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  • Cinq minots comme des chefs en cuisine chez Mazzia

    Cinq minots comme des chefs en cuisine chez Mazzia

    « On est tous des étoiles, il nous faut juste apprendre à briller », a conclu Nour, 16 ans, dans son rapport de stage de 3e. Ex-directrice de l’école du Parc Bellevue, Véra Tur-Grigorieff embarque depuis six ans des collégiens de Saint-Mauront et Josephine-Baker dans le 3e arrondissement et Rosa-Parks dans le 15e, dans une aventure culinaire qui les porte au firmament.

    Isma’il, Chaima, Nour, Yassine et Wiem sont passés de la cantine scolaire aux cuisines des chefs étoilés, mais aussi par les salons de l’Élysée, le bureau du maire (DVG) de Marseille Benoît Payan, derrière les fourneaux avec le rappeur Soprano et le footballeur Dimitri Payet. Et encore, par la grande école hôtelière de Genève où le professeur émérite et chercheur à l’université Dennis Rodgers s’est penché sur leur expérience pour étayer sa thèse. Leur parcours, piloté de main de maître par Véra Tur-Grigorieff, la très inspirée présidente de l’association Amitiés marseillaises culture et partage, a déjà donné lieu à la publication Les enfants de Marseille cuisinent le monde, en 2023. Des étoiles dans la cuisine est en préparation chez le même éditeur, In Octavo.

    Des étoiles dans les yeux

    « Ce sont de bons élèves, voire très brillants, mais ils vivent dans les quartiers populaires, ils ne font rien hors temps scolaire, ils restent tanqués au pied des tours. Et c’est difficile pour eux de se positionner pour leur avenir. Ne serait-ce que de trouver un stage leurs parents n’ont pas les réseaux, confie-t-elle, et ça m’énerve ! ». La période Covid faisant remonter les inégalités sociales et territoriales, l’idée a germé. Pendant les vacances, les week-ends, l’association les guide sur d’autres activités, sportives ou culturelles, « pour leur ouvrir d’autres horizons, pour leur montrer que le champ des possibles est vaste, qu’il ne faut rien s’interdire ». Et l’aïoli a pris.

    « La cuisine, c’est venu parce que c’est une passion. On aime manger et on s’amuse en la faisant. On a été repéré par le chef qui met des fleurs dans les plats », se souvient Isma’il. Ludovic Dupont, chef de La Fenière à La Bouilladisse est tombé sous le charme de ces jeunes marmitons qui avaient à peine 10 ans à l’époque. Il est venu installer sa batterie dans la salle des profs. L’idée du premier ouvrage était née. Sébastien Richard, Fabrice Desvignes, les chefs ont suivi et les recettes se sont enchaînées.

    Mercredi, c’est une recette confiée par Alexandre Mazzia qui donnait le la dans l’atelier de Camille Kieffer. Mains lavées, toques vissées sur les cheveux et tabliers endossés, les cuisiniers en herbe prenaient les consignes. « Les règles à respecter, le travail en équipe, ça nous apprend beaucoup ces ateliers », assure Nour, qui a « peut-être trouvé une vocation », lâche-t-elle attachée à vanner la crème au fond de la casserole « pour éviter que ça croûte », précise-t-elle. Chaima n’a que 13 ans, mais elle apprécie déjà « le fait d’être très rigoureuse, c’est un peu stressant au début, mais ça devient une habitude et même un jeu ». Peu de pression du côté de Yassine, qui fait trois pas de danse entre la préparation d’une pâte sablée et celle de tuiles au chocolat. Le collégien voit dans l’exercice culinaire « un atout pour apprendre à gérer le stress et rester connecté » dans son projet : « devenir pompier ».

    L’heure est à l’assemblage des tartelettes. « On lâche notre imagination » s’enthousiasme Wiem qui revient tout juste de la cérémonie du Département dédiée aux « élèves méritants ». Prenant un peu de recul sur son œuvre, Isma’il note « je refais les recettes à la maison, mais avec les moyens du bord », s’adapte le futur « pilote ».

  • [Recette] Les poireaux vinaigrette revisités

    [Recette] Les poireaux vinaigrette revisités

    Pour 2 personnes
    il vous faudra :

    – Deux blancs de poireaux

    – Deux œufs durs

    – Des cornichons et des câpres

    – Des anchois à l’huile

    – De l’huile de pépins de raisins et d’olive

    – Du jus de citron jaune et vert, de pamplemousse et d’orange

    – Du vinaigre de cidre et de xérès

    – Des graines de courge, chia, fenouil et noix de cajou torréfiées, concassées

    – De la coriandre fraîche

    Il est possible de cuire les blancs de poireaux la veille, à la vapeur ou dans une eau frémissante. Laissez refroidir à température ambiante pour ne pas perdre les saveurs du légume, coupez les blancs en deux puis de nouveau en deux dans le sens de la longueur. Brûlez au chalumeau ou dans une poêle chaude, sans matière grasse, et faites mariner une nuit idéalement avec de l’huile d’olive, du vinaigre de xérès, du sel et du poivre. égouttez une heure avant le service de votre assiette.

    Une vinaigrette revisitée

    En parallèle, réalisez la vinaigrette et mettez en premier dans un saladier les noix de cajou, les graines de courge, de chia et de fenouil. Ajoutez deux cuillères à soupe d’huile d’olive, une de vinaigre de cidre puis une cuillère à soupe de chaque jus. Faites foisonner légèrement, ajoutez de nouveau une pincée de chaque graine et, à la fin, les herbes fraîches pour éviter leur oxydation.

    Une sauce nappante

    Vous pouvez également réaliser la sauce caesar dans un récipient haut et étroit en mettant les œufs et 25g de chacun des ingrédient suivant, à savoir les anchois, les cornichons, les câpres, une cuillère à soupe de moutarde et une gousse d’ail râpée. Mixez le tout avec un mixeur plongeant pour avoir quelque chose de lisse puis monter comme une mayonnaise avec l’équivalent de 200g d’huile de pépin. Détendez le tout avec un filet d’eau et de jus de citron.

    Pour le dressage, déposez les poireaux dans l’assiette zébrez les 2/3 avec la sauce caesar et le reste avec la vinaigrette. Servez et régalez-vous !