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  • Six unHun sur le toit du Fada pour la sortie de l’album « 2 »

    Six unHun sur le toit du Fada pour la sortie de l’album « 2 »

    Un vinyle avec un nom qui sonne comme une onomatopée lisible dans les deux sens quand il tourne sur la platine. Une pochette sobre, avec un célèbre tube de glue jaune et noir, logiquement intitulé « 2 ». En cinq ans d’explorations sonores et poétiques, le titre du premier opus, comme le nom du groupe, sont « les seuls points sur lesquels » ces six aventuriers musicaux se sont d’emblée mis au même diapason, avouent-ils à l’unisson. Signe d’un bon départ.

    UnHun, « dans plein de langues, ça signifie oui », précise Ahram Lee, une de ces six fantaisistes qui œuvrent entre accordés et désaccordés sur ses textes « entremêlés » avec ceux de Jérémy Laffon et d’Alexandre Gérard, murmurés ou vociférés. Une formation d’instruments peu conventionnelle qui associe yukulélé, fingerfingerphone, ayoyote (idiophone aztèque), guimbarde, contrebasse et percussions « maison » pour une musique tour à tour bruitiste et mélodique et un chant vacillant entre « spoken word et éruptions sonores », s’avance Guy André Lagesse, autre voix du groupe et fingerphoniste.

    Pour servir ces sons, « un peu fragiles, avec lesquels on a chacun un rapport personnel, donc difficile à régler », reconnaît Ahram lee, ils se sont naturellement tournés vers l’ingéniosité de Nicolas Dick, guitariste chanteur du groupe marseillais de métal indus Kill The Thrill, rodé à la navigation sur les plages sonores alternant le feu et la glace.

    Quand ça colle

    L’épopée musicale a démarré dans l’antre des 8 Pillards, laboratoire temporaire de production et de vie situé dans le 14e arrondissement, au gré des rencontres et des envies. « C’est Guy qui nous a embarqués et la seule consigne pour ceux qui voulaient venir écouter nos répétitions, c’était : personne ne fait rien », indique Ahram Lee ; alors forcément, on s’y colle. Pour la méthode, « on fonctionne à l’impro et quand ça accroche, que ça devient sympa, on enregistre, explique Francis Ruggirello, contrebassiste. On aime plaisanter, mais on bosse. On répète ensemble. On a beaucoup avancé avec des résidences d’une semaine. »

    Depuis 2001, la formation s’est confrontée au public, version petit format, notamment lors de vernissages. La sortie du premier album était l’occasion de faire un grand saut en se produisant dans un très bel espace. Un concert organisé avec l’Association des habitants de L’unité d’habitation Le Corbusier, avec qui les Pas Perdus avaient déjà travaillé lors d’un projet artistique en 2015.

    Jeudi 11 juin, 19h30-21h30. Concert unique, entrée libre,
    toit terrasse de la Cité radieuse. Réservations sur le site de l’Association Les Pas Perdus conseillée.

  • « Marseille & friends » : galette hip-hop à l’ancienne dans les bacs

    « Marseille & friends » : galette hip-hop à l’ancienne dans les bacs

    À Marseille, les bonnes idées naissent souvent autour d’une bonne « pizze ». Il y a un an « presque jour pour jour », c’est autour d’une ronde à la marseillaise que le beatmaker Excès Zbraa lance à Olivier Gilles, taulier de Galette Records, disquaire implanté dans le quartier du Cours Julien : « ça te brancherait pas de faire un maxi qui s’appellerait Galette and friends, dans lequel on réunirait les rappeurs qu’on connaît ? », se remémore le dernier cité, avant d’embrayer : « Je lui ai répondu oui sur le principe. Mais ça s’appellerait plus Mars & friends car Galette, ça fait trop égocentrique », rappelle avec humour celui qui se retrouve alors propulsé directeur artistique d’un projet prenant rapidement le tour d’un vrai album. En ligne sur les plateformes de streaming, mais aussi et surtout en vente dans son échoppe de la rue des trois frères Barthélémy depuis vendredi 14 novembre.

    Le résultat ? 10 titres qui fleurent bon le hip-hop à l’ancienne, comme on les aime. « Ce que les gens écoutent actuellement, c’est du pop rap, pas du vrai hip-hop », constate Olivier Gilles, du haut de son œil d’expert mais aussi d’après le retour de ses clients. « De plus en plus de gens veulent un retour au hip-hop qu’on a connu dans L’école du micro d’argent [l’opus mythique du groupe IAM, sorti en 1997, Ndlr], à ce qu’on appelle le boom bap ».

    Internationale marseillaise

    « On a demandé à 38 artistes de donner leur vision de Marseille depuis chez eux », situe-t-il à propos de Marseille & friends. De Gino 1313, qui a « grandi entre le Panier et l’Opéra, et traîné jusqu’à l’heure où les requins côtoient les rats » à Nejma Nefertiti, tout droit venue de Brooklynn, qui clame qu’« elle adore New York, mais que Marseille est dans ses rêves », un panel réjouissant qui fait renouer les auditeurs avec les bons vieux rythmes à quatre temps ainsi que les samples chiadés. Que dire encore du Mc américain installé à Marseille, Napoleon Da Legend, qui répand son flow sur Marseille la nuit, ou encore du rappeur Inoki, « l’équivalent d’Akhenaton en Italie », dixit Olivier Gilles, qui triture avec jubilation La langue du rap aux côtés du Mc du Panier, Costello… Le tout, sur des instrus signées par le jazzeux Fred Spider, le plus funky des Marseillais, Mofak, et même Imhotep d’IAM.

    N’en jetez plus, Marseille & friends sonne comme une madeleine de Proust de l’âge d’or d’un hip-hop hélas englouti par une industrie qui l’a dénaturé aux oreilles du grand et jeune public. Mention spéciale pour Ronin de Mars, son tour à tour héroïque et lyrique, ponctué d’un couplet de Faf Larage, déplorant avec verve : « Quand l’amitié devient un mirage cruel, que les promesses sont bafouées et les sourires balafrés, quand la bienveillance de ceux qu’on a aimés s’effrite sous la semelle, la douleur nous plante sa dague affutée et le mode sombre dans le soupçon et l’anxiété ». Autant de titres estimables qui appellent une « release party, en préparation », et même une suite « à laquelle on est déjà en train de réfléchir », confie avec fierté Olivier Gilles. « Il est même possible qu’on y trouve Shurik’n », fait-il déjà languir.

    Vinyle disponible chez tous les bons disquaires, surtout chez Galette Records, et sur www.galette-records.com

  • Brooklyn Funk Essentials embarque le groove au Cargo

    Brooklyn Funk Essentials embarque le groove au Cargo

    Brooklyn Funk Essentials est au funk ce que les Harlem Globetrotters sont au basket-ball. Pas forcément sous les projecteurs de la compétition, mais tout de même aguerri, un collectif de musiciens aux influences mondiales qui font valdinguer et vrombir les cordes de leurs guitares et basses de manière jubilatoire depuis plus de 30 ans.

    Fondé par le bassiste Lati Kronlud et le producteur Arthur Baker, ce groupe qui est en concert samedi 25 octobre au Cargo de nuit d’Arles, avait alors explosé à la face du globe avec l’album Cool and Steady and Easy, sur lequel figure le tube The Creator has a Masterplan, reprise vigoureuse du titre éponyme imaginé une vingtaine d’années plus tôt par le saxophoniste de jazz hallucinant, Pharoah Sanders. Sept opus depuis au compteur d’une carrière discontinue, les voilà de retour avec un nouveau morceau, avec la même recette du sample, cet art d’échantillonner une boucle sonore déjà existante : cette fois, à partir de Life During Wartime, que les rockers du groupe Talking Heads avaient sorti en 1979. Dopé à l’afrobeat injecté par les cuivres de Loïc Gayot, Ebba Asman et Jessica Pina, un son réarrangé qui démontre que Brooklyn Funk Essentials garde son amour du mélange des genres, en dépit d’une formation changeante au fil du temps, la chanteuse Alison Limerick ayant rempli avec succès la mission périlleuse de succéder à Shä-Kay. Comme le précisait le collectif en 2016, lors de ce changement, « une fonction qu’elle partage avec Desmond Foster, membre de longue date et guitariste du groupe ».

    « Funk cosmopolite »

    Mêlant soul, hip-hop, jazz et même musique house à leur cœur de métier, c’est-à-dire le funk, Brooklyn Funk Essentials garde la réputation de bête de scène. Une assurance parfaite depuis leurs débuts, le groupe ayant accompagné en tournée des légendes comme James Brown, Kool & the gang ou encore The Meters et Parliament-Funkadelic. « Une légende du funk cosmopolite », comme on veut bien aguicher du côté du Cargo de nuit, qui avait fait un retour remarqué en 2023 avec l’album Intuition, signe que le groove, c’est comme le vélo, on ne l’oublie jamais.

    Samedi 25 octobre à 21h30.
    22-25 euros. www.cargodenuit.com