Tag: Alenka Doulain

  • Pragmatique ou dogmatique : la bataille écolo lancée à Montpellier

    Pragmatique ou dogmatique : la bataille écolo lancée à Montpellier

    Les uns dans le cadre bucolique des bords du Lez à Agropolis, les autres dans le brouhaha du rond-point de « Paulette » sur le tracé du futur Contournement ouest de Montpellier (COM). Lundi 9 février, les équipes de Michaël Delafosse (PS) et de Nathalie Oziol (LFI) ont dévoilé leurs programmes écologiques respectifs aux deux extrémités de la 5e ligne de tramway. Un hasard de la campagne qui illustre deux stratégies aux antipodes sur le plan écologique. Pragmatique d’un côté, plus idéologique de l’autre.

    Dans la lignée des 50 000 arbres plantés depuis 2020, la liste de Michaël Delafosse veut faire de Montpellier une « ville parc  », une ville « marchable avec de grands corridors de fraîcheur qui protègent de la canicule et reconnectent à la nature », résume le maire socialiste. Il promet de doubler les surfaces à désimperméabiliser (40 hectares), de continuer à planter des arbres y compris dans les parcelles privées, de poursuivre les végétalisations en encourageant les bons de végétalisation. Parce qu’il se dit « débordé de demandes de gens qui veulent cultiver un jardin »,
    M. Delafosse propose de créer un millier de nouvelles parcelles de jardins familiaux. Des terrains sont à l’étude à « Grammont, aux Aubes, à l’agriparc des Bouisses ou aux Grisettes », précise l’adjointe écologiste Marie Massart.

    Un Lez Montpellier plage

    D’ici 2032, dix parcs doivent être créés (République), agrandis (Bouisses) ou aménagés (Lunaret, coteau de Malbosc, Montcalm…). Trois projets phares de promenades ombragées visent à magnifier le « chemin de l’eau ». Le premier en végétalisant 5 km le long de l’aqueduc des Arceaux. Le second via 2 km de « coulée verte » le long du Verdanson, du stade Philippidès au CHU Lapeyronie. Le troisième vise à réaliser un cheminement en bois le long du Lez entre Agropolis et l’espace Lavalette. Comme du temps du peintre Frédéric Bazille, le maire rêve de refaire de Lavalette un lieu de baignade convivial. « Ce sera Montpellier plage ! On ne peut pas se résoudre à laisser le Lez pollué, on sera vigilant sur la qualité des eaux. »

    Trois heures plus tard, changement de décor. À l’autre bout de la 5e ligne de tramway, les Insoumis sont postés devant les arbres déracinés du futur Contournement routier ouest (COM). Pour Nathalie Oziol, c’est le symbole d’un « PS bétonneur ». « C’est la même stratégie que sur l’A69 à Toulouse : 12 exploitations et 70 hectares seront détruits. Ce projet d’autoroute de Vinci est écocide », dénonce la tête de liste Insoumise qui cible la majorité sortante. « Une liste qui défend le COM et les Zones à faibles émissions (ZFE) ne peut être écologiste ». La députée LFI oppose une « écologie de rupture avec le modèle libéral ». C’est-à-dire davantage de trams et de bus, une étoile ferroviaire, un boulevard urbain limité à 70 km/h plutôt qu’une autoroute à 10 voies. « L’étalement urbain est une impasse écologique, sociale et démocratique », abonde Alain Bertrand (LFI), favorable aux projets agroécologiques « de la terre à l’assiette » pour « nourrir les Montpelliérains ». Julia Mignacca, qui vient de quitter Jean-Louis Roumégas pour Nathalie Oziol, théorise le concept d’écologie populaire. « Il ne faut pas faire culpabiliser les gens, les laisser de côté ». N. Oziol promet une « planification écologique » avec une « grande convention de l’écologie populaire », ajoute Alenka Doulain.

    Deux autres gros dossiers illustrent ces deux visions divergentes : l’énergie et les déchets. Julia Mignacca souhaite créer une régie publique de l’énergie à Montpellier, avec une tarification sociale. « Rien n’a été fait sur le solaire. L’énergie doit être un bien commun, pas un outil spéculatif. » Du côté de la liste Delafosse, qui veut développer le « réseau de chaleur », le nouvel arrivant Grégoire Delforge promet « d’aider 3 000 particuliers à l’isolation thermique » et de créer une « académie du climat et de la biodiversité ».

    Déchets : sortir de l’échec

    M. Delafosse propose une solution pour arrêter l’exportation coûteuse des déchets : transformer l’usine de méthanisation Ametyst en chaudière CSR (combustibles solides de récupération). Si J.-L. Roumégas (Les Écologistes), Mohed Altrad (divers droite) ou Isabelle Perrein (divers droite) s’y opposent catégoriquement en raison du principe de précaution sanitaire, les Insoumis, divisés sur le sujet, veulent en débattre via une « convention populaire avec votation citoyenne ». D’ici là, ils prônent la réduction des déchets à la source (qui a semblé montrer ses limites) avec des « ressourceries et recycleries ». À l’orée des premiers débats, le maire réclame de la clarté, y compris à Philippe Saurel qui avait fermé le 3e casier de la décharge de Castries sans aucun plan B : « L’incinérateur de Lunel-Viel ne veut plus de nous. Ceux qui veulent une décharge ou un incinérateur, qu’ils disent où ! »…

  • La parcelle agricole de la cité Bergère à Montpellier menacée ?

    La parcelle agricole de la cité Bergère à Montpellier menacée ?

    « Le conseil municipal de la dernière chance. » À trois mois des élections municipales, les élus montpelliérains se sont réunis une dernière fois cette année en séance plénière, le 11 décembre. Au menu notamment, le vœu de la conseillère d’opposition Alenka Doulain, appelant à préempter la Cité Bergère, dernière parcelle agricole de 4 400 m² du centre-ville de la capitale héraultaise, située avenue Saint-Lazare et dont une partie a été vendue à des promoteurs.

    « En août dernier, le permis de construire a été délivré sur la partie vendue de la parcelle. Ce qui la réduit de près de 60% afin de construire 69 logements dont neuf reviendraient aux propriétaires. Nous nous mobilisons car la majorité municipale [du maire socialiste Michaël Delafosse] et [l’élu] Manu Reynaud s’étaient engagés à en préserver 100%. Nous sommes un peu tombés des nues », soutient Lucie Mendes, membre du collectif Préservons la cité Bergère. Une pétition a été mise en ligne – recueillant pas moins de 26 000 signatures – et un recours gracieux a été déposé.

    Fin novembre, une réunion était organisée entre les différentes parties mais aucun consensus n’a été trouvé. Car selon le collectif, si le projet reste en l’état, donc « en-deçà des 4 400 m², on est sur une surface trop petite pour garder un modèle agricole viable. Si on veut continuer à faire de l’agriculture urbaine, on ne doit pas grappiller ces dernières terres », poursuit Lucie Mendes. Et ainsi mettre à mal les ambitions de la politique écologique de la municipalité socialiste. « La collectivité met en avant dans sa communication les circuits courts, la valorisation du bio et des producteurs locaux, la préservation d’espaces verts pour en faire des îlots de fraîcheur, etc. En réalité, on voit que par ce projet, la majorité peut entraver cette politique », fait valoir celle qui est aussi présente sur la liste du Printemps montpelliérain, candidat au scrutin de mars prochain. Le collectif appelle donc à l’abandon du projet et propose la création d’une ferme agricole participative.

    Proposition de rachat

    « Vous avez juridiquement les outils pour préempter totalement, vous le pouvez et donc vous le devez. Notre municipalité a su le faire par le passé », insiste Alenka Doulain lors du conseil indiquant que ce « vœu simple marquera une volonté réelle de conserver cet héritage que nous devons être en capacité à laisser à nos enfants ». Mais Michaël Delafosse ne l’entend pas de cette oreille. Estimant avoir sauvé « 80% de la constructibilité de cette parcelle grâce au vote du PLUi-climat », le maire s’est néanmoins démené « pour racheter la parcelle, mais la proposition a été déclinée par les propriétaires. À ce jour, nous n’avons aucun document nous permettant d’engager une préemption, nécessitant un motif d’intérêt public. Ce projet inquiète des riverains mais – même si nous le souhaitons – nous ne pouvons pas. » À une grande majorité, le vœu a été rejeté.

  • Distancés par Michaël Delafosse, ses opposants toujours divisés à Montpellier

    Distancés par Michaël Delafosse, ses opposants toujours divisés à Montpellier

    Un sondage n’est jamais une prédiction mais au vu des projections de celui de l’Ifop pour le Métropolitain, il va falloir aux opposants plus que des punchlines pour battre Michaël Delafosse en mars 2026.

    Selon une étude menée auprès d’un échantillon représentatif de 706 personnes, le maire socialiste de Montpellier serait largement en tête au 1er tour avec 36%. À l’instar de l’ancien maire Philippe Saurel (13%), du milliardaire Mohed Altrad (9%), du RN Thierry Tsagalos (9%) ou de la macroniste Patricia Mirallès (2%), pour l’heure non déclarés, ou encore d’Isabelle Perrein (8%) soutenue par la droite, les opposants de gauche du maire socialiste, sont distancés.

    Pour l’heure, la députée LFI Nathalie Oziol (16%), l’écologiste Jean-Louis Roumégas (4%) et Alenka Doulain (1%) font cavaliers seuls bien que portant un discours relativement proche. Au Printemps montpelliérain, Jean-Louis Roumégas critique la politique de « greenwashing » du maire et lui reproche son « étalement urbain ». Du côté des insoumis, Livia Jampy veut elle aussi « en finir avec les projets écocides (COM, Lien…) ». Rhany Slimane qualifie le maire sortant de « faux champion de la laïcité » qui a « une vision restrictive de la loi de 1905 ». Selon le natif de Saint-Martin, Michaël Delafosse (qu’il qualifie de « maire de la Comédie ») délaisse les quartiers populaires à l’instar de « l’un des plans Anru les plus ridicules de France » selon elle. Antoine Bertrand, le 3e co-chef de file de Nathalie Oziol, lance dans le même esprit un appel pour un « plan d’urgence sur le logement ».

    Ces critiques et propositions trouvent de l’écho chez le candidat de Révolution permanente, Max Muller, ou chez Cause commune. En vue de constituer une liste que pourrait mener l’élue municipale d’opposition Alenka Doulain, Cause Commune va, samedi 6 décembre (14h) au parc Tastavin, à la rencontre des Montpelliérains qui veulent « rompre avec la baronnie socialiste et la politique des élites locales ».

    Les critiques comme dénominateur commun

    Osé pour celle qui en 2020 n’a pas hésité à faire alliance avec le milliardaire Mohed Altrad. Pour ce mouvement « Les quartiers populaires sont exclus du conseil municipal et n’ont aucun pouvoir de décision. On veut une liste qui nous ressemble, pas un empilement de féodalités », synthétise le porte-parole Soufyan Heutt. « On veut prendre le pouvoir et le redonner aux habitants » assène son homologue Anne Bisson. Mais à cette heure, si les critiques sont le dénominateur commun de tous ces candidats, l’union des anti-Delafosse est loin d’être acquise. « On est prêt à discuter avec LFI et le Printemps montpelliérain. Mais si ça ne se fait pas, on est armés et légitimes », prévient Marc Nougier de Cause commune. Côté LFI, Nathalie Oziol qui compte sur les électeurs dans les quartiers populaires (avec une campagne d’inscription sur les listes comme le pratique la FI dans d’autres villes de gauche à l’instar de Marseille), confirme que des discussions sont en cours avec Cause commune. « J’espère qu’Alenka Doulain sera sur notre liste » ajoute-t-elle.

    Avec Jean-Louis. Roumégas en revanche, les échanges restent indirects. « On a intérêt à faire liste commune pour être en tête au 1er tour », constate Nathalie Oziol.