, « trois projets sont retenus à Aubagne, où la Ville avait candidaté », détaille-t-il.

    Le pont baptisé

    L’un d’entre eux est justement une passerelle au-dessus de l’Huveaune, sans vraiment de nom. Puis, au fil de l’eau, au fil du temps, « des noms et des initiales ont été gravés sur le pont. Il est devenu un point de rendez-vous des amoureux », raconte Claude Carbonnel. Et cela est entré dans la mémoire collective.

    Samedi 14 février, lors de la fête des amoureux, le collectif invite le public à fêter la Saint-Valentin* avec un fleurissement du pont et prise de selfies autour. La 1ère édition avait eu lieu car un projet menaçait de démonter le pont… Et le fleurissement visait alors à faire prendre conscience de ce patrimoine – qu’il faudrait désormais un peu restaurer selon le collectif – et le protéger.

    Aujourd’hui toujours entier, le pont des Amoureux recevra même, samedi, son nom officiel de la Ville, et sera dorénavant indiqué sur les signalisations. Cupidon n’a aucune raison de se perdre. Même si, dit-on, l’amour est aveugle.

    * Rendez-vous à 14h au pont de Californie.