Tag: Airbnb

  • La Ville de Marseille reste ferme sur les meublés touristiques

    La Ville de Marseille reste ferme sur les meublés touristiques

    Découpage de boîtes à clés, dixième ! Armés d’une disqueuse et d’une pince, les agents municipaux ont fait, ce mercredi 7 octobre, une tournée dans les quartiers du Panier et de la Joliette (2e) pour retirer de l’espace public les boîtes à clés installées par des propriétaires de meublés de tourisme, en conséquence hors-la-loi. L’occasion pour Audrey Garino, adjointe PCF au logement, et Anthony Krehmeier (PS), maire des 2e et 3e arrondissements, de faire le bilan des actions menées par la Ville sur la question.

    « On a choisi ce quartier parce qu’il était particulièrement touché, comme ailleurs dans le centre-ville, par le phénomène », explique l’élue, ajoutant que 250 cadenas ont été enlevés depuis le 1er janvier 2025. La démarche, « symbolique », se veut le reflet d’une politique municipale volontariste dans un contexte de crise du logement forte à Marseille. « Et on a des résultats », assène Audrey Garino. Après une « explosion » des logements de type Airbnb entre 2020 et 2023, avec « une augmentation de 73% des offres, on constate une baisse de 16% sur l’année 2025 », se félicite-t-elle.

    Un plan ultra-restrictif

    Le plan d’action de la Ville se veut, avec celui de Paris, « le plus restrictif en France », assure Audrey Garino. Le nombre de nuitées sur la résidence principale a été réduit à 90 jours par an, une compensation pour les résidences secondaires imposée. Où en échange d’un meublé de tourisme, le propriétaire doit proposer un local équivalent sur le marché locatif classique.

    Les amendes, jusqu’à 440 000 euros récemment pour un mutltipropriétaire, sont aussi dissuasives. Sans « impact sur le tourisme, puisque cet été, les réservations et nuitées hôtelières ont progressé de 5% », précise l’élue. En dix ans, on a dérivé « dans une économie capitaliste pure », constate Anthony Krehmeier, regrettant que le Panier devienne « Disneyland-sur-Mer », un quartier « qui se perd, sans boucherie ou boulangerie ».

    L’élu revient sur « la gentrification qui fait monter les loyers ». Ici, « 12% du parc locatif a disparu au profit de ces meublés, enchaîne Audrey Garino, avec des loyers qui ont augmenté de 6% ». Et de rappeler que la Ville est candidate à leur encadrement, sans feu vert de l’État pour l’instant.

  • Amendes salées contre le fraudeur aux meublés Airbnb

    Amendes salées contre le fraudeur aux meublés Airbnb

    Un multi bailleur professionnel a été condamné mercredi par le tribunal judiciaire de Marseille à 440 000 euros d’amendes civiles pour six locations saisonnières en infraction. La Ville salue « une nouvelle victoire dans sa lutte contre la fraude aux locations de courte durée ». « Nous ne laisserons personne transgresser les règles », a réagi le maire Benoît Payan (DVG). Cette judiciarisation a « un effet notable » indique l’adjointe au logement, Audrey Garino (PCF) qui constate « pour la première fois, en 2025, une baisse de 16% des logements loués en meublés de tourisme à Marseille ».

    Opérant via un montage complexe de trois sociétés, il revendiquait, pour maximiser les profits, de contourner la réglementation stricte mise en place par la Ville de Marseille qui n’autorise plus la location de meublé de tourisme en dehors de la résidence principale du loueur, sauf compensation. Le juge des référés rappelle que ses logements « auraient dû faire l’objet d’une autorisation délivrée par la Ville de Marseille, autorisation qui n’a pas été obtenue, ni même sollicitée ». La sanction est assortie d’une astreinte afin de s’assurer que les 4 logements au 9 rue des Honneurs, 2e, au Panier et les 2 autres logements au 16, rue Colbert, 1er, soient « effectivement et durablement réaffectés à de l’usage d’habitation ».

    Une « personnalité dénuée de tous scrupules »

    « Marseille ne veut pas de ce genre d’investisseurs » avait plaidé Me Jorge Mendes Constante pour la Ville à l’audience du 1er juillet dernier. Les jugements (un pour chaque adresse) ne ménagent pas l’investisseur Florent Richard, 37 ans qui se vantait sur YouTube de s’être constitué 3 millions d’euros de capital en trois ans avec 44 logements sur Bordeaux, Paris et Marseille.

    Le tribunal a dressé le portrait de Florent Richard, « personnalité publique » très active sur les réseaux sociaux, qui s’enorgueillit sur sa chaîne Youtube où il prodigue des conseils, d’« être devenu millionnaire grâce à son activité de loueur de meublés touristiques ». Ainsi, selon le jugement, « il se positionne en professionnel de cette activité, pourtant rattachée fiscalement à une activité de “loueur de meublé non professionnel” échappant par là à la fiscalité applicable aux hôteliers professionnels tout en tirant des profits indirects de son positionnement professionnel ». De ce « comportement public », le tribunal retient qu’il s’agit d’une « personnalité dénuée de tous scrupules quant aux conséquences de son activité pour la Ville et ses habitants, ville qu’il ne décrit que de manière déshumanisée en insistant sur le potentiel lucratif du lieu, se targuant par exemple sur Facebook de faire “du business, pas de la charité” ».

  • [Entretien] François Ruffin : « Sur le logement, le RN c’est Macron après Macron »

    [Entretien] François Ruffin : « Sur le logement, le RN c’est Macron après Macron »

    La Marseillaise : Pourquoi avoir choisi Marseille pour parler de logement ?

    François Ruffin : Le logement est un nœud de la société française aujourd’hui. Quand on parle de pouvoir d’achat, ce qui a le plus augmenté en quarante ans c’est le budget que les ménages consacrent aux loyers. À Marseille, c’est pareil ou même pire. Il y a 40 000 demandes de logements sociaux en attente, 20 000 qui sont inoccupés, 7% qui sont des passoires thermiques…

    Dans ce début de campagne,
    le premier parti à avoir parlé
    de logement, ça a été le RN…

    F.R. : Cela fait des mois que je le répète partout où je passe ! Marine Le Pen intervient sur un thème juste, en revanche ce qu’elle en dit est vraiment nul ! Elle ne parle pas des locataires, d’isolation, de rénovation. Il y a une obsession, les étrangers. À aucun moment elle ne parle de régulation. Elle, c’est Macron après Macron : il faut laisser faire le marché.

    Quelles sont vos solutions ?

    F.R. : Il faut peser sur les prix du logement, avec le plafonnement du prix des loyers sur l’ensemble du pays. La deuxième chose, c’est qu’ils ne doivent pas rester vides pour en faire des produits financiers ou des Airbnb. Il faut à chaque vente une commission municipale avec les élus, les associations de locataires, les propriétaires qui puisse exiger que cela reste de l’hébergement à l’année. Le troisième point, c’est de construire du bâtiment public à destination de la jeunesse : nous avons un plan qui pose la construction de 40 000 logements publics pour les étudiants, autant pour les jeunes travailleurs. Il faut aussi doubler le prêt à taux zéro pour ne pas être condamné à être locataire à vie. Enfin, le premier chantier à mettre en œuvre en termes de défi climatique, c’est l’isolation des 5 millions de passoires thermiques du pays.

    Le premier débat de la primaire socialiste avait lieu mercredi soir, vous regrettez de ne pas y être ?

    F.R. : J’ai toujours eu pour objectif de rassembler la gauche et de rassembler les gens. Je me disais qu’il fallait une grande primaire, de Poutou à Hollande, cela a été refusé du côté insoumis comme des socialistes qui ont décidé de faire leur petite primaire. C’est leur terrain avec leurs arbitres, mais j’étais disposé à laisser parler les suffrages : ils veulent faire ça dans l’entre-soi avec un suffrage censitaire. C’est la victoire des gauches qui ne veulent pas se réconcilier et c’est la garantie de la défaite. Parce que le sujet, c’est de rassembler le pays pour ne pas se retrouver dans la situation de l’Allemagne avec une gauche des métropoles qui gagne à Berlin mais une extrême droite qui gagne dès qu’on s’éloigne du cœur des grandes villes.

    Vous êtes en campagne, vous êtes prêt à aller jusqu’au bout ?

    F.R. : Je n’ai jamais dit que j’irai jusqu’au bout, coûte que coûte, tout seul. Mon objectif est de poser des thèmes dans la campagne parce qu’il me semble qu’ils sont majoritaires. Notre thème prioritaire doit être le portefeuille des Français, nous devons marteler les questions économiques et sociales. J’œuvrerai jusqu’au bout pour qu’il y ait la possibilité d’une candidature de rassemblement majoritaire, sans mettre comme préalable que ce soit Ruffin à la fin.

  • [Entretien] « On avance mais il manquait de la main-d’œuvre saisonnière dans l’Hérault cet été »

    [Entretien] « On avance mais il manquait de la main-d’œuvre saisonnière dans l’Hérault cet été »

    La Marseillaise : Qu’éprouvez-vous au moment de succéder à Jacques Mestre ?

    Yves Soria : Je ne pourrai pas le remplacer. C’était un personnage avec un tel charisme qui a présidé l’Umih durant 43 ans. Jacques Mestre m’a appris ce que je sais. On va continuer à travailler dans le bon sens, en discutant avec les autorités, pour améliorer les conditions de la profession.

    Quels seront vos principaux combats ?

    Y.S. : On va continuer notre travail sur les saisonniers pour leur trouver des points d’accueil à des prix raisonnables. On a travaillé avec le Crous pour la mise à disposition d’appartements pas trop chers. On est en discussion avec la mairie de Pérols. J’ai rendez-vous avec l’Agglo de l’Étang de l’Or (Mauguio). On leur demande s’ils ont des bâtiments disponibles pour loger les saisonniers. Logement et transports sont les deux problèmes des saisonniers. Avec la Grande Motte, Mauguio et Palavas, on a investi 5 000 euros pour avoir une navette jusqu’au tramway de Pérols jusqu’à 2h du matin pour juillet-août. On avance, mais il manquait de la main-d’œuvre saisonnière cet été.

    Comptez-vous vous attaquer à la concurrence déloyale des locations type AirBnB ?

    Y.S. : Nous sommes contre bien sûr mais il existe déjà une réglementation en vigueur qui limite le nombre de nuitées (plafond de 120 jours que les Villes peuvent baisser à 90 jours). Le sujet c’est qu’elle soit respectée. L’Umih vient d’ailleurs de recevoir une décision favorable de la Cour d’appel de Paris [qui reconnaît AirBnB comme un éditeur et non un hébergeur, ce qui rend la plateforme responsable du contenu posté, Ndlr.]. On dit que c’est une concurrence déloyale parce que ces plateformes ne sont pas soumises aux mêmes règles (sécurité, fiscalité…) que les professionnels de l’hôtellerie, qui accusent des pertes de chiffre d’affaires.

    À Montpellier, avez-vous
    des requêtes particulières
     ?

    Y.S. : On a pris rendez-vous, on doit bientôt être reçus par le maire Michaël Delafosse. On a un problème de prix de stationnement trop élevé. On va voir si on peut faire revenir du monde en ville avec des tarifs de parking plus attractifs, comme au Polygone. On a déjà vu les élus Jean-Louis Gély et Michel Aslanian. La mairie veut renouer le dialogue.

    Quel premier bilan touristique faites-vous ?

    Y.S. : Je dirais qu’on est entre -10 et -20% d’activité. À la Grande Motte, il y a des touristes étrangers, des Belges et des pays de l’Est mais sans euphorie, le chiffre d’affaires est en baisse. À Palavas, il n’y a pas grand monde. Au camping des Roquilles c’est catastrophique, personne au bar ni au restaurant. Il manque les Américains, Néerlandais… La clientèle française qui se déplace quelques jours sur le littoral a réduit ses vacances. Les touristes présents font attention : ils font les courses avec leur glacière et mangent à la maison plutôt qu’au restaurant ou ne prennent qu’un seul plat. C’est le résultat d’une baisse du pouvoir d’achat. Le prix de l’essence pèse lourd. La chaleur a pu aussi en décourager certains. On verra le bilan global en octobre avec la fin de saison, mais un chiffre d’affaires perdu ne se rattrape jamais.

  • Avec l’été, le DAL alerte sur la fraude au bail mobilité

    Avec l’été, le DAL alerte sur la fraude au bail mobilité

    Pour les travailleurs saisonniers, se loger devient de plus en plus difficile en été, dans un département au marché locatif étranglé par la location touristique, les résidences secondaires et les logements vacants. Une solution pour fluidifier le marché est le recours au bail mobilité. Instauré par la loi Elan de 2018, il permet de louer un logement meublé à un locataire considéré comme temporaire (étudiant, salarié en mission temporaire, stagiaire…) de 1 à 10 mois et ne peut pas être renouvelé. Or, d’après l’association pour le Droit au logement (DAL), de plus en plus de propriétaires en font un usage détourné, louant à l’année en bail mobilité et contraignant ainsi leur locataire à quitter le logement pour l’été, pour le destiner à la location saisonnière de type Airbnb, plus lucrative.

    Peu de locataires connaissent leur droit

    « La plupart des concernés ne savent pas que c’est frauduleux, constate José Pluki, représentant du DAL 05. Le propriétaire l’annonce, vous dit que c’est comme ça, et vous, vous n’en savez rien. Et puis, il peut y avoir un effet village, si vous commencez à ruer dans les brancards contre un propriétaire, dans une petite ville ou un village, ça peut devenir difficile de trouver quelqu’un pour vous louer. » Le manque de logement créerait un rapport de force favorable aux propriétaires. « Beaucoup de gens, quand ils ont un bail mobilité à l’année, n’osent rien dire parce que c’est déjà au moins avoir un logement, poursuit José Pluki. En plus, le bail mobilité peut arranger des saisonniers qui n’arrivent pas à trouver autrement, il y a quand même des travailleurs qui passent l’été dans leur camion. »

  • Avec l’été, le DAL alerte sur la fraude au bail mobilité

    Avec l’été, le DAL alerte sur la fraude au bail mobilité

    Pour les travailleurs saisonniers, se loger devient de plus en plus difficile en été, dans un département au marché locatif étranglé par la location touristique, les résidences secondaires et les logements vacants. Une solution pour fluidifier le marché est le recours au bail mobilité. Instauré par la loi Elan de 2018, il permet de louer un logement meublé à un locataire considéré comme temporaire (étudiant, salarié en mission temporaire, stagiaire…) de 1 à 10 mois et ne peut pas être renouvelé. Or, d’après l’association pour le Droit au logement (DAL), de plus en plus de propriétaires en font un usage détourné, louant à l’année en bail mobilité et contraignant ainsi leur locataire à quitter le logement pour l’été, pour le destiner à la location saisonnière de type Airbnb, plus lucrative.

    Peu de locataires connaissent leur droit

    « La plupart des concernés ne savent pas que c’est frauduleux, constate José Pluki, représentant du DAL 05. Le propriétaire l’annonce, vous dit que c’est comme ça, et vous, vous n’en savez rien. Et puis, il peut y avoir un effet village, si vous commencez à ruer dans les brancards contre un propriétaire, dans une petite ville ou un village, ça peut devenir difficile de trouver quelqu’un pour vous louer. » Le manque de logement créerait un rapport de force favorable aux propriétaires. « Beaucoup de gens, quand ils ont un bail mobilité à l’année, n’osent rien dire parce que c’est déjà au moins avoir un logement, poursuit José Pluki. En plus, le bail mobilité peut arranger des saisonniers qui n’arrivent pas à trouver autrement, il y a quand même des travailleurs qui passent l’été dans leur camion. »

  • Le coach immobilier dit avoir cédé à l’appât du gain

    Le coach immobilier dit avoir cédé à l’appât du gain

    Au lendemain de la condamnation à une amende civile record de 100 000 euros d’un multipropriétaire parisien en infraction sur un meublé touristique rue Dragon, la Ville de Marseille est venue réclamer, mercredi, devant ce même juge des référés, le prononcé de 1,5 million d’euros d’amendes civiles à l’encontre des quatre sociétés d’un investisseur et influenceur immobilier. Celui-ci contournait la réglementation sur la location de six meublés touristiques de courte durée.

    Attendu par une dizaine de militants d’un collectif anti-Airbnb qui avaient déployé une banderole « Rends tous les logements ! Airbnb casse-toi ! Marseille n’est pas à toi ! », Florent Richard, 37 ans, ne s’est pas présenté à l’audience, laissant son avocat faire amende honorable à sa place. « Il a eu peur pour sa sécurité car il n’est pas le bienvenu à Marseille. Son portrait est affiché sur des murs. Ce n’est pas normal, ce n’est pas M. Pelicot ! Effectivement, il a eu un temps un appât du gain sur quelque chose de facile, mais il a compris, il a appris et il veut tourner la page », a plaidé Me Martin Guerin pour cet affairiste immobilier qui se vantait, sur YouTube, de s’être constitué avec 44 logements à Bordeaux, Paris et Marseille, un patrimoine de 3 millions d’euros en trois ans.

    à Marseille, ses sociétés exploitaient sans autorisation de changement d’usage et sans avoir réalisé les compensations obligatoires exigées, quatre meublés touristiques au 9 rue des Honneurs, un immeuble du Panier (qui pour l’anecdote avait appartenu à Marseille Habitat de 1997 à 2016), ainsi que deux locations saisonnières dans un grand appartement qu’il a divisé, au 16 rue Colbert. « L’étreinte de la Ville s’est resserrée sur lui en octobre 2025. Il a immédiatement retiré tous ses appartements des plateformes et s’est dirigé vers des locations en baux mobilité », a expliqué Me Guerin, qui a prié le tribunal de trouver « un juste équilibre dans le combat légitime de la Ville et ses demandes d’amendes qui sont complètement disproportionnées ».

    « On peut comprendre la colère des collectifs, a dénoncé Me Jorge Mendes Constante, conseil de la Ville. Marseille ne veut pas de ce genre d’investisseur qui dit faire du “coaching immobilier” en exprimant sur Youtube ce genre de slogans, “Un million d’euros en quatre ans grâce à la location courte durée” ou “Ici on fait du business, pas de la charité”. Il a mis en place un système. L’influenceur locatif s’est vanté d’avoir un taux d’occupation de ses locations à Marseille de 98% et d’avoir tiré 1 318 000 euros de chiffre d’affaires en 3 ans sur ces deux adresses ! »

    L’avocat a réclamé pour la Ville la condamnation de chacune des quatre sociétés que Florent Richard gère – deux SCI propriétaires, une société chargée des locations et une pour la conciergerie – à l’amende maximum de 100 000 euros prévue en cas de changement illicite d’usage, multipliée par le nombre d’appartements qu’il a ainsi soustrait au marché de la location classique, soit un moment total d’1,5 million d’euros.

    Délibéré le 23 septembre.

    « Nous serons intransigeants »

    « La Ville ne laissera rien passer. On attaquera systématiquement. Nous serons intransigeants. Les prochaines assignations concerneront des conciergeries qui participent à des locations sans autorisation », déclare Audrey Garino, l’adjointe au logement, présente mercredi devant le tribunal. L’élue PCF observe que l’engagement de la Ville a déjà entraîné « une baisse de 16% des meublés saisonniers sur la ville ».

    D.C.

  • L’influenceur aux 44 meublés jugé ce mercredi à Marseille

    L’influenceur aux 44 meublés jugé ce mercredi à Marseille

    Forte de son succès de la veille, la Ville dégaine de nouveau l’« assignation en procédure accélérée » devant le tribunal judiciaire et exigera, ce mercredi matin, le retour de six meublés touristiques illégaux à la location classique.

    L’investisseur immobilier assigné est Florent Richard, 36 ans, un influenceur qui revendique sur YouTube être devenu millionnaire en exploitant 44 logements à Bordeaux, en région parisienne et à Marseille, où il n’a sollicité aucune autorisation de changement d’usage.

    Le trentenaire loue en locations touristiques, sur Airbnb, quatre logements au 9 rue des Honneurs, un immeuble au Panier qu’il possède en totalité. La Ville demande au tribunal de prononcer à l’encontre de chacune des trois sociétés qui administrent ses biens – une SCI propriétaire, une société qui commercialise et une société de conciergerie – une amende civile de 100 000 euros pour chaque local en infraction. L’avocat de la ville, Me Jorge Mendes Constante, rappellera comme il fait à chaque procès depuis un an que le contrevenant n’a procédé à aucune compensation par transformation concomitante en habitation de locaux ayant un autre usage, comme l’exige la réglementation municipale. Lors du contrôle en décembre 2025 par un agent assermenté, le propriétaire a expliqué qu’il « ne savait pas trop la procédure ». Selon les données transmises par la plateforme Airbnb, il a tiré de ses quatre meublés touristiques un chiffre d’affaires de 806 355 euros entre 2021 et 2024.

    L’investisseur est assigné aussi pour un autre appartement, de type 7 celui-là et de 110 m² qu’il possède au 16 rue Colbert (1er), et qu’il a divisé pour exploiter deux meublés touristiques loués plus de 170 euros la nuitée. Les données Airbnb rapportent un chiffre d’affaires de 854 678 euros sur ces deux appartements depuis 2022.

  • À Nîmes, les hôteliers veulent réguler Airbnb

    À Nîmes, les hôteliers veulent réguler Airbnb

    À Nîmes, les locations de courte durée pourraient bientôt faire l’objet d’un encadrement plus strict. Pour l’heure, la Ville observe. « On est vigilant sur la question des locations Airbnb en ville, on n’est pas dans un seuil d’alerte maximum mais on voit que ça prend de l’ampleur », explique Vincent Bouget (PCF), maire de Nîmes. L’édile pointe déjà plusieurs effets concrets dans certains quartiers : nuisances, gestion des déchets ou tensions d’usage entre habitants et visiteurs. « La vie des gens qui sont en vacances n’est pas tout à fait la même que celle des gens qui vivent et qui travaillent », résume-t-il.

    Dans le viseur, il ne s’agit pas seulement des locations Airbnb, mais plus largement des meublés de tourisme, ces logements loués pour quelques nuits sur les plateformes. Du côté des professionnels, l’inquiétude est vive. Frédéric Sanchez, secrétaire général de l’Umih 30 et gérant du restaurant La Table du 2, défend une ligne claire : « Le problème n’est pas qu’il y ait des Airbnb, le problème c’est qu’ils n’aient pas les mêmes règles que nous. » Selon lui, l’activité est devenue, pour une partie des propriétaires, « un placement immobilier spéculatif » qui concurrence directement l’hôtellerie, sans en supporter les mêmes obligations.

    Demande d’un encadrement plus strict

    Frédéric Sanchez distingue les particuliers qui louent ponctuellement leur logement et les multipropriétaires. « Le particulier qui loue ponctuellement sa maison, son appartement quand il est en vacances, c’est complètement entendable », précise-t-il. Mais pour l’Umih, le cœur du problème se trouve ailleurs : dans les studios et petits logements loués toute l’année, parfois avec boîtes à clés, et directement comparables à une chambre d’hôtel.

    Les chiffres avancés par le représentant patronal dessinent une forte progression. À Nîmes, les meublés de tourisme seraient passés d’environ 900 en 2019 à près de 3 400 aujourd’hui. Dans le même temps, la capacité hôtelière serait passée d’environ 2 100 à 2 400 chambres. « En moyenne, un logement de type Airbnb est l’équivalent de deux chambres d’hôtel en termes de nombre de couchages », estime Frédéric Sanchez, qui voit là une concurrence directe pour les établissements soumis aux normes de sécurité, à la fiscalité professionnelle et à l’emploi de personnel.

    La demande des hôteliers porte donc d’abord sur la multipropriété. « Notre demande à l’ancienne municipalité, c’était : interdisez la multipropriété Airbnb », rappelle Frédéric Sanchez. Selon lui, environ 1 300 meublés touristiques nîmois appartiendraient à 200 propriétaires, le plus important en possédant 19. « Il a l’équivalent d’un hôtel de 40 chambres, sans en avoir aucunement les règles », dénonce-t-il.

    Pour le représentant syndical, l’enjeu dépasse la seule hôtellerie. Il touche aussi au logement des étudiants, apprentis et jeunes actifs, qui peinent à trouver de petites surfaces abordables. « On veut des Airbnb complémentaires à notre offre, qui apportent un nouvel atout à la destination. » S’il estime que l’année 2026 est déjà compromise pour les professionnels, Frédéric Sanchez observe toutefois un changement de climat avec la nouvelle municipalité. « On retravaille depuis un mois et demi – deux mois avec la nouvelle municipalité, qui a pris conscience du problème et est très à l’écoute là-dessus », relève-t-il. Un dialogue plus propice, selon lui, à la recherche de mesures capables de mieux encadrer les meublés touristiques à Nîmes.

  • L’été ne fait plus le printemps du tourisme en Occitanie

    L’été ne fait plus le printemps du tourisme en Occitanie

    « Réchauffement climatique, choix de consommation : les habitudes des vacanciers évoluent », constate l’Insee dans une étude menée en partenariat avec l’Agence d’attractivité et de développement de la Région Occitanie (AD’OCC) et Destination Occitanie qui charpente la stratégie touristique régionale.

    Cette étude, menée sur un temps relativement long d’un peu plus d’une décennie, de 2012 à 2024, révèle une tendance forte : « Depuis quelques années, la fréquentation touristique augmente tendanciellement moins fortement dans la région qu’au niveau national. Ainsi, entre 2012 et 2024, la fréquentation des hébergements collectifs touristiques d’Occitanie progresse de 4,5% contre +11% en France métropolitaine », a calculé l’Insee. En outre, ajoutent Sophie Andrieu et François Hills, auteurs de l’étude pour l’Institut national de la statistique, cette hausse de 4,5% « n’est portée que par l’hôtellerie de plein air dont les nuitées augmentent de 19,4% alors que les nuitées diminuent dans les hôtels (-4,7%) et les autres hébergements (-12,6%) ». L’Occitanie est la cinquième des régions de France métropolitaine les plus fréquentées par les touristes en 2024 avec 55 millions de nuitées mais « Depuis 2012, le tourisme se développe au printemps et s’atténue en été », résume l’Insee qui image ce constat en chiffres : « Entre 2012 et 2024, la fréquentation touristique au printemps a augmenté de 17,7 %. »

    Pourquoi ces évolutions ? « Des facteurs multiples peuvent influer sur l’évolution de la fréquentation touristique », prévient l’Insee qui identifie cinq facteurs principaux. Le premier est le réchauffement climatique. Il « entraîne une hausse de la fréquence des canicules en été et une baisse de l’enneigement en hiver. Il peut conduire les touristes à modifier leur choix de destination ou décaler la période habituelle de leurs séjours. » Deuxième facteur, « les évolutions dans les choix de consommation peuvent avoir le même type de conséquences ».

    886 000 lits sont proposés par les plateformes internet

    Troisième facteur, le vieillissement démographique entraîne le développement du tourisme des retraités « particulièrement hors des périodes scolaires et estivaux ». Quatrième facteur, « la crise Covid a eu un fort effet sur le tourisme en 2020 et 2021 et a également entraîné des changements durables de comportement ». Cinquième facteur et non des moindres, « l’offre de logements locatifs sur les plateformes numériques, en essor depuis la décennie 2010, concurrence les hébergements collectifs traditionnels ». Les logements en location saisonnière proposés par les plateformes internet comme Airbnb, Booking ou HomeAway atteignent en 2024 « des volumes offerts proches de ceux des hébergements collectifs » et représentent en Occitanie 178 000 logements représentant environ 886 000 lits. « Ainsi, la fréquentation du locatif en plateforme se développe très nettement entre 2019 et 2024, bien que moins vite que l’offre », analyse l’Insee. L’exemple d’Airbnb est parlant : entre 2019 et 2024, la fréquentation estimée des hébergements sur cette plateforme, mesurée en nuits réservées croît de 57%.

    « L’évolution de la saisonnalité du tourisme en Occitanie est essentiellement portée par les campings », renseigne l’Insee. En Occitanie « ils représentent la moitié des nuitées annuelle, hors hébergements locatifs en plateforme et hors hébergements non marchands ». La hausse de 19% de leur fréquentation entre 2012 et 2024 « est portée par le littoral qui concentre les deux tiers de la fréquentation régionale en camping ». Elle est « particulièrement forte en début de saison estivale, entre avril et juin. Dans la région, ces trois mois concentrent 25% de la fréquentation en 2024 contre 18% en 2012 ». Les nuitées en camping augmentent aussi sensiblement en septembre, note aussi l’étude. « Ainsi, la période dite des “ailes de saison”, qui couvre les mois d’avril à juin et de septembre, pèse autant dans la fréquentation de 2024 que chacun des deux mois du cœur de l’été. » Une tendance de fond.