Tag: airbus

  • Un géant de l’aéronautique embarque dans le Frégate F-100

    Un géant de l’aéronautique embarque dans le Frégate F-100

    Après Airbus, Latécoère et Helibravo Aviação, la société Hynaero, porteuse du projet de nouveau Canadair français Frégate F-100, a annoncé la signature d’un protocole d’accord avec l’entreprise aéronautique italienne Leonardo, le 23 octobre Cette coopération se fera autour « du développement et de la production de composants structuraux aéronautiques majeurs » pour le programme Frégate F-100 de bombardier d’eau assemblé sur le pôle aéronautique Jean-Sarail d’Istres et dont le premier vol d’essai est prévu en 2030.

    « Fort de son expertise reconnue et solidement établie dans les secteurs de l’aéronautique et des structures aéronautiques, Leonardo pourrait bénéficier du statut de fournisseur de premier rang pour la production de structures principales, telles que le fuselage et/ou les ailes », ambitionne Hynaero.

    « Opportunités d’export »

    Le programme Frégate F-100 « pourrait bénéficier de la complémentarité des compétences et des capacités des deux partenaires dans plusieurs domaines potentiels, notamment la conception, la fabrication, les essais de validation des structures aéronautiques, l’ingénierie, la certification, les essais, l’industrialisation, la maintenabilité, ainsi que la conception et la réalisation de systèmes », développe Hynaero dans son communiqué.

    « Leonardo dispose également d’un savoir-faire de longue date, en constante expansion, dans les domaines de la gestion des situations d’urgence aériennes et de la lutte contre les incendies. Cette expertise lui confère des capacités uniques et complémentaires pour contribuer à la lutte contre les feux à l’échelle mondiale », d’après l’entreprise aéronautique française.

    Dans la même perspective que lors de la signature du protocole d’accord avec le constructeur d’hélicoptères Helibravo Aviação, Hynaero escompte que « cette collaboration pourrait également soutenir la promotion du programme en Italie et permettre de saisir des opportunités à l’export », en tant que programme à « écosystème européen » qu’annonçait le PDG, David Pincet, en mars dernier. L’entreprise est déjà forte de plusieurs lettres d’intentions de différents acteurs pour 27 appareils, dont 16 pour la Sécurité civile française. Le sénateur (PCF) Jérémy Bacchi a d’ailleurs sommé l’État de mandater la Direction générale de l’Armement afin d’accélérer la mise en service de l’appareil, espérée dans le meilleur des cas pour 2032.

  • [Parole de maire] Loïc Gachon (PS, Vitrolles) : « Nous adaptons la ville au siècle qui vient »

    [Parole de maire] Loïc Gachon (PS, Vitrolles) : « Nous adaptons la ville au siècle qui vient »

    Réélu avec 46,78% des voix en mars dernier à la tête d’une liste d’union de la gauche face à Fabien Bravi (RN), Loïc Gachon (PS) marque son 3e mandat par la proximité et l’adaptation au changement climatique.

    La Marseillaise : Le mouvement lycéen a été d’ampleur. Comment une Ville concourt à leur bien-être ?

    Loïc Gachon : Il est enthousiasmant et respectable que les lycéens se mobilisent pour leur qualité de vie et leur avenir face au même État qui met une pression colossale avec Parcoursup et ne donne pas les moyens de réussir. Que peut faire la ville ? On a l’habitude de s’adresser aux écoles, c’est plus compliqué avec les ados. La cité éducative a créé un partenariat avec les établissements du secondaire qui permette du suivi de parcours, c’est la priorité. On a aussi réussi l’implantation de la Maison des ados à côté du lycée Mendès France, un lieu de premier accueil universel pour n’importe qui ressentirait un problème social, de vie sexuelle, de harcèlement, de santé mentale… Ce premier accueil permet l’orientation par des pros vers des activités ou des spécialistes. La santé mentale étant un vrai enjeu, c’est un outil indispensable pour le lycéen et sa famille.

    Le vote d’extrême droite a progressé aux municipales. Comment creuser l’écart ?

    L.G. : Ce n’est pas ma manière de voir le sujet. Les élections ne sont pas un calcul, on ne gère pas une ville avec le résultat en tête. En revanche, comment on tient compte du résultat ? Des remarques ? Comment on fait évoluer les politiques municipales ? Il y a plusieurs niveaux de réponse. L’extrême droite a fait ses plus gros scores au bord de l’étang de Berre, ces quartiers qui se sentent laissés-pour-compte, isolés géographiquement du reste de la ville, un tissu urbain non anticipé contrairement au reste de la ville, pas d’équipement municipal, un réseau routier chargé… Il faut améliorer la qualité de vie. Ma première décision a été de nommer un adjoint de quartier – il n’y en a qu’un sur la ville – pour mieux le suivre et accompagner la montée en charge des services sur ce secteur. Plus globalement, les gens se sentent oubliés, laissés à côté des priorités. Cela nous a conduits à multiplier par 3 les rencontres de proximité, pour écouter, recenser les colères ou insatisfactions et donner une réponse, structurer les services dans leur réponse de proximité.

    Enfin, d’un point de vue plus macro, je note une grande porosité et une bascule de l’électorat de droite vers le RN. Franck Allisio comme Fabien Bravi incarnent cette volonté de standardisation du RN. Il ne faut pas reculer, affirmer plus clairement nos valeurs, et les amener à se positionner plus clairement. Jeudi en conseil de Métropole, le groupe RN s’est abstenu sur plein de délibérations sans s’expliquer, je n’admets pas ça. On fait de la politique, on n’est pas spectateurs. Pareil en mairie, il faut les amener à se positionner. Le RN est toujours un parti marqué par son histoire raciste et antisémite, favorable aux plus riches, qui vote systématiquement contre les collectivités et les plus fragiles. Ils ont beau mettre un vernis, mais quand on rentre dans les débats on peut les démasquer, cela aidera les gens à se positionner.

    Un collectif propose d’ouvrir la ligne Rognac-Aix aux voyageurs. Qu’en pensez-vous ?

    L.G. : Je crois énormément au ferroviaire, c’est un outil à privilégier pour notre Métropole. L’omnibus est la meilleure formule au vu de la discontinuité urbaine, sur le modèle du RER parisien. Je partage l’intérêt de Rognac-Aix aussi pour la perspective d’un direct Aix-Vitrolles-aéroport par le train, qui a du sens. Notre ville a été conçue comme hub des mobilités en 1970. C’est un territoire de 25 000 emplois dont 20 000 sont occupés par des extérieurs, tandis qu’une dizaine de milliers de Vitrollais vont travailler ailleurs. Il faut encore des progrès, avec à court terme la liaison câblée entre l’aéroport et la gare de Vitrolles, évitant les embouteillages de la D20 ou les parkings. En même temps se fait la liaison Zenibus jusqu’à la halte ferroviaire de Plan de campagne, connectée à la ligne des Alpes. Plus loin, la Métropole envisage d’aménager la D113 en boulevard urbain multimodal avec bus à haut niveau de service (BHNS) dans son plan local de déplacement. Je rêve qu’on puisse se passer du véhicule personnel, sans jamais vouloir l’interdire.

    Quelle est votre stratégie énergétique pour l’avenir ?

    L.G. : Notre horizon est que Vitrolles produise le plus possible l’énergie qu’elle consomme. On s’est lancé dans l’autoconsommation collective, et avons élargi ce principe aux particuliers et entreprises. Concrètement, « Notre énergie Vitrolles », la société porteuse, est en train de devenir un producteur d’électricité auquel on s’abonnera en plus du fournisseur classique. Pour le moment le gain financier n’est pas une priorité. Ça le sera dans l’avenir, car notre énergie est calée en dessous du tarif réglementé et n’évoluera pas au même rythme car découplée du marché. L’enjeu du pouvoir d’achat est plus fort et plus rapide avec notre réseau de chaleur car il a déjà rapporté aux abonnés.

    Nous serons fixés l’année prochaine sur le potentiel géothermie. Le permis de prospection 3D a été signé la semaine dernière pour identifier l’endroit idéal et simuler la température de l’eau. C’est l’étape où on dira stop ou encore. Si l’essai est concluant, un forage d’essai est prévu pour 2029, suivi d’un définitif en 2030 pour nous, Airbus et l’aéroport. Ce serait une énergie totalement décarbonée et renouvelable avec un gain sur la facture de 40% par rapport au tarif – actuel ! – du gaz. Si ce n’est pas concluant, les mécanismes de repli du délégataire Engie garantissent une solution biomasse et échange avec la station d’épuration pour la même performance écologique et tarifaire.

    Pourquoi relier Airbus ?

    L.G. : Car c’est un projet urbain et industriel pour le territoire d’aujourd’hui et sa mutation. Vitrolles restera un lieu de production d’hélicos pour le siècle qui vient et doit rester compatible avec la vie quotidienne des habitants. L’adaptation au changement climatique nécessite la décarbonation, le transport en commun, la production d’énergie, la végétalisation, le confort d’été et d’hiver chez soi… C’est le 2e socle de notre politique après la proximité, qui n’a de sens que si en même temps on adapte la ville au siècle qui vient. Nous sommes vigilants sur les pics de chaleur, à adapter le réseau pluvial avec la Métropole pour ne pas subir d’inondations. On a tous les jours l’occasion de faire l’aller-retour entre l’immédiat et les perspectives à 50 ans, pour lesquelles j’ai la même passion et engagement.

    Entretien réalisé par Antonin Maja

  • Airbus et l’Entente Valabre s’allient contre les incendies

    Airbus et l’Entente Valabre s’allient contre les incendies

    Les nouvelles technologies pourraient jouer un rôle croissant dans la prévention et la lutte contre les feux de forêt. C’est dans cette perspective que l’Entente pour la forêt méditerranéenne (Entente Valabre), basée à Gardanne, a conclu un partenariat de trois ans avec Airbus. La convention a été signée le 1er octobre à l’occasion du Mondial Secours et Protection, organisé à La Roche-sur-Foron et à Annecy.

    Quelques semaines plus tard, au Centre euroméditerranéen de simulation des risques (Cesir) de l’Entente, une délégation d’Airbus découvre cet espace dédié à la simulation de crise et à l’entraînement des décideurs de la sécurité civile. Depuis plusieurs années, Airbus fournit déjà à la Sécurité civile et aux sapeurs-pompiers des aéronefs, des systèmes de communication et diverses technologies. Cette coopération franchit aujourd’hui une nouvelle étape.

    « Après la saison noire de 2022 en France, comme tout citoyen, on s’est dit : “qu’est-ce qu’on peut faire de plus ?” On voyait bien que le changement climatique était en train d’arriver (…). En tant que fournisseur de technologie, on s’est demandé ce qu’on pouvait apporter pour pouvoir préparer les prochaines saisons de feux », explique Olivier Chalvet, chargé des missions feux de forêt chez Airbus Defence and Space.

    Affiner la décision

    En 2024, à Nîmes, cette équipe rencontre pour la première fois les Sdis et l’Entente Valabre « pour nous éduquer, comprendre les enjeux », précise Olivier Chalvet. Deux ans plus tard, en mars, une première expérimentation menée à Nîmes-Garons, en partenariat avec l’Entente, a permis de « tester des changements dans la façon dont on peut interconnecter le sol et l’air ». Objectif, « montrer comment, sans 4G ni 5G, on pouvait réussir à créer une bulle tactique », résume Olivier Chalvet. Concrètement, les technologies développées par Airbus doivent constituer des « outils d’aide à la décision ». « La réponse technologique va nous permettre d’aller plus vite, d’aller dans les secteurs ou l’on ne va pas encore », précise Luc Langeron, chef du département information et prévention de l’Entente. De son côté, l’Entente apportera son expertise de terrain afin de tester les solutions développées par Airbus, d’évaluer leur pertinence opérationnelle et de les adapter aux besoins des acteurs de la sécurité civile. Parmi les thématiques travaillées dans le cadre de cet accord – « certaines sont encore confidentielles, d’autres se construisent conjointement parce que c’est une problématique aujourd’hui importante », précise en amont le colonel Ludovic Ines – la « coordination aéroterrestre dans le cadre de la sécurisation des largages opérationnels, des pompiers au sol et de l’efficacité de l’action aéroterrestre menée par les pompiers et par les aéronefs. On appelle cela la déconfliction », poursuit le colonel.

    Les travaux porteront aussi la détection précoce des feux naissants et le « travail sur l’approche dronisée ». « 95% des feux sont éteints avant qu’ils ne fassent 5 hectares. Notre ambition avec Airbus est d’étendre cette statistique et si possible l’améliorer au niveau national pour faire en sorte que, de la détection au traitement de l’alerte et à l’arrivée des premiers engins, aériens ou terrestres, on puisse avoir une action précoce sur les départs de feux. »

  • Airbus livre une nouvelle machine aux Forces spéciales

    Airbus livre une nouvelle machine aux Forces spéciales

    Cet hélicoptère promet d’amener les Forces spéciales françaises « partout où elles sont demandées », d’après l’ingénieur en chef des études et techniques de l’armement Nicolas, directeur du programme NH90 à la Direction générale de l’armement (DGA). Le premier Airbus NH90 version Forces spéciales a été livré par le constructeur marignanais à l’Armée de Terre, ce jeudi après-midi, à l’issue d’une cérémonie avec l’Armée et l’agence Nahema de l’Otan, chargée du programme NH90.

    D’un poids de 11 tonnes, permettant d’embarquer vingt personnes et jusqu’à 4 tonnes de matériel, cet exemplaire destiné au 4e régiment d’hélicoptères des forces spéciales de Pau-Uzein affiche un rayon d’action de plus de 800 kilomètres, soit un aller-retour Marseille-Lille à vol d’oiseau, porté à 1 600 kilomètres pour un convoyage, soit un aller simple entre Marseille et Athènes.

    Le rôle de cet appareil est de pouvoir « s’insérer de nuit en vol extrêmement bas pour transporter des commandos là où ils ne sont pas les bienvenus » détaille le PDG d’Airbus Helicopters Matthieu Louvot, en marge.

    L’hélicoptère est conçu pour être rapide et agile, en dépit du fait d’être le 2e hélicoptère le plus lourd de l’Armée. Son blindage composite n’est pas sa force. « Son avantage est qu’il se pilote facilement », explique Lionel Arlen, l’un des pilotes d’essai d’Airbus.

    « Son avantage est

    qu’il se pilote facilement »

    « Son agilité et sa mobilité se rapprochent d’un plus petit appareil », poursuit le pilote, en plus de sa capacité à voler bas où il est donc exposé aux armes légères comme les kalachnikovs. Dans ce contexte, la rapidité d’exécution permet de réduire le temps de réaction des adversaires. La caméra au nez de l’appareil, qui peut voir jusqu’à une dizaine de kilomètres, permet un affichage en trois dimensions du terrain survolé directement dans le casque du pilote. Autre élément distinctif, il s’agit du « seul appareil de série à disposer de commandes électriques qui procurent un confort de pilotage et permettent au pilote de se concentrer sur sa trajectoire », détaille l’ingénieur en chef Nicolas de la DGA, tout comme d’affiner l’opération du treuil de transport de matériel.

    La durée de vie opérationnelle de l’appareil est d’« une quarantaine d’années », d’après l’ingénieur en chef Nicolas, suivant les différentes améliorations possibles. D’ici à 2029, 17 autres appareils du même type seront livrés à l’Armée, pour un coût unitaire de plusieurs dizaines de millions d’euros, compris dans les deux milliards d’euros dédiés à l’ensemble des Forces spéciales françaises dans le cadre de la loi de programmation militaire 2024-2030.

    Après avoir quitté Marignane, l’appareil rejoindra Valence (Drôme) pour une période d’expérimentation. L’objectif est « de pouvoir projeter l’appareil en opération d’ici un an », selon le général Doutaud, commandant en second de l’Aviation légère de l’Armée de Terre.

  • Les réservistes d’Airbus défilent à Paris ce mardi

    Les réservistes d’Airbus défilent à Paris ce mardi

    Le poing levé, le chef Hervé ordonne : « Rassemblement en colonnes par trois ». Aussitôt, les onze femmes et hommes en uniformes de la gendarmerie, de l’armée de Terre, de l’Air et de l’Espace ou de la Marine se placent en formation, espacés d’un bras de long et de large chacun. Malgré la chaleur du lundi 29 juin, le circuit ombragé d’une centaine de mètres trouvé au sein du site Airbus Helicopters de Marignane permet aux réservistes de l’entreprise de répéter. Au pas cadencé, ils avancent, au son du clairon d’une petite enceinte de poche, les bras remontant jusqu’aux épaules pour l’occasion.

    La mise en situation n’est pas anodine. Ce mardi 14 juillet, les 107 réservistes d’Airbus venus de toute la France défileront pour la première fois à Paris aux côtés de ceux de la SNCF. « Un peu plus d’uniformité sur les doigts et les bras » demande le chef Hervé, officier de réserve de l’Armée de l’Air et de l’Espace depuis 19 ans et ingénieur chez Airbus, à la fin d’une marche.

    « Un groupe de potes »

    Pour le chef, « pas de pression, l’ensemble est au niveau, c’est un peu laborieux au début mais maintenant ça va » à force de répétition chaque semaine : « la convivialité entre collègues rend l’exercice sympathique ». « On ne se connaissait pas et maintenant on est un groupe de potes » confirme Pierre, réserviste depuis un an et demi dans la Marine.

    Sa collègue Audrey, ingénieure et dans l’armée de Terre, s’est fait reprendre quelques fois mais reste dans la même idée. « Ça se passe très bien. Je me suis plus interrogée sur le transport et le logement à Paris que sur la marche », admet-elle. « Depuis toute petite je me suis imaginé défiler. Je suis très patriote, le défilé fait la démonstration de la puissance de la France », élabore-t-elle. Un « honneur » partagé par son collègue Pierre, particulièrement quand « dans ce moment historique, il faut représenter sa boîte, l’Armée, mais aussi la Marine qui fête ses 400 ans cette année ». « La moitié du marché d’Airbus est militaire, il faut maintenir ce lien avec l’Armée » estime le jeune homme, fier de sa double casquette.

  • « On a imaginé des briques technologiques il y a des décennies »

    « On a imaginé des briques technologiques il y a des décennies »

    La Marseillaise : Comment fonctionne l’Onera ?

    Paolo Gomes : Aujourd’hui, l’Onera est le seul centre de recherche français qui dépend entièrement du ministère des Armées. C’est un établissement public industriel et commercial, dont le budget, qui s’élève à 332 millions d’euros, est financé à 41% par des subventions de l’État, et à 59% par des activités contractuelles au profit de la DGA pour une partie, mais aussi des gros de l’aéronautique : Safran, Airbus, MBDA, Dassault, l’ESA. C’est un budget qui augmente depuis les cinq dernières années. La part publique stagne, la part contractuelle croît.

    Ce modèle économique, qui repose majoritairement sur le privé, vous permet-il d’envisager l’avenir avec sérénité ?

    Jean-François Nouvel : Oui c’est assez variable, on a des années avec de grosses prises de commandes et d’autres plus creuses. On essaye d’avoir un matelas d’affaires en attente qui nous permette d’envisager l’avenir avec sérénité. L’an dernier on a eu pas mal de reports en raison du contexte budgétaire.

    Les leçons des conflits en Ukraine et au Moyen-Orient changent-elles les priorités de recherche ?

    J.-F.N. : La grosse nouveauté, liée au conflit ukrainien, c’est l’importance des drones. Aujourd’hui l’Ukraine en produit des centaines de milliers par mois. C’est leur utilisation qui leur permet de résister aux avancées russes, voire de reprendre du terrain en ce moment. C’est une nouvelle façon de faire la guerre. (…) Pour nous, ce sont des travaux sur le développement de nouveaux types de drones et sur la lutte anti-drone, puisqu’on travaille toujours sur l’épée et le bouclier.

    L’autre gros dossier, c’est le développement du nouveau missile nucléaire avec MBDA, qui est acté, pour le renouvellement de notre capacité de dissuasion nucléaire aéroportée, avec l’aspect motorisation sur lequel on travaille depuis longtemps. L’Onera est à la base du statoréacteur utilisé pour cette mission.

    Il y a des matériels qui rentrent aujourd’hui en opération pour lesquels on a imaginé des briques technologiques il y a des décennies. Un autre exemple me vient en tête : les pales recourbées “blue age” du dernier H160 d’Airbus Helicopters ont été imaginées ici il y a vingt ans pour avoir une meilleure capacité aérodynamique et un niveau acoustique réduit.

    Où en est la recherche aéronautique française ?

    J.-F.N. : On n’a pas à rougir, on est toujours très bons. La nouveauté, c’est tous les nouveaux acteurs qui émergent. Pour l’Europe et pour la France, qui réalise une grosse partie des travaux dessus, Ariane est une fierté. Ariane 6 est un super instrument. C’est une fusée à quatre moteurs au top de la technologie et qui fait envie à tous les acteurs du domaine. On a à la fois Kourou, qui est idéalement placé en Guyane proche de l’équateur, et une fusée puissante et fiable, ce qui est hyperimportant pour le domaine. Avec un coût inférieur à la précédente version Ariane 5.

    L’émergence de nouveaux mastodontes, comme Space X récemment entrée en bourse, est-elle une crainte ?

    J.-F.N. : Ça oblige à évoluer, c’est un challenge qui nous booste. On est obligés de faire avec, de proposer des idées et des solutions complémentaires à Space X. Le but du jeu n’est pas d’entrer en concurrence frontale.

    P.G. : D’ailleurs, l’Onera avait travaillé sur le sujet des fusées réutilisables dans les années 1980. C’est pas nouveau, nos équipes l’étudiaient déjà il y a 40 ans. On n’a simplement pas suivi cette vision-là.

    La fuite des cerveaux est-elle un problème dans le secteur ?

    J.-F.N. : On est plutôt contents, parce qu’aujourd’hui on arrive à récupérer des chercheurs et des ingénieurs américains un peu dégoûtés par l’administration Trump et sa politique de coupes budgétaires. En ce moment, ils arrivent surtout sur l’Université Aix-Marseille. La pompe est amorcée.

  • Ces lycéens vont passer quinze jours dans les coulisses d’Airbus

    Ces lycéens vont passer quinze jours dans les coulisses d’Airbus

    Vous allez vivre quinze jours dans ce qui se fait de meilleur dans l’industrie. » C’est le message que laministre déléguée chargée de l’Enseignement et de la Formation professionnels et de l’Apprentissage, Sabrina Roubache (Ren.), a adressé aux 90 lycéens effectuant leur stage de seconde à Airbus helicopters Marignane, lundi après-midi.

    Quinze jours durant lesquels les stagiaires seront encadrés en groupes et par binômes, avec un tuteur pour deux. Tous les métiers du premier employeur de la région, qui compte 10 000 salariés, sont concernés. Car ici, on vient « découvrir les réalités de l’industrie », selon Pascal Kuhn, directeur du site de Marignane d’Airbus helicopters. Cette réalité, c’est « des métiers, la vie au travail », poursuit le directeur, et ce « pour les garçons comme pour les filles, tout le monde a sa place ». Il souligne ainsi qu’un tiers des stagiaires présents sont des jeunes femmes.

    Cette troisième édition du stage de seconde est « une vraie chance » pour le recteur de l’académie d’Aix-Marseille, Benoît Delaunay. Une idée partagée par la ministre : « On aurait adoré, à notre époque, que des grandes boîtes comme Airbus s’organisent pour vous accueillir et donnent la possibilité de découvrir ces métiers exigeants. »

    « Favoriser la mixité sociale »

    Ce stage à Airbus revêt une originalité. « Notre dispositif 1+1 prévoit que la moitié des stagiaires soient des enfants du personnel et l’autre moitié des enfants issus de lycées de quartiers prioritaires » souligne Pascal Kuhn. « L’idée est de favoriser la mixité sociale pour que les jeunes puissent avoir largement accès à nos emplois, reprend le directeur du site. Les apprentis sont formés en alternance, en bac pro, BTS puis diplômes d’ingénieur. Il y a une multitude de possibilités et un panel de carrières à construire que nous voulons montrer. »

    Après le briefing sécurité, les 90 stagiaires ont fait la connaissance du Super puma H225, hélicoptère polyvalent de 11 tonnes autant utilisé pour la recherche et sauvetage que pour la lutte contre les incendies, dans sa version civile. « Vous vous rendez compte que vous allez sauver des vies grâce à votre travail ? », glisse la ministre aux apprentis présents.

    Sabrina Roubache considère le stage comme « une mesure d’égalité des chances » pour ces lycéens. Mais relève aussi un « stress » au regard de la situation internationale : « On m’a demandé si le service militaire était obligatoire ou pas », lors des échanges avec les lycéens. Alors, ce stage est aussi un moyen d’« inverser l’état d’esprit », pour la ministre, affirmant qu’« on ne fabrique pas des armes pour tuer, mais pour se défendre ». Airbus helicopters est justement « en tête du marché militaire », comme l’affirmait le PDG Bruno Even, en février dernier.

  • Le secteur de l’aéronautique et de la défense recrute

    Le secteur de l’aéronautique et de la défense recrute

    C’est à deux pas de l’enceinte d’Airbus Helicopters, premier employeur privé du département, que se tenait le Forum aéronautique, emploi et sécurité ce mercredi 8 avril. Plus de cinquante entreprises, allant des leaders mondiaux, tels que Safran, Segula ou Sabena, aux PME locales ont répondu présentes à cette 15e édition.

    « Il y a de vrais besoins, affirme Sophie Nguyen Thanh Dao, directrice de l’agence France Travail de Marignane. On a la chance d’être sur un territoire qui a une histoire liée à l’aéronautique, avec un bassin d’emploi de l’étang de Berre qui abrite des donneurs d’ordre et des sous-traitants avec de réelles opportunités : on a 700 offres qui sont proposées, qui vont du CAP jusqu’à l’ingénierie, avec des postes à pourvoir dans les prochains mois. »

    Parmi les profils les plus recherchés, les techniciens de maintenance. « C’est le graal », assure Véronique Pinotti, directrice emploi au sein de l’Union des industries et métiers de la métallurgie Côte d’Azur. « C’est un métier en tension, on a du mal à être attractif alors que c’est super intéressant, on fait de la maintenance prédictive, c’est très moderne. »

    Si les carnets de commandes sont pleins, c’est en partie dû au « contexte international » qui « nécessite de la production et donc par répercussion de l’emploi », souligne Sophie Nguyen Thanh Dao.

    Le secteur devrait poursuivre son développement dans les années à venir, avec l’implantation de nouvelles industries à l’instar d’Hynaero à Istres. « Ces projets sont encore autant d’opportunité d’emplois dans l’aéronautique avec, à terme, pour 2027-2030, bon nombre de postes, poursuit la directrice d’agence. Tous les partenaires de l’emploi et de la formation s’organisent pour préparer ces arrivées. »

  • [Travailleur de demain] Alexis Aubert, spécialiste de l’impression 3D

    [Travailleur de demain] Alexis Aubert, spécialiste de l’impression 3D

    Apprenti et passionné d’impression 3D, Alexis Aubert façonne le plastique dans le service Outillage d’Airbus Helicopters. Son métier : la fabrication additive, autrement dit la fabrication de pièces par ajout de matière. Alexis détaille : «D’habitude, dans l’industrie, on part d’un bloc, on enlève la matière et ça fait une pièce. Pour l’impression 3D, c’est l’inverse. On ajoute des couches successives de matières pour en faire une pièce. C’est ma “spécialité.” » Au quotidien il réalise des prototypages de pièces avec un logiciel, jusqu’à leur production à l’imprimante 3D plastique. Des « outils » conçus pour guider d’autres services dans la construction de pièces pour l’hélicoptère. « Imaginez qu’il faille faire un trou sur une porte d’hélicoptère, mais où y prendre les mesures est compliqué. Nous, on va faire un guide de perçage qui s’adapte bien. Et notre collègue est sûr qu’il ne se trompe jamais. C’est une aide pour eux. On appelle ça les améliorations de travail », explicite l’apprenti. Sur une semaine en entreprise, Alexis traite en moyenne dix sujets pour différents services d’Airbus Helicopters. Dix pièces qui viendront aider ses collègues : « Des bouchons, des échappements, des guides de perçage, des guides de traçage, des supports », énumère-t-il.

    « Ce que j’aime, c’est répondre à un problème rapidement sans avoir besoin d’heures de fabrication. C’est la rapidité de pouvoir aider et concevoir ce que je veux : les pièces, les formes… On modélise, on l’imprime et c’est bon ! », partage le passionné. L’utilisation de l’impression 3D n’est que récente dans l’industrie, « maintenant, c’est devenu limite indispensable », rapporte Alexis, ajoutant avoir fait comme « un pari sur l’avenir »… un pari gagnant.

    Alexis Aubert oscille entre la pratique au centre d’Airbus à Marignane et ses cours au lycée Jean-Perrin à Marseille. D’un parcours scolaire tourné vers les sciences de l’ingénierie, le jeune homme débute un premier BUT Génie mécanique et productif. Lassé de cette formation, il change de cursus à la fin de cette première année post-bac. Pour se tourner vers son BTS actuel, sur la conception de produits industriels. Avec de grands gestes, Alexis s’enthousiasme : « C’est là où tout a explosé parce que j’ai découvert l’impression 3D. Je me suis épanoui. » Quand il a découvert les possibilités délivrées par l’impression 3D, il s’en ai procuré une. Au quotidien, son imprimante 3D, d’une valeur de 200 euros, règle les problèmes techniques à la maison. Dernièrement : la tringle de ses rideaux. « Ça m’a pris même pas 30 minutes. C’est pratique », résume-t-il, se rappelant : « Au début, pour rigoler, j’avais essayé de faire un pistolet Nerf de A à Z. Je débutais dans la conception. Ce n’était pas fameux, mais c’était ma première création. » Après l’avoir ramené à l’école, son professeur est impressionné par sa création. Ce dernier, ayant déjà accompagné l’actuel vice-champion du monde au World Skills, lui propose alors de participer aux concours.

    Depuis, Alexis Aubert montre une reconnaissance profonde à ses référents et son entourage, notamment pour les World Skills. L’apprenti conclut : « Travailler, ça paye. Ma mère n’avait pas tort… Alors, je me suis donné à fond. »

  • L’agrandissement d’Airbus va transformer le territoire

    L’agrandissement d’Airbus va transformer le territoire

    Dans les immenses hangars de l’usine Airbus Helicopters, les tout derniers engins H160 sont sur leurs chaînes de fabrication. Dans deux à trois ans, il y en aura un tiers en plus.

    C’est en tout cas le défi que s’est lancé Airbus, démarrant par la construction d’une nouvelle usine sur le site de Marignane. Vendredi, les ministres du transport Philippe Tabarot (LR) et Sébastien Martin (LR) sont venus sur place pour inaugurer le chantier d’un futur bâtiment de 31 000m². À l’intérieur, NextGen factory, cœur « de fabrication des rotors et transmissions, des pièces critiques nécessitant une fiabilité parfaite », détaille Laurent Mazoué, responsable du projet. « Nous allons entièrement informatiser le système de production, avec des machines de dernière génération et une logistique automatique », développe-t-il. 600 millions d’euros sont mis sur la table par le constructeur à cet effet, dont 25 millions d’aides de l’État au titre de France 2030. La création de 1 700 nouveaux emplois est à la clé pour supporter un accroissement d’activité de près de 40% selon le constructeur.

    Faire face à la croissance

    La raison de cette montée en cadence est simple. « Le marché mondial est en croissance constante », explique Bruno Even, PDG d’Airbus Helicopters lors du temps officiel. L’entreprise est « numéro un mondial, en tête du marché militaire », selon le dirigeant, revendiquant « un carnet de commandes de 544 hélicos ». Mais « notre site est vieillissant saturé et enclavé », poursuit Bruno Even, et c’est pour cela qu’Airbus « déploie une stratégie d’envergure pour améliorer sa compétitivité » avec le pacte territorial « Sud avenir hélico » regroupant État, Région, Métropole et les Villes de Vitrolles et Marignane. « Un environnement stable est la seule condition pour rester ici et être plus performant. Si on ne réussit pas la croissance sera captée par les concurrents », conclut-il.

    L’enjeu de ce pacte est de créer les conditions d’accueil nécessaires à la vie et surtout au transport des salariés, actuels comme nouveaux. « Il ne peut pas y avoir de développement industriel sans infrastructures de transport » relève à ce titre le ministre de l’Industrie Sébastien Martin. Le ministre des Transports Philippe Tabarot appuie : « Le pacte va au-delà de l’outil de production, il s’inscrit dans un projet de transformation territoriale. » « Une usine est performante quand les salariés peuvent s’y rendre facilement, dans des conditions acceptables. L’amélioration de la desserte des transports en commun, l’optimisation des liaisons intermodales et le développement du covoiturage doivent répondre aux besoins » des 12 500 salariés du site selon le ministre. « Quelle frustration quand 1 emploi sur 3 est refusé pour des questions de mobilité », conclut-il.

    En marge de la signature du pacte, Philippe Tabarot affirme que l’État va « accélérer la logistique d’infrastructures » de transport de passagers et de fret, ferroviaire comme routier, prenant l’exemple des contournements de Martigues – Port-de-Bouc et Fos-Salon.

    Académie de l’hélicoptère

    En parallèle du volet industriel et mobilité, un nouveau centre de formation baptisé « académie de l’hélicoptère » a été annoncé pour 2030 sur le site Cap Horizon, à Vitrolles. L’ambition est de former d’ici 5 700 travailleurs dans la filière d’ici 2032, « un signal fort adressé à la jeunesse » selon Philippe Tabarot. 9,5 millions d’euros y ont été consacrés avec le programme France 2030.

    « Les transports doivent répondre aux besoins »