Tag: Aides publiques

  • Le sénateur Fabien Gay mène ses combats à Nîmes

    Le sénateur Fabien Gay mène ses combats à Nîmes

    Il était venu avec 211 milliards d’euros sous le bras. Mais, lundi 5 octobre, à Nîmes, Fabien Gay a vite laissé les colonnes de chiffres côtoyer les colères du moment. Le sénateur communiste de Seine-Saint-Denis et directeur de L’Humanité, est venu présenter son livre 211 milliards. Révélations sur les aides publiques aux entreprises, a trouvé dans le Gard un terrain où se croisent ses principaux combats : partage des richesses, jeunesse, union de la gauche et lutte contre l’extrême droite.

    Dans la cour du Prolé nîmois, l’actualité s’est invitée dans la conférence de presse : à moins d’une centaine de mètres, devant le lycée Daudet, des lycéens manifestaient en effet leur colère. L’élu refuse de réduire ce mouvement, qui touche de nombreux établissements en France, aux blocages ou aux dégradations. « La question est de savoir pourquoi, partout en France, des dizaines de milliers de lycéens se mettent en grève et revendiquent. C’est ça, la question qu’il faut se poser », insiste-t-il.

    Classes surchargées, enseignants absents, manque de moyens, Parcoursup qualifié d’« algorithme froid » : le sénateur dénonce « une dégradation générale des conditions d’étude ». Et s’il condamne les dégradations, il fustige aussi la réponse policière : « Ce sont nos gamins, ils ont 15 ou 16 ans. Quand la seule réponse, ce sont des coups de matraque et du gaz lacrymogène, c’est insupportable. »

    Des milliards

    sans contreparties

    Reste le chiffre qui donne son titre à son livre : 211 milliards d’euros d’aides publiques versées aux entreprises en 2023, mis en lumière par la commission d’enquête sénatoriale dont Fabien Gay fut le rapporteur. Six mois d’auditions, près de la moitié des patrons du CAC 40 entendus, et une question centrale : que demande réellement la puissance publique en échange ? Le communiste dénonce des aides trop peu conditionnées à l’emploi, aux salaires, aux délocalisations ou aux engagements environnementaux.

    À Nîmes, Fabien Gay a également retrouvé Vincent Bouget, nouveau maire communiste de la ville. Une victoire qu’il regarde comme un possible laboratoire. « Il a réussi à unir les citoyens, cela montre que rien n’est figé. En partant du local, cela peut essaimer partout », estime-t-il. À huit mois de la présidentielle, le sénateur assure que « tout doit être mis en place pour barrer la route à l’extrême droite » et plaide, pour les législatives, pour « une large coalition » des forces de gauche.

    Car c’est bien là que le ton se durcit le plus. « La préférence nationale n’a pas d’autre nom que l’apartheid social », tranche-t-il, dénonçant « une politique de division et de haine généralisée » visant migrants, syndicalistes, femmes ou encore opposants politiques. À ses yeux, le danger dépasse les frontières françaises : Trump aux États-Unis, Milei en Argentine, Meloni en Italie ou la poussée de l’extrême droite allemande témoignent d’« un mouvement mondial ».

    Son déplacement gardois devait d’ailleurs se prolonger mardi 6 à Alès devant le tribunal, en soutien aux victimes de l’attaque du Prolé lors de la Feria 2025. Fabien Gay avait annoncé sa présence aux côtés des militants agressés. « L’extrême droite fait mal. Elle porte des coups. Pas seulement démocratiques : des coups », martelait-il à Nîmes. Des milliards versés sans contrepartie à la violence politique, le sénateur aura finalement déroulé le même fil : rendre visibles les rapports de force que certains préféreraient laisser hors champ.

  • Emmanuel Macron droit dans ses bottes

    Emmanuel Macron droit dans ses bottes

    Hors de question de faire un quelconque mea-culpa. Emmanuel Macron a affirmé jeudi qu’il ne regrettait « pas du tout le “quoi qu’il en coûte” », c’est-à-dire les aides publiques mises en place lors de la pandémie de Covid qui ont alourdi la dette de la France, réduisant aujourd’hui ses marges de manœuvre budgétaires.

    Et de détailler : les dépenses des « dix dernières années » se décomposaient en « un tiers pour protéger les Français des crises », « un tiers pour préparer la France à l’avenir », et « un tiers parce qu’on n’a pas assez réformé le modèle social ». « Je ne regrette rien des deux premiers tiers. Je regrette de ne pas avoir été assez efficace et rapide sur le dernier », ajuste-t-il. Comme si la « réforme » des retraites n’avait pas suffi…

    En temps de crise

    Quant à la crise actuelle, le président de la République n’exclut pas de baisser les taxes sur les carburants si l’envolée des tarifs se poursuivait, tout en affirmant qu’il serait préférable de faire baisser les prix en utilisant des moyens diplomatiques. « Je pense qu’en fonction de l’évolution, il ne faut rien exclure », même si une baisse des taxes – réclamée par la gauche pour amoindrir l’impact auprès de la population – n’est « pas la décision la plus vertueuse » car celles-ci « servent à financer les dépenses de l’État ».

    « Notre intérêt, c’est plutôt de baisser les prix avant de baisser les taxes », a-t-il ajouté, estimant par ailleurs que l’interdiction des exportations de gazole américain, comme s’y est dit favorable Donald Trump, serait une « mauvaise » décision, « pas simplement pour le reste du monde, pour l’économie américaine aussi ». Si la France « fait tout » pour se prémunir d’une pénurie d’essence, le président a annoncé l’envoi de « moyens militaires » pour « protéger » le site de Yanbu, un maillon stratégique du réseau d’installations énergétiques de l’Arabie saoudite. Arabie saoudite prise en tenaille entre d’un côté le blocus sur le détroit d’Ormuz effectué par l’Iran depuis le début de la guerre initiée par les États-Unis et Israël et de l’autre par les Houthis qui contrôle désormais – et peuvent à tout moment bloquer – le passage en le golfe d’Aden, la mer rouge et le canal de Suez, lieu de passage hautement stratégique vers la Méditerranée.

    Menace extérieure

    Le président a également abordé, lors de cet entretien, l’autre conflit qui préoccupe l’Europe, celui en Ukraine. Le chef de l’État considère qu’une « nouvelle mobilisation russe de 300 000 hommes » par la Russie « est un scénario qui nous paraît crédible », afin notamment de mener une nouvelle offensive sur le Donbass.

    Autre menace, plus directe, celle-ci : La France pourrait être visée par une tentative d’attaque à l’aide d’un drone chargé d’explosifs comme à l’aéroport de Leipzig début août, que l’Allemagne avait attribuée à la Russie. La France n’a pas encore connu d’attaques de ce type « mais quand vous me posez la question « est ce que ça peut arriver ? » ma réponse est oui », a dit le président français. Emmanuel Macron a par ailleurs affirmé que la CIA « n’a pas informé les services français » d’une possible attaque de drones russes visant le sud de la France, contrairement à des allégations publiées dans des médias étrangers.

    Enfin, Emmanuel Macron a écarté l’idée d’une toute prochaine dissolution de l’Assemblée nationale. « Cela ne serait pas bon pour le pays ». « Si on faisait une dissolution aujourd’hui, on ajouterait à la guerre, aux problèmes de pouvoir d’achat et à un budget à passer, l’instabilité politique. On bloquerait le prochain président, la prochaine présidente, de la possibilité de faire cette dissolution et de se reconstruire une majorité. Donc ce n’est pas souhaitable », a répondu le chef de l’État.

  • Hautes-Alpes : l’intersyndicale appelle la population à se mobiliser

    Hautes-Alpes : l’intersyndicale appelle la population à se mobiliser

    « Quels services publics voulons-nous demain ? Cette question concerne absolument tout le monde », affirme Julien Bouillé, cosecrétaire de la CGT des Hautes-Alpes depuis les locaux du syndicat à Gap. Il reprend les mots d’un texte rédigé par l’intersyndicale (CGT, CFDT, Unsa, Solidaires, FO et FSU) du département à l’occasion d’une conférence de presse.

    « Cette journée ne concerne pas uniquement la fonction publique, insiste-t-il, même si bien sûr, il y a une question salariale. Les fonctionnaires ne sont pas des privilégiés, les bas salaires et la précarité existent aussi la Fonction publique : près d’un million d’agents ont vu leur traitement indiciaire perdre 15% en dix ans ». Certains gagneraient même moins que le Smic. « La multiplication des contrats précaires, les difficultés de recrutement et le manque d’effectifs dégradent aussi fortement les conditions de travail », poursuit-il.

    Pour les syndicats, ces enjeux concernent tout le monde : « Dans les Hautes-Alpes, peut-être encore davantage qu’ailleurs, parce que nous connaissons les conséquences de l’éloignement des services. Quand un service ferme ou s’éloigne, les conséquences sont très concrètes : davantage d’attente, de kilomètres, et parfois le renoncement à un droit ». Ils rappellent que derrière chaque poste supprimé, il y a une mission qui devient plus difficile à assurer, que ce soit à l’hôpital, dans l’Éducation nationale, dans les collectivités territoriales, chez les sapeurs-pompiers et autres services de l’État. « Revaloriser les salaires, c’est aussi redonner de l’attractivité aux métiers essentiels », précise le texte.

    Faire mieux avec moins…

    « On nous explique depuis des années qu’il faudrait faire mieux avec moins, mais aujourd’hui cette équation ne tient plus. » L’argument du manque d’argent n’est pas valable pour eux : « Les aides publiques représentaient 211 milliards d’euros en 2023, et pendant ce temps on nous explique qu’il faudrait encore économiser sur l’hôpital ou l’école ? »

    Pour se faire entendre, l’intersyndicale appelle l’ensemble des agents publics, mais aussi les salariés du privé, les retraités et les jeunes à faire grève et à manifester le mardi 29 septembre. « On a encore ce droit d’expression, il faut le mobiliser », ajoute Caroline Sandral de la FSU. Elle reste optimiste, même si les réponses politiques tardent : « En tant qu’enseignante, je sais qu’il faut répéter encore et encore jusqu’à ce que ça rentre, dit-elle. Il faut aussi montrer à la population ce qu’il se passe. Imaginez un chef d’entreprise qui n’est pas remplacé… nous, des chefs d’établissements pas remplacés, on le vit ! »

    Le rassemblement aura lieu le 29 septembre à 10h devant la préfecture à Gap.

    Agathe Di Lenardo

  • La distribution de la presse en quête de ruissellement

    La distribution de la presse en quête de ruissellement

    « Des aides, 22,5 millions d’euros tous les ans, sont prévues pour la distribution de la presse mais elles n’arrivent pas au distributeur de presse que nous sommes ! » Devant la direction régionale des Finances publiques à Marseille, ce mardi, Nicolas Guglielmacci, responsable transport de la CPMM dépeint une situation pour le moins ubuesque.

    Car depuis que les petites mains marseillaises de la distribution de la presse ont repris l’activité de l’entreprise Sad, ancienne filiale de la messagerie de presse Presstalis, via la coopérative CPMM, c’est une lutte quotidienne pour assurer le pluralisme dans la région. « Ça fait 5 ans, suite à la liquidation de Presstalis, que notre coopérative et ses salariés se relèvent les manches et distribuent de la presse dans les Bouches-du-Rhône, du Var et une partie du Vaucluse. Mais aujourd’hui, la situation de la filière ne permet plus à la coopérative de se projeter dans l’avenir », campe Jonathan di Ruocco, adjoint de direction à la CPMM.

    Une question de survie

    de la filière

    Cette fois, c’est par la case Trésor public que passent les travailleurs, avec la volonté de mettre l’État et ses services face à leurs responsabilités. « On ne demande pas de l’argent supplémentaire, on demande le bon fléchage des aides existantes. Les aides publiques à la distribution de la presse étaient de 18 millions en 2025, elles sont passées à 22,5 millions cette année mais on n’a toujours rien ! », dénonce Nicolas Guglielmacci. Avant que Jonathan di Ruocco abonde : « Elles sont censées aider les acteurs de la filière à supporter les surcoûts de la distribution, comme l’augmentation de l’essence et des coûts de l’énergie. »

    Problème : elles restent bloquées à l’étage du dessus dans la pyramide du ruissellement. « Elles sont données directement aux éditeurs de presse, qui contrôlent les messageries pour lesquelles nous sommes prestataires. Elles n’arrivent pas jusqu’à nous et ne servent pas l’outil de distribution », développe l’adjoint de direction.

    D’où le coup de pression à l’adresse des Finances publiques. Alors que le prochain budget de l’État arrive sous peu en débat au Parlement, il y a urgence pour les salariés de la CPMM. « Dans le nouveau budget, les aides à la presse doivent être fléchées clairement, il faut que les aides à la distribution arrivent bien jusqu’aux principaux concernés », martèle Nicolas Guglielmacci.

    Plus qu’une question de juste redistribution, c’est une question de survie économique pour la CPMM, maillon essentiel de la filière. « On ne peut pas répercuter l’augmentation des coûts : nos prix sont fixés par les éditeurs à travers les messageries. On a donc des coûts fixes mais on n’a aucune possibilité d’augmenter la rémunération », pointe Nicolas Gugliemacci.

    De là à mettre en danger toute une filière ? Rappelons que lors de la liquidation de la Sad, c’est toute une partie de la région qui avait été privée de distribution de presse pendant plusieurs mois. « Sans nous, il n’y a pas de système de distribution et les diffuseurs, comme les kiosques, ne seront pas distribués, ce qui est assez dangereux pour l’emploi mais aussi le pluralisme en année d’élection présidentielle », conclut le syndicaliste. À bon entendeur…

  • Les ouvriers de la presse devant les impôts à Marseille

    Les ouvriers de la presse devant les impôts à Marseille

    Nouvelle mobilisation pour les ouvriers de la distribution de la presse. Les salariés de la CPMM, coopérative ouvrière chargée de la distribution de la presse dans une partie de la région, se donnent rendez-vous ce mardi à 11h devant la Direction générale des finances publiques (DGFIP 13) à Marseille. « On demande à l’État le fléchage des aides à la presse, on ne réclame pas d’avoir plus d’aides mais qu’elles soient bien allouées aux concernés », explique Nicolas Guglielmacci, responsable transport de la CPMM et syndicaliste CGT. En clair, cette mobilisation s’inscrit dans le combat de longue haleine pour consolider le modèle économique de l’entreprise qui « assure des missions de service public et le pluralisme de la presse ». Et après de précédentes interpellations, notamment en direction du ministère de la Culture. « Le ministère nous a expliqué que c’était normal que les aides à la distribution n’arrivent pas jusqu’aux distributeurs… Ce sont donc des éditeurs de presse milliardaires qui captent les aides », rappelle Nicolas Gugliemacci.

    « L’emploi est menacé »

    Une justification qui ne passe pas. « Forcément, cette explication ne nous convient pas : l’outil de distribution, c’est nous, et nous ne touchons rien des 23 millions d’euros d’aides », dénonce Nicolas Guglielmacci. Face à cette absence de réponse sur le fond de la part du ministère de tutelle, la CPMM va donc s’adresser au Trésor public avec cette mobilisation. « Ce sont eux qui ont la prérogative de l’économie des entreprises. On va donc leur dire que le tissu économique, et l’emploi, est menacé parce que les aides de l’État ne vont pas où elles doivent aller », développe le syndicaliste.

    Et autant dire qu’entre l’inflation et la question du prix de l’essence, la CPMM fait face à une conjoncture plus que tendue. « Les aides ont été rallongées à cause de l’augmentation des coûts mais nous n’avons toujours rien », conclut Nicolas Gugliemacci. Raison de plus d’aller toquer à la porte des impôts.

  • [Tribune] Madame la ministre de la Culture, Madame Catherine Pégard…

    [Tribune] Madame la ministre de la Culture, Madame Catherine Pégard…

    Par cette lettre ouverte, nous souhaitons réaffirmer nos revendications concernant l’attribution des financements publics à la distribution de la presse votés lors des différentes lois de Finances.

    En effet, nous nous satisfaisons que le législateur soutienne la presse et sa distribution, pilier incontournable du pluralisme et donc de notre démocratie.

    Cependant, ces aides publiques ne sont pas accordées à tous les échelons de la distribution de la presse et plusieurs maillons n’en perçoivent aucun ruissellement.

    Le contenu de la loi est pourtant clair et définit la distribution de la presse de la sortie des imprimeries jusque chez les marchands de journaux. Malgré cette volonté du législateur, les coopératives Oyé Distribution et CPMM (dépositaires de niveau 2) en charge de la livraison du dernier KM, en sont donc exclues.

    Au contraire elles sont confrontées au refus des administrations (ministère de la Culture et ARCEP notamment) et des messageries (MLP et France Messagerie) de les intégrer dans le dispositif d’attribution. La messagerie MLP porte néanmoins l’idée dans ses préconisations aux états généraux de l’information que les montants issus de la péréquation puissent irriguer en partie les dépositaires.

    Cette posture générale des pouvoirs publics, des organes de régulation et des coopératives d’éditeurs met en danger la pérennité des activités de CPMM et Oyé Distribution et fait peser une menace à très court terme sur les emplois et la distribution de la presse.

    Nous revendiquons l’attribution immédiate « de la cote part » des financements publics de 2026, en augmentation de 4 millions par rapport à 2025, pour les coopératives Oyé et CPMM.

    Nous revendiquons que dans la loi de Finance 2027, le fléchage des aides publiques à la distribution de la presse pour tous les échelons soit stipulé de façon explicite.

  • Roussel – Lisnard deux visions qui s’opposent

    Roussel – Lisnard deux visions qui s’opposent

    D’un côté, Fabien Roussel, le communiste. De l’autre David Lisnard, l’ultralibéral. Tous deux réunis sur le terrain de Roland-Garros par le Medef. Interrogés sur les décisions à prendre pour que la France produise plus, le secrétaire national du PCF, propose de « planifier la réindustrialisation de notre pays et d’arrêter le “stop and go” ». Pour permettre aux entreprises d’avoir de la « lisibilité », notamment en ce qui concerne l’énergie. Un « avantage compétitif énorme » pour reconstruire une « industrie forte et utile ».

    De son côté, le maire de Cannes et président de l’Association des maires de France (AMF) estime que l’« [on] a trop administré l’économie ». Dès lors, il énumère ses propositions presque caricaturales : « libérer le capital et le travail (…) l’industrie, le foncier, lutter contre l’artificialisation des sols », rendre « la fiscalité et les charges compétitives ». Sous les applaudissements des patrons, il plaide pour toujours moins d’impôts, appelant à « cotiser moins pour gagner plus ». « On a le record du monde de la dépense publique, des impôts et des charges », renchérit le président de Nouvelle Énergie. Ce fan revendiqué du président d’extrême droite libertarien argentin Javier Milei, pousse le train jusqu’au bout : « le soviétisme ça n’a jamais marché », raille-t-il.

    Face à une audience qui lui est peu favorable, le chef des communistes intime les patrons à « produire plus », rappelant que les aides publiques aux entreprises ont atteint 211 milliards d’euros en 2023. S’il n’est pas contre ces aides, il veut les conditionner : « à la relocalisation et à la création d’emplois en France », impulser un choc d’investissement massif, en particulier dans la formation. Et ce, afin de « reconstruire une France industriellement forte » et souveraine.

  • La Région Occitanie maintient le cap de la solidarité

    La Région Occitanie maintient le cap de la solidarité

    « Avec de l’argent, il est plus facile de se projeter dans des projets de long terme. » Elles ont beau poursuivre un but non lucratif, les associations ont comme tous les ménages et les entreprises, besoin de soutien financier pour exister et déployer leurs activités souvent d’intérêt public. Réunies à Montpellier par la Région Occitanie mercredi 1er juillet, jour du 125e anniversaire de la loi de 1901 qui a créé leur statut, elles n’ont pas manqué de dire leurs difficultés grandies par l’inflation énergétique et l’austérité des politiques publiques souvent guidées par les logiques de rentabilité.

    Un contexte difficile largement dû au désengagement de l’État qui en plus d’être aux abonnés absents sur certaines de ses missions régaliennes (droit au logement, respect de la loi sur le handicap de 2006, lutte contre les violences de genre…), tourne de plus en plus le dos aux acteurs censés pallier ses propres manquements. Le plus souvent quand elles sont dirigées par la gauche, les collectivités tentent de maintenir la barque associative à flot. C’est le cas de la Région Occitanie qui, bien que contrainte de baisser certaines subventions de 5 à 10%, a fait le choix de la stabilité pour les structures les plus fragiles (celles percevant moins de 5 000 euros d’aides).

    Avec la présidente Carole Delga (PS), « on fait le choix de maintenir notre volontarisme politique dans un contexte aggravé », affirme Pierre Lacaze (PCF). Le vice-président délégué aux solidarités, égalités, services publics, vie associative et logement social, est inquiet par deux phénomènes actuels qui mettent à mal la vie associative. D’un côté la montée des violences sexuelles et sexistes ainsi que des actes racistes et antisémites. De l’autre, la montée des idées discriminantes d’extrême droite dans la société. « Si la causalité n’est pas établie, on pense qu’il y a un lien. Par ses discours et ses méthodes, l’extrême droite peut contribuer à la hausse de ces violences », assure Pierre Lacaze. Et l’élu communiste de noter que « le récent rapport du Sénat sur les masculinistes fait le lien avec l’ultra droite ».

    Sécuritaire : le paradoxe d’Alexis de Tocqueville

    Ce qui est sûr c’est que les obsessions sécuritaires et immigrationnistes de Retailleau, Ciotti, Zemmour et consorts sont à l’opposé du travail de terrain mené par les associations en faveur de la tolérance et du respect d’autrui. D’autant que ces thèses fumeuses sont souvent très éloignées de la réalité. Si les violences des mineurs (en raison du trafic de drogue) sont en hausse ou que les violences sexistes et sexuelles ne diminuent pas depuis à peine 25 ans qu’elles sont mesurées, d’autres baissent drastiquement. « En France depuis le XIXe siècle, on observe une chute continue du nombre d’homicides, trois fois moins nombreux que dans les années 80 », recadre Tristan Renard. Quant aux violences politiques (abris bus brisés…) montées en épingle sur CNews, elles sont « très loin des niveaux des années 70 », précise le sociologue qui évoque une résultante du paradoxe d’Alexis de Tocqueville. « Plus une violence diminue, plus la préoccupation sécuritaire augmente ». Pour ce chercheur au Criaus et au Cresam, « les politiques publiques doivent être menées à l’échelle d’une génération (20 ans), pas à une échelle électorale ».

    Aussi, les lauréats et associations aidées (SPF, Planning familial, SOS Racisme, Mrap, Unat…) étaient-ils ravis d’avoir une oreille attentive de la Région le 1er juillet. Baptisé « Pour une Occitanie inclusive et solidaire », le principal appel à projets soutient 139 projets à hauteur de 710 000 euros. Le dispositif « Génération égalité » est dédié à la sensibilisation des jeunes à l’égalité entre les femmes et les hommes, à la prévention des violences sexistes et sexuelles et à la lutte contre les stéréotypes. Enfin, l’opération « Vacances Solidaires », qui permet chaque année à des enfants et familles aux revenus modestes d’accéder aux vacances et aux loisirs éducatifs. En Occitanie, le tissu associatif représente 160 000 structures, 175 000 emplois et 1,4 million de bénévoles.

  • Les librairies menacées d’un scénario catastrophe

    Les librairies menacées d’un scénario catastrophe

    L’annonce début juin par le Centre national du livre (CNL) a fait l’effet d’une bombe. Pour la première fois depuis que ce recensement existe, il s’est fermé plus de librairies (85) l’an passé en France qu’il ne s’en est ouvert (83). Si en 2025 les fermetures concernaient majoritairement des structures créées dans la dernière décennie, les librairies historiques ne sont plus épargnées en 2026.

    Deux enseignes majeures, Gibert et le groupe Nosoli, propriétaire du Furet du Nord et de Decitre, viennent d’être placées en redressement judiciaire. Si la librairie montpelliéraine Gibert n’est pas directement visée, il n’en est pas de même de son homologue Sauramps, qui célèbre ses 80 ans cette année. Depuis plusieurs mois, la rumeur d’une mauvaise santé financière enflait au fil de témoignages de salariés inquiets. Le propriétaire, l’architecte François Fontès, avait d’abord tenté de rassurer sans convaincre. Le mois dernier, l’absence de Sauramps lors de l’événement majeur de la Comédie du livre avait fait grand bruit à Montpellier. Le couperet est tombé quelques semaines après. La librairie historique, qui avait déjà été reprise en 2017 par le groupe Ametis et qui accuse environ 3,5 millions d’euros de pertes et une absence de trésorerie, vient à son tour d’être placée en redressement judiciaire le 15 juin (lire page 6). François Fontès n’est pas décidé à laisser tomber. De leur côté, la Région Occitanie de Carole Delga (PS) et la Métropole de Michaël Delafosse (PS) ont signifié leur soutien. L’audience est fixée au tribunal de commerce le 3 juillet.

    Sur les 3 400 librairies que compte l’Hexagone et qui vendent près d’un livre sur deux, des centaines d’autres librairies indépendantes seraient au bord du gouffre. Chaque fois, le scénario se ressemble. Les librairies sont prises en étau entre la hausse de leurs coûts fixes (loyers, matières premières, personnel…) et l’érosion continue du lectorat (-6% des ventes au premier trimestre 2026, selon le CNL), que la période Covid n’avait que freinée un temps. Le CNL précise que l’érosion que subit le livre papier est générale. Elle touche toutes les tranches d’âge et tous les milieux sociaux.

    Creuset social

    Impossible aussi de ne pas penser à la concurrence de la grande distribution (+6 points) ou à l’impact d’internet. Mais pour Marion Mazauric, qui dirige la maison d’édition Au Diable Vauvert, dans le Gard, le numérique (+6%) est un faux coupable. « Ce phénomène de décroissance de la lecture n’est pas nouveau, il a 40 ans. On aime incriminer les plateformes (…) mais on peut être connecté et lire beaucoup. Nous avons beaucoup de geeks dans nos lecteurs  », assure-t-elle.

    Pour l’éditrice gardoise, la perte de la pratique de la lecture est surtout corrélée à la dégradation de la situation sociale de nombreux Français. « Une poignée ont tout, beaucoup d’autres n’ont rien. Quand vous vivez sous le seuil de pauvreté comme 40% des Nîmois, vous ne passez pas vos journées à lire des romans ». Et d’ajouter : « De plus en plus de gens sont dans des vies qui les éloignent de la lecture ». L’écosystème traduisant parfois le manque de demande. « Le Gard est l’un des départements les plus pauvres de France. D’Aigues-Mortes à Sommières, il n’y a pas une seule librairie ». Marion Mazauric observe par ailleurs un impact de l’apprentissage raboté et de la place réduite de la lecture à l’École. « L’éducation populaire a aussi beaucoup décru », déplore-t-elle.

    Aujourd’hui, l’éditrice invite l’ensemble des acteurs à faire bloc autour des libraires. « Ils sont le poumon du secteur du livre. Sans eux, on n’existe pas. On doit être très attentif à tout ce qui peut les aider ». Au-delà de l’appel aux lecteurs, elle aimerait que l’État prenne enfin ses responsabilités. « Le tissu des librairies françaises est unique au monde. Elles ne sont pas un commerce comme les autres, elles constituent un commerce d’utilité publique ». Dans la lignée des demandes du Syndicat de la librairie française (SLF), l’État est appelé à agir concrètement. Par exemple en pratiquant des allègements immédiats sur les loyers ou les charges. Bien d’autres mesures sont possibles. Il y a urgence.

  • Carburants : Lecornu annonce 710 millions d’euros d’aides

    Carburants : Lecornu annonce 710 millions d’euros d’aides

    Désireux de « changer d’échelle » sans abandonner « personne », le Premier ministre et dix de ses ministres ont détaillé, lors d’une conférence de presse, ce nouveau paquet de mesures de « soutien à l’activité » percutée de plein fouet par la guerre en Iran, avec la même « philosophie » d’aides aux secteurs les plus touchés.

    Les aides sectorielles existantes pour les agriculteurs, les transports, la pêche ou le BTP, vont être prolongées jusqu’à l’été, et les entreprises sont invitées à verser une prime carburant augmentée à leurs salariés. Dans le détail, celles pour la pêche représenteront entre 30 et 35 centimes d’euro par litre de gazole, tandis que les agriculteurs bénéficieront d’un soutien de 15 centimes par litre de gazole non routier (GNR).

    Parmi les plus vulnérables, les aides à domicile, qui utilisent beaucoup leur voiture, et les fonctionnaires verront leurs indemnités kilométriques revalorisées, à hauteur d’environ 20 centimes par litre. L’aide aux gros rouleurs de 50 euros sera doublée à 100 euros. Les fonctionnaires amenés à utiliser leur véhicule personnel dans le cadre de leur mission verront eux aussi leurs indemnités de déplacement revalorisées, avec une majoration équivalente à environ 0,20 euro par litre de carburant.

    Avancer « prudemment »

    Car « d’une manière ou d’une autre, sous une forme ou sous une autre, cette guerre va durer, soit de manière froide (..) soit malheureusement aussi avec une reprise du conflit et des frappes, ce qui est un scénario évidemment possible », a prévenu Sébastien Lecornu.

    Mais comment aider davantage les métiers touchés sans creuser le déficit ou contraindre les dépenses ?

    Il faut « avancer prudemment » pour ne pas « casser la croissance », a souligné le chef du gouvernement parce que ces aides et la guerre ont « un coût » et un « certain nombre d’économies » seront « nécessaires ». Elles seront détaillées dans un comité d’alerte sur les finances publiques qui se réunira au mois de juin.

    Le gouvernement a déjà annoncé six milliards d’euros de gels ou annulations de crédits sur les dépenses publiques en 2026, dont quatre sur l’État et deux dans « la sphère sociale », qu’il envisage de « remettre à jour ».

    Le Premier ministre a écarté de nouveau « toute baisse générale indiscriminée de la fiscalité sur le carburant » qui coûte « très cher » aux finances publiques. Elle reste l’une des demandes d’une partie des oppositions pour soulager la facture énergétique des ménages. Pas question non plus de réclamer aux Français plus de sobriété dans leur consommation de carburant. « Il ne faut pas emmerder les Français » en leur faisant la « leçon » sur la façon dont ils doivent vivre, a affirmé Sébastien Lecornu, reprenant une formule célèbre de son lointain prédécesseur Georges Pompidou.

    Le gouvernement s’en remet en partie aux entreprises, en renforçant la prime carburant pour les salariés. Le montant maximum de cette prime défiscalisée versée par les employeurs sera portée de 300 à 600 euros. Sébastien Lecornu avait déjà salué la mesure prise par le groupe pétrolier TotalEnergies de plafonner les prix à la pompe dans ses stations-service, à défaut de le faire à son niveau compte tenu des contraintes budgétaires.