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  • [Exclusif] Le plan d’économies de l’hôpital de Manosque bute sur la colère de médecins

    [Exclusif] Le plan d’économies de l’hôpital de Manosque bute sur la colère de médecins

    Alors que le plan d’efficience devait être présenté vendredi dernier en conseil de surveillance, il a été reporté au 4 décembre, face à l’opposition de certains médecins qui disent ne plus faire « confiance » à la direction pour mettre en place ce plan d’économies et de « réductions de postes ».

    « Cette année m’a appris à ne pas avoir confiance. On s’est pris des coups de couteau dans le dos. On ne peut pas construire ensemble, c’est un conflit », avance Vincent Roumieu, chef du service médecine interne et infectieuse. « C’est très vertical, c’est un fonctionnement clairement autoritaire. On est prêts à réfléchir, à voir comment on peut faire des économies sur nos pratiques médicales, changer certaines habitudes. Mais eux, leur seule logique, c’est supprimer des postes, des soignants », affirme le médecin.

    La décision du report aurait été prise le 21 septembre, lors de la commission médicale d’établissement, pendant laquelle des médecins auraient exprimé leur opposition. « Quand ils nous ont présenté ça, ça a gueulé, je me suis énervé », se rappelle Vincent Roumieu. « On a peur que, quand ils présentent le plan, toutes les suppressions de postes aient déjà eu lieu », craignent le chef de service et la CGT, alors que des départs à la retraite ne sont déjà pas remplacés et des personnes en CDD depuis des années non renouvelées.

    « Un chantage »

    Vincent Roumieu dénonce un « chantage » de la direction, qui aurait demandé aux médecins insatisfaits de faire leurs propres contre-propositions d’économies, selon lui et la CGT. « On doit s’occuper de leur boulot. Ils nous ont dit de nous débrouiller pour proposer autre chose. Le plan a été reporté pour laisser les médecins faire leurs contre-propositions », explique le soignant. Ils auraient jusqu’au 1er novembre pour le faire, selon la CGT.

    « Dans mon service, on est tous d’accord sur le fait que c’est délirant de faire ça », avance le chef de service. « Ils ont prévu d’enlever du personnel exactement dans les deux seuls services rentables, qui rapportent plus d’argent que ce qu’ils en coûtent, le mien et celui de médecine polyvalente », déplore-t-il.

    « De toute façon, au conseil de surveillance, il n’y a pas de vote, ce n’est qu’une information », précise Gilles Duffour, directeur du centre hospitalier, qui parle de « plan de redressement ». Il confirme que la présentation du plan a été reportée car les médecins opposés au projet « souhaitaient plus de temps pour proposer d’autres choses ». Questionné au sujet des « réductions » ou « suppressions » de postes, il refuse pour l’instant de s’exprimer à ce sujet, préférant attendre la présentation officielle du plan.

    Le plan est reporté à décembre « parce que les chefs de service et les syndicats doivent continuer à se mettre d’accord et qu’il y a des contre-propositions qui ont été faites qui méritent d’être étudiées », abonde le président du conseil de surveillance, Camille Galtier. « Il y a 75% de l’effort sur la hausse d’activité et 25% sur les économies », avance le maire de Manosque (DVD). Interrogé sur la façon de faire des économies tout en augmentant l’activité, il renvoie vers le directeur de l’hôpital. Il votera dans tous les cas le plan, car « si on n’optimise pas tout ça, on ne pourra plus payer les salaires des employés ».

    « Chaque fois qu’il y a de la résistance, ils repoussent, affirme de son côté la CGT de l’hôpital. Les médecins ont râlé, et c’est pour ça qu’ils leur laissent un peu plus de temps, pour essayer de mieux faire passer la pilule. »

  • Les agents hospitaliers de Manosque font face à l’austérité

    Les agents hospitaliers de Manosque font face à l’austérité

    « Il y a déjà eu des suppressions de postes depuis le début de l’année, mais le plan funeste n’est pas fini » : les syndicats sont montés au créneau mardi, mobilisés devant l’hôpital de Manosque contre le plan d’efficience annoncé par la direction « face à une situation financière durablement dégradée ». Ce plan, qui devrait permettre d’économiser 3,83 millions d’euros, prévoit « la réduction de 20 postes », selon la direction. Cette dernière nie toute suppression de poste à proprement parler, mais confirme des « réductions d’effectifs, des fins de contrats de remplacement, des départs à la retraite non remplacés et des diminutions d’heures supplémentaires ». « Pas de licenciements, mais des suppressions sèches, avec la mise à la porte de CDD qui sont là depuis deux, trois, voire quatre ans, des départs en retraite forcés, des règles RH qui poussent à la démission », déplore la secrétaire générale de la CGT de l’hôpital, Nadège Bonanno. Cette dernière parle de « plan social » et redoute que des agents soient « sacrifiés au nom de la rentabilité ». « Ce n’est pas un projet de sauvegarde de l’hôpital public, mais bel et bien sa casse. L’objectif de la direction et de l’ARS est de faire des économies en réduisant l’offre et l’accès aux soins », a-t-elle lancé au micro devant une soixantaine de personnes, majoritairement des agents et quelques citoyens venus en soutien.

    « L’humain avant

    les économies »

    Même son de cloche du côté de la CFDT, qui s’est dite « opposée à toute suppression de poste ». « Les professionnels doivent constamment compenser les manques d’effectifs. Nous ne voulons pas d’un hôpital où l’on demande à chacun de faire le travail de deux. Les personnels hospitaliers ne sont pas une variable d’ajustement », a déclaré Catherine Riguet, la secrétaire de la CFDT du centre hospitalier, demandant un hôpital « qui mette l’humain avant les économies ».

    « Nous refusons que l’avenir de notre établissement soit construit sur une logique exclusivement comptable », a abondé Patrice Richaud, secrétaire de FO à Manosque et technicien biomédical. Son syndicat exige « une réflexion sur certaines fonctions directionnelles, dont les missions peuvent parfois apparaître redondantes ». « Il faut regarder partout où des économies sont possibles. Chacun sait que la rémunération d’un seul poste de directeur peut représenter l’équivalent de plusieurs postes de soignants. Ce sont pourtant eux qui sont au chevet des patients jour et nuit », a expliqué Patrice Richaud.

    Les trois syndicats ont donné rendez-vous au prochain conseil de surveillance, début octobre, pendant lequel le plan d’efficience sera mis au vote. La secrétaire de la CGT de l’hôpital a appelé à « mettre la pression aux élus et aux représentants des usagers pour qu’ils votent contre ».

    Interrogé au sujet de la mobilisation, le maire DVD de Manosque Camille Galtier a regretté que les syndicats se mobilisent sans attendre la réunion de jeudi, pendant laquelle la direction présentera le plan d’efficience à l’édile et aux syndicats. « Ce n’est pas respectueux du dialogue social que de faire des manifestations avant qu’il n’y ait eu présentation », a-t-il lancé.

    Si la direction a envoyé un mail aux agents mardi midi expliquant qu’une heure de salaire serait déduite pour une heure de grève, la secrétaire de la CGT de l’hôpital affirme que des membres de l’encadrement ont déclaré à des agents qu’une « demi-journée de travail serait déduite de leur salaire alors que le préavis était d’une heure », et auraient « menacé des agents de sanctions s’ils descendaient ». La CGT dénonce une « entrave manifeste au droit syndical et au droit de grève ».

  • Des aides-soignantes en limite d’âge poussées vers la sortie à Aubagne

    Des aides-soignantes en limite d’âge poussées vers la sortie à Aubagne

    « On est complètement punies de ce qui nous est arrivé », lâche Muriel Thevenin. Secrétaire du syndicat FAFHP à Edmond-Garcin, âgée de 59 ans dont trente-cinq comme aide-soignante à l’hôpital d’Aubagne, elle occupe, depuis 2008, un poste aménagé. Pour elle, il s’agit du transport. D’autres sont par exemple aides hôtelières (elles servent les repas, aident les patients à s’alimenter, leur administrent leurs médicaments).

    Pas de « nécessité de service »

    Muriel Thevenin est dans cette situation depuis un accident du travail : « Mon handicap est survenu du fait d’un manque de personnel et d’un défaut de matériel. » Elle raconte : « On n’était que deux aides-soignantes dans un service de 30 patients, des personnes âgées. On ne regardait pas à l’effort. On n’y arrivait plus avec ma collègue. L’accident s’est produit parce qu’une famille a demandé qu’on relève un patient. Il était très lourd. Il m’est tombé dessus et mon dos a craqué. Depuis, je n’ai plus le droit de soulever plus de 5 kg… ».

    Si le syndicat qu’elle représente monte au créneau aujourd’hui, c’est parce que, dit-elle, la direction de l’hôpital a refusé, « depuis deux ans et demi, à six aides-soignantes en postes aménagés, leur prolongation d’activité au-delà de 62 ans, alors qu’elles y ont droit pour encore deux ans. » Elle poursuit : « Cela met les aides soignantes en situation très précaire. Car, si elles ont travaillé dans le privé, il faut qu’elles attendent 64 ans pour toucher leur complément de retraite. »

    Elsa Blanc, directrice des ressources humaines de l’hôpital, répond : « Si quelqu’un veut poursuivre son activité au-delà de l’âge limite, il doit le demander. Il y a alors deux critères : l’aptitude médicale et la nécessité de service. » Selon elle, « conformément à la loi, le motif de refus de la prolongation d’activité est lié aux nécessités de service, et non au fait que les postes soient aménagés. » Il n’y aurait pas de « nécessité de service ». Elle indique que l’hôpital « a créé depuis deux ans plus de 20 postes en sureffectif dans les services, afin de permettre des reclassements de professionnels, fragilisés par les années de travail hospitalier, sur des fonctions sans contraintes physiques. Ils ne peuvent, par nature, être pérennisés indéfiniment, notamment dans un contexte de fortes tensions financières. » Selon elle, « il n’y a pas plus de deux agents par an qui se sont vus refuser une prolongation d’activité depuis 2024. Sept agents travaillaient en prolongation, l’an dernier, et il y en aura douze cette année. »

    Pour faire la jonction entre retraite de la fonction publique et celle du privé, France Travail verse une allocation à l’agent hospitalier. Ce qui fait bondir Muriel Thevenin : « On a fait toute une carrière à l’hôpital, on s’est esquinté le corps, et maintenant, on doit aller pointer au chômage… ».

  • Les employés de l’Ehpad Mille Soleils au Muy mobilisés pour les salaires

    Les employés de l’Ehpad Mille Soleils au Muy mobilisés pour les salaires

    Depuis de longues semaines, les négociations annuelles obligatoires (NAO) achoppent entre la direction de l’Ehpad Mille Soleils (établissement du groupe EMERA) et les employés sur la question des salaires. À date, les augmentations proposées – 36 euros brut pour les aides soignants, 7 pour les ASH – demeurent bien loin des revendications : une augmentation significative généralisée à l’ensemble du personnel, et un complément contractuel de 350 euros « afin de garantir l’égalité de traitement », revendique Katherine Zede, déléguée syndicale CGT EMERA.

    En conséquence, un débrayage suivi par l’ensemble des salariés a eu lieu mercredi devant l’établissement, ces derniers quittant leur poste entre midi et 14h, laissant la direction s’occuper des résidents. « D’autres établissements du même groupe, dont un dans le département, un dans les Alpes-Maritimes, ont des salaires plus importants sur les mêmes postes. À travail égal, salaire égal », clame Nathalie Blasco, co-secrétaire de l’Union syndicale départementale Santé et Action sociale de la CGT.

    Un autre Ehpad du groupe mobilisé au Mans

    Une augmentation que les syndicalistes estiment justifiée par les « milliards d’euros d’aides publiques versés à des entreprises comme EMERA, dont certaines réalisent d’importants profits. Cet argent doit servir à une augmentation générale des salaires, et non à enrichir une minorité au détriment de celles et ceux qui font vivre l’entreprise », pointe Katherine Zede, qui dénonce aussi les conditions précaires subies par les soignantes, « contraintes d’effectuer des vacations dans d’autres établissements afin de boucler leurs fins de mois. Cette situation se fait au détriment de leur vie de famille, de leur santé et de leur repos alors même qu’elles exercent un métier essentiel et éprouvant ». « Ils ont augmenté la rémunération des infirmières par rapport à des difficultés de recrutement. Augmenter les salaires permettrait de réduire le turn over et l’absentéisme », affirme Nathalie Blasco.

    Après leur mobilisation – aussi suivie dans un autre établissement du groupe, au Mans -, la totalité des salariés (y compris les cuisiniers et le reste du corps soignant) ont regagné leurs postes, mais annoncent être prêts à poursuivre le mouvement si leurs revendications n’étaient pas écoutées.